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Couverture de Ma voisine de dessous, par z.d.black06
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Ma voisine de dessous — Chapitre 13 · Le voyage qui changea tout

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z.d.black06
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Ma voisine de dessous

Chapitre 13 · Le voyage qui changea tout

Elle marchait devant moi. Je la suivais, comme hypnotisé. Elle se retourna, me sourit, et ce sourire m'encouragea à continuer. 
Des gens passaient autour de nous, mais je ne les voyais plus. 
Arrivés dans un coin à l'abri des regards, je la saisis par le bras. Elle me sourit à son tour et nos lèvres se retrouvèrent instantanément dans un baiser humide, électrique.
Tout semblait incroyablement réel.
Je pouvais sentir son parfum, la chaleur de sa peau, son souffle contre mon visage. Plus rien n'existait autour de nous.
Sans attendre, ma main descendit directement caresser ses lèvres intimes, déjà trempées. Elle gémissait contre ma bouche, m'embrassant de plus en plus sauvagement. J'étais dur comme du bois.
Je baissai mon pantalon. Elle ne perdit pas de temps : elle me sourit une dernière fois avant de se mettre à genoux. Sa main caressa mes testicules tandis que ses lèvres enveloppaient mon sexe. La sensation fut si intense que je sentis presque immédiatement une boule de plaisir monter du fond de mes reins et exploser.
Et là, je me réveillai.
C'était encore un rêve. Mais l'orgasme, lui, était bien réel. J'étais tout collant.
Je ne me levai pas tout de suite pour me nettoyer. Je restai allongé sur le lit, essayant de me souvenir d'elle.
Elle était si belle… mais je ne reconnaissais pas son visage. Ce n'était ni ma femme, ni Souhila, ni Katia. Juste un rêve.
Depuis le départ de Sonia pour la France, notre mariage se résumait à la distance. Nous vivions au rythme des appels téléphoniques, des messages et des conversations vidéo.
Au fil des semaines, elle s'était ouverte davantage à moi.
Parfois, nos discussions devenaient plus intimes. Nous parlions de nos envies, de nos fantasmes, de tout ce que nous espérions partager lorsque nous serions enfin réunis. Nous plaisantions même en disant qu'il nous faudrait rattraper tout ce temps perdu.
Un soir, elle me demanda si, en dehors de nos conversations, il m'arrivait de regarder des films pour adultes ou de me donner du plaisir seul. Elle m'avoua que, de son côté, elle ne le faisait plus qu'avec moi, pendant nos appels.
Je lui répondis que c'était pareil pour moi. Mon deuxième mensonge.
En réalité, ce n'était pas vrai.
Pourtant, cette conversation me fit réfléchir. Je culpabilisais à l'idée de lui cacher cela. Alors, presque comme un défi que je me lançais à moi-même, je décidai d'arrêter.
Les premières semaines furent plus difficiles que je ne l'aurais imaginé.
Mon corps semblait refuser cette nouvelle discipline. Les rêves se multiplièrent. Presque chaque nuit, ils devenaient plus intenses, au point de me réveiller brusquement.
Je finissais souvent par sourire en secouant la tête. C'était sans doute ma manière à moi de lutter contre le manque. Et, au fond, de lui prouver, autant qu'à moi-même, que je voulais rester fidèle à la femme que j'avais épousée.
J'étais un homme marié, mais rien n'avait vraiment changé en moi. Je conservais toujours cette vieille routine.
C'était déjà le mois de septembre. La rentrée était arrivée avec son flot de voitures, les embouteillages, le retour des élèves et des étudiants. Et surtout... le retour de mes habitudes matinales, à ma routine.
Pourtant, ce matin-là, quelque chose changea.
Je restai plus longtemps que d'habitude devant la crèche, mais ni Nadir, ni Asma, ni surtout cette petite fille n'apparurent.
Le lendemain, je revins. Puis le jour suivant. Et encore celui d'après.
Personne.
Il me fallut plusieurs jours avant d'accepter une évidence pourtant toute simple : elle avait grandi. Elle avait probablement quitté la crèche pour entrer à l'école primaire.
Je me surpris à sourire devant cette pensée. Le temps avait continué d'avancer, même pour cette enfant que je ne connaissais pas.
Je me demandai dans quelle école elle avait été inscrite. J'imaginais que Nadir l'avait certainement inscrite dans un établissement privé. Il y en avait un à seulement deux cents mètres de mon bureau, sur la même avenue.
Pendant plusieurs jours, je ralentis volontairement devant son entrée.
Mais l'accès était entièrement sécurisé. Le parking était privé, les parents entraient directement dans l'enceinte de l'école et il m'était impossible d'apercevoir le moindre visage.
Je finis par abandonner.
Pourtant, quelque chose continuait à me manquer.
Pendant toutes ces années, commencer ma journée en apercevant cette petite fille était devenu un rituel. Sans même m'en rendre compte, j'avais construit une partie de ma vie autour d'une enfant dont j'ignorais jusqu'au prénom.
À présent, il ne restait plus qu'un vide.
Je m'inquiétais pour elle sans la moindre raison. Était-elle heureuse ? Se portait-elle bien ? Grandissait-elle entourée d'amour ?
Je n'avais aucune réponse. Et cette absence de réponses me troublait bien plus que je n'aurais voulu l'admettre.
Fallu-il pour autant tourner définitivement la page et avancer maintenant que j'étais marié ?
Je voulais y croire.
Pourtant, la distance commençait déjà à fragiliser notre couple. Après une seule semaine de vie commune, nous avions encore tout à construire. Sonia me manquait. J'avais envie de partager un vrai quotidien avec elle, pas seulement des appels. Au début, nous passions des heures au téléphone. Puis, peu à peu, les conversations se raccourcirent, les malentendus se multiplièrent et nous finissions parfois par nous disputer pour un simple mot.
Je refusais pourtant de voir notre mariage s'effondrer avant même d'avoir réellement commencé. Comme souvent, je me tournai vers mes amis.
Djamel était devenu bien plus qu'un ami. Nous passions une grande partie de notre temps libre ensemble. Katia et Souhila faisaient également partie de mon quotidien. À nous quatre, nous avions construit une amitié qui avait survécu aux erreurs du passé, aux secrets et aux sentiments contradictoires. Désormais, il ne restait plus qu'une affection sincère et une confiance que rien ne semblait pouvoir ébranler.
Ce furent d'ailleurs eux qui franchirent les premiers la porte de mon nouvel appartement lorsque Djamel me remit enfin les clés, à la fin de l'année.
Après plusieurs années d'attente, il était enfin terminé.
Je ressentis une véritable fierté en ouvrant cette porte.
Je repensai aussitôt à la faveur que Djamel m'avait faite plusieurs années auparavant pour m'aider à l'acquérir. Il m'avait toujours répété que je pouvais le rembourser quand je le souhaiterais. Grâce à ma promotion, aux primes que j'avais perçues et à plusieurs années d'économies, j'avais finalement réussi à lui rendre chaque centime.
Il m'avait pourtant répété plus d'une fois que rien ne pressait. Mais, pour moi, c'était une question de principe.
