Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mon passé d'aro/ace — Chapitre 3 · Asexuelle ?
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mon passé d'aro/ace
Chapitre 3 · Asexuelle ?
Le lendemain, j'avais hâte de retrouver Charlie. En remontant à l'appartement, mes parents ne m'avaient finalement pas engueulée. Mon père était dans le salon à regarder le sport, et ma mère dans la chambre en train de lire. Ils ne m'avaient pas non plus posé de question, ce qui fit que je pus rejoindre ma chambre directement (ma sœur n'était pas là non plus : cela faisait quelques années qu'elle habitait ailleurs, avec son copain). Néanmoins, ma mère ne voulut pas que nous nous retrouvions dès le matin. Je devais manger le midi avec elle et mon père, et je ne pus donc partir qu'en début d'après-midi.
Chemin faisant, j'étais non plus anxieuse ou paniquée, mais plutôt excitée. Dans mon lit, j'avais passé la nuit à repenser à nous deux, la veille dans ce champ. Je l'avais imaginé posant de nouveau ses larges mains sur mes cuisses, remontant le long de mes hanches, descendant sur mes fesses... J'avais alors reproduit ce même parcours avec mes propres mains pour renforcer mon histoire imaginaire qui, pour une fois, n'était pas catastrophique dans ma tête. Je me surpris pour la première fois à apprécier mes propres caresses sur mon corps, et à découvrir une sensibilité que je n'avais jamais soupçonnée jusqu'ici. Je m'étais endormie petit à petit, en proie à des rêves qui m'auraient, avant, ennuyée, mais qui cette fois-ci m'avait laissée toute chose à mon réveil, comme si je venais de passer la meilleure nuit de ma vie (jusque-là !).
Lorsque je le vis, m'attendant en bas de sa location, je ne pus m'empêcher d'accélérer le pas, et de trottiner jusqu'à lui. Nous nous embrassâmes alors tout naturellement, puis il m'emmena dans l'appartement qu'il avait loué. Nous avions en effet convenu qu'aujourd'hui serait une journée console, et j'avais emporté la mienne pour jouer ensemble à quelques-uns de mes jeux favoris. Bien sûr, je n'avais pas donné ce détail à ma mère, qui ne m'aurait sans doute jamais laissée monter avec lui. Mais je ne lui avais pas menti non plus. Juste, pas dit !
Arrivés en haut, et après un autre petit bisou devant la porte, il me fit entrer. L'appartement était très simple et sobre, un peu à son image, avec un salon-cuisine et un canapé pour deux, une petite salle de bain avec une douche, et une chambre qui me parut immense par rapport à la mienne, avec un imposant lit double qui devait largement faire deux fois la taille du mien. Il me fit asseoir dans le canapé et je lui confiais mes affaires et ma console pour qu'il installe le tout. Je l'observais s'affairer et je me détendis lorsque je vis l'écran d'accueil familier de mon jeu adoré. Il vint me rejoindre sur le canapé, et me tendit les deux manettes pour me laisser choisir. Je pris le premier personnage (je le préfère largement) et nous jouâmes pendant un bon moment. Il était un peu nul sur les épreuves d'agilité du jeu, mais je passais quand même un très bon moment.
Il me faisait surtout rire en ayant toujours le jeu de mots idiot, mais approprié pour chaque situation et ce n'est que lorsqu'il me demanda si j'avais faim que je m'aperçus que la nuit était tombée, ayant préalablement tiré les rideaux en début d'après-midi pour éviter un reflet sur l'écran. En vérité, je n'avais pas envie de manger, mais l'ayant entendu gargouiller plusieurs fois, j'ai triché et prétexté je grignoterais bien quelque chose. Je ne voulais pas l'obliger à passer la soirée à jeun, comme j'en ai assez souvent l'habitude. Il dressa rapidement la table pour deux, et sortit un plat de lasagnes déjà prêt qu'il mit au four, et nous finîmes le niveau à deux le temps qu'il réchauffa. Nous passâmes alors à table après avoir éteint la console. Comme d'habitude, je fus rapidement la première à terminer mon assiette, ne me servant que très petites portions.
