Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une croisière initiatique — Chapitre 3 · Lauren, Ralph et Kate
Auteurs
Une croisière initiatique
Chapitre 3 · Lauren, Ralph et Kate
Ralph avait commencé sa carrière comme chirurgien avant de se consacrer à la médecine esthétique. Son habileté, alliée à un sens aigu des affaires, lui avait assuré une réussite considérable. Désormais à demi-retraité, il partageait son temps entre ses investissements et une existence dont il entendait savourer chaque liberté. Sa fortune lui avait même valu quelques mentions dans Forbes.
Avec Lauren, il avait élevé deux enfants, aujourd’hui indépendants. Leur mariage avait traversé les années sans perdre cette complicité particulière qui les unissait. Jeunes époux, ils avaient fréquenté les clubs libertins ; puis les exigences de la vie familiale les avaient conduits à davantage de discrétion. Peu à peu, ils avaient inventé leur propre langage amoureux, fait de confiance, de rituels et de jeux de pouvoir librement acceptés. Ralph s’était notamment intéressé au shibari, dont il admirait autant la précision que la dimension esthétique.
Le départ des enfants avait ouvert une nouvelle période. Leur vaste propriété, au nord de San Francisco, au cœur de la Napa Valley, était devenue le théâtre de réceptions soigneusement organisées. La maison, ancienne ferme fortifiée disposée en U et remontant à l’époque mexicaine, se dressait à l’écart des routes, au milieu d’une végétation généreuse. Derrière ses murs épais, elle abritait plusieurs suites, une terrasse ensoleillée, une piscine et un jacuzzi. Six à huit couples pouvaient y séjourner sans se gêner.
Mais le véritable secret de la demeure se trouvait sous terre.
Deux salles avaient été aménagées dans les anciennes dépendances souterraines. Pour y accéder, il fallait emprunter un escalier de pierre vieux de près de deux siècles. Les marches, creusées et polies par d’innombrables passages, semblaient conduire hors du temps. Plus on descendait, plus les bruits de la maison s’effaçaient. Au bout du couloir, derrière de vieilles lourdes portes en bois massif, commençait un univers dont les visiteurs ne savaient jamais tout à fait ce qu’ils allaient découvrir.
Ralph et Lauren accueillaient parfois des femmes désireuses d’explorer une relation de domination et de soumission. Certaines venaient seules, d’autres accompagnées de leur conjoint ou leur amant. Le premier entretien était toujours déterminant : il permettait de comprendre les attentes, les hésitations et surtout de vérifier que le désir exprimé appartenait bien à la personne concernée. Ralph, volontiers autoritaire dans ses mises en scène, savait que l’autorité n’avait de sens que lorsqu’elle était consentie.
Les rencontres débutaient dans le grand salon, devant une cheminée monumentale. En hiver, lorsque l’humidité venue du Pacifique s’insinuait jusque dans la vallée, un feu de bois y répandait une chaleur bienvenue. Ce foyer rustique contrastait avec les lignes sobres du mobilier contemporain et les œuvres choisies avec soin.
La décoration avait été confiée à Kate, une architecte d’intérieur de trente-quatre ans installée à San Francisco. Intelligente, cultivée, diplômée de Berkeley, elle avait abordé cette commande avec la rigueur d’une professionnelle et la curiosité d’une femme qui découvrait un monde inconnu. Pour préparer les deux salles, elle avait étudié les codes esthétiques du milieu BDSM et visité plusieurs lieux spécialisés, notamment un établissement de Mission Street.
Ce qu’elle y avait observé l’avait surprise. Elle s’attendait à une atmosphère brutale ; elle avait rencontré, au contraire, des échanges souvent empreints de calme, de confiance et d’une étrange solennité. Cette découverte l’avait poursuivie bien après sa visite. Elle s’était demandé, sans oser se répondre, quelle place elle aurait pu tenir dans un tel cérémonial.
Pour les salles de la propriété, Kate avait conservé la pierre ancienne, ravivé la blancheur des joints et mis à nu les briques ocre. Des piliers, des anneaux fixés aux murs et au plafond, ainsi qu’un éclairage indirect dessinaient un décor presque médiéval. Un vaste miroir accentuait la profondeur de l’une des pièces ; derrière lui se trouvait un petit espace d’observation. Un dispositif audiovisuel discret complétait l’installation, dont l’usage devait naturellement rester soumis à l’accord explicite des participants.
