Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Chrysalide Noire — Chapitre 4 · Episode IV
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La Chrysalide Noire
Chapitre 4 · Episode IV
LA CHRYSALIDE NOIRE
Épisode IV
5 h 00 du mat. Le réveil a hurlé. Pas un petit bipbip de demoiselle, non. Un cri d'agonie électronique, strident, vicieux, le genre de sonnerie qui vous traverse le crâne de part en part comme un pic à glace rouillé. J'ai ouvert un œil, puis deux, avec l'impression persistante qu'une brigade de CRS avait passé la nuit à faire des exercices de maintien de l'ordre dans mon cervelet. Le plafond de la suite 402 tournait encore un peu, souvenir du sky du minibar et de l'adrénaline qui s'était incrustée dans mes tempes.
À côté de moi, le monticule de draps a bougé. Soline a émergé de son sommeil de plomb, sa tignasse rousse en bataille, tel un incendie mal éteint sur l'oreiller. Elle n'avait pas l'air d'une fleur de serre au réveil ; elle avait ce regard de louve affamée qui me rappelait que la nuit n'était qu'un apéritif. J'ai voulu m'extraire du plumard pour aller quérir un jus de chaussette dans la cafetière de la chambre, histoire de recalibrer mes pupilles qui flottaient comme des bouchons de liège. Mais Soline m'a chopé le poignet avec une poigne de fer.
— Le café attendra, Fabrice, a-t-elle susurré, la voix plus rauque qu'un vieux diesel par grand froid.
Elle a fait glisser le drap, révélant sa plastique de déesse guerrière. Je voyais bien qu'elle n'en avait que faire de la caféine de supermarché. Pour Soline, je le savais, le vrai réveil-matin, celui qui vous remet les neurones en place et vous donne le teint frais pour aller affronter les bureaucrates du boulevard Mortier, c'était pas le café. C'était du jus d'homme. Frais, chaud, et servi à la source.
Elle s'est glissée sous la couette avec une agilité de serpent en manque de proie. Je l'ai sentie empoigner mon obélisque de chair, qui n'avait pas attendu le briefing pour se mettre au garde-à-vous malgré la fatigue. Mon gros n'en-faut-plus était là, fidèle au poste, battant la mesure contre son menton. Elle l'a pris en bouche avec une ferveur de dévote, me pompant avec une énergie qui m'a fait décoller le dos du matelas. C'était sa potion magique à elle, son nectar de survie.
Quand j'ai senti que la soupape allait lâcher, je lui ai balancé la sauce, une giclée brûlante et nourrissante qui lui a tapissé le palais. Elle a tout gobé avec un soupir de satisfaction, se léchant les babines comme une chatte devant un bol de crème.
— Voilà, a-t-elle lâché en se redressant, un éclair de malice retrouvée dans les yeux. Maintenant, on peut aller voir le Vieux. Je suis d'attaque.
On s'est levés dans le froid de la chambre, l'air encore saturé de l'odeur de la poudre et de nos ébats de condamnés. J'ai vérifié la clé USB, toujours là, nichée dans son petit sac plastique, prête à livrer ses secrets. Puis, on est passés à l'habillage, un rituel de combat qui ne dit pas son nom.
Je la mate, ma rousse. Elle a encore les yeux qui brillent de ce réveil en fanfare et moi, j'ai la colonne vertébrale qui joue encore du xylophone. Mais là, entre deux battements de cœur, faut que je t'en glisse une, mon pote. À toi qui nous lis en te demandant comment on fait pour ne pas clamser d'un infarctus.
C'est quand même un sacré camouflet, ce besoin dérisoire de se rhabiller. Regarde nous. Y a deux minutes, on était la vérité toute crue. Sans uniforme, sans grade, sans mensonge. Juste deux morceaux de bidoche qui se percutent, une bouche gourmande, un obélisque qui rend les armes, et cette décharge de purée qui lui a tapissé le palais comme une promesse de fin du monde. On était "vrais", bordel. On sentait le sexe et la sueur, pas le parfum de bureaucrate.
