Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Entre deux flammes — Chapitre 4 · Conséquences
Auteur
Entre deux flammes
Chapitre 4 · Conséquences
Un soir après les cours, alors que le soleil commençait à tomber, Élise s'apprêtait à rentrer chez elle. Fatiguée de sa journée, elle voulait de la tranquillité, retrouver sa chambre. Elle mit son casque sur ses oreilles et marchait sur le trottoir, évitant les autres étudiants. Fidèle à son poste, au même endroit que d'habitude, Ryan était là, avec d'autres gens. Tristan était là aussi, mais il y avait un peu de distance entre eux.
Mais ce qui la frappa le plus, c'était le bras de Ryan autour de cette fille. Elle s'arrêta net. Il avait l'air à l'aise. Trop à l'aise. Cette fille, Élise ne pouvait que la reconnaître. C'était celle avec qui Ryan parlait chez Tristan. Elle parlait avec un sourire aux lèvres, contente d'avoir l'attention de Ryan rien que pour elle. Un sourire de connasse, pensa Élise. Elle se sentit soudainement bien stupide d'avoir passé son week-end à penser à lui.
Ryan posa alors les yeux sur elle. Un regard impénétrable. Est-ce qu'il la provoquait ? Il n'enleva pas son bras autour des épaules de cette fille. Élise prit ce geste comme une provocation frontale. À quoi est-ce qu'il jouait ? Sur quel pied devait-elle danser ?
Ryan sentait son cœur se serrer. Pourquoi devait-elle passer maintenant ? Merde. Mais de toute façon, elle ne voulait plus lui parler, non ? Mais son regard, un brin jaloux, ne le laissait pas indifférent, bien au contraire. Il espérait que son regard ne se détache pas de lui. Qu'elle imprime l'image de lui avec cette fille. Qu'elle comprenne qu'il était libre. En apparence. Il voulait terriblement qu'elle soit jalouse, envieuse, possessive. Qu'elle vienne à lui.
Élise sortit de sa torpeur, elle avait encore plus hâte de retrouver la quiétude de son lit. Elle n'allait pas lui faire le plaisir de le regarder une seconde de plus. Mais en s'éloignant, elle sentit une main sur son épaule qui la força à s'arrêter. Il était arrivé vers elle trop rapidement.
— Tu vas où ? lui demanda-t-il sans détour.
— Chez moi.
Elle tentait de rester fière, sûre d'elle. Le regard perçant de Ryan était profondément déstabilisant.
— Et si on allait chez moi plutôt ?
Son ton était ferme. De nouveau, elle avait l'impression qu'il ne lui laissait pas le choix. Aller chez lui, là où ils avaient fait l'amour, là où elle l'avait découvert. Tentant. Mais était-ce la bonne chose à faire ? Il fallait bien avouer qu’Élise en mourrait d'envie.
— Pourquoi faire ?
— J'ai bien une idée, lança-t-il avec une pointe de malice.
— Pour que ça finisse comme la dernière fois ? Non.
Alors il s'approcha d'elle, lentement. Un prédateur qui cernait sa proie. Élise sentit son parfum qui la ramena à des sensations délicieuses. Mais elle fut bien désemparée de voir son regard noir. Pas son regard habituel. Il était presque menaçant. Il se pencha un peu vers elle et prit une voix plus basse.
— Je sais que tu as parlé à Tristan.
Élise n'ouvrit pas sa bouche. Aucun son n'aurait pu en sortir de toute façon. Était-il en colère ? Sûrement. Son regard lui disait qu'elle avait franchi une limite.
— Alors je te conseille de me suivre.
Un avertissement. Et Élise avait très envie de le suivre. Est-ce qu'elle était devenue complètement folle ? Elle ne se sentait pas en sécurité, mais pas dans un danger immédiat non plus. Elle ne savait pas ce qu'il voulait faire d'elle et c'est exactement ça qui rendait les choses très excitantes. Elle acquiesça avec un regard entendu mais craintive. Satisfait, Ryan lui prit le bras et l'emmena avec elle. Ils marchèrent en silence, malgré une ambiance électrique entre eux.