Lorsque les travaux furent achevés, Ralph et Lauren invitèrent Kate à dîner pour célébrer le résultat. Le repas s’étira jusqu’à une heure avancée. Dans le salon, les dernières flammes éclairaient les verres de cristal et faisaient danser des ombres sur les murs.
Kate, une flûte de champagne à la main, finit par évoquer sa visite de Mission Street. Elle parla de son étonnement, puis de son trouble. Elle avoua même s’être demandé si elle aurait accepté, ce soir-là, une invitation à participer à l’une des séances.
Ralph l’écouta sans l’interrompre. Lauren, assise près de lui, observait leur invitée avec une attention bienveillante.
— Et aujourd’hui, Kate ? demanda Ralph. Vous posez-vous encore cette question ?
Kate baissa les yeux vers son verre.
— Plus souvent que je ne voudrais l’admettre.
Un silence suivit. On n’entendait que le crépitement du feu.
— Vous savez ce que nous pratiquons, reprit Ralph. Mais le savoir et le vivre sont deux choses différentes. Nous ne vous demanderons rien que vous n’ayez choisi vous-même.
Lauren se leva et vint s’asseoir plus près de Kate. Elle lui expliqua comment leur relation s’était construite au fil des années, avec ses règles, ses limites et ses signes de confiance. Sa voix était douce ; elle ne cherchait ni à convaincre ni à impressionner.
— Je croyais vous connaître, murmura Kate. Je découvre une autre facette de vous deux.
— Peut-être aussi une autre facette de vous-même, répondit Lauren.
— Peut-être aussi une autre facette de vous-même, répondit Lauren.
Ralph demanda à Kate de quitter son fauteuil et de s’approcher. Elle posa sa flûte de champagne en cristal de Baccarat sur la table basse, devant la cheminée, puis s’avança. Le crépitement du feu paraissait soudain plus sonore que leurs voix.
Elle portait une robe portefeuille couleur crème, délicatement nouée dans le dos. Sous l'étoffe légère, sa poitrine, libre de toute entrave, révélait le relief de ses tétons dressés. Elle prenait soudain une conscience aiguë de sa tenue, de sa posture, et surtout du regard que ses hôtes posaient sur elle. L'assurance naturelle dont elle faisait preuve dans sa vie professionnelle semblait l'avoir abandonnée, laissant place à une vulnérabilité inhabituelle.
Pourtant, loin de lui déplaire, ce trouble éveillait en elle une curiosité mêlée d'appréhension. Elle avait le sentiment troublant de s'approcher enfin d'un seuil qu'elle avait longtemps contemplé de loin, sans jamais oser le franchir.
Sa taille fine et ses hanches généreuses dessinaient une silhouette pleine d’assurance, dont le visage rappelait étrangement celui de Marie-France Barrault dans « Cousin, cousine » : ce même mélange de franchise, de malice et de réserve. Ralph remarqua qu’elle s’efforçait de soutenir son regard.
— Lauren, montre-lui ce que signifie, pour toi, la présentation.
Celle-ci se leva et se plaça légèrement de profil, prenant soin de ne pas masquer la scène aux yeux de Ralph. Avec une assurance tranquille, elle entreprit de déboutonner lentement son corsage, dévoilant un soutien-gorge pigeonnant en dentelle noire.
Elle laissa ensuite glisser le vêtement, qui vint s'échouer sur le carrelage. Puis, d'un geste souple et parfaitement maîtrisé, elle porta les mains derrière son dos et défit l'agrafe de son soutien-gorge.
Kate, prise au dépourvu par cette soudaine audace, porta instinctivement une main à sa bouche. Un « Oh ! » lui échappa, trahissant une surprise qu'elle n'avait manifestement pas su dissimuler.
Le téton gauche de Lauren était orné d'un magnifique anneau d'or, dont l'éclat attira immédiatement le regard de Kate.
Mais celle-ci n'était pas au bout de ses surprises.