Alors que nous faisions le tour de l'appartement encore vide, je ne parvenais pas à cacher mon inquiétude. Entre les derniers travaux à terminer et les difficultés que traversait mon couple, mon esprit était ailleurs.
Djamel posa alors une main sur mon épaule.
— Arrête de te prendre la tête avec les travaux. Le chauffe-eau, la climatisation, le chauffage... laisse-moi m'occuper de tout ça.
Puis il me regarda en souriant.
— Va retrouver ta femme.
Je relevai la tête.
— Dépose une demande de visa et fais-lui la surprise. Tu débarques devant son travail avec un bouquet de fleurs et un petit cadeau. Je te garantis qu'elle ne s'y attendra jamais.
Il marqua une pause avant d'ajouter :
— Et si c'est une question d'argent, ne t'inquiète même pas.
Je souris.
Comme toujours, Djamel trouvait les mots justes.
À mesure qu'il développait son idée, je me surpris à imaginer la scène. Sonia découvrant ma présence devant son travail. Son sourire. Sa surprise. Nos retrouvailles après tous ces mois de séparation.
Je voulais croire que nos disputes n'étaient que la conséquence de la distance.
Qu'il suffisait que nous soyons enfin réunis pour retrouver la complicité que nous avions connue pendant notre semaine de mariage.
Quelques jours plus tard, j'entamai les démarches pour obtenir un visa touristique.
J'étais persuadé que ce voyage allait marquer un nouveau départ pour nous.
Pourtant, une autre réalité m'accompagnait chaque jour, tenace et insidieuse : la tentation.
Elle était partout.
Mon lieu de travail se trouvait à quelques mètres seulement de l'université. Chaque midi, les rues se remplissaient d'étudiantes joyeuses qui riaient, discutaient et marchaient en petits groupes. 
Je devais reconnaître que cette nouvelle génération prenait particulièrement soin d'elle. Elles étaient toujours élégamment habillées, soigneusement maquillées, avec des silhouettes qui semblaient sorties d'un magazine.
Il m'arrivait encore de laisser mon regard s'attarder quelques secondes de trop sur l'une d'elles. Puis je me rappelais aussitôt que j'étais marié. Je détournais les yeux en souriant malgré moi, me répétant intérieurement :
— Tu es marié maintenant, Juba.
Cela suffisait généralement à calmer mes pensées. Du moins… la plupart du temps.
Je croisais aussi très souvent la sœur de Sonia. Elle étudiait dans cette université et semblait toujours apparaître au moment où je sortais déjeuner ou lorsque je quittais le travail. Nos échanges restaient polis et cordiaux, mais j'avais de plus en plus l'impression qu'elle m'observait discrètement. Son regard semblait vouloir percer à jour l'homme que sa sœur avait épousé. Je finis même par me demander si elle ne rapportait pas chacun de mes faits et gestes à Sonia.
Au début, cela m'amusait. Puis cela commença à m'agacer. Je n'avais pourtant rien à cacher. J'étais décidé à rester fidèle.
Et pourtant… malgré moi, mes yeux s'attardaient parfois sur un jean moulant qui dessinait parfaitement des hanches, sur un chemisier tendu par une poitrine généreuse ou sur une silhouette qui ondulait au rythme des pas.
Chaque fois, une petite voix me soufflait que personne ne le saurait. Chaque fois, je la faisais taire.
Ce midi-là, alors que j'attendais mon sandwich dans un petit fast-food, une voix féminine prononça mon prénom.
— Juba ?
Je me retournai.
Une jeune femme me souriait. Elle portait des lunettes, avait un visage doux, des lèvres pulpeuses et de longs cheveux châtains qui retombaient en cascade sur ses épaules.
Son visage ne me disait absolument rien.
— On se connaît ? demandai-je.
Elle éclata d'un petit rire.
— Pas vraiment. Moi, c'est Sofia. Je suis la cousine de Madina.
— Ah… Dina. Comment va-t-elle ?
— Très bien. Elle est mariée et vit maintenant aux États-Unis.
Je le savais déjà. Dina me l'avait dit la dernière fois que nous nous étions vus.
Sofia m'expliqua alors qu'elle se souvenait parfaitement de moi. Nous nous étions croisés au parc national, lorsque je courais avec Djamel. Elle se trouvait ce jour-là avec Dina et plusieurs membres de sa famille. Pour ma part, je ne me rappelais absolument pas d'elle.
Nous attendions tous les deux notre commande, debout au milieu des autres clients et la conversation s'engagea naturellement.
Elle me demanda ce que je faisais dans la vie, où je travaillais, depuis combien de temps j'étais dans cette société. Je répondais à ses questions tandis qu'elle relançait sans cesse la discussion.
Elle parlait beaucoup.
À chaque phrase, elle accompagnait ses mots de petits mouvements d'épaules et de gestes nerveux. Je ne savais pas si c'était de la timidité ou simplement sa manière d'être.
Pendant qu'elle parlait, je me surpris à l'observer. Sa silhouette était généreuse, harmonieuse. Son sourire était lumineux.
Puis elle fit un pas vers moi. Un sourire malicieux apparut au coin de ses lèvres.
— Dina m'a beaucoup parlé de toi, tu sais. Bien plus que tu ne l'imagines.
Je haussai un sourcil.
— Ah bon ? Et qu'est-ce qu'elle t'a raconté ?
Elle baissa légèrement la voix avant de répondre, comme si elle s'apprêtait à me confier un secret.
— Elle m'a dit que tu étais bien membré… que tu avais un corps d'athlète… et que tu étais une vraie bête au lit. Selon elle, tu es le genre d'homme capable de satisfaire plusieurs femmes en même temps sans difficulté.
Je restai silencieux et je la regardai dans les yeux.
Elle éclata d'un petit rire avant de hocher la tête, amusée par ma réaction. Puis elle poursuivit avec un naturel déconcertant.
— Si un jour tu t'ennuies… appelle-moi. Je peux même venir avec une copine. Ça pourrait être sympa.
Elle accompagna sa phrase d'un regard chargé de sous-entendus.
Sur le coup, je fus submergé par une vague de tentation brutale.
Malgré moi, mes yeux glissèrent sur sa silhouette. La courbe de sa poitrine sous son haut, son jean qui épousait parfaitement ses hanches, son sourire qui semblait parfaitement conscient de l'effet qu'il produisait sur moi.
Mon imagination s'emballa aussitôt.
Pendant une fraction de seconde, tous les fantasmes que je croyais avoir laissés derrière moi refirent surface. Je me surpris même à imaginer ce que cette fille, avec son visage si doux et son regard presque innocent, pouvait cacher derrière une proposition aussi directe.
Je détournai finalement les yeux, agacé autant par elle que par moi-même. Puis je répondis d'une voix que je voulus ferme.
— Je suis un homme marié, mademoiselle.
Elle haussa simplement les épaules.
— Je sais.
Elle sourit.
— C'est encore mieux comme ça, non ? Pas d'engagement. Juste du plaisir. Et si ça te plaît… on recommencera.
À cet instant, le serveur appela mon numéro, et j'avançais pour récupérer mon sandwich sans ajouter un mot.
Au moment où je quittais le fast-food, mon téléphone vibra. Le nom de Dina s'afficha à l'écran et je levai aussitôt les yeux vers Sofia.
