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Couverture de Une croisière initiatique, par Jlb60440
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Une croisière initiatique — Chapitre 7 · Typhanie prise dans ses filets

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Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Jlb60440
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Une croisière initiatique

Chapitre 7 · Typhanie prise dans ses filets

Après quelques heures d'un sommeil profond et réparateur, Pierre et Typhanie s'éveillèrent encore enlacés, savourant cette douce torpeur qui prolonge les nuits heureuses.
Typhanie fut la première à quitter le lit. Repoussant les draps immaculés, elle s'approcha du hublot, attirée par le spectacle de la mer. Sous la lumière éclatante du matin, l'immensité bleue s'étendait jusqu'à l'horizon, où le ciel et l'eau semblaient se rejoindre dans une même sérénité.
— Viens voir, mon chéri, comme c'est magnifique !
Pierre la rejoignit et se glissa derrière elle. Pendant quelques instants, ils contemplèrent en silence ce paysage grandiose, bercés par le léger mouvement du navire.
— Tu as raison, ma chérie, murmura-t-il. C'est absolument superbe… Mais ce que je trouve de plus beau se tient juste devant moi.
En prononçant ces mots, il se pencha vers elle et déposa un premier baiser dans le creux de son cou, avant de remonter lentement jusqu'au lobe de son oreille.
Typhanie frissonna et esquissa un sourire.
D'un geste gracieux, elle rassembla sa magnifique chevelure rousse sur une épaule, dégageant sa nuque pour mieux accueillir les attentions de son mari. Puis elle inclina légèrement la tête, lui offrant ce cou délicat qu'il aimait tant embrasser. Encouragé par la manière dont Typhanie s'abandonnait à ses baisers, Pierre resserra doucement son étreinte. Ses mains quittèrent sa taille pour remonter le long de sa silhouette puis de sa jeune poitrine, retrouvant avec une tendresse familière les courbes de cette femme qu'il aimait tant.
Typhanie ferma les yeux et se laissa aller contre lui. Sa respiration s'accéléra imperceptiblement tandis qu'elle inclinait davantage la tête, savourant les attentions de son mari. Un léger soupir lui échappa.
Elle se retourna à demi pour retrouver ses lèvres. Leur baiser se fit plus profond, plus passionné, et leurs gestes perdirent peu à peu leur retenue initiale.
Pierre sentit qu'elle partageait pleinement son désir. Elle se rapprocha encore de lui, recherchant instinctivement cette intimité qu'ils connaissaient si bien et qui, malgré les années, conservait pour eux la fraîcheur des premiers jours.
Comme guidée par un instinct familier, Typhanie se cambra doucement contre Pierre, l'invitant à prolonger leur étreinte. Un soupir de bonheur lui échappa lorsqu'ils s'unirent lors d’une pénétration lente, retrouvant cette intimité profonde où la tendresse et le désir semblaient ne faire qu'un.
Elle ferma les yeux, abandonnant toute retenue, tandis que leurs mouvements s'accordaient peu à peu dans une harmonie passionnée. Leurs respirations devinrent plus rapides, leurs étreintes plus ferventes. Typhanie laissa échapper quelques murmures entrecoupés de soupirs, auxquels Pierre répondit en la serrant davantage contre lui tout en lui caressant son petit bouton d’amour.
L'émotion et le plaisir montèrent ensemble, jusqu'à cet instant où ils atteignirent presque simultanément l'orgasme, dans un même élan de bonheur partagé.
Ce fut Typhanie qui se détacha la première, non sans s'être retournée pour offrir à son mari un long baiser passionné. Elle conserva un instant son visage entre ses mains, les yeux brillants et un sourire heureux aux lèvres.
— Tu es incorrigible, mon chéri, murmura-t-elle avec un sourire malicieux. Tu es un coquin, tu ne trouves pas que nous étions assez fatigués après ce long voyage alors qu'une longue soirée nous attend ce soir ?
— Il ne fallait pas me tenter en restant debout toute nue devant le hublot. Tu sais très bien que je ne peux pas résister à des fesses magnifiques ainsi mises en valeur.
Puis ils se mirent à rire tous les deux comme des tourtereaux et elle se dirigea vers la salle de bain pour se laver, vu les dégoulinures de sperme qui coulaient sur ses cuisses.
