Rally-raid
Chapitre unique
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Rally-raid — Chapitre unique

9 minutes
2.1k
Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

Auteur

Photo de profil de OliH
OliH
Histoires publiées
72
Chapitres publiés
135
Abonnés
40
J'aime cumulés
1.7k
Coup de cœur
Notre équipe a apprécié ce chapitre. Cliquez pour découvrir pourquoi.
L'avis peut contenir des indices sur l'intrigue.

Ce qui accroche d'emblée, c'est la précision des deux portraits : Camille qui rit trop fort pour cacher sa timidité, Lou qui sait réparer un carburateur mais rougit d'un compliment — on les connaît avant même que la panne arrive. La bascule du froid vers le désir se fait sans coup de théâtre, juste par petits millimètres, et c'est exactement ce réalisme-là qui rend la scène si juste. Le récit tient dans un équilibre rare entre drôlerie et émotion, et on referme le texte avec quelque chose de chaud et d'inattendu quelque part dans la poitrine.

Rally-raid

Chapitre unique

Elles s’appelaient Camille et Lou.
Camille, la grande brune aux épaules de nageuse, celle qui conduisait toujours un peu trop vite et qui riait fort pour masquer sa timidité profonde. Lou, la blonde aux cheveux courts en bataille permanente, celle qui savait réparer un carburateur avec un tournevis tordu et trois insultes bien placées, mais qui rougissait dès qu’on la complimentait sur ses yeux.
Elles étaient amies depuis le lycée. Vingt-deux ans d’histoires partagées, de secrets chuchotés sous les couettes, de voyages en stop, de cuites mémorables, de chagrins d’amour consolés à coup de glaces à trois heures du matin. Elles s’étaient toujours dit qu’elles étaient « lesbiennes refoulées mais hétéro-pratiquantes », une blague qui revenait tous les deux ans et qui faisait rire jaune les mecs qu’elles ramenaient parfois.
Trois semaines avant que Camille ne dise oui à Simon dans une petite mairie bretonne, elles avaient décidé de s’offrir un dernier voyage comme avant. Pas de robe blanche, pas de plan de table, pas de « on se revoit à l’enterrement de vie de jeune fille ».
Juste elles deux, un vieux Toyota Land Cruiser repeint en vert kaki, et l’inscription au dernier moment au Death Valley Rally Raid, une épreuve d’endurance pour véhicules anciens et pilotes un peu fous.
Elles n’avaient jamais eu l’intention de gagner.
Elles voulaient juste rouler, dormir sous les étoiles, se foutre de tout, se marrer comme des gamines et se dire au revoir à leur façon.
Les trois premiers jours furent parfaits.
Poussière orange, chaleur écrasante le jour, bières tièdes le soir autour d’un feu minuscule, chansons hurlées faux, selfies débiles avec des cactus en arrière-plan, baisers sur la joue qui duraient une seconde de trop, regards qui s’attardaient quand l’autre se changeait derrière la portière ouverte.
Le quatrième jour, tout bascula.
Elles avaient décidé de couper à travers un lac asséché pour rejoindre un checkpoint fantôme indiqué sur une vieille carte papier. Erreur de navigation. Puis erreur de jugement. Puis le joint de culasse qui rend l’âme dans un râle métallique pathétique.
Le moteur toussa une dernière fois, cracha un nuage de fumée blanche, et mourut.
Silence.
Juste le vent qui sifflait entre les roches et le cliquetis du métal qui refroidissait.
Elles descendirent, ouvrirent le capot, jurèrent, tapèrent, testèrent la pompe à essence, regardèrent le niveau d’huile, regardèrent à nouveau la carte, se disputèrent sur l’emplacement exact du « petit monticule en forme de bite » qu’elles étaient censées avoir passé deux heures plus tôt.
Puis vint la question fatale.
« T’as la balise de secours, toi ? »
Silence.
« Non mais attends… c’est toi qui l’avais mise dans le sac, non ?
— Moi ? Mais t’as dit que tu t’en occupais !
— J’ai jamais dit ça, Camille.
— Putain Lou mais t’es sérieuse ? »
La dispute éclata, courte, violente, inutile. Des mots durs, des reproches d’enfance ressortis comme des lames rouillées. Puis le silence retomba, plus lourd que la chaleur.
Elles étaient perdues.