Elle me regardait en souriant. L'appel s'interrompit presque immédiatement. Elle s'approcha une dernière fois.
— J'ai récupéré son ancien numéro avant son départ. Maintenant, c'est le mien.
Elle marqua une courte pause.
— Si jamais tu changes d'avis… appelle-moi.
Je soutins son regard quelques secondes. Puis je repris simplement mon chemin, sans me retourner.
Tout le trajet jusqu'au bureau, je repensai à cette rencontre. Une partie de moi regrettait sincèrement d'avoir refusé, et l'autre éprouvait une étrange satisfaction.
Pour la première fois depuis longtemps, j'avais regardé une tentation droit dans les yeux… et j'avais choisi de lui tourner le dos.
Je ne savais pas encore si j'étais devenu un homme meilleur ou simplement un homme marié.
Mais, ce jour-là, j'avais résisté.
En avril 2017, je réussis enfin à convaincre mon patron de m'accorder deux semaines de congé. C'étaient les premières véritables vacances que je prenais depuis mon entrée dans la vie professionnelle.
Mon visa touristique pour la France avait été accepté.
J'avais demandé à toute ma famille de ne pas prévenir Sonia. Je voulais lui faire la surprise. Ma mère me demanda toutefois de passer d'abord chez ma sœur, qui vivait à Lyon. Elle insista pour que je lui rapporte quelques gâteaux orientaux. J'acceptai, mais, au fond de moi, je n'avais qu'une seule envie : rejoindre ma femme.
Je ne passai donc qu'une seule nuit chez ma sœur avant de reprendre le train, dès le lendemain, en direction de Paris.
J'avais réservé une chambre double dans un petit hôtel du Kremlin-Bicêtre. Sonia partageait un studio avec une colocataire et je ne voulais pas m'imposer chez elles. Je préférais que nous puissions nous retrouver en toute intimité.
Comme tout premier séjour à Paris, j'aurais dû commencer par les Champs-Élysées, la tour Eiffel ou les quais de Seine.
Mais je n'étais pas venu visiter la capitale, mais plutôt retrouver ma femme.
En arrivant à la gare de Châtelet–Les Halles, j'achetai un bouquet de fleurs ainsi qu'un petit cadeau que je glissai soigneusement dans un sac.
Je m'imaginais déjà son visage lorsqu'elle me verrait apparaître devant son travail sans prévenir.
J'avais imaginé cette surprise des dizaines de fois. Je voyais déjà son sourire, son étonnement, nos retrouvailles. Je souris malgré moi. Puis le destin en décida autrement.
Au moment où je posai le pied sur l'escalator, quelqu'un m'appela. Je levai les yeux. Un ancien camarade d'université me faisait de grands signes.
Nous nous serrâmes chaleureusement la main et échangeâmes quelques nouvelles. Je cherchai rapidement un moyen de prendre congé, mais un autre ancien collègue arriva presque aussitôt.
Les souvenirs s'enchaînèrent. Les rires aussi. Chaque fois que je pensais pouvoir partir, quelqu'un relançait la conversation.
Les minutes défilaient.
Lorsque je parvins enfin à me libérer, je réalisai que j'avais pris beaucoup de retard.
Je savais exactement à quelle heure son train arrivait. Elle empruntait le RER A avant de changer de ligne à Châtelet. Je m'installai donc sur le quai, le bouquet à la main, impatient de découvrir l'expression qui illuminerait son visage en me voyant.
Je regardais distraitement les voyageurs défiler lorsque mon regard s'arrêta brusquement sur un visage familier.
Il me fallut quelques secondes pour le replacer.
Ce visage ne m'était pas inconnu. C'était l'homme qui, le jour de mon mariage, n'avait cessé de me poser des questions.
Je fis un pas dans sa direction, Puis je m'arrêtai. Qu'est-ce qu'il faisait ici ?
Cette journée me revint brutalement en mémoire. Je revis mon mariage, ses questions, sa curiosité presque excessive. À l'époque, j'avais trouvé cela normal. Je m'étais dit qu'il était sans doute un cousin protecteur, désireux de s'assurer que sa cousine épousait un homme convenable. Mais en le voyant attendre sur ce quai, un étrange pressentiment me traversa. Et si je m'étais complètement trompé ?
Je décidai de ne pas aller vers lui. Je restai à distance et l'observai. Lui aussi semblait attendre quelqu'un. Les yeux fixés sur les portes du RER qui entrait en gare, il affichait cette impatience discrète de ceux qui comptent les secondes avant de retrouver une personne importante.
Le train s'immobilisa, et Les voyageurs descendirent.
Puis je la vis.
Mon cœur se mit aussitôt à battre plus vite, Mais je restai à ma place, à l'observer de loin.
Elle balayait la foule du regard. Pas à ma recherche. Elle ignorait complètement que j'étais là.
Puis son regard croisa le sien.
Son visage s'éclaira d'un sourire que je ne lui connaissais pas. Elle se dirigea presque en courant vers lui, les bras déjà ouverts. À cet instant, tous les doutes que j'avais tenté de repousser s'effondrèrent.
J'avais vu juste.
Ils s'embrassèrent avec la simplicité d'un couple qui n'a plus besoin de réfléchir avant de s'aimer.
Je ne ressentis ni colère ni jalousie. Seulement quelque chose qui se brisa silencieusement en moi. Je restai immobile, incapable de détourner les yeux.
Le bouquet de fleurs semblait soudain peser plusieurs kilos.
Je les regardai ensuite s'éloigner côte à côte. Ils montèrent les escaliers, puis, presque naturellement, leurs mains finirent par se rejoindre. Ils riaient. Comme un couple. Un vrai.
Sur le moment, je refusais encore d'y croire. Mon esprit chercha désespérément une autre explication. Un cousin. Un ami proche. N'importe quoi... Mais la réalité était là, sous mes yeux.
Je rangeai lentement le bouquet dans le sac, incapable de continuer à le regarder. Je restai quelques instants immobile sur le quai, tandis que les voyageurs se succédaient autour de moi, les uns descendant des rames, les autres y montant, comme si rien ne venait de se produire. Puis je décidai, presque sans réfléchir, de les suivre à bonne distance.
Tout en marchant derrière eux, les souvenirs défilaient dans ma tête. Je repensais à toutes nos conversations, à ces soirées où elle me répétait que je lui manquais, à ces appels où elle regrettait la distance qui nous séparait.
Je revis aussi Katia, qui m'avait décrit avec enthousiasme le baiser parfait que je devais offrir à Sonia sous les illuminations de la tour Eiffel. Je revis Souhila, qui insistait pour que nous fassions une promenade en bateau-mouche. Toutes ces images, tous ces projets, tous ces conseils... s'effondraient un à un sous mes yeux.
Je sortis mon téléphone et décidai de l'appeler sur Viber.
Je la vis sentir son téléphone vibrer. Elle s'arrêta un instant, le sortit de son sac et regarda l'écran.
Son sourire s'effaça.
L'homme tourna aussitôt la tête vers elle, cherchant à comprendre. Elle lui adressa un sourire rassurant, glissa quelques mots que je ne pouvais pas entendre, puis remit simplement son téléphone dans son sac, sans répondre.
