Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Cougar ? — Chapitre 2 · L'abandon
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cougar ?
Chapitre 2 · L'abandon
— Ben dis donc, Agnès, tu as fait la bringue ou quoi ?
— Hein ? Qu'est-ce que tu racontes, Sonia ?
— Hein ? Qu'est-ce que tu racontes, Sonia ?
Elle se tient devant le tiroir où je viens de ranger les boîtes d'analgésiques. Celles de la commande que le livreur dépose chaque matin.
— Ben, regarde ! Tu as tout mélangé. Mince alors…
— Oh zut ! Je ne sais pas comment j'ai pu… attends, je vais remettre de l'ordre.
— Tu es certaine que tout va bien ?
— Oui. Oui, je me noie dans un verre d'eau, en ce moment.
— Ah ? Il n'y aurait pas un beau mec là-dessous ?
— Mais bien sûr que non ! Qu'est-ce que tu vas imaginer ? C'est juste un coup de blues.
— Ouais… on dit ça, petite cachotière. Alors comment est-il ?
— Mais enfin ! Sonia, puisque je te dis que ce n'est pas ça…
— Comme tu veux ! Mais fais gaffe, ça peut vite se compliquer si tu te mélanges les pinceaux avec les médocs. Une erreur est si vite arrivée et peut avoir de graves conséquences.
— Bon… voilà ! C'est réparé et tout va bien, d'accord ? Allez, on se remet au boulot ou tu continues à te faire un film ?
— Oh zut ! Je ne sais pas comment j'ai pu… attends, je vais remettre de l'ordre.
— Tu es certaine que tout va bien ?
— Oui. Oui, je me noie dans un verre d'eau, en ce moment.
— Ah ? Il n'y aurait pas un beau mec là-dessous ?
— Mais bien sûr que non ! Qu'est-ce que tu vas imaginer ? C'est juste un coup de blues.
— Ouais… on dit ça, petite cachotière. Alors comment est-il ?
— Mais enfin ! Sonia, puisque je te dis que ce n'est pas ça…
— Comme tu veux ! Mais fais gaffe, ça peut vite se compliquer si tu te mélanges les pinceaux avec les médocs. Une erreur est si vite arrivée et peut avoir de graves conséquences.
— Bon… voilà ! C'est réparé et tout va bien, d'accord ? Allez, on se remet au boulot ou tu continues à te faire un film ?
Elle rigole ! Moi un peu moins, je l'avoue. Bon sang. J'ai dans la tête l'image d'une partie de ce Nathan décidément bien trop jeune pour moi. Je n'arrive pas à me sortir de l'esprit cette queue que j'ai masturbée et qui par deux fois en si peu de temps a craché son venin. Tout reste bloqué sous mon front et je vais finir par faire une connerie. Bon ! Ma vieille, il est temps de te ressaisir et de faire attention. Sonia a bougrement raison. Une inversion de médicament et ce serait la catastrophe assurée. Mais puisque je pense à ce jeune homme, je dois appeler mon fournisseur pour savoir s'il peut donc me procurer des capotes au minimum « XXL ».
Je retourne au bureau et me voici au téléphone. Dans un premier temps, le gars au bout du fil me fait répéter ma demande.
— Oui, un de mes jeunes clients se plaint de notre modèle de préservatifs. En existe-t-il d'une taille plus importante ?
— Je… vous me dites que vous avez un client qui veut des capotes plus longues, c'est bien ça.
— Plus longues et aussi plus larges !
— Mais… vous avez des ânes qui se fournissent chez vous ?
— Quoi ? Je n'apprécie pas vraiment vos plaisanteries d'un goût douteux.
— Pardon ! Mais je vous laisse imaginer la taille du sexe de votre client. Une petite seconde, je me renseigne pour savoir si ça se fait ce genre d'article d'une part, et si oui, il n'est pas certain que nous ayons cela en stock. Je vous rappelle dans quelques minutes ?
— D'accord… merci !
— Mais de rien.
— Je… vous me dites que vous avez un client qui veut des capotes plus longues, c'est bien ça.
— Plus longues et aussi plus larges !
— Mais… vous avez des ânes qui se fournissent chez vous ?
— Quoi ? Je n'apprécie pas vraiment vos plaisanteries d'un goût douteux.
— Pardon ! Mais je vous laisse imaginer la taille du sexe de votre client. Une petite seconde, je me renseigne pour savoir si ça se fait ce genre d'article d'une part, et si oui, il n'est pas certain que nous ayons cela en stock. Je vous rappelle dans quelques minutes ?
— D'accord… merci !
— Mais de rien.
Je me sens bien conne après ce coup de fil. Je suis de nouveau dans le train-train quotidien, happée par les personnes qui arrivent dès l'ouverture de la pharmacie et j'en arrive à ne plus penser à cet appel. Je ne prête donc pas attention plus que cela à la sonnerie du téléphone et c'est mon assistante qui se charge de répondre. Lorsqu'elle revient vers moi elle à un sourire que je ne pige pas.
