Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La vérité toute nue. — Chapitre 3 · Hervé.
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
La vérité toute nue.
Chapitre 3 · Hervé.
Introduction.
Comme nous le disions dans l'introduction du premier texte (Notre Rencontre), cette série de récits (La vérité toute nue) relate notre vécu, notre Vrai vécu pendant toutes ces années. Vous retrouverez des moments, des lieux, des situations, qui ont servi de base pour tout ce que nous avons publié. Nous essayons d'être le plus près possible de la réalité en confrontant nos souvenirs et c'est dans ces moments-là que l'on peut voir combien la mémoire est sélective.
Donc dans le récit (Notre rencontre, 01), vous avez appris comment Laure et moi avons fait connaissance. Vous avez aussi appris que Laure n'est pas une ingénue et qu'avec son mari elle vivait un libertinage parfaitement assumé. Mais c'était Avant de me rencontrer.
Dans (Le cadeau, 02) je relate comment j'ai été nul alors que Laure me fait le cadeau de son amie et complice, Armelle. Heureusement je récupère le coup et sauve notre réputation.
Première rencontre Candauliste : Hervé
Je n'ai pas voulu de ces scenarii "bateaux" du genre :
Le mari met un bandeau à sa femme et après l'avoir bien chauffée, par la parole ou par l'action, il fait entrer un autre homme qui prend sa place, sans que la femme s'en aperçoive, du moins elle fait "comme ci"…
Ou bien invite un ami pour dîner, ami qui se révèle entreprenant, qui séduit l'épouse évidemment consentante "briefée" par son époux après une conversation du genre : Je fantasme de te voir avec un autre homme…
Éliminée d'office la soirée en club libertin. Je ne voulais surtout pas que cette première fois puisse lui rappeler toutes les autres avec son Ex. En plus je ne me voyais pas à l'aise.
Pas plus, la soirée Strip-Poker avec la succession de gages conduisant à l'ultime…
Je voulais quelque chose de plus naturel.
Une fois la décision prise de sauter le pas, ce pas qu'Armelle m'avait fortement conseillé de franchir, mais que moi aussi, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, me paraissait une étape inéluctable. Je ne voulais pas la perdre et même si rien ne me donnait de raisons d'y croire, je ne pouvais m'enlever de la tête, que je devais lui paraître bien fade comparé à la diversité de ses amants avec son Ex. En plus son cadeau avec Armelle pour notre anniversaire avait tout d'une suggestion même si lorsque je lui avais posé la question :
Chéri, merci pour ce cadeau, mais est ce que je dois penser que tu aimerais le même genre pour…
Non, non. Elle avait répondu.
Mais malgré ses négations, cela paraissait évident. Je n'oubliais pas la façon dont elle avait compensé mon manque de courage en allant au-devant de son amie. Cela avait paru si naturel que Laure déshabille Armelle tout en la caressant avant de plonger entre ses cuisses pour lui manger le minou. Ce n'était pas du "chiqué", les gémissements d'Armelle en avaient apporté la preuve. Et puis, après m'avoir cédé la place, elle s'était transformée en voyeuse attentive. Elle devait penser que j'étais trop "investi" dans mon action pour ne pas regarder vers elle. Pourtant j'avais bien vu qu'elle se caressait et surtout lorsque je suis revenu vers elle après avoir raccompagné sa complice, elle avait été d'une gourmandise délicieuse, preuve d'une excitation qui la dénonçait. Je dois avouer aussi que, gommant ma couardise honteuse, le souvenir de ce moment était particulièrement agréable.
Il ne manque pas de candidats pour aider un mari Candauliste. Pour connaître les goûts de Laure, j'ai fait appel à Armelle, après lui avoir fait jurer de rester muette comme une tombe. Je ne suis pas certain que le couvercle de la tombe reste fermé pendant très longtemps, mais au moins le temps de tout organiser.
Un homme d'un certain âge, surtout pas un minet, les cheveux blancs si possible, bien fait de sa personne, bien élevé, surtout pas vulgaire en acte et en paroles.
Pas facile de juger, "sur dossier internet", si c'est le bon candidat. Un entretient par téléphone suivi d'une rencontre. Une vraie embauche pour un rôle dont j'avais bien du mal à cerner les contours. Hervé s'est prêté au jeu sans rechigner. Il était mari Candauliste dans "le civil" et donc à même de me comprendre. C'est même lui qui m'a conseillé le lieu.
Une auberge en bordure de forêt. Combien de fois avais-je lu des récits dans un lieu comme ici. Hôtel suffisamment discret pour servir de nid à des amours adultères. C'est comme un écrin pour que tous se sentent uniques.
—Comment tu connais cette auberge ? Me demande Laure alors que nous arrivons.
—C'est ici que j'amenais toutes mes maîtresses. Je badine, alors qu'elle sait très bien que j'ai été un époux "presque" fidèle.
—En tout cas c'est un cadre propice aux amants.
—C'est bien ce que nous sommes, n'est-ce pas ?
Chambre "inaugurée" avant de descendre dîner. Laure est en forme. Mais je n'assure pas un deuxième service. Je veux qu'elle soit un peu en manque.
Dîner en extérieur. La piste de danse est matérialisée et cachée par une haie qui l'isole de la partie restaurant. (Décidemment les haies ont marqué chaque étape de notre vie…)
—Ne te retourne pas, mais discrètement tu regarderas derrière toi. Il y a un homme seul. C'est bizarre, il n'y a que des couples ici. M'annonce Laure.
—Peut-être que son rendez-vous s'est décommandé au dernier moment. Où qu'elle est en retard.
—Il regarde beaucoup vers nous. C'est notre voisin, tu sais il nous a salués, on est sorti de nos chambres en même temps.
—Que veux-tu, tu es la plus belle. Attends, je regarde.
Je fais tomber ma serviette. Un coup d'œil discret et je vois Hervé. Ce n'est évidemment pas une surprise. J'ai réservé les tables, comme j'ai réservé les chambres. L'accueil de l'auberge n'a pas été étonné lorsque j'ai précisé : Deux chambres avec une porte de communication.
—C'est bien lui.
—Il a dû te remarquer. Il vient vers nous.
Il arrive derrière moi, il se plante sur le côté.
—Bonsoir, plutôt re bonsoir. Nous sommes voisins, je crois.
—En effet. Un silence. Charmante soirée. Vous venez souvent ici ?
—Non, et vous ?
—Non plus ! Je vous présente Laure, ma compagne. Moi c'est Lucas.
—Enchanté. Moi, c'est Hervé. Un silence. C'est une bonne idée, cette piste de danse séparée par une haie.
—Oui, en effet.
—Oserai-je vous inviter Madame, si Lucas est d'accord bien sûr ?
L'invitation surprend Laure. Elle ne s'y attendait pas. Elle me regarde et comme je ne réagis pas, elle accepte.
Elle se lève. Il la laisse passer devant. Juste avant de disparaître derrière la haie, Hervé regarde vers moi.
Ils ne réapparaissent que deux slows plus tard. Je prends cela pour un bon signe. Vieille France, il l'aide à s'asseoir en déplaçant la chaise. Puis nous laisse après un : Merci. Bonne soirée.
—Alors ? Je questionne.
—Alors quoi ?
—Vous avez parlé.
—Un peu.
—Il t'a dit pourquoi il est seul.
—Oui, en effet, elle a annulé au dernier moment.
—Le pauvre. Je le plains. Se retrouver seul avec tous ces couples. Et il t'a questionnée ?
—Un peu. Mais juste par politesse. Il ne s'est pas montré indiscret.
—C'est tout de même étrange qu'il soit venu t'inviter.
—Nos chambres sont voisines et nos tables aussi.
—Moi, je penserais plutôt que tu lui plais. Il t'a fait des avances ? Il est bel homme. Un peu vieux peut-être.
—Il a son charme.
—Oh, oh !! Donc des avances !
—Raisonnablement. Il faut dire que le lieu s'y prête. Viens donc danser, tu verras.
Elle m'entraîne. Une fois la haie franchie, la piste apparaît. En réalité on ne voit pas grand-chose, si ce ne sont des couples enlacés. L'éclairage est inexistant, à part des spots discrets qui éclairent la haie par-dessous.
—Alors il t'a enlacé comme cela ? Dis-je, avec une voix rieuse, alors que je serre son corps contre le mien.
—Tout de même pas si fort. Mais il y a de l'idée. Elle aussi se fait mutine. Il faut dire aussi que la robe que tu m'as faite mettre, ce décolleté, ce V dans le dos…
—Je n'avais pas prévu que tu te ferais draguer.
—Mais… Nous avons juste dansé…
—Je plaisante chérie. C'est vrai que cette robe offre plein de possibilités. Et je glisse une main entre tissu et peau, la poussant contre ses reins, effleurant les fesses. Moi a sa place j'aurais…
—Mais tu n'es pas à sa place. Il a su rester à la sienne.
—On dirait que tu le regrettes.
—Lucas, tu joues à quoi ?
—Je plaisante. Dansons.
Nous dansons, collés l'un à l'autre. Je la caresse. Je l'embrasse dans le cou. Elle ronronne comme une chatte, signe de son envie.
—J'ai l'impression que de l'autre côté il s'en passe de belles. Cela ne te rappelle rien ? Tu sais la fois ou on a vu Armelle…
—Oui, bien sûr. On pourrait peut-être aller…
—Plus tard Chérie. Ton admirateur doit de languir.
