Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Entre deux flammes — Chapitre 6 · L'intensité
Auteur
Entre deux flammes
Chapitre 6 · L'intensité
Ryan ouvrit les yeux, doucement. Il les referma. Trop de lumière. Un mal de crâne terrible. Il voulait s'enfoncer dans son lit, disparaître du monde. Il se figea en sentant un souffle dans son dos. Et merde. Quel con.
Il se retourna, et vit ses cheveux blonds. Maud. Elle dormait paisiblement. Nue à côté de lui. Les souvenirs de la nuit lui revenaient. Le bar, Maud qui se collait à lui en lui tenant le bras. Qui lui faisait les yeux doux. Qui prenait sa main pour la poser sur sa cuisse. Lui qui pensait à Elise. Lui qui avait beaucoup trop bu. Lui qui s'était senti un peu trop seul.
Sur le trajet du retour, ils marchaient tous les deux, avec elle qui s'agrippait toujours à lui comme une sangsue. Son parfum lui donnait la nausée.
— T'es sûr que ça va aller ?
— Ouais.
— T'as pas l'air très bien, avait-elle insisté, la voix mielleuse.
— Ça va, je te dis.
— Ouais.
— T'as pas l'air très bien, avait-elle insisté, la voix mielleuse.
— Ça va, je te dis.
Elle avait compris le message, elle arrêta de parler. Elle voyait bien qu'il n'était pas bien. Et s'il y avait bien une chose qu'elle savait, c'est qu'il ne fallait pas chercher à savoir pourquoi. Mais elle devinait ce qui pouvait lui remonter le moral. Elle avait attendu d'être devant chez lui pour venir l'embrasser. Ivre et un peu désespéré, Ryan cherchait à oublier.
Et en un claquement de doigts, ils s'étaient retrouvés dans son lit. Le corps de Maud contre le sien, ses lèvres, ses mains. Il ne pensait qu'à Elise. Il voulait retrouver son corps à elle. Il voulait la retrouver, elle. La façon dont leurs corps ne faisaient plus qu'un, une harmonie exquise. Son esprit était ailleurs, dans un bien meilleur endroit. Et pourtant il était là, avec Maud, à faire semblant.
— Salut.
Sa voix le ramena dans le présent. Il voulait remonter le temps et ne jamais mettre les pieds dans ce bar. Maud vint se coller à lui, dans l'attente qu'il la prenne dans ses bras, qu'il montre un signe, une émotion. Il resta de marbre. Tant pis, elle avait l'habitude. Et il n'avait pas été de marbre cette nuit, c'était le plus important.
— C'était vraiment bien cette nuit. Il faudrait qu'on fasse ça plus souvent, non ?
Pas vraiment, non.
— Pourquoi pas maintenant ? continua-t-elle d'une voix supposée être excitante.
Elle fit glisser ses doigts sur son torse, son ventre, jusqu'à arriver à la base de son sexe. Il n'avait aucune envie d'elle. Mais il n'avait pas non plus l'énergie pour lui parler, pour l'écouter. C'était toujours la même qu'il avait en tête. Il avait honte, il se détestait. Mais foutu pour foutu... Il mit sa main derrière la tête de Maud et appuya dessus. Elle comprit. Sans se faire prier, sa bouche arriva déjà ouverte contre le sexe de Ryan.
À défaut de retrouver Elise, il voulait retrouver les sensations pour accompagner ses pensées. La bouche d'Elise autour de lui, léchant son gland, passant sa langue de haut en bas. Mais quelque chose le dérangeait. Ce n'était pas pareil. Cette main n'était pas aussi délicate, cette langue pas aussi douce et chaude. Son souffle contre son pubis n'était pas le même.
Une petite vibration attira son attention. Son téléphone à côté de lui. Et une intuition qui le poussa à regarder.
Elise.
Il se crispa d'un coup. D'un geste brusque, il se leva pour s'asseoir au bord de son lit. Maud, confuse et soudainement rejetée, ne savait plus vraiment quoi faire.