— Agnès, j'ai mis en attente le fournisseur que tu as appelé ce matin.
— Le fournisseur ? Quel fournisseur ?
— Ben celui à qui tu as téléphoné, non ? Il est au bout du fil, je lui ai demandé de patienter.
— Le fournisseur ? Quel fournisseur ?
— Ben celui à qui tu as téléphoné, non ? Il est au bout du fil, je lui ai demandé de patienter.
Et d'un coup, ça me revient. Le bonhomme que je sers doit se demander pourquoi je pique un tel fard d'un coup. Et Sonia qui ne se cache pas pour rigoler. Bon ! Une fois servi, le type s'en va et je me précipite sur le bigophone.
— Allo ! Monsieur, alors vous avez une réponse ?
— Oui. J'ai trouvé ce qui vous conviendra peut-être. De toute façon, il n'y a pas plus gros que le « My size-max plus-plus ». Ça laisse rêveur deux cent vingt-trois millimètres de longueur pour soixante-neuf de largeur nominale. Toutes les femmes du monde doivent rêver de ce que cette capote peut contenir !
— Bon, et vous avez ça en stock ?
— Nous pouvons vous en livrer pour la fin de semaine si ça vous convient. Je vous en mets combien de boîtes ?
— Ce sont des contenants de douze ou vingt-quatre ?
— Les deux sont possibles, mais nous ne disposons que du modèle douze. Et encore nous n'en avons que quatre étuis en stocks. Je vous avoue que c'est peu courant.
— Bien ; livrez-moi votre stock, ça devrait faire l'affaire ! Je ne vais pas prendre de risques, si d'aventure mon client ne revenait pas. Je verrai plus tard s'il en veut d'autres.
— Pas d'inquiétudes, nous reprenons les invendus. Vous savez quoi, nous les mecs normaux, nous nous sentons bien petits face à des engins pareils.
— Oui. J'ai trouvé ce qui vous conviendra peut-être. De toute façon, il n'y a pas plus gros que le « My size-max plus-plus ». Ça laisse rêveur deux cent vingt-trois millimètres de longueur pour soixante-neuf de largeur nominale. Toutes les femmes du monde doivent rêver de ce que cette capote peut contenir !
— Bon, et vous avez ça en stock ?
— Nous pouvons vous en livrer pour la fin de semaine si ça vous convient. Je vous en mets combien de boîtes ?
— Ce sont des contenants de douze ou vingt-quatre ?
— Les deux sont possibles, mais nous ne disposons que du modèle douze. Et encore nous n'en avons que quatre étuis en stocks. Je vous avoue que c'est peu courant.
— Bien ; livrez-moi votre stock, ça devrait faire l'affaire ! Je ne vais pas prendre de risques, si d'aventure mon client ne revenait pas. Je verrai plus tard s'il en veut d'autres.
— Pas d'inquiétudes, nous reprenons les invendus. Vous savez quoi, nous les mecs normaux, nous nous sentons bien petits face à des engins pareils.
Je ne résiste pas à l'envie de lui dire une vacherie. Et j'y vais de mon petit couplet…
— Pourquoi ? Vous êtes gai ? Je peux vous le présenter si vous voulez l'essayer !
Il rit, mais je le sens dans ses petits souliers.
— Rassurez-vous ! Je suis un homosexuel masochiste.
— Ah bon !
— Oui ! Je ne couche qu'avec des femmes pour me faire mal !
— Ah bon !
— Oui ! Je ne couche qu'avec des femmes pour me faire mal !
Cette fois, je suis scotchée. Ça m'apprendra à vouloir faire la maligne. Il raccroche alors que Sonia passe la caboche dans l'ouverture que laisse la porte entrouverte.
— Ça va, Agnès, tu les as commandés ?
— Oui ! Ça s'appelle des « My size-max plus-plus». Et les dimensions sont incroyables. Enfin, il va m'en livrer quatre boîtes…
— Je ferme pour la pause déjeuner. On mange toutes les deux ?
— Si tu veux !
— J'ai envie d'autre chose qu'une pizza, pas toi ?
— Si ! Des frites, je n'en fais jamais chez moi à cause de l'odeur de friture ! Oui, un bon steak et des frites…humm !
— Alors, si la patronne à des envies ! Tu n'es pas enceinte tout de même ?
— Oui ! Ça s'appelle des « My size-max plus-plus». Et les dimensions sont incroyables. Enfin, il va m'en livrer quatre boîtes…
— Je ferme pour la pause déjeuner. On mange toutes les deux ?
— Si tu veux !
— J'ai envie d'autre chose qu'une pizza, pas toi ?
— Si ! Des frites, je n'en fais jamais chez moi à cause de l'odeur de friture ! Oui, un bon steak et des frites…humm !
— Alors, si la patronne à des envies ! Tu n'es pas enceinte tout de même ?
