Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L’expertise — Chapitre 1 · Le vestiaire
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L’expertise
Chapitre 1 · Le vestiaire
Cette histoire fait suite à l'Apprentie et on y retrouve avec plaisir Nathan et Sarah.
Nous roulions à bonne allure sur l'A63 en direction de Bayonne. Mon compteur affichait 154km/h – oui, je sais, ce n'est pas bien – et la radio diffusait un bon rock dans l'habitacle.
A côté de moi, Sarah, mon ancienne apprentie que j'avais finalement embauché. Et non, ce n'était pas pour ses magnifiques mensurations, ni parce qu'elle était ma maîtresse occasionnelle. La jeune femme avait appris de son année d'alternance et était maintenant un maître d'œuvre junior tout à fait opérationnel.
Je ne vous décrirais pas la jeune femme, vous la connaissez déjà, avec sa poitrine parfaitement galbée sous un chemisier noir un peu plus ouvert que ce que la décence voudrait bien tolérer, son fessier admirablement moulé dans un jean crème taille haute et ses belles boucles châtains lui descendant sous les épaules.
Elle était engagée dans une joute verbale avec Valentin, un des juristes de la société, sur ce qu'il convenait de dire durant l'expertise que nous allions mener sur un ancien chantier, aujourd'hui une usine d'agroalimentaire.
Valentin, lui, était à l'antithèse du juriste senior d'entreprise. Vingt-sept ans, un mètre soixante-dix, un torse et des bras puissants et musclés moulés dans un t-shirt blanc col en V laissant apparaitre quelques poils bruns, une coupe de cheveux savamment travaillée, des bracelets au poignet et un anneau à chaque majeur. L'archétype du surfeur doublé de motard. Quoi de plus naturel pour un jeune homme né sur la côte basque. On était bien loin du binoclard boutonneux en costume trois pièces.
Le bip de mon télépéage retentit et je mis fin aux hostilités.
—Ça suffit tous les deux, les rabrouais-je sans élever la voix. Vous avez tous les deux raisons sur le principe. Nous n'avons qu'une seule ligne de conduite à tenir. Le terrassier a été mauvais et n'a pas suivi les préconisations du géotechnicien. Il n'en a fait qu'à sa tête et nous a caché les malfaçons donc nous n'avons pas pu vérifier certaines choses. C'était noté dans le compte rendu de chantier de Sarah. De plus, il y a une réception tacite du support avec le gros-œuvre donc ils se débrouillent entre eux. Point à la ligne.
—Juridiquement, on est maître d'œuvre donc on risque de prendre 15%. En plus, on a validé leur plan.
—Leur plan suivait le rapport de sol, s'exclama Sarah. Ils ont dessiné quelque chose et ne l'ont pas fait. Et ils nous ont caché ce qu'ils avaient fait puisqu'on n'allait pas leur refaire tout ouvrir pour vérifier que tout était bien en place.
Valentin grommela dans sa barbe de 2 jours.
—L'expert pourrait nous le reprocher.
—L'expert, je le connais, intervins-je. Il est loin d'être con mais il sait aussi ce que c'est que les contraintes d'un chantier. Et il comprendra que tout ne pouvait pas être réouvert.
Je passais les trois derniers ronds-points et engageait ma voiture dans l'entrée de l'usine.
Deux barrières basculantes en empêchaient l'accès et je dus m'annoncer à l'interphone et décliner nos trois identités. Le vigile lança quelques mots d'usage et un bienvenu laconique avant de déclencher l'ouverture de l'accès.
J'engageais la voiture dans l'usine et me garait sur les places visiteurs.
Notre expert discutait déjà avec ceux des trois entreprises convoqués et le chef d'agence du gros œuvre était déjà là avec sa responsable juridique.
Ce dernier nous salua d'un bref hochement de tête, sachant que sa partie à lui était déjà jouée.
Ce dernier nous salua d'un bref hochement de tête, sachant que sa partie à lui était déjà jouée.
Notre expert vint vers nous et nous serra la main avec chaleur.
—Je peux déjà vous annoncer que ça va être coton. Ils vont nous les casser jusqu'au bout mais ça veut dire qu'ils ont beaucoup de choses à se reprocher.
—Ça peut partir en expertise judiciaire ? demanda Valentin.
L'expert secoua la tête.
—Je n'espère pas. Sinon, on en a pour deux ans. Mais là, ce sera plus votre partie que celle des techniciens.
Le directeur de l'usine sortie d'un bâtiment et nous fit signe de le rejoindre.
—Bonjour à tous, dit le gros bonhomme en nous serrant la main. Je vois que tout le monde n'est pas là mais quelqu'un les amènera plus tard. J'ai une réunion dans une heure alors je vous laisserai avec mon adjoint qui nous attend au vestiaire.
Nous suivîmes le directeur jusqu'à un SAS qui nous amena dans un vestiaire ou pendaient des combinaisons blanches et différentes tenues.
—Je suis désolé de vous demander ça mais nous allons traverser des zones sensibles. Entre le COVID, la grippe aviaire et E-coli, nous ne pouvons pas nous permettre de faire rentrer une seule bactérie qui pourraient se retrouver dans des plats préparés ou des surgelés. Je vais donc vous demander de vous déshabiller complètement en dehors de vos sous-vêtements et de passer les tenues qui sont à votre disposition. Il y a toutes les tailles, poursuivit-il en avisant Sarah qui était la plus petite et la plus mince. Les cabines des vestiaires sont juste sur votre droite.