Je vis alors son visage à lui se détendre. L'espace d'un instant, une expression de méfiance avait traversé son regard. Puis, en voyant qu'elle ignorait mon appel, il retrouva aussitôt le sourire et passa son bras autour de ses épaules.
Je m'arrêtai net.
Cette fois, je n'avais plus besoin de les suivre. J'avais compris.
Je fis demi-tour.
Je marchai longtemps, sans savoir où j'allais. Paris défilait autour de moi, mais je ne voyais plus rien.
Une fois de retour dans ma chambre d'hôtel, mon téléphone sonna.
Sonia.
Je laissai sonner quelques instants avant de décrocher.
— Allô ? Ta sœur m'a dit que tu étais à Paris ! Pourquoi tu ne m'as rien dit ? demanda-t-elle avec enthousiasme.
Je restai silencieux quelques secondes.
Ma sœur, impatiente de connaître sa réaction, lui avait finalement raconté ma surprise.
Ironie du sort...C'était moi qui avais été surpris.
— Oui. Je suis arrivé ce matin, répondis-je sans la moindre chaleur.
Un long silence suivit.
— Tu aurais dû me prévenir... Quelle surprise ! Où es-tu ?
Je regardai l'heure. Il était vingt et une heures.
Je lui proposai de me rejoindre dans une station de métro située à mi-chemin entre son studio et mon hôtel.
Elle accepta.
Je m'assis sur un banc. Et j'attendis.
Deux rames passèrent. Puis la troisième arriva et je la vis descendre. Elle me souriait de loin, mais moi, je n'en étais plus capable.
Lorsqu'elle arriva devant moi, je pris une profonde inspiration. Avant même qu'elle ait le temps de m'embrasser ou de me prendre dans ses bras, je parlai.
— Je voulais te faire une surprise.
Je marquai une pause.
— J'étais à Châtelet.
Son sourire disparut aussitôt.
Je poursuivis calmement.
— Je t'ai vue avec cet homme. Au début, je me suis dit que c'était peut-être quelqu'un de ta famille... Puis je vous ai vus vous embrasser.
Je baissai les yeux quelques secondes.
— Je vous ai suivis. Ensuite je t'ai appelée. Je t'ai vue regarder ton téléphone... puis le ranger.
Je relevai lentement la tête.
— Dis-moi simplement la vérité.
Elle resta figée. Sa bouche s'entrouvrit, mais aucun mot ne parvint à franchir ses lèvres.
Je désignai le banc.
— Assieds-toi.
Elle s'exécuta sans un mot.
Je restai debout quelques instants avant de m'asseoir à côté d'elle. Devant nous, les rames entraient et quittaient la station dans un bruit métallique.
Le silence dura longtemps. Puis je demandai doucement :
— Qui est-il ?
Elle inspira profondément.
— C'était... mon petit ami.
Je tournai lentement la tête vers elle.
— C'était ?
Elle baissa les yeux.
— Depuis le lycée...
Je ne répondis rien.
Elle reprit d'une voix tremblante.
— Quand nos parents ont commencé à parler de nos fiançailles... j'ai mis fin à notre relation.
Je hochai simplement la tête.
— Et aujourd'hui ?
Elle demeura silencieuse.
Je répétai, presque dans un murmure :
— Aujourd'hui... qui est-il ?
Les premières larmes roulèrent sur ses joues, ses lèvres tremblaient.
— On est...
Je levai doucement la main pour l'interrompre. Je n'avais plus besoin d'entendre la fin de sa phrase. Pourtant, une pensée s'imposa aussitôt à moi.
Savait-il qu'elle était mariée ?
Mais la réponse s'imposa aussitôt.
Bien sûr qu'il le savait, Il était présent à notre mariage.
Je fermai les yeux quelques secondes. Tout s'assemblait enfin.
Les disputes. Les appels de plus en plus courts. Les messages laissés sans réponse. Les soirées où sa colocataire semblait soudain toujours présente. Toutes ces explications auxquelles j'avais voulu croire prenaient enfin un sens.
Je laissai échapper un sourire triste.
— Depuis quand ?
Elle resta silencieuse.
— Depuis quand ? insistai-je doucement.
Elle essuya ses joues avant de répondre entre deux sanglots.
— Depuis quelques mois...
Sa voix se brisa.
— J'ai essayé, Juba... je te le promets... J'ai vraiment essayé d'être une bonne épouse. Quand je suis arrivée en France, je pensais pouvoir tourner la page. Je croyais que tout allait s'effacer...
Elle baissa la tête.
— Puis je l'ai revu...et tout est revenu.
Je laissai échapper un léger rire, un rire vide, sans joie.
Elle continua à parler de leurs retrouvailles. À mesure qu'elle racontait leur histoire, je cessai peu à peu de voir en elle ma femme.
Je voyais simplement une jeune femme parler de celui qu'elle avait aimé depuis le lycée. Et, contre toute attente, je la comprenais. Je comprenais aussi cet homme.
Deux jeunes qui s'aimaient depuis le lycée, mais qui n'avaient jamais réussi à construire un avenir ensemble.
Chez nous, l'amour ne suffisait pas. Il fallait un travail, une situation, des garanties. Les parents voulaient avant tout un gendre capable d'assurer l'avenir de leur fille.
Moi, j'étais ce candidat idéal : un emploi stable, une bonne réputation, un toit, un avenir rassurant.
Je compris soudain que, dans cette histoire, je n'avais jamais réellement eu ma place. Je n'avais jamais été le héros. J'avais seulement été celui que tout le monde avait choisi à sa place.
Je restai longtemps silencieux. Puis je soufflai doucement :
— Moi aussi... je t'ai menti.
Elle leva immédiatement les yeux.
— Le soir de notre mariage... je t'ai fait croire que tu étais la première femme avec qui je couchais.
Je baissai les yeux.
— Ce n'était pas vrai.
Je relevai la tête.
— Mais depuis nos fiançailles... je ne t'ai jamais trompée. Pas une seule fois.
Elle éclata de nouveau en sanglots. Je ne ressentais pourtant plus de colère. Seulement une immense fatigue. Et, d'une certaine manière... je la comprenais.
Nous étions tous les deux prisonniers d'un mariage que nous n'avions jamais vraiment choisi.
Je regardai les voyageurs monter et descendre des rames.
La vie continuait autour de nous, comme si rien ne venait de s'effondrer.
Je soufflai finalement :
— Finalement... nous avons été victimes de la même chose.
Elle tourna lentement la tête vers moi.
— Nos parents ont voulu choisir notre bonheur à notre place.
Un long silence suivit.
Puis elle murmura d'une voix presque inaudible :
— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
Je ne répondis pas tout de suite.
Je revis notre semaine de mariage. Nos rires. Notre première nuit. Nos projets. Puis tout disparut.
Je me levai.
— Je vais te raccompagner.
Le trajet jusqu'à son studio se fit presque entièrement en silence. Nous marchions côte à côte, comme deux inconnus.
Lorsqu'elle s'arrêta devant son immeuble, ses yeux étaient rougis par les larmes. Elle semblait vouloir dire quelque chose, mais les mots refusaient de sortir.
Moi aussi.
Mais aucun mot ne vint.