Et elle part dans un vrai fou rire communicatif. Mais au fond de moi, j'ai mauvaise grâce à rire de la sorte. Une chance que j'ai su résister à la tentation d'une pénétration, parce que le gaillard a lâché une sacrée quantité de petites flagelles lors de ses deux éjaculations bougrement rapprochées, et qu'à quarante-six ans, je ne suis pas ménopausée. Il n'aurait plus manqué que cela. C'est donc en devisant gentiment que nous gagnons le centre-ville et la cafétéria du supermarché local. Le menu qui me fait saliver est bien à la carte. Et nous passons toutes les deux un agréable moment à table. Sonia est une compagnie plaisante, un poil trop curieuse. Elle revient tout de même sur la taille hors norme des condoms qui vont nous être livrés.
— T'imagines la matraque qu'il doit trimballer le gaillard ! Bon sang, je ne voudrais pas être à la place de celle qu'il va emmancher… incroyable !
— … la taille qui te convient à toi, quelle est-elle ?
— … ? Je préfère un reflet dans mon miroir.
— … quoi ? Redis-moi ça ?
— Ne me dis pas que depuis le temps, tu ne t'es rendue compte de rien ?
— Ah bon !
— Ben oui, tous les goûts sont dans la nature, n'est-ce pas ? Et moi, je me sens plus attirée par les « elles » que les « ils ». Je n'y peux rien, je t'assure.
— Je n'ai rien à dire et surtout pas à juger de ce genre de truc. La libération des mœurs est une belle avancée pour l'être humain, non !
— Merci…
— … la taille qui te convient à toi, quelle est-elle ?
— … ? Je préfère un reflet dans mon miroir.
— … quoi ? Redis-moi ça ?
— Ne me dis pas que depuis le temps, tu ne t'es rendue compte de rien ?
— Ah bon !
— Ben oui, tous les goûts sont dans la nature, n'est-ce pas ? Et moi, je me sens plus attirée par les « elles » que les « ils ». Je n'y peux rien, je t'assure.
— Je n'ai rien à dire et surtout pas à juger de ce genre de truc. La libération des mœurs est une belle avancée pour l'être humain, non !
— Merci…
Nous revenons à notre travail en flânant le long des rues et chaque devanture devient une occasion de nous extasier. Elle a son mot à dire sur tout, sur ce qui est présenté. Au moment de rentrer dans notre officine, pendant que j'ouvre la porte fermée à double tour, je sens peser sur moi son regard lourd de sens. Elle a un drôle d'air, perdue dans des pensées dont je suis exclue. Il me vient aussi soudain à l'idée que pourtant je suis peut-être bien plus présente que je ne le crois dans sa tête. Et comme pour ce Nathan monté comme un âne, je me sens toute bizarre. Mince alors ! Je ne vais pas virer ma cuti à mon âge. Réflexion parfaitement idiote, j'en suis convaincue, puisque souvent les événements nous dépassent largement.
— xXx —
La camionnette blanche se gare ce vendredi soir, sur l'emplacement réservé aux livraisons. Le type qui en descend et entre dans la pharmacie n'est pas le chauffeur habituel. Il dépose les caissettes de médicaments, les produits cosmétiques et d'hygiène aussi que nous vendons et sur le dessus de la pile, un sachet en papier kraft. L'ensemble de notre commande est déposé sur mon bureau et je contrôle succinctement avec la liste que j'envoie par le biais de mon PC. Tout semble correspondre à ce que Sonia et moi avons noté. Oui ! C'est aussi ça la gestion du stock de notre petite maison. Machinalement, je saisis le sachet brun de papier, je l'ouvre.
Là, quatre boîtes colorées dont je sais immédiatement de quoi il retourne. Ce sont les fameuses « My size-max plus-plus ». Je m'empresse de les mettre de côté, de les coller hors de portée des yeux de mon assistante. Et après la fermeture, le rangement de cette livraison nous prend une bonne demi-heure. Il y a belle lurette qu'elle et moi ne comptons plus nos heures supplémentaires, mais je la gratifie deux fois par an, d'une prime rondelette pour Noël et pour les vacances. Elle ne se plaint donc jamais de ces minutes que l'officine lui vole.
De plus, il me semble que ce soir, elle est particulièrement peu pressée pour rentrer chez elle. Elle tourne, vire et a une nette tendance à venir plus souvent se frotter à moi. Une fois, c'est son coude qui heurte mon bras, la minute suivante, c'est sa hanche qui frôle mon derrière. Je me demande donc si elles ne sont pas intentionnelles toutes ses manigances. Ça me fait sourire, sans m'émouvoir plus que cela. Si ça peut la calmer ou lui faire plaisir, je ne donne de toute manière pas suite à ses étranges avances. Ou ce que j'imagine en être, parce que je ne suis certaine de rien.
Nous finissons le remplissage des tiroirs et je coche la dernière boîte sur l'inventaire. Voilà ! C'est l'heure de tirer le volet métallique sur la rue et d'enclencher l'alarme. Nous sortons toutes deux par la porte arrière de la pharmacie, elle aussi alarmée et nous marchons de concert sur le trottoir. Sonia baisse la tête, pensive ou triste ? Difficile de le dire. Nos voitures sont côte à côte sur le parking qui nous appartient. Devant sa trombine déconfite, je ne peux m'empêcher de l'interpeller.