C'est quand même un sacré camouflet, ce besoin dérisoire de se rhabiller. Regarde nous. Y a deux minutes, on était la vérité toute crue. Sans uniforme, sans grade, sans mensonge. Juste deux morceaux de bidoche qui se percutent, une bouche gourmande, un obélisque qui rend les armes, et cette décharge de purée qui lui a tapissé le palais comme une promesse de fin du monde. On était "vrais", bordel. On sentait le sexe et la sueur, pas le parfum de bureaucrate.
Et là, paf ! La réalité te botte le cul. Faut renfiler le harnais. S'habiller, c'est commencer à tricher. On remonte la braguette sur ses instincts, on camoufle l'outil, on boutonne sa dignité jusqu'aux amygdales pour aller faire les beaux devant le vieux Mirabeau. On repasse en mode "agent", avec le masque de cire et le flingue sous l'aisselle.
On passe notre vie à chercher ce moment-là, ce moment où on est enfin à poil au sens propre comme au moral, et dès qu'on y touche, dès que le plaisir nous laisse les neurones en vrac, v'là que le réveil nous siffle la fin de la récré.
Alors ouais, y'a les urgences. Les fois où t'as même pas le loisir de faire tomber le froc, où tu fais ça à l'arrache, entre deux portes, les fesses au vent et les oreilles aux aguets parce que le comité d'accueil s'impatiente sur le palier. C'est le jazz de la nique, la survie par le plaisir.
Mais là, dans le calme de la 402, recuire ma couenne dans ce textile de merde, ça me fait l'effet d'une défaite. Le monde appartient peut-être à ceux qui se déshabillent, mais il est malheureusement géré par ceux qui ferment bien leur braguette. Et la nôtre, de braguette, elle a intérêt à tenir le choc, parce que la journée va être longue.
On passe notre vie à chercher ce moment-là, ce moment où on est enfin à poil au sens propre comme au moral, et dès qu'on y touche, dès que le plaisir nous laisse les neurones en vrac, v'là que le réveil nous siffle la fin de la récré.
Alors ouais, y'a les urgences. Les fois où t'as même pas le loisir de faire tomber le froc, où tu fais ça à l'arrache, entre deux portes, les fesses au vent et les oreilles aux aguets parce que le comité d'accueil s'impatiente sur le palier. C'est le jazz de la nique, la survie par le plaisir.
Mais là, dans le calme de la 402, recuire ma couenne dans ce textile de merde, ça me fait l'effet d'une défaite. Le monde appartient peut-être à ceux qui se déshabillent, mais il est malheureusement géré par ceux qui ferment bien leur braguette. Et la nôtre, de braguette, elle a intérêt à tenir le choc, parce que la journée va être longue.
Soline a opté pour une tenue qui aurait fait faire un arrêt cardiaque à un régiment de gardes suisses. Elle avait enfilé un pantalon de cuir noir, souple comme une seconde peau, qui moulait ses cuisses de cavalière avec une précision de déesse. En haut, une chemise de soie noire, légèrement entrouverte, qui laissait deviner qu'elle n'avait pas jugé utile de s'encombrer d'un soutien-gorge pour la réunion. Elle avait jeté par-dessus un trench ajusté qui lui donnait des airs de tueuse à gages sortie d'un film de Melville. C'était sexy, certes, mais pratique : le genre de fringues qui te permettent de faire un high-kick ou de dégainer un automatique sans craquer une couture.
Moi, j'avais ressorti le grand jeu. Un costume trois pièces gris anthracite, taillé sur mesure chez un artisan qui connaît la discrétion des agents de l'ombre. La veste tombait impeccablement sur mes épaules, dissimulant parfaitement mon neuf millimètre. Sous le gilet, une chemise blanche immaculée, empesée juste ce qu'il faut, avec un col qui te tient la tête haute même quand t'as envie de t'écrouler de fatigue. J'ai ajusté ma cravate de soie sombre devant la glace. Un vrai gentleman barbouze. Fallait au moins ça pour masquer les cernes de trois kilomètres que je me trimbalais sous les mirettes.
On a jeté un dernier regard à cette suite 402, notre dernier refuge qui ressemblait maintenant à un champ de bataille déserté, et on a plongé dans l'aube blafarde de Paris.