Après avoir attendu un peu passivement qu'il termine de manger, je lui dis que j'allais m'allonger dans le canapé en l'attendant. Il ne fit aucune remarque. Je m'habituais peu à peu à cela, me demandant même régulièrement si les remarques du reste de ma famille quand je mange peu, ou que je m'isole quelques minutes dans un coin pour « recharger » mes batteries sociales, étaient vraiment la norme.
Lorsqu'il eut lui aussi terminé, il débarrassa et me demanda ce que je voulais faire. L'espace d'une seconde, l'idée de répondre « comme hier dans l'herbe » me traversa l'esprit, mais je préférais finalement lui dire que je regarderais bien un film dont il m'avait parlé lors d'une de nos discussions en ligne. Il accepta, brancha sur la TV son ordinateur portable qu'il avait emmené avec lui, et lança le film avant de me rejoindre sur le canapé. Voulant l'embêter, je tendis mes jambes et mes bras, prenant toute la longueur et la place disponible. Il se mit à rire et me dit « C'est ce qu'on va voir... » avant de me soulever comme une plume ! J'avais l'impression d'être une planche dans les bras d'un menuisier. Il pivota, puis s'assit sur le canapé et me déposa en travers, sur ses genoux. « -Hé, mais je ne suis plus dans le bon sens là ! dis-je en riant de bon cœur ». Je me retournais alors, me réinstallant confortablement, ma tête sur ses cuisses.
Il y a quelques mois, sur ce banc, j'avais été prête à fuir au moment où je m'étais rendu compte de ma position. Mais cette fois, j'avais envie de m'installer comme cela. Volontairement, et confortablement.
Le film était très sympa (un film de science-fiction, comme je les adore). Petit à petit, je sentis ses mains passer régulièrement dans mes cheveux, ou descendre le long de ma hanche puis presque jusqu'à mon genou, tant son bras me semblait long. Lorsqu'une scène un peu torride arriva, avec les deux personnages principaux. Mais plutôt que de la trouver insipide, comme avant de nous rencontrer, je l'imaginais à place de l'homme. Et moi, à la place de cette femme. Je relevais alors ma tête vers lui, au moment où il avançait la sienne vers moi. Paf ! Nos deux têtes se cognèrent. Nous nous massâmes rapidement le front en rigolant de notre bêtise, puis il plongea ses yeux dans les miens. Et je ne voulus plus fuir du regard. Je fondis plutôt sur lui et nous nous embrassâmes à pleine bouche. Je me mis de nouveau à califourchon face à lui. Je sentis ses mains glisser à la fois sur mes hanches et sous mon haut.
Je frissonnais, ce qui lui fit retirer ses mains de là, apparemment gêné d'avoir osé franchir ce qui semblait être une limite absolue. Mais je le retiens, et remis moi-même ses mains sur ma peau, comme un encouragement.
Je le sentis remonter alors le long de mon dos, redescendre sur mon ventre, puis remonter. J'ondulais doucement malgré moi, au rythme de ses caresses, quand il frôla ma poitrine une première fois. Je poussais alors un soupir de plaisir, avant de replonger mes lèvres sur les siennes de sentir une seconde fois ses mains passer sur cet endroit dont j'ignorais à cette époque presque tout de sa sensibilité. La sensation était si différente de celle, terne, que j'avais en me savonnant sous la douche. Je me sentais presque possédée, comme si j'étais une autre. Je ne me reconnaissais moi-même plus, mais je n'arrivais de toute façon pas à réfléchir. Je le laissai donc faire lorsqu'il commença à relever mon haut, et je l'encourageai même en levant les bras au-dessus de moi.