— Ça ne va pas Sonia ? Il y a un problème ?
— Hein ? Bof ! L'idée de passer le week-end seule chez moi ne m'enchante pas vraiment. Pas le choix, n'est-ce pas ? Et toi, Agnès ? Tu as prévu quelque chose ?
— Pas spécialement…
— Tu n'as pas envie de faire une virée, de sortir ? Tu vois, si j'en avais le courage, j'irais bien danser moi ce soir, et je ferais la fête.
— Qu'est-ce qui te l'interdit ? Tu es seule, donc tu n'as de compte à rendre à personne, non ?
— Ouais, mais c'est cette solitude même qui me rend morose. Tu comprends ? Une femme seule dans une boîte de nuit, c'est pas marrant. Si j'osais, je te demanderais si tu ne veux pas faire une sortie en ma compagnie !
— … ! Tu sais, je ne suis pas une très bonne danseuse. Pour mon mari, ça allait, mais je suis un peu rouillée depuis le temps.
— Oh, mais je te guiderais, serais ta cavalière pour la soirée. Allez ! Laisse-toi fléchir, juste une fois. On pourrait aller diner, je ne sais où ! Tu ne veux pas ?
— J'ai déjà prévu mon repas du soir, mais si tu veux venir chez moi, je partagerai volontiers !
— Et quel est le menu ?
— Oh, juste des spaghettis-bolognaise maison, rien d'exceptionnel. Et puis on peut aussi mettre un peu de musique. Comme ça, je n'aurai pas l'air ridicule devant tout un tas de danseurs inconnus.
— Parce que le regard des autres t'importe tant que cela ? Moi, je m'en fous royalement, tu sais. Mais pourquoi pas ? J'apporte un dessert ? Ou du vin ?
— Je préfère une bouteille parce que j'ai aussi prévu une breuillotte !
— Une quoi ? C'est quoi une breuillotte ?
— Oh, pardon ! Un écrasé de fraises à la crème et au sucre. C'est tout bête, mais j'adore ce genre de petit plaisir tout simple.
— Et tu appelles ça une breuillotte ?
— Ouais ! Un mot de ma grand-mère maternelle.
— Ça marche donc ? Je viens pour quelle heure ?
— Le temps de me doucher, disons vingt heures trente ?
— D'accord ! Et pour le picrate ? Rouge ou blanc ?
— À toi de voir, je ne suis pas fixée. Je bois très peu d'ordinaire.
— Ah non ! Si on bringue, même chez toi, Agnès, pas question de faire ça à la flotte.
— De toute façon ma belle, je ne sors pas après et n'ai donc pas à conduire en soirée. Alors un verre ou deux ! Tu es seule juge de ta consommation n'est-ce pas ?
— Ouais, tu me prêteras ton canapé, si je suis trop bourrée.
— … ?
— Hein ? Bof ! L'idée de passer le week-end seule chez moi ne m'enchante pas vraiment. Pas le choix, n'est-ce pas ? Et toi, Agnès ? Tu as prévu quelque chose ?
— Pas spécialement…
— Tu n'as pas envie de faire une virée, de sortir ? Tu vois, si j'en avais le courage, j'irais bien danser moi ce soir, et je ferais la fête.
— Qu'est-ce qui te l'interdit ? Tu es seule, donc tu n'as de compte à rendre à personne, non ?
— Ouais, mais c'est cette solitude même qui me rend morose. Tu comprends ? Une femme seule dans une boîte de nuit, c'est pas marrant. Si j'osais, je te demanderais si tu ne veux pas faire une sortie en ma compagnie !
— … ! Tu sais, je ne suis pas une très bonne danseuse. Pour mon mari, ça allait, mais je suis un peu rouillée depuis le temps.
— Oh, mais je te guiderais, serais ta cavalière pour la soirée. Allez ! Laisse-toi fléchir, juste une fois. On pourrait aller diner, je ne sais où ! Tu ne veux pas ?
— J'ai déjà prévu mon repas du soir, mais si tu veux venir chez moi, je partagerai volontiers !
— Et quel est le menu ?
— Oh, juste des spaghettis-bolognaise maison, rien d'exceptionnel. Et puis on peut aussi mettre un peu de musique. Comme ça, je n'aurai pas l'air ridicule devant tout un tas de danseurs inconnus.
— Parce que le regard des autres t'importe tant que cela ? Moi, je m'en fous royalement, tu sais. Mais pourquoi pas ? J'apporte un dessert ? Ou du vin ?
— Je préfère une bouteille parce que j'ai aussi prévu une breuillotte !
— Une quoi ? C'est quoi une breuillotte ?
— Oh, pardon ! Un écrasé de fraises à la crème et au sucre. C'est tout bête, mais j'adore ce genre de petit plaisir tout simple.
— Et tu appelles ça une breuillotte ?
— Ouais ! Un mot de ma grand-mère maternelle.