Il était déjà quinze heures lorsqu'ils décidèrent de faire monter une légère collation dans leur cabine. Après six heures d'un repos particulièrement réparateur, ils avaient retrouvé toute leur énergie et pouvaient désormais envisager avec enthousiasme la réception qui les attendait dans la soirée.
Typhanie consacra une bonne partie de l'après-midi à ses préparatifs. Pierre, qui la trouvait déjà irrésistiblement belle au naturel, observait avec une tendresse amusée le soin méticuleux qu'elle apportait à chaque détail de sa toilette. Rien ne semblait devoir être laissé au hasard.
Mais lorsqu'elle revint du salon de coiffure et du spa, il dut reconnaître qu'elle avait eu parfaitement raison de prendre tout son temps.
Sa magnifique chevelure rousse, dont les boucles cuivrées avaient retrouvé tout leur éclat, encadrait harmonieusement son visage. Ses mains délicatement manucurées ajoutaient une touche de raffinement à chacun de ses gestes, tandis qu'un maquillage subtil soulignait l'éclat de ses yeux verts et la douceur de ses lèvres.
Pierre la contempla quelques instants, sincèrement émerveillé.
Ce qui le séduisait peut-être davantage encore que sa beauté, c'était cette assurance naturelle, cette manière si particulière qu'avait Typhanie d'être parfaitement consciente de ses charmes sans jamais paraître en jouer ostensiblement.
Elle était belle, elle le savait, et cette tranquille certitude lui conférait une grâce supplémentaire.
Pierre songea alors, non sans une pointe de fierté, qu'il aurait sans doute bien du mal à ne pas la contempler tout au long de la soirée.
Pour cette soirée de gala, Typhanie avait choisi une longue robe noire, d'une élégance aussi raffinée qu'audacieuse. Taillée dans une étoffe soyeuse qui épousait harmonieusement les courbes de sa silhouette, elle soulignait la finesse de sa taille avant de descendre jusqu'à ses chevilles dans un mouvement souple et fluide.
Sous sa robe noire, dont la coupe ajustée épousait harmonieusement sa silhouette, Typhanie avait choisi un ensemble de lingerie « Maison Close », en fine dentelle noire, aussi audacieux que raffiné. Pierre en connaissait l'élégance et le charme troublant, même si rien, sous cette somptueuse robe de soirée, ne laissait deviner ce secret réservé à leur intimité.
Mais au-delà du raffinement de cette lingerie, c'était le nom même de « Maison Close » qui éveillait chez Pierre tout un imaginaire délicieusement sulfureux. Ces deux mots suffisaient à faire surgir dans son esprit l'atmosphère feutrée des maisons de plaisir d'autrefois, leurs salons tendus de velours, leurs lumières tamisées, leurs parfums capiteux et ces femmes d'une beauté provocante qui semblaient détenir tous les secrets de la séduction.
Il y avait dans cette appellation quelque chose d'interdit, une promesse de volupté mêlée de mystère, qui contrastait singulièrement avec l'élégance presque aristocratique de Typhanie.
Et c'était précisément ce contraste qui le fascinait : imaginer que sous les apparences impeccables de cette femme si distinguée se dissimulait une sensualité plus audacieuse, dont lui seul, croyait-il encore, connaissait toute la richesse.
Quelques notes de son parfum préféré flottaient autour d'elle, laissant dans son sillage cette fragrance délicate que Pierre aurait reconnue entre mille.
Tout semblait avoir été pensé avec un goût exquis. Pourtant, en la contemplant une dernière fois, Pierre eut le sentiment qu'il manquait encore quelque chose pour parfaire cette apparition : un bijou d'exception, une parure précieuse dont l'éclat saurait rivaliser avec celui de ses yeux verts et les reflets cuivrés de sa chevelure.
Il était bien loin d'imaginer que ce détail, en apparence insignifiant, allait devenir l'un des éléments décisifs de cette soirée et bouleverser, bien au-delà de ses prévisions, le cours de leur croisière.
Vue de face, la robe affichait une sobriété presque classique. Mais lorsqu'elle se retournait, elle révélait un dos largement échancré, laissant apparaître la peau délicate de ses épaules et la courbe gracieuse de ses reins. L'échancrure s'arrêtait juste au-dessus de la bande de fine dentelle noire de son soutien-gorge, dont la présence, loin de rompre l'harmonie de l'ensemble, ajoutait une touche de sensualité discrète.
