Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sur les barricades — Chapitre 3
Auteure
Sur les barricades
Chapitre 3
Il était dix heures quand je soulevais mollement ma tête de l'oreiller. Maman était encore à l'hosto, papa était au boulot... Et personne ne s'était inquiété de savoir si j'étais même en vie. À part Francesca évidemment, ou alors c'était pour m'engueuler de ne pas être venue prêter main forte ce matin. J'avais tellement la tête dans le cul que je renonçais à lire ses messages d'insultes.
Je m'étirais comme un chat, et m'arrêtai un instant devant le miroir. Cette impression étrange d'avoir grandi d'un coup, comme Peter Parker après la morsure. Évidemment le petit ensemble que Mag avait tenu à rajouter y était pour beaucoup. Un short en soie noir et un caraco avec juste ce qu'il fallait de dentelle. Sexy, pas vulgaire. N'empêche qu'il n'y avait pas si longtemps j'avais un appareil dentaire et je ressemblais encore à une planche à repasser. J'inspirais, tentais la routine de Mag, toute simple : Je te kiffe, t'es la meilleure, en me regardant droit dans les yeux. Et puis je reçus un texto de Jeff et la meilleure faillit s'effondrer sur son matelas.
Ça te dit de passer à la maison ?
Putain chez lui… Ben ouais j'en avais super envie. Et puis hier, la nuit, la fatigue et la lumière de la salle avaient eu raison de nous. J'allais renvoyer un texto, mais Francesca appelait.
— Poulette ! on t'attendait !
— Bonjour Francesca.
— On n'est pas super nombreux, les fafs tournent dans le coin. T'as moyen de passer ? Et possiblement rester la nuit !
— La nuit ? Vous êtes malades ! Quel intérêt ?
— Les fafs tentent de retirer les blocages de force. La sécurité nous aide pas beaucoup Camillechat...
— Bonjour Francesca.
— On n'est pas super nombreux, les fafs tournent dans le coin. T'as moyen de passer ? Et possiblement rester la nuit !
— La nuit ? Vous êtes malades ! Quel intérêt ?
— Les fafs tentent de retirer les blocages de force. La sécurité nous aide pas beaucoup Camillechat...
Je mordis ma lèvre. Mon chesterfield me proposait de passer chez lui, dans son intimité. Et de l'autre, aller sur des barricades qui sentaient la vieille fac...
— Ok, j'y suis d'ici une heure.
Je lâchai mon téléphone sur le matelas, devant mon reflet qui me lançait des regards noirs. Je pris une douche éclair, enfilai un legging mauve et un T-shirt noir à longue manche. Et des bricoles pour la nuit, grande nouveauté.
***
Il était dix-huit heures, la journée avait été tendue. Un type de la fac d'éco avait bousculé Francesca en la traitant de fainéante, elle avait répondu en lui jetant un tract dans la figure. J'avais encaissé les AG interminables, les insultes des étudiants qui voulaient reprendre les cours, un café froid dans un gobelet ramolli. Des profs nous soutenaient, d'autres nous regardaient comme si on leur volait quelque chose. Et puis l'ennui devant les amas de chaises mobilisés pour l'entrée d'un petit bâtiment assez anodin. Francesca avait peur que je me fasse démolir par les fafs et m'avait proposé de me mettre à l'entrée de ce petit bâtiment, qui servait pour un diplôme parfaitement inconnu. Elle était revenue avec un sandwich immonde et quelque chose qui ressemblait vaguement à du café dans un thermos.
— Ils sont pas loin de craquer Camillechat.
— J'espère parce que moi aussi Francesca. Je suis fatiguée.
— J'espère parce que moi aussi Francesca. Je suis fatiguée.
Le soleil se couchait sur le campus, donnant une couleur orangée à l'intérieur du mini bunker. Le silence tomba, à peine troublé par les bruits de mastication de la lionne à côté de moi.
— Tu manges pas ?
— Pas faim...
— Pas faim...
Elle balança l'emballage et se posta derrière moi pour m'enlacer, ses cheveux noirs qui sentaient l'herbe tombant sur mon visage.
— Je connais ce regard Camille. Tu penses encore à ton bourgeois ?
Je ne répondis pas et m'accrochai à ses longs doigts posés sur le haut de ma poitrine. Je lui confierais ma vie à Francesca. Mais je lui en voulais ce soir.
— Tu crois que ça pourrait pas matcher ?