Le trajet s'est fait dans un silence de cathédrale, seulement troublé par le cliquetis des essuie-glaces d'un taxi G7 fatigué qui luttait contre une pluie fine, aussi grise que le moral d'un condamné. J'avais les yeux rivés sur le rétro, surveillant chaque phare dans la brume matinale à travers la lunette arrière crasseuse. Le chauffeur nous a déposés à l'angle de la rue de la Chine et de la rue des Pavillons, à quelques encablures de l'objectif. Pas question de se faire déposer devant le 141 boulevard Mortier ; l'adresse est connue des initiés, mais on ne livre pas son itinéraire sur un plateau d'argent à un civil, même avec une licence de taxi.
Faut se les fader, les Parisiens à cette heure indue où le soleil hésite encore à pointer son pif de peur d'être racketté. On déambulait au milieu d'une faune qui te donnerait envie de demander l'asile politique en Corée du Nord. C'est le défilé des gueules de bois, les rescapés du métro qui ont l'air de sortir d'une essoreuse à salade de chez Emmaüs. Entre le cadre dynamique qui speede vers son burn-out avec une mallette de cuir synthétique et le balayeur de caniveau qui pousse sa flotte avec une nostalgie de galérien, tu as tout le panel de la décrépitude urbaine.
Le Parisien de base, c'est une espèce protégée par l'arrogance et la mauvaise foi. Le mec se lève avec une tronche qui ressemble à un accident de carrelage et il te regarde comme si t'étais une déjection canine sur son passage clouté. Ça pue la clope froide, le café lyophilisé et le mépris de classe. Ils trottinent sur le bitume avec une allure de canards mécaniques, le regard fuyant et la glotte serrée, persuadés que le monde s'arrête au périphérique. La réputation de cons qu'ils se trimbalent ? Entre toi et moi, c'est pas une légende urbaine, c'est un constat clinique ! Ils ont inventé la courtoisie pour mieux t'envoyer chier avec le sourire, et l'élégance pour cacher qu'ils ne se lavent les oreilles qu'une fois par éclipse solaire.
Le Parisien de base, c'est une espèce protégée par l'arrogance et la mauvaise foi. Le mec se lève avec une tronche qui ressemble à un accident de carrelage et il te regarde comme si t'étais une déjection canine sur son passage clouté. Ça pue la clope froide, le café lyophilisé et le mépris de classe. Ils trottinent sur le bitume avec une allure de canards mécaniques, le regard fuyant et la glotte serrée, persuadés que le monde s'arrête au périphérique. La réputation de cons qu'ils se trimbalent ? Entre toi et moi, c'est pas une légende urbaine, c'est un constat clinique ! Ils ont inventé la courtoisie pour mieux t'envoyer chier avec le sourire, et l'élégance pour cacher qu'ils ne se lavent les oreilles qu'une fois par éclipse solaire.
On avançait donc dans ce zoo à ciel ouvert, Soline et moi, comme deux prédateurs au milieu d'un troupeau de moutons neurasthéniques. On dénotait, mon pote ! Entre mon trois pièces de Milord et son cuir de dominatrice intergalactique, on avait l'air de sortir d'un tournage de chez Scorsese égaré dans un documentaire sur la dépression saisonnière.
On a fini par atteindre la porte dérobée, celle que les touristes ne voient jamais et qui n'apparaît sur aucun plan cadastral. C'est un bloc d'acier brossé, froid comme une porte de frigo dans une morgue, niché au fond d'un renfoncement de briques sombres. Pas de poignée, pas de serrure à l'ancienne pour les crocheteurs du dimanche. Ici, on discute avec la machine.
Soline s'est avancée en tête. Elle a balancé sa tignasse rousse d'un coup de tête souverain et s'est plantée devant l'œil de verre de la caméra de reconnaissance rétinienne. Le petit faisceau laser rouge a commencé à balayer son iris, cherchant les motifs uniques de sa pupille de prédatrice. D'ordinaire, ce genre d'engin te traite avec la froideur d'un huissier de justice, mais là, j'aurais juré que l'électronique a eu un raté. Soline a décoché un regard si vert, si intense, si chargé de promesses inavouables que même le processeur a dû monter en température. Elle a battu des cils avec une lenteur calculée, un battement d'aile de papillon qui aurait fait fondre un iceberg.