Au fond de lui, Ryan était rempli d'un sentiment de victoire. Enfin, elle revenait chez lui. Il voulait juste la prendre dans ses bras d'abord. Pour la suite, on verra.
Ryan referma la porte derrière elle. Élise retrouva l'appartement comme elle l'avait laissé. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Ce mélange d'excitation, d'impatience, de peur. Un silence épais flottait dans l'air, étouffant.
— Qu'est-ce que tu as dit à l'autre pouffiasse ?
Ryan laissa échapper un rire inattendu face à cette remarque très directe.
— Rien du tout.
— Elle ne va pas être jalouse ?
— Je m'en fous. Tu l'étais aussi, non ?
Ils se tournaient autour, se cherchaient. Aucun des deux ne savait quoi faire. Ils n'avaient pas vraiment de plan. Sans réfléchir, Ryan l'attira vers lui. Il fit passer une main dans ses cheveux, répandant son odeur de framboise, encore elle. Ses doigts se refermèrent au milieu des mèches de sa nuque, et il tira doucement pour qu'elle penche la tête en arrière. Pour qu'elle sente qu'elle n'était pas en mesure de lui échapper.
— Pourquoi tu as parlé à Tristan ?
— Je... Je voulais comprendre.
— Comprendre quoi ?
— Toi ? Je ne sais pas.
Elle était si fragile entre ses mains. Ryan frissonnait d'envie, de désir. Mais pas maintenant.
— Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
— Des choses.
— Dis-moi.
— Tu vas être en colère ?
— Je le suis déjà, Élise.
Elle se mordit la lèvre. Merde. Ryan la conduisit vers le canapé et appuya sur ses épaules pour qu'elle s'assoit. Elle était complètement à ses ordres. Un peu trop.
— J'ai le droit de parler avec Tristan, non ?
— Pas pour savoir des choses sur moi.
— Pourtant tu dois être content, hein ? Qu'on parle de toi.
Elle marquait un point.
— C'est pas toi qui va me répondre, de toute façon. Je voulais juste savoir pourquoi t'avais été un connard.
— Et sa réponse t'a satisfaite ?
— Je ne sais pas.
— Dis-moi ce qu'il t'a dit.
— Va lui demander toi-même, répliqua-t-elle sèchement.
Il était debout, devant elle, intimidant. Elle ne savait pas d'où ce courage soudain sortait. Elle serrait ses poings contre ses cuisses, trahissant sa nervosité.
— T'es jaloux que je parle à Tristan ?
Oui. Mais ce n'était pas le sujet.
— Non.
— Lui au moins il dit les choses et il est gentil avec moi.
Ryan leva un sourcil.
— Bien sûr que Tristan est gentil, il l'est avec tout le monde.
Élise, accablée par la tension, finit par cracher le morceau. Il fallait que ça cesse de toute façon.
— Il... Il m'a parlé de... Ton passé, un peu. La famille d'accueil, avec ses parents et lui. Que tu avais peur aussi. Que tu en parlais peu.
Élise n'osait pas le regarder, méfiante, à l’affût. Il le savait déjà, bien sûr, Tristan lui avait dit.
— Et tu t'es dit que c'était une bonne idée ? rétorqua-t-il.
— Après l'autre jour, je voulais comprendre.
— Tu semblais pas vouloir comprendre quand tu me traitais de connard.
— Tu semblais ignorer mon existence, alors merde !
Elle commençait à s'emporter. Ryan le remarqua. Il était partagé entre la calmer, ou l’énerver un peu plus pour la pousser dans ses retranchements. Il n'eut pas besoin de l'y pousser, elle s'y engouffra toute seule. Elle se leva tout d'un coup. Trop de tension, ça lui tordait le ventre.
— Je comprends pas pourquoi je suis là en fait, s'énerva-t-elle. C'est pour faire mon procès ?
— Non, je voulais te voir aussi.
— On dirait pas. T'es vraiment bizarre comme mec, t'es tordu.