— Ça va, Ryan ? J'ai fait quelque chose de mal ?
Il ne répondit pas. Elle était là, c'était déjà quelque chose de mal. Son attention était focalisée sur l'écran de son téléphone.
« Hey. Je dormais quand tu m'as écrit. La prochaine fois n'attends pas la nuit ! »
— Ryan ?
C'en était trop.
— Maud, tu peux juste partir ?
Elle resta bouche bée, un peu blessée.
— Maintenant, précisa Ryan.
Interloquée, elle eut quelques secondes de pause. En voyant que Ryan ne lui prêtait plus aucune attention, elle se leva doucement pour ramasser ses habits. Elle n'était plus vraiment étonnée des sautes d'humeur de Ryan, mais celle-là, elle ne l'avait pas vu venir. Elle garda un œil sur lui pendant qu'elle remettait ses vêtements, espérant une attention. Rien.
— Bah bah... J'y vais. On se voit demain en cours.
Il lui fit un vague geste de la main, sans même la regarder. Il entendit Maud murmurer un « connard » en partant. Peu importe. Il se recoucha sur son lit, son téléphone toujours en main, relisant le message d'Elise. Il ferma les yeux, rassuré, mais se sentant comme le plus gros des abrutis. Même si rien ne lui interdisait de coucher avec Maud, il savait très bien qu'il venait de se tirer une balle dans le pied. Une très grosse balle. Tout seul. Il venait de se prouver qu'il ne méritait absolument pas Elise.
Un deuxième message.
« Tu fais quelque chose aujourd'hui ? N'attends pas la nuit pour me répondre cette fois. »
Puis un troisième, à la suite.
« Je fais rien aujourd'hui, si jamais... »
Comment pouvait-il la voir après cette nuit ? Comment la regarder en face ? Elle lui avait répondu, elle voulait le voir. Et lui, il n'avait même pas supporté une nuit d'attente. Il était vraiment pitoyable. Il savait qu'il ne devait pas la revoir. Pas après ce qu'il venait de faire. Et pas après tout ce qu'il ressentait. Une pente beaucoup trop glissante. Et pas dans cet état. Il se sentait sale, couvert par le parfum écœurant de Maud. Il lui répondrait après s'être douché. Il était hors de question qu'il lui parle, à elle, avec la présence d'une autre sur lui. Une douche ne laverait que son corps, pas son âme, mais c'était mieux que rien.
Elise était dans la cuisine avec sa mère, parlant de tout et de rien, de l'école, d'un film... Elle était un peu plus apaisée que la veille, maintenant qu'elle avait eu un signe de vie de Ryan. Un petit soulagement qui relâchait un peu la pression qu'elle avait en elle. À côté d'elle, sur la table, son portable s'éclaira.
« Viens quand tu veux »
Elise retenait son souffle. Est-ce qu'elle avait bien lu ? « Viens quand tu veux ». C'était vague, un peu froid. On ne savait pas trop si c'était un ordre ou pas. Elle le reconnaissait bien. Mais ce n'était pas très précis comme information. Est-ce que ça voulait dire maintenant ? Une seule façon de savoir...
« Maintenant ? »
Peu de temps pour la réflexion.
« Oui »
Il ne s'embarrassait pas de longs discours.
— Je serai pas là pour manger, je vais chez Alice, mentit-elle.
Sans lever les yeux de son écran, elle se précipita dans sa chambre. Ok, on respire. On trouve des habits. Jolis, mais sans montrer qu'on veut impressionner. On rafraîchit un peu la coiffure, mais pas trop non plus, s'il veut nous décoiffer. Cette pensée la fit rougir devant son miroir. Mon Dieu, qu'elle était niaise. Mais elle voulait être belle pour lui, que pouvait-elle y faire ? Bon allez, un chignon coiffé décoiffé, quelques mèches qui s'échappent. Très bien. Des jolis sous-vêtements aussi. Est-ce qu'il aime le bleu ? La dentelle ? Ou un basique en coton ? C'était épuisant de penser à tout ça. Un coup de spray dans les cheveux, puisqu'il aime tant cette odeur. Et ce sera bon.