Je lui tendis le sac sans un mot. À l'intérieur se trouvaient toujours le bouquet de fleurs et le parfum que j'avais achetés pour elle.
Elle le regarda longuement, hésitante.
— Ils sont pour toi... Garde-les.
Elle prit le sac avec des mains tremblantes.
Je lui adressai un faible sourire.
— Va te reposer. Nous sommes tous les deux bouleversés. Demain, si tu es d'accord, nous parlerons avec les idées plus claires.
Elle acquiesça en silence.
Je la regardai disparaître derrière la porte de son immeuble.
Au fond de moi, je savais déjà que notre histoire venait de s'achever.
Le lendemain matin, je me réveillai avec l'impression d'avoir vieilli de plusieurs années en une seule nuit.
Je n'avais presque pas dormi.
La première chose que je fis fut de me rendre à l'agence de la compagnie aérienne. Lors de l'achat de mon billet, l'employée m'avait conseillé de prendre un retour ouvert. C'était mon premier voyage à l'étranger et, sur le moment, je n'en avais pas vraiment compris l'intérêt. Elle m'avait simplement expliqué qu'il me suffirait de modifier la date si je souhaitais prolonger mon séjour.
Je n'avais jamais imaginé que cette possibilité me servirait pour une tout autre raison.
Je demandai à avancer mon retour. Le premier vol disponible n'était que six jours plus tard. J'acceptai sans discuter.
En sortant de l'agence, je levai les yeux vers le ciel gris de Paris.
Six jours.
Il ne me restait plus que six jours avant de rentrer chez moi.
Le reste de la journée s'écoula lentement. Je marchai longtemps dans les rues de la capitale sans vraiment regarder autour de moi. Je passai devant des monuments que tant de touristes rêvaient de découvrir, mais je n'y prêtai presque aucune attention.
En fin d'après-midi, je retrouvai Sonia à la sortie de son travail.
Elle semblait épuisée. Ses yeux étaient encore gonflés par les larmes de la veille.
Nous marchâmes quelques minutes sans parler avant de nous asseoir dans un petit parc.
Cette fois, le silence ne me gênait plus.
Je finis par rompre le silence. Je lui demandai si elle l'aimait encore et si elle se voyait réellement construire sa vie avec lui. Elle ne chercha ni à se justifier ni à me mentir. D'une voix tremblante, les yeux remplis de larmes, elle me répondit que oui.
Je lui suggérai alors de mettre un terme à notre relation. Il n'y avait plus rien à sauver entre nous. Nous avions essayé de construire un mariage, mais nous n'avions jamais vraiment eu le temps de devenir un couple. Nous n'avions partagé qu'une seule semaine de vie commune, puis des mois de conversations à travers un écran. De son côté, elle voulait désormais construire son avenir en France. Moi, je n'avais jamais réellement envisagé de quitter mon pays. Même sans cet homme, nos chemins auraient probablement fini par s'éloigner.
Elle éclata de nouveau en sanglots.
— Je suis désolée...
Je secouai lentement la tête.
— Non... Ne le sois pas.
Pourtant, derrière sa tristesse, j'eus le sentiment de percevoir un immense soulagement. Comme si, pour la première fois depuis longtemps, elle n'avait plus besoin de mentir ni de cacher ce qu'elle ressentait réellement.
Je lui expliquai que le plus difficile restait encore à faire : annoncer notre décision à nos familles. Mais je lui demandai de penser d'abord à elle-même. C'était sa vie avant d'être celle de ses parents. Personne ne devrait être condamné à passer son existence auprès d'une personne qu'il n'avait pas choisie par amour.
— Tes parents finiront peut-être par te pardonner... ou peut-être pas. Je n'en sais rien. Mais si tu renonces encore une fois à l'homme que tu aimes pour leur faire plaisir, tu risques de le regretter toute ta vie.
Elle pleurait toujours en silence.
À cet instant, je compris que notre mariage appartenait déjà au passé. Le divorce ne serait plus qu'une formalité administrative. La procédure prendrait sans doute plusieurs mois, mais le plus difficile était désormais derrière nous.
Avant de se quitter, une dernière question me vint à l'esprit.
Je souris légèrement.
— Il est dans les parages, n'est-ce pas ?
Elle releva la tête, surprise.
— Comment tu...
Je laissai échapper un petit rire.
— Un homme amoureux... et surtout jaloux... ne reste jamais très loin dans une situation pareille.
Elle esquissa enfin un faible sourire.
Elle sortit son téléphone et lui envoya un message.
Quelques minutes plus tard, je le vis arriver.
En nous apercevant, il ralentit le pas. Son regard allait de Sonia à moi avec une méfiance évidente, sans doute parce qu'il ignorait ce qui l'attendait.
Je me levai avant même qu'il n'ait le temps de parler.
Je m'approchai de lui et lui tendis la main. Il hésita une fraction de seconde, puis finit par la serrer.
Je le regardai, puis mon regard se posa sur Sonia.
Un léger sourire se dessina sur mon visage.
— Prends soin d'elle.
Il resta silencieux, surpris par ma réaction.
Je me tournai une dernière fois vers Sonia. Son visage avait retrouvé un peu de couleur. Malgré les traces de ses larmes, elle semblait plus apaisée. Je lui adressai un dernier sourire avant de faire demi-tour.
Après quelques pas, je m'arrêtai un instant et me retournai.
Ils étaient toujours là, côte à côte.
Je les observai quelques secondes, puis je leur adressai un dernier signe de la main. Ils me répondirent tous les deux avec un sourire timide.
Alors je repris ma route.
Mon mariage venait de prendre fin, il avait duré huit mois.
Étrangement, je ne ressentais ni colère ni haine, seulement une immense lassitude... et une forme de paix.
J'espérais sincèrement qu'ils iraient jusqu'au bout de leur histoire.
Au fond, personne ne devrait être empêché d'aimer la personne qu'il a choisie.
Il me restait encore quelques jours avant de rentrer chez moi, et, paradoxalement, j'étais désormais pressé de repartir.
Pour faire passer le temps, je marchais des heures durant. Je traversais les quartiers les uns après les autres, sans véritable destination, découvrant peu à peu cette immense métropole. Je levais les yeux vers les immeubles, j'observais les gens, les terrasses bondées, les rues animées et ce rythme de vie si différent du mien. Paris était magnifique, mais je n'avais plus le cœur à jouer les touristes.
Au lendemain soir, alors que je me rendais à une station de métro pour rentrer à l'hôtel, j'aperçus deux superbes jeunes femmes. Je les regardai. Elles levèrent la tête à leur tour et m'adressèrent un sourire.
Je poursuivis mon chemin jusqu'au quai. En face, je les retrouvai de l'autre côté des voies. L'une d'elles continuait à me regarder en souriant. Pendant quelques instants, nos regards se croisèrent.
Je les observais, mais mon esprit était ailleurs. Deux jours plus tôt, je m'imaginais encore retrouver Sonia, rattraper le temps perdu, vivre enfin cette vie de couple dont nous avions été privés pendant des mois. En quelques minutes, tous ces projets s'étaient effondrés. En regardant ces deux jeunes femmes, une seule pensée me traversa l'esprit : peut-être aurais-je dû aller leur parler, tenter ma chance. Après tout, je n'avais plus rien qui me retenait. Pourtant, je restai immobile.