Ryan ne pouvait pas dire le contraire. Oui, il était un peu bizarre. Et il savait bien, au fond de lui, que c'était lui qui avait merdé en premier. Elle avait tous les droits d'être énervée. Il ne savait juste pas comment gérer ça. Peut-être en disant une des choses les plus difficiles pour lui. Mais c'était maintenant ou jamais. Il y avait un moment où il fallait s'arrêter de jouer.
— Je suis désolé pour l'autre jour, lança-t-il en un souffle.
Ces mots, telles des balles lancées à pleine vitesse, se logèrent dans le cœur d’Élise. Ça, c'était inattendu. Le masque imperturbable de Ryan se fracturait devant elle. Son visage affichait enfin une émotion humaine. Un vrai regret.
— Même si t'es partie alors que je t'appelais.
Ah, voilà. Chassez le naturel, il revient au galop.
— Tu crois vraiment que j'allais revenir ? J'avais l'impression d'être transparente.
— Je voulais que tu restes.
Élise essayait vraiment de prendre sur elle, se rappeler de sa discussion avec Tristan, de ses recherches. Elle aurait pu le rassurer. S'excuser à son tour. Et puis quoi encore ? Non. Elle choisit une chose : la provocation.
— Tu sais, si tu veux faire rester quelqu'un, faut lui donner envie.
Elle avait raison, bien sûr. Elle ajouta d'un ton acerbe et impitoyable :
— Et c'est pas de ma faute si t'as été abandonné.
Ryan reçut un choc frontal. Elle savait, en prononçant ces mots, qu'elle était allée trop loin. Il ouvrit grand les yeux, se demandant s'il avait bien entendu. Il sentit son corps entier se refroidir. Et la colère qui montait. Connasse. Quelle putain de connasse.
Élise avala difficilement sa salive. Merde. Elle aurait vraiment dû se taire. Quelle conne. Que faire après ça ? Elle voyait le regard de Ryan braqué sur elle, interloqué. Mais il avait aussi l'air d'un prédateur bouillonnant. Il serrait les poings, les muscles crispés. Son silence faisait peur à Élise. Après tout, est-ce qu'il pouvait être violent ?
— Je... Je vais y aller.
Elle se précipita sur son sac, avec un seul but : la porte. Elle sentait une menace planer au-dessus d'elle, un gros nuage noir. Mais elle se sentit tirer en arrière, et un bras de Ryan se referma autour d'elle. Il la tenait fermement. Une prise ferme, forte, tendue. Mais pas violente. Il n'y mettait pas toute sa force, il se retenait. Elle sentait son cœur exploser dans sa poitrine alors qu'il passa un deuxième bras autour d'elle.
— Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle d'une petite voix, confuse.
— Je te donne envie de rester.
Il la retourna vers lui en un mouvement fluide et plongea vers ses lèvres. Perturbée par ce soudain changement d'ambiance, Élise le repoussa. Il ne résista pas et la laissa avec une sensation de brûlure sur les lèvres. Soudain, elle le vit de nouveau. Ce petit garçon effrayé. Celui qu'il cachait derrière ses airs de dur à cuire. Avec ses yeux brillants, ses émotions confuses, ses cicatrices. Elle se sentait fragile et vulnérable, mais elle comprit qu'il l'était beaucoup plus. Ils restèrent quelques secondes à se fixer, sans indice sur la marche à suivre. Est-ce qu'elle avait envie de rester ? Oui. Est-ce qu'il lui donnait envie de rester ? Encore plus. Il le lisait en elle.
— Déshabille-toi, ordonna-t-il doucement.
Sa voix était ferme, un appel au défi. Allait-elle mordre à l'hameçon ? Oui. Il la regarda enlever doucement son pull. Sans le quitter des yeux. Ses doigts tremblaient, elle ne réfléchissait plus. Le regard passionné de Ryan avait pris la place de son regard inquiétant. Ce regard. Elle retrouvait ses yeux de l'autre nuit. Alors qu'elle enleva son tee-shirt, se retrouvant en soutien-gorge devant lui, Ryan fut de nouveau envahi par la chaleur irradiante. Elle était comme dans ses rêves.