— J'ai peur des relations asymétriques. Le genre de mec à t'imposer des trucs. Ce mec est un futur patron, c'est ce contre quoi je lutterai toute ma vie.
— Ce mec me plaît.
— J'ai peur des relations asymétriques. Le genre de mec à t'imposer des trucs. Ce mec est un futur patron, c'est ce contre quoi je lutterai toute ma vie.
— Ce mec me plaît.
Elle soupira dans mes cheveux, son air chaud se propulsant contre mon cuir chevelu. Pourtant je la sentais plutôt détendue.
— Alors vous serez bien ensemble...
— J'en sais foutre rien si on va passer notre vie ensemble. J'ai peur d'une occasion manquée et...
— J'en sais foutre rien si on va passer notre vie ensemble. J'ai peur d'une occasion manquée et...
Et il s'approchait du bâtiment, à une dizaine de mètres. La dégaine assurée, clope au bec.
— Salope ! Tu savais qu'il viendrait !
— Je n'en pense pas moins... Mais ouais il est venu à l'AG et il écoutait rien. Tout perdu dans la salle, il te cherchait.
— Je n'en pense pas moins... Mais ouais il est venu à l'AG et il écoutait rien. Tout perdu dans la salle, il te cherchait.
Jeff avait son foutu regard en coin en me regardant, le genre qui masquait sa joie. Francesca se leva comme une reine et m'embrassa la joue. Je la vis tendre son index près du visage de Jeff quand elle le croisa. Je levai les yeux au ciel, elle n'avait pas pu s'empêcher de jouer les mamans prévenantes.
N'empêche que quand elle disparut, je pris mon élan et sautai dans les bras de Jeff. Peut-être trop rapidement, il vacilla mais se rattrapa en tournoyant légèrement. Son odeur m'avait manqué cette nuit. Je me plongeai toute entière dans ses iris couleur lave-vitre, dans ses yeux malicieux. Ses mains me plaquaient contre lui toute entière.
— Tu es venu...
— Et pas les mains vides.
— Et pas les mains vides.
Je n'avais pas remarqué qu'il portait un sac à dos bien rempli qu'il déposa dans l'entrée du bâtiment. Du verre à l'intérieur s'entrechoqua, il sortit une bouteille de champagne et deux bières.
— Je sais pas à quoi tu carbures Camille.
Je m'emparai de la bouteille de champ, avec une pensée pour Mag encore. Oui la bière ce n'était pas mauvais. Asperger un homme de champagne pour le déguster était bien meilleur m'avait-elle confié. C'est ce qu'on allait voir.
Jeff sortit plusieurs choses à manger, je roulais un joint difficilement. Mes mains tremblaient un peu, il les prit délicatement pour m'aider à rouler.
— Tu fumes de l'herbe ? s'étonna-t-il.
— Ça m'arrive.
— Ça m'arrive.
Je haussai les épaules, il ne dit rien tout en terminant le joint puis sortit un zippo. La classe jusqu'au bout évidemment.
— Ouais, OK, un peu plus en ce moment, ajoutai-je.
— Tu vas plus en cours et t'es encore plus fatiguée ?
— Plus complexe que ça.
— Tu vas plus en cours et t'es encore plus fatiguée ?
— Plus complexe que ça.
Il planait une odeur d'été avec ce soleil. L'université était déserte et nous assistions à un coucher de soleil derrière la BU toute ronde et vitrée. L'air était doux, je m'appuyais contre lui tout en inspirant une bouffée sèche et parfumée.
— Ma maman est malade. C'est sérieux...
Ses mains se plaquèrent sur mon ventre, il eut l'élégance de ne rien dire.
— C'est pas un cancer ou une saloperie qui pourrait se guérir ou pas avec des médocs. C'est mental et assez profond. Elle est là sans être là, régulièrement elle fait des séjours en psychiatrie. Et mon père suit pas non plus, pas qu'il s'en fout mais il gère quedalle. Il est dépassé quoi...
Que ça me faisait du bien… La fumée sans doute m'arracha quelques larmes.
— Bloquer ici, c'est pas juste cette loi de merde. J'aime y faire des rencontres, je me sens moins seule… Et t'es venu, Jeff.
— Ouais. On est bien finalement ici... Les jacuzzis, c'est dépassé.
— Ouais. On est bien finalement ici... Les jacuzzis, c'est dépassé.
— T'as un jacuzzi ?
Je me retournai en fronçant les sourcils, il avait toujours ce rictus impeccable.