—Je suis toute chaude. Tu ne vas pas me laisser comme ça. Allez viens, il attendra bien un peu, je me fous de lui.
—Il faut savoir attendre.
—Salaud. Tu mériterais que…
Elle ne termine pas sa phrase. À peine assis qu'Hervé revient.
—Puis-je ?
Et il tend sa main vers elle. C'est avec un regard de défi qu'elle s'en saisit. Ils disparaissent. Je me retiens d'aller surveiller. Mais non. Ils reviennent une danse seulement après.
—Si vite ?
—Il a été beaucoup plus "envahissant".
—Ah et cela ne t'a pas plu ?
—Tu oublies que nous sommes ensemble… Tu aurais voulu que je me laisse caresser comme…
—Je ne sais pas. Et toi ?
—Lucas ! Tu fais quoi ?
—Tu te souviens de ma proposition ? Tu l'avais rejetée, car tu considérais que cela aurait été une infidélité. Je comprends maintenant, surtout après ton cadeau. Mais maintenant, si cet homme te plaît, pourquoi pas… Je suis ici, et donc ce serait un peu comme pour Armelle. Tu ne crois pas ?
—Lucas, tu te rends compte de ce que tu dis ?
—Mais oui. Si cet homme te plaît et ma foi, tu n'étais pas revenue si vite autrement.
—Je suis revenue, car il était très envahissant.
—Et tu avais peur de céder à ses avances.
—Mais non…
—Pas de mensonge…
—Bon d'accord.
—Alors, pourquoi t'en priver ?
—Mais, Lucas, toi tu…
—Je ne serai pas bien loin. Peut-être qu'il t'entraînerait de l'autre côté de la piste de danse, comme les couples que nous avons vus.
—Mais. Tu es fou. Tu joues avec le feu, je pourrais accepter, te prendre au mot.
—Je suis certain qu'il nous regarde, qu'il te regarde. N'est-ce pas ?
—Oui.
—Donne-moi ta petite culotte.
—Mais…
—Il devrait comprendre le message, n'est-ce pas ? Je n'ai pas d'expérience dans ce genre de situation, mais si moi j'étais à sa place et que je voyais la femme que je convoite, donner sa petite culotte à son mari, et que ce mari l'accepte, alors je prendrais ce geste comme une invitation.
—Je… Tu es terrible…
Mais elle passe sa main sous sa robe et fait descendre le triangle de dentelle pour me le donner. Hervé se lève et se dresse devant nous. Pas un mot, juste un sourire et une main tendue.
—Tu es bien sûr ?
Elle me demande, me soufflant cette question à l'oreille, alors qu'elle se lève.
Un sourire est ma réponse.
Mais aussi, alors qu'elle va disparaître avec Hervé, qu'elle regarde dans ma direction, je me lève ostensiblement et commence à me diriger vers eux. Elle sait que je vais les suivre…
Je me cache derrière la haie. Je cherche à les reconnaître. Hervé, avec qui j'ai imaginé toutes les situations, se charge de les faire voir. Ils sont là, tous les deux, soudés l'un à l'autre, leur baiser ardent hurlant leur désir. Les mains de l'homme explorent comme moi, je l'ai fait avant, le creux des reins, les galbes des hanches, la fermeté des fesses. Il ne leur a pas fallu longtemps pour se laisser aller. Laure avait résisté aux premiers assauts, mais maintenant avec l'accord de son mari, devenu son complice, elle doit retrouver des sensations qu'elle pensait ne jamais revivre.
Mais Hervé veut l'entraîner. Sur le site de l'auberge, il m'avait expliqué et montré, combien, après la piste de danse, zone de découverte et de transition, il existait des havres d'intimités créés pour accueillir les couples qui voulaient profiter de la nature avant de rejoindre leur chambre.
Je les suis. Plutôt j'essaie de les suivre, mais c'est un vrai labyrinthe et ce n'est pas la lueur des étoiles qui facilite ma recherche. C'est au moment où je pense devoir abandonner tout espoir que je les retrouve. Le lieu est rustique. Un banc, juste un banc dans un écran de verdure. Mais le bois ne semble pas trop dur à celle qui est allongée dessus. Il faut dire que l'homme accroupi devant elle, la tête disparaissant entre des cuisses maintenues presque verticales par des bras puissants, lui distille des caresses qui font oublier la rugosité de la couche. La musique est loin, elle est remplacée par des bruits qui montrent que la musique des corps est aussi harmonieuse. Un cri, un gémissement un peu plus fort, un "oui" qu'on ne saurait dire féminin ou masculin, enfin toute une ambiance érotique et même plus. Laure s'est jointe au concert. Hervé a libéré les chevilles et les pieds sont venus se poser sur les épaules de l'homme. Je devine comme des serpents qui avancent sous la robe. Ils semblent atteindre la poitrine qu'aucun soutien-gorge ne protège. Elle ondule sous les caresses. Ses cuisses étreignent la tête qui s'active, déclenchant des ondées de plaisir. Elle gémit, sa respiration s'accélère, son ventre se pousse pour un peu plus, pour que la langue avance un peu plus, que les lèvres aspirent un peu plus, que son clitoris se gonfle encore un peu plus. Et puis elle jouit, une longue jouissance que nous les hommes ne connaissons pas, de ce plaisir qui dure comme une éjaculation continue, un écoulement de sa liqueur, du suc qu'Hervé doit recueillir.
Un suc que l'homme lui propose en se redressant pour l'embrasser. Je découvre que son sexe pointe hors du pantalon, tige rigide, preuve d'une excitation évidente. Ils s'embrassent. Hervé la couvre de son corps, sa bitte doit chercher le chemin grassement préparé. Pourtant, on avait décidé que… Je vois les jambes de Laure faire une prison autour des reins d'Hervé. Il va la… Mais je devine qu'il bouge, que son baiser cesse, qu'il lui parle. Elle le libère.
Les bruits s'éloignent… Hervé se redresse… Je le vois remettre son sexe dans son pantalon… C'est au tour de Laure de se redresser, de réajuster sa robe, de frotter le tissu pour chasser des aiguilles de pin ou des brindilles.
Je me sauve.
Ils me retrouvent à notre table.
—Merci pour cette danse. Dit l'homme avec un sourire qui en dit long. Il retourne à sa table.
—Alors, c'était comment ?
—Mais tu as bien vu.
—Non, je vous ai perdu. Dis-moi.
—Ça me gêne.
—Alors, allons danser, tu seras peut-être moins timide, coquine.
La danse est comme au confessionnal. On ne voit pas, on se confie à une oreille.
—Alors ? Je vous ai vu danser et cela semblait bien chaud entre vous. Mais ensuite.
—Il y a des îlots entre les haies. On en a trouvé un.
—Et…
—Je l'ai… enfin tu vois.
—Embrassé ? …Non… Caressé ? …Oui, enfin pas que… Branlé ..? Un peu… Et il est comment ? Plus gros, plus petit, plus ? …Chéri on ne pose pas ce genre de question. On ne compare pas…. Et tu l'as sucé ? …Oui, il avait envie. Et moi aussi. Tu sais bien, tu m'avais excitée et lui aussi en dansant… Il a joui dans ta bouche ? …Non, il m'a demandé d'arrêter. De toute façon je n'aurais pas accepté, la sécurité tu comprends…. Ah, tu as raison, je n'ai pas l'habitude. Et après ? …Il m'a fait un cunni... . Et après ? Vous avez ? …Non, il m'a dit : Je suis dans la chambre juste à côté, ce sera plus confortable et votre mari pourra nous regarder…. Oh, vraiment ? … Mot pour mot. Il nous a pris pour un couple Candauliste, tu sais les couples ou le mari regarde… Oui, je sais. …Il faut dire aussi qu'avec la petite culotte cela ressemblait bien à cela vu de l'extérieur. Tu ne dis rien, tu es fâché ?... Mais non mon amour, du moment que toi tu es satisfaite.
Nous retournons à notre table.
—Tient il est parti. Remarque, Laure. Je soupçonne un brin de regret dans sa voix.
—Il est tard. Nous pourrions monter ?
—Tu as raison, je n'ai pas vu le temps passer.
La chambre paraît bien silencieuse.
—Je n'avais pas remarqué qu'il y avait une porte entre les deux chambres.
—Oui et certainement doublée par une autre.
Cette remarque de Laure montre que la phrase d'Hervé a fait son chemin. C'est bien normal, j'ai fait ce qu'il fallait. Pour une libertine expérimentée comme elle et un mari partageur, la suite de la soirée serait une évidence. Pourtant elle ne dit rien, pas un mot de plus.
—Viens dans mes bras, ma Chérie. Elle se laisse câliner. Si tu as envie, tu peux frapper à la porte. Il doit attendre.
—Lucas, tu…
—Tu as envie de continuer avec cet homme ?
—Oui, bien sûr, mais…
—Je t'aime. Tu dois me pardonner avant de frapper à cette porte.
—Pardonner, mais quoi mon Dieu, tu es...
—Je t'ai un peu menti, par omission aussi.
—Ah !
—Je voulais, moi aussi, te faire un cadeau. J'ai conscience que de te priver de la liberté que tu avais avant, était une contrainte trop lourde et qu'au fil du temps, tu finirais par ne plus m'aimer, même peut être me détester…
—Mais jamais, jamais.
—Tu m'as bien dit que cela te manquait ?
—Un peu, juste un peu.
