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• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Entre deux flammes — Chapitre 5 · Réponds-moi

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NaughtyAngel
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Ryan range tout son appartement pour fuir ses pensées, jusqu'à cette phrase qui claque : tout contrôlé, sauf sa tête. Le carnet violet d'Élise, griffonné en majuscules, donne une voix brute à son impatience. Et les échanges avec Tristan, pleins d'humour et de pudeur, font mouche à chaque fois.

Entre deux flammes

Chapitre 5 · Réponds-moi

Elise avait passé le week-end à regarder son téléphone, attendre, le reposer. Puis y revenir. Toujours rien. Allez, un tour sur Instagram, on ne sait jamais. Non, rien. Elle n'avait pas de nouvelles de Ryan. Après leurs dernières entrevues, entre bestialité et sensibilité, elle n'arrêtait plus de penser à lui. Elle avait tout oublié de la peur qu'elle avait pu ressentir face à ses yeux noirs.
Son corps réagissait à la moindre de ses pensées. Que ce soit de l'excitation, en repensant à son sexe qui la possédait. Ou son ventre qui se serrait, lorsqu'elle l'imaginait seul chez lui, perdu. Au moins elle avait la confirmation désormais qu'elle n'était pas qu'une fille parmi tant d'autres. Il y avait quelque chose entre eux. Enfin, c'était son impression. Il y avait eu quelque chose dès les premiers jours où ils échangeaient des regards dans les couloirs. Et dès leur première conversation, un mélange de complicité et de défi. Il hantait son esprit et son corps. Elle était très attirée, il n'y avait pas de débat. Commençait-elle à s'attacher ? Peut-être. Elle se trouvait bien stupide de s'attacher si vite. Elise n'avait été amoureuse qu'une fois, et elle n'avait pas ressenti la moitié de ce qu'elle ressentait lorsqu'elle était dans les bras de Ryan. Avec lui, c'était le feu, la glace, les cendres et la tempête. L'excitation, l'inconnu, l'adrénaline.
En demande d'attention et d'un signe de vie de sa part, elle lui avait écrit. Pas pour lui dire grand-chose, seulement qu'elle pensait à lui, qu'elle espérait qu'il allait bien. Elle voulait lui montrer qu'elle était encore là, même si elle ne l'était pas physiquement. À vrai dire, elle connaissait encore très peu Ryan, et même si elle commençait à voir les contours de sa personnalité, elle ne savait pas comment il était quand il était seul. Ce qu'il faisait, ce qui lui passait par la tête, ses occupations. Et elle ne savait pas comment il vivait la situation entre eux. Est-ce qu'il pensait à elle ? Sûrement pas, il ne lui avait même pas répondu.
Elise saisit son carnet, le violet, celui dont elle se servait pour déverser son flot de pensées. Les pages étaient noircies de mots écrits en gros, en majuscules, barrés, des gros gribouillis qu'elle faisait en s'emportant... Elle ferma les yeux, respira doucement, et laissa sa main guider son stylo.
« Est-ce que tu regrettes ?
De quoi as-tu peur ?
C'est qui cette fille qui est toujours avec toi ?
Pourquoi tu ne me parles pas de toi ?
Qu'est-ce qui t'a tant blessé ?
Est-ce que tu baises avec cette connasse ?
ARRÊTE DE ME RENDRE FOLLE. »
Son cœur transperçait sa poitrine à mesure que l'encre se déversait sur le papier.
Encore un coup d'œil à son téléphone. Rien.
Elle poussa un cri de frustration en jetant son carnet sur le lit. Allez, de nouveau, on respire calmement. Un. Deux. Trois. Une série, c'est bien, ça va changer les idées. Mais une série sans histoire d'amour, sans sexe, sans personnage qui lui ressemble de près ou de loin. Facile. Mais comment se concentrer quand son cerveau décide de hurler son prénom ? Comment se concentrer quand elle imagine ses mains à la place des siennes ?
