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Couverture de Rien ne suffit, par Athena01
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Rien ne suffit — Chapitre 2 · La réalité plus fort que le fantasme

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Athena01
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La séduction se construit comme une partition soigneusement orchestrée, et chaque réplique fait mouche — la métaphore du vin, la banane détournée en signal érotique. On adore aussi la façon dont les corps communiquent avant les mots : une épaule effleurée, des mains qui se frôlent. C'est drôle, sensuel et élégant à la fois, avec une voix narrative qui sait exactement jusqu'où ne pas aller trop vite.

Rien ne suffit

Chapitre 2 · La réalité plus fort que le fantasme

Retour sur l’épisode précédent : Dans un musée d’art contemporain, Marie cherche la femme avec laquelle elle a eu l’échange de regards le plus électrisant qu’il lui ait été donné de vivre. Marie croit au hasard des rencontres. Quand les signaux sont au vert, on ne garde pas le pied sur le frein…
Elle l’a enfin retrouvée. Elle est en face de l’œuvre phare de la collection. Marie s’approche innocemment du tableau : une banane scotchée au mur.
C’est une femme avec beaucoup de prestance, comme si elle n’avait jamais eu à douter de quoi que ce soit. La femme la regarde arriver de loin et lui sourit.
— Ceci n’est pas une banane, lui dit Marie.
— Non, ceci est une bulle spéculative.
Marie lui fait un large sourire, comme pour lui signifier qu’elle est admise dans son club fermé.
— Bonjour, nous nous sommes croisées un peu plus tôt dans la salle à côté.
— Bonjour, vous aussi vous êtes venue contempler les dérives du capitalisme ?
— Oui, vous aussi ? Qu’est-ce que ça dit de nous alors ?
Dans un éclat de rire, elles s’éloignent de la banane.
Instinctivement, elles déambulent ensemble dans plusieurs galeries faisant semblant de s’intéresser aux œuvres. Discutent de l'exposition comme prétexte à l'échange. La présence de son parfum provoque quelque chose de chaud… qui devient difficile à quitter. Quelque chose s’est emballé pour Marie, au-delà d’une simple recherche de conquête. L’image lascive d'Alice reste bien présente. Déjà, s'entremêlent des fragments de son corps qui exulte, qui gémit. Cela fait naître chez elle un besoin de la posséder et de contrôler son plaisir pour la garder des heures. Malgré elle, Marie regarde Alice avec la même intensité que si elles faisaient l'amour. Quand elles s'éloignent, elles se cherchent.
Naturellement, elles communiquent sans mots, comme si leurs corps avaient trouvé un langage commun. Marie effleure l’épaule d’Alice sous prétexte de s’intéresser à une œuvre. La femme lui répond en posant une main sur sa hanche pour à peu près la même raison.
Sous le prétexte qu'une personne la bouscule, elle se colle à Marie dans un geste exagéré. Marie sent maintenant ses seins contre elle, dans son dos, ses mains pressant ses hanches plus fort et les boutons de son jean frôler ses fesses.
Ce contact a sur Marie un effet immédiat. Son corps se cambre instinctivement contre elle, sans qu’elle ait le temps de comprendre ce qui l’a déclenché. Il lui fallut une longue seconde pour reprendre le contrôle.
— Je ne vais pas m'excuser parce que j'ai trouvé ça très agréable, dit Alice.
Cette phrase suffit à nourrir l'imagination de Marie. Son esprit dérive déjà vers des scénarios qui attisent son envie.
Sa réponse à cette provocation ? Un très large sourire avec les joues légèrement rosies qui trahissent son trouble.
En continuant le circuit, Alice dirige Marie vers un homme. Il est grand, massif, mais avec un regard étonnamment doux. La femme se rapproche aussitôt de lui et pose la main sur son torse, comme un réflexe de possessivité. Il se penche pour lui dire quelque chose à l'oreille, un seul mot. Elle lui sourit d’un air entendu puis se tourne vers Marie tout en gardant cette expression de victoire.
— Je vous présente mon mari, Jules. Moi c’est Alice.
— Enchantée Alice et Jules. Moi c’est Marie. J’essaie de séduire votre femme ! dit-elle, comme pour solliciter son autorisation.
— Et vous avez réussi Marie ! dit Jules en regardant sa femme.
— Il me connaît bien…
— Votre truc à tous les deux, c’est l’art ou la subversion ?
Cette fois c’est Marie qui affiche un air victorieux. Tous les deux se regardent pour s’assurer de la réponse de l’autre.
— Oui, quelque chose comme ça ! répond Alice.
— Allons boire un verre, nous avons manifestement des choses à nous raconter, leur dit Marie.
Tous les trois se découvrent autour d’un café :
— Je vous sens, tous les deux, très à l’aise sur le chapitre de la séduction d’Alice. C’en est troublant, dit Marie.