La caméra a clignoté deux fois, passant du rouge au vert avec une sorte d'empressement presque humain. On aurait dit que la bécane tombait en pâmoison, terrassée par le charme de ma rousse, et qu'elle nous ouvrait les entrailles du bâtiment par pur amour, pour ne pas la faire attendre sous la flotte. Un déclic hydraulique a résonné dans le silence de la rue, et le lourd battant a pivoté sans un bruit, nous invitant dans les entrailles de la République.
— Tu vois, Fabrice, a-t-elle murmuré en s'engouffrant dans le sas, y'a pas que les hommes qui ont besoin de douceur. Les circuits aussi, ça se caresse dans le sens du poil.
On a passé le premier barrage sans encombre. On a dû laisser nos flingues au guichet protocole de la maison mère, même pour les chouchous du Vieux. On a fini par atteindre le quatrième étage. Ici, l'air est filtré, recyclé et probablement taxé. Le couloir est un tunnel de moquette grise qui étouffe jusqu'au bruit de tes propres pensées. On a poussé la double porte de la salle de réunion.
La pièce était à l'image de l'institution : froide, sans âme, avec des néons qui te donnent une mine de déterré avant même que tu aies ouvert le bec. Seul le Vieux, Georges Mirabeau, était déjà en place. Il trônait en bout de table, la carrure massive d'ancien militaire bien calée dans son fauteuil de cuir. Avec sa moustache grisonnante et son regard qui en a vu d'autres, il avait l'air d'un monument historique attendant qu'on vienne lui taguer la façade.
— Vous voila enfin! . a-t-il grogné en guise de bienvenue.
On a échangé les salutations d'usage, le genre de politesse un peu rugueuse entre gens qui savent que le "comment ça va" peut se terminer par une oraison funèbre. On s'est jetés sur la cafetière qui trônait sur un buffet latéral. Un jus noir, serré, brûlant, qui t'attaque l'estomac comme de l'acide de batterie mais qui a le mérite de te remettre les yeux en face des trous. Une fois qu'on a eu notre dose de caféine, Mirabeau a tendu une main calleuse vers l'interphone posé sur le bois verni.
— C'est bon. Ramenez vos fraises, a-t-elle lâché dans le micro.
La troupe a débarqué un par un, comme une parade de spectres sortant du brouillard : c'est Valentin Dechaux qui a ouvert le bal. 35 ans, toujours aussi soigné, son casque audio autour du cou comme une marque de fabrique. Il m'a jeté un regard qui en disait long, un mélange de soulagement et d'admiration que son professionnalisme essayait de masquer tant bien que mal. Juste derrière, Émile « Milo » Bresson avec son allure de professeur loufoque. Les cheveux en bataille, ses petites lunettes rondes un peu de travers, il avait l'air de sortir d'une explosion de laboratoire, ce qui n'est jamais impossible avec lui. Puis est entrée Inaya Belkacem, athlétique et calme, son regard de braise balayant la pièce pour identifier toute menace potentielle. Elle s'est installée avec cette efficacité glaciale qui fait d'elle la meilleure pilote d'extraction de la boîte. Enfin, la petite Léonie Durfort a fermé la marche, son carré brun impeccable et ses lunettes fines bien ajustées. Elle nous a fixé, Soline et moi, avec cette intensité hyperrationnelle qui cache, je le sais, des fantasmes un peu moins protocolaires.
— Tout le monde est là, a dit Mirabeau en balayant la cellule du regard. Fabrice, Soline, vous avez la parole. Expliquez à ces messieurs-dames pourquoi un restaurant chinois ressemble maintenant à un parking à ciel ouvert.
Soline s'est assise, son pantalon de cuir grinçant légèrement contre le siège. Elle a sorti le petit sac plastique contenant la clé et l'a posé au centre de la table. J'ai bien remarqué que Léonie ne quittait pas le sachet des yeux, fascinée. Soline a pris la parole, mais avant qu'elle n'ouvre le bec, j'ai jeté un œil en coin, droit dans vos mirettes, à vous qui lisez ce chef-d'œuvre. Écoutez, les amis, entre nous, on ne va pas se mentir : vous étiez là hier soir, non ? Vous avez vu le Restau s'envoyer en l'air, vous avez senti l'odeur de la poudre dans le Labyrinthe et vous savez exactement dans quel recoin de l'anatomie de Linh ma rousse a dû aller à la pêche pour sortir la clé USB.
