Porno amateur : la voisine veut me faire jouir face caméra.
Chapitre 1
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Porno amateur : la voisine veut me faire jouir face caméra. — Chapitre 1

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La scène d'ascenseur est un petit bijou de tension retenue : les chiffres qui défilent, le parfum qui arrive avant le regard, et cette façon qu'a Jade de prendre toute la place sans bouger vraiment. Le narrateur est drôle et lucide sur ses propres mensonges — son corps « mauvais employé » qui arrive en retard et parle trop, on s'y reconnaît malgré tout. La voix tient en équilibre entre comédie et malaise, et c'est exactement là que le plaisir de lire s'installe.

Porno amateur : la voisine veut me faire jouir face caméra.

Chapitre 1

Note de l'auteur

Il y a ceux qui font l'amour, et ceux qui font l'amour avec l'objectif. Les seconds méritent plus de respect qu'on ne leur en donne : ils partagent leur intimité, gèrent une audience, et arrivent quand même à s'envoyer en l'air comme des bêtes.
Les couples qui se filment sur les réseaux forment une catégorie à part : à la fois amants, associés et acteurs, unis par un abonnement mensuel et une confiance qu'aucun contrat ne mesure.
Ceci est leur histoire.
Elle se tourna vers lui en souriant.
— Elle est où ma culotte ?
Je regarde les chiffres au-dessus de la porte. Un. Les étages défilent. C'est long, un immeuble, quand on a quelque chose à cacher.
— Pardon ?
— Oh, tu vas faire l'innocent. D'accord. J'adore cette partie.
Voilà ce qu'il faut savoir sur les ascenseurs : c'est une boîte de deux mètres carrés où deux inconnus acceptent par contrat social de faire semblant d'être seuls. On regarde les chiffres. On regarde ses chaussures. On ne regarde jamais l'autre. C'est la seule pièce du monde où fixer le sol est un geste poli.
Jade ne respecte pas le contrat.
Elle est adossée au miroir du fond, les bras croisés, et elle me détaille. Pas le visage. Ce qu'il y a en dessous.
Deux.
— C'était ma préférée, dit-elle. La bleue. Elle me faisait un cul de malade. Tu en fais quoi, au fait ? Tu les collectionnes ? Tu les classes par couleur ? Ou alors tu te branles dedans, c'est ça, tu te branles dedans en pensant à mon cul parfait.
La branlette reste en suspens entre nous deux. Je ne la relève pas.
Le mensonge : ce n'est pas difficile. Ce qui est difficile, c'est la quantité. Il faut mentir avec les mains, avec la nuque, avec le rythme de la respiration. Le corps ment mal. Le corps est un mauvais employé. Il arrive en retard et il parle trop.
Je hausse les épaules. Lentement. Le bon tempo.
— Il y a un type dans le quartier qui vole des sous-vêtements. J'ai lu le message dans le hall, comme tout le monde. Je suis désolé pour toi. Mais il existe de meilleures façons d'engager la conversation avec son voisin que de l'accuser d'un truc pareil. Je sais pas, moi. Tu pourrais me demander un tire-bouchon ou du beurre. Comme les gens civilisés.
— Plus facile à dire qu'à faire, sourit-elle, surtout avec les pervers de ta catégorie.
Ma catégorie. Comme s'il y avait des divisions. Des championnats.
Trois.
Elle décroise les bras. Elle fait un pas. Un seul. Dans un ascenseur, un pas c'est une invasion territoriale. Je sens son parfum, l'odeur de sa peau. Elle est plus petite que moi. Elle lève le menton.
— Une culotte bleu électrique, dit-elle. Tu la visualises ?
Et voilà. C'est fini. Il reste juste à faire semblant encore un peu, pour la forme.