Le train arriva. Elles montèrent dans une rame et disparurent.
Deux jours après, je décidai de monter à Montmartre. Devant la basilique du Sacré-Cœur, il y avait foule : des gens du monde entier, des amis, des familles partageant des moments inoubliables. Et je me dis que voyager seul, c'était la pire des choses. Ces instants de bonheur méritaient d'être vécus en couple, en famille, entouré.
Je restai assis sur les escaliers à écouter un groupe jouer de la guitare. À côté de moi, un groupe de touristes allemands chantait avec eux. Au loin, je crus apercevoir une silhouette. Une fille. Un être disparu au fil du temps. Je descendis précipitamment pour vérifier, mais elle avait disparu. Je secouai la tête et chassai cette idée de mon esprit.
Je quittai la place et, en marchant sans véritable destination, en descendant, je tombai sur une boutique de confiseries. Une envie soudaine de sucré me prit. À peine avais-je franchi la porte que je me retrouvai nez à nez avec la jeune femme aperçue dans le métro.
Elle me regarda quelques secondes avant de sourire.
— On se connaît, non ?
— On s'est croisés à la station de métro, il y a deux jours, répondis-je.
Son sourire s'élargit aussitôt.
— Le garçon de l'autre côté des rails ! Moi, c'est Stéphanie, dit-elle en me tendant la main.
— Juba. Enchanté.
Elle se tourna vers son amie.
— Angélique, viens voir ! C'est le garçon du métro.
Je lui serrai la main à son tour, un peu maladroitement, tandis que mon regard glissait malgré moi de l'une à l'autre.
Elles étaient aussi belles l'une que l'autre.
Stéphanie portait un jean moulant, un haut léger, de longs cheveux blonds et un discret piercing au nez qui accentuait son charme. Angélique, vêtue d'une jupe courte et d'une chemise légèrement entrouverte, affichait une silhouette tout aussi séduisante. Son sourire était doux, presque timide, et contrastait avec l'assurance de Stéphanie.
Nous restâmes plusieurs minutes à discuter entre les fûts débordant de bonbons, comme si nous nous connaissions depuis toujours.
— Tu restes encore combien de temps à Paris ? me demanda Stéphanie.
— Je repars après-demain.
— Tu as eu le temps de visiter un peu la ville ?
Je leur mentis en prétendant que j'étais en France pour une mission professionnelle et que je n'avais pratiquement pas eu une minute à moi pour découvrir Paris. En revanche, je gardai soigneusement pour moi le fait que j'étais marié.
Nous continuâmes à discuter. Mon français était parfois hésitant ; je cherchais mes mots plus souvent que je ne l'aurais voulu. Était-ce le manque de pratique... ou simplement le trouble que je ressentais face à deux femmes aussi séduisantes ?
Pendant qu'Angélique parcourait le magasin à la recherche de quelques friandises, Stéphanie restait près de moi. Elle me parlait avec naturel, sans jamais détourner son regard du mien. Son sourire était chaleureux, presque troublant. Peu à peu, je me détendis. Nous riions facilement.
À un moment, elle me lança en riant que croiser deux fois la même personne dans une ville aussi immense que Paris ne pouvait pas être un simple hasard, mais un signe du destin.
Puis, avec le plus grand naturel, elle me proposa de passer le reste de la soirée avec elles et j'acceptai sans réfléchir davantage.
Nous descendîmes le boulevard, noyés dans une foule compacte, discutant et riant au fil de nos pas. Puis nous arrivâmes dans un quartier où des néons rouges attirèrent immédiatement mon regard. Un sex-shop. Puis un deuxième. Les vitrines exhibaient de la lingerie, des affiches suggestives et toutes sortes d'accessoires dont je n'avais jusqu'alors vu l'existence qu'à travers les films. Je ralentis instinctivement, fasciné par cet univers qui m'était totalement étranger.
— C'est la première fois que tu vois un endroit comme ça ? me demanda Angélique.
— J'habite dans un pays musulman. Chez nous, ce genre de magasin n'existe tout simplement pas, répondis-je.
Elle esquissa un sourire avant de pousser la porte de l'un des magasins. Stéphanie la suivit aussitôt. J'hésitai une seconde, puis j'entrai à mon tour.
L'intérieur baignait dans une lumière tamisée. Les rayons étaient remplis d'objets et d'accessoires en tout genre. Je découvrais un monde où le sexe s'affichait sans détour, librement, sans la moindre gêne. Pour moi, c'était une véritable découverte.
Je repensai à Katia, à son préforme de bouteille en plastique. Un sourire m'échappa.
— Pourquoi tu rigoles ? demanda Stéphanie en me fixant.
Je lui parlai de Katia, et elle rit. Angélique, qui observait la scène, intervint :
— Toi, arrête de draguer ma femme, lança-t-elle avec un sourire.
— Ta femme ? demandai-je, surpris, en arquant un sourcil.
— Oui, je suis sa femme, confirma Stéphanie.
Je restai surpris. J'avais oublié que c'était différent de chez nous. Ici, deux personnes du même sexe pouvaient vivre leur amour librement et même se marier.
— Je crois que mon mari est un peu jaloux de toi, ajouta-t-elle en lançant un regard complice à Angélique.
Je fronçai les sourcils, perdu.
— Ah, alors c'est elle qui joue le rôle du mari ? dis-je en riant nerveusement, presque pour cacher mon trouble.
Voyant mon incompréhension, Stéphanie ajouta simplement :
— Angélique est une femme trans.
Je restai figé. Angélique, cette femme sensuelle et élégante… avait été un homme ? Mon regard glissa malgré moi sur sa silhouette. Sa peau, ses courbes, sa poitrine… Rien ne trahissait son passé.
— Et... pour ta poitrine ? demandai-je timidement.
— Chirurgie, répondit simplement Stéphanie.
Je restai quelques secondes sans voix. Tout ce que je voyais devant moi, c'étaient deux magnifiques femmes. Mon esprit peinait à concilier cette révélation avec l'image que j'avais d'Angélique.
Elle s'approcha alors avec un sourire.
— Tu veux venir à la maison ? Tu pourras constater par toi-même.
Mon cœur s'emballa. Une partie de moi hésitait encore, mais l'autre savait déjà quelle serait ma réponse.
Je me disais que c'était peut-être une blague. Comment deux femmes aussi belles pouvaient-elles inviter quelqu'un comme moi ? Peut-être un piège, un mauvais coup... Mille questions se bousculaient dans ma tête. Puis je repensai à Sonia. Notre histoire venait de s'achever. Je n'avais plus de comptes à rendre à personne. Plus d'engagement, plus de promesse à respecter. J'avais traversé la France avec l'espoir de retrouver ma femme, et je me retrouvais désormais à avancer sans savoir où j'allais. Alors, pourquoi refuser ? J'oubliai qu'Angélique était née homme. Tout ce que je voyais, c'étaient deux belles femmes. Et je me dis que ce genre d'occasion ne se représenterait sans doute jamais.
Je les regardai toutes les deux. L'une provocante, sûre d'elle. L'autre douce, presque timide. Je n'avais jamais été face à une proposition pareille. Mon sexe durcissait déjà dans mon jean.