Alors, on ne va pas passer trois plombes à vous refaire le film en Dolby Surround pour le plaisir de voir Mirabeau fumer de la moustache. On n'est pas là pour vous bourrer le mou avec des rediffusions, on a de l'action sur le feu et un adjudant qui nous attend au tournant !
Bref, Soline a balancé un résumé sec comme un coup de trique à la cellule Belmonte. Trois phrases pour dire qu'on a le sésame, qu'il y a des morts, et que si on n'a pas de café rapidement, je vais m'évanouir dans mon trois pièces anthracite.
— Voilà, Georges, a conclu Soline avec son flegme habituel. On a le matos. Maintenant, faites bosser les neurones, nous on a déjà donné des muscles.
Mirabeau a grogné, mais il a fait signe à Léonie Durfort, notre "Tech Mage" de 29 ans au carré brun impeccable, de s'emparer de la clé.
— Léonie, au boulot, a ordonné le Vieux. Prends cette clé d'ébène et fais moi sauter le cryptage de la Chrysalide noire.
— Léonie, au boulot, a ordonné le Vieux. Prends cette clé d'ébène et fais moi sauter le cryptage de la Chrysalide noire.
Léonie a récupéré l'objet avec une dévotion de nonne. Elle nous a jeté un regard où j'ai cru lire un mélange de soulagement pour le job accompli et un petit fantasme privé qu'elle réservait pour ses nuits solitaires.
— Donnez moi une heure, a-t-elle murmuré. Je vais lui faire avouer son nom de baptême à votre algorithme.
— Donnez moi une heure, a-t-elle murmuré. Je vais lui faire avouer son nom de baptême à votre algorithme.
Le Vieux nous a libérés d'un geste de la main. On a quitté la salle, laissant le ronronnement des serveurs derrière nous. En sortant dans le couloir, on est tombés sur notre roc national : l'adjudant-chef Bastien. Un mètre quatre-vingt-dix de muscles sanglés dans un uniforme de parade, une vraie statue de granit au garde-à-vous. Soline s'est arrêtée net devant lui. Elle a passé sa langue sur ses lèvres, un geste lent qui a dû faire sauter tous les plombs de la sécurité du bâtiment.
— Bastien… Je te trouve un peu tendu, a-t-elle roucoulé en caressant le revers de sa manche. On a soixante minutes devant nous. Et j'ai justement besoin d'un expert pour une vérification de matériel approfondie.
Le gaillard a manqué de s'étouffer. J'ai jeté un œil à gauche, à droite. Le couloir était désert. Juste à côté, une porte marquée "Local technique – Accès réservé".
Le gaillard a manqué de s'étouffer. J'ai jeté un œil à gauche, à droite. Le couloir était désert. Juste à côté, une porte marquée "Local technique – Accès réservé".
— Allez, soldat, j'ai ajouté en lui posant une main sur l'épaule, on ne laisse pas une dame en détresse technique. C'est pour le moral des troupes.
J'ai ouvert la porte, on l'a poussé à l'intérieur. Le verrou a cliqué, nous isolant du reste du monde. L'air sentait le papier chaud, l'encre et l'ozone de la photocopieuse qui ronronnait dans un coin. Bastien était là, planté au milieu des ramettes de papier, raide comme la justice, mais j'ai vu dans ses yeux qu'il cramait déjà de l'intérieur.
J'ai ouvert la porte, on l'a poussé à l'intérieur. Le verrou a cliqué, nous isolant du reste du monde. L'air sentait le papier chaud, l'encre et l'ozone de la photocopieuse qui ronronnait dans un coin. Bastien était là, planté au milieu des ramettes de papier, raide comme la justice, mais j'ai vu dans ses yeux qu'il cramait déjà de l'intérieur.
