Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Offerte par Monsieur — Chapitre 8
Auteur
Offerte par Monsieur
Chapitre 8
La semaine qui suivit son marquage fut un silence total.
Pas un message. Pas un appel. Rien.
Monsieur l’avait faite tatouer, officiellement déclarée sienne devant des inconnus, l’avait regardée sucer le tatoueur à genoux dans le salon… puis il avait disparu. Les jours s’écoulèrent avec une lenteur cruelle. Chaque matin, elle vérifiait son téléphone en retenant son souffle. Chaque soir, elle se couchait avec le tatouage encore sensible au-dessus de son pubis et cette question qui tournait en boucle : pourquoi la délaissait-il ? Jouait-il encore avec elle ? L’avait-il marquée pour mieux l’abandonner ensuite ? La souffrance mentale était sourde, constante, plus insidieuse que toutes les douleurs physiques qu’il lui avait déjà infligées. Elle se surprenait à caresser du bout des doigts les lettres noires gravées dans sa peau, comme pour se rassurer sur le fait qu’elles existaient vraiment.
Son anniversaire approchait. Elle n’en avait parlé à personne. Dans ce qui lui servait de cercle proche, un cercle qui, désormais, se résumait quasi exclusivement à Monsieur, personne ne lui faisait jamais de cadeau.
Puis, un matin, la sonnette retentit.
Une livraison. Une petite boîte luxueuse, noire, mate, fermée par un ruban discret. Aucun nom d’expéditeur visible, mais elle sut immédiatement. Personne d’autre ne lui envoyait quoi que ce soit. Elle ferma la porte, le cœur déjà accéléré, et ouvrit la boîte avec des doigts un peu maladroits.
Sur le dessus, un petit mot écrit à la main, l’écriture ferme et précise qu’elle reconnaissait entre mille :
“Ton anniversaire approchant, je veux déjà te faire un premier cadeau.
J’espère que tu apprécieras.
Monsieur”
Sous le mot, posé dans un écrin de velours sombre, se trouvait un objet blanc nacré en forme d’œuf, parfaitement lisse, se terminant par un fin fil souple. Elle le prit entre ses doigts. La texture était agréable, presque soyeuse. Très léger. Elle le fit rouler dans sa paume, perplexe. Ce n’est qu’en soulevant le support de velours qu’elle découvrit une petite notice pliée.
Le mode d’emploi était clair, technique, sans fioritures. Comment télécharger l’application. Comment connecter l’œuf en Bluetooth. Quelles autorisations accepter pour que le contrôle à distance fonctionne parfaitement. Elle suivit les instructions une par une, le cœur battant de plus en plus fort. Quand la connexion s’établit enfin, l’œuf se mit à vibrer doucement dans sa main.
Elle comprit.
Un frisson lui parcourut l’échine. Ce n’était pas un simple sextoy. C’était un instrument de contrôle. Et Monsieur pouvait le contrôler à distance.
Le lendemain matin, veille de son anniversaire, son téléphone vibra pendant qu’elle prenait son café.
— Tu porteras l’œuf en toi toute la journée.
— Ne l’enlève sous aucun prétexte avant que je t’en donne l’autorisation.
— Ne l’enlève sous aucun prétexte avant que je t’en donne l’autorisation.
La chaleur lui monta immédiatement entre les cuisses. Elle devait aller travailler. Toute une journée de bureau, de réunions, de collègues, avec cet objet en elle et Monsieur aux commandes. Elle ferma les yeux une seconde, déjà trempée rien qu’à l’idée.
Elle lava l’œuf soigneusement, puis, sans réfléchir davantage, le porta à sa bouche. Elle le suça longuement, le recouvrant de salive chaude et épaisse, le faisant glisser sur sa langue pour bien le lubrifier. Puis elle s’allongea au bord de son lit, écarta les cuisses et l’enfonça lentement en elle. L’œuf glissa sans difficulté, venant se loger profondément. Le fil souple dépassait à peine, discret contre sa vulve. Elle enfila une culotte fine, une jupe de longueur raisonnable, et partit travailler le cœur battant.
La matinée commença presque comme un jeu.
Vers dix heures, alors qu’elle répondait à des e-mails, l’œuf se mit à vibrer très doucement. Une vibration basse, profonde, qui vint immédiatement stimuler ses parois internes. Elle croisa les jambes sous le bureau, un sourire presque amusé aux lèvres. La sensation était agréable, excitante. Elle sentit son clitoris gonfler progressivement, son excitation monter en douceur. Puis, juste au moment où elle commençait vraiment à s’humidifier davantage, les vibrations s’arrêtèrent net.
Elle resta figée, le souffle un peu plus court.