En espérant calmer ses ardeurs et se détendre, elle se laissa tomber sur son oreiller. Elle fit doucement glisser sa main le long de son ventre. Les yeux fermés, elle put retrouver son regard, sa voix, son corps. Elle avait même l'impression d'être entourée de son odeur. Ses souvenirs s'emmêlaient. Leur première fois, douce, passionnée, enflammée. Et l'autre jour qui avait été plus brutal, animal. Son corps n'avait rien oublié. Elle passa sa main sous l'élastique de son short, trouvant son sexe chaud et mouillé. Oui, c'était exactement ça dont elle avait besoin. Son autre main alla retrouver sa poitrine, déjà sensible. Et elle se laissa aller à ses caresses, imaginant la langue de Ryan, ses doigts, son sexe. Elle se mordit la lèvre, empêchant ses gémissements de sortir de sa bouche. Sa mère n'était pas loin. Mais sa respiration s'accélérait, son ventre se soulevait rapidement. Ses doigts s'accéléraient contre son clitoris, avant de venir glisser à l'intérieur d'elle. Elle adorait ces bruits humides. Elle aurait voulu que ces doigts soient plus gros, plus longs. Elle aurait surtout voulu pouvoir le faire revenir en elle. Peut-être que si elle espérait assez fort...
Elle se revit les jambes écartées, offerte. Lui qui la pénétrait lentement, puis plus sauvagement. Ses râles de plaisir. Son sperme sur elle, à l'intérieur d'elle, partout. Le revoir jouir fut son salut. Sa main frottant son clitoris, avec une certaine urgence. Elle se sentit partir, tremblante. Les pieds plantés dans son matelas, elle eut un orgasme doux et amer à la fois. Elle revenait à la réalité, elle était seule. Elle aurait voulu ouvrir les yeux et le voir. Qu'il réalise à quel point il l'obsédait.
Et toujours pas de réponses sur son téléphone.
— Elise, tu viens une seconde, s'il te plaît ?
Sa mère. Heureusement qu'elle n'était pas du genre à rentrer sans frapper.
L'appartement de Ryan était dans le noir. La porte s'ouvrit, laissant passer la lumière du couloir. Ryan claqua la porte, et lança son sac de sport dans un coin, qui tomba dans un bruit sourd. Il rentrait du rugby, fatigué mais soulagé. Le sport lui faisait du bien, ça le canalisait. Courir, plaquer, s'essouffler. Recommencer. Et surtout ne plus penser, ne plus sentir. Dans son équipe, il aimait cette notion de groupe, gagner ensemble ou perdre ensemble. Et une certaine violence réglementée qui le cadrait. Il avait trouvé son exutoire. Un endroit où relâcher sa tension, sa frustration, sa colère.
Il jeta son tee-shirt, peu importe où il atterrissait, et se laissa tomber sur son canapé. Il jeta un coup d'œil à son téléphone, relisant pour la centième fois les messages d'Elise.
« Salut, comment tu vas ?
Je pense à toi, j'espère que tout va bien
Je m'inquiète un peu...
Bon j'arrête de t'écrire, promis »
Elle n'avait pas tenu.
« Bon réponds-moi quand tu veux hein »
Il les passait en revue, en boucle. « Je pense à toi ». Ces putains de mots... Il aurait dû lui répondre, il le savait très bien. Lui dire qu'il allait bien, qu'il pensait aussi à elle, qu'il voulait la revoir. « Je pense à toi aussi, viens, j'ai envie de toi ». Non.
Il se leva et fit ce qu'il savait faire de mieux pour ne plus penser : se surcharger l'esprit et fuir ses émotions. Il fit résonner la musique entre ses murs, forte et violente. Ça ferait taire la voix d'Elise. S'abandonner aux basses du hardcore, rien de mieux. Il était fatigué mais trouva l'énergie pour se remettre en route. Il fut d'une efficacité à toute épreuve pour ranger son appartement, faire la vaisselle, nettoyer la salle de bain, faire une machine, remettre tout à sa place. C'était l'énergie de la fuite, une noyade dans le contrôle. Remettre de l'ordre chez lui, dans sa tête, effacer les traces d'Elise, son odeur, son souvenir. Les livres en place, ses affaires de cours ici, et là ses habits. Des draps propres, des oreillers alignés, mais aussi un lit vide. Sans son odeur de framboise.
Lorsqu'il fut venu à bout de son appartement, il s'arrêta un instant, guettant quelque chose qui ne serait pas à sa place. Allez, encore quelque chose pour l'occuper, s'il vous plaît. La cuisine ? Non, tout était rangé, nettoyé, brillant. La salle de bain ? Aussi. Sa table basse ? Immaculée. Merde.