Soline ne l'a pas fait attendre. Elle s'est avancée, ses doigts effleurant la boucle de ceinture de l'adjudant avec une précision de démineur. D'un geste sec, elle a libéré le fauve. Le membre du garde a jailli, fier et conquérant, témoignant d'une santé militaire insolente. Elle s'est agenouillée devant lui, sa tignasse rousse flamboyante contrastant avec le bleu de l'uniforme. Elle l'a pris en bouche avec une ferveur de dévote, le gobant avec cette gourmandise qui n'appartient qu'à elle, tandis que Bastien agrippait les rebords de la photocopieuse pour ne pas s'effondrer.
C'est là qu'en jetant un œil sur le côté, j'ai compris qu'elle avait remarqué que mon pantalon de costume anthracite n'était plus tout à fait plat. Ma propre "bosse indécente" tirait sur les coutures, trahissant mon excitement de spectateur engagé.
— Fabrice… Approche, a-t-elle murmuré entre deux caresses buccales. Ne reste pas là à faire l'inventaire. Viens participer à l'effort de guerre.
Je me suis exécuté. J'ai déballé le paquet, libérant mon obélisque qui n'attendait qu'un signal. Elle s'est relevée, s'est foutue à poil avec une lenteur calculée sous le regard hypnotisé de Bastien. Elle a invité le planton à s'occuper d'elle avec sa langue. Le soldat a plongé, faisant monter la pression dans son antre humide, tandis qu'elle s'occupait de moi. Ses doigts caressaient ma base, sa langue léchait le sommet, avant qu'elle ne m'englobe de ses fines mâchoires dans un va-et-vient qui me faisait monter au plafond. Elle s'est retournée, offrant sa croupe sculptée à Bastien.
— Prépare le terrain, Bastien, a-t-elle ordonné.
Le garde s'est exécuté, explorant ses profondeurs avec une ardeur réglementaire. Puis elle a voulu changer de régime, réclamant Bastien dans sa bouche une nouvelle fois, tandis que je prenais position derrière elle. Je l'ai embrochée d'un coup sec, sentant la chaleur de son antre brûlante m'accueillir.
Le final a été une apothéose de fluides. Soline a fini à genoux devant nous, le regard brillant de malice. On a lâché les vannes l'une après l'autre. Elle a reçu sa bonne dose de gélatine humaine, une double ration de protéines qu'elle a tout gobée avec un soupir de satisfaction, se léchant les lèvres avec une impudeur magnifique. Elle s'est redressée, a rajusté son pantalon de cuir noir et sa chemise de soie.
— Merci pour votre service rendu, adjudant. Repos, a-t-elle lâché en lui décochant un clin d'œil.
On a quitté le local, laissant Bastien un peu hébété au milieu de ses photocopies. Direction le bureau de Léonie Durfort. C'était l'heure de voir ce que la clé avait dans le ventre. On a grimpé les marches quatre à quatre, le cuir de Soline grinçant à chaque foulée comme un avertissement. Bastien devait encore être en train de ramasser ses neurones éparpillés sur la photocopieuse, mais nous, on avait déjà la tête au décryptage.
On a frappé à la porte de Léonie Durfort. Un "Entrez !" étouffé nous a répondu. À l'intérieur, l'ambiance était aux antipodes du local technique : lumière tamisée, odeur de café froid et le ronronnement discret des processeurs qui tournaient à plein régime. Léonie était là, sa silhouette frêle de geekette de génie encadrée par trois moniteurs géants où défilaient des cascades de lignes de code vertes. Elle ne nous a même pas regardés entrer, ses doigts dansant sur le clavier avec une virtuosité de pianiste sous amphètes.
— Je vous attendais, a-t-elle murmuré sans lâcher l'écran. Asseyez-vous sur le côté. J'y suis presque.
Je me suis exécuté, calant mon séant sur une chaise de bureau ergonomique. En la regardant de profil, je me suis dit que la petite était quand même vachement gironde. Sous son air de première de la classe avec son carré brun impeccable et ses lunettes fines, y avait un potentiel incendiaire que son pull en cachemire peinait à dissimuler. J'ai jeté un œil à Soline. Ma rousse ne perdait pas une miette du spectacle. Elle avait ce regard… ce regard de prédatrice qui a repéré une nouvelle pièce de gibier. Elle avait quasiment la bave aux lèvres en matant la gamine s'affairer sur ses touches.