—J'ai bien vu comment avec Armelle tu étais à l'aise et je pense aussi "un peu" envieuse.
—C'était beau de te voir lui donner tant de plaisir.
—Eh bien c'est à moi maintenant. Mais je voulais que pour une première fois, il y ait un peu de séduction et surtout que ce soit différent d'avec ton Ex.
—Ce ne sera jamais pareil.
—J'ai donc préparé ce plan. J'ai sélectionné Hervé, il a de l'expérience. J'ai organisé cette soirée. Je voulais que d'une certaine façon il te séduise, qu'il te plaise.
—Tu plaisantes ?
—Non, c'est vrai. Tu es fâchée ?
—Mais je n'ai rien vu venir.
—Alors je suis heureux. Nous pourrons nous souvenir plus tard de cette première fois…
—Tu dis "première fois" cela signifie que…
— Je suis impatient de te voir dans ses bras.
—Mais tu crois que…
—Il suffit de frapper à la porte…
—Je t'aime. Un long silence où elle me regarde, puis la porte. Surtout n'oublie jamais que je t'aime, que tu es le seul qui compte pour moi, même si par moment, emportée par… enfin tu vois.
—Je vois et j'entends. Je peux frapper moi-même ? Je sais c'est un peu théâtral, mais…
—Si tu veux, mais attends.
Elle avance vers moi, elle m'enlace, m'embrasse fougueusement, me libère et me souffle dans l'oreille :
—Je t'aime, je t'aime, je t'aime… Et elle fait un pas de recul pour faire face à la porte.
Avant de frapper, je dois déjà ouvrir la porte de notre côté qui est fermée avec une clé dans la serrure.
Une autre porte, semblable à celle que je viens d'ouvrir en grand.
Un regard vers Laure et je frappe. Trois petits coups discrets, mais qui résonnent dans ma tête. Je ne suis plus sûr de rien et pourtant je fais le pas de côté afin que ma compagne se retrouve face au panneau de bois.
On entend le bruit de la clé et aussitôt le panneau s'ouvre.
Il est là, devant elle, éclairé en contre-jour.
—Bonsoir Laure.
—Bonsoir.
—Je suis heureux de vous revoir. Elle ne répond pas, mais sourit. J'espère que vous ne m'en voulez pas de m'être prêté au petit jeu que Lucas a inventé. Quelle magnifique attention ! De mon côté j'ai trouvé ce début de soirée extrêmement agréable. J'espère que vous aussi.
—Oui. C'est un oui, assumé.
—Et si nous reprenions par une danse ? Qu'en pensez-vous ?
Elle ne répond pas, mais Hervé retourne dans sa chambre, lance manifestement une Playlist de son smartphone, éteint la lumière du plafond pour ne garder qu'une lampe de chevet. C'est un peu théâtral lorsqu'il lui tend la main alors qu'elle est encore sur le pas de sa porte.
""C'est une excellente idée"". Il m'avait dit, lorsqu'après avoir fait un peu connaissance, je lui avais parlé de ce que j'envisageais. Je ne voulais pas d'amant sorti de je ne sais d'où, même si c'était moi qui le choisissais et préparais tout afin que Laure le "consomme" devant moi.
""J'ai toujours regretté la façon dont cela s'était passé. Non pas qu'un homme la baise devant moi, c'est ce que je voulais et mon épouse aussi, mais avec juste un petit apéritif alors que tous les trois on savait ce qui allait se passer. Ce n'est maintenant qu'un souvenir noyé parmi les autres. Je ne me souviens même pas de la tête qu'il avait et j'ai bien peur que ma femme non plus.""
Mon scénario lui avait donc plu et il avait même participé à sa préparation en me conseillant cette auberge qu'il connaissait et qui, selon lui, était à la fois romantique et chargée de sensualité par la clientèle qui la fréquentait.
Elle le franchit et avance vers lui alors que je suis dans mes pensées. Il lui prend la main et la pose sur son épaule avant de l'enlacer.
Ils dansent. Il l'embrasse. Je me dis qu'elle peut comparer le baiser de son futur amant avec celui de son mari. Mais je chasse cette pensée qui m'entraînerait trop loin. Surtout ne pas comparer…
De mon côté je vais éteindre la lumière, une lumière qui trouble l'éclairage diffus organisé par Hervé.
Ils dansent. Non, ils ne dansent plus. Déjà je vois Hervé tirer sur le Zip de la robe, Zip qui descend assez pour permettre aux bretelles de passer la courbe de l'épaule et s'arrêter aux bras. De longues secondes, elles restent ainsi, car Laure a entrepris de détacher les boutons de la chemise de l'homme. Elle paraît impatiente, pressée de libérer le torse, un torse velu, une forêt de duvet qu'elle explore en posant ses deux mains sur le thorax.
La chemise tombe à terre et c'est alors seulement qu'elle laisse ses bras se tendre le long de son corps. Les bretelles glissent sans bruit. La robe cesse sa chute le temps d'une seconde, bloquée au niveau de la taille, mais il lui suffit d'une pichenette pour qu'elle poursuive son chemin.
Elle est nue. Sa robe ne supportait pas le port d'un soutien-gorge et j'ai sa petite culotte dans ma poche.
Il la caresse. Il a mangé son minou dans une quasi-obscurité, et l'éclairage diffus de la chambre est un soleil à côté.
Elle s'attaque à la ceinture. Le zip ne lui résiste pas. Le pantalon tombe. Le boxer moule ce que j'ai eu l'occasion de découvrir sur les photos que nous avons échangées avant notre première rencontre. Elle s'applique à bien tirer sur l'élastique afin de ne pas "offenser" ce qu'elle libère.
Le boxer va rejoindre le reste et je remarque en passant qu'Hervé est pieds nus. Pas de chaussettes toujours disgracieuses sur un corps d'homme nu.
Pour tirer sur le boxer, elle a été obligée de se baisser, puis de s'agenouiller. C'est comme, maintes et maintes fois, écrit, décrit, lu, fantasmé. Son visage est au niveau du sexe. Longue tige pour l'instant alanguie, mais que je sais capable d'extensions redoutables. Mais elle regarde dans ma direction. Je ne sais si elle peut me voir ?
Je redoute ce moment. Je le redoute et je l'attends. Difficile de savoir, de sonder ma propre vérité, pollué par tant de lectures, de récits de maris Candaulistes qui, la plupart, magnifient ce moment. C'est un peu par hasard que je suis ici. Par hasard, mais surtout conscient que le vécu de ma compagne ne peut être indéfiniment mis de côté. C'est une sorte de test que je m'impose. Tout ce que j'ai pu imaginer, pensé, n'est que suppositions Et si je ne le supporte pas ? Alors je serais dans la m… comment expliquer à Laure que c'était une erreur ? Que je ne peux pas ? Ce sera pire qu'avant, Hervé et cette soirée ayant donné un goût de revenez-y à ma compagne.
"""Du calme. Ne panique pas. Rien n'est joué. Rien n'est perdu. Tu n'as pas si mal réagi lorsque tu les as vu danser ! Pas plus que lorsque tu as vu Laure se laisser manger le minou et exprimer son plaisir !
Peut-être, mais maintenant c'est différent. Ils vont rentrer dans le dur du sujet.
Tu vois tu fais de l'humour.
De l'humour, mais quel humour ?
Ben, rentrer dans le dur… Sexe… verge… Dur, dur comme…
Si c'est pour raconter des conneries, tu peux retourner d'où tu viens. Je n'ai pas besoin d'une conscience grivoise.
Comme tu dis, je suis TA conscience et donc d'une certaine façon, c'est toi qui plaisantes.
Peut-être, mais ce n'est pas le moment.
Tu as raison, vois comme elle te cherche du regard. Elle est comme toi, pas si rassurée que ça ! Pourtant elle a dû faire ça de nombreuses fois et ce n'est pas de cela qu'elle a peur. C'est de toi, de ta réaction. Crois-moi, elle a conscience du sacrifice que tu fais. De cette preuve d'amour… Alors, ne gâche pas tout par une réaction trop rapide. Prends le temps.
Le temps. Tu en as de bonnes…"""
On dit que les pensées fusent à la vitesse de la lumière, alors je dois avoir une lumière bien lente, car je découvre que Laure a déjà saisi le sexe entre sa main et qu'elle a posé ses lèvres sur la pointe. Un gland caché par sa protection.
Je ne vois pas grand-chose, si ce n'est que la tige languissante se déploie pour se tendre vers des lèvres et une langue aventureuse.
"""Regarde comme c'est beau. Tu dois être fier d'elle. En quelques secondes elle a su le faire bander…"""
C'est vrai. Le sexe est maintenant assez dur pour qu'elle n'ait plus besoin de le tenir. Elle a posé ses mains sur les fesses velues de l'homme et alors qu'elle suce le mandrin je devine les caresses sur les muscles qui doivent rouler sous la peau.
Elle le suce avec gourmandise. Elle promène sa langue tout au long de la tige pour s'attarder sur les bourses. Pourtant, souvent son regard se dirige dans ma direction. Elle me cherche. Elle veut peut-être se rassurer. Elle aussi doit se demander si je n'ai pas présumé de mes forces…
L'homme la fait se relever. Lui aussi, par moment, jette un regard vers moi. Il ne doit pas me voir, peut-être une silhouette, mais pas plus.
Il l'entraîne. Il s'assied sur le lit. Elle veut le reprendre en bouche, mais il refuse. Il veut qu'elle monte sur lui.