Il s'avança vers elle, la plaquant contre le mur. Il ne pouvait plus attendre pour goûter à ses lèvres, sentir son corps contre le sien. Comme leur première nuit ensemble, Élise se sentit fondre. Qu'est-ce qu'il se passait ? Comment pouvaient-ils passer d'une ambiance glaciale... à ça ? Peu importe. Elle le sentit libérer sa poitrine, ses mains parcourant son corps. Il était pressé. Elle sentait son sexe déjà dur contre elle. Et alors que la langue de Ryan quittait la sienne, elle le vit tomber à genoux devant elle. Un regard implorant, gourmand, plein de désir.
Il lui enleva ses chaussures, une à une. Plus grande que lui, elle se sentait pour une fois en contrôle. Elle passa une main dans ses cheveux, guidant son visage vers son ventre. Il l'embrassait, le léchait, ses mains sur ses seins. Il fit glisser le jean d’Élise le long de ses jambes, ses sous-vêtements en même temps. Il embrassa tendrement son pubis, ses cuisses. Il sentait déjà l'odeur des effluves de son sexe. Un envoûtement, une addiction. Il vint prendre une des lèvres de son sexe entre ses dents, tout doucement. Elle frissonna. Il la fit patienter. Elle lui laissa un accès complet en posant une cuisse sur son épaule. Une vision parfaite s'offrait à Ryan. Il tournait autour de son clitoris sans jamais le toucher. Elle sentait son souffle l'effleurer. C'était frustrant, mais terriblement excitant. Ryan voyait son sexe devenir de plus en plus humide. La main appuyée sur la tête de Ryan, elle en réclamait plus.
— Tu veux que je te lèche ?
— Oui, supplia-t-elle, la voix presque inaudible.
— Non.
Joueur et sadique, Ryan s'éloigna d'elle. Il la laissa chancelante, dégoupillée, une grenade sur le point d'exploser. La fusillant du regard, il vint sortir son sexe gonflé. Élise le voulait partout en elle. Elle sentait l'humidité se répandre entre les lèvres de son sexe, son clitoris tendu de désir. Et elle ne comprenait toujours pas ce changement. Ryan passait d'une humeur à l'autre en un battement de cil.
— Suce-moi.
Ryan se caressait doucement pendant qu'elle se jetait à son tour à ses genoux. Elle était affamée. Avec moins d'hésitation que la première fois, elle referma ses lèvres autour de son sexe, sa main coulissant de haut en bas. Poussant un soupir de satisfaction, Ryan enroula ses mains autour de ses cheveux et lui imposa le rythme. Il sentait son souffle, ses lèvres, sa langue. Elle s'en délectait. Mais toujours frustrée, elle fit doucement passer sa main entre ses jambes, espérant soulager son clitoris impatient. Alors qu'elle se mit à gémir autour de son sexe, Ryan fut de nouveau cruel. Il s'arrêta net.
— Ne te touche pas. Donne-moi tes mains.
D'une seule main, il maintenait ses deux poignets ensemble. Elle reprit alors sa fellation. Elle le fixait, venant passer sa langue contre ses testicules. Qu'elle aimait le voir comme ça. Plein de désir pour elle. Son sexe s’enfonçait de nouveau dans sa bouche. Elle lui lançait un regard de défi, comme pour lui dire qu'elle n'avait pas peur de lui. Elle avança son visage, le prenant de plus en plus profondément en elle. Et Ryan se délectait de voir son sexe disparaître petit à petit entre ses lèvres. Cette chaleur, cette douceur, il en perdait la raison. Privée de ses mains, Élise prouvait qu'elle n'en avait pas besoin.
Avec une pression autour de ses poignets, Ryan la fit se relever. Il n'avait pas fini avec elle. Il la conduisit jusqu'au canapé. Élise était partie pour s'allonger, mais il en fut autrement. Elle se retrouva la poitrine appuyée sur le haut du dossier, les jambes écartées, les genoux s’enfonçant dans le canapé. Derrière elle, Ryan admirait la vue. Son sexe offert, ses fesses qui s'écartaient à mesure que son dos se cambrait. Son anus, petit et délicat. Sa respiration qui montrait son impatience. Il vient se pencher au-dessus d'elle, son sexe frottant contre ses fesses. Elle n'en pouvait plus.