Parce que non. Ça ne me dit rien. Ça me dit tout. Ça me dit la petite étiquette cousue à l'envers, l'élastique légèrement distendu à droite, parce qu'elle l'enlève toujours du même côté. Ça me dit que ce n'était pas une culotte.
— N'importe quoi, je dis.
Et ma voix sort correctement. Ma voix est le seul employé compétent de cette entreprise.
Mais à l'intérieur, quelque part derrière les yeux, la phrase se forme toute seule, avec l'indignation absurde d'un homme qu'on accuse du mauvais crime :
C'est pas une culotte. C'est un tanga.
Quatre. Les portes s'ouvrent sur le couloir moquetté, cette lumière jaune d'hôpital. On sort. Elle à droite, moi à gauche, chacun vers sa porte, chacun vers sa vie hermétique.
Et je suis à trois mètres de ma serrure quand elle dit :
— Nolan.
Le prénom. Elle le pose comme une main sur une épaule.
Je me retourne. Elle tient son téléphone à hauteur de visage, écran vers moi, bras tendu, et elle sourit, pas un sourire de triomphe, non, c'est pire, c'est un sourire de patience. Le sourire de quelqu'un qui a déjà gagné et qui trouve ça un peu ennuyeux.
L'image est granuleuse. Nocturne. Vert et gris. Un homme sur un balcon, un carré de tissu pressé contre le bas du visage, les yeux fermés comme un homme qui prie.
Cet homme a mon manteau.
— Mais c'est toi, ça, dit-elle, faussement stupéfaite. C'est toi qui renifles mes affaires.
Voilà ce qu'on ne vous dit pas sur le fait d'être pris : il n'y a pas de panique. Il y a un immense soulagement, énorme, obscène, comme de vomir enfin après trois heures à lutter. Le mensonge pesait quinze kilos. On vient de me l'enlever du dos.
Elle range le téléphone. Elle ne l'envoie à personne. Elle ne parle pas de police. Elle le glisse dans sa poche arrière comme on range un couteau dans un tiroir dont on connaît l'emplacement.
— On peut s'arranger, dit-elle. Prends une douche. Tu me rejoins dans une heure. J'ai un service à te demander.
Elle ouvre sa porte. Elle s'arrête sur le seuil. Elle se penche vers le couloir et elle chuchote, avec une tendresse épouvantable :
— Voleur de culotte.
Et moi, debout, les clés dans la main, la nuque en feu, moi le type le plus intelligent de cet immeuble, j'entends ma propre voix dire la chose la plus stupide que j'aie jamais dite :
— C'est pas une culotte, putain. C'est un tanga.
La porte se referme.
Derrière, elle rit.
* * *
Huit millions d'habitants. Voilà le chiffre officiel.
Huit millions de personnes qui se lèvent, qui produisent, qui s'accouplent, qui remboursent un crédit, et qui finissent en urne ou en terre selon le forfait choisi. On nous vend l'excellence. Sois le meilleur. Sois le premier. Comme si le premier et le dernier n'atterrissaient pas dans le même trou, avec la même température, à la même profondeur réglementaire.
J'ai eu les meilleures notes. J'ai eu un poste avec mon nom sur la porte.
Rien de tout ça n'a laissé de trace.
Vous pouvez traverser une ville entière, pendant toute une vie, sans jamais y inscrire quoi que ce soit. Les gens ne sont pas des êtres, ce sont des flux. Ils passent. L'immeuble reste, et encore, pas longtemps.
Alors j'ai trouvé autre chose.
Ma trace à moi tient dans une boîte en carton entoilé, sous le lit, format archives, celles qu'on vend pour les documents notariés. Vingt-deux pièces. Chacune dans une pochette plastique refermable, chacune numérotée au crayon papier, avec la date, l'adresse, l'étage, l'heure et la météo.
Pièce numéro six. Un shorty en dentelle de Calais, coloris nude, taille trente-huit, doublure coton au fond. Récupéré rue des Peupliers, buanderie du sous-sol, un mardi, vingt-deux heures quarante, quatorze degrés, pluie fine. La femme avait laissé son sèche-linge tourner et était remontée finir une série. J'ai attendu neuf minutes. Ce n'est pas le vêtement qui compte. C'est les neuf minutes.