Je comprends son empressement. Nous avons parlé de cet instant. Je lui ai confié mon inquiétude, que si je faisais cela c'était pour garder ma compagne. Je ne me suis confié à lui, comme à personne. Il connaît toutes mes pensées, les plus intimes.
Finalement c'est assez drôle. Tous deux pensent à moi. Je suis dans leurs pensées…
Pourtant Laure monte sur l'homme et descend sur le mandrin bien humide. Elle retient son cri, mais je l'entends tout de même. Elle n'est pas insensible à ce qu'elle fait entrer en elle. J'ai vu la beauté de la verge. J'ai vu combien le gland, une fois dégagé, affichait sa beauté et sa délicatesse. J'ai vu aussi que la hampe, bien droite paraissait si longue, si grosse, que j'ai un moment décidé de ne pas le retenir comme partenaire, car trop bien monté.
De toute façon c'est trop tard. Elle est maintenant assise sur les cuisses. Hervé s'est allongé. Elle bouge sur lui tout en caressant à nouveau la toison du thorax. Elle bouge et pourtant à nouveau elle regarde vers moi. Elle regarde et s'arrête.
—Lucas, ou es-tu ? Tu ne veux pas ? Tu ne veux plus ? Tu regrettes ?
Je n'ose répondre. Je ne m'attendais pas à cela. Et comme je ne réponds pas, elle se soulève, abandonne le mandrin qui retombe sur le pubis de l'homme. Elle se soulève, pose une jambe au sol, va venir.
Alors j'avance. Je fais les pas qui me mettent à la lumière.
En une seconde, je sais. Oui je sais. Elle m'aime, cela je n'en doutais pas, mais prendre soin de moi alors que ses sens sont sollicités par un homme, que déjà elle s'est empalée sur sa bitte, et que pourtant elle s'inquiète de moi, de mon ressenti, allant jusqu'à cesser son doux labeur pour venir vers moi.
Alors tout devient clair. Je me sens invité à la table des Dieux.
—Je suis là Chérie. Je ne voulais pas vous déranger. C'est un peu faux cul, mais je ne veux pas faire penser que j'hésitais encore. Tu es très belle. Si belle que te regarder est un bonheur.
Elle est rassurée. Je ne suis plus qu'à deux mètres, dans la chambre, avec Hervé sur le lit, lui aussi rassuré, car, et je le comprends, il risquait d'être privé d'une belle partie de baise.
Elle sourit et revient vers son amant. Deux secondes et le mandrin a retrouvé sa place avec cette fois-ci la satisfaction de provoquer un vrai soupir, soupir non retenu.
Elle se baise et c'est un plaisir de la voir libérée. Si elle tourne le visage vers moi, c'est pour me montrer combien c'est bon. Le trot bientôt ne lui suffit plus, c'est au galop qu'elle se lance, s'accrochant au duvet de son étalon.
Hervé proteste, mais juste pour le principe, d'ailleurs d'une ruade, il la désarçonne pour la coucher sur le lit et aussitôt l'enfiler dans un mouvement d'une fluidité parfaite.
Il la bourre et le galop, c'est le sien qu'il impose. Mais elle aime, elle apprécie, d'ailleurs elle plaque les mains sur les fesses de l'homme comme pour le garder encore un peu plus.
Elle me voit. Je lui souris, elle aussi. Elle tend son bras vers moi, quémandant un contact. Ma main trouve la sienne, elle la serre comme si sa vie en dépendait. Je sens chacune des avancées d'Hervé alors qu'il pousse son bâton dans un vagin qui laisse suinter un clapotis, qui hurle à qui veut bien l'entendre, qu'il est "gras" du désir de sa propriétaire.
Je participe. Elle le veut et je ne lui refuse pas. Mais sa pression se fait moins forte, ses yeux se ferment, elle est entraînée par son amant sur une route que je ne peux pas emprunter avec eux. Elle glisse sa main entre leurs deux corps et je sais pourquoi. Elle joue avec son clitoris, son petit bouton. Bouton, cela lui va bien, car lorsqu'elle est dans cet état-là, au bord de la jouissance, c'est comme si son clitoris servait de déclencheur.
Cela ne rate pas. Quelques secondes et sa jouissance arrivent. Hervé le sent et la bourre encore plus, la secouant comme une poupée désarticulée. Elle jouit et ses gémissements en sont les témoins. Cela dure deux, dix, vingt secondes de pur bonheur.
Elle revient avec moi. Elle me découvre, me sourit… Mais Hervé en veut plus. Il n'a pas joui. Son sexe brille, un reflet dans le clair-obscur de la chambre.
En deux gestes, il lui fait comprendre de se mettre en levrette. Il est derrière elle et je vois sa queue disparaître d'un coup de reins. Elle ressort et j'ai à peine le temps de la voir, qu'elle re disparaît.
Laure oscille au rythme des va-et-vient. Ses seins sont les métronomes. Et puis une poussée plus forte et elle bascule en avant. Elle ne cherche pas à se relever, le visage sur le drap, le dos cambré, les fesses qui forment une courbe harmonieuse, mais au combien, perverse avec ce dard qui disparaît. Hervé la baise avec ardeur. Je vois qu'il se contrôle moins bien, que ses mouvements sont moins calculés, plus spontanés.
Laure a tourné son visage vers moi. A nouveau cette main tendue qui peine à se soulever du lit. Je m'approche. Je m'agenouille devant elle. Son corps est mon horizon. Sa tête et ses épaules plaquées contre le drap, les reins qui forment une pente en haut de laquelle, les fesses sont des collines et derrière ces collines, le ventre d'un homme, qui bouge, bouge.
Je ne quitte plus son visage, son regard, ses yeux. Tout reflète le plaisir et je comprends pourquoi certains hommes aiment pouvoir suivre le plaisir sur le visage de leur femme. En temps normal, je suis trop impliqué pour être réceptif aux détails. Il me suffit de voir qu'elle a du plaisir. Mais ici, je suis un examinateur attentif et chaque expression est une page à déchiffrer.
Soudain son regard change. Je comprends en regardant vers Hervé et constate qu'il dirige son dard vers l'autre chemin.
C'est un souffle continu qui accompagne la progression de l'engin dans son cul. Elle a la bouche ouverte, mais déjà elle réagit. Hervé se déchaîne. Il l'enfile avec de grands coups de reins. À nouveau elle me quitte pour rejoindre son amant. Cette fois-ci, lui aussi, est emporté dans le maelstrom. Tous deux gémissent, poussent des petits cris.
C'est si fort qu'elle ne peut pas résister et se retrouve totalement allongée avec ce dard qui la transperce.
Hervé la couvre et maintenant je ne vois plus que ses fesses qui bougent, preuves qu'il continue de l'enculer.
Et puis, de nouveaux cris. Elle jouit encore alors qu'Hervé se libère en elle.
Ils sont allongés, immobiles, comme morts si ce n'est leur respiration rapide.
Je décide de les laisser seuls. De toute façon Laure semble anéantie.
Je laisse ma chambre dans le noir. Je m'allonge sur le lit. De longues minutes je n'entends rien. Et puis, une silhouette… Un bruit d'eau… La silhouette d'un homme. Hervé a dû aller faire un brin de toilette.
Toujours le silence. Et puis comme un lit qui bouge. Ils ont dû recommencer. J'imagine qu'Hervé veut remettre le couvert et probablement que Laure aussi. Mais une silhouette franchit la porte.
—Chéri tu dors ?
—Non, je voulais vous laisser un peu seul.
—C'est gentil, mais ne reste pas là, viens avec nous.
Elle me tend la main pour que je me lève. Je le fais, curieux de sa proposition. Elle m'enlace, pose un baiser sur mes lèvres, et doucement j'entends un "Merci, mon amour". Mais elle ne me laisse pas le temps de répondre que déjà elle franchit la porte.
Hervé est sur le lit, allongé, confortable, les mains croisées sous la tête. Il me regarde. Pas de défi sur son visage, plutôt de la satisfaction. Il peut l'être, du plaisir donnée et reçu, mais aussi dans l'accomplissement du scénario écrit à deux mains. Voilà un partenaire parfait qui a joué son rôle de séducteur et d'amant sans une faute.
Laure s'allonge à côté de lui et sans un mot, tapote la place à côté d'elle dans une invitation muette, mais évidente.
Je vais obéir et soudain je réalise que s'ils sont nus, moi je suis encore habillé. Laure voit mon hésitation et se relève.
—Tu seras plus à l'aise, sans.
Il ne lui faut pas longtemps pour me mettre à nu. Le moment, chaussures, chaussettes me fait un peu ridicule.
Elle retourne à sa place. Je m'allonge à son côté.
Un long silence. On n'entend que nos respirations. Et puis je sens sa main sur mon ventre, main qui va se saisir de mon sexe. En tournant la tête, je vois qu'elle a fait pareil avec celui d'Hervé. Je comprends que son invitation n'est pas seulement pour un repos, mais plus pour… Je bande et je vois qu'Hervé aussi.
Elle se lève, à genoux, et se tourne vers nous. Elle approche son visage, m'embrasse, mais ne s'attarde pas. Déjà elle promène ses lèvres sur mon torse, mon ventre, mon pubis. Elle me gobe et je ne peux m'empêcher de voir qu'elle tient toujours le sexe de mon voisin.
Elle me suce.
Elle le suce.
La soirée n'est pas terminée.