La véritable audace de cette création se révélait pourtant lorsqu'elle marchait. Une longue fente latérale, remontant jusqu'à la naissance de l'aine, s'entrouvrait au rythme de ses pas, découvrant par intermittence la ligne interminable de sa jambe. À chaque mouvement, l'étoffe glissait sur sa cuisse avant de retomber avec une grâce étudiée, dans un jeu de dévoilement et de retenue qui ne pouvait laisser indifférent.
Sa magnifique chevelure rousse, savamment coiffée pour préserver la souplesse de ses boucles naturelles, apportait une note flamboyante à cette silhouette entièrement vêtue de noir. Quelques mèches cuivrées effleuraient ses épaules dénudées, tandis que son maquillage, délicatement travaillé, faisait ressortir l'éclat de ses yeux verts.
Pierre la contempla un long moment sans trouver ses mots. Il connaissait pourtant chaque détail de cette femme qu'il aimait, mais elle lui apparaissait ce soir sous un jour nouveau : souveraine, séduisante et parfaitement consciente de l'effet qu'elle produisait.
Typhanie surprit son regard et esquissa un sourire malicieux.
— Alors, mon chéri ? Est-ce que je suis suffisamment élégante pour cette soirée ?
Pierre s'approcha, déposa un baiser sur son épaule nue et murmura :
— Tu es absolument magnifique. Mais je me demande si je vais réussir à supporter tous les regards que tu vas attirer ce soir.
Elle éclata d'un rire léger.
— Il faudra pourtant t'y habituer !
Puis elle pivota gracieusement devant lui, faisant onduler l'étoffe noire et dévoilant une dernière fois sa jambe par la longue fente de sa robe.
Pierre ne pouvait encore imaginer combien cette remarque, prononcée sur le ton de la plaisanterie, allait prendre un sens particulier au cours de la soirée.
La salle de réception affichait des proportions si majestueuses qu'il était presque impossible d'imaginer qu'on se trouvait à bord d'un navire. Sous un plafond vertigineux, d'imposants lustres de cristal diffusaient une lumière étincelante qui se reflétait à l'infini dans les miroirs, les verres et l'argenterie.
Une cinquantaine de tables rondes, recouvertes de nappes d'une blancheur immaculée, étaient disposées avec une symétrie parfaite. Chacune était ornée d'une somptueuse composition florale où se mêlaient les couleurs éclatantes de fleurs exotiques et les nuances plus délicates des roses et des orchidées.
Au fond de la salle, une vaste estrade, encadrée de lourds rideaux de velours rouge, laissait présager un spectacle digne des plus prestigieuses soirées de gala.
Partout, le luxe s'affichait avec une magnificence presque insolente. Rien ne semblait avoir été laissé au hasard, depuis l'ordonnance impeccable des couverts jusqu'au scintillement des flûtes de cristal. Tout concourait à créer cette atmosphère particulière où l'élégance se mêlait à l'ostentation, comme si les organisateurs avaient voulu faire oublier aux invités qu'ils se trouvaient en pleine mer.
Le supérieur hiérarchique de Pierre assistait également à cette réception. Il était accompagné d'Ulya, sa troisième épouse, une ancienne mannequin ukrainienne dont la beauté sculpturale et l'allure distinguée ne passaient guère inaperçues. À peine plus âgée que Typhanie, elle partageait avec celle-ci le goût des belles toilettes et une certaine spontanéité qui facilita immédiatement leur rapprochement.
Les deux jeunes femmes sympathisèrent presque aussitôt, échangeant sourires et confidences avec cette aisance naturelle que favorisent parfois les rencontres inattendues.
Pendant ce temps, Pierre accompagnait son patron d'un groupe à l'autre, sacrifiant aux présentations d'usage et aux conversations convenues. Il constatait, non sans une pointe d'amusement, que même au milieu d'une réception aussi fastueuse, les affaires n'étaient jamais bien loin.
Lorsqu'ils rejoignirent enfin leurs épouses, celles-ci étaient engagées dans une conversation animée avec un couple dont l'élégance et la prestance attiraient immédiatement l'attention.
L'homme, qui se présenta sous le prénom de Ralph, possédait cette assurance tranquille propre à ceux qui ont depuis longtemps pris l'habitude d'être écoutés. Chirurgien esthétique particulièrement prospère, il avait également développé d'importantes activités dans le monde de la finance. Son maintien impeccable, la précision de ses gestes et la manière dont il s'adressait à ses interlocuteurs révélaient un homme parfaitement conscient de sa réussite et de l'influence qu'il pouvait exercer.