— Ça marche donc ? Je viens pour quelle heure ?
— Le temps de me doucher, disons vingt heures trente ?
— D'accord ! Et pour le picrate ? Rouge ou blanc ?
— À toi de voir, je ne suis pas fixée. Je bois très peu d'ordinaire.
— Ah non ! Si on bringue, même chez toi, Agnès, pas question de faire ça à la flotte.
— De toute façon ma belle, je ne sors pas après et n'ai donc pas à conduire en soirée. Alors un verre ou deux ! Tu es seule juge de ta consommation n'est-ce pas ?
— Ouais, tu me prêteras ton canapé, si je suis trop bourrée.
— … ?
Tiens donc ! Elle affiche clairement ses intentions ? Et dire que l'idiote qui l'invite, c'est moi. Comment n'ai-je pas senti le vent de cette histoire ? Tu parles qu'elle ne peut que sauter sur l'occasion. Oh ! Après tout, je suis assez grande pour refuser toutes ses manœuvres si le besoin s'en fait sentir. Ce ne sont encore que des bêtises que me distille mon cerveau malade ? Malade ? Oui… ? Mais de quoi ? Et si ce débordement de sexualité masquait quelque chose de plus profond ? Un vide qui se transforme en manque, sans que je veuille me l'avouer ou le reconnaitre ? Déjà avec Nathan, j'ai été bien prompte à quasiment m'offrir à lui.
Là, est-ce que c'est différent ? Deux petits frottements de cette amie contre mon derrière et voilà, une idée qui me traverse l'esprit qui n'est pas des plus saines. Mais elle n'a rien fait pour me rendre dépendante. C'est juste que je veux voir des trucs sûrement là où il n'y a que mon imagination trop féconde. Zut ! Je suis repartie dans mes élans de folie ? Bon ! Je suis sur la route et elle part dans le sens opposé. Tout à l'heure, il sera temps de clarifier la situation. Une dinette entre copines, oui, une valse ou deux, voire quelques slows, toujours d'accord ! Pas question d'aller plus loin. Je ne tiens pas à détruire une amitié qui perdure depuis mes premiers pas dans la pharmacie.
Sonia a connu mon mari, elle sait bien que je suis une femme, que j'ai aimé passionnément mon homme. Elle m'a beaucoup épaulé pendant la maladie et jusqu'au départ de mon époux, elle ne peut pas se faire de fausses idées sur moi. Je ressasse tout ceci en roulant et ces pensées imbéciles ne me quittent pas pourtant, même sous la douche qui est censée me libérer de mon carcan journalier professionnel. Rien à faire, tout continue à grouiller dans mon cerveau. Mince alors. Il y a quelques jours, je tripotais mon jeune voisin et voilà que j'invite mon assistante chez qui je devine des penchants plutôt lesbiens. Il y a de quoi me rendre chèvre.
Au second verre après l'apéro, mes craintes sont rangées au fond d'un tiroir de mon cerveau. Sonia se lâche un peu et je dois admettre qu'elle est remplie d'un humour qui me plait. Nous mangeons avec appétit ce que j'ai préparé et la soirée se déroule sous les meilleurs auspices. Si elle pense à des choses plus intimes, elle se garde bien de m'en faire part ou de montrer pour moi un intérêt quelconque. Ce qui me renforce dans mon idée que mon imagination déborde trop souvent et que je me fais de véritables films. La nuit est installée depuis longtemps lorsqu'elle décide qu'il est temps pour elle de réintégrer sa demeure.
J'ai une seconde d'hésitation en songeant qu'elle a trop bu et que prendre le volant dans de telles conditions n'est guère raisonnable. Mais elle se moque de moi lorsque je lui en fais la remarque.
— Pas grave ! Ne t'inquiète pas Agnès. Je ferai de l'œil aux policiers s'ils m'arrêtent. Et puis nous n'avons pas dépassé les doses prescrites. De plus, nous sommes restées quelques heures sans plus rien boire, ça devrait aller.
— Tu es certaine ?
— Ouais, rassure-toi ! Tiens regarde !
— … ?
— Tu es certaine ?
— Ouais, rassure-toi ! Tiens regarde !
— … ?
Elle sort un sachet de son sac et arrache le dessus de l'étui avec les dents. Elle en extirpe un éthylotest et souffle dedans. Puis fièrement elle me le montre.
— Tu vois, juste une légère trace jaune sur le bout du machin, finalement c'est tout bon ! De toute façon, je te bipe dès que je suis chez moi, ainsi tu pourras dormir sur tes deux oreilles.
— D'accord. Et encore merci ! J'ai passé une soirée sympa, il faut absolument que nous en organisions plus souvent.
— Ben, si tu veux.
— D'accord. Et encore merci ! J'ai passé une soirée sympa, il faut absolument que nous en organisions plus souvent.
— Ben, si tu veux.
