Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Ce que tu as fait au plus petit ... — Chapitre 3 · L'afterwork
Auteur
Ce que tu as fait au plus petit ...
Chapitre 3 · L'afterwork
Voilà deux mois qu'Elise est partie. J'ai essayé de rappeler Amandine, mais rien, je tombe sur le répondeur. J'ai dû laisser dix messages, aucune réponse.
Ce soir je redescends le long du canal, je ne sais pas vraiment pourquoi. Je rencontre le prêtre.
— Bonjour Père.
— Bonjour mon fils.
— Il fait bon ce soir.
— Pour nous oui, mais pour ces filles… Je suppose que tu te demandes ce que je fais là.
— Bonjour mon fils.
— Il fait bon ce soir.
— Pour nous oui, mais pour ces filles… Je suppose que tu te demandes ce que je fais là.
Je ne réponds rien.
— Chaque soir, je viens leur apporter un morceau de pain, une parole. Tu sais, elles ne font pas ça par plaisir. Pour beaucoup c'est leur seul moyen de subsistance, sans parler de celles, étrangères, dont un mac a confisqué le passeport.
— Je ne sais pas…
— Tu veux m'accompagner ?
— Je ne sais pas…
— Tu veux m'accompagner ?
Je le suis, j'ai l'impression d'être moins seul. À chacune, il dit un mot, donne un morceau de pain. Il les connaît toutes par leur nom. Je rentre chez moi.
Les jours suivants, je continue à appeler Amandine, rien. Ce vendredi, un appel de la mère d'Elise.
— Allo, Bruno ?
— Oui, c'est moi.
— J'espère que tu vas bien.
— Oui, je me remets, ça va. Le boulot, ça occupe.
— Tant mieux, nous passerons demain récupérer le vaisselier.
— Pardon ?
— Le vaisselier de la grand-mère.
— Ah… bien sûr.
— Oui, c'est moi.
— J'espère que tu vas bien.
— Oui, je me remets, ça va. Le boulot, ça occupe.
— Tant mieux, nous passerons demain récupérer le vaisselier.
— Pardon ?
— Le vaisselier de la grand-mère.
— Ah… bien sûr.
Je n'avais pas eu de nouvelles depuis l'enterrement. Pas une seule, et elle m'appelle seulement pour venir reprendre ce vaisselier qui renferme mes souvenirs avec Elise… Et Amandine qui ne me répond pas.
Quand je rentre ce vendredi soir, j'ai une mine déconfite. Je n'ai pas le goût à manger. Je prends une veste et longe le canal.
Au lampadaire, je revois la jeune femme noire.
— Tu es seul ?
— Oui.
— Pour cinquante, je fais ce que tu veux.
— Tu as quel âge ?
— T'inquiète pas, je suis majeur.
— Dis-moi, quel âge ?
— Dix-neuf.
— Oui.
— Pour cinquante, je fais ce que tu veux.
— Tu as quel âge ?
— T'inquiète pas, je suis majeur.
— Dis-moi, quel âge ?
— Dix-neuf.
Je la suis. Elle m'emmène dans un appartement d'un immeuble glauque de l'autre côté du canal. La porte fermée, elle retire son top trop petit pour elle, me dévoilant une poitrine sombre et généreuse.
— Alors qu'est-ce que tu veux ?
— Rien, juste parler.
— Parle-moi, je peux te sucer ou te branler.
— Ne fais rien.
— Rien, juste parler.
— Parle-moi, je peux te sucer ou te branler.
— Ne fais rien.
Surprise, elle s'assoit sur une chaise devant le lit qui répand une odeur de fluides corporels prégnants. Je lui parle d'Elise. Devant moi, elle passe sa main sur sa poitrine, caresse son corps d'une façon sensuelle. Je la regarde faire, mais je n'éprouve aucune envie. Je lui parle de l'accident, sa main glisse dans son petit short. Je lui raconte ma vie tandis qu'elle se caresse devant moi. Elle porte son autre main à sa bouche pour sucer ses doigts d'une manière érotique. Mon sexe ne bouge pas. J'arrive à l'enterrement. Ses mains parcourent son corps. Amandine, le vaisselier. Je plonge ma tête entre mes mains, je pleure.
Elle s'arrête, me regarde.
Elle s'arrête, me regarde.
— Et maintenant ?
Je lui tends le billet de cinquante euros et redescend après lui avoir dit merci.
Je rentre chez moi, j'ai passé un long moment avec, et je me rends compte que je ne connais même pas son nom.
Lundi, le contenu du vaisselier est par terre ou sur la table. Mon beau-père m'a paru gêné, mais il ne m'a pas dit un mot, même pas « au revoir ». Je suis à la machine à café avec Jean. J'aimerais parler de ma rencontre avec la prostituée, mais je ne dis rien. J'ai trop peur de son jugement : si je lui en parle, lui aussi se détourne de moi. C'est la dernière personne avec qui je peux parler presque normalement.
Chaque soir désormais je longe le canal, je vais au lampadaire. J'espère la retrouver. J'ai avec moi un paquet de chocolat que j'aimerais lui offrir. Mais elle n'est pas là. Je croise le prêtre, souvent je marche avec lui pendant qu'il fait sa tournée. Certaines commencent à me reconnaître. J'ai même eu le droit à un bonjour d'une fille d'origine slave, un vrai, pas le poli qu'on se donne chaque matin au boulot.