— D'accord, soufflai-je.
Nous prîmes deux trains pour nous rendre chez elles, dans un appartement situé en plein cœur de la capitale. Depuis leur fenêtre, on apercevait les rames de la ligne 6 glisser au loin, serpentant au-dessus du boulevard.
Sur le chemin, Angélique resta discrète, presque silencieuse, contrairement à Stéphanie, qui voulait tout savoir sur moi. Je lui répondis, mais j'avais aussi mille questions en tête. J'aurais voulu en savoir plus sur Angélique, sur leur couple, sur cette vie qu'elles menaient ensemble. Mais je n'osais pas, de peur de les froisser, de tout gâcher. Alors je me contentai de marcher à leurs côtés, le cœur battant, laissant mes pensées courir plus vite que mes pas.
Leur appartement était simple mais élégant, bien rangé, comme un vrai intérieur de couple. Nous nous installâmes sur le canapé. Angélique servit des coupes de vin. Je ne buvais pas, mais je m'étais déjà égaré dans un autre genre de péché.
— Alors, tu es prêt à voir ma bite ? lança soudainement Angélique.
Jusqu'à cet instant, je n'arrivais toujours pas à y croire. J'acquiesçai d'un signe de tête. Elle se leva, déboutonna sa jupe et la laissa glisser le long de ses jambes. La bosse sur sa culotte ne trompait pas. Elle retira le tissu et me dévoila son sexe : une bite, parfaitement rasée.
— Waouh… c'est la première fois que je vois ça, murmurai-je. Tu peux tout enlever ?
— Mais il est curieux, le monsieur, intervint Stéphanie avec un sourire.
Angélique se mit complètement nue. Je restai bouche bée : des seins magnifiques, un ventre plat, des fesses rondes… et entre ses jambes, cette virilité inattendue.
— Tu peux toucher si tu veux, proposa Angélique.
Stéphanie s'approcha, l'embrassa et caressa son sexe. Je vis sa bite se redresser. Ce n'était pas un accessoire. C'était bien réel.
Je m'avançai à mon tour. Encouragé par Stéphanie, je commençai par effleurer ses seins, fermes sous mes doigts. Puis ma main glissa sans hésiter sur sa verge. Je la sentis gonfler, chaude, vibrante. Mes doigts frôlèrent ses testicules. Étrangement, je n'étais pas gêné. Au contraire, je me laissai surprendre par l'intensité de la découverte.
— Si tu continues, elle va jouir, lança Stéphanie en riant.
— Désolé… mais j'ai du mal à croire ce que je vois, répondis-je, fasciné.
— Moi, en tout cas, je prends un réel plaisir, avoua Angélique en me fixant.
Je souris. Non, je n'étais pas gêné. J'étais curieux, troublé, mais étrangement apaisé.
— Je peux voir la tienne ? demanda-t-elle.
Sans hésiter, je baissai mon pantalon. Stéphanie, impatiente, ne perdit pas de temps : elle tendit la main et saisit mon sexe. Elle approcha son visage du mien et m'embrassa avec ardeur.
— Mmm… elle est plus grande que celle d'Angélique. On va bien s'amuser cette nuit, dit-elle entre deux baisers.
— Fait toi plaisir ma chérie, lui répondit Angélique en l'embrassant à son tour.
Leurs paroles m'excitaient encore plus. Mon sexe se tendait de plus en plus dans la main de Stéphanie.
Puis Angélique se plaça derrière moi ; je sentis immédiatement sa poitrine contre mon dos, et son érection calée entre mes fesses. Loin de me déranger, cette sensation m'électrisait.
— Allez déshabille toi ma Stéphanie, souffla Angélique.
Stéphanie s'écarta, son regard planté dans le mien, et commença à se déshabiller lentement, vêtement après vêtement, comme si elle offrait son corps à mes yeux. Angélique, elle, resta derrière moi, une main sur mon torse, l'autre sur mon sexe, jouant avec moi comme si j'étais déjà à elles.
— Allez, mon cœur… suce-moi cette bite, murmura Angélique à sa femme.
Stéphanie se mit à genoux, tandis qu'Angélique se plaça à mes côtés. Ses mains s'emparèrent de nos deux sexes dressés et elle commença à nous sucer ensemble. Sa bouche allait de l'un à l'autre, ses lèvres glissant avec avidité, sa langue virevoltant pour attiser notre plaisir. La tête renversée en arrière, je me laissai emporter par une vague de plaisir.
Je tournai les yeux vers Angélique. Mon esprit refusait encore de la voir autrement qu'une femme. Son regard croisa le mien. Sans réfléchir, je l'embrassai. Ma main caressa ses seins tandis que ma bite s'enfonçait dans la bouche de Stéphanie.
La lumière était allumée. De la fenêtre, on apercevait les trains passer. Peut-être que des gens pouvaient nous voir, trois corps mêlés dans l'ivresse. Mais à cet instant, je m'en foutais. J'étais là, libre, dévoré par le désir.
Ma main gauche serrait les seins d'Angélique, ma main droite glissa entre ses fesses. Mes doigts trouvèrent sa chaleur intime. Elle m'embrassa avec fougue, comme pour me happer tout entier.
— Désolé ma chérie, mais je ne vais pas te le laisser à toi seule, souffla-t-elle à Stéphanie.
Elle s'agenouilla à ses côtés et se joignit à elle. Ensemble, elles prirent ma verge, se relayant, se complétant, m'aspirant avec une ferveur dévorante. J'étais perdu, consumé, prisonnier volontaire de leurs bouches.
Stéphanie finit par s'écarter, haletante, et s'installa sur le canapé. Ses jambes s'écartèrent, ses doigts plongèrent aussitôt entre ses cuisses, se masturbant, incapable de résister au spectacle de sa compagne me suçant avec passion.
Mon regard passait de l'une à l'autre. J'avais déjà vécu des plans à trois, mais jamais rien d'aussi intense. Ici, tout était différent : la liberté, l'abandon, cette énergie brûlante entre nous trois.
Le cri d'orgasme de Stéphanie emplit la pièce. Elle s'écroula sur le canapé, haletante, le corps tremblant. Angélique s'interrompit, se précipita vers elle et la couvrit de caresses brûlantes et apaisantes à la fois. Leurs lèvres se retrouvèrent, leurs voix se firent chuchotements. Puis, comme guidées par un même élan, elles se levèrent et m'entraînèrent par la main. Nous changeâmes de pièce, direction leur chambre.
Nous finîmes par nous retrouver tous les trois sur le lit, emportés dans une fièvre charnelle qui ne demandait plus d'explication. Nos corps se mêlèrent, nos souffles s'unirent, et dans ce vertige de chair et de désir, il n'y avait plus ni passé, ni tabou, ni retenue. Seulement trois âmes, trois corps, liés par la même brûlure.
Nous nous remîmes à nous embrasser. Angélique me guida, me plaça face à Stéphanie et me fit comprendre de la prendre. J'enfilai un préservatif, puis je m'enfonçai en elle. Son corps m'accueillit chaud, serré, vibrant. Je me mis à la pénétrer, d'abord doucement, puis plus fort, rythmé par ses gémissements qui emplissaient la pièce.