Elle passa la porte et entra dans un espace qu'elle ne connaissait pas encore, aussi rangé. Ryan était là pour l'accueillir. Comme une évidence, il la serra contre lui. Elle ferma les yeux contre son torse. Il sortait de la douche, il sentait bon. Et cette chaleur... Mais il y avait une autre odeur dans l'air qu'elle n'avait pas encore sentie ici.
Comme d'habitude, malgré une proximité physique, ils étaient toujours perdus quand il s'agissait d'échanger des banalités. Ryan était content de la voir, plus léger. Il avait l'impression de pouvoir enfin respirer de l'air frais. Il la détaillait avec attention. Elise, elle, se sentait un peu submergée par le poids de ce regard. Elle semblait attendre qu'il fasse quelque chose, qu'il parle en premier. Mais elle commençait à comprendre qu'elle était sûrement la plus à l'aise des deux.
— Ça m'a fait plaisir que tu m'invites.
Il sourit. Un sourire qui la fit craquer encore un peu plus.
— Ça me fait plaisir que tu viennes. Tu connais maintenant, fais comme chez toi.
Fais comme chez toi ? Ce n'était pas un peu tôt pour qu'elle fasse comme chez elle ? Il était toujours distant, secret, mais lui ouvrait son appartement comme si c'était chez elle. Un curieux mélange qui la rendait confuse, encore une fois. Elle posa son sac, toujours au même endroit. Elle sourit en pensant qu'elle avait déjà ses petites habitudes.
Il lui offrit à boire, lui prit sa veste pour la ranger. Elle ne s'attendait pas à cette attention. Ce n'était pas lui. Ou alors c'était une partie de lui qu'elle ne connaissait pas encore. Elle le sentait de bonne humeur, calme. Moins tendu que les autres fois où ils avaient été tous les deux. C'était peut-être une chance d'en savoir plus sur lui.
— Tu sais, commença-t-elle prudemment, je suis vraiment désolée pour l'autre jour. Pour avoir posé des questions à Tristan et... Ce que je t'ai dit aussi.
— Laisse tomber, c'est rien.
— Mais tu comprends que c'est parce que j'ai envie de te connaître ? Après les moments qu'on a passés, c'est normal, non ?
— Laisse tomber, c'est rien.
— Mais tu comprends que c'est parce que j'ai envie de te connaître ? Après les moments qu'on a passés, c'est normal, non ?
Ryan réfléchissait. Oui, il imaginait bien que c'était normal. Il voulait la connaître aussi, bien sûr. Il ne savait juste pas trop comment s'ouvrir.
— Et toi, tu connais des trucs sur moi, continua-t-elle, donc je pense que je devrais aussi connaître des trucs sur toi.
Sa voix semblait un peu triste. Elle n'osait pas poser de questions, mais voulait plein de réponses. N'importe quel indice pour mieux le connaître, le cerner. Qu'il arrête d'être ce mystère. Elle se tenait juste en face de l'endroit où il avait toutes ses photos.
— Tu sais, je m'en fous que tu aies été en famille d'accueil.
— T'as faim ?
— T'as faim ?
Elle étouffa un rire.
— C'est ta façon subtile de changer de sujet, ça ?
Ils échangèrent un regard. Ce regard complice et taquin. Elle se sentit fondre.
— Non, j'ai pas faim, finit-elle par répondre, attendrie.
Son attention se reporta sur les photos. Ryan le remarqua. Elle essayait tellement de rentrer dans son monde intérieur. Il ne pouvait pas nier qu'elle était plutôt tenace. Autant que lui ? Peut-être pas. Mais il ne tenait pas à le découvrir aujourd'hui. Il s'avança vers elle, dans son dos, en silence, et passa ses bras autour d'elle. C'était tellement bon de la sentir contre lui.
— Et n'essaie pas de me faire taire en me déshabillant, cette fois !
Elle lisait dans ses pensées.