Il fit s'envoler mon top à l'autre bout de la pièce avant de commencer à dégrafer mon soutien-gorge pendant que je revenais plaquer mes lèvres sur les siennes, cherchant à retrouver le contact de nos langues qui me rendait si folle. Il fit traverse la pièce à mon 80 A aussi rapidement que mon top, avant de venir agripper mon semblant de poitrine dans ses deux grandes mains, me faisant pousser un autre petit cri de surprise mêlée de plaisir. Je remuais mon bassin de plus en plus fort, me frottant contre lui et faisant bouger mes petits seins dans ses larges mains par la même occasion.
Lorsqu'il me fit ensuite pencher en arrière, je ne compris pas tout de suite ce qu'il voulait et je m'accrochais alors à son cou. D'un seul mouvement, il nous fit pivoter tous les deux, et m'allongea au fond du canapé, s'installant à demi-assis à côté de moi. Je relâchais mon étreinte, continuant de l'embrasser, le feu au ventre et la tête dans les vapes. Sa main droite revient alors sur mes seins, qui me semblaient encore plus plats dans cette position, avant de descendre doucement sur mon ventre, puis plus bas encore...
Il arrêta ses doigts à la couture de mon jeans, me caressant d'un mouvement latéral, comme bloqué par une barrière. Je ne compris pas tout de suite pourquoi (il faut dire que j'étais surtout concentrée sur ma respiration, haletante, essayant de ne pas respirer accidentellement par la bouche). Lorsque je compris, j'hésitais. Une partie de moi voulait aller plus loin, comme emportée dans un train qui ne s'arrêtait pas. Et l'autre voulait tout arrêter et rester sur le quai. Dans ma tête, je m'imaginais alors à nouveau des choses. J'imaginais deux moi-même, l'une assise dans la gare et l'autre debout à la fenêtre du train qui allait partir, lui disant de venir, de monter. La petite fille dans la gare semblait crier « Reste ! Ne pars pas ! Tu ne sais pas où ce train te mène ! » et l'autre dans le train lui répondait « Ne t'inquiète pas, je sais où il va ! Tout sera mieux qu'ici de toute manière ! ».
Puis le train partait, alors qu'un énorme orage éclatait dans la gare, l'engloutissant dans un nuage noir, poussant la « moi-même » de la gare à se lever et à courir après le train, hurlant de ne pas l'abandonner, de la laisser monter... !
Comme sortie de ma transe par cette scène, j'ouvris alors les yeux d'un coup en poussant un cri qui, cette fois, n'était pas vraiment de plaisir. Charlie fut surpris, et il se redressa, retirant ses mains, le regard inquiet.
— Ça va ?
— Je... Oui... répondis-je encore un peu retournée par ce que je m'étais imaginé.
— Tu veux qu'on arrête ? me demanda-t-il, gêné.
— Non, répondis-je après quelques secondes, replongeant mon regard dans le sien. Au contraire.
— Je... Oui... répondis-je encore un peu retournée par ce que je m'étais imaginé.
— Tu veux qu'on arrête ? me demanda-t-il, gêné.
— Non, répondis-je après quelques secondes, replongeant mon regard dans le sien. Au contraire.
Je pris alors sa main et la remis sous mon ventre, refaisant les mêmes mouvements qu'avant cette interruption de ma part. Je m'en voulais un peu, d'avoir brisé l'instant, mais j'oubliais rapidement les divagations de mes pensées inquiétantes. Il reposa ses lèvres sur les miennes, et je passais ma main dans ses courts cheveux noirs pour le tenir contre moi, mon autre main le guidant toujours sur mon corps. Je m'amusais à l'emmener un peu partout, sur ma joue, sur mes seins, mon ventre, mes cuisses, puis je pris une grande inspiration intérieure avant de la guider entre mes jambes.
Je pouvais sentir ses doigts, bien plus grands que les miens qui le guidaient, se poser au niveau de mon intimité, par-dessus mon Jeans. Je fermais de nouveau les yeux, me concentrant sur ces sensations, respirant plus fort que jamais, comme si j'étais essoufflée après une course d'obstacles. Je sentais mes muscles se tendre et se détendre à la fois, j'avais comme une envie pressante de foncer aux toilettes, et je me sentais électrisée comme jamais. Je remontais alors sa main au niveau de mon bas-ventre et, sans attendre ni réfléchir, comme mue par un instinct, je glissais nos deux mains sous la couture de mon Jeans, et sous ma culotte (je ne portais pas vraiment de lingerie fine à cette époque, n'ayant aucun attrait pour cela). Le contact de ses doigts sur ma toison me fit de nouveau pousser un gémissement, et je lâchai sa main pour venir saisir sa tête et renforcer notre baiser qui se prolongeait toujours.