Et elle, elle était toujours là. Dans sa tête, dans chaque recoin de son appartement. Dans son lit, sur le canapé, contre lui. Vite, trouver quelque chose à faire pour ne pas penser à elle. Mais son énergie retomba en même temps que son corps sur son canapé. Il avait tout rangé, tout nettoyé. Tout contrôlé. Sauf sa tête. Il n'avait pas réussi à se ranger, lui. Ce n'était pas tant de la fatigue physique qu'une fatigue mentale. Il n'en pouvait plus de penser à elle. La revoir, l'entendre, la sentir. Il n'en pouvait plus de se sentir durcir dès que ses cris de jouissance faisaient irruption dans sa tête.
Et pile quand il en avait besoin, Hélène. Il décrocha son téléphone. Une voix chaleureuse et enjouée. La mère de Tristan.
— Salut mon grand, comment tu vas ?
— Plutôt bien et toi ? J'étais au rugby aujourd'hui.
— Tu veux passer à la maison ? Ça me ferait plaisir de te voir un peu, ça fait longtemps.
Ryan n'avait pas besoin de réfléchir.
— Ouais, bien sûr, je me prépare et j'arrive.
Une raison de sortir de chez lui, d'arrêter de tourner en rond. Penser à autre chose, peut-être.
— Super, Tristan est là aussi, et vous restez dîner, c'est non négociable.
— Pas de problème.
Il soupira après avoir raccroché. Il n'avait pas vraiment envie de voir Tristan en ce moment. Celui avec qui il avait partagé des nuits blanches, des fous rires, des conneries innombrables. Il était sûrement la personne qui le connaissait le mieux. Et pourtant, depuis qu'il avait parlé avec Elise, quelque chose avait changé entre eux. Tristan savait très bien qu'il n'aurait jamais dû faire ça. Une tension presque imperceptible s'était installée. Ils étaient moins proches à l'école. Mais pas trop loin non plus, quand même. Mais bon, ça allait se régler. Tristan était son meilleur ami, son frère, et c'était un lien plus fort que tout.
Ryan pénétra dans cette maison qu'il connaissait maintenant par cœur. Avec son ambiance chaleureuse, son odeur rassurante. C'était un de ces endroits où il se sentait un peu chez lui. Mais toujours un peu de trop aussi. Aussitôt accueilli par Hélène, elle ne manqua pas de lui faire remarquer qu'il avait l'air fatigué, mais qu'elle était contente de le voir. Hélène était une femme adorable, d'une grande humanité. Elle voyait toujours le bon côté des gens. C'est sûrement pour ça qu'elle avait cru en lui et l'avait gardé dans son foyer.
— Tristan est au salon, je vous rejoins plus tard, d'accord ?
En effet, il trouva Tristan affalé sur le canapé, sur son téléphone. Il avait quand même l'air content de le voir, malgré l'éléphant au milieu de la pièce.
Lorsque Tristan lui avait dit qu'il avait parlé avec Elise, il avait juste voulu le mettre au courant en toute transparence. Bien sûr que Ryan s'était senti trahi, dépossédé de son histoire. Mais il savait aussi pourquoi Tristan avait fait ça. Pour le faire sortir de sa zone de confort, pour le faire se livrer. Pour lui montrer que, non, tout le monde n'était pas obligé de partir autour de lui.
— T'en as mis du temps, rétorqua Tristan. T'as une sale tête, frérot.
— Toi aussi, tu t'es vu ?
Tristan jeta un coup d'œil à ses vêtements. C'est vrai qu'il aurait pu faire un effort. Mais cette petite remarque de Ryan lui montrait qu'il n'était pas si en colère.
— Ça va sinon ? Depuis...
— Depuis que tu racontes ma vie à tout le monde ? À merveille.
— Je t'ai déjà dit que j'étais désolé, c'est bon, on peut passer à autre chose ? Et en plus j'avais raison.
— De ?
— Elle est toujours là, devina Tristan. Non ? Tu l'as revue ?
— Oui.
Tristan afficha une expression très fière.
— J'en étais sûr ! T'aurais dû voir la tête de Maud quand t'es parti avec elle. Bon allez, raconte !
— T'es beaucoup trop curieux, tu le sais ?
— Allez ! Je l'attends cette fille qui te fera craquer.
— Ce sera pas elle, désolé.
Pour couper court à la discussion, Ryan monta le son sur la télévision. Tristan était un peu déçu. Il se doutait bien que son ami ne lui disait pas tout. Mais il le connaissait, il n'était pas du genre à craquer. Plutôt du genre à fuir, ou à tout détruire. Mais il ne perdait pas espoir !