— Je vais parler de ma sexualité, dit Alice. Je ne peux, ni ne veux me passer des femmes et je sens que tu me comprends. J’ai cherché une autre façon d’aimer et de partager des moments… intenses qui nous conviennent à tous les deux. Il y a beaucoup de tendresse et de douceur quand je fais l’amour avec une autre femme.
— Beaucoup de tendresse, mais pas que… ajoute Jules.
— Merci Jules pour ces précisions, mais je cherchais à ne pas effrayer notre peut-être future invitée.
— Je suis flattée de cette attention mais ne vous inquiétez pas, je ne fais pas que des câlins.
(Second éclat de rire).
Pendant qu’ils se découvrent tous les trois, les doigts du couple s’entremêlent et deviennent des caresses sensuelles. Ils suscitent l’envie de s’abandonner entre leurs mains.
Des visions d’une rare intensité se bousculent dans la tête de Marie : Dans la chaleur d’un moment partagé avec eux, Jules haletant, le souffle rapide tient fermement les hanches de Marie pendant qu’elle embrasse religieusement la partie la plus intime du corps d’Alice. Jules est en extase devant le plaisir que prend sa femme et par l’excitation que cela lui procure. Il accélère les coups de reins qu’il offre à Marie, qui elle, ne retient plus son offrande à Alice. Dans sa vision, ils se laissent aller et jouissent en même temps, Marie se sent dissoute dans leur intimité.
Elle DOIT être leur invitée ; elle doit être cette femme avec qui ils feront l’amour. Elle veut croiser leurs regards chargés de désir.
— Mais il y a une règle : Je ne partage pas Jules. Impossible de le voir jouir avec une autre. Il n’y a que moi qui puisse être touchée et prise. Il n’y a que moi qui puisse le toucher.
Merde ! Adieu vision.
— D’accord, je comprends. Mais Jules et une autre femme ont-ils le droit de se regarder ? Certains regards suffisent. Ils peuvent, en quelques secondes, vous déshabiller et vous faire l’amour sans un geste. Imagine : au moment où il jouit en toi, il regarde ton invitée dans les yeux. D’une certaine manière, c’est un peu elle qu’il rejoint.
— Oui, je sais qu’il peut partager ce plaisir. Et cette connexion est essentielle. Je ne peux pas vraiment prendre de plaisir sans voir le tien, sans lire dans ton regard ce que tu ressens. J’ai besoin de savoir si tout va bien, ou si quelque chose te dérange ?
Et pour Jules aussi, cette attention, cette observation, font partie de l’équilibre. Il cherche, lui aussi, à s’assurer que chacun s’y retrouve.
Sous la table, les jambes de Marie et d’Alice se touchent par accident… Sous la table maintenant, ce sont deux autres mains qui se cherchent…
Au vu de tous, Alice tient la main de son mari. De façon plus cachée, ce sont les doigts de Marie qu'elle enlace et caresse sous la table. Alice veut cette nouvelle conquête dans leur lit ce soir. Le souffle de Marie devient ample mais court et saccadé. Avec ses doigts, cette femme fait littéralement l'amour.
Elle sait que si elle croise le regard d’Alice, elle lui offrira la réponse qu'elle attend.
— Mesdames, Monsieur, le café va fermer ses portes.
Comme sortie d’un rêve, cette voix les ramène à la réalité.
Jules et Alice échangent un regard où rien ne transparaît.
— Il est trop tôt pour se quitter, Marie nous avons de très bonnes bouteilles à la maison, tu es amatrice ?
— Je n'en bois pas souvent, je préfère la qualité, dit Alice.
Arrivés chez eux, Alice règle le taxi. Ils rentrent tous les trois dans l'appartement du couple.
C'est un foyer chaleureux. Marie s'y sent bien. Certains lieux changent d'atmosphère dès que l'on franchit le seuil. Comme si quelque chose restait derrière la porte. Elle n'est pas étonnée de voir des œuvres accrochées au mur. Marie prit place naturellement sur le canapé.
— Je vois que vous avez un Van Glogue, votre appartement est superbe, je m'y sens très bien.
— Ah, merci je trouve qu'il n'y a pas meilleur ressenti que d'être bien quelque part, lui répond Alice en s'affairant pour leur préparer des petits amuse-bouches.
— Je peux t'aider ?
— Jules va prendre le relais, je te laisse entre ses mains, je vais me changer.
— Tu t'y connais un peu en vin ? lui demande Jules, l'œil pétillant.
— Alors, j'ai déjà bu de grands crus. Et oui c'était très bon, divin même. Mais je n'y connais rien !
— Est-ce que ça te dit si on ouvre une bouteille tous les trois ce soir ?
— Avec grand plaisir après tout je suis venue chez vous pour ça ! Mais ne me demande pas de choisir le vin, tu connais ta cave mieux que moi !
Jules la regarde en coin avec un doute sur le sujet réel de leur discussion.
— On parle bien de sexe là ?
— Oui, je voulais juste te dire que je ne ferai pas le premier pas, je ne crois pas.
— D'accord. Tu veux boire du vin quand même ?
— Oh oui s'il te plaît !
Alice apparaît vêtue d'un kimono en soie. Marie déglutit à sa vue.