— C'est pas de ma faute si j'ai envie de te déshabiller.
Elle ne répliqua pas. Elle se contenta de se tourner et de laisser parler son envie. Elle se hissa doucement sur la pointe des pieds, à la recherche de ses lèvres. Elle aussi avait envie de le déshabiller, mais elle savait très bien qu'il serait beaucoup trop content de passer à côté de certains sujets. Elle ne lui offrirait pas ce plaisir-là. Mais ses lèvres, au moins, elle avait besoin de les retrouver. Un baiser simple, doux et tendre. Un baiser qui, pour Elise, voulait dire « je te veux, laisse-toi aller ». En effet, il se laissa aller. Elle le sentit durcir contre lui, resserrer ses bras autour d'elle. Au moment où leur baiser devenait plus fougueux, plus urgent, elle s'éloigna, une main appuyée contre le torse. Les yeux de Ryan essayaient de la convaincre de revenir vers lui, mais elle résista, difficilement et à contrecœur.
Elle se retourna de nouveau, et prit les mains de Ryan pour qu'il revienne la prendre dans ses bras. Il n'arrivait pas à garder ses mains immobiles sur elle, impatient et concentré sur autre chose. Les yeux fermés, son attention et son esprit étaient partis complètement ailleurs.
— Putain, Elise...
Sa voix était rauque, frustrée, presque implorante. Elle resta ferme, mais douce.
— Tu crois que c'est facile pour moi ? Je veux te connaître aussi. Pas juste... ça.
Elle l'entendit soupirer.
— Ok.
— Quoi, ok ?
— Bah, tu veux savoir des trucs, demande-moi des trucs.
— Waouh, t'es vraiment hyper doué pour ce genre de choses, hein ? ironisa-t-elle.
— Quoi, ok ?
— Bah, tu veux savoir des trucs, demande-moi des trucs.
— Waouh, t'es vraiment hyper doué pour ce genre de choses, hein ? ironisa-t-elle.
Il la serra un peu plus. D'accord, pas le moment de faire de l'humour. Plutôt le moment d'être douce, diplomate et patiente. Elle lui caressa la main, pour le rassurer.
— C'est les parents de Tristan ? demanda-t-elle alors en montrant la photo où ils étaient tous ensemble.
— Oui. Des gens supers. Je suis arrivé chez eux à quatorze ans, après avoir fait plusieurs familles. Enfin, familles, railla-t-il, c'est vite dit. Ils ne me gardaient pas, et je ne voulais pas rester.
— Oui. Des gens supers. Je suis arrivé chez eux à quatorze ans, après avoir fait plusieurs familles. Enfin, familles, railla-t-il, c'est vite dit. Ils ne me gardaient pas, et je ne voulais pas rester.
Son ton se voulait ferme et définitif. Elle n'avait pas besoin d'en savoir plus sur ce sujet-là. Elle n'insista pas et pointa du doigt les photos de paysages.
— C'est la Croatie, murmura-t-il, la voix adoucie.
Il prit son temps pour parler de ce pays. Là où il partait en vacances avec Tristan et ses parents, puis juste avec Tristan. Tous les ans, comme un rituel, pendant deux semaines. Les lacs, les plages de l'Adriatique avec leur eau de cristal. Les villes fortifiées, les randonnées, leurs séances d'escalade dans les montagnes, la nourriture. Puis, plus tard, les filles, la fête, l'alcool, la liberté.
— Pourquoi vous n'allez jamais ailleurs ?
Un moment de silence, d'hésitation.
— C'est là que je suis né.
Oh. Elle tourna la tête vers lui, étonnée de cette soudaine révélation.
— Ils voulaient que je découvre d'où je venais.
— Ça a l'air d'être un très beau pays.
— Ça a l'air d'être un très beau pays.
Elise remonta sa main, au-dessus de sa tête, pour venir la glisser dans la nuque de Ryan. Elle se sentait tendue. Moins qu'avant, mais tendue quand même. Elle avait du mal à déchiffrer ce qui pouvait trotter dans son esprit. Est-ce qu'il allait se renfermer, encore ? Elle tenta. Elle pointa du doigt la photo abîmée de cette très belle femme souriante.