Comme nous le disions dans l'introduction du premier texte (Notre Rencontre), cette série de récits (La vérité toute nue) relate notre vécu, notre Vrai vécu pendant toutes ces années. Vous retrouverez des moments, des lieux, des situations, qui ont servi de base pour tout ce que nous avons publié. Nous essayons d'être le plus près possible de la réalité en confrontant nos souvenirs et c'est dans ces moments-là que l'on peut voir combien la mémoire est sélective.
Donc dans le récit (Notre rencontre, 01), vous avez appris comment Laure et moi avons fait connaissance. Vous avez aussi appris que Laure n'est pas une ingénue et qu'avec son mari elle vivait un libertinage parfaitement assumé. Mais c'était Avant de me rencontrer.
Dans (Le cadeau, 02) je relate comment j'ai été nul alors que Laure me fait le cadeau de son amie et complice, Armelle. Heureusement je récupère le coup et sauve notre réputation.
Première rencontre Candauliste : Hervé
Je n'ai pas voulu de ces scenarii "bateaux" du genre :
Le mari met un bandeau à sa femme et après l'avoir bien chauffée, par la parole ou par l'action, il fait entrer un autre homme qui prend sa place, sans que la femme s'en aperçoive, du moins elle fait "comme ci"…
Ou bien invite un ami pour dîner, ami qui se révèle entreprenant, qui séduit l'épouse évidemment consentante "briefée" par son époux après une conversation du genre : Je fantasme de te voir avec un autre homme…
Éliminée d'office la soirée en club libertin. Je ne voulais surtout pas que cette première fois puisse lui rappeler toutes les autres avec son Ex. En plus je ne me voyais pas à l'aise.
Pas plus, la soirée Strip-Poker avec la succession de gages conduisant à l'ultime…
Je voulais quelque chose de plus naturel.
Une fois la décision prise de sauter le pas, ce pas qu'Armelle m'avait fortement conseillé de franchir, mais que moi aussi, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, me paraissait une étape inéluctable. Je ne voulais pas la perdre et même si rien ne me donnait de raisons d'y croire, je ne pouvais m'enlever de la tête, que je devais lui paraître bien fade comparé à la diversité de ses amants avec son Ex. En plus son cadeau avec Armelle pour notre anniversaire avait tout d'une suggestion même si lorsque je lui avais posé la question :
Chéri, merci pour ce cadeau, mais est ce que je dois penser que tu aimerais le même genre pour…
Non, non. Elle avait répondu.
Mais malgré ses négations, cela paraissait évident. Je n'oubliais pas la façon dont elle avait compensé mon manque de courage en allant au-devant de son amie. Cela avait paru si naturel que Laure déshabille Armelle tout en la caressant avant de plonger entre ses cuisses pour lui manger le minou. Ce n'était pas du "chiqué", les gémissements d'Armelle en avaient apporté la preuve. Et puis, après m'avoir cédé la place, elle s'était transformée en voyeuse attentive. Elle devait penser que j'étais trop "investi" dans mon action pour ne pas regarder vers elle. Pourtant j'avais bien vu qu'elle se caressait et surtout lorsque je suis revenu vers elle après avoir raccompagné sa complice, elle avait été d'une gourmandise délicieuse, preuve d'une excitation qui la dénonçait. Je dois avouer aussi que, gommant ma couardise honteuse, le souvenir de ce moment était particulièrement agréable.
Il ne manque pas de candidats pour aider un mari Candauliste. Pour connaître les goûts de Laure, j'ai fait appel à Armelle, après lui avoir fait jurer de rester muette comme une tombe. Je ne suis pas certain que le couvercle de la tombe reste fermé pendant très longtemps, mais au moins le temps de tout organiser.
Un homme d'un certain âge, surtout pas un minet, les cheveux blancs si possible, bien fait de sa personne, bien élevé, surtout pas vulgaire en acte et en paroles.
Pas facile de juger, "sur dossier internet", si c'est le bon candidat. Un entretient par téléphone suivi d'une rencontre. Une vraie embauche pour un rôle dont j'avais bien du mal à cerner les contours. Hervé s'est prêté au jeu sans rechigner. Il était mari Candauliste dans "le civil" et donc à même de me comprendre. C'est même lui qui m'a conseillé le lieu.
Une auberge en bordure de forêt. Combien de fois avais-je lu des récits dans un lieu comme ici. Hôtel suffisamment discret pour servir de nid à des amours adultères. C'est comme un écrin pour que tous se sentent uniques.
—Comment tu connais cette auberge ? Me demande Laure alors que nous arrivons.
—C'est ici que j'amenais toutes mes maîtresses. Je badine, alors qu'elle sait très bien que j'ai été un époux "presque" fidèle.
—En tout cas c'est un cadre propice aux amants.
—C'est bien ce que nous sommes, n'est-ce pas ?
Chambre "inaugurée" avant de descendre dîner. Laure est en forme. Mais je n'assure pas un deuxième service. Je veux qu'elle soit un peu en manque.
Dîner en extérieur. La piste de danse est matérialisée et cachée par une haie qui l'isole de la partie restaurant. (Décidemment les haies ont marqué chaque étape de notre vie…)
—Ne te retourne pas, mais discrètement tu regarderas derrière toi. Il y a un homme seul. C'est bizarre, il n'y a que des couples ici. M'annonce Laure.
—Peut-être que son rendez-vous s'est décommandé au dernier moment. Où qu'elle est en retard.
—Il regarde beaucoup vers nous. C'est notre voisin, tu sais il nous a salués, on est sorti de nos chambres en même temps.
—Que veux-tu, tu es la plus belle. Attends, je regarde.
Je fais tomber ma serviette. Un coup d'œil discret et je vois Hervé. Ce n'est évidemment pas une surprise. J'ai réservé les tables, comme j'ai réservé les chambres. L'accueil de l'auberge n'a pas été étonné lorsque j'ai précisé : Deux chambres avec une porte de communication.
—C'est bien lui.
—Il a dû te remarquer. Il vient vers nous.
Il arrive derrière moi, il se plante sur le côté.
—Bonsoir, plutôt re bonsoir. Nous sommes voisins, je crois.
—En effet. Un silence. Charmante soirée. Vous venez souvent ici ?
—Non, et vous ?
—Non plus ! Je vous présente Laure, ma compagne. Moi c'est Lucas.
—Enchanté. Moi, c'est Hervé. Un silence. C'est une bonne idée, cette piste de danse séparée par une haie.
—Oui, en effet.
—Oserai-je vous inviter Madame, si Lucas est d'accord bien sûr ?
L'invitation surprend Laure. Elle ne s'y attendait pas. Elle me regarde et comme je ne réagis pas, elle accepte.
Elle se lève. Il la laisse passer devant. Juste avant de disparaître derrière la haie, Hervé regarde vers moi.
Ils ne réapparaissent que deux slows plus tard. Je prends cela pour un bon signe. Vieille France, il l'aide à s'asseoir en déplaçant la chaise. Puis nous laisse après un : Merci. Bonne soirée.
—Alors ? Je questionne.
—Alors quoi ?
—Vous avez parlé.
—Un peu.
—Il t'a dit pourquoi il est seul.
—Oui, en effet, elle a annulé au dernier moment.
—Le pauvre. Je le plains. Se retrouver seul avec tous ces couples. Et il t'a questionnée ?
—Un peu. Mais juste par politesse. Il ne s'est pas montré indiscret.
—C'est tout de même étrange qu'il soit venu t'inviter.
—Nos chambres sont voisines et nos tables aussi.
—Moi, je penserais plutôt que tu lui plais. Il t'a fait des avances ? Il est bel homme. Un peu vieux peut-être.
—Il a son charme.
—Oh, oh !! Donc des avances !
—Raisonnablement. Il faut dire que le lieu s'y prête. Viens donc danser, tu verras.
Elle m'entraîne. Une fois la haie franchie, la piste apparaît. En réalité on ne voit pas grand-chose, si ce ne sont des couples enlacés. L'éclairage est inexistant, à part des spots discrets qui éclairent la haie par-dessous.
—Alors il t'a enlacé comme cela ? Dis-je, avec une voix rieuse, alors que je serre son corps contre le mien.
—Tout de même pas si fort. Mais il y a de l'idée. Elle aussi se fait mutine. Il faut dire aussi que la robe que tu m'as faite mettre, ce décolleté, ce V dans le dos…
—Je n'avais pas prévu que tu te ferais draguer.
—Mais… Nous avons juste dansé…
—Je plaisante chérie. C'est vrai que cette robe offre plein de possibilités. Et je glisse une main entre tissu et peau, la poussant contre ses reins, effleurant les fesses. Moi a sa place j'aurais…
—Mais tu n'es pas à sa place. Il a su rester à la sienne.
—On dirait que tu le regrettes.
—Lucas, tu joues à quoi ?
—Je plaisante. Dansons.
Nous dansons, collés l'un à l'autre. Je la caresse. Je l'embrasse dans le cou. Elle ronronne comme une chatte, signe de son envie.
—J'ai l'impression que de l'autre côté il s'en passe de belles. Cela ne te rappelle rien ? Tu sais la fois ou on a vu Armelle…
—Oui, bien sûr. On pourrait peut-être aller…
—Plus tard Chérie. Ton admirateur doit de languir.
—Je suis toute chaude. Tu ne vas pas me laisser comme ça. Allez viens, il attendra bien un peu, je me fous de lui.