À ses côtés se tenait son épouse, Lauren, une superbe blonde dont les yeux d'un bleu saisissant semblaient observer le monde avec une curiosité légèrement amusée. Sa robe de soirée mettait admirablement en valeur sa silhouette, tandis qu'une somptueuse parure de diamants scintillait à son cou et à ses oreilles.
Mais au-delà de sa beauté, Lauren possédait un charme plus difficile à définir. Son sourire, tantôt chaleureux, tantôt énigmatique, laissait deviner une femme sûre d'elle, habituée aux usages de la haute société et parfaitement à l'aise dans cet univers où les apparences comptaient autant que les fortunes.
Ralph et Lauren accueillaient les invités de la table à laquelle Pierre et Typhanie avaient été conviés.
Ils le faisaient avec une aisance remarquable, comme si cette réception constituait le prolongement naturel de leur propre salon. Leur richesse était manifeste, mais ce qui frappait davantage encore, c'était cette manière presque instinctive d'occuper l'espace et de capter l'attention sans jamais paraître la solliciter.
Pierre, qui observait discrètement ce couple, eut aussitôt le sentiment de se trouver en présence de personnalités peu ordinaires.
Il était encore bien loin de soupçonner à quel point cette première impression allait se révéler juste.
Ralph ne tarda pas à accorder à Typhanie une attention de plus en plus soutenue, au point de sembler oublier progressivement les autres convives. Avec cette aisance souveraine qui paraissait lui être naturelle, il avait engagé avec elle une conversation dont Pierre, malgré la distance, percevait toute l'animation.
Retenu par Lauren et par un homme d'affaires que son supérieur lui avait présenté comme un client potentiel particulièrement important, Pierre ne pouvait guère se soustraire aux obligations de la soirée. Il n'en surveillait pas moins, du coin de l'œil, sa ravissante épouse.
Typhanie semblait littéralement captivée par les propos de Ralph. Elle l'écoutait avec une attention manifeste, ponctuant leurs échanges de sourires et de rires spontanés. Par moments, elle inclinait légèrement la tête vers lui, comme pour mieux saisir une confidence au milieu du brouhaha des conversations.
Pourtant, chaque fois que son regard rencontrait celui de Pierre, elle lui adressait ce sourire tendre et complice qu'il connaissait si bien, comme pour l'associer à son plaisir de la soirée.
Il n'y vit d'abord aucune raison de s'inquiéter. Après tout, Typhanie était une femme séduisante, cultivée et parfaitement capable de soutenir une conversation avec un homme brillant. Qu'un personnage aussi distingué que Ralph lui manifeste de l'intérêt n'avait, en soi, rien de surprenant.
Lorsque l'annonce du dîner invita les convives à rejoindre leurs tables, Ralph posa avec une familiarité parfaitement maîtrisée une main au creux du dos de Typhanie pour la guider vers la salle de bal.
Le geste était élégant, presque cérémonieux, mais Pierre remarqua qu'il avait été accompli avec une assurance qui ne semblait attendre aucune permission.
Lauren, de son côté, accepta gracieusement le bras qu'il lui offrait.
Ils progressèrent lentement à travers les groupes d'invités. À plusieurs reprises, leur chemin fut interrompu par des salutations chaleureuses, quelques compliments et de brèves conversations. Lauren paraissait connaître la moitié des personnes présentes et répondait à chacune avec cette élégance souriante qui semblait ne jamais la quitter.
Pierre en profita pour l'observer davantage. Elle possédait une remarquable aisance mondaine, mais également une manière singulière de regarder ses interlocuteurs, comme si elle devinait leurs pensées avant même qu'ils ne les expriment.
Lorsqu'ils arrivèrent enfin à leur table, Ralph prit les choses en main avec une autorité aussi discrète qu'incontestable.
Il tira galamment une chaise pour Typhanie et l'invita à s'asseoir à sa droite.
Pierre remarqua aussitôt que cette place était précisément celle qui aurait dû revenir à Lauren.
Il s'attendit à voir celle-ci manifester quelque surprise, voire une légère contrariété. Mais elle n'en fit rien. Bien au contraire, elle accueillit cette initiative avec un sourire amusé, comme si elle avait parfaitement anticipé la décision de son mari.
Typhanie, quant à elle, sembla hésiter une fraction de seconde avant de s'installer, visiblement flattée par cette marque d'attention.