Et elle avance son visage vers le mien pour une bise d'au revoir. Et mon ciboulot se remet au boulot ! C'est une idée ou ses lèvres se sont singulièrement rapprochées des miennes ? À tel point que j'ai l'impression que je sens même la pointe de sa langue ? Je reste sur le pas de ma porte jusqu'à ce que les feux arrière de sa voiture aient tourné au coin de mon lotissement. Et puis je rentre et j'appuie sur la télécommande qui fait se fermer la globalité des volets roulants de la maison. Je passe une minute à la salle de bain, et puis je reste nue pour aller me coucher. Il me revient comme un écho à peine suis-je allongée.
Qu'est-ce qui se passe encore ? Le temps de réaliser et je saute dans ma robe de chambre. C'est le carillon de la porte d'entrée qui me laisse à penser que Sonia a dû oublier quelque chose chez moi et qu'elle revient sonner. J'ouvre donc le volet puis la porte. Et au portillon, la frimousse qui se tient sous le lampadaire, ce n'est pas celle escomptée.
— Nathan ? Qu'est-ce que tu fais encore une fois dans mes portes ?
— Ben, votre invitée est partie, madame Agnès, et je suis venu vous saluer...
— Tu as vu l'heure ? Ce n'est pas le moment pour visiter les gens ! Reviens un autre jour…
— Vous… vous avez ma commande ?
— Quelle commande ?
— Ben… les trucs pour Magalie et moi !
— Écoute, je vais me coucher ! Bonne nuit, Nathan…
— Attendez !
— Qu'est-ce que tu fais ?
— Ben, votre invitée est partie, madame Agnès, et je suis venu vous saluer...
— Tu as vu l'heure ? Ce n'est pas le moment pour visiter les gens ! Reviens un autre jour…
— Vous… vous avez ma commande ?
— Quelle commande ?
— Ben… les trucs pour Magalie et moi !
— Écoute, je vais me coucher ! Bonne nuit, Nathan…
— Attendez !
— Qu'est-ce que tu fais ?
Il saute littéralement au-dessus du portillon et avance vers moi, par l'allée du jardin qui me sépare de la rue. Je ne vais tout de même pas me mettre à brailler pour ameuter tout le voisinage. De quoi ai-je peur ? D'un jeune homme de vingt balais ? Non bien sûr, sûrement plus de moi, c'est certain. Parce que l'appel de la chair est de nouveau là, qui me donne d'étranges picotements dans le ventre. Et lui… qui se tient à quelques centimètres, bras ballants.
— Vous êtes belle, Agnès !
Salaud ! Il enfonce le clou, tout mon corps est envahi d'une chair de poule incommensurable. Alors ? Pourquoi est-ce que je ne le renvoie pas séance tenante chez sa mère ? Pire, je m'efface sur le côté pour lui faciliter l'accès à l'intérieur de ma demeure. Et bien entendu qu'il s'y engouffre. Si je repousse le battant de bois, je suis perdue, mon esprit le sait, mon ventre le sait et me dicte presque ma conduite. Bon sang ! La clé qui tourne dans la serrure clôt le débat interne que se livrent cerveau et chair, tous deux enfumés dans un coton très spécial. Nathan reste là sans bouger, ce qui aggrave encore mon trouble.
— Vous savez, je n'arrête plus de penser à vous. Vous occupez toutes mes pensées. Plus que Magalie, et elle l'a senti.
— … ! Tu… qu'est-ce que tu me veux vraiment ?
— Je… je crois que j'ai adoré ce qui nous est arrivé l'autre soir. J'aimerais recommencer. Peut-être avez-vous des nouvelles pour les capotes…
— Tu ne peux pas débarquer comme ça chez moi, à n'importe quelle heure, venir me déranger à ta guise, Nathan, ce n'est pas possible.
— Je suis venu plus tôt, mais vous aviez de la compagnie. La femme de votre pharmacie, enfin… elle lui ressemblait.
— En plus tu m'espionnes ? C'est aberrant. Tu me fiches la trouille, Nathan. Tu te comportes comme…
— Oh ! Agnès ! S'il vous plait. Ne me traitez pas comme un gosse. Je suis majeur et adulte.
— On ne le dirait pas ! Tu sembles ne pas entendre ce que je veux te faire passer comme message. Je ne peux, ne veux pas être ta petite amie. Occupe-toi de cette Magalie et ainsi tu verras que c'est mieux avec des filles de ton âge.
— Qui vous dit que c'est mon souhait ? Vous êtes la femme avec un « F » majuscule, celle qui va tout m'apprendre. Et puis… vous avez tout de ma mère, mais…
— Quoi ? Qu'est-ce que tu essayes de me dire là ? Ta mère ? Qu'est-ce qu'elle vient faire dans tout ceci ?
— Je… vous êtes dans ma caboche, comme « elle » ! J'ai du mal à expliquer, vous êtes ce que j'aimerais qu'elle soit pour moi.
— Hein ?
— Oui ! Justement parce que c'est ma mère, je ne peux pas lui dire ces choses-là, pas non plus espérer qu'un jour elle m'apprenne tout ce que vous vous pouvez me montrer.