Mercredi, Jean vient me voir.
— Bruno, on se fait un apéro demain soir, au bar du petit basque. Tu viens ?
— Je ne sais pas.
— Allez, viens, ça te changera les idées. Et puis il y aura Julie, la prestataire, il paraît qu'elle en pince pour toi.
— Je ne sais pas.
— Allez, viens, ça te changera les idées. Et puis il y aura Julie, la prestataire, il paraît qu'elle en pince pour toi.
Il me regarde avec un clin d'œil. Je dis oui, pas parce que j'en ai envie mais parce que je veux finir cette conversation.
Il y a du bruit dans le bar. Jean m'offre une bière. Avec les collègues, nous parlons du boulot, du client qui en veut toujours plus, de nos chefs qui ne comprennent pas ce que nous faisons, placés à la tête parce que techniquement ils ne tiennent pas la route, mais on a su nouer des relations avec la hiérarchie. Julie est là, entre moi et Jean. Elle rigole à ce que je dis, me tend le ramequin d'olives. Je la regarde, c'est vrai qu'elle est jolie, de beaux yeux noisette, le visage cerclé par des cheveux noirs coupés au carré. Un groupe de musique commence à jouer. Certains de nos collègues commencent à rentrer chez eux. Je reste, pourquoi rentrer ? Nous commandons une assiette de charcuterie. Devant le groupe, une piste de danse improvisée s'est mise en place. Julie m'invite à danser.
Elle est là, devant moi. Nous nous tenons la main, je la fais tourner sous mon bras. On se rapproche, s'éloigne. Je sens son corps frôler le mien. Jean nous regarde de loin, il sourit. Je fais bonne figure devant lui. Peu à peu, je chasse mes tourments pour apprécier le moment présent.
Minuit a sonné, le bar ferme. Julie me demande de la raccompagner. Elle doit longer le canal mais a peur des rencontres qu'elle pourrait faire. Je me rends compte qu'on est presque voisins, j'accepte. Le long du canal, Julie me prend la main.
— Pour qu'on ne pense pas que je sois une de ses prostituées, a-t-elle justifié.
Nous passons devant le lampadaire, la fille est là, je n'ai pas osé la regarder. Nous arrivons à la porte de son immeuble.
— On a passé une bonne soirée.
— Oui, c'était sympa.
— Il faudra remettre ça.
— Euh, oui.
— Alors tu me dis pas à demain ?
— Oh si, à de…
— Oui, c'était sympa.
— Il faudra remettre ça.
— Euh, oui.
— Alors tu me dis pas à demain ?
— Oh si, à de…
Je n'ai pas le temps de finir le mot qu'elle me fait un baiser sur la bouche. Je me laisse faire.
— Tu veux monter, prendre un dernier verre ?
Je n'ose pas lui dire non. Je suis dans son salon, plutôt coquet. Alors qu'elle part se laver rapidement, je regarde ses souvenirs de Provence, de Bretagne. Je m'arrête devant une photo d'elle et d'une autre fille souriante sur un voilier.
— C'est une photo avec ma sœur, l'été dernier à Quiberon.
Je me retourne. Elle est magnifique. Son chemisier ouvert me laisse voir la naissance de sa poitrine accueillante. Elle me tend un verre. Mon regard passe de son visage, ses cheveux humides, à la naissance de sa poitrine. Nous buvons. Elle pose son verre, s'approche de moi et m'embrasse.
— Comment tu me trouves ?
— Tu es très jolie.
— Tu es très jolie.
Ses baisers deviennent plus passionnés. Je l'enlace, ses mains caressent mon dos. Elle m'entraîne vers sa chambre. Nous nous retrouvons nus. Sa main caresse mon sexe, tandis que je mange sa poitrine. Quand elle me considère prêt, elle s'allonge en croix.
— Je suis à toi.
Je m'installe sur elle, la pénètre et commence ce va-et-vient. Le mouvement est mécanique, sans passion. Sous moi, Julie gémit, elle est très sonore, plus que ne l'était Elise. Je ferme les yeux, je repense à ma compagne. Sous moi, la femme s'active, me saisit le cou, m'embrasse. Je jouis en elle, elle pousse un cri, qui me ramène à la réalité. Jamais Elise n'aurait crié si fort. Elle se dégage de moi.
— Tu as aimé ?
À suivre…
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Commentaires ()
Mais totes ces personnes tourne le dos. Plus rien n'a la saveur ni la retenue d'Elise.
J'aime toujours ton écriture et ta capacité à créer une histoire captivante. Peut être un poil court, cela casse l'immersion (même si c'est très subjectif comme avis)
J essaie de faire des chapitres courts pour permettre une lecture rapide pendant une pause au boulot ou ailleurs.
Si je comprends bien tu préférerais des chapitres plus long ? C'est à dire fusionner 2 chapitres. Où plus détaillé ?
fusionner deux chapitres , j'imagine que cela casse ton découpage et ta montée dans la narration et en définitive c'est toi le seul juge de ce que tu veux provoquer comme attente
Plus détaillé, c'est un conseil que je donne rarement car cela ne doit pas être une demande qui mène au remplissage
Je vais y réfléchir. Quoique je decide ce ne sera pas de suite mes publications sont programmé jusque debut d'année prochaine avec 2 texres hors serie pour Noel et le jour de l'an