— C'est ma mère.
— Elle est belle.
— Elle est belle.
Il sourit. C'était peut-être la chose la plus précieuse qu'il possédait. Cette unique photo qui l'avait suivi pendant toute sa vie, de famille en famille. Le seul lien qui l'unissait à elle. Il aurait tout donné pour la connaître.
— Elle est... où ?
— Plus là. La guerre.
— Plus là. La guerre.
Elle se tendit à son tour. En effet, elle en avait un peu entendu parler, la guerre dans les Balkans. C'était peut-être mieux de ne pas s'engouffrer sur ce terrain-là. Elle voulait un aperçu de sa vie, elle en avait un. Et elle avait conscience que ça n'avait pas été facile pour lui d'en parler. Ryan prenait pour elle une tout autre dimension, plus profonde et plus vraie.
Elle glissa son autre main sur son épaule, se voulant la plus douce possible. Elle traçait des cercles apaisants sur sa peau. Ça fonctionnait terriblement bien. Ryan gardait les yeux fermés, il se concentrait sur l'odeur d'Elise, sa respiration, sa présence. Il était soulagé, comme avec un poids en moins. Et, même si ce n'était pas grand-chose, il était surpris d'être parvenu à s'ouvrir autant. C'était rare, pour ne pas dire unique. Elise était très forte, il devait le reconnaître. Forte de cette façon de le comprendre sans avoir à en dire trop, forte de cette douceur qui l'enveloppait.
— Tu sais plus quoi dire, remarqua-t-il.
— Bah... Pas vraiment, non.
— Tant mieux.
— Bah... Pas vraiment, non.
— Tant mieux.
D'un geste très doux mais pressé, il la fit se retourner. Elle avait de grands yeux remplis d'émotions. Elle se sentait très privilégiée à cet instant, reconnaissante et émue. Et elle voulait lui offrir un refuge. Elle voulait être son refuge.
Il sourit en coin, ce sourire si caractéristique qui masquait une infinité d'émotions. D'un mouvement fluide, il la prit par les côtes et la souleva comme si elle ne pesait rien. Alors qu'il la soutenait, un bras autour d'elle et un autre sous ses fesses, elle enroula ses jambes autour de lui. Et, ses bras autour de son visage, elle admira la situation. Elle se sentait flotter au-dessus du sol.
— C'est comme ça que vous voyez le monde, alors, les grandes personnes ? rigola-t-elle.
Un rire joyeux, léger, enfantin. Et contagieux, car il se mit à rire aussi. Elle voyait un nouveau monde, plus haut. Il en voyait un plus restreint mais bien plus intense, celui de son sourire. Il la serra, instinctivement. Une seule direction : son lit.
Il la déposa délicatement, comme un trésor. Elle garda ses jambes autour de lui. Hors de question qu'il s'éloigne, même si c'était la dernière chose qu'il voulait faire. Au contraire. Un long baiser, chaud et humide, puis il descendit vers son cou, ses clavicules. Il sentait sa poitrine se soulever pour se coller un peu plus contre lui. Il était temps de se débarrasser de son haut trop encombrant. Qu'est-ce qu'il aimait la déshabiller, retrouver le velours de sa peau, chaque courbe. Il essayait de prendre son temps, de ne pas tout lui arracher d'un coup. Son haut, son jean, ses sous-vêtements. Tout devenait trop étouffant. Elle frissonnait alors que ses doigts reprenaient possession de son corps. Ryan se mit à genoux devant elle, et vint embrasser ses cuisses qui s'ouvraient de plus en plus. Il sentait sa respiration s'emballer. Et il fit doucement glisser la dernière barrière qui la séparait de son sexe. Il posa sa tête sur le haut de sa cuisse, les yeux droits vers elle.
— Ça devrait être interdit d'être aussi belle, murmura-t-il, la voix pleine de désir.
