Halloween à New York, ligne métro L
Chapitre 2 · La cabine trop étroite du métro
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Couverture de Halloween à New York, ligne métro L, par Hairwan
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Halloween à New York, ligne métro L — Chapitre 2 · La cabine trop étroite du métro

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Hairwan
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Halloween à New York, ligne métro L

Chapitre 2 · La cabine trop étroite du métro

Il m'embrasse.
Ce n'est pas un baiser timide. C'est un baiser qui prend possession, qui a attendu son tour pendant quatre stations et qui rattrape le retard d'un coup. Sa langue force doucement le passage, sa main se referme sur ma nuque nue, et je me retrouve à gémir dans sa bouche avant même de comprendre que le son vient de moi. Il a le goût de la bière qu'il a dû boire plus tôt et un fond de menthol. Je m'accroche à ses épaules parce que mes jambes commencent à sérieusement négocier leur retrait. Mes doigts rencontrent le muscle, la peinture qui cède, la peau moite en dessous, et je m'y cramponne comme si le sol avait décidé de disparaître.
— Retourne-toi, dit-il contre ma bouche.
Ce n'est pas un ordre lancé. C'est un ordre murmuré, posé, le genre d'ordre qu'on murmure avec ce sourire dans la voix, et qui est mille fois plus efficace.
— Je...
— Retourne-toi, Spidey.
Je me retourne. Mes deux mains trouvent la cloison à plat, comme lui tout à l'heure dans le métro, et l'analogie me traverse l'esprit avant de partir en fumée : je suis exactement dans la position du type qu'on plaque contre la porte du wagon. Il colle son torse contre mon dos. Ses mains glissent sous le tissu pour le faire glisser de mes bras. Il est partout. Il me recouvre entièrement, et sa bouche descend le long de ma nuque, juste là où la cagoule s'arrête. Je frissonne de tout mon corps et je le sens sourire contre ma peau. Il descend encore. Il prend son temps. Il mordille, il souffle, il repasse sur les mêmes vertèbres, et à chaque fois je me cambre un peu plus, sans le décider.
Il s'accroupit derrière moi. À genoux sur le carrelage, il disparaît presque entièrement de mon champ de vision, et je ne le perçois plus que par ce qui se déplace dans mon dos : le froissement du short lacéré qu'il ouvre sur ses propres cuisses pour pouvoir bouger.
Ses deux mains remontent le long de l'arrière de mes cuisses, larges, lentes, et se referment sur mes fesses, pas pour les écarter tout de suite, pour les peser, les pétrir une fois, deux fois, les pouces qui s'enfoncent dans le pli où la peau est la plus fine. Il tire l'élastique de mon jockstrap vers le haut, et il fait glisser le Lycra un peu plus, du bout des doigts, juste assez pour dégager mon trou.
Il ne dit rien. Il souffle. Longuement, à quelques centimètres, un souffle chaud qui se casse en deux temps et qui me fait dresser les poils des cuisses. Puis sa langue. Épaisse, joueuse, elle remonte du périnée jusqu'au haut de la raie en un seul passage, appuyé, mouillé, et je m'écrase le front contre la faïence. Il recommence. Plus lentement. Il s'attarde à l'entrée, tourne autour, insiste, et chaque fois que je me crispe il recule d'un millimètre et revient. Ses pouces écartent, maintiennent mon cul, et sa langue entre, juste le bout, juste assez pour que je sente la pression céder et revenir, et le son qui sort de ma gorge n'a rien à voir avec ceux d'avant. Il grogne contre moi lui aussi, et la vibration traverse tout, remonte dans mon bassin, se perd dans mes jambes.
Il m'entend fouiller frénétiquement dans la pochette de mon sac, et un son amusé dans sa voix :
— Prévoyant, le héros.
— Toujours.
Préservatif. Lubrifiant, le mini-format de festival que je trimballe par excès d'optimisme. Je le lui tends par-dessus mon épaule sans me retourner. Sa main saisit le tout d'une prise qui engloutit les deux objets et la moitié de mes doigts.
— Ça ira jamais, je marmonne à propos de sa taille, mi-hilaré mi-effrayé.
— Oh, ça ira, dit-il calmement. Je vais y aller doucement, crois-moi. Comme les montagnes russes : on monte lentement, et après tu ne décides plus rien.
— Très drôle.
— Merci.
Il commence par ses doigts, gros, patients, précis, ridiculement à l'écoute pour un type de cette carrure. Il prend son temps, il s'arrête quand je me contracte, il insiste quand je me détends, et pendant tout ce temps sa bouche réapparaît sur ma nuque, mon dos écorchés de baisers, de dents légères, de cette barbe courte qui raye la peau sensible en sueur sous le Lycra. Mes cuisses tremblent déjà.
— Ça va ? demande-t-il, pour la forme.
— Si tu t'arrêtes je te jure que...
— Chuuut.
Et il m'ouvre, doucement, obstinément, jusqu'à ce que mes avant-bras glissent un peu sur la cloison et que mes fesses se redressent vers lui.
Alors il se presse derrière moi. Je sens la chaleur de son sexe contre moi, lourd, dur, impatient, et sa main qui se referme sur mon épaule. Il entre.
Doucement. Parfaitement. Comme promis : lent, profond, la montée interminable avant la chute. Ma bouche s'ouvre contre le carrelage froid, mes doigts se replient, et le son qui sort de ma gorge ne ressemble à rien que j'aie déjà entendu de moi. Je sens chaque centimètre, chaque palier, la façon dont mon corps cède par petits renoncements successifs, et cette brûlure qui n'est pas de la douleur mais qui n'en est pas loin, cette plénitude qui me coupe la respiration et me remplit jusqu'à la gorge.
— Mmh, grogne-t-il contre ma nuque, toujours aussi raide quand il faut tenir. Dis-moi si je continue.
— Avance, je réussis à articuler. Avance, connard.
Il avance.
Il plante ses mains de part et d'autre de ma tête contre la cloison, et il me prend debout, contre la paroi, avec des mouvements de bassin qu'aucun homme de cette taille ne devrait pouvoir maîtriser aussi bien. Il est partout. Dans moi, autour de moi, au-dessus de moi. Je suis coincé entre un mur de faïence et cent vingt kilos de muscle peint en vert, et devant moi le Lycra de mon costume absorbe toute la sueur que mon corps peut produire, et la cagoule sur mon nez tremble à chaque poussée. Je sens son ventre claquer contre mes reins, sa cuisse contre l'arrière de la mienne, son souffle court entre deux râles qui se casse dans mon cou. La peinture verte se dépose sur la peau nue que le costume a libérée, et je me dis confusément que je vais sortir de là marbré de lui.
— Regarde-toi, grogne-t-il. Sur les pointes. Joli.
Il a raison. Je suis sur la pointe des pieds. Mes talons ont quitté le sol depuis un moment, ma tête menace de cogner la cloison à chaque coup de reins, et mes doigts griffent les joints de carrelage. Une petite fente dans le miroir renvoie le reflet flou d'un type en rouge et bleu plié en deux de plaisir sous un géant vert, et c'est, honnêtement, le plus beau tableau d'Halloween que j'aie vu de ma vie.
Il rythme. Il accélère. Sa main droite abandonne la cloison pour redescendre sur moi, ferme, synchronisée, et je comprends en une demi-seconde que je ne tiendrai pas. Le Lycra de ma cuisse tremble littéralement, involontairement, et ses deux mains se resserrent sur mes hanches, sur mes fesses, et je jouis dans mon sous-vêtement en gémissant, le tissu humide de sperme et de sueur entre mes cuisses traverse celui du costume. Mon corps entier se referme, se crispe, se vide, et je m'appuie de tout mon poids contre la cloison pour ne pas tomber.
Il me suit quelques instants plus tard. Un dernier coup de reins, profond, un grondement dans sa poitrine qui descend vraiment, vraiment bas, et son front vient se poser entre mes omoplates. Je sens son souffle s'écraser contre mon dos, chaud, irrégulier, et ses mains restent sur mes hanches, larges, possessives, comme s'il avait oublié comment on les enlève. On reste là. Juste nos deux respirations, le néon qui grésille, et quelque part au loin, sur le quai, une chanson de fête trop forte qui tremble à travers les portes.
Il se retire avec un soin absurde, deux doigts à la base, une main à plat sur mon dos pour m'accompagner, un mouvement lent qui me fait sentir chaque centimètre ressortir, et ce vide soudain. Il fait un nœud au préservatif, le jette dans la petite poubelle, et s'adosse à la cloison en face de moi en rangeant son engin que j'aperçois enfin.
Il a remonté son short à moitié et il se nettoie du plat de la main, sans gêne, sans se cacher, et il est encore lourd, à moitié dressé, gonflé de tout ce qu'il vient de faire. Là où la peinture verte s'arrête, à la naissance des cuisses, dans une ligne irrégulière et craquelée comme une côte sur une carte, la peau est brune. Mate. Chaude. Un brun profond, presque chocolat, avec des reflets plus clairs sur la hampe tendue, une veine qui court sur le côté et qui bat encore, et à la base un triangle de poils noirs bouclés que la peinture a épargné. Il est épais, plus épais que long, le gland rosé émerge à peine de la peau, gonflé, luisant de lubrifiant et de lui-même. Je le regarde trop longtemps. Il le sait. Il ne dit rien, il essuie, il range, il prend son temps pendant que je le mate ouvertement.
J'ai les genoux en coton, le dos en feu, le sourire idiot collé au visage sous le masque.
Il me regarde. La cagoule remontée au-dessus de ma bouche, le haut du costume ouvert jusqu'au nombril, les jambes tremblantes, la marque plus sombre de mon plaisir satisfait sur l'aine. Et il éclate de rire. Pas un rire moqueur. Un rire de type qui vient de passer la meilleure demi-heure de son mois d'octobre.
— Comment tu t'appelles ? demande-t-il.
— Devine.
— Peter.
— Non.
— Dommage.
Il sort son téléphone de la poche de son short, et me le tend. Je tape mon numéro, j'hésite, j'ajoute « Spidey » comme nom de contact.
— Et toi ? je demande.
— Bruce, dit-il en se rhabillant tant bien que mal. Évidemment.
— Évidemment.
Il déverrouille la porte. Sur le quai, la foule d'Halloween continue de passer, indifférente, hurlante, en plastique. Il sort le premier, un peu moins vert qu'avant, et se retourne une dernière fois.
— La prochaine fois, dit-il, essaie de tomber sur moi volontairement. Ça ira plus vite.
— La prochaine fois, dis-je, je te laisse soulever le wagon.
Il rit, enfonce les mains dans les poches inexistantes de son short, et disparaît dans l'escalier, avalé par la nuit orange et les faux vampires de la 8e Avenue.
Mon téléphone vibre avant même que je remonte la fermeture dans mon dos.
« Tu es libre samedi ? Je peux venir sans le costume. Ou avec. »
Je lui réponds aussitôt.
« Oui, garde le short. »
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