—Il faut savoir attendre.
—Salaud. Tu mériterais que…
Elle ne termine pas sa phrase. À peine assis qu'Hervé revient.
—Puis-je ?
Et il tend sa main vers elle. C'est avec un regard de défi qu'elle s'en saisit. Ils disparaissent. Je me retiens d'aller surveiller. Mais non. Ils reviennent une danse seulement après.
—Si vite ?
—Il a été beaucoup plus "envahissant".
—Ah et cela ne t'a pas plu ?
—Tu oublies que nous sommes ensemble… Tu aurais voulu que je me laisse caresser comme…
—Je ne sais pas. Et toi ?
—Lucas ! Tu fais quoi ?
—Tu te souviens de ma proposition ? Tu l'avais rejetée, car tu considérais que cela aurait été une infidélité. Je comprends maintenant, surtout après ton cadeau. Mais maintenant, si cet homme te plaît, pourquoi pas… Je suis ici, et donc ce serait un peu comme pour Armelle. Tu ne crois pas ?
—Lucas, tu te rends compte de ce que tu dis ?
—Mais oui. Si cet homme te plaît et ma foi, tu n'étais pas revenue si vite autrement.
—Je suis revenue, car il était très envahissant.
—Et tu avais peur de céder à ses avances.
—Mais non…
—Pas de mensonge…
—Bon d'accord.
—Alors, pourquoi t'en priver ?
—Mais, Lucas, toi tu…
—Je ne serai pas bien loin. Peut-être qu'il t'entraînerait de l'autre côté de la piste de danse, comme les couples que nous avons vus.
—Mais. Tu es fou. Tu joues avec le feu, je pourrais accepter, te prendre au mot.
—Je suis certain qu'il nous regarde, qu'il te regarde. N'est-ce pas ?
—Oui.
—Donne-moi ta petite culotte.
—Mais…
—Il devrait comprendre le message, n'est-ce pas ? Je n'ai pas d'expérience dans ce genre de situation, mais si moi j'étais à sa place et que je voyais la femme que je convoite, donner sa petite culotte à son mari, et que ce mari l'accepte, alors je prendrais ce geste comme une invitation.
—Je… Tu es terrible…
Mais elle passe sa main sous sa robe et fait descendre le triangle de dentelle pour me le donner. Hervé se lève et se dresse devant nous. Pas un mot, juste un sourire et une main tendue.
—Tu es bien sûr ?
Elle me demande, me soufflant cette question à l'oreille, alors qu'elle se lève.
Un sourire est ma réponse.
Mais aussi, alors qu'elle va disparaître avec Hervé, qu'elle regarde dans ma direction, je me lève ostensiblement et commence à me diriger vers eux. Elle sait que je vais les suivre…
Je me cache derrière la haie. Je cherche à les reconnaître. Hervé, avec qui j'ai imaginé toutes les situations, se charge de les faire voir. Ils sont là, tous les deux, soudés l'un à l'autre, leur baiser ardent hurlant leur désir. Les mains de l'homme explorent comme moi, je l'ai fait avant, le creux des reins, les galbes des hanches, la fermeté des fesses. Il ne leur a pas fallu longtemps pour se laisser aller. Laure avait résisté aux premiers assauts, mais maintenant avec l'accord de son mari, devenu son complice, elle doit retrouver des sensations qu'elle pensait ne jamais revivre.
Mais Hervé veut l'entraîner. Sur le site de l'auberge, il m'avait expliqué et montré, combien, après la piste de danse, zone de découverte et de transition, il existait des havres d'intimités créés pour accueillir les couples qui voulaient profiter de la nature avant de rejoindre leur chambre.
Je les suis. Plutôt j'essaie de les suivre, mais c'est un vrai labyrinthe et ce n'est pas la lueur des étoiles qui facilite ma recherche. C'est au moment où je pense devoir abandonner tout espoir que je les retrouve. Le lieu est rustique. Un banc, juste un banc dans un écran de verdure. Mais le bois ne semble pas trop dur à celle qui est allongée dessus. Il faut dire que l'homme accroupi devant elle, la tête disparaissant entre des cuisses maintenues presque verticales par des bras puissants, lui distille des caresses qui font oublier la rugosité de la couche. La musique est loin, elle est remplacée par des bruits qui montrent que la musique des corps est aussi harmonieuse. Un cri, un gémissement un peu plus fort, un "oui" qu'on ne saurait dire féminin ou masculin, enfin toute une ambiance érotique et même plus. Laure s'est jointe au concert. Hervé a libéré les chevilles et les pieds sont venus se poser sur les épaules de l'homme. Je devine comme des serpents qui avancent sous la robe. Ils semblent atteindre la poitrine qu'aucun soutien-gorge ne protège. Elle ondule sous les caresses. Ses cuisses étreignent la tête qui s'active, déclenchant des ondées de plaisir. Elle gémit, sa respiration s'accélère, son ventre se pousse pour un peu plus, pour que la langue avance un peu plus, que les lèvres aspirent un peu plus, que son clitoris se gonfle encore un peu plus. Et puis elle jouit, une longue jouissance que nous les hommes ne connaissons pas, de ce plaisir qui dure comme une éjaculation continue, un écoulement de sa liqueur, du suc qu'Hervé doit recueillir.
Un suc que l'homme lui propose en se redressant pour l'embrasser. Je découvre que son sexe pointe hors du pantalon, tige rigide, preuve d'une excitation évidente. Ils s'embrassent. Hervé la couvre de son corps, sa bitte doit chercher le chemin grassement préparé. Pourtant, on avait décidé que… Je vois les jambes de Laure faire une prison autour des reins d'Hervé. Il va la… Mais je devine qu'il bouge, que son baiser cesse, qu'il lui parle. Elle le libère.
Les bruits s'éloignent… Hervé se redresse… Je le vois remettre son sexe dans son pantalon… C'est au tour de Laure de se redresser, de réajuster sa robe, de frotter le tissu pour chasser des aiguilles de pin ou des brindilles.
Je me sauve.
Ils me retrouvent à notre table.
—Merci pour cette danse. Dit l'homme avec un sourire qui en dit long. Il retourne à sa table.
—Alors, c'était comment ?
—Mais tu as bien vu.
—Non, je vous ai perdu. Dis-moi.
—Ça me gêne.
—Alors, allons danser, tu seras peut-être moins timide, coquine.
La danse est comme au confessionnal. On ne voit pas, on se confie à une oreille.
—Alors ? Je vous ai vu danser et cela semblait bien chaud entre vous. Mais ensuite.
—Il y a des îlots entre les haies. On en a trouvé un.
—Et…
—Je l'ai… enfin tu vois.
—Embrassé ? …Non… Caressé ? …Oui, enfin pas que… Branlé ..? Un peu… Et il est comment ? Plus gros, plus petit, plus ? …Chéri on ne pose pas ce genre de question. On ne compare pas…. Et tu l'as sucé ? …Oui, il avait envie. Et moi aussi. Tu sais bien, tu m'avais excitée et lui aussi en dansant… Il a joui dans ta bouche ? …Non, il m'a demandé d'arrêter. De toute façon je n'aurais pas accepté, la sécurité tu comprends…. Ah, tu as raison, je n'ai pas l'habitude. Et après ? …Il m'a fait un cunni... . Et après ? Vous avez ? …Non, il m'a dit : Je suis dans la chambre juste à côté, ce sera plus confortable et votre mari pourra nous regarder…. Oh, vraiment ? … Mot pour mot. Il nous a pris pour un couple Candauliste, tu sais les couples ou le mari regarde… Oui, je sais. …Il faut dire aussi qu'avec la petite culotte cela ressemblait bien à cela vu de l'extérieur. Tu ne dis rien, tu es fâché ?... Mais non mon amour, du moment que toi tu es satisfaite.
Nous retournons à notre table.
—Tient il est parti. Remarque, Laure. Je soupçonne un brin de regret dans sa voix.
—Il est tard. Nous pourrions monter ?
—Tu as raison, je n'ai pas vu le temps passer.
La chambre paraît bien silencieuse.
—Je n'avais pas remarqué qu'il y avait une porte entre les deux chambres.
—Oui et certainement doublée par une autre.
Cette remarque de Laure montre que la phrase d'Hervé a fait son chemin. C'est bien normal, j'ai fait ce qu'il fallait. Pour une libertine expérimentée comme elle et un mari partageur, la suite de la soirée serait une évidence. Pourtant elle ne dit rien, pas un mot de plus.
—Viens dans mes bras, ma Chérie. Elle se laisse câliner. Si tu as envie, tu peux frapper à la porte. Il doit attendre.
—Lucas, tu…
—Tu as envie de continuer avec cet homme ?
—Oui, bien sûr, mais…
—Je t'aime. Tu dois me pardonner avant de frapper à cette porte.
—Pardonner, mais quoi mon Dieu, tu es...
—Je t'ai un peu menti, par omission aussi.
—Ah !
—Je voulais, moi aussi, te faire un cadeau. J'ai conscience que de te priver de la liberté que tu avais avant, était une contrainte trop lourde et qu'au fil du temps, tu finirais par ne plus m'aimer, même peut être me détester…
—Mais jamais, jamais.
—Tu m'as bien dit que cela te manquait ?
—Un peu, juste un peu.
—J'ai bien vu comment avec Armelle tu étais à l'aise et je pense aussi "un peu" envieuse.
—C'était beau de te voir lui donner tant de plaisir.