À ces mots, Elise ouvrit un peu plus ses cuisses. Elle brûlait d'excitation, déjà trempée. Il ferma les yeux, s'enivrant de son odeur. Ses doigts se posèrent doucement contre son sexe, caressant ses lèvres, frôlant son clitoris. Elle n'avait pas envie de prendre son temps. Ses hanches l'appelaient. Lorsqu'il posa enfin sa bouche sur elle, sa langue explorant avec une lenteur attentive, elle gémit. Un son étouffé, puis plus fort. Surtout après que ses doigts eurent rejoint la danse auprès de sa langue. Elle coulait, serrant les draps de ses doigts tremblants. Et il sentait son excitation monter, réagissant à chaque mouvement de sa langue, à chaque son qu'elle poussait. Et plus son désir montait, plus il dévorait.
Quand elle l'attira vers elle, il comprit qu'elle voulait lui donner tout ce qu'il lui donnait. Elise avait les yeux brillants de désir. Elle voyait tout ce qu'elle cherchait en lui : sa confiance, son abandon, son feu. Ce fut à son tour de le déshabiller, avec une grande faim au creux des reins. Ils lisaient dans leurs yeux qu'ils étaient aussi pressés l'un que l'autre.
Lorsqu'elle serra ses doigts autour de son sexe tendu, Ryan poussa un long soupir de satisfaction. Elise se mit au-dessus de lui, assise sur ses jambes. Quelle merveilleuse vue il avait : les jambes écartées d'Elise, ses seins, son expression, son envie. Et ses mains qui s'occupaient de son sexe. Elle retourna l'embrasser, sans le lâcher. Elle le sentait se contracter, planter ses doigts dans ses hanches. Leurs langues se retrouvèrent, elle voulait lui montrer ce qu'elle allait lui faire, un peu plus bas. Puis elle descendit lui mordre le cou, la clavicule, chacun de ses muscles.
Et enfin, tendrement, Elise enroula sa langue autour de son gland. De haut en bas. De bas en haut. Autour. Partout. Rien ne lui échappait et elle s'en donnait à cœur joie pour lui faire perdre la tête. Elle gardait ses mains sur le ventre de Ryan et sentait chaque contraction, chaque respiration. Il avait la main dans ses cheveux, mais la laissait faire à son rythme. Un rythme parfait, de toute façon. Au bruit de sa salive se mêlaient leurs gémissements. Lui, de plaisir. Elle, de gourmandise, savourant son goût, sa texture.
Ryan se laissa complètement faire. Il rouvrit les yeux lorsqu'il sentit la bouche d'Elise libérer son sexe. Non, pas maintenant... Mais elle avait d'autres plans. Elle serait volontiers restée là à le déguster, mais elle mourait d'envie de l'avoir en elle. Lorsque Ryan alla pour se redresser, elle s'appuya sur son torse. Il comprit et ne bougea pas. Elle le fixait avec un regard terriblement coquin et joueur. Triomphant.
Elle se mit à califourchon sur lui, son sexe collé au sien. Il la sentait toute humide et chaude contre lui. Les ongles plantés dans son torse, elle se frotta contre son érection. Une caresse douce, mais qui se transformait en un besoin de lui, plus impérieux. Elise se laissa tomber contre lui pour un baiser vorace et langoureux. De sa main, elle dirigea le sexe tendu de Ryan entre ses lèvres. Et elle l'enfonça à l'intérieur d'elle. Leurs souffles s'accélérèrent, et les mains de Ryan n'avaient jamais fini de parcourir son corps. Il attrapa ses hanches pour suivre chaque mouvement. Petits et timides d'abord, le temps qu'elle s'habitue à sa présence. Puis elle commença à bouger autour de lui. Il allait de plus en plus profondément en elle, un vrai délice. Il glissait contre ses parois trempées. Il sentait ses cheveux tomber contre lui, il frissonnait.
— T'es incroyable, murmura-t-il, la voix rauque de désir.