— Vous parliez de ?
— De sexe ! dit Jules à l'unisson avec Marie qui elle dit :
— De vin !
— Tes métaphores ? Un jour quelqu'un ne comprendra pas, il y aura des soucis !
Alice se dirige vers la cuisine finir les derniers préparatifs.
Marie la suit et lui dit :
— Ton kimono est superbe Alice.
— Tu as touché cette matière ? C'est un nuage, viens la toucher.
Elle s'approche, son regard attiré malgré elle par sa magnifique poitrine et particulièrement par ses tétons qui pointent sous son kimono.
Marie fait glisser ses doigts le long de son dos et effleure le creux de ses reins, jusqu'à sa fesse.
— Oh oui dis donc, c'est tout doux !
Il n'y a aucun autre vêtement sous son kimono.
Maintenant qu'elle a ce contact avec Alice, elle ne compte pas le rompre. Marie garde une main sur sa hanche. Elle rapproche son corps contre le sien. Exactement comme l'avait fait Alice au musée. Alice émet un léger soupir comme pour l'inviter à continuer. Tout le corps de Marie est en contact avec le sien. Ses mains tiennent fermement sa taille. Marie en robe sent particulièrement bien les fesses d'Alice sur son mont. Ses seins sont contre son dos. Son souffle agite les cheveux d'Alice. Elle voit les frissons dans son cou.
Marie est elle-même étonnée par son audace, comme si Alice avait déjà créé ses sillons et qu'elle n'avait juste qu'à continuer l'histoire. On connaît déjà la fin.
— C'est vrai que c'est agréable.
Alice se tourne vers elle un grand sourire aux lèvres, elle vient de comprendre, c'est ce qu'elle lui avait dit au musée.
Elles sont maintenant tellement proches que leur souffle se mélange. Le regard qu'elles s'échangent est de l'ordre de la supplication comme le désir de posséder l’autre. Marie tend des lèvres timides vers la bouche d'Alice, puis recule comme pour lui demander l'autorisation. Alice lui rend son baiser de façon plus brutale et explicite avec cette urgence de se fondre en elle. Leurs cœurs s'emballent, le contact est divin. Leur langue se rejoignent maintenant dans une danse lascive, où elles s'abandonnent. Les mains de chacune caressent le corps de l'autre, le dos, les bras, pour ne pas briser trop vite l'intimité.
Alice recherche Jules du regard l'invitant à les rejoindre. Jules lui fait non de la tête, la laissant en profiter, il ne voulait pas briser cet équilibre. Mais il ne rate rien, même si le bar cache la moitié de leur corps. Il est assis dans son fauteuil et observe la scène. Il se sent privilégié d'être le spectateur unique d’une telle sensualité. Un gonflement commence à apparaître entre ses cuisses. Timide, il prend un pull pour cacher son excitation et sa main qui le caresse doucement. Il a appris avec le temps à aimer voir sa femme prendre du plaisir avec d'autres femmes. Trouver sa place au sein de ce trio n'est pas vraiment simple. Maintenant il aime la voir jouir, quand elle est en plein abandon, qu'elle se laisse complètement aller, elle est belle. Pour rien au monde il ne raterait ça !
Marie observe longuement le décolleté d’Alice avant d’embrasser son cou. Ses lèvres descendent lentement, attentives à chaque parcelle de peau. Ce geste la liquéfie littéralement. Ses mains caressent son dos puis reviennent vers sa poitrine, d’abord par-dessus le kimono, dont le tissu glisse sous le toucher, créant une forme de volupté. Elle défait ensuite la ceinture très doucement, espérant sentir l’étoffe glisser contre son sexe nu. Elle passe finalement ses mains à l’intérieur du kimono, osant enfin caresser ce qu’elle désirait depuis le début.
Le kimono tombe à leurs pieds. Alice est entièrement nue.
Sa respiration se fait parfois ample et saccadée, un chaos s'organise dans son corps.
La pièce était trop grande pour que Jules parvienne à déchiffrer le moindre mot. Mais il pense avoir saisi l'essentiel par la réaction de sa femme.
Marie disparaît sous le bar, le regard d’Alice suit son mouvement, le sourire aux lèvres, le souffle court. Elle lève la tête, ferme les yeux, entrouvre les lèvres sans laisser échapper aucun son. Et regarde sous le bar à nouveau. Marie s'occupe intimement d'Alice d'abord avec retenue dans l'attente d'une réaction de sa part qui ne tarde pas. Alice ondule du bassin suivant les mouvements pendant un long moment. Elle serre délicatement ses doigts dans les cheveux de Marie pour la diriger doucement vers l'endroit où elle préfère sentir sa bouche. Marie comprend qu'elle veut que sa langue se fasse plus dure pour rentrer plus profondément en elle.
Des spasmes traversent son corps entier. Elle halète, se cambre, laisse échapper un faible “oh oui”.
Sous le comptoir, Marie semble entièrement absorbée par ce qu’elle provoque.
À suivre...
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