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Couverture de Qui sait ?, par Verdu
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Qui sait ? — Chapitre 4 · Qui sait - la collègue

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Verdu
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Qui sait ?

Chapitre 4 · Qui sait - la collègue

Note de l'auteur

À la fin de cette histoire, une question : « Qui sait ? »

Je la laisse volontairement en suspens pour vous permettre d’imaginer la suite.

Si cela vous tente, n’hésitez pas !
En cette matinée d’octobre, je ne franchissais pas la porte de mon bureau, mais la porte d’une salle de réunion au siège de mon administration pour trois jours d’audition de candidats à la fonction publique. Quelques semaines plus tôt, nous avions sélectionné une vingtaine de dossiers parmi la centaine de candidats qui avaient postulé.
J’étais essoufflée, car avant de partir de chez moi, mon fils m’avait prévenue à la dernière minute qu’il avait une sortie avec le collège et que je devais lui préparer un pique-nique pour le midi. J’avais donc pressé le pas entre la station de métro et le cinquième étage de cet immeuble, où se tenaient les auditions. Je soufflais, mais je n’étais pas en retard, même si je n’avais pas le temps de prendre un café, aimablement offert par l’administration. En entrant dans la salle, je reconnus mes collègues, responsables de la gestion du personnel dans leurs antennes régionales respectives, trois femmes et un homme. Arrivés de province, ils étaient arrivés la veille et logeaient dans un hôtel à quelques pas du siège. J’avais dû subir une heure de transport, tout comme l’autre homme de ce jury. Je saluai tout le monde d’un geste de la main, avant de m’asseoir à la place qui m’avait été attribuée, en face de ce collègue masculin. Enfin, collègue, c’était un bien grand mot. Certes, il travaillait comme nous dans la même administration, mais il était cadre dans une unité de recherche et ne connaissait rien à notre métier. Il nous l’avait dit clairement lorsque nous nous étions réunis en visioconférence pour sélectionner les dossiers.
— Je ne connais pas le métier, donc je vous laisserai juger la pertinence des dossiers. Je vous ferai simplement part de mon ressenti sur les dossiers et je poserai des questions “naïves”.
— Les questions “naïves” sont toujours intéressantes, avait répondu Séverine, la présidente du jury.
Effectivement, lors de nos discussions, il avait soulevé des questions que nous n’avions pas relevées et qui étaient très pertinentes. Je dus quand même admettre que, pour une personne qui ne connaissait rien au métier, il maîtrisait assez bien les subtilités de notre fonction. J’en compris un peu plus tard la raison : cela faisait dix ans qu’il était le représentant élu du personnel, chargé de veiller à ce que le jury respecte l’équité entre les candidats. En dix ans, il avait siégé dans de nombreux jurys comme le nôtre. Derrière l’écran, je n’avais vu que son visage en contre-jour, celui d’un homme d’une vingtaine d’années de plus que moi, et entendu sa voix calme et posée, même lorsqu’il avait regretté quelques dysfonctionnements dont nous n’étions pas responsables, mais qu’il se chargerait de transmettre à l’administration pour qu’elle les corrige.
Il était maintenant face à moi, en pleine lumière. Il me sourit et compatit à mon explication. Il avait connu cela quand ses enfants étaient petits. Avant d’aller chercher la première candidate, il me proposa un café que j’acceptai avec plaisir.
Quand il se leva, je pus constater qu’il n’était pas très grand, de ma taille environ, et son sourire et son regard doux me troublaient.
“Iman, comment peux-tu réagir ainsi ?” pensai-je. “Qu’est-ce qui t’arrive ?”
— Avec ou sans sucre ?
— Pardon ?
— Tu veux du sucre ?
— Euh… non merci. Excuse-moi, j’étais ailleurs.
— Je vois ça, me répondit-il en souriant.
— Merci Patrick, lui dis-je en lui faisant mon plus beau sourire.