Ce compliment lui donna une confiance insoupçonnée. Elle se releva, tout en continuant d'onduler sur lui. Une si belle vue s'offrait à Ryan : ses jambes ouvertes, son clitoris qui frottait contre lui, ses seins qui bougeaient en rythme. Elle garda son sexe bien au fond d'elle et son bassin remuait d'avant en arrière. Elle coulait de désir, et perdait complètement la tête. Elle ne savait plus si elle était conquérante ou conquise. Les deux.
Ryan était subjugué par cette vision. Pas seulement par la vue d'Elise prenant autant de plaisir sur lui. Il sentait les moindres contractions de son sexe au plus profond de lui. Mais ce n'était apparemment pas encore assez. D'un mouvement brusque, il se redressa, se plaqua contre elle, contre ses seins. Il voulait la serrer toujours plus fort, comme s'ils ne fusionnaient pas déjà assez. Elise entoura ses bras autour de lui. Elle ne voulait pas qu'il la lâche. Ses fesses rebondissaient contre ses cuisses et son sexe laissait entendre les bruits de son excitation. Elle se sentait remplie, possédée, et elle adorait ça. Elle était à lui, sans restriction.
La main de Ryan se fraya un chemin entre eux, son pouce vint se presser contre son clitoris. Comme s'il connaissait déjà le chemin par cœur. Elise se donnait comme si elle était possédée. Elle poussait des cris de plaisir contre ses lèvres, parfois libres. Ses yeux se fermaient, perdus dans un tourbillon intense, puis se rouvraient pour se perdre à nouveau dans ceux de Ryan. Un regard qui voulait dire « Je suis à toi. Entièrement. »
— Putain, t'es tellement bonne.
Ces quelques mots, soufflés avec la voix grave de Ryan, lui firent l'effet d'un éclair le long de la colonne vertébrale. Elle se cambra, pressant encore plus ses seins contre lui. Elle ne tenait plus. C'était ça qu'elle avait toujours voulu. Pas juste du sexe : une connexion, un abandon, une fusion. Son corps se raidit, son esprit se saturait d'émotions et de sensations. Elle planta ses ongles dans ses épaules. Dans un cri libérateur, elle jouit, toujours empalée sur lui. Le temps s'arrêta.
Ryan sentit le sexe d'Elise se contracter autour de lui, une pression palpitante autour de sa verge. Elle tremblait, haletait, son corps agité de soubresauts incontrôlables. Mais elle ne s'arrêta pas. Le cerveau noyé dans un océan de plaisir, elle continua sa danse.
— Continue, souffla-t-elle, la voix étranglée. Encore.
Ryan n'imaginait pas que son excitation puisse encore monter d'un cran. Ses hanches se soulevaient à sa rencontre, cherchant à aller toujours plus profondément. Il attrapa ses seins, les pressant dans ses mains. Il sentait sa mouille s'introduire entre eux, collante, chaude. Et cette odeur... C'était trop intense, trop fort, trop bon. Il voulait tenir, qu'elle continue de crier de plaisir sur lui. Impossible.
Un râle profond lui échappa. Il jouit à son tour. Il vint mordre son cou, comme si son cri n'était pas suffisant pour exprimer son plaisir. Il la remplit au plus profond d'elle. Elise le sentit pulser dans sa chair alors qu'il y déversait tout son plaisir.
Ils restèrent immobiles, toujours l'un dans l'autre. Essoufflés, transpirants et tremblants, aucun des deux ne voulait que ce moment s'arrête. Ryan la maintenait contre lui et se coucha doucement, l'entraînant avec lui. Elle sentit ses bras se resserrer autour d'elle, comme une armure. Le sexe de Ryan glissa hors d'elle, et elle poussa un petit gémissement plaintif. Elle ne voulait pas le lâcher. Alors qu'elle sentait sa chaleur en elle, elle sentit désormais qu'elle coulait, son sperme s'échappant d'entre ses lèvres. Elle se blottit contre lui, son visage dans son cou, leurs cœurs battant à l'unisson.
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