— Bourgeois.
Il me chatouilla le bas des fesses qui frémirent.
— Dis-le, Camille, que t'aurais aimé ça.
— Pas du tout. L'eau chaude, les bulles et un cadre de rêve, beurk.
— Pas du tout. L'eau chaude, les bulles et un cadre de rêve, beurk.
Il m'arracha le joint des mains, je n'en avais plus envie de toute façon. Juste ses jolies lèvres envoûtantes, délicieuses. D'ailleurs je m'amusais à mordiller la lèvre inférieure et à la caresser avec le bout de ma langue. Ses mains n'effleuraient plus mes fesses, elles les empoignaient fermement à présent. Chesterfield perdait le contrôle, c'était donc possible. Mais je retirai mes lèvres d'un coup, satisfaite de moi.
— Il fait froid Jeff, allons voir si dans ce bâtiment minable il y a un jacuzzi.
Je le pris par la main et le traînai à l'intérieur. Il fallut se faufiler sous l'enchevêtrement de tables et de chaises, et puis nous étions seuls dans un hall exigu, qui sentait la javel écœurante.
Jeff avait sorti ses affaires du sac, dont un matelas gonflable, qu'il posa près d'un tapis de sol que j'avais déroulé. Cela me donna une petite idée. Il s'était mis en tailleur pour ranger parfaitement ses fringues pour la nuit. Je m'emparai du matelas gonflable, cherchai l'embout, puis gonflai les joues et soufflai, tout en le regardant.
Jeff, le gentleman tout en maîtrise, déglutit. J'y ajoutai un petit mouvement de tête — lent, les yeux dans les siens — et vis ses mains hésiter légèrement sur le tissu plié. Il était à moitié gonflé quand j'arrêtai pour m'étaler sur le ventre contre le tapis de sol, la joue posée sur mes bras croisés, parfaitement à l'aise.
— Épuisée. Tu prends le relais, Jeff ?
Il ne disait rien. Il souffla tout en me regardant, hypnotisé. La voix de Mag résonnait dans ma tête, le sexe, quand tu veux et si tu le veux. Et je le voulais. Il avait laissé tomber le chesterfield, se trouvant dans un t-shirt noir le plus basique du monde. Et sa ceinture brillante lui donnait une petite allure de cow-boy solitaire craquante. Il soufflait difficilement, je fis de même lorsque ma main attrapa mon sein droit devant lui. Jeff ferma les yeux, je poursuivis la découverte de mon corps. Mes doigts s'emparèrent maintenant du sommet de mon sein dur et douloureux comme un caillou, m'arrachant un gémissement. Ses yeux s'ouvrirent mi-clos.
Je retirai l'embout de ses doigts pour l'embrasser à nouveau et entrelacer ma langue à la sienne. Sa salive qui se mêlait à la mienne accéléra mes battements de cœur, je plaquai ma poitrine contre lui, ses mains se glissèrent sous mon t-shirt. Étonnamment elles étaient très douces, presque des mains de femme comme Francesca. Agréables, glissantes contre mon épiderme. Je le sentis attentionné. Je plongeai mes mains dans ses cheveux un peu rêches puis redéposai un baiser sur son large front. Il était plus grand que moi, et pourtant quelque chose en lui se défaisait doucement — le garçon assuré cédait la place à quelqu'un de plus petit, de plus vulnérable, et c'était infiniment plus craquant. Je menais la danse et c'était parfait. Jeff suivait le rythme de mes mains et de mes envies, sa tête plongeait contre mes seins qu'il suçait à travers mon t-shirt... J'aimais sentir le tissu qui s'humidifiait, ses caresses pressantes. Il descendit encore plus bas, contre mon legging. Et Jeff fit de même, humidifiant ma chatte à travers le tissu. Je frémis, m'agrippant à ses cheveux. Mon sexe pulsait contre sa langue, je gémis de plus belle, j'en voulais un peu plus. Il leva ses yeux grandioses et cette fois c'est moi qui adressai un petit rictus. Mes mains rejoignirent sa bouche contre ma chatte, j'attrapai un morceau du legging mouillé que je perçai avec un ongle, puis pratiquai une belle ouverture.
— Maintenant Jeff.