Nous récupérâmes chacun une tenue et après avoir adressé un signe de tête à mes collègues, j'ouvris la porte d'une cabine. J'enlevais aussitôt mes vêtements, gardant uniquement mon boxer et commençais à enfiler le pantalon de l'usine, un t-shirt orange fluo, une combinaison de travail puis, enfin une combinaison chimique blanche avec un masque chirurgical. J'avais l'impression d'être dans un hôpital.
En m'habillant, j'imaginais sans peine la belle Sarah, en petite tenue dans sa cabine avec sa petite culotte – mais elle n'en portait peut-être même pas – et un soutien-gorge en dentelle noir sous son chemisier.
Deux coups sonores frappèrent contre la paroi de ma cabine et j'entendis un grognement féminin. Sarah avait dû perdre l'équilibre et tomber contre la paroi. Une série d'autres coups, plus sourds, donc contre l'autre paroi de la cabine de la jeune femme et un grognement plus faible mais masculin. J'éclatais de rire en pensant que tout le monde n'avait pas le même équilibre.
Je sortis de la cabine et attendis les autres. Les trois experts sortirent rapidement mais les autres mirent plus de temps. Ils étaient moins habitués à ces tenues et nous décidâmes de passer le SAS et de les attendre plus loin.
Alors que le SAS opaque se refermait, je vis Valentin sortir de la cabine à côté de la mienne, rouge comme une pivoine et les cheveux en bataille. Derrière lui, Sarah sortait, un grand sourire aux lèvres avant d'enfiler son masque chirurgical. Elle surprit mon regard ahuri et comprit qu'elle s'était fait choper la main dans le sac ou plutôt, la verge dans le minou. Elle éclata de rire et le SAS nous sépara.
Quand ils nous rejoignirent, Valentin était encore rouge mais sous la charlotte, on ne voyait plus ses cheveux en bataille. Je lui jetais un regard noir, mais ça faisait longtemps que je n'éprouvais plus de jalousie avec un plan cul, fût-il régulier. C'était plutôt le moment qui était mal choisi.
Sarah, elle, avait les yeux hilares.
—Vous vous êtes bien amusés, sifflais-je entre mes dents quand elle s'approcha de moi.
—Oh, ne te fâche pas, s'il te plait. C'était l'occasion. Je t'avais déjà dit que je le trouvais mignon.
—Et apparemment, tu le pensais rapide.
Elle gloussa.
—J'avoue que je pensais uniquement voir sa verge et démarrer une fellation, pas la finir. C'était excitant mais un peu rapide.
—Et alors ? demandai-je curieux.
Je connaissais les frasques de Valentin, un vrai homme à femme.
—Beau matériel, très ressemblant au tien, mais tu as incomparablement plus d'expérience.
Je dissimulais un sourire dans mon masque.
—Je te préviens qu'avant la fin de la journée, tu m'en devras une.
—Une fellation ? demanda-t-elle innocente.
—Si seulement.
Valentin nous rejoignit, les yeux rieurs. J'imaginais la bave sur le coin de ses lèvres. Il rêvait depuis longtemps de Sarah dans ses plaisirs solitaires.
—J'ai entendu du monde entrer quand on sortait. Tout le monde a dû arriver maintenant.
Je lui fis signe de se rapprocher de moi et m'éloignais de quelques pas avec lui.
—Est-ce que tu pourrais arrêter de penser avec ta bite ? grondais-je.
Il sursauta.
—Je…nous…, bafouilla-t-il. C'est elle qui a commencé !
Je lui mis une claque derrière la tête.
—Elle a été appuyée contre la paroi quand tu l'as embrassé. Je l'ai entendu gémir. Et quand elle t'a repoussé et en a eu fini avec toi, tu as grogné ton plaisir. Un peu rapide, mon gars. Elle apprécie les mecs plus endurants.
—Elle m'a eu par surprise. Et puis, elle est sacrément expérimentée.
—Pourtant, avec toutes les femmes que tu te tapes, tu ne devrais pas être en manque.
Il sourit sous son masque.
—Oui, mais là ça faisait un moment et on s'est chauffé tout le trajet.
Je soupirais.
—Pour la suite, tu attendras qu'on soit à l'hôtel ce soir.
Il écarquilla les yeux.
—Je pensais que tu la voudrais pour toi ce soir.
—Oh, je ne voudrais pas vous priver d'un moment de détente tous les deux, ironisai-je.
—On fait ça au chifumi ?
Je lui mis mon poing dans l'épaule, gentiment.
—Tu traites vraiment les femmes comme des objets ! On va la laisser décider.
Sarah vint vers nous.
—Plutôt que de décider qui passera la nuit avec moi, vous devriez venir. Les autres sont arrivés. Et si c'est comme ça, je me débrouillerais toute seule pour ce soir.
Elle tourna les talons, le regard furieux, mais en balançant ostensiblement des hanches.
—Elle veut ma mort, marmonna Valentin.
Je gloussais.
—Pense à l'expertise et tourne sept fois la langue dans ta bouche avant de parler.
—T'inquiète pas. Ma langue, je la garde au chaud pour ce soir. Je ne voudrais pas me faire un claquage avant.
Je ris de concert avec lui et me rapprochait de l'ouvrage sinistré. Le reste de l'après-midi allait être long.
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