Avec une lenteur délibérée, Lauren releva sa jupe jusqu'à la taille, dévoilant une épilation soigneusement dessinée en un étroit rectangle, communément appelé « ticket de métro ».
Kate découvrit alors que ce premier bijou n'était pas le seul. Un second anneau, tout aussi délicat, ornait son intimité, tandis qu'une petite plaque d'or complétait cet ensemble singulier.
La jeune femme demeura un instant interdite, partagée entre la surprise et la curiosité devant cette mise en scène manifestement calculée.
Puis elle expliqua, avec une tranquillité déconcertante, que ses bijoux et les autres marques de son engagement n’avaient de sens que parce qu’elle les avait choisis. Kate, qui croyait connaître ce couple après des mois de collaboration, découvrait une intimité qu’elle n’avait jamais soupçonnée.
Le spectacle avait quelque chose de profondément troublant. Aucun bruit, aucune musique ne venait rompre le silence du salon, sinon le crépitement intermittent des bûches dans la cheminée.
Ralph laissa à Kate le temps de mesurer ce qu'elle venait de découvrir. Puis, d'une voix calme, mais empreinte d'une autorité qui ne semblait souffrir aucune contestation, il lui adressa un ordre :
— Déshabille-toi entièrement. Présente-toi devant ton maître !
Encore absorbée par ses pensées, bouleversée par la découverte de la condition de Lauren, Kate ne saisit pas immédiatement que ces paroles lui étaient destinées. Elle demeura immobile, comme suspendue entre l'étonnement et l'appréhension.
— Tu peux refuser. Mais si tu décides de poursuivre, je veux que tu écoutes les consignes jusqu’au bout.
Kate resta immobile. Elle revit la salle de Mission Street, les anneaux fixés aux murs, les silhouettes qui prenaient place sous le regard des autres. Elle avait conçu elle-même les deux salles de cette maison, calculé la position des points d’ancrage, choisi les matières et les éclairages. Elle s’était longtemps demandé ce qu’éprouvait une personne placée au centre de cet étrange cérémonial. La question cessait d’être abstraite.
— Je veux bien essayer, répondit-elle enfin.
— Alors défais ta robe.
— Alors défais ta robe.
Ralph ne répéta pas son ordre. Elle porta les mains derrière son dos, hésita sur le nœud et dut recommencer. Il tourna simplement la tête vers Lauren et lui adressa un signe discret, lui faisant comprendre qu'elle devait intervenir pour aider Kate à se dévêtir.
Lauren s'approcha de Kate et dénoua délicatement le lien qui retenait sa robe portefeuille dans le dos. Elle en écarta les deux pans et fit glisser le tissu le long de ses épaules. La robe tomba à ses pieds, ne lui laissant pour tout vêtement qu'un simple slip, sur lequel Ralph crut distinguer une légère tache.
Dans un réflexe de pudeur, Kate avait d'abord tenté de retenir l'étoffe avant qu'elle ne lui échappe. Puis, réalisant qu'elle se trouvait presque nue sous les regards de ses hôtes, elle croisa précipitamment les bras devant sa poitrine pour la dissimuler.
Avec une douceur qui contrastait singulièrement avec la fermeté des ordres de Ralph, Lauren lui prit les avant-bras et l'invita à les décroiser. Elle les accompagna lentement derrière son dos, retenant un instant ses poignets.
Kate était complètement décontenancée. Elle avait le sentiment d'avoir basculé dans un univers dont elle ignorait jusqu'alors les règles. Comment aurait-elle pu imaginer, quelques instants plus tôt, se retrouver ainsi devant ce couple qu'elle fréquentait pourtant depuis plusieurs mois ?
Elle avait certes pressenti quelque chose de particulier dans l'autorité naturelle de Ralph, dans sa manière de s'adresser à Lauren et d'obtenir d'elle une obéissance immédiate. Mais jamais elle n'avait imaginé la véritable nature de leur relation, ni la place qu'y occupait Lauren.
Et voilà qu'à son tour, elle se retrouvait confrontée à cette autorité, sans savoir encore comment y répondre.
Ralph laissa passer quelques secondes. Puis, sans élever la voix, avec cette même fermeté tranquille qui semblait ne tolérer aucune hésitation, il répéta :
— Déshabille-toi entièrement, ou reprends immédiatement tes affaires et quitte cette maison !