— T'en as envie ?
Elle fit un rapide oui de la tête. Elle en mourrait d'envie. Elle voulait sa bouche, ses mains, son sexe, tout, n'importe quoi. Elle laissa échapper un doux gémissement de délivrance lorsqu'elle sentit les doigts de Ryan sur son clitoris humide. Elle se cambra encore plus. Mais elle en voulait plus. Pourquoi prenait-il autant son temps ? Un doigt passa entre ses lèvres, et une phalange vint doucement s'enfoncer en elle, sans bouger. Ryan découvrait sa propre patience et sa retenue.
Soudain, il enleva ses doigts.
— C'est pas de ta faute. Contente ?
Et elle comprit. Une façon à lui de la punir. Lui faire comprendre qu'elle était allée trop loin. Elle hocha la tête. Il était diabolique. Elle adorait ça. Il passait ses mains sur elle, sur ses hanches, ses fesses, ses seins. Mais elle avait un brasier entre les jambes. Elle ondulait doucement des hanches, espérant lui faire comprendre qu'elle n'en pouvait plus. Qu'elle avait compris. Qu'elle n'aurait pas dû dire ça.
Élise haletait d'impatience. Il aimait la mettre dans cet état. Mais en réalité, il n'attendait que ça lui aussi et ne comptait pas la faire attendre plus longtemps. Il dirigea son sexe entre ses lèvres. Il le passa contre son clitoris, puis entre ses fesses. Elle était si mouillée, si excitée. Mais surtout terriblement excitante de la voir les jambes écartées, les fesses qui ressortent.
D'un geste lent, il la pénétra. Serrée autour de son sexe, Élise le sentait étirer sa chair. Mais elle était au paradis de le sentir à l'intérieur d'elle. Il la tenait fermement par la nuque, l'empêchant de bouger. Mais ses doigts tremblaient légèrement, comme s'il avait peur de la blesser. Elle était à sa merci. Cambrée, ouverte, humide. Il la prenait de plus en plus fort, sentant ses fesses s'écraser contre lui. Et elle laissait entendre des cris de plaisir, de soulagement. Ses ongles s’enfonçaient dans le canapé. Elle encaissait ses coups de reins avec délectation.
Toute la tension et les émotions contraires de Ryan se cristallisaient dans chacune de ses pénétrations. Le mouvement de ses hanches lui arrachait un grognement étouffé. Il voulait la posséder, que son esprit et son corps ne se remplissent que de lui. La marquer, l'épuiser, lui faire perdre pied. Ryan ressentait ce désir très primitif et fort, une faim dans sa chair. Et en même temps, des mots résonnaient dans sa tête.
« C'est pas de ma faute si t'as été abandonné. »
Un coup bas, sournois et traître. Quelle connasse elle avait été d'oser utiliser ça contre lui. Alors oui, il avait envie de la punir pour ça. Mais c'était aussi un désir plus profond qui le poussait à lui arracher ses cris. Il ressentait cette amertume, cette rage en lui, qui le heurtait à sa peur profonde : et si elle fuyait ? Il voulait la supplier de rester, la garder. Mais tout le monde finit par partir, non ? Et si elle en savait trop sur lui ? Il n'aimait pas être vulnérable, sans contrôle. Et s'il s'attachait ? Non.
Il accéléra le rythme, comme si cela pouvait calmer ses pensées. Au lieu de se noyer dans son esprit, il se noierait en elle. Chaque coup de reins lui rappelait qu'elle savait, sentait. Ça le rendait fou de rage, d'envie, de peur. Une pulsion de la faire sienne. Et en même temps, il voulait fuir. Elle était trop proche, trop présente.
