Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Soir de juillet — Chapitre 2
Auteur
Soir de juillet
Chapitre 2
Je continuais à danser avec elle, plus près encore. Elle ne cherchait pas à s’éloigner. Au contraire, elle se blottissait contre moi et me laissait comprendre qu’elle percevait parfaitement les intentions qui se cachaient derrière mes gestes.
— Tu sais qu’il nous regarde toujours ?
— Oui.
— Et ça ne te dérange pas ?
Elle a ouvert les yeux et a croisé mon regard.
— Je crois que j’aime bien.
Ces quelques mots ont changé l’atmosphère de la soirée.
Je lui ai embrassé le cou, doucement, sans quitter Luc des yeux. Mon ami n’avait pas bougé, mais son attention était devenue évidente. Il suivait chacun de nos gestes avec une concentration presque fascinée.
Corinne semblait en prendre conscience elle aussi. Elle gardait les yeux mi-clos, mais son expression avait changé. Elle n’était plus seulement détendue : elle paraissait curieuse, troublée, impatiente de découvrir jusqu’où nous pouvions aller.
Mes doigts ont effleuré le tissu de sa robe. Je ne faisais rien qu’elle ne puisse interrompre, et je restais attentif à la moindre hésitation. Elle ne m’en a montré aucune. Au contraire, elle s’est rapprochée davantage, comme pour m’encourager à poursuivre.
La musique s’est terminée, mais nous ne nous sommes pas séparés.
Luc a posé son verre sur la table basse. Le silence qui a suivi m’a paru plus éloquent que toutes les conversations de la soirée.
— Nous devrions peut-être nous asseoir, ai-je murmuré.
Corinne a tourné la tête vers lui. Son regard a rencontré le sien et, pendant quelques secondes, aucun d’eux n’a parlé.
Elle est venue s’installer près de moi. Sa robe avait légèrement glissé sur ses épaules et la lumière des bougies dessinait doucement ses formes. Je lui ai replacé une mèche de cheveux derrière l’oreille. Elle semblait parfaitement consciente de ce que Luc pouvait voir.
— Tu veux que je continue ? lui ai-je demandé.
Elle a pris ma main et l’a gardée dans la sienne.
— Oui.
Sa réponse était à peine audible, mais elle ne laissait aucune place au doute.
La suite s’est déroulée avec une lenteur presque irréelle. Nous avions cessé de parler comme au début de la soirée. Chaque geste devenait une question, chaque regard une réponse. Corinne se laissait gagner par le plaisir d’être observée, tandis que je découvrais avec étonnement une facette d’elle que je n’avais encore jamais vue aussi clairement.
Elle n’était plus la femme réservée qu’elle prétendait être. Sous le regard de Luc, elle devenait audacieuse, consciente de son pouvoir et de l’effet qu’elle produisait. Je la sentais vibrer contre moi, non seulement à cause de mes caresses, mais aussi à cause de cette situation nouvelle, de cette frontière que nous franchissions ensemble.
Luc, lui, restait d’abord à distance. Il ne disait presque rien. Son rôle semblait se limiter à regarder, à attendre, à nous laisser décider de ce que nous voulions réellement partager.
À un moment, Corinne s’est penchée vers moi.
— Je veux qu’il reste, m’a-t-elle soufflé.
J’ai cherché son regard.
— Tu es sûre ?
Elle a hoché la tête.
— Oui. Je veux savoir ce que ça fait d’être désirée comme ça.
J’ai alors compris que ce fantasme n’était plus seulement le mien. Il lui appartenait désormais aussi.
La soirée a pris une tournure plus intime encore. Corinne s’est abandonnée à l’instant, à la musique, à la chaleur de la nuit et aux regards qui l’entouraient. Luc s’est rapproché peu à peu, sans jamais forcer les choses. Tout se faisait dans les silences, les sourires et les signes discrets.
Je découvrais que la jalousie que j’avais imaginée ne venait pas. À sa place, je ressentais une excitation profonde en la voyant s’épanouir dans cette situation inhabituelle. Elle savait que je la regardais, et cette certitude semblait la rassurer. Chaque fois que nos yeux se croisaient, elle y trouvait l’assurance que nous partagions toujours le même secret.
Plus tard, lorsque la musique s’est arrêtée, nous sommes restés un long moment sous le saule, sans chercher à retrouver une conversation normale. La nuit était devenue complètement silencieuse. Au loin, on entendait seulement quelques bruits étouffés du voisinage et le léger froissement des branches dans le vent.
Luc s’est finalement levé.
Il s’est rhabillé calmement, a remis sa veste et nous a regardés avec un sourire entendu. Avant de partir, il m’a adressé un clin d’œil, puis a posé les yeux sur Corinne.
Elle lui a répondu par un sourire tranquille, presque complice.
Lorsqu’il a refermé le portail derrière lui, nous sommes restés seuls sur la terrasse. Corinne est venue se blottir contre moi. Elle était encore émue par ce qui venait de se passer, mais son visage exprimait surtout une forme de satisfaction et de liberté nouvelle.
— Alors ? lui ai-je demandé.
Elle a levé les yeux vers moi.
— Je crois que je vais avoir du mal à oublier cette soirée.
Je l’ai embrassée longuement. Sous le ciel chaud de juillet, nous savions tous les deux que quelque chose avait changé entre nous. Notre couple n’en était pas sorti fragilisé, mais au contraire plus complice, enrichi par un secret que nous étions désormais les seuls à partager.
Et, tandis que nous rentrions enfin dans la maison, je me suis demandé si ce dîner n’avait pas été le commencement d’une histoire bien plus longue.
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