L'injonction était sans appel. Ralph ne lui laissait que deux possibilités, et Kate comprit cette fois parfaitement ce qu'il attendait d'elle.
Lauren relâcha doucement ses poignets et recula d'un pas, lui laissant toute liberté de mouvement.
Un instant, Kate demeura immobile. Puis, après une dernière hésitation, elle entreprit de retirer son ultime vêtement. Elle l'écarta du bout du pied, sans oser immédiatement relever les yeux vers ses hôtes.
Son premier réflexe fut de vouloir se dissimuler. Elle y renonça pourtant, se souvenant d'une posture de présentation qu'elle avait observée à Mission Street.
Elle plaça les mains derrière la tête, redressa les épaules et écarta légèrement les jambes. Ce geste, encore maladroit, témoignait néanmoins d'une volonté nouvelle : celle d'assumer sa décision.
Sa peau, remarquablement claire, contrastait avec le teint hâlé si répandu en Californie, où le bronzage semblait presque une institution. Sa blondeur et son teint diaphane pouvaient évoquer une ascendance irlandaise.
Ralph l'observait en silence. Kate, qui avait toujours évolué avec assurance dans son univers professionnel, découvrait combien il lui était difficile de conserver cette même maîtrise dans une situation dont elle ne connaissait ni les usages ni les limites.
Mais elle était restée. Et ce choix, aussi déconcertant fût-il, lui appartenait.
Lauren avait remis son corsage, sans toutefois reprendre son soutien-gorge, et vint se rasseoir auprès de Ralph. Celui-ci ne laissa guère à Kate le temps de retrouver ses esprits.
— Très bien. Je vois que tu as retenu quelques leçons !
Une satisfaction discrète perçait dans sa voix, mais son regard demeurait exigeant.
— Approche-toi !
Kate fit quelques pas dans sa direction.
— Très bien ! Je vois que tu as retenu quelques leçons !
Ralph marqua une courte pause, puis reprit d'une voix ferme, sans élever le ton :
— Approche-toi !
— Tourne-toi !
— Penche-toi en avant !
— Maintenant, passe les mains derrière toi et ouvre-toi à deux mains ! Ne cherche plus à te dissimuler. Je veux que tu t'exposes entièrement à nos regards !
— Tourne-toi !
— Penche-toi en avant !
— Maintenant, passe les mains derrière toi et ouvre-toi à deux mains ! Ne cherche plus à te dissimuler. Je veux que tu t'exposes entièrement à nos regards !
Chaque ordre tombait avec une précision implacable, sans laisser à Kate le temps de retrouver son assurance. Profondément troublée par la brutalité des paroles de Ralph et par la situation dans laquelle elle se trouvait, Kate demeurait pourtant animée d'une curiosité qu'elle ne parvenait plus à réprimer. Le désir d'en découvrir davantage semblait, pour l'instant, l'emporter sur ses réticences.
Elle obéit, non sans hésitation, consciente de s'exposer au regard attentif de ses deux initiateurs. La posture qu'on lui imposait était inconfortable et la contraignait à chercher constamment son équilibre. Elle éprouvait un mélange déconcertant de gêne, d'appréhension et d'excitation nerveuse.
Ralph lui demanda de conserver cette position. Puis, se tournant vers Lauren, il lui ordonna de se lever et de venir soutenir Kate par les épaules.
Lauren s'approcha aussitôt et posa fermement ses mains sur elle, afin de lui assurer un appui stable.
Kate sentit sa présence rassurante, mais cette proximité ne dissipait en rien son trouble. Kate était profondément troublée. Ni avec son compagnon actuel ni avec aucun de ses nombreux amants précédents elle ne s'était jamais sentie aussi exposée. Et pourtant, elle n'avait rien d'une oie blanche.
À cet instant, des sentiments contradictoires se bousculaient en elle. Une étrange fierté se mêlait à une honte profonde, accentuée par la conscience aiguë des réactions de son propre corps. Elle avait beau chercher à retrouver son assurance habituelle, celle-ci semblait l'avoir complètement abandonnée.