Il me sourit en réponse, posa mon gobelet de café à côté de moi, avant de sortir.
De dos, il était tout aussi séduisant que de face. Mon ventre réagissait, mais cela n’était pas vraiment surprenant. J’étais une mère divorcée depuis plusieurs années et cela faisait de nombreux mois que je n’avais pas partagé le lit d’un homme.
Quand il revint avec la candidate, il était toujours aussi souriant. Ce visage souriant était une seconde nature chez lui : il aida la candidate à satisfaire à toutes les obligations administratives avant de reprendre sa place en face de moi. Son regard me mit mal à l’aise, j’ai baissé les yeux. Comprenait-il ce que mon corps essayait de lui dire ?
À la fin de la matinée, nous déjeunâmes tous ensemble dans une petite salle à l’écart du brouhaha du restaurant du personnel. Malheureusement, je me suis retrouvée assise à l’autre bout de la table, mais notre tablée n’étant pas immense, je pus participer à la conversation. J’étais littéralement sous le charme de la voix de Patrick.
J’appris qu’il était marié, père et grand-père, mais mon corps ne voulait rien savoir. J’avais envie de sentir ses mains me caresser, ses lèvres m’embrasser et, n’ayons pas peur des mots, de sentir sa virilité dans mon ventre.
Toute l’après-midi, je dus me concentrer pour être attentive aux exposés des candidates et à leurs réponses à nos questions. Cet homme était incroyable : même dans ses questions, il arrivait à les détendre.
Quand la journée se termina, je n’en pouvais plus. Mon corps était sous tension. Nous allions nous séparer quand je lui dis :
— Je prends le métro vers Orly…
— Moi aussi, pour récupérer mon RER ! Si tu veux, je t’accompagne.
Mon cœur ne fit qu’un bond, mais, à mon grand désespoir, il n’y avait qu’une station et je n’eus pas le temps d’en savoir plus quand, en descendant de la rame, il me dit en souriant :
— À demain !
Je fus bousculée par un voyageur qui montait et je tentai de chasser Patrick de mes pensées. En arrivant chez moi, la vie quotidienne prit le dessus et ce ne fut que dans le silence de ma chambre que je repensai à ces émois de la journée. La fatigue de cette journée d’audition prit le dessus et je m’endormis rapidement, d’un sommeil sans rêve.
Le lendemain, devant ma garde-robe, je n’ai pas hésité. J’ai changé ce que j’avais décidé de porter pour ces trois jours de concours et j’optai pour un chemisier qui mettait un peu plus mes formes en valeur. Je pris aussi un peu de temps pour appliquer un peu de maquillage.
Patrick nous avait dit qu’en raison de ses horaires de train, il arriverait très en avance. Je voulais aussi arriver tôt, pour être un peu seule avec lui. Malheureusement, quand j’arrivai, deux autres de mes collègues étaient déjà là et avaient commencé à étudier les dossiers des candidats du jour. Comme la veille, je me suis assise en face de Patrick et je me suis arrangée pour que le bouton ouvert de mon chemisier lui permette d’apercevoir un peu de ma poitrine. Je crus déceler une lueur d’excitation dans son regard quand il me demanda si j’étais prête.
— Oui, c’est bon…
Comme la veille, il alla chercher toutes les candidates et, à chaque fois, je restais subjuguée par la grâce de ses mouvements et son sourire. Au déjeuner, je réussis à m’asseoir à ses côtés : une petite victoire. Je fermai les yeux quelques secondes pour m’imprégner de son parfum. Il me fallait cet homme, mon corps le réclamait. Pendant le repas, il me parla de son jardin, des fruits et légumes qu’il y cultivait et du raisin qu’il avait en abondance cette année.
— J’adore le raisin ! lui dis-je.
— Je t’en apporterai demain si tu veux, me proposa-t-il en jetant un œil discret dans mon décolleté.
— Merci.