—Eh bien c'est à moi maintenant. Mais je voulais que pour une première fois, il y ait un peu de séduction et surtout que ce soit différent d'avec ton Ex.
—Ce ne sera jamais pareil.
—J'ai donc préparé ce plan. J'ai sélectionné Hervé, il a de l'expérience. J'ai organisé cette soirée. Je voulais que d'une certaine façon il te séduise, qu'il te plaise.
—Tu plaisantes ?
—Non, c'est vrai. Tu es fâchée ?
—Mais je n'ai rien vu venir.
—Alors je suis heureux. Nous pourrons nous souvenir plus tard de cette première fois…
—Tu dis "première fois" cela signifie que…
— Je suis impatient de te voir dans ses bras.
—Mais tu crois que…
—Il suffit de frapper à la porte…
—Je t'aime. Un long silence où elle me regarde, puis la porte. Surtout n'oublie jamais que je t'aime, que tu es le seul qui compte pour moi, même si par moment, emportée par… enfin tu vois.
—Je vois et j'entends. Je peux frapper moi-même ? Je sais c'est un peu théâtral, mais…
—Si tu veux, mais attends.
Elle avance vers moi, elle m'enlace, m'embrasse fougueusement, me libère et me souffle dans l'oreille :
—Je t'aime, je t'aime, je t'aime… Et elle fait un pas de recul pour faire face à la porte.
Avant de frapper, je dois déjà ouvrir la porte de notre côté qui est fermée avec une clé dans la serrure.
Une autre porte, semblable à celle que je viens d'ouvrir en grand.
Un regard vers Laure et je frappe. Trois petits coups discrets, mais qui résonnent dans ma tête. Je ne suis plus sûr de rien et pourtant je fais le pas de côté afin que ma compagne se retrouve face au panneau de bois.
On entend le bruit de la clé et aussitôt le panneau s'ouvre.
Il est là, devant elle, éclairé en contre-jour.
—Bonsoir Laure.
—Bonsoir.
—Je suis heureux de vous revoir. Elle ne répond pas, mais sourit. J'espère que vous ne m'en voulez pas de m'être prêté au petit jeu que Lucas a inventé. Quelle magnifique attention ! De mon côté j'ai trouvé ce début de soirée extrêmement agréable. J'espère que vous aussi.
—Oui. C'est un oui, assumé.
—Et si nous reprenions par une danse ? Qu'en pensez-vous ?
Elle ne répond pas, mais Hervé retourne dans sa chambre, lance manifestement une Playlist de son smartphone, éteint la lumière du plafond pour ne garder qu'une lampe de chevet. C'est un peu théâtral lorsqu'il lui tend la main alors qu'elle est encore sur le pas de sa porte.
""C'est une excellente idée"". Il m'avait dit, lorsqu'après avoir fait un peu connaissance, je lui avais parlé de ce que j'envisageais. Je ne voulais pas d'amant sorti de je ne sais d'où, même si c'était moi qui le choisissais et préparais tout afin que Laure le "consomme" devant moi.
""J'ai toujours regretté la façon dont cela s'était passé. Non pas qu'un homme la baise devant moi, c'est ce que je voulais et mon épouse aussi, mais avec juste un petit apéritif alors que tous les trois on savait ce qui allait se passer. Ce n'est maintenant qu'un souvenir noyé parmi les autres. Je ne me souviens même pas de la tête qu'il avait et j'ai bien peur que ma femme non plus.""
Mon scénario lui avait donc plu et il avait même participé à sa préparation en me conseillant cette auberge qu'il connaissait et qui, selon lui, était à la fois romantique et chargée de sensualité par la clientèle qui la fréquentait.
Elle le franchit et avance vers lui alors que je suis dans mes pensées. Il lui prend la main et la pose sur son épaule avant de l'enlacer.
Ils dansent. Il l'embrasse. Je me dis qu'elle peut comparer le baiser de son futur amant avec celui de son mari. Mais je chasse cette pensée qui m'entraînerait trop loin. Surtout ne pas comparer…
De mon côté je vais éteindre la lumière, une lumière qui trouble l'éclairage diffus organisé par Hervé.
Ils dansent. Non, ils ne dansent plus. Déjà je vois Hervé tirer sur le Zip de la robe, Zip qui descend assez pour permettre aux bretelles de passer la courbe de l'épaule et s'arrêter aux bras. De longues secondes, elles restent ainsi, car Laure a entrepris de détacher les boutons de la chemise de l'homme. Elle paraît impatiente, pressée de libérer le torse, un torse velu, une forêt de duvet qu'elle explore en posant ses deux mains sur le thorax.
La chemise tombe à terre et c'est alors seulement qu'elle laisse ses bras se tendre le long de son corps. Les bretelles glissent sans bruit. La robe cesse sa chute le temps d'une seconde, bloquée au niveau de la taille, mais il lui suffit d'une pichenette pour qu'elle poursuive son chemin.
Elle est nue. Sa robe ne supportait pas le port d'un soutien-gorge et j'ai sa petite culotte dans ma poche.
Il la caresse. Il a mangé son minou dans une quasi-obscurité, et l'éclairage diffus de la chambre est un soleil à côté.
Elle s'attaque à la ceinture. Le zip ne lui résiste pas. Le pantalon tombe. Le boxer moule ce que j'ai eu l'occasion de découvrir sur les photos que nous avons échangées avant notre première rencontre. Elle s'applique à bien tirer sur l'élastique afin de ne pas "offenser" ce qu'elle libère.
Le boxer va rejoindre le reste et je remarque en passant qu'Hervé est pieds nus. Pas de chaussettes toujours disgracieuses sur un corps d'homme nu.
Pour tirer sur le boxer, elle a été obligée de se baisser, puis de s'agenouiller. C'est comme, maintes et maintes fois, écrit, décrit, lu, fantasmé. Son visage est au niveau du sexe. Longue tige pour l'instant alanguie, mais que je sais capable d'extensions redoutables. Mais elle regarde dans ma direction. Je ne sais si elle peut me voir ?
Je redoute ce moment. Je le redoute et je l'attends. Difficile de savoir, de sonder ma propre vérité, pollué par tant de lectures, de récits de maris Candaulistes qui, la plupart, magnifient ce moment. C'est un peu par hasard que je suis ici. Par hasard, mais surtout conscient que le vécu de ma compagne ne peut être indéfiniment mis de côté. C'est une sorte de test que je m'impose. Tout ce que j'ai pu imaginer, pensé, n'est que suppositions Et si je ne le supporte pas ? Alors je serais dans la m… comment expliquer à Laure que c'était une erreur ? Que je ne peux pas ? Ce sera pire qu'avant, Hervé et cette soirée ayant donné un goût de revenez-y à ma compagne.
"""Du calme. Ne panique pas. Rien n'est joué. Rien n'est perdu. Tu n'as pas si mal réagi lorsque tu les as vu danser ! Pas plus que lorsque tu as vu Laure se laisser manger le minou et exprimer son plaisir !
Peut-être, mais maintenant c'est différent. Ils vont rentrer dans le dur du sujet.
Tu vois tu fais de l'humour.
De l'humour, mais quel humour ?
Ben, rentrer dans le dur… Sexe… verge… Dur, dur comme…
Si c'est pour raconter des conneries, tu peux retourner d'où tu viens. Je n'ai pas besoin d'une conscience grivoise.
Comme tu dis, je suis TA conscience et donc d'une certaine façon, c'est toi qui plaisantes.
Peut-être, mais ce n'est pas le moment.
Tu as raison, vois comme elle te cherche du regard. Elle est comme toi, pas si rassurée que ça ! Pourtant elle a dû faire ça de nombreuses fois et ce n'est pas de cela qu'elle a peur. C'est de toi, de ta réaction. Crois-moi, elle a conscience du sacrifice que tu fais. De cette preuve d'amour… Alors, ne gâche pas tout par une réaction trop rapide. Prends le temps.
Le temps. Tu en as de bonnes…"""
On dit que les pensées fusent à la vitesse de la lumière, alors je dois avoir une lumière bien lente, car je découvre que Laure a déjà saisi le sexe entre sa main et qu'elle a posé ses lèvres sur la pointe. Un gland caché par sa protection.
Je ne vois pas grand-chose, si ce n'est que la tige languissante se déploie pour se tendre vers des lèvres et une langue aventureuse.
"""Regarde comme c'est beau. Tu dois être fier d'elle. En quelques secondes elle a su le faire bander…"""
C'est vrai. Le sexe est maintenant assez dur pour qu'elle n'ait plus besoin de le tenir. Elle a posé ses mains sur les fesses velues de l'homme et alors qu'elle suce le mandrin je devine les caresses sur les muscles qui doivent rouler sous la peau.
Elle le suce avec gourmandise. Elle promène sa langue tout au long de la tige pour s'attarder sur les bourses. Pourtant, souvent son regard se dirige dans ma direction. Elle me cherche. Elle veut peut-être se rassurer. Elle aussi doit se demander si je n'ai pas présumé de mes forces…
L'homme la fait se relever. Lui aussi, par moment, jette un regard vers moi. Il ne doit pas me voir, peut-être une silhouette, mais pas plus.
Il l'entraîne. Il s'assied sur le lit. Elle veut le reprendre en bouche, mais il refuse. Il veut qu'elle monte sur lui.