Frustration légère. Presque drôle.
Une heure plus tard, alors qu’elle était en réunion avec trois collègues, l’œuf se ralluma. Plus fort cette fois. Des pulsations régulières, insistantes, qui venaient frapper exactement au bon endroit. Elle sentit ses parois se contracter malgré elle. L’excitation monta beaucoup plus vite. Ses tétons durcirent sous son chemisier. Elle dut s’éclaircir la gorge pour continuer à parler normalement. Ses cuisses se serrèrent. Elle était en train de mouiller sa culotte de façon embarrassante. L’orgasme commençait à se profiler, tiède, prometteur…
Puis plus rien.
L’œuf s’éteignit comme on coupe une lumière.
La frustration fut plus vive. Elle resta quelques secondes les yeux fixés sur ses notes, le sexe palpitant autour de l’objet maintenant inerte, le besoin de jouir déjà installé comme une démangeaison sourde.
L’après-midi fut un enfer progressif.
Vers quatorze heures, pendant qu’elle était seule dans son bureau, les vibrations reprirent avec une intensité moyenne mais constante. Elles ne s’arrêtaient plus. Elle se retrouva rapidement au bord, les doigts crispés sur le bord de son bureau, les hanches qui bougeaient d’elles-mêmes sur la chaise. Son clitoris battait à vide contre le tissu humide de sa culotte. Elle était si proche. Terriblement proche. Ses parois se contractaient déjà par à-coups autour de l’œuf. Encore quelques secondes et elle basculerait…
L’œuf s’arrêta.
Un gémissement étouffé lui échappa. Elle se mordit la lèvre jusqu’au sang pour ne pas crier sa frustration. Son sexe continuait de pulser, douloureusement maintenant, privé de la délivrance qu’il réclamait. Elle resta ainsi plusieurs minutes, le front appuyé contre sa main, à essayer de calmer les tremblements de ses cuisses.
À seize heures, ce fut pire.
Les vibrations revinrent par vagues irrégulières, tantôt très fortes, tantôt presque imperceptibles, puis de nouveau violentes. Elle montait, montait, montait… chaque fois plus haut, chaque fois plus vite. Sa culotte était trempée. Elle sentait le jus glisser le long de ses lèvres et mouiller le haut de ses cuisses. À plusieurs reprises, elle dut se lever sous un prétexte quelconque pour aller s’enfermer dans les toilettes, le visage en feu, les jambes flageolantes. Elle s’asseyait sur le siège, les cuisses écartées, le souffle court, attendant la suite. L’œuf la ramenait systématiquement au bord du gouffre… puis s’éteignait.
La frustration n’était plus amusante. Elle était devenue pénible. Puis douloureuse. Son clitoris était hypersensible, lui faisant mal avec le simple frottement du tissu. Son ventre était noué en permanence. Elle avait l’impression que son sexe était devenu une plaie ouverte de besoin non satisfait. Plusieurs fois, elle fut tentée de se toucher jusqu’à se faire jouir malgré l’interdiction. Chaque fois, le souvenir du regard de Monsieur et du tatouage au-dessus de son pubis l’en empêcha.
Quand elle rentra enfin chez elle, le soir, elle était dans un état second. Les cuisses collantes, le sexe en feu, l’esprit brumeux de frustration accumulée. Elle n’avait presque rien mangé à midi. Elle n’avait plus d’autre pensée que celle de jouir.
Son téléphone vibra alors qu’elle fermait sa porte.
— Tu peux retirer l’œuf.
Elle s’exécuta immédiatement, un soupir tremblant aux lèvres. L’objet ressortit luisant de ses jus. Elle le posa sur le rebord du lavabo et, les doigts déjà en chemin vers son clitoris, tapa un message :
— Monsieur… est-ce que je peux… me faire jouir maintenant ?
La réponse tomba moins d’une minute plus tard.
— Non. Demain on fêtera ton anniversaire comme il se doit.
— Sois chez moi à vingt heures. Tenue de soirée exigée.
— Sois chez moi à vingt heures. Tenue de soirée exigée.
Elle resta debout au milieu de sa salle de bain, les jambes tremblantes, le sexe encore ouvert et douloureux de n’avoir pas joui, le message affiché sur l’écran.
La frustration s’était transformée en une souffrance réelle.
Et elle savait que le lendemain pourrait encore être pire.
Elle le souhaitait même.
Parce qu’elle appartenait à Monsieur Duval.
Et que même cette torture-là faisait partie du cadeau.
Elle le souhaitait même.
Parce qu’elle appartenait à Monsieur Duval.
Et que même cette torture-là faisait partie du cadeau.
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Commentaires ()
Très moderne, l’œuf télécommandé !