Pièce numéro onze. Un balconnet armaturé, bonnet C, satin bordeaux, bretelles réglées sur le dernier cran — une femme qui a maigri sans racheter de linge. Balcon du premier, escalier de service, un dimanche matin. Il y avait des géraniums morts dans une jardinière et un cendrier plein.
Pièce numéro dix-neuf. String taille haute, microfibre noire, l'élastique de taille légèrement détendu sur le côté droit. Toujours le côté droit. Les femmes se déshabillent toujours du même côté, comme on descend d'un cheval.
Je ne me masturbe pas avec. Enfin, pas souvent. Ce serait rater l'intérêt de la chose. On ne renifle pas un atlas.
C'est une cartographie. Une ville de huit millions d'habitants qui prétend être un chaos, et moi je prélève, j'indexe, je date. Je transforme le hasard en inventaire. Chaque pièce est une preuve qu'à telle heure, à telle adresse, il y avait un corps vivant, et que quelqu'un l'a remarqué.
Ce quelqu'un, c'est moi.
Dans le hall, il y a une affiche.
AVIS AUX RÉSIDENTS Plusieurs vols de sous-vêtements féminins ont été signalés dans le quartier ces derniers mois, sur balcons et dans les buanderies. Les résidentes sont invitées à ne pas laisser sécher de linge à l'extérieur pendant la nuit et à signaler tout comportement suspect.
Sept fautes. Deux d'accord. Une police de caractères choisie par un homme de cinquante-quatre ans qui trouve que ça fait sérieux.
Sept mois qu'elle est là. Sept mois que je passe devant deux fois par jour, les clés dans la main, et que je lis tout comportement suspect comme on relit une carte postale qui nous est adressée.
Cette affiche et le groupe Facebook de madame Ménard du deuxième : voilà mes deux preuves d'existence. Il y a des hommes qui ont des statues. Moi j'ai ça.
J'aurais dû voir le piège.
La prise était trop belle. Bleu électrique sur un séchoir vide, à hauteur d'homme, un soir sans vent, une seule pièce sortie pour sécher alors que personne ne fait tourner une machine pour une seule pièce. Un appât. Un morceau de viande posé sur un déclencheur.
Et j'ai mordu, parce qu'au bout de vingt-deux fois on se croit infaillible, on se croit méthodique.
Le plus étrange, ce n'est pas qu'elle ait la preuve. C'est ce que je ressens depuis.
Pas la peur. Pas la honte non plus, ou alors une honte tiède. Non, quelque chose de plus embarrassant : du soulagement. Elle a vu la partie de moi que personne n'a jamais vue, la seule qui compte, et elle n'a pas reculé. Elle a souri.
On passe sa vie à espérer qu'un être humain vous regarde vraiment. Généralement, il faut payer plus cher.
Je monte. Je sonne.
Elle ouvre en lingerie.
Pas un peignoir mal fermé, pas une mise en scène d'hôtel. Elle m'a habillé un sujet d'étude. Ensemble deux pièces, satin ivoire, soutien-gorge triangle sans armature, un choix, parce qu'avec cette poitrine-là l'armature est une facilité, et elle ne prend pas de facilités. Bonnet D, peut-être E, la peau très blanche qui déborde légèrement sur les bords, cette texture de fille du Nord qui prend le soleil en rouge et jamais en brun. Culotte assortie, taille haute, échancrure remontée sur la hanche pour allonger des jambes qui n'en avaient pas besoin. Blonde, les cheveux remontés à la va-vite avec une pince en plastique à deux euros.
Le détail à deux euros. C'est là qu'elle est la plus dangereuse.
Je ne dis rien.
— Entre, dit-elle en s'écartant de la porte. Tu connais la Plate-forme ?
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