— Nathan ! Ne me dis pas que tu rêves de ta mère. Et je ne peux pas la remplacer, pas être elle tout simplement, tu comprends ?
— Oui ! Mais vous êtes tellement mieux, plus que cela. Avec vous, il n'y a pas d'interdit, pas de tabou, pas de liens du sang ou je ne sais qu'elle autre connerie qui m'oblige à l'oublier. Vous êtes une femme, et avec vous, il m'est permis de rêver, vous saisissez la différence ?
— … ?
— … ! Tu… qu'est-ce que tu me veux vraiment ?
— Je… je crois que j'ai adoré ce qui nous est arrivé l'autre soir. J'aimerais recommencer. Peut-être avez-vous des nouvelles pour les capotes…
— Tu ne peux pas débarquer comme ça chez moi, à n'importe quelle heure, venir me déranger à ta guise, Nathan, ce n'est pas possible.
— Je suis venu plus tôt, mais vous aviez de la compagnie. La femme de votre pharmacie, enfin… elle lui ressemblait.
— En plus tu m'espionnes ? C'est aberrant. Tu me fiches la trouille, Nathan. Tu te comportes comme…
— Oh ! Agnès ! S'il vous plait. Ne me traitez pas comme un gosse. Je suis majeur et adulte.
— On ne le dirait pas ! Tu sembles ne pas entendre ce que je veux te faire passer comme message. Je ne peux, ne veux pas être ta petite amie. Occupe-toi de cette Magalie et ainsi tu verras que c'est mieux avec des filles de ton âge.
— Qui vous dit que c'est mon souhait ? Vous êtes la femme avec un « F » majuscule, celle qui va tout m'apprendre. Et puis… vous avez tout de ma mère, mais…
— Quoi ? Qu'est-ce que tu essayes de me dire là ? Ta mère ? Qu'est-ce qu'elle vient faire dans tout ceci ?
— Je… vous êtes dans ma caboche, comme « elle » ! J'ai du mal à expliquer, vous êtes ce que j'aimerais qu'elle soit pour moi.
— Hein ?
— Oui ! Justement parce que c'est ma mère, je ne peux pas lui dire ces choses-là, pas non plus espérer qu'un jour elle m'apprenne tout ce que vous vous pouvez me montrer.
— Nathan ! Ne me dis pas que tu rêves de ta mère. Et je ne peux pas la remplacer, pas être elle tout simplement, tu comprends ?
— Oui ! Mais vous êtes tellement mieux, plus que cela. Avec vous, il n'y a pas d'interdit, pas de tabou, pas de liens du sang ou je ne sais qu'elle autre connerie qui m'oblige à l'oublier. Vous êtes une femme, et avec vous, il m'est permis de rêver, vous saisissez la différence ?
— … ?
Évidemment que je n'ai pas besoin d'un dessin. Ce jeune loup bande pour Danielle et il reporte sur moi ses attentions si particulières. Mon cerveau malade instille à mon corps en manque son venin. Ce besoin d'être aimée, d'être tout bêtement une femme. Non, je me trompe forcément ! Pas d'être, mais de redevenir cet objet de convoitise que j'étais pour mon pauvre mari. Et ce jeune homme, tout chez moi le ressent comme une planche de salut. Je baisse les yeux et rougis plus que la normale. Il ne s'en aperçoit pas dans la pâle lumière de l'entrée de mon domicile où nous sommes scotchés. Je ne veux pas qu'il m'approche plus que cela.
Et pourtant, tout mon être n'espère que ce rapprochement et il me le rappelle d'une singulière manière. Oui ! Je suis trempée. Plus un geste, plus un mot, plus qu'un long, lourd silence. Une fraction de seconde où tout peut basculer dans un sens ou dans un autre. Il lui suffit de tendre juste le bout des doigts et je suis perdue. Mais il n'ose pas, reste immobile, souffle court qui me rafraîchit tout le visage. Cruel dilemme ! Rouvrir porte et volet roulant et chasser l'intrus ? Ou alors… la pire des solutions, l'entraîner dans ma chambre à coucher. Que choisir entre deux maux dont aucun n'est approprié ? Dans les deux cas, je vais souffrir ! Ma gorge est sèche, ma bouche pâteuse.
— Agnès, s'il vous plait, j'ai vraiment besoin de vous !
— Je… je ne peux pas faire ça, Nathan ! Je ne peux pas être ta maman, surtout sur ce plan-là, mets-toi à ma place. C'est…
— Mais pourquoi ? Vous ne l'êtes pas et ne serez jamais « elle ». Une histoire entre vous et moi reste possible, il suffit de le vouloir, c'est tout !
— Je ne peux pas, Nathan. Je ne veux pas parce que Danielle est mon amie, ma voisine et que ce n'est pas bien, pas moral, ne me rend pas la tâche encore plus difficile. Rentre chez toi. Passe lundi à la pharmacie et je te donnerai ce que tu attends. J'ai reçu ton produit ! Sois gentil, va vite chez ta mère, s'il te plait.