L'ayant ainsi autorisé à aller plus loin, il déboutonna d'abord mon Jeans (il faut reconnaître que le slim ne laisse pas beaucoup de place, mais c'est la seule taille qui me va, sinon, c'est direction le rayon « pour enfants » vu mon gabarit de petite sauterelle), le repoussa jusqu'à mes genoux, et l'enleva avec mon aide. Puis il tira lentement ma culotte jusqu'en bas, et mes vêtements se retrouvèrent en boule contre l'accoudoir du canapé. Je repris alors sa tête entre mes mains pour l'embrasser et il glissa son index entre mes jambes, que j'écartais légèrement pour lui laisser le passage. Ses mouvements me firent gémir de nouveau. À mesure que je sentais son doigt passer en cercles de plus en plus appuyés sur mon intimité, j'eus l'impression d'exploser. Tous mes muscles se tendirent d'un coup, enfonçant mes doigts dans son dos, avant de me laisser retomber comme une pierre. Je haletais de nouveau, mais il ne s'arrêta pas. Et je n'aurais de toute façon pas voulu qu'il cessât.
Je sentis alors le bout de son doigt se glisser en moi, et venir explorer mon intérieur. J'avais déjà osé tenter de me masturber une fois, à force d'entendre l'une de mes « amies » en ligne me parler du bien que cela me ferait (j'ai, depuis, largement perdu le contact avec elle, volontairement). J'avais détesté (ce qui avait alors renforcé mon sentiment d'asexualité de l'époque). Même si mes ongles ne sont pas très longs, j'avais eu l'impression de me griffer constamment et de me faire mal, tout en me fatiguant rapidement et inutilement les doigts, comme si j'essayais vainement de me chatouiller moi-même. Mais là, les choses étaient si différentes. Je ressentais un mélange de plaisir, d'excitation, d'inconnu et d'inattendu. Charlie sortait régulièrement son doigt, massait mon clitoris (à cette époque, je n'avais même pas pris la peine de me renseigner sur ma propre anatomie, n'ayant ni volonté ni curiosité de le faire, ce qui changea par la suite) avant de revenir en moi.
Lorsqu'il glissa ensuite un second doigt en moi, je sentis mes muscles se crisper sous la tension, puis se détendre de nouveau. Ses deux doigts roulaient l'un contre l'autre entre mes lèvres, suivant presque le mouvement de nos langues l'une contre l'autre. Ma respiration s'accéléra de nouveau et mes jambes s'agitèrent de plus en plus comme si je cavalais dans une course imaginaire et que le sprint final arrivait ; je sentis ses doigts accélérer de même, devenir plus intrusifs et rapides, ce qui me fit d'autant plus panteler, ce qui le faisait accélérer, et ainsi de suite, jusqu'à ce que je ressente de nouveau une décharge à travers tout mon corps qui me fit tendre les jambes si subitement qu'elles envoyèrent mes habits par terre.
Je sentis alors ses doigts se calmer, et cesser de s'agiter, tout en restant en moi, alors que je reprenais mon souffle petit à petit, une de mes mains encore crispée dans son dos, l'autre caressant machinalement son bras qui descendait entre mes jambes, là où mon regard portait dorénavant. Après une durée qui me parut être une agréable éternité, je relevais les yeux vers son visage, toujours penché au-dessus de moi, et lui déposai un baiser calme sur ses lèvres, comme un remerciement. Il ressortit sa main d'entre mes jambes, et je vis alors ses doigts briller dans la pénombre de la pièce. Il s'essuya discrètement sur son pantalon, en me rendant mon baiser, et je m'aperçus que le cuir du canapé en dessous de moi était trempé. Je me remis assise, à côté de cette large tâche, pendant que lui fit le tour pour venir s'installer sur l'accoudoir à côté de moi. Ayant repris mon souffle, je lui dis alors :
— Merci.