Pierre ne formula aucune objection. Il se contenta de prendre place à son tour, tout en se demandant si ce changement dans l'ordonnance des convives relevait d'une simple fantaisie mondaine ou d'une intention plus délibérée.
Ce qu'il ignorait encore, c'était que Ralph venait, avec une désarmante courtoisie, de prendre une première liberté avec les conventions de la soirée.
Et que Lauren, loin d'en être surprise, semblait y trouver un certain amusement.
— Pierre, j'espère que vous ne m'en voudrez pas de vous emprunter votre ravissante épouse pour la soirée, lança Ralph avec un sourire d'une désarmante courtoisie.
Il avait prononcé ces mots avec une telle aisance que sa demande ressemblait davantage à une délicate attention qu'à une véritable sollicitation.
— Nous avons engagé une conversation absolument passionnante et je prends un réel plaisir à lui permettre de pratiquer son anglais. Elle le parle remarquablement bien, mais semble malheureusement avoir trop peu d'occasions de l'exercer. Ce serait vraiment dommage de ne pas profiter d'une aussi belle occasion, n'est-ce pas ?
Puis, se tournant vers Lauren, il ajouta avec une pointe d'humour :
— Quant à ma pauvre épouse, elle connaît déjà toutes mes histoires par cœur ! Je suis certain qu'elle appréciera de pouvoir enfin profiter d'une conversation un peu plus originale.
Lauren éclata d'un rire léger.
— Je vous le confirme, Pierre ! Vous n'imaginez pas combien de fois j'ai entendu les mêmes anecdotes. Je vous abandonne donc bien volontiers mon mari pour quelques heures.
La plaisanterie provoqua quelques sourires autour de la table.
Pris de court par cette proposition formulée avec tant d'élégance, Pierre ne trouva aucune raison valable de protester. D'autant que Typhanie venait de lui adresser un sourire radieux, presque reconnaissant, qui semblait l'inviter à accepter cette petite entorse aux usages.
Elle était manifestement ravie de l'attention que lui témoignait Ralph. Celui-ci recula galamment sa chaise, attendit qu'elle s'installe, puis la rapprocha délicatement de la table avant de prendre place à ses côtés.
Presque aussitôt, leur conversation reprit, comme si elle n'avait été interrompue que quelques secondes.
Pierre les observa brièvement, partagé entre l'amusement et une vague impression d'avoir été placé devant le fait accompli.
Lauren vint alors s'installer à ses côtés et lui adressa un sourire chaleureux.
— Eh bien, Pierre, nous voilà compagnons de table pour la soirée. J'espère que vous ne serez pas trop déçu de cet échange !
— Je crois que je devrais pouvoir m'en remettre, répondit-il avec un sourire.
— Voilà qui me rassure ! Dans ce cas, commençons par une coupe de champagne.
Elle leva légèrement son verre dans sa direction, et ils trinquèrent avec une complicité naissante.
La disposition des convives respectait l'alternance traditionnelle des hommes et des femmes. Pierre se retrouvait ainsi encadré par Lauren, à sa droite, et par une superbe Brésilienne, à sa gauche, dont l'élégance exotique avait immédiatement attiré son attention.
Cette dernière possédait notamment des mains extraordinaires, aux doigts d'une longueur et d'une finesse presque irréelles. Ses ongles, soigneusement manucurés, arboraient un rouge cramoisi éclatant et s'achevaient en pointes effilées, conférant à chacun de ses gestes une grâce singulière, légèrement provocante.
Pierre ne put s'empêcher de les remarquer lorsqu'elle saisit délicatement sa flûte de champagne.
Elle était l'épouse de l'homme d'affaires qui lui avait été présenté un peu plus tôt comme un client potentiel particulièrement intéressant : un influent promoteur du monde du football, également agent de sportifs professionnels.
Pierre comprit qu'il allait devoir partager son attention entre les conversations mondaines, les perspectives professionnelles et la présence fascinante de ces femmes particulièrement séduisantes.
Mais, malgré toute sa bonne volonté, son regard revenait régulièrement vers Typhanie.
Elle semblait parfaitement heureuse, absorbée par les propos de Ralph, qui avait déjà réussi à lui faire oublier, du moins pour quelques instants, le reste de la table.
Pierre porta sa coupe à ses lèvres. La soirée ne faisait que commencer.
Une bonne demi-heure s'était écoulée depuis le début du dîner. Absorbé par la conversation de ses deux charmantes voisines, Pierre avait progressivement cessé de surveiller ce qui se passait de l'autre côté de la table.
