Jeux et séductions professionnels
Chapitre 2 · Jeudi
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Couverture de Jeux et séductions professionnels, par Pelicand
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Fantasme
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Jeux et séductions professionnels — Chapitre 2 · Jeudi

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Pelicand
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Jeux et séductions professionnels

Chapitre 2 · Jeudi

Le réveil sonna à six heures quarante-cinq, et je me traînai hors du lit avec le souvenir du goût salé de la veille encore accroché au palais. La douche tiède ne fit rien pour calmer la tension qui s'était installée dans mes reins pendant la nuit. Je repensai à sa nuque, à la façon dont sa peau avait frissonné sous mon souffle. Mais surtout, je pensais à ses doigts si beaux, si fins, qui s'étaient mis à trembler sur le clavier — comme si notre tension avait trouvé là son seul exutoire. Je m'habillai mécaniquement — chemise bleue, pantalon gris —, enfilai mon manteau et sortis dans l'air froid de la rue.
L'open-space du troisième étage était encore silencieux quand j'arrivai. Marc n'était pas là, ni Sophie, ni Thomas. Je déposai mon sac à dos sur la chaise de mon poste, enlevai mon manteau et le posai sur le dossier. Et c'est là que je vis la veste beige de Clémence, déjà accrochée à sa chaise, juste derrière la mienne. Ma Belle était là. Quelque part dans le bâtiment, probablement à l'étage, devant la machine à café. Un coup de sang me fit prendre l'escalier. Mes pas résonnèrent sur les marches en bois dur, tambourinant au rythme de mon cœur. Je débarquai à l'étage supérieur, un couloir étroit qui desservait différentes salles de réunion, les bureaux de l'équipe technique et l'espace café, un coin aménagé avec un comptoir, un frigo et cette machine italienne bruyante que personne n'arrivait à éteindre correctement. La porte de l'escalier claqua derrière moi.
Au bruit de la porte, le visage de Clémence se retourna. Elle se tenait dans le couloir, entre deux salles de réunion, un mug vide dans la main gauche, les cheveux détachés aujourd'hui — chose qu'elle ne faisait jamais d'habitude.
Ses yeux noisette trouvèrent les miens. On se rapprocha. Pas volontairement, pas par réflexe — quelque chose entre les deux. Le couloir était étroit, mais pas au point de devoir se frôler. Et pourtant, je me retrouvai à moins de trente centimètres d'elle. Je percevais son parfum — vanille, fleur blanche, ce mélange qui avait hanté mon sommeil.
— Salut, dis-je. Ma voix sortit plus grave que prévu.
Elle répondit d'un « Salut » bref, le coin gauche de sa lèvre se soulevant à peine.
— Un café ? proposai-je en désignant la machine derrière elle.
Je penchai la tête vers elle, baissai le ton.
— Avec le même accompagnement qu'hier, si tu t'en sens capable.
Elle ne me laissa pas finir. Son regard se décala vers le mug vide dans sa main, puis revint à moi.
— J'ai déjà bu le mien, dit-elle. Et il faut que j'aille commencer le travail. Un silence. Elle ne bougea pas. Ses doigts se resserrèrent sur la céramique du mug.
— Mais… reprit-elle d'une voix plus feutrée. Donne-le-moi quand même. Même sans café.
Elle marqua une pause. Regarda d'abord sa tasse vide, puis elle releva le menton. Ses yeux ne quittèrent plus les miens.
— Juste ça.
Pendant qu'elle prononçait ces mots, elle avança d'un pas. La distance entre nous se réduisit à un rien. Sa poitrine frôla ma chemise, et sa main libre vint se plaquer contre mon torse. La paume à plat, les doigts écartés, elle appuya légèrement contre le tissu. — sa chaleur se diffusa sous ma peau. Puis elle leva la tête. Lentement. Son menton se dressa, sa bouche s'ouvrit, de plus en plus grande. Sa langue apparut, effleurant sa lèvre inférieure. Ses yeux restèrent fixés sur moi, avec cette lueur espiègle que je commençais à reconnaître.
Je n'avais pas le choix. Et cela m'allait très bien, à ce moment, avec elle. Je me penchai au-dessus d'elle, ma tête au-dessus de la sienne, nos visages alignés dans ce couloir qui semblait fait pour nous. Je rassemblai la salive au fond de ma gorge, laissai ma langue presser contre mes lèvres, et je laissai couler. Un filet transparent se forma, s'étira, lent, suspendu entre ma bouche et la sienne. Il tomba. Sa langue le reçut, le récupéra avec un mouvement précis — un balayage lent du gauche vers le droit —, et sa bouche se referma. Elle savoura ce petit bout de moi. Ses paupières s'alourdirent une demi-seconde. Sa langue passa une seconde fois sur ses lèvres, récupérant le dernier éclat d'humidité. Ses mains restèrent collées à mon torse, et je sentis ses doigts se contracter une fois — un spasme minuscule — avant de se relâcher.
— J'adore le goût, dit-elle, et sa voix avait retrouvé ce grain grave d'hier, celui qu'elle avait eu près de la machine à café. J'en ferai bien un quatre-heures régulier.
Un sourire mutin étira ses lèvres. Elle retira sa main de mon torse pour la laisser retomber le long de ses hanches, hésita quelques instants, et tourna les talons. Ses pas résonnèrent sur le sol du couloir. Elle ne se retourna pas. Je restai là. Debout dans le couloir, devant la porte de la salle de réunion, le torse encore chaud là où ses paumes s'étaient posées. Le goût de ma propre salive persistait au fond de ma gorge, et quelque chose de plus dense, de plus lourd, s'installa dans le bas de mon ventre. La machine à café émit un grondement sourd, comme si elle s'éveillait.