— Merci à toi, me dit-il en retour, m'embrassant sur le front ce qui me fit drôle de sentir ses lèvres à cet endroit.
— Merci à toi, me dit-il en retour, m'embrassant sur le front ce qui me fit drôle de sentir ses lèvres à cet endroit.
Il s'éclipsa alors dans la pièce d'à côté pendant que je cherchais mes habits du regard. Je le vis rapidement revenir avec une serviette de bain, qu'il me tendit. Je le remerciai et m'essuyai entre les jambes avant d'effacer mes traces sur le canapé, un peu honteuse d'une certaine manière de ce qu'il venait de se passer. Alors que je terminais, penchée en avant, une main sur l'assise du canapé et l'autre passant la serviette sur les dernières traces, il revient vers moi et se glissa derrière mes fesses. Je sentis son bras me tenir au niveau du bassin, alors que son autre main se glissait sur mon sein gauche. Il m'embrassa dans le creux du cou, et m'y mordilla, ce qui m'interrompit dans mon petit « ménage ». Je sentais son pantalon frotter sur la peau nue de mes fesses. Soudain, son bras sous ma poitrine me tira vers le haut, me remettant droite. Mon corps collé au sien, je ressentis soudain une forte aspiration dans le creux de mon cou.
La surprise puis la sensation de suçon me firent de nouveau pousser un gémissement, alors que ma main lâchait la serviette pour chercher le contact de sa tête. Lorsque mon vampire eut relâché son étreinte, je me retournai vers lui et l'embrassai de nouveau.
— Tu devrais peut-être prendre une douche, me proposa-t-il lorsque je finis par décoller mes lèvres des siennes.
— C'est vrai, admis-je, je suis un peu... transpirante !
— C'est vrai, admis-je, je suis un peu... transpirante !
Soudain, comme si mon corps réalisait subitement tout ce qui venait de se passer, je sentis mes jambes trembler et fléchir d'un coup. Charlie me rattrapa, surpris, et me demanda ce qui m'arrivait.
— Rien, lui répondis-je, c'est juste... l'émotion... et la fatigue sans doute.
Il m'accompagna alors jusqu'à la salle de bain où il me fallut quelques secondes pour habituer mes yeux à la lumière de la pièce lorsqu'il l'alluma. Dans le miroir en face de moi, je vis pendant une seconde son regard parcourir subrepticement l'entièreté de mon corps nu sous cette lumière. Je me sentais un peu gênée, mais il recula alors dans l'encadrement de la porte :
— Je te laisse te laver tranquillement, je t'attends dans le salon.
Puis, sans attendre de réaction de ma part, il referma la porte de la salle de bain et je me glissais dans la douche, après avoir retiré mes chaussettes. Je fis couler l'eau, attendant qu'elle réchauffe, pensive par rapport à tout ce qui venait de se passer ce soir. J'avais l'impression de me redécouvrir, d'être presque devenue... une autre. Et soudain, je repensais à Hermione. Cette petite fille modèle, sage, qui était devenue peu à peu une femme sans que je ne comprenne comment, pourquoi, ni même l'intérêt de grandir ainsi. Subitement, je me sentais proche d'elle de nouveau. J'avais l'impression de suivre, finalement, le même chemin (avec, admettons, quelques années de retard en plus !). Et cela me fit sourire alors que je passais le pommeau au-dessus de ma tête.