Angélique, derrière moi, ne cessait de se coller à mon dos. Je sentais son sexe dur glisser contre mes reins, et, étrangement, cette pression m'excitait davantage encore. Puis, sans prévenir, elle glissa sa main entre mes fesses. Ses doigts trouvèrent mon intimité et commencèrent à me pénétrer. Une sensation, déjà vécue avec Katia, me traversa de part en part, mais cette fois c'était différent, plus intense, presque électrique. J'étais partagé entre deux plaisirs qui se mêlaient et m'emportaient.
Je tardai à jouir ce soir-là, mais Stéphanie, elle, finit par exploser à nouveau. Son cri remplit la chambre tandis que son corps tremblant s'effondrait sur les draps. Angélique se coucha sur elle et l'embrassa longuement, tendrement. Elle colla ensuite ses fesses contre mon abdomen, puis se tourna vers moi. Ses yeux brûlaient d'un feu cru, et d'une voix presque inaudible, elle murmura :
— Encule-moi.
J'étais dur, presque étonné de tenir tout ce temps sans éjaculer. Je la regardai se mettre à quatre pattes. Son anus rasé, parfaitement dessiné, s'offrait à moi. Sa bite, tendue et palpitante, frôlait le ventre de sa femme.
Je pris une giclée de lubrifiant, en enduisis mon préservatif, et la pénétrai en levrette. Son corps se tendit, un soupir rauque s'échappa de sa gorge. Je la baisai profondément, violemment, mes mains parcourant son corps de déesse. Stéphanie lui agrippa la bite, et je continuai mes va-et-vient jusqu'à ce qu'Angélique gémisse comme une bête et jouisse sur le ventre de sa compagne, la couvrant de plaisir.
Elle s'effondra sur Stéphanie, et elles s'embrassèrent. Mais je n'en avais pas fini. J'étais toujours dur.
Nous continuâmes à nous amuser tous les trois dans cette chambre.
Épuisée, le corps encore vibrant, Angélique s'endormit. Elle s'était roulée en boule sur le côté du lit, les draps à peine tirés sur elle. Sa respiration se fit régulière, calme, comme si ce qu'on venait de vivre n'avait été pour elle qu'un acte de plus, parmi d'autres.
Je restai là, assis au bord du lit, encore nu, la tête en feu. Stéphanie me rejoignit. Elle s'accroupit devant moi, passa une main sur ma joue.
— Tu dis rien, murmura-t-elle. C'était comment, pour toi ?
Je la regardai sans trouver les mots. Je repensai d'abord à Sonia, puis à ce que nous venions de vivre dans cette chambre. Ce que nous avions partagé à trois me paraissait encore irréel. J'avais du mal à croire que c'était bien moi, deux jours plus tôt encore effondré par la fin de mon mariage, et qui me retrouvais maintenant dans cet appartement, au milieu d'un couple aussi singulier.
— Je dois t'avouer quelque chose, lui répondis-je finalement. Ma femme et moi... nous venons de nous séparer.
Je lui racontai toute mon histoire. Stéphanie m'écouta sans m'interrompre. Puis elle m'avoua qu'elle s'en était doutée. Elle avait remarqué la marque laissée par mon alliance sur mon annulaire, et elle avait compris que quelque chose s'était passé récemment dans ma vie.
Stéphanie sourit doucement, sans moquerie. Elle m'embrassa sur la joue, puis murmura :
— Angélique dort… viens avec moi dans le salon.
Elle m'embrassa et m'attira avec elle hors de la chambre, me tenant par la main, pieds nus sur le carrelage frais. On se retrouva dans le salon, baigné d'une lumière tamisée. Là, sur le canapé, d'une main experte, elle m'enfila une capote et grimpa sur moi sans attendre. Son corps cherchait le mien. Cette fois, c'était différent : plus brut, plus direct, sans les regards d'Angélique, sans mise en scène.
En lui racontant toute mon histoire, je sentis un poids s'envoler de mes épaules. Depuis mon arrivée à Paris, je vivais avec cette douleur en silence. L'avoir enfin exprimée me libéra. Pour la première fois depuis plusieurs jours, je cessai de penser à Sonia et je commençai enfin à apprécier cette soirée.
Je la pris dans mes bras, l'embrassai avec faim. Nos souffles s'emballaient. Elle se frotta contre moi, se laissa glisser lentement. Elle poussa un soupir de soulagement. J'étais en elle, seul à seul. Elle bougeait avec une sensualité douce, naturelle. Nos corps se parlaient dans un langage sans mots. Je la tenais fermement, comme pour m'ancrer dans quelque chose de réel, pour croire que je ne rêvais pas.
Quand elle jouit, son visage se contracta dans un mélange de plaisir et de tendresse. Je la rejoignis peu après, gémissant contre son épaule, libéré.
On remit ça, explorant toutes les positions que l'on connaissait, jusqu'à finir sur le tapis du salon, adossés au canapé.
Il était presque minuit quand je me levai et me rhabillai en silence, mes gestes lents, presque solennels. Stéphanie m'observait depuis le canapé, toujours nue. On ne parlait pas, comme si les mots risquaient de briser quelque chose. J'étais debout, face à elle, encore désorienté par ce qu'on venait de vivre.
— Je dois y aller, murmurai-je. Il est temps que je rentre.
Elle ne répondit pas tout de suite, se contenta de hocher la tête avec un sourire calme. Un sourire sans reproche, sans attente. Juste… une manière de me dire qu'elle comprenait.
— Je sais, dit-elle. C'est mieux comme ça.
Elle s'approcha, m'embrassa une dernière fois. Un baiser lent, doux, sans urgence. Puis elle recula et me laissa partir.
— Tu as mes coordonnées. Appelle-moi, lança-t-elle en refermant doucement la porte derrière moi.
Je la remerciai d'un sourire, lui fis un petit geste de la main, un adieu muet. Je descendis les escaliers en silence. Dehors, l'air avait fraîchi. Je marchai jusqu'à la station Bir-Hakeim, les mains dans les poches, l'esprit encore en vrac. Le métro arriva. Je montai dans la rame presque vide et m'installai près de la vitre.
Le train s'ébranla.
Je regardai défiler les immeubles, les lumières nocturnes de Paris, les fenêtres encore allumées. J'essayai, par jeu, de deviner derrière laquelle se trouvait leur appartement. Mais tout se ressemblait. Et au fond, cela n'avait plus d'importance.
Sur le chemin du retour, je ne ressentis ni gêne, ni honte. Juste une fatigue douce, et une drôle de paix intérieure. J'avais vécu quelque chose de fou, de rare, d'inattendu. Et maintenant que c'était fini, je n'en gardais aucun regret.
Juste un souvenir.
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Photo de profil de sebou01
sebou01
25 septembre 2026 à 05:16
Une magnifique suite très excitante et très coquine à souhait pour cette série d'histoire érotique très excitante, j'ai adoré lire ce nouveau chapitre très coquin et très excitant à la fois hummmm
Soyez respectueux
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Photo de profil de Did3449
Did3449
11 août 2026 à 17:56
Toujours aussi bien écrit, bravo et merci
Soyez respectueux
Répondre

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