Lorsqu'il releva enfin les yeux, son regard se porta naturellement vers Typhanie.
Ralph s'était sensiblement rapproché d'elle. Légèrement penché dans sa direction, il lui parlait avec cette assurance tranquille qui semblait lui permettre de capter toute l'attention de son interlocutrice. Leurs visages étaient désormais si proches qu'ils paraissaient partager une conversation dont le reste de la table était délibérément exclu.
Typhanie riait volontiers à ses propos. Par moments, elle semblait même rougir légèrement avant de lui répondre avec un sourire amusé. Elle cherchait cependant régulièrement le regard de Pierre et lui adressait alors un petit sourire complice, comme pour lui faire partager le plaisir manifeste qu'elle prenait à cette conversation.
Pierre ne savait trop qu'en penser. Il connaissait le charme naturel de son épouse et n'ignorait pas l'effet qu'elle pouvait produire sur les hommes. Pourtant, il commençait à trouver l'attitude de Ralph singulièrement empressée.
Lauren, qui avait suivi la direction de son regard, ne tarda pas à deviner ce qui occupait ses pensées.
Sans manifester la moindre contrariété, elle posa délicatement sa main sur celle de Pierre et attendit qu'il tourne la tête vers elle.
— Tu as bien compris qu'il essaie de séduire ta femme, n'est-ce pas ? lui demanda-t-elle avec un calme désarmant.
Pierre la dévisagea, stupéfait.
Ce qui le surprenait le plus n'était pas tant la révélation elle-même que la parfaite sérénité avec laquelle Lauren venait de la formuler. Elle parlait des avances de son propre mari comme elle aurait évoqué une conversation anodine entre deux convives.
— Pardon ? Vous voulez dire que Ralph… ?
— Qu'il cherche à séduire Typhanie ? Mais certainement, mon cher Pierre. Et, pour tout te dire, je ne serais pas étonnée qu'il y parvienne.
Elle accompagna cette confidence d'un sourire presque amusé.
— Il faut reconnaître qu'il possède un talent assez exceptionnel dans ce domaine. Et il réussit presque toujours lorsqu'une femme a véritablement retenu son attention.
Pierre sentit une brusque chaleur lui monter au visage.
L'incrédulité des premières secondes céda la place à une irritation grandissante. Il regarda de nouveau sa femme, toujours absorbée par les propos de Ralph, puis revint vers Lauren.
— Mais enfin… cela ne vous dérange donc pas ? C'est votre mari, tout de même !
Lauren ne parut nullement offensée par cette réaction. Au contraire, elle resserra doucement ses doigts autour de la main de Pierre, comme pour l'inviter à ne pas se laisser emporter.
— Allons, Pierre, ne te fâche pas. Réfléchis un instant.
Elle marqua une pause, puis poursuivit d'une voix plus confidentielle :
— Une femme aussi séduisante que Typhanie ne passe pas inaperçue. Et il arrive qu'elle rencontre un homme suffisamment riche, influent et sûr de lui pour entreprendre de la conquérir, même lorsqu'elle est mariée.
— Vous trouvez cela normal ?
— Je n'ai pas dit cela. Je te dis simplement que Ralph est ainsi. Il aime séduire, et il aime encore davantage les défis.
Pierre demeura silencieux.
Lauren inclina légèrement la tête vers lui.
— Mais rassure-toi, ce n'est pas parce qu'il cherche à séduire ta femme qu'elle acceptera nécessairement ses avances. Typhanie reste libre de ses choix.
Cette dernière remarque aurait dû le rassurer.
Pourtant, en reportant son attention sur le couple qui leur faisait face, Pierre ne put s'empêcher de remarquer l'éclat du sourire de Typhanie et l'intérêt manifeste avec lequel elle écoutait Ralph.
Il éprouva alors, pour la première fois de la soirée, une véritable pointe de jalousie.
Ce qui le déconcertait davantage encore, c'était l'attitude de Lauren. Non seulement elle semblait parfaitement accepter que son mari courtise ouvertement une autre femme, mais elle observait la situation avec une curiosité presque bienveillante.
Pierre avait le sentiment étrange d'assister à une scène dont Lauren connaissait déjà les règles, tandis que lui-même venait à peine de comprendre qu'un jeu avait commencé.
Et, à en juger par le sourire tranquille de sa voisine, ce jeu ne faisait que débuter…
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