Penché sur elle, Ryan sentait l'odeur de son cou, la framboise, mélangée à une odeur plus intime et dangereuse, celle du sexe. Élise transpirait, la respiration difficile et saccadée. Elle tremblait contre lui, les jambes engourdies. Chaque gémissement enivrait Ryan un peu plus. Le tourbillon de ses émotions se concentra à la base de son sexe. Une chaleur, une fièvre. À bout de souffle, il planta ses doigts dans la douce peau d’Élise et resta ancré en elle. Dans un râle animal, il se déversa au plus profond de son sexe.
Élise sentait la chaleur se répandre en elle, le sperme de Ryan se mélanger avec ses propres sécrétions. Alors qu'il se retirait d'elle, elle se laissa tomber sur ses jambes. Le visage toujours enfoui contre le canapé, elle tentait comme elle pouvait de calmer sa respiration, de redescendre sur Terre. Personne ne l'avait jamais prise comme ça. Elle avait la tête vide, le corps rempli. Une douce sensation de brûlure entre les jambes la gardait ancrée, mais son esprit avait encore du mal à assimiler ce qu'il venait de se passer. Les yeux clos, elle resta là, immobile, sonnée, comme après un choc.
Ryan revenait sur Terre aussi. Est-ce qu'il avait été trop brutal avec elle ? Elle semblait si frêle, exténuée. Lorsqu'il reposa les mains sur elle, du bout des doigts, elle tressaillit. À fleur de peau. Elle releva un peu la tête alors que Ryan vint s'asseoir contre elle. Leurs yeux se rencontrèrent. Ceux d’Élise, médusés et pantois. Ceux de Ryan, pleins d'interrogations et de doutes.
Il la fit doucement se retourner, et la prit dans ses bras. Elle commençait à respirer normalement, enfin. La chaleur de Ryan l'enveloppait, la rassurait. Elle avait une vue parfaite sur son sexe, luisant d'elle, humide. Un peu de douceur était la bienvenue après ce moment débordant de tension. Ryan s'en voulait un peu d'y être allé aussi fort. Mais quel délice que de la posséder ainsi.
Ses jambes repliées contre elle, Élise sentait qu'une main de Ryan voulait se frayer un chemin.
— Tu veux jouir, Élise ?
Il parlait tout bas, d'une voix grave. C'était autant une question qu'une affirmation. Mais le voulait-elle vraiment ? Est-ce que son corps supporterait de nouveau de ressentir du plaisir ? C'était peut-être un peu trop pour elle, mais... Elle ne répondit pas, hochant la tête. Ryan la fit monter très facilement sur ses cuisses. Il la garda près de lui, caressant son corps, observant ses réactions. Elle ouvrit lentement ses jambes alors que la main de Ryan retrouvait son sexe, coulant de leur mélange.
Ses doigts vinrent délicatement autour de son clitoris, juste le bout des doigts. C'était suffisant pour la faire frémir et repartir dans un brouillard de plaisir. Elle était déjà si proche. Elle sentit deux doigts qui trouvèrent leur place en elle. Ils allaient et venaient, lentement, d'un geste précis et calculé. Ryan en profitait pour la tester, la découvrir, voir ce qui la faisait réagir. Mais à cet instant, une plume l'aurait faite gémir. Il voulait la voir jouir, mais pas si vite.
Élise gémissait, la bouche entrouverte, les yeux clos. Elle savourait cette caresse et cette chaleur. Le bras de Ryan dans son dos faisait le tour de son corps pour venir englober son sein. Ses hanches remuaient d'avant en arrière, frottant le sexe de Ryan en même temps. Entendre ses soupirs dans son oreille lui donna l'envie de s'offrir encore plus. Elle se mit à trembler, malgré elle, cherchant désespérément sa délivrance. Elle crispa ses bras autour de Ryan. Il accéléra le rythme de ses doigts, toujours son pouce contre son clitoris. Lorsqu'il en ajouta un troisième, l'étirant, la remplissant, elle se sentit exploser. Un cri animal lui échappa. Le corps tendu, elle se laissa submerger par son orgasme. Ryan la maintint fermement contre lui, son corps tremblant. Elle s'affala contre lui, sans voix, épuisée et haletante. Elle ne sentait plus son corps.