Même le son de ma voix m'amusa, et je vis que lui aussi. Il écarta mon string et fourra sa langue dans ma fente trempée. Les bruits de salive me rendaient folle, comme ses petits coups de langue autour de mon bouton durci. La première vague m'inonda rapidement, une chaleur dense qui remonta jusqu'au creux de mes reins, et je tremblai en m'accrochant à lui. Il allait continuer mais j'attrapai son menton pour le forcer à se relever et m'embrassai. Le goût de ma propre cyprine mêlé à sa salive était fort, musqué. Puis mes lèvres se posèrent sur son menton, descendirent le long de son torse. Je plaquai ma tête contre sa poitrine : son cœur tambourinait contre ma joue, fort, presque paniqué. Jeff était plus impressionné que moi.
Je levai les yeux vers lui, il était tétanisé. Alors je lui pris la main et je descendis plus bas encore, à la rencontre de son sexe. Je massai avec ma main libre son membre tendu dans le pantalon. Jeff était d'une pudeur confondante. Je voulais qu'il ressente du plaisir à la hauteur des sentiments que j'éprouvais pour lui. Je faufilai un doigt dans la braguette ouverte, où je perçus les palpitations de son sexe. Je l'entendis retenir un son dans sa gorge, à peine sorti, presque rien — mais j'avais entendu. Il ne dit rien, me laissa faire. Alors je sortis sa queue. Belle, rose pâle, joliment courbée. Et son gland était légèrement humide. Je regardai Jeff droit dans les yeux, serrai sa main droite et branlai son sexe pendant que sa respiration s'accélérait.
Je sentais sa peau chaude, quoiqu'un peu sèche. Alors, me sentant à l'aise, j'humidifiai ma main avec ma salive, d'abord timidement puis franchement. C'était mieux. Beaucoup. D'ailleurs sa main compressa rapidement la mienne au fur et à mesure que j'accélérais, ses doigts guidant les miens sans me l'avouer. Mais j'en voulais encore plus. Son gland luisant m'appelait à présent. Je pointai ma langue pour caresser sa hampe — cette fois il gémit franchement, la nuque légèrement renversée, les paupières lourdes. Son gland avait une belle forme de fraise au goût salé, légèrement amer. C'était si bon, l'idée de l'avoir entre mes lèvres relançait mon propre désir. Ma chatte pulsait à nouveau, ma main libre se glissa rapidement vers mon clitoris, à nouveau humide. Ma paume compressait mon sexe pendant que j'avais celui de Jeff en bouche. Les bruits de succion et de ma propre masturbation se mélangeaient comme nos plaisirs. Jeff avait les yeux mi-clos, les miens pleuraient légèrement en le regardant alors que je cherchais à l'avoir complètement en bouche à présent. Ses poils pubiens chatouillaient mon nez mais surtout son gland caressait ma glotte. Je dus faire une petite pause pour reprendre ma respiration et profiter d'une onde de plaisir. Je fis un petit signe de tête. J'étais prête à recevoir son plaisir. Je branlai à nouveau, et lorsque je sentis son tremblement, je plongeai son gland dans ma bouche.
Son jet chaud et salé envahit ma gorge. La texture était étrange mais peu importe, devant moi Jeff allait pratiquement s'évanouir de bonheur. Il se glissa au sol face à moi, les yeux dans le vague, pour m'embrasser délicatement. Je chuchotai dans son oreille un merci, puis m'allongeai contre son corps haletant.
Nous étions l'un contre l'autre dans ce hall sans grâce qui sentait encore la javel, sous un néon grillé, sur un tapis de sol trop fin. Et c'était le seul endroit sur Terre où j'avais envie d'être à ce moment-là. Tout contre lui.
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Commentaires ()
Tu n’as pas pu t’empêcher de faire un trou dans ton legging 😉
Bravo et merci 😘
Vivement la suite !
elle prend de l'assurance Camille. Et c'est tant mieux.
encore une bien belle scène
J'attache plus d'importance aux états d'âme des personnages qu'à leurs cabrioles.
Mais je n'ai ni eu l’impression d'une scène bâclée ni d'un moment qu'on étire juste pour faire plus long donc pour moi c'est nickel
J'aime beaucoup comment voir relation de construirt petit à petit, et en dépit des deux mondes que vous représentez
C'est en tout cas très excitant
Et il va falloir racheter un legging...
Sexe habillé, j'en ai un petit passage dans ma dernière histoire... Coïncidence... Ou pas...
Oui, ce bien-être avec lui et cette délicatesse se ressentent dans ton histoire
Si tu continues à en parler, éloigne toi des accoudoirs...