Elle comprenait que Ralph s'apprêtait à lui imposer une nouvelle épreuve, dont elle ignorait encore la nature.
Elle sentit alors la main de Ralph se poser sur elle. Son geste avait quelque chose de méthodique, presque évaluateur, qui renforça encore son embarras. Les longues années consacrées à la danse avaient façonné sa silhouette, lui donnant cette fermeté et cette harmonie des formes dont elle avait toujours tiré une certaine fierté.
Mais, sous le regard de ses deux initiateurs, cette assurance physique ne lui était plus d'aucun secours. Kate découvrait avec stupéfaction combien il lui était difficile de concilier l'image qu'elle avait d'elle-même avec la vulnérabilité qu'elle éprouvait désormais.
Ralph poursuivit son exploration de la main avec une lenteur délibérée, attentif aux moindres réactions de Kate. Un index vint titiller son anus entouré de ses fronces plus foncées.
Son souffle commença à s'accélérer. Elle percevait chacun de ses gestes avec une acuité nouvelle, partagée entre l'appréhension et une attente qu'elle aurait été bien incapable de s'expliquer.
Ralph, fort de son expérience, semblait parfaitement conscient du trouble qu'il provoquait. Mais il n'entendait rien précipiter. Il préférait prolonger cette incertitude, laisser Kate découvrir progressivement ses propres réactions et mesurer combien cette situation ébranlait son assurance habituelle. Pour elle, le plus déconcertant était peut-être cette impression que le temps s'était suspendu, tandis qu'elle attendait, sans savoir ce qui allait suivre.
Son souffle s'accéléra brusquement. Le doigt descendit lentement plus bas dans sa fente ouverte et se couvrit de cyprine, juste en écartant sa petite orchidée. Il ne voulait pas la faire jouir trop vite, trop tôt, trop facile. Juste simplement la lubrifier avant de remonter sur le bord du cratère anal.
Là, d'une légère pression, le majeur entama une progression accompagnée d'un râle grandissant de Kate et d'une respiration de plus en plus saccadée.
— Je vois que tu n'es pas particulièrement habituée à cette pratique. Je me trompe ? Réponds !
— Non, répondit Kate. Mes précédents amants n'en étaient pas de fervents adeptes. Pourtant, j'y ai parfois pris beaucoup de plaisir. Ma dernière expérience remonte à deux ans, je crois. Elle avait été si éprouvante que, pendant plusieurs jours, je ne pouvais plus m'asseoir sans ressentir une gêne.
— Non, répondit Kate. Mes précédents amants n'en étaient pas de fervents adeptes. Pourtant, j'y ai parfois pris beaucoup de plaisir. Ma dernière expérience remonte à deux ans, je crois. Elle avait été si éprouvante que, pendant plusieurs jours, je ne pouvais plus m'asseoir sans ressentir une gêne.
Ralph accueillit cette confidence avec un sourire énigmatique.
— Voilà qui est intéressant. Pour ma part, j'ai une prédilection toute particulière pour cette pratique. Mais je préfère te prévenir : je suis un partenaire exigeant et je n'ai pas l'habitude de faire les choses à moitié.
Il marqua une pause, observant la réaction de Kate.
— Cela dit, je veux être certain que tu sais à quoi tu consens.
Kate releva légèrement la tête. Derrière l'assurance presque insolente de Ralph, elle percevait désormais la perspective d'une épreuve autrement plus intimidante que celles auxquelles elle s'était préparée.
— Lauren, tu t'occuperas de son épilation. Je veux un résultat impeccable, jusque dans les endroits les plus intimes.
— Bien, Maître.
— Pas de travail approximatif. Et tu veilleras personnellement à sa préparation.
— Ce sera fait, Maître.
— Bien, Maître.
— Pas de travail approximatif. Et tu veilleras personnellement à sa préparation.
— Ce sera fait, Maître.
Ralph énonçait ses exigences d'une voix froide, presque administrative, comme si Kate n'était pas présente. Celle-ci, toujours penchée en avant, sentait ses jambes commencer à trembler. Sa position devenait pénible. Le visage empourpré, elle respirait par petites inspirations rapides, tandis que des plaintes lui échappaient malgré elle.