Avais-je tapé juste ? Allait-il comprendre les messages que je lui envoyais ?
J’eus une nouvelle possibilité de rapprochement à la fin de la session d’audition. Toute l’après-midi, je l’avais vu consulter son téléphone, il semblait préoccupé.
Après la dernière audition, la présidente du jury nous demanda de rester quelques minutes pour discuter des prestations des candidats. Nous avions peu de postes à pourvoir et plusieurs candidats avaient parfaitement répondu à nos attentes. Il nous fallait faire une sélection avant la dernière ligne droite du lendemain.
— Pas de problème, répondit Patrick. Mais j’ai un appel urgent à donner, un souci dans le service.
— Ne t’inquiète pas, lui dit la présidente. On va prendre un café en attendant.
Il sortit et nous prîmes un café en discutant de manière informelle à côté de la machine à café. Quand il revint, il s’approcha de nous et vint à côté de moi pour prendre son café.
— Ça va, Patrick ? lui demandai-je en posant ma main sur son épaule.
Il me regarda sans reculer. Il passa furtivement sa main sur ma hanche. J’eus un frisson. Pour être honnête, ce fut plus qu’un frisson. Je ressentis une décharge électrique dans mon ventre. Je sentis trop brièvement la chaleur de sa main sur ma hanche, mais ce fut suffisamment long pour que je me sentisse fondre.
— Oui, merci. Juste un détail à régler, me dit-il en souriant.
— Tant mieux, soufflai-je. Mais, là ! Ça va être compliqué…
— Oui, ça va être chaud… tendu !
À quoi faisait-il allusion, à l’état dans lequel j’étais ou au concours ?
Nous nous sommes assis quelques minutes pour tenter de nous harmoniser. La présidente clôtura les discussions en nous disant que la nuit nous porterait conseil.
Dans le métro, j’eus une nouvelle frustration : une autre collègue nous accompagnait, mais, avant de sortir, il me regarda.
— Je ne t’oublie pas, je t’apporterai le raisin.
J’eus juste le temps de le remercier avant de le voir disparaître dans la foule qui sortait de la rame.
Je fus obnubilée par Patrick toute la soirée. Quand je me suis couchée, je ne pouvais pas le sortir de mon esprit. Je l’imaginais allongé à côté de sa femme, la caressant tendrement avant de lui faire l’amour.
Je fermai les yeux et je me transportai en pensées dans la chambre de Patrick. J’étais vêtue d’une petite nuisette courte, une incitation à l’amour. Il venait s’allonger à côté de moi, ne portant qu’un caleçon. Je posais ma tête sur sa poitrine et je commençais à le caresser. Sa main glissait dans mon dos, soulevait le bas de ma nuisette pour se poser sur mes fesses. Un frisson me parcourut, je gardais les yeux fermés. Il me bascula sur le dos et caressa mes seins. Mes tétons pointaient, il en prenait un dans sa bouche et titillait l’autre avec ses doigts. Je le laissais faire. Sa bouche quittait ma poitrine pour m’embrasser. Sa langue fouillait ma bouche. Instinctivement, j’écartai les cuisses. Il avait compris ce que j’attendais. Il se débarrassa de son caleçon et vint au-dessus de moi. Il était doux, tendre, câlin. Son sexe glissait en douceur entre mes cuisses, il le présentait à l’entrée de mon puits d’amour. Je soupirai. Je tendis mon bassin et il entra en douceur. Quand il fut tout au fond de moi, il s’immobilisa. Je me sentais remplie, possédée complètement, prise comme je ne l’avais pas été depuis longtemps. Je m’offrais sans retenue.
— Vas-y, lui murmurai-je.
Il commença à aller et venir en moi, son bassin collé contre le mien. À chaque pénétration, il appuyait sur mon bouton d’amour. Je gémis.
— Oui, encore !