— Je te rappelle que c'est toi qui as voulu l'inviter chez moi, hein. Et en plus en me faisant croire que c'était pour me la présenter. Et ça c'était pas sympa non plus.
— Et je t'ai dit que j'étais désolé aussi, non ? On peut passer à autre chose ? répéta Ryan avec un sourire en coin.
À trop vouloir fuir le sujet, Tristan avait encore plus envie de le provoquer.
— Elle est trop jolie pour toi de toute façon, je devrais peut-être tenter ma chance.
Ryan leva un sourcil. Il ne ferait jamais ça.
— Tu t'es vu ?
— Moi au moins j'suis gentil.
— C'est exactement ce qu'elle a dit.
Tristan resta immobile quelques secondes.
— Sérieux ?
— Oui.
— Elle t'a parlé de moi ?
Ryan rigola, un peu attendri par sa naïveté.
— Non, je lui ai juste posé quelques questions.
— Pourquoi ?
Ryan se concentra sur l'écran. Tristan fut assez rapide pour comprendre.
— T'as voulu vérifier si elle disait la vérité, devina-t-il. T'as voulu la tester.
Ryan l'ignora. Oui, il l'avait testé, il n'en était pas fier. Mais cette information confirma à Tristan beaucoup de choses. Si Elise lui était si insignifiante, il ne serait pas embarrassé à lui poser des questions. Il l'aurait juste... Sortie de sa vie, froidement.
— Je lui souhaite bien du courage, soupira Tristan.
Ryan décida de ne pas continuer cette conversation, et espérait que Tristan lâcherait l'affaire pour ce soir. Il voulait juste penser à autre chose. Il était venu ici pour ne pas rester seul en pensant à Elise. Voilà qu'il était maintenant accompagné en pensant à Elise. Il sortit son téléphone de la poche de son jean.
Deux messages :
Maud : « Hey, je suis dans un bar près de chez toi avec des amis, tu veux passer ? »
Elise : « Passe une bonne soirée »
Putain.
« Non pas ce soir »
Voilà, ça suffirait pour Maud. Son estomac se noua. Il entendait de nouveau la voix d'Elise lui parler. « Passe une bonne soirée ». Il essayait. Ryan posa son téléphone loin de lui, à l'abri de son envie de contacter Elise. Il se prenait beaucoup trop la tête pour une fille alors qu'il ne savait pas ce qu'elle voulait. Pour une fille qui n'avait même pas besoin de lever le petit doigt pour hanter ses pensées. Peut-être qu'elle n'attendait rien de lui, et c'était mieux comme ça.
Avec Maud, au moins, c'était simple. Elle ne lui faisait rien ressentir, elle le regardait avec des étoiles dans les yeux, elle ferait tout ce qu'il demandait pour une miette d'attention. Elle avait compris qu'il ne fallait pas poser de question, ni être trop en demande. Elle espérait, mais faisait comme si elle était détachée. Et il ne prenait aucun risque. Elle était gentille, elle ne méritait pas ça. Si Maud passait à autre chose, il lui dirait merci. Ils avaient couché ensemble plusieurs fois. C'était froid, mécanique, distant. Un peu ennuyant, même si elle faisait de son mieux. Ce n'était rien comparé à... Non. Il s'interdit de penser à son prénom. Ce n'était rien comparé à Elise. Elise. Elise. Et merde.
Ryan fut sorti de ses pensées par la porte d'entrée. Le père de Tristan était rentré. Allez, on pense à autre chose.
Lorsqu'il rentra chez lui, Ryan fut de nouveau envahi par la solitude. Il était parti en même temps que Tristan et avait fait le chemin avec lui. Ils n'habitaient pas loin, bien sûr. Il aurait bien proposé à Tristan de monter chez lui, mais il n'était pas d'humeur à ce qu'il lui fasse des remarques à nouveau. Pendant quelques instants, son appartement n'avait pas l'air d'être chez lui. Ah oui, c'est vrai, il avait fait la tornade. Il n'avait plus qu'à essayer de dormir.
