Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Offerte par Monsieur — Chapitre 9
Auteur
Offerte par Monsieur
Chapitre 9
Elle était stressée, sans vraiment savoir pourquoi.
La tenue de soirée qu’elle avait achetée dans l’après-midi la mettait en valeur bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Le décolleté, juste assez profond pour souligner la courbe de ses seins sans tomber dans la vulgarité, laissait deviner la naissance de sa poitrine à chaque mouvement. La robe descendait à mi-cuisse, révélant la longueur impressionnante de ses jambes gainées de bas fins. Elle n’avait rien mis en dessous. Pas de soutien-gorge. Pas de culotte. Elle savait que Monsieur aimait la savoir prête à l’emploi.
Pourquoi une tenue de soirée ? Allait-il l’emmener au restaurant ? Organiser un dîner aux chandelles chez lui ? Elle ne savait pas. Et cette incertitude lui nouait le ventre depuis des heures.
Elle descendit de la rame de métro. Les dernières centaines de mètres jusqu’à l’immeuble de Monsieur furent une torture mentale. Sans sous-vêtement, ses lèvres nues, toujours douloureusement frustrées depuis la veille, se rappelaient à elle à chaque pas. Le frottement léger de la robe contre son sexe hypersensible suffisait à raviver le besoin qu’elle traînait depuis plus de vingt-quatre heures. Elle serra les cuisses en marchant, le souffle déjà un peu court.
Elle sonna.
Monsieur ouvrit. Il ne lui sauta pas dessus comme aux premiers temps. Il l’examina un instant, le regard appréciateur, puis l’invita à entrer d’un geste calme. Il la conduisit directement vers la salle à manger.
Trois hommes en costumes impeccables étaient déjà installés à table. Des verres de vin étaient servis. L’atmosphère était feutrée, élégante. Mais ce ne fut pas eux qui captèrent d’abord son attention. Le long du mur, alignées avec une discipline parfaite, trois femmes entièrement nues attendaient à genoux. Torse bien droit, mains posées à plat sur les cuisses, tête baissée. Position de soumise classique. Impeccable.
Elle s’immobilisa un instant sur le seuil, le cœur soudain plus lourd. Où était sa place ? À table, parmi les hommes en costume ? Ou nue, à genoux, le long du mur, avec les autres ?
Monsieur comprit immédiatement son trouble. Il posa une main légère dans le dos de sa robe et murmura près de son oreille :
— Installe-toi à table. C’est toi qu’on fête ce soir.
Elle obéit, les jambes un peu molles, et prit place à côté de lui. Le repas commença. Un traiteur discret servait des mets raffinés. Les assiettes se succédaient, délicieuses. Peu à peu, elle se détendit. Les hommes discutaient de tout et de rien : travail, voyages, actualité. De temps en temps, l’un d’eux lui posait une question anodine. Elle répondait brièvement, poliment, sans jamais se sentir vraiment à sa place. En face d’elle, les trois soumises restaient parfaitement immobiles, comme des statues de chair. Elle finit presque par les oublier.
Puis, au détour d’une conversation anodine, l’un des hommes dit simplement :
— Joy, tu peux procéder.
Elle ne comprit pas tout de suite. Puis elle vit l’une des femmes nues se mettre à quatre pattes et avancer sous la table avec une grâce silencieuse. Quelques secondes plus tard, elle entendit le bruit discret d’une fermeture éclair qu’on ouvrait. Puis des bruits de succion humides, réguliers, parfaitement maîtrisés.
Joy était en train de sucer l’un des hommes.
Et les conversations continuaient comme si de rien n’était.
Elle resta figée, les yeux écarquillés, le cœur battant trop fort. Personne ne commentait. Personne ne baissait la voix. L’homme concerné continuait de parler normalement, seule une légère tension dans sa mâchoire trahissant parfois ce qui se passait sous la nappe. Au bout de quelques minutes, elle crut deviner, à un imperceptible relâchement de ses épaules, qu’il venait de jouir. Joy, toujours invisible sous la table, se déplaça de manière féline.
Elle s’occupa du deuxième homme. Puis du troisième.
Puis de Monsieur.
La jeune femme n’en revenait pas. Joy suçait tous les hommes présents à table avec le même professionnalisme tranquille, avalant sans doute chaque fois, avant de repasser à la personne suivante. Les discussions n’avaient jamais cessé. On parlait encore de la météo du week-end quand elle comprit, à un mouvement sous la nappe, que Joy venait de terminer avec Monsieur.
Il ne restait plus qu’elle.
Elle sentit alors deux mains se poser sur ses genoux. Des mains fines, chaudes, qui écartèrent lentement ses cuisses. Elle tourna la tête vers Monsieur, le regard interrogateur, presque paniqué. Il la regarda calmement et dit d’une voix basse, uniquement pour elle :
— Laisse-la faire. Mais n’oublie pas que je ne t’ai pas encore autorisée à jouir.
La langue de Joy se posa sur son sexe nu.
La sensation fut immédiate, brûlante, trop intense. Après plus d’une journée de frustration accumulée, le contact humide et expert de cette bouche fut comme une décharge électrique. Joy ne se servait que de sa langue et de ses lèvres. Elle léchait longuement, suçait doucement le clitoris, revenait sur toute la longueur des lèvres, plongeait parfois le bout de sa langue juste à l’entrée sans jamais vraiment pénétrer. C’était précis. Impitoyable. Dévastateur.