— Alors, ma jolie ? a roucoulé Soline en se penchant vers elle. Ce décryptage, ça va durer une éternité ou tu nous sors le grand jeu ?
Léonie a décoché un petit sourire en coin, un éclair de malice derrière ses verres.
— L'algorithme de la Chrysalide est coriace, mais j'ai presque forcé la serrure.
Soline s'est levée, le regard brillant. Elle a posé une main sur l'épaule de la petite.
— Ecoute moi bien, Léonie. On va pimenter l'informatique. Tu as exactement cinq minutes pour finir. Si tu réussis le challenge… je te fais cadeau de mon corps. Ici, maintenant.
Le silence est devenu électrique. Léonie s'est figée une seconde, les joues brusquement empourprées, puis elle a relevé le défi d'un hochement de tête sec.
— Pari, tenu.
Léonie a décoché un petit sourire en coin, un éclair de malice derrière ses verres.
— L'algorithme de la Chrysalide est coriace, mais j'ai presque forcé la serrure.
Soline s'est levée, le regard brillant. Elle a posé une main sur l'épaule de la petite.
— Ecoute moi bien, Léonie. On va pimenter l'informatique. Tu as exactement cinq minutes pour finir. Si tu réussis le challenge… je te fais cadeau de mon corps. Ici, maintenant.
Le silence est devenu électrique. Léonie s'est figée une seconde, les joues brusquement empourprées, puis elle a relevé le défi d'un hochement de tête sec.
— Pari, tenu.
Et c'est reparti de plus belle. Le tic-tac de l'horloge murale semblait résonner dans mes tempes. Quatre minutes passèrent. Léonie transpirait, une mèche brune collée sur son front. À quatre minutes quarante-cinq, elle a poussé un cri de victoire.
— Et voilà le travail ! Fini ! La clé est lisible !
— Et voilà le travail ! Fini ! La clé est lisible !
Soline n'a pas attendu les félicitations d'usage. Dans une démarche féline, elle a contourné le bureau. D'un geste sûr, elle a fait pivoter la chaise de Léonie pour que la petite geek se retrouve face à elle, les genoux entre les siens. Soline s'est penchée, capturant ses lèvres, d'abord tendrement, puis avec une passion qui a fait lâcher un petit gémissement à Léonie. Ses mains expertes ont commencé leur inventaire, glissant sur le corps de la petite, caressant ses seins à travers le pull avant de descendre, impatientes, pour se poser entre ses cuisses, sur le denim de son jean.
Soline s'est tournée vers moi, le souffle court, les yeux sombres de désir.
— Fabrice… Tu viens m'aider ?
— Fabrice… Tu viens m'aider ?
J'ai lâché un soupir qui venait de mes tréfonds.
— Putain, Soline… Tu t'arrêtes jamais ? Entre le réveil ce matin et l'épisode du local technique avec l'adjudant, tu m'as vidé jusqu'à la moelle. J'ai les balloches plus sèches qu'un désert de Gobi. Je passe mon tour pour le pilonnage, je vais me contenter de vous regarder.
— Putain, Soline… Tu t'arrêtes jamais ? Entre le réveil ce matin et l'épisode du local technique avec l'adjudant, tu m'as vidé jusqu'à la moelle. J'ai les balloches plus sèches qu'un désert de Gobi. Je passe mon tour pour le pilonnage, je vais me contenter de vous regarder.
Soline a ricané, reportant son attention sur Léonie qui était déjà en train de perdre pied.
— Tu n'es qu'un faible homme, Fabrice. Tant pis pour toi, moi je vais goûter à cette petite merveille… Mais bon, tu as encore une langue et des doigts, non ? Ça devrait suppléer ton manque de jus !
— Tu n'es qu'un faible homme, Fabrice. Tant pis pour toi, moi je vais goûter à cette petite merveille… Mais bon, tu as encore une langue et des doigts, non ? Ça devrait suppléer ton manque de jus !
Elle a ramené Léonie vers elle. L'ambiance dans le bureau de Léonie venait de grimper de plusieurs étages, et je ne parlais pas de l'altitude du bâtiment. Sous les néons blafards qui d'ordinaire ne voient passer que des tableurs Excel et des rapports de surveillance, le spectacle était devenu franchement plus organique.
