Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Ce que tu as fait au plus petit ... — Chapitre 2 · Amandine
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Ce que tu as fait au plus petit ...
Chapitre 2 · Amandine
Il est quinze heure, je suis dans l'église au premier rang. A côté de moi, mes parents et mes beaux-parents. Depuis l'accident mes yeux sont remplis de larmes. Le cercueil est là, devant, le prêtre résume la vie de ma compagne, il parle de l'enfant qui devait naître, il prononce même le nom que nous lui avions choisi.
Le cortège sort de l'église pour se diriger au cimetière. Les parents d'Elise ont insisté pour qu'elle rejoigne le caveau familial. Je jette une poignée de pétales de rose avant que le caveau soit de nouveau scellé.
Nous sommes dans le jardin de mes beaux-parents. De nombreuses personnes défilent devant eux. Je reste dans mon coin. Seul un ami du bureau, Jean, a pris sa journée pour partager ma peine. Je reconnais aussi la meilleure amie de ma compagne, Amandine. Elle me fait la bise en disant qu'elle sera là si j'ai besoin. Pour le reste, des inconnus, des amies à mes beaux-parents, un oncle que je n'avais pas revu depuis mon bac. Même mon parrain n'est pas venu. Une affaire trop importante pour le travail, il ne pouvait pas s'absenter.
Je sens la fraîcheur tomber. Je dis au revoir à mes hôtes. Mon beau-père me serre dans ses bras et me dit que je pourrai compter sur eux si j'en ressens le besoin.
Je rentre à la maison, je suis seul. Jusqu'à maintenant, j'ai dû préparer l'enterrement, modifier les adresses de facturation qui étaient au nom d'Elise. Là, je n'ai rien à faire. L'appartement est vide. Je prends la photo du vaisselier et l'emmène dans la chambre. Le lit me semble trop grand, vide, froid. Je regarde la photo et me mets à pleurer en silence.
La vie reprend son cours, au travail Jean fait particulièrement attention à moi. Pourtant chaque soir je rentre seul. J'apprends à faire la cuisine sans motivation autre que se nourrir pour ne pas dépérir. Personne n'est là pour partager ce que je prépare. Personne n'est là pour écouter mes doutes, mes peurs …
Ce soir, je trouve dans le placard de la salle de bain un flacon de parfum de marque qu'Amandine avait offert à Noël dernier à Elise. Je l'appelle pour l'informer que je voudrais lui rendre. Nous nous verrons ce week-end.
Il est seize heure ce samedi quand la sonnette retentit. J'ouvre la porte.
— Bonjour Bruno.
— Bonjour Amandine, entre.
— Bonjour Amandine, entre.
L'amie d'Elise est là, jolie, comme à son habitude dans un jean trop serré. Je ne peux m'empêcher de regarder ses fesses. Nous nous installons à la table du salon. Je lui sers une bière. Amandine me tend une photo.
— C'est une photo de toi et Elise, quand nous étions allés au pic du midi.
— Merci.
— Merci.
Je la prends, la regarde. Le souvenir d'Elise remonte en moi. Nous discutons de nos souvenirs partagés avec Elise. Ça me fait du bien. Depuis l'enterrement, Amandine est la première personne qui a passé le seuil de la maison. Parfois mes yeux se mouillent. Amandine me tend un mouchoir, me réconforte. L'heure tourne, je lui apporte le flacon de parfum promis. Elle l'ouvre. Je me souviens de cette odeur, je pleure. Amandine me prend dans ses bras.
— Elle me manque à moi aussi tu sais.
Je me ressaisis, on m'a toujours dit que pleurer c'était pour les filles. Je ne peux pas, surtout en présence de sa meilleure amie. Elle pose le parfum dans son sac à main.
— Je vais au cinéma, tu veux venir avec moi ?
— Avec plaisir.
— Avec plaisir.
Je me prépare, c'est la première fois, depuis le départ d'Elise que je vais sortir. Ça va me changer les idées.
Nous nous installons au centre de la salle. Je sens la chaleur d'Amandine à côté de moi. Parfois je crois sentir sa jambe frôler la mienne. Je lui touche la main, elle l'écarte doucement.
Le film se termine. Je l'invite à la pizzeria. Nous parlons du film. Elle me parle de son métier, moi de mes collègues. Nous échangeons sur ce que nous aimons faire, et tombons sur une activité commune que j'avais occultée avec Elise, la randonnée. Le repas se termine.
Je la raccompagne à sa voiture. Nous nous embrassons. Le contact de sa joue contre la mienne me fait frémir. Son parfum, sa peau douce. La première que je ressens volontairement depuis Elise.
— Merci pour cette après-midi, Amandine.
— Ce fut un plaisir. On recommencera.
— Avec plaisir, je te rappelle.
— Ce fut un plaisir. On recommencera.
— Avec plaisir, je te rappelle.
Elle s'en va. Je suis sur un petit nuage. Je repense à son visage, son parfum. Je décide d'aller marcher le long du canal.
La nuit est tombée. Chaque lampadaire est le siège d'une prostituée. Je les regarde, la plupart sont âgées, certaines parlent avec un accent slave. Sous un lampadaire, je vois le prêtre donner un sac à l'une d'entre elles. Plus loin, une jeune fille noire très jolie.
— Bonsoir bel homme, tu n'as pas besoin de compagnie ?
— Euh non merci.
— Euh non merci.
Je m'arrête je la regarde. Elle découvre sa poitrine. Elle n'a pas l'air d'avoir plus de vingt ans.
— Je fais ce que tu veux.
— Non merci.
— Non merci.
Je repars, rentre chez moi.
Sur la table, je retrouve la photo qu'Amandine m'a apportée. Je la regarde, la pose sur le buffet. Je vais me coucher.
Dans mon lit, je repense à Amandine, ses cheveux châtains coupés au carré, ses lèvres rouges, ses fesses mises en valeur par son jean, ses cuisses peut-être un peu trop grosses, mais à peine. Je me souviens de sa conversation, de ses bras autour de moi, de son parfum, de la douceur de sa joue. Jamais je n'avais pensé à une autre femme qu'Elise.
Je l'imagine dans avec moi dans ce lit trop grand quand on est seul. Mon sexe gonfle à cette idée. Je le saisis. Je voudrais goûter ses lèvres, caresser ses joues, poser mes mains sur ses seins. Je ferme les yeux tandis que ma main s'active. Je repense à ses cheveux, son odeur. Ma respiration s'accélère, mon corps se contracte. Un liquide chaud et visqueux se répand sur mon ventre.
— Amandine …
A suivre …
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