Ça monta vite.
Bien trop vite.
Elle serra les dents, les mains crispées sur les accoudoirs de sa chaise. Son bassin voulait bouger ; elle le força à rester immobile. Les vagues de plaisir se succédaient, de plus en plus fortes, de plus en plus douloureuses dans leur interdiction. Elle était de nouveau au bord, exactement comme la veille avec l’œuf, sauf que cette fois la stimulation était vivante, chaude, intelligente. Joy semblait savoir exactement quand ralentir d’un millimètre pour l’empêcher de basculer.
Les minutes s’étirèrent.
La souffrance redevint celle de la veille : un besoin si violent qu’il en devenait physique, une torsion dans le bas-ventre, un feu qu’on lui interdisait d’éteindre. Elle n’en pouvait plus. Ses cuisses tremblaient. Sa respiration était devenue irrégulière. Elle sentait qu’elle allait céder d’une seconde à l’autre.
D’un geste brusque, elle recula sa chaise.
La bouche de Joy se détacha de son sexe dans un bruit humide. Tous les regards se tournèrent vers elle. Monsieur la regardait avec un air interrogateur, presque curieux. Les autres hommes aussi.
Elle bredouilla, la voix cassée :
— Je… ne peux plus… Je… vais… si elle continue…
Monsieur lui sourit. Un sourire calme.
— Je sais que tu résisteras pour moi. Remets-toi correctement à table, s’il te plaît. Le dessert arrive.
Les joues en feu, humiliée, le sexe battant à vif, elle avança de nouveau sa chaise. À peine eut-elle repris sa place que la langue experte se reposa sur elle. Exactement au même endroit. Exactement avec la même précision cruelle.
On apporta le gâteau.
Les hommes se mirent à chanter.
Joy continua de la lécher pendant tout le chant.
Elle n’était plus qu’un volcan prêt à exploser. Chaque seconde était une torture. Ses ongles s’enfonçaient dans ses paumes. Elle se mordait l’intérieur des joues. Quand les derniers mots du joyeux anniversaire s’éteignirent, Joy s’arrêta net et ressortit de sous la table comme si de rien n’était, le visage brillant de son jus.
Le repas se termina de la façon la plus banale du monde. Les convives commencèrent à partir les uns après les autres. Certaines soumises se rhabillèrent discrètement. D’autres quittèrent l’appartement encore nues, un manteau jeté sur les épaules. Le traiteur plia bagage quelques instants plus tard.
Quand la porte se referma sur le dernier invité, elle se retrouva seule avec Monsieur. Son corps entier n’était plus qu’une seule demande brûlante. Elle était certaine qu’il allait enfin la prendre, la plaquer sur la table, la libérer de cet orgasme retenu depuis la veille.
Il posa son verre et dit simplement :
— J’ai passé une excellente soirée. Tu peux rentrer chez toi maintenant.
Le silence qui suivit fut assourdissant.
La frustration se transforma en colère en une fraction de seconde. Elle se redressa, la voix tremblante d’incrédulité et de rage contenue :
— Qu’est-ce que vous cherchez, Monsieur ? J’ai besoin que vous me preniez. Là. Sur cette table. Que vous me fassiez enfin jouir. Je… je le mérite.
Le regard de Monsieur devint sombre. Il ne s’énerva pas. Il ne haussa pas le ton. Il répéta seulement, avec un calme définitif :
— Tu peux rentrer chez toi.
Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle les sentit couler sans pouvoir les retenir. Elle récupéra son manteau d’un geste brusque et quitta l’appartement sans un mot de plus, claquant presque la porte derrière elle.
Dans le métro qui la ramenait, elle était encore en train de pleurer silencieusement quand son téléphone vibra.
“Fais-toi jouir. Maintenant !!”
Il savait.
Il savait qu’elle était dans le métro. Il savait que la frustration accumulée depuis deux jours allait provoquer un orgasme monstrueux. Et il voulait qu’elle jouisse là, debout dans cette rame de métro, entourée d’inconnus.
Elle voulut répondre qu’elle ne le ferait pas. Ses doigts restèrent suspendus au-dessus de l’écran. Puis elle baissa les yeux. Autour d’elle, des voyageurs lisaient, regardaient leur téléphone, discutaient à voix basse. Personne ne faisait vraiment attention à elle.
Sa main glissa le long de sa cuisse, sous le tissu de la robe. Elle trouva son sexe nu, trempé, douloureux de besoin. Elle n’eut besoin que de quelques cercles rapides sur son clitoris hypersensible. L’orgasme explosa presque immédiatement, violent, dévastateur. Son corps fut traversé de spasmes si forts qu’elle dut se retenir à la barre d’une main pendant qu’elle mordait l’autre jusqu’au sang pour étouffer le cri qui lui brûlait la gorge. Ses jambes fléchirent. Elle sentit ses jus couler le long de l’intérieur de ses cuisses.
Quand les convulsions s’apaisèrent enfin, elle mit plusieurs minutes à retrouver un semblant de contenance. Plusieurs regards étaient posés sur elle. Certains stupéfaits. D’autres gênés. Un homme détourna ostensiblement la tête. Une femme la fixait avec un mélange de choc et de fascination. Elle avait raté sa station depuis longtemps.
Les joues encore trempées de larmes et de plaisir, les jambes tremblantes, elle sortit son téléphone d’une main maladroite et tapa un seul message :
“C’est fait. Je vous hais.”
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