Soline, fidèle à sa réputation de tornade, a soulevé le pull de Léonie d'un geste sec, pendant que la petite geekette, les doigts tremblants mais précis, déboutonnait son propre chemisier. En un clin d'œil, elles se sont retrouvées torse nu toutes les deux, leurs deux paires de seins pointant fièrement vers le plafond de la République. Même si la vue était plus que sympa, je sentais encore le poids de mes exploits matinaux dans les jarrets. Je n'étais pas encore prêt à remonter au front, alors je me suis calé dans mon fauteuil, spectateur privilégié de ce débriefing d'un nouveau genre.
En deux temps, trois mouvements, les pantalons ont volé à travers la pièce, suivis de près par les petites culottes. Ces dernières ont atterri directement entre mes pognes, comme deux trophées de soie encore chauds. Les coquines, elles savaient exactement comment me chercher, même en plein burn-out.
Soline, sans perdre une seconde, s'est mise à genoux entre les cuisses de la petite. Elle a attaqué une dégustation en règle, sa langue de prédatrice fouillant les moindres recoins de l'antre de Léonie. La petite ne s'est pas fait prier : elle lui appuyait sur la tête, les doigts crispés dans la tignasse rousse de Soline, les phalanges blanches de tension, de peur qu'elle ne lâche l'affaire avant le bouquet final.
Et quel bouquet ! Léonie s'est cambrée dans un dernier râle de plaisir qui a fait vibrer les cloisons du bureau. Les vannes ont cédé sous les assauts de ma rousse, et le nectar a jailli, coulant à flots, maculant le carrelage avec une insolence magnifique. Pas qu'un peu, croyez moi ! C'était plus une petite fuite de tuyauterie de bureaucrate, c'était la voie d'eau du siècle.
La gamine s'est relevée, chancelante, les jambes en coton et les yeux encore noyés dans un brouillard de luxure, pataugeant littéralement au milieu de son propre déluge. Elle a invité Soline à prendre sa place sur le siège de bureau ergonomique, qui grinçait sous le poids de leurs péchés. C'était au tour de Léonie de mener la danse, de rendre la pareille à la rousse incendiaire.
Elle a commencé par un préliminaire de gourmette, ses lèvres s'attardant sur les tétons de Soline qui pointaient comme des obus sous l'effet du froid de la clim et de l'excitation. Elle les a goûtés, les a mordillés avec une ferveur de naufragée trouvant enfin une terre ferme, avant de plonger, affamée, vers la chaleur brûlante et saturée de ma rousse. Léonie y est allée avec les doigts, avec la langue, cherchant à son tour à faire rompre les barrages de Soline, tandis que le parfum du sexe et de l'ozone remplissait l'espace clos.
Bon, là, j'avoue… De voir ces deux dévergondées s'entremêler comme des lianes sous les écrans de contrôle, avec le reflet des codes de cryptage qui dansait sur leurs peaux moites, ça commençait à me remuer sérieusement les neurones. Ma rousse n'a pas tardé à exulter à son tour, son corps se tordant sur le cuir du siège dans une apothéose épique qui aurait pu faire griller tous les serveurs du boulevard Mortier.
Quand le calme est enfin revenu, entre les respirations saccadées et l'odeur du carnage charnel, Soline s'est redressée en se léchant les lèvres avec une satisfaction de chatte repue.
— Voilà, a-t-elle murmuré en jetant un œil aux moniteurs, le regard de nouveau d'acier. Maintenant qu'on a les idées claires, voyons ce que ta clé nous raconte, ma jolie.
— Voilà, a-t-elle murmuré en jetant un œil aux moniteurs, le regard de nouveau d'acier. Maintenant qu'on a les idées claires, voyons ce que ta clé nous raconte, ma jolie.
Léonie, encore un peu tremblante, s'est rassis devant ses écrans. Je me suis penché au-dessus de leurs épaules. Sur l'écran central, un fichier venait de s'ouvrir. Le nom du dossier m'a fait l'effet d'une douche froide, même après tout ça : "PROJET CHRYSALIDE : PHASE FINALE – PROTOCOLE D'EXTINCTION".
À suivre…
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()