Lorsque j'eus fini de me shampouiner, de me savonner, et de me rincer, je sortis de la douche, et remis mes chaussettes, cherchant le reste de mes habits dans la salle de bains. Je me rendis alors compte qu'ils n'y étaient pas, et devaient encore être dans le salon. J'enroulais un drap de bain autour de moi, et cherchais alors le sèche-cheveux. Je le sortis du tiroir où se trouvait également une brosse, et je me séchais rapidement (au moins un avantage de mes cheveux fins). Une fois prête, je quittai la salle de bain sans réaliser sur le coup que, pour la première fois de ma vie, quelqu'un dans la pièce d'à côté me verrait à demi nue. Je me mis à la recherche de mes vêtements, que je vis rassemblés sur la table basse du salon, relativement pliés. Charlie était dans le canapé. En me voyant à demi nue, en chaussettes-serviette, il sourit et me dit d'un air espiègle en pointant du doigt mes vêtements :
— C'est cela que tu cherches ?
— Oui, répondis-je, me dirigeant vers la table du salon pour les prendre.
— Oui, répondis-je, me dirigeant vers la table du salon pour les prendre.
Son regard ne me quittait pas, et si cela ne m'avait pas effleurée pendant notre étreinte dans le noir sur le canapé, le salon était maintenant éclairé par la lumière provenant de la salle de bain. Je rougis alors qu'il me semblait me dévorer des yeux. Mais là où, quelques jours plus tôt, j'aurais voulu m'enterrer dans un trou de souris pour ne plus être vue dans pareille situation, j'avais maintenant envie de jouer un peu avec lui. Je descendis donc légèrement le drap de bain pour qu'il dévoile à moitié ma poitrine, et je me penchais en avant au-dessus de la table basse, ramassant silencieusement mes affaires, consciente de sentir son regard bloqué sur moi. Je me relevais, toujours sans un mot, puis me dirigeais vers la salle de bain. Mais je stoppai en cours de route. J'avais une idée en tête. Dans cette position, je lui tournais le dos et je devinais qu'il ne m'avait pas quitté des yeux.
Je défis alors le vague nœud de mon drap de bain, et le laissai tomber à mes pieds, pour lui dévoiler ma silhouette dans la lumière projetée par la salle de bains. Je m'habillais alors, l'air de rien, mais toute fière intérieurement de réussir un tel tour de force : jouer, pour la première fois, de ma séduction avec quelqu'un. J'étais contente !
Lorsque je fus prête, je me retournai vers lui, passant mes deux mains sous mes cheveux pour les soulever et les laisser retomber en une ample ondulation, persuadée (je l'avais lu également sur internet après m'être renseignée sur « comment bien embrasser ») que cela ferait son petit effet. Et vu son regard et son expression, j'avais fait mouche.
— C'est bon, je suis prête !
Il lui fallut quelques secondes pour retrouver ses esprits apparemment, car il ne me répondit pas tout de suite.
— Superbe ! Heu... Hum, fit-il se raclant la gorge alors que je m'approchais de nouveau de lui. J'ai remis le film là où on en était si tu veux.
— Parfait ! lui dis-je en m'asseyant de nouveau à ses côtés. Tu peux le remettre en route.
— Parfait ! lui dis-je en m'asseyant de nouveau à ses côtés. Tu peux le remettre en route.
Et, alors qu'il appuya sur « Lecture », je posai ma tête contre son épaule, passant mon bras dans son dos. Il mit sa main sur ma cuisse et nous profitâmes ensemble de la fin du film.
Une fois terminé, il me proposa de rester dormir avec lui, le lit étant assez grand pour deux. Mais je ne pus accepter : mes parents m'attendaient toujours, et je ne me sentais quand même pas de les appeler pour leur dire que je restais avec Charlie pour la nuit (et je n'aurai pas non plus pu ne rien leur dire, certaine que ma mère m'aurait alors appelée et m'aurait ensuite interdit toute sortie pour le restant de ma vie). Je vis sa déception lorsque je refusai son offre, mais je tentai de balayer cela d'un autre baiser sur ses lèvres. Ce fut apparemment très efficace. Il sourit de nouveau, et me raccompagna jusqu'à chez moi. Au bas de mon immeuble, il me dit en souriant :
— N'oublie pas ton bisou de bonne nuit !
Je l'embrassais donc de nouveau, avant de remonter chez moi, la tête et le cœur légers.
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