— Vous… vous ne voulez pas de moi, c'est ça ? Je n'ai rien dit ou fait qui mérite cette punition.
— Je ne te punis pas, je veux pouvoir me regarder dans une glace demain matin au réveil, c'est important aussi !
— Comme vous voulez Agnès, mais je regrette votre choix, sincèrement. J'ai compris. Ouvrez-moi, s'il vous plait…
— Je… je ne peux pas faire ça, Nathan ! Je ne peux pas être ta maman, surtout sur ce plan-là, mets-toi à ma place. C'est…
— Mais pourquoi ? Vous ne l'êtes pas et ne serez jamais « elle ». Une histoire entre vous et moi reste possible, il suffit de le vouloir, c'est tout !
— Je ne peux pas, Nathan. Je ne veux pas parce que Danielle est mon amie, ma voisine et que ce n'est pas bien, pas moral, ne me rend pas la tâche encore plus difficile. Rentre chez toi. Passe lundi à la pharmacie et je te donnerai ce que tu attends. J'ai reçu ton produit ! Sois gentil, va vite chez ta mère, s'il te plait.
— Vous… vous ne voulez pas de moi, c'est ça ? Je n'ai rien dit ou fait qui mérite cette punition.
— Je ne te punis pas, je veux pouvoir me regarder dans une glace demain matin au réveil, c'est important aussi !
— Comme vous voulez Agnès, mais je regrette votre choix, sincèrement. J'ai compris. Ouvrez-moi, s'il vous plait…
Sa voix ! Elle trahit sa désillusion. Machinalement, j'actionne le bouton de la télécommande et le volet se relève dans un ronronnement agaçant. J'entrouvre la porte et il rentre sa tête dans ses épaules. Sa longue silhouette fait le chemin inverse. Pourquoi est-ce que j'ai le cœur qui bat de cette façon ? Un instant, aussi court soit-il, j'ai de la peine pour lui. Pour lui ou pour moi ? Je n'arrive pas à déterminer avec exactitude ce qui est le plus vrai dans cette affaire. Il se retourne une fois encore devant le portillon fermé. Il hésite, faisant naître d'autres battements de cœur dans ma poitrine.
Je devine plus que je ne les vois, ses grands quinquets qui se posent sur la pauvre chose que je dois paraître dans la lumière de l'encadrement de ma porte. Le regarder sauter la barrière ou le rappeler, oppressante question qui me submerge. Là-bas, à quelques mètres, sa main vient de se placer en appui sur le pilier. Mon bras à moi se lève. Lui suspend son geste et d'un coup, se tourne et fond sur moi. Je suis dans ses bras, blottie contre un torse dont j'ai conscience qu'il est trop jeune pour moi. La bouche qui s'écrase sur la mienne me fait oublier ce léger détail.
Plus de mots, plus de récriminations et si mes doutes sont toujours chevillés à mon cerveau, mon corps lui se relâche dans cette pelle que nous échangeons. La porte ? Qui de nous deux la repousse de la pointe du pied ? Ce n'est pas important. Le rideau d'aluminium reflue vers le bas, nous protégeant des regards possibles de la rue. Il nous isole du monde extérieur le temps de… nous retrouver nus comme au jour de notre naissance, allongés sur un lit où ce diablotin ne devrait pas se trouver. Est-ce que c'est lui qui entame ce qui devient vite inéluctable ? Ou moi qui retrouve dans les bras de ce grand gaillard un océan d'une tendresse perdue ?
C'est si facile de ne plus se rappeler de ne plus vouloir savoir. Je ferme les yeux et les caresses pleuvent d'un côté comme de l'autre. Je me vautre dans le stupre, dans une volupté qui me fait oublier toutes mesures, toutes précautions également. Et ce membre avec lequel je joue flatte mon égo. Le reste s'enchaine avec une régularité de métronome. Oubliées les capotes hors norme, envolées mes craintes d'avoir mal tant l'objet est démesuré. Je le caresse, l'embrasse, le tripote, le masturbe, le malaxe et je me laisse prendre au jeu. Il est aux anges et il touche à tout de son côté. Alors ? Eh bien, sa première fois… c'est une missionnaire accomplie.
Après ceci, nous en essayons tellement de ces postures improbables, de ces gestes si intimes qu'une aube nouvelle nous offre enfin un peu de répit. J'ai la sensation qu'il m'a déchirée, explosée le sexe avec son engin trop large, trop long, mais bon sang… ce que c'était bon ! Il dort à la place que mon homme occupait. Moi, les yeux accrochés à un plafond que l'obscurité m'interdit de voir, je rumine ces incroyables chevauchées nocturnes. Je n'arrive pas à m'en vouloir d'avoir osé, et de m'être laissée ainsi prendre dans toutes les positions. D'une main douce, je câline cette joue qui me fait face, remonte sur son front une mèche de cheveux collés, avant de me tourner sur le flanc dans l'attente d'un sommeil si long à venir.
Rien n'est simple, mais avant de sombrer, je me sens femme… et puis zut… le monde nous appartient…
Fin !
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