Il n'était pas si tard, mais il espérait trouver le sommeil. Il était épuisé. Il avait l'impression de tourner tel un lion en cage avec une seule obsession : Elle. Il relisait ses messages, il allait chercher ses photos. Il eut un rire amer lorsqu'il remarqua que Tristan était allé aimer toutes ses photos. Celui-là, vraiment... Mais qu'elle était belle. Des photos d'elle, avec une fille, ou un groupe de filles, un paysage, un chat. Son sourire. Ce sourire qui lui montrait qu'il y avait quelque chose de magnifique sur cette Terre. Une photo à un festival, une dans un parc. Une en soirée, une à la plage. Il les apprenait par cœur. Puis il se souvenait... Et il bandait. Elle allait le vider de toute sa substance. Mais c'était impossible de ne pas revoir son corps, son sexe suppliant, ses seins tendus. Imaginer les parois de sa chair autour de lui. La cambrure de ses reins. Ses cuisses autour de lui. C'était un envoûtement. Ou une malédiction.
Emprisonné dans son esprit pervers et gourmand, Ryan se laissa aller à tout ce qu'il voulait faire à Elise. Tous les moyens pour la faire mouiller, la faire jouir. Mais il fut ramené à sa solitude, car il jouissait tout seul. Allongé sur son lit, transpirant et essoufflé, Ryan fut pris d'une soudaine poussée d'adrénaline. Son orgasme n'y était sûrement pas pour rien.
Il ouvrit ses messages, le cœur cognant dans sa poitrine. Que dire ?
« Hey ». Non, il effaça. Trop banal.
« Tu vas bien ? ». Non plus. On efface.
« Moi aussi je pense à toi ».
Envoyer. Sans plus de réflexion.
Son estomac se noua de nouveau. Il n'osait plus regarder son téléphone. Est-ce qu'elle l'avait reçu ? Lu ? Est-ce qu'elle allait répondre ? Il détestait cette impatience, cette attente. Il regardait les minutes défiler, comme si c'était des heures. Pourquoi tu ne réponds pas ? Qu'est-ce que tu fous, putain ? Il se leva et fit les cent pas. Allez, réponds !
Dans sa chambre, enveloppée dans sa couette, Elise ne se rendit pas compte de l'écran de son téléphone qui éclaira sa chambre. Un message de Ryan. Elle lui tournait le dos, les yeux clos et la respiration calme. Après une journée à attendre, à s'imaginer, à s'énerver toute seule, elle avait enfin trouvé le sommeil. Un sommeil profond. Elle avait traversé toutes les émotions aujourd'hui, elle méritait ce moment d'accalmie. L'écran s'éteignit et replongea la pièce dans le noir. Elle ne se réveilla pas, bien loin du monde réel.
Et chez lui, Ryan perdait patience. Il ne lui serait pas venu à l'esprit de rationaliser. Non. Il n'essayait pas de penser à quelque chose de simple comme « peut-être qu'elle dort ». Il n'avait fait qu'attendre une réponse, un miracle, en tournant en rond. C'était un de ces moments où il n'avait plus de raisonnement. Juste une boule d'émotions et de nerfs. Réponds ! Sa fierté l'empêchait de lui envoyer un autre message. Ça n'aurait servi à rien de toute façon. Peut-être que c'était tout ce qu'il méritait, qu'elle continue sa vie en faisant comme s'il n'existait pas. Il voulait hurler. Peut-être qu'elle l'entendrait.
Il reprit son téléphone, quelques mouvements de doigts et il le porta rapidement à son oreille.
— Salut !
— Salut Maud, t'es toujours au bar ?
— Oui, viens !
— Je pars de chez moi, j'arrive.
Il raccrocha. Au moins il ne serait pas seul. Il se rhabilla, se passa de l'eau sur le visage pour se réveiller un peu. Il n'avait aucune envie d'y aller. Il voulait juste... Il ne savait plus trop. Tout sauf rester là, à attendre dans un silence assourdissant. Il aurait pu appeler Tristan, ça aurait été la chose raisonnable à faire.
Le bar n'était qu'à quelques rues de chez lui, heureusement. Le froid de l'air lui faisait du bien. Il poussa la porte et Maud était là. Comme toujours. Elle ne lui demanderait rien, ne le rejetterait pas. Elle l'attendait, souriante et impatiente, heureuse qu'il vienne enfin à elle. Il ferait semblant de l'écouter parler, préférant la compagnie de la bière à elle. En la voyant, Ryan ne ressentit absolument rien d'autre que du dégoût pour lui-même. Il était pathétique. Il jeta un dernier coup d'œil à son téléphone. Rien. Allez, on passe à autre chose.
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