Petit à petit, Élise reprenait ses esprits. Allongée sur le canapé, Ryan lui avait apporté à boire, un mouchoir pour s'essuyer. Et il avait passé du temps auprès d'elle pour répondre à la moindre de ses demandes. Il voulait figer le temps. Il savait que ce qu'il redoutait allait se produire, de nouveau. Le soleil était couché. Et toute la machine infernale de son cerveau se remettait en route. Il prit une inspiration, essaya de se calmer.
— Tout va bien ? s'assura-t-il.
Il passa ses doigts sur sa cuisse, effleurant des marques rouges. Les marques de ses doigts. Au moins elle partirait avec une trace de lui.
— Oui, tout va bien.
Elle semblait vouloir dire quelque chose, mais elle se contenta de le regarder, confuse. Qu'est-ce qui allait se passer maintenant ? Comment lui dire qu'elle devait rentrer ? Bien sûr qu'elle aurait voulu rester avec lui. Mais sa mère n'allait sûrement pas laisser sa plus jeune fille dormir chez un garçon qu'elle ne connaissait pas.
Élise se releva, étirant ses épaules. Son corps était détendu, mais endolori par endroit. Ryan avait l'air troublé, elle le voyait bien. Elle se doutait qu'il n'avait pas l'habitude de ce genre de situation.
— Tu peux m'emmener mes vêtements, s'il te plaît ?
Non. Il ne voulait pas qu'elle s'habille. Mais il devait bien accepter. Elle le suivait du regard, mais lui évitait le sien. Elle voyait sa peur. Encore à fleur de peau, elle allait devoir être diplomate.
Une fois habillée, elle se leva pour retourner près de lui. Il avait mis un short de sport. Elle posa ses deux mains sur son torse, et eut la sensation de se jeter tête la première sur un échiquier.
— Ryan... murmura-t-elle, hésitante.
L'entendre dire son prénom l'électrisa. Mais il ne pouvait pas répondre. Dans ce silence, tout ce qu'il ne voulait pas ressentir remonta à la surface : la peur de s'attacher, la peur de la perdre, la peur de ne pas la mériter, la peur de tout gâcher, la peur d'être vulnérable, d'être blessé, abandonné. Plus il la regardait, plus il sentait une vérité lui ronger le ventre. Plus il s'attacherait, plus la blessure serait grande lorsqu'elle s'en ira pour de bon. Plus il laissait les choses s'installer, leur relation se nouer, plus la chute serait dure. Elle semblait déjà avoir touché son cœur, et c'était bien le problème.
— Il faut que tu y ailles, devina-t-il.
Oui, c'était la seule chose à faire. En agissant vite, en passant à autre chose, il éviterait de souffrir. Élise fut étonnée de l'entendre dire ça.
— On se revoit bientôt, d'accord ?
La tension était palpable, mais pas sexuelle cette fois-ci. Elle se mit sur la pointe des pieds, cherchant son attention. Elle prit son visage entre ses mains et vint le tirer contre ses lèvres. Ryan se laissa faire. Merde. Il n'osait pas poser les mains sur elle, alors que son corps s'appuyait contre le sien. Elle était exquise. Comment lui résister ?
Lorsque leurs lèvres se séparèrent, Élise lui sourit. Un sourire qui se voulait rassurant, tendre, bienveillant.
— J'ai adoré ce moment avec toi, lui glissa-t-elle encore contre lui. Enfin, moins le début mais la fin, c'était très... intense.
Lui aussi. Mais il ne lui avoua pas. Parce qu'une fois les mots hors de ses lèvres, ils devenaient réels. Trop. Et il n'était pas prêt. En guise de réponse, il l'embrassa de nouveau. Un baiser plus profond, plus désespéré. Et il la laissa s'en aller. Il se demandait si, une fois Élise partie, il irait bien. S'il pourrait respirer. Elle descendait les escaliers, le laissant dans sa tourmente intérieure. Elle ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter. Et lui non plus.
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