Je comprends son empressement. Nous avons parlé de cet instant. Je lui ai confié mon inquiétude, que si je faisais cela c'était pour garder ma compagne. Je ne me suis confié à lui, comme à personne. Il connaît toutes mes pensées, les plus intimes.
Finalement c'est assez drôle. Tous deux pensent à moi. Je suis dans leurs pensées…
Pourtant Laure monte sur l'homme et descend sur le mandrin bien humide. Elle retient son cri, mais je l'entends tout de même. Elle n'est pas insensible à ce qu'elle fait entrer en elle. J'ai vu la beauté de la verge. J'ai vu combien le gland, une fois dégagé, affichait sa beauté et sa délicatesse. J'ai vu aussi que la hampe, bien droite paraissait si longue, si grosse, que j'ai un moment décidé de ne pas le retenir comme partenaire, car trop bien monté.
De toute façon c'est trop tard. Elle est maintenant assise sur les cuisses. Hervé s'est allongé. Elle bouge sur lui tout en caressant à nouveau la toison du thorax. Elle bouge et pourtant à nouveau elle regarde vers moi. Elle regarde et s'arrête.
—Lucas, ou es-tu ? Tu ne veux pas ? Tu ne veux plus ? Tu regrettes ?
Je n'ose répondre. Je ne m'attendais pas à cela. Et comme je ne réponds pas, elle se soulève, abandonne le mandrin qui retombe sur le pubis de l'homme. Elle se soulève, pose une jambe au sol, va venir.
Alors j'avance. Je fais les pas qui me mettent à la lumière.
En une seconde, je sais. Oui je sais. Elle m'aime, cela je n'en doutais pas, mais prendre soin de moi alors que ses sens sont sollicités par un homme, que déjà elle s'est empalée sur sa bitte, et que pourtant elle s'inquiète de moi, de mon ressenti, allant jusqu'à cesser son doux labeur pour venir vers moi.
Alors tout devient clair. Je me sens invité à la table des Dieux.
—Je suis là Chérie. Je ne voulais pas vous déranger. C'est un peu faux cul, mais je ne veux pas faire penser que j'hésitais encore. Tu es très belle. Si belle que te regarder est un bonheur.
Elle est rassurée. Je ne suis plus qu'à deux mètres, dans la chambre, avec Hervé sur le lit, lui aussi rassuré, car, et je le comprends, il risquait d'être privé d'une belle partie de baise.
Elle sourit et revient vers son amant. Deux secondes et le mandrin a retrouvé sa place avec cette fois-ci la satisfaction de provoquer un vrai soupir, soupir non retenu.
Elle se baise et c'est un plaisir de la voir libérée. Si elle tourne le visage vers moi, c'est pour me montrer combien c'est bon. Le trot bientôt ne lui suffit plus, c'est au galop qu'elle se lance, s'accrochant au duvet de son étalon.
Hervé proteste, mais juste pour le principe, d'ailleurs d'une ruade, il la désarçonne pour la coucher sur le lit et aussitôt l'enfiler dans un mouvement d'une fluidité parfaite.
Il la bourre et le galop, c'est le sien qu'il impose. Mais elle aime, elle apprécie, d'ailleurs elle plaque les mains sur les fesses de l'homme comme pour le garder encore un peu plus.
Elle me voit. Je lui souris, elle aussi. Elle tend son bras vers moi, quémandant un contact. Ma main trouve la sienne, elle la serre comme si sa vie en dépendait. Je sens chacune des avancées d'Hervé alors qu'il pousse son bâton dans un vagin qui laisse suinter un clapotis, qui hurle à qui veut bien l'entendre, qu'il est "gras" du désir de sa propriétaire.
Je participe. Elle le veut et je ne lui refuse pas. Mais sa pression se fait moins forte, ses yeux se ferment, elle est entraînée par son amant sur une route que je ne peux pas emprunter avec eux. Elle glisse sa main entre leurs deux corps et je sais pourquoi. Elle joue avec son clitoris, son petit bouton. Bouton, cela lui va bien, car lorsqu'elle est dans cet état-là, au bord de la jouissance, c'est comme si son clitoris servait de déclencheur.
Cela ne rate pas. Quelques secondes et sa jouissance arrivent. Hervé le sent et la bourre encore plus, la secouant comme une poupée désarticulée. Elle jouit et ses gémissements en sont les témoins. Cela dure deux, dix, vingt secondes de pur bonheur.
Elle revient avec moi. Elle me découvre, me sourit… Mais Hervé en veut plus. Il n'a pas joui. Son sexe brille, un reflet dans le clair-obscur de la chambre.
En deux gestes, il lui fait comprendre de se mettre en levrette. Il est derrière elle et je vois sa queue disparaître d'un coup de reins. Elle ressort et j'ai à peine le temps de la voir, qu'elle re disparaît.
Laure oscille au rythme des va-et-vient. Ses seins sont les métronomes. Et puis une poussée plus forte et elle bascule en avant. Elle ne cherche pas à se relever, le visage sur le drap, le dos cambré, les fesses qui forment une courbe harmonieuse, mais au combien, perverse avec ce dard qui disparaît. Hervé la baise avec ardeur. Je vois qu'il se contrôle moins bien, que ses mouvements sont moins calculés, plus spontanés.
Laure a tourné son visage vers moi. A nouveau cette main tendue qui peine à se soulever du lit. Je m'approche. Je m'agenouille devant elle. Son corps est mon horizon. Sa tête et ses épaules plaquées contre le drap, les reins qui forment une pente en haut de laquelle, les fesses sont des collines et derrière ces collines, le ventre d'un homme, qui bouge, bouge.
Je ne quitte plus son visage, son regard, ses yeux. Tout reflète le plaisir et je comprends pourquoi certains hommes aiment pouvoir suivre le plaisir sur le visage de leur femme. En temps normal, je suis trop impliqué pour être réceptif aux détails. Il me suffit de voir qu'elle a du plaisir. Mais ici, je suis un examinateur attentif et chaque expression est une page à déchiffrer.
Soudain son regard change. Je comprends en regardant vers Hervé et constate qu'il dirige son dard vers l'autre chemin.
C'est un souffle continu qui accompagne la progression de l'engin dans son cul. Elle a la bouche ouverte, mais déjà elle réagit. Hervé se déchaîne. Il l'enfile avec de grands coups de reins. À nouveau elle me quitte pour rejoindre son amant. Cette fois-ci, lui aussi, est emporté dans le maelstrom. Tous deux gémissent, poussent des petits cris.
C'est si fort qu'elle ne peut pas résister et se retrouve totalement allongée avec ce dard qui la transperce.
Hervé la couvre et maintenant je ne vois plus que ses fesses qui bougent, preuves qu'il continue de l'enculer.
Et puis, de nouveaux cris. Elle jouit encore alors qu'Hervé se libère en elle.
Ils sont allongés, immobiles, comme morts si ce n'est leur respiration rapide.
Je décide de les laisser seuls. De toute façon Laure semble anéantie.
Je laisse ma chambre dans le noir. Je m'allonge sur le lit. De longues minutes je n'entends rien. Et puis, une silhouette… Un bruit d'eau… La silhouette d'un homme. Hervé a dû aller faire un brin de toilette.
Toujours le silence. Et puis comme un lit qui bouge. Ils ont dû recommencer. J'imagine qu'Hervé veut remettre le couvert et probablement que Laure aussi. Mais une silhouette franchit la porte.
—Chéri tu dors ?
—Non, je voulais vous laisser un peu seul.
—C'est gentil, mais ne reste pas là, viens avec nous.
Elle me tend la main pour que je me lève. Je le fais, curieux de sa proposition. Elle m'enlace, pose un baiser sur mes lèvres, et doucement j'entends un "Merci, mon amour". Mais elle ne me laisse pas le temps de répondre que déjà elle franchit la porte.
Hervé est sur le lit, allongé, confortable, les mains croisées sous la tête. Il me regarde. Pas de défi sur son visage, plutôt de la satisfaction. Il peut l'être, du plaisir donnée et reçu, mais aussi dans l'accomplissement du scénario écrit à deux mains. Voilà un partenaire parfait qui a joué son rôle de séducteur et d'amant sans une faute.
Laure s'allonge à côté de lui et sans un mot, tapote la place à côté d'elle dans une invitation muette, mais évidente.
Je vais obéir et soudain je réalise que s'ils sont nus, moi je suis encore habillé. Laure voit mon hésitation et se relève.
—Tu seras plus à l'aise, sans.
Il ne lui faut pas longtemps pour me mettre à nu. Le moment, chaussures, chaussettes me fait un peu ridicule.
Elle retourne à sa place. Je m'allonge à son côté.
Un long silence. On n'entend que nos respirations. Et puis je sens sa main sur mon ventre, main qui va se saisir de mon sexe. En tournant la tête, je vois qu'elle a fait pareil avec celui d'Hervé. Je comprends que son invitation n'est pas seulement pour un repos, mais plus pour… Je bande et je vois qu'Hervé aussi.
Elle se lève, à genoux, et se tourne vers nous. Elle approche son visage, m'embrasse, mais ne s'attarde pas. Déjà elle promène ses lèvres sur mon torse, mon ventre, mon pubis. Elle me gobe et je ne peux m'empêcher de voir qu'elle tient toujours le sexe de mon voisin.
Elle me suce.
Elle le suce.
La soirée n'est pas terminée.
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Commentaires ()
il me manque un peu le vécu de Laure, est elle sur la même longueur d onde. Est ce si différent que par le passé ?