Je fis couler mon café, bus lentement, la tête encore là-haut dans ce couloir, puis redescendis les marches et m'installai à mon poste. Clémence était déjà assise derrière moi, son clavier cliquant à un rythme normal. Comme si de rien n'était. Ses cheveux détachés tombaient sur ses épaules. Je ne me retournai pas, mais je savais qu'elle savait que je n'arrêtais pas de ressasser ce que nous venions de vivre.
Les collègues débarquèrent à leur rythme durant la matinée. La journée prit forme autour de moi — les conversations, les cafés, les dossiers ouverts — et je fis semblant d'y être. Chaque cliquetis derrière ma nuque me traversait comme une décharge sourde. Je relisais les mêmes phrases à l'écran sans les voir, et quelque chose dans ma poitrine restait contracté, en attente d'un signe qui ne venait pas. Le repas, pour ma part, fut pris sur le pouce à cause d'une réunion calée en urgence. Heureusement pour moi, l'après-midi s'annonçait plus calme. Suffisamment pour que je me dise que je pourrais tenter ma chance. Voyant Thomas bâiller, je récupérai la balle au bon moment.
Je me tournai vers Thomas, Marc et Sophie, et lançai sur un ton humoristique :
— Bon, j'espère que certains d'entre vous ont mieux dormi que moi. Parce que moi, j'ai eu une nuit… compliquée.
Thomas, déjà tapant sur son clavier, marmonna sans lever la tête :
— Pareil pour moi, mais c'est sûrement parce que je me suis couché à vingt-deux heures.
Marc pivota sur sa chaise.
— Moi, j'ai dormi comme une souche. Pourquoi, t'as encore regardé un truc bizarre jusqu'à trois heures du mat' ?
— Non, non, juste… un sommeil agité, répondis-je en agitant la main d'un geste évasif.
Mon regard glissa vers Clémence, assise derrière moi. Je me penchai légèrement dans sa direction.
— Et toi, Clémence ? D'après ce que je vois, tu as dû dormir parfaitement. Tu es littéralement radieuse ce matin.
Elle leva les yeux de son écran, et une vague rose monta immédiatement le long de son cou, jusqu'à ses pommettes. Elle esquissa un sourire gêné, replaça une mèche derrière son oreille.
— Mais non, c'est juste… le réveil a été doux, c'est tout.
— Non, non, je t'assure, insistai-je en appuyant légèrement sur chaque mot. Il y a quelque chose de différent aujourd'hui. Ta peau a un éclat que je t'avais jamais vu. Tu as l'air reposée, détendue, comme si quelqu'un t'avait… chouchoutée.
Elle rougit un peu plus, baissa la tête vers son clavier, mais le coin de ses lèvres trahissait un sourire qu'elle essayait de contenir.
— Arrête, tu vas me faire croire que d'habitude je ressemble à un zombie.
— Jamais, répondis-je. Mais là, c'est… franchement, ton teint est magnifique. Et puis, je sais pas si c'est le café ou quoi, mais il y a ce petit grain de beauté que tu as au coin des lèvres… il ressort encore plus ce matin. C'est… vraiment mignon.
Clémence porta machinalement ses doigts au coin de sa bouche, comme pour vérifier l'endroit, et ses yeux se baissèrent une seconde. Elle ne répondit rien. Marc, de loin, lança un sifflement moqueur. Je me retournai vers mon écran, un sourire en coin, et laissai le silence faire le reste.
Le reste de la journée dériva dans une brume tiède. Les réunions s'enchaînèrent, les dossiers s'accumulèrent, et le clavier de Clémence cliquait régulièrement derrière moi à un rythme qui ne trahissait rien. À deux reprises, je me retournai sous un prétexte fallacieux — un document à valider, une question sur le fichier partagé — et chaque fois ses yeux noisette accrochèrent les miens une fraction de seconde plus longtemps que nécessaire. Sa lèvre inférieure se crispa à peine, un micro-mouvement que personne d'autre ne remarqua, mais qui me coupa le souffle.
À un moment, je tournai la tête — un réflexe — et je l'aperçus qui me regardait. Je me tournai davantage vers elle, pensant qu'elle voulait me parler. Elle ne dit rien. Elle leva simplement la main, posa son doigt sur le grain de beauté qu'elle avait à la base du cou, juste au-dessus du col de son chemisier. Puis elle porta ce doigt à sa bouche et l'embrassa lentement, amoureusement, sans quitter mes yeux des siens. Un geste si minuscule, si précis, que personne autour de nous n'aurait pu le comprendre. Moi, je le vécus au plus profond de mon corps.
Elle retourna juste après à ses tâches, ses doigts reprenant leur danse sur le clavier, comme si de rien n'était. Elle avait du travail, et je n'osai pas la tirer vers l'escalier pour une pause qui n'aurait pas été professionnelle. Je restais sur ma faim, elle avait réussi son coup.
À dix-huit heures, je dus quitter le bureau — une soirée entre amis organisée depuis trois semaines, impossible à décommander. Je passai devant sa chaise en ramassant mon manteau, et elle leva la tête. Ses doigts s'immobilisèrent sur le clavier. J'ouvris la bouche, mais rien ne sortit. Ce que j'aurais voulu lui dire resta coincé quelque part entre la gorge et les lèvres ; trop dense, trop encombrant à cet instant et dans ce contexte. Elle sourit — un pli léger au coin des lèvres — et retourna à son écran. Je franchis la porte avec, dans la gorge, quelque chose qui ressemblait encore au goût du matin.
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Swan75
26 octobre 2026 à 10:06
J'adore ces jeux de séduction sensibles et sensuels. Ils me font saliver.

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