Lauren la maintenait solidement par les épaules. Sans cet appui, Kate aurait probablement fléchi sur ses jambes.
Ralph ne semblait rien perdre de ses réactions. Il remarquait chaque crispation, chaque sursaut, chaque tentative pour reprendre son souffle.
— Elle est particulièrement sensible, observa-t-il en s'adressant à Lauren.
Kate ferma les yeux. La désinvolture avec laquelle il commentait son état devant une autre femme lui était presque aussi difficile à supporter que l'épreuve elle-même.
— Kate, regarde-moi, ordonna Ralph.
Elle tourna péniblement la tête.
— Tu trembles. Je veux savoir si tu souhaites continuer.
Il y eut un silence. Lauren desserra légèrement son étreinte, laissant Kate libre de se redresser.
— Oui, murmura-t-elle enfin. Mais doucement.
Ralph acquiesça, sans perdre son expression sévère.
— Alors nous irons à ton rythme. Mais je veux que tu me répondes clairement, à chaque fois.
Ralph poursuivait son examen avec une lenteur méthodique, aidé de son index et de son majeur, testant l'élasticité de la mince membrane. Il semblait vouloir éprouver la sensibilité de Kate, observer chacune de ses réactions et mesurer l'effet de ses gestes.
Kate avait de plus en plus de mal à conserver son immobilité. Ses épaules se crispaient, ses jambes tremblaient et sa respiration, d'abord rapide, devenait franchement saccadée. Par moments, une plainte sourde lui échappait, suivie d'une inspiration brusque qu'elle ne parvenait pas à maîtriser.
Lauren, qui la soutenait toujours par les épaules, sentait sous ses mains les tensions parcourir son corps. Kate s'agrippait instinctivement à cet appui, consciente que ses jambes risquaient de se dérober.
Ralph ne perdait rien de ce spectacle. Chaque frémissement, chaque sursaut, chaque changement dans la voix de Kate retenait son attention.
Il avait depuis longtemps développé une théorie personnelle : les femmes qui s'abandonnaient le plus facilement à leurs sensations étaient, selon lui, particulièrement réceptives aux jeux de domination. Cette conviction lui rappelait une maxime découverte dans ses lectures érotiques :
« La femme appartient à celui ou celle qui la fait jouir. »
Il affectionnait cette formule, qui résumait à ses yeux le lien étroit entre plaisir, pouvoir et abandon.
Son attitude changea alors. À la froide précision de ses gestes succéda une douceur inattendue.
Kate en fut profondément déconcertée. Elle s'était préparée à une nouvelle manifestation de son autorité, non à ce contraste presque déroutant entre fermeté et délicatesse.
Peu à peu, les tensions de son visage s'atténuèrent. Sa respiration demeurait irrégulière, mais ses plaintes avaient pris une tonalité différente, plus basse, plus douce.
Ralph observait cette transformation avec une satisfaction manifeste. Il croyait reconnaître les premiers signes de cet abandon qu'il recherchait, sans pouvoir toutefois deviner ce qui se jouait réellement dans l'esprit de Kate.
— Lauren, tu lui feras une épilation du maillot, mais je tiens à ce que tu préserves autant que possible sa toison naturelle. Elle est bien trop soyeuse et trop belle pour qu'on la sacrifie inutilement.
Ralph accompagnait ses paroles de gestes lents, presque contemplatifs. Sa main et ses doigts couraient le long de sa fente, palpant au passage les grandes lèvres bien développées de Kate. Il semblait apprécier autant la douceur de la peau de Kate que l'harmonie de ses formes, qu'il examinait avec une attention de connaisseur.
Kate semblait sur le point de perdre toute maîtrise d'elle-même. Mais Ralph n'avait aucune intention de mettre si rapidement un terme à cette expérience. Il voulait prolonger l'attente, entretenir ce trouble qu'il avait patiemment fait naître.
Il interrompit donc ses gestes, retira doucement sa main et laissa passer quelques secondes avant de lui ordonner de quitter la position courbée qu'elle maintenait depuis si longtemps.
— Redresse-toi, Kate. Doucement.
Kate, de son côté, ne parvenait plus à dissimuler son trouble.
Lauren l'aida à quitter sa position. Kate se releva avec précaution, les muscles engourdis, puis porta instinctivement une main au bas de son dos.
Après cette longue immobilité, retrouver une posture naturelle lui procura un véritable soulagement. Elle prit une profonde inspiration, encore déconcertée par l'intensité de ce qu'elle venait de vivre.
Il fallut plusieurs minutes à Kate pour retrouver une respiration régulière. Encore étourdie par l'intensité de ce qu'elle venait de vivre, elle s'efforçait de reprendre contenance.
Ralph, qui avait entre-temps rempli de nouveau sa flûte de champagne, l'invita à la terminer.
— Bois un peu, Kate. Tu en as besoin.
Elle porta le verre à ses lèvres d'une main encore légèrement tremblante. Son visage et son cou s'étaient couverts, par endroits, de plaques d'un rouge rosé, témoignant de l'afflux sanguin provoqué par son excitation et les émotions des minutes précédentes. Cette coloration, particulièrement visible sur sa peau claire, lui donnait un air à la fois vulnérable et délicieusement troublé.
Pendant ce temps, Lauren s'était discrètement éclipsée. Elle était partie chercher le matériel nécessaire à l'épilation et au lavement que Ralph avait ordonnés.
Kate, absorbée par ses propres sensations, ne s'était même pas aperçue de son départ.
Ralph contemplait intensément Kate, désormais installée dans son fauteuil. Sous ce regard insistant, presque scrutateur, elle n'osait lever les yeux. La tête légèrement inclinée, elle portait de temps à autre sa flûte de champagne à ses lèvres, comme pour se donner une contenance et dissimuler son trouble.
Ralph, lui, ne doutait plus de rien. À ses yeux, la partie était gagnée. Les hésitations de Kate, ses réactions et cette soudaine timidité lui paraissaient autant de signes d'un abandon prochain.
Il en était désormais intimement convaincu : Kate serait sa prochaine soumise.
Restait seulement à savoir quand elle accepterait elle-même de le reconnaître.
— Tu as visité Mission Street, dit-il enfin. Tu connais les pratiques que certains viennent explorer ici. Mais connaître leur nom ne signifie pas que tu doives les accepter. Les questions d’épilation intime, de piercings ou de pratiques sexuelles se discutent séparément, jamais au détour d’un ordre.
Kate releva la tête. C’était précisément ce qui l’inquiétait : elle avait entendu les mots, imaginé certaines situations, sans savoir jusqu’où allait sa curiosité.
— Je ne suis pas sûre de vouloir tout cela, admit-elle.
— Alors tu ne l’acceptes pas aujourd’hui, répondit Lauren. Il n’y a rien à prouver.
— Alors tu ne l’acceptes pas aujourd’hui, répondit Lauren. Il n’y a rien à prouver.
Ralph la regarda avec une attention nouvelle.
— Qu’as-tu pensé de cette première présentation ?
— Que j’avais envie de partir pendant les premières secondes. Puis que je voulais comprendre pourquoi je restais. Je crois que c’est cela qui m’a le plus déconcertée.
— Que j’avais envie de partir pendant les premières secondes. Puis que je voulais comprendre pourquoi je restais. Je crois que c’est cela qui m’a le plus déconcertée.
Lorsque Lauren revint, elle avait revêtu une robe de cuir noir, sobre et ajustée. Ralph quitta le salon, laissant les deux femmes seules devant le feu.
— Kate, dit Lauren, nous pouvons en rester là. Tu repartiras avec tes affaires et nous n’en parlerons plus, à moins que tu ne le souhaites. Si tu veux découvrir les salles que tu as imaginées, je peux t’y accompagner. Nous fixerons d’abord ce que tu acceptes et ce que tu refuses.
Kate observa longtemps la porte du couloir. Derrière elle se trouvaient l’escalier de pierre, les murs blanchis, les anneaux de métal et les miroirs dont elle avait elle-même arrêté l’emplacement. Elle n’avait jamais envisagé de les découvrir de cette manière.
Elle posa sa flûte, se leva et répondit :
— Je veux voir la salle. Mais cette fois, je veux poser mes questions avant de recevoir des ordres.
Lauren lui sourit.
— Alors nous commencerons par là.
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