Mes mains caressaient son dos, ses fesses. Je ne voulais pas que cela s’arrête. Le plaisir montait par vagues depuis mon ventre jusque dans ma tête. Je me tortillais. Je criai mon plaisir, j’étais au septième ciel.
Enfin, dans une ultime pénétration, il jouit dans mon ventre. Il resta quelques secondes à me regarder avant de s’écarter et de s’allonger à nouveau à côté de moi.
J’ouvris les yeux pour réaliser que tout cela n’avait été qu’un rêve. Un rêve si intense que mes draps en gardaient le souvenir.
J’entendis frapper à la porte de ma chambre : mon fils s’était réveillé.
— Maman ! Tu vas bien ?
— Oui, mon chéri, c’était juste un rêve…
— Ah ! D’accord…
Malgré ma jouissance, il me fallut du temps pour trouver le sommeil et, quand le réveil sonna, je n’étais pas reposée. Après avoir rapidement avalé mon café et fait un bref passage dans la salle de bain, j’enfilai une tenue qui, je l’espérais, allait attirer le regard de l’homme dont j’étais tombée sous le charme.
En pénétrant dans la salle du concours, je sus que j’avais fait mouche. Assise face à lui, les bureaux ouverts lui permettaient d’admirer mes jambes nues sous ma jupe et mon chemisier laissait deviner un peu plus de peau que la veille. Je surpris deux ou trois regards de Patrick dans ma direction pendant les auditions des candidates.
Au milieu de la matinée, nous fîmes une pause. Il me donna un sac contenant le raisin qu’il m’avait promis. Lors de cet échange, nos mains se frôlèrent. J’eus de nouveau cette sensation électrique qui me traversa. J’aurais aimé que ce contact se prolonge, mais il fut interpellé par une collègue.
— Patrick, tu as vu qu’il y a des problèmes de train ?
— Oui ! Je ne sais pas comment je vais rentrer cet après-midi, le trafic est interrompu jusqu’à la fin de la journée…
— Tu vas être obligé de coucher ici, lui dit cette collègue en rigolant.
— C’est dommage, mais j’ai promis un week-end à la campagne à mon fils, lui dis-je. Sinon, j’aurais pu t’héberger pour la nuit.
Pourquoi lui avais-je proposé cela ? C’était totalement absurde, mais j’avais tellement envie de lui.
— Je te remercie, mais je vais me débrouiller, ne t’inquiète pas…
En fait, si, je m’inquiétais. Il n’était rien pour moi, nous n’avions commencé aucune relation, mais je m’inquiétais pour cet homme que je ne connaissais pas deux jours plus tôt.
Je me ressaisis pour les dernières auditions et, contrairement à ce que nous avions pensé la veille, le classement fut assez simple à effectuer. En milieu d’après-midi, nous pûmes nous quitter avec le sentiment du travail bien fait.
Pour la dernière fois, je pris le métro avec Patrick. Dans la rame, il était tout proche de moi, je pouvais sentir son souffle. Je profitais de ces derniers instants.
— Tu me diras si tu es bien rentré, lui demandai-je en sortant mon téléphone.
— Bien sûr, je t’enverrai un message pour te dire si je suis bien rentré… me dit-il un peu avant que nous arrivions à sa station.
— Donne-moi ton numéro…
Encore une fois, pourquoi lui demandais-je cela ? J’avais son numéro sur les documents que nous avions reçus pour le concours, pour que nous puissions nous contacter afin de discuter des dossiers.
Ce fut alors qu’à ma grande surprise, il me donna son numéro personnel, que je me suis empressée de noter. Il venait à peine de me donner le dernier chiffre que la porte de la rame s’ouvrit et qu’il descendit sur le quai.
Je tenais mon téléphone dans la main, le numéro de Patrick affiché sur l’écran. Je n’ai pas hésité. J’ai appuyé sur le bouton vert pour l’appeler.
Il aurait aussi mon numéro personnel et qui sait ?
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