Vraiment perdues.
À plus de quatre-vingts kilomètres de la piste principale, dans une zone où même les secours mettaient parfois quarante-huit heures à arriver quand la balise fonctionnait.
Le soleil déclina vite.
À cette altitude, en novembre, la température chutait de vingt degrés en moins de deux heures.
Elles avaient deux duvets trop fins, une couverture de survie qui datait de deux mille trois, trois barres de céréales écrasées, un demi-litre d’eau tiède et leurs vêtements de la journée : short en toile, débardeur, casquette, chaussures de marche.
Vers vingt et une heures, il faisait déjà deux degrés Celsius.
Vers vingt-deux heures trente, elles claquaient des dents.
Elles avaient essayé de faire un feu.
Rien ne brûlait.
Elles s’étaient donc installées dos à la voiture, assises sur la couverture de survie, serrées l’une contre l’autre sous les deux duvets zipés ensemble à la va-vite.
Au début c’était juste de la survie.
Le bras de Lou autour des épaules de Camille.
La tête de Camille nichée dans le creux du cou de Lou.
Leurs respirations qui se synchronisaient malgré elles.
« T’as froid aux pieds ?
— Horrible.
— Viens là… »
Elles finirent par s’allonger, en cuillère. Lou derrière, ses bras passés autour de la taille de Camille, ses cuisses collées contre les fesses de son amie. Elles frottaient doucement leurs pieds l’un contre l’autre pour se réchauffer les orteils.
Et puis… quelque chose changea.
Pas d’un coup.
Progressivement.
La respiration de Lou devint plus profonde, plus lente.
Camille sentit les seins de son amie appuyer un peu plus fort contre son dos à chaque inspiration.
Le ventre de Lou se collait contre ses reins à chaque expiration.
Elles ne parlaient plus.
Juste ce frottement infime, presque involontaire, des hanches de Lou qui cherchaient un peu plus de contact.
Camille sentit son propre sexe réagir.
Une chaleur liquide, inattendue, presque honteuse.
Elle ferma les yeux très fort.
« Lou…
— Mmmh ?
— Je… je sens ton cœur qui bat super fort.
— Moi aussi.
— C’est… c’est bizarre.
— Ouais. »
Silence.
Puis, presque en même temps, elles bougèrent.
Un tout petit mouvement.
Le bassin de Camille qui recula d’un millimètre.
Celui de Lou qui vint à sa rencontre.
Elles se figèrent.
Et puis recommencèrent.
Plus franchement cette fois.
Un lent va-et-vient, à peine perceptible sous les duvets.
Juste le tissu qui glissait, la chaleur des corps qui montait, la respiration qui devenait rauque.
Camille tourna la tête.
Leurs nez se frôlèrent.
Elles se regardèrent dans le noir, les pupilles dilatées, les lèvres entrouvertes.
Et puis Lou murmura, presque inaudible :
« On fait une connerie, là…
— Je sais.
— Tu veux arrêter ?
— … Non. »
Le premier baiser fut maladroit.
Trop appuyé d’abord, puis trop timide, puis un rire nerveux contre les lèvres de l’autre, puis une nouvelle tentative, plus douce, plus longue.
Langues qui se cherchaient, hésitantes.
Mains qui osaient enfin.
Camille glissa ses doigts sous le débardeur de Lou, trouva la peau chaude du ventre, remonta doucement jusqu’à la naissance des seins.
Lou gémit tout contre sa bouche.
Elles se retournèrent pour se faire face.
Vêtements qui remontaient maladroitement, qui coinçaient, qui faisaient rire.
Shorts descendus à mi-cuisses.
Culottes qui restèrent en place un long moment, comme une dernière frontière.
Puis Lou glissa sa main entre les jambes de Camille, par-dessus le tissu.
Camille sursauta, attrapa le poignet de Lou… et au lieu de l’arrêter, le guida plus bas.
Elles se caressèrent d’abord à travers le coton humide.
Petits cercles maladroits, pressions hésitantes, soupirs qui se mélangeaient.
Puis les culottes furent poussées sur le côté.
Doigts qui découvrirent pour la première fois le sexe de l’autre.
Texture chaude, mouillée, vivante.
Elles apprenaient en même temps.
« C’est… c’est là que t’aimes ?
— Oui… un peu plus haut… comme ça… oui…
— Et toi ? Tu veux que je…
— Mets deux doigts… doucement… oui… putain oui… »
Elles se masturbaient mutuellement, front contre front, souffles saccadés.
Parfois elles s’embrassaient, parfois elles se contentaient de se regarder prendre du plaisir.
Lou fut la première à venir.
Un orgasme brusque, presque surprise.
Ses cuisses qui se serrèrent autour de la main de Camille, un « oh merde » étouffé, puis un long tremblement.
Camille la suivit de très près.
Elles restèrent collées, essoufflées, un peu sonnées.
Mais elles n’avaient pas fini.
Elles recommencèrent, plus assurées.
Cette fois Lou descendit entre les jambes de Camille.
Elle hésita longtemps avant de poser sa bouche.
Quand elle le fit enfin, Camille arqua le dos si fort qu’elle crut se faire mal.
Lou apprit vite.
Langue plate, puis pointue, puis succion légère sur le clitoris, puis doigts qui entraient en même temps.
Camille jouit une deuxième fois en agrippant les cheveux de Lou, en criant son prénom pour la première fois de cette façon-là.
Elles inversèrent.
Camille entre les cuisses de Lou.
Elle n’avait jamais fait ça.
Elle fit de son mieux, maladroite, appliquée, émue.
Lou guida sa tête avec douceur.
« Plus lentement… oui… juste là… reste là… n’arrête pas… »
Quand Lou jouit une deuxième fois, elle pleurait presque.
Pas de tristesse.
De trop-plein.
Elles remontèrent l’une contre l’autre.
Elles se caressaient encore, doucement, presque paresseusement.
Elles sentaient monter un dernier orgasme, ensemble cette fois.
Hanches qui roulaient en rythme.
Clitoris qui se frôlaient à chaque va-et-vient.
Mains qui se serraient.
Regard dans le regard.
Elles étaient tout près.
Très près.
Leurs souffles devinrent des gémissements synchrones.
Et puis…
Phare.
Bruit de moteur.
Portières qui claquent.
Voix d’hommes.
« Elles sont là !
— Death Valley SAR, on vous a localisées grâce au signal EPIRB du checkpoint précédent, vous l’aviez oublié sur le comptoir du dernier ravito ! »
Camille et Lou se figèrent, toujours emmêlées, cuisses collées, doigts encore à l’intérieur l’une de l’autre, respiration coupée.
Deux secouristes s’approchèrent, lampes frontales braquées.
Ils s’arrêtèrent net.
L’un d’eux, la quarantaine, barbe poivre et sel, regarda la scène deux secondes.
Puis il sourit en coin.
Il porta la radio à sa bouche.
« Base, ici Team 7. On les a retrouvées.
… Et visiblement elles vont très bien.
Très très bien même.
On les ramène. Terminé. »
L’autre secouriste éclata de rire dans sa barbe.
Camille et Lou se regardèrent.
Rouges jusqu’aux oreilles.
Et puis, contre toute attente, elles éclatèrent de rire elles aussi.
Un rire nerveux, épuisé, libérateur.
Elles remontèrent leurs vêtements en catastrophe sous les duvets.
Les secouristes firent semblant de ne rien avoir vu.
Mais quand elles montèrent à l’arrière du 4×4 de secours, emmitouflées dans des couvertures isothermiques, Camille glissa sa main dans celle de Lou.
Et Lou serra très fort.
Elles ne dirent rien.
Elles n’avaient plus besoin de mots.
Trois semaines plus tard, Camille épouserait Simon.
Mais cette nuit-là, dans la Vallée de la Mort, sous un ciel criblé d’étoiles indifférentes, elles s’étaient dit au revoir autrement.
Et ça, personne ne pourrait jamais le leur enlever.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Gras
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
Ce livre ne comporte pas de suite.

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ Pauline Deux amies n'arrivent pas a dormir XSTORY
Deux amies n'arrivent pas a dormir
Chapitre 1
Par
251
19
15.9k
Lesbiennes
✦ Ijokpl Randonnée sportive XSTORY
Randonnée sportive
Chapitre 1
Par Ijokpl
42
0
21.4k
Bi
✦ orangina07 Camille, la petite-fille de ma voisine XSTORY
Camille, la petite-fille de ma voisine
Chapitre 1
Par orangina07
380
14
53.1k
Hétéro
✦ Exorium Ma vie amoureuse XSTORY
Ma vie amoureuse
Chapitre 6
Par Exorium
248
4
7.4k
Hétéro
✦ Anthynéa Léa et Camille XSTORY
Léa et Camille
Chapitre 1
Par Anthynéa
92
3
26.8k
Lesbiennes
✦ Lilianax3 Aventure à l'hôpital XSTORY
Aventure à l'hôpital
Chapitre 1
Par Lilianax3
166
4
14.4k
Lesbiennes
✦ Chess Hôtel Zéro XSTORY
Hôtel Zéro
Chapitre 3
Par Chess
80
0
2.8k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio