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Couverture de La bataille de Noël, par Azimuteur
Couverture de La bataille de Noël, par Azimuteur
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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La bataille de Noël — Chapitre 4

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Azimuteur
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La bataille de Noël

Chapitre 4

À son réveil, le lit à côté de lui est vide. Martin en conçoit une sorte d’angoisse. Est-elle rentrée chez elle, aurait-elle tourné la page ? Déjà ?
Coup d’œil à son réveil : dix heures trente-sept. Ah oui, tout de même ! Tu m’étonnes qu’elle ait déserté la couche !
Il entend des chants de Noël. Et la voix cristalline de sa Poca. Sa merveilleuse Pocahontas. Plus que jamais, il trouve que ce surnom lui va comme un gant.
Il se dirige vers la cuisine, alléché par une bonne odeur de cookies. Il trouve la coquine juste revêtue d’un ridicule tablier de cuisine orné de poules : il a pleins phares sur un adorable petit cul de tendre poulette ! Bon Dieu, quelle merveille que la peau douce et pâlotte de ces fesses. Peau claire aussi sur la rondeur d’un de ses seins pointus visible dans l’entrebâillement du tablier. Visions célestes. Capable de réveiller un mort ! Lequel en l’occurrence n’a nul besoin d’être réveillé. Elle fait de la pâtisserie ? Eh bien, il a précisément sous la main un fier rouleau... à lui enfourner dans son four à chaleur tournante !
Se glissant silencieusement derrière elle, il plie légèrement les jambes et glisse son ustensile entre les cuisses de la pâtissière tout en attrapant deux moelleux pains au lait. Il lui glisse des bisous mouillés dans le cou.
— Martin non ! crie-t-elle en se dégageant pour lui faire face.
En le voyant tout nu et en... fort intéressantes dispositions, Serena manque tomber à genoux sur le champ mais résiste à la tentation. Certes, elle n’a pas encore eu l’occasion d’approcher vraiment la bête, voudrait y goûter mais elle a d’autres plans.
— Mais t’es tout nu satyre ! Ou, plutôt devrais-je dire, Barbe Bleue. Parce que tu piques déjà mon cochon ! Tu m’écorcherais la peau, mes tendres brugnons et mon petit trésor avec cette toile émeri ! File sous la douche et rase-toi pendant que je termine la cuisson de mes cookies ! Allez ouste ! dit-elle en le repoussant sèchement.
— Ok-ok, je bats en retraite !
Une fois de plus, il capitule, pense-t-il. Ravi !
Après sa douche, revenant dans sa chambre, il trouve sa brune élégamment agenouillée de travers sur le matelas.
— Oh-oh, Pocahontas version petite sirène de Copenhague cette fois.
Il se jette sur elle, monte à l’assaut de la statue souriante.
— On se calme tout de suite, obsédé !
Serena file de l’autre côté du lit. Et se saisit d’un volume épais qu’elle a déposé sur la table de nuit.
— Cadeau !
— Ah non ! On avait dit : pas de cadeau !
— Tu avais dit : pas question « d’emballer » des cadeaux ! D’ailleurs, tu vois, il n’est pas enrubanné celui-ci !
Comme il ronchonne, Serena se fait chatte et ronronne :
— Je voudrais juste que tu comprennes pourquoi mon Noël-Anniversaire est si important pour moi ! Pourquoi cette date est magique pour moi !
— M’ouais, c’est un album-photo ?
Serena ouvre le volume, en sautant les premières pages.
— Oh, c’est toi bébé ? Tu es passée en couveuse à la naissance ?
— Oui, à peine prématurée mais je n’y suis restée que quelques heures. Ma mère par contre...
Martin est tout attendri par cette découverte du bébé fragile. Martin aime les enfants, les protéger est son sacerdoce.
Sur les photos suivantes, une femme, sa mère donc, à peine discernable dans une forêt de tuyaux, de machines de réa. Puis d’autres clichés, sa mère visiblement faible encore, étreignant sa petite fille avec dans les yeux tout l’amour du monde. Un homme, son père sans nul doute, immensément heureux au bord du lit. Scènes de joie familiale. Puis page suivante, un autre homme. Un homme en costume de Père Noël. Une autre photo, le même homme, flic en uniforme ! Mal à l’aise, emprunté mais visiblement heureux.
Désignant le flic, Martin, muet, la gorge paralysée par l’émotion, interroge Serena du regard. Laquelle revient alors aux premières pages de l’album. D’abord, Martin ne distingue rien. Un container de déchets industriels, morceaux de métal de toutes formes et quantités de longs cerclages en aluminium, acérés. Puis, il distingue un pied, un autre, devine une forme humaine renversée. Des photos extraites sans doute possible d’une Go-Pro, comme celles que portent parfois les flics à l’épaule. Photo suivante : une planche que l’on pose de travers au-dessus du container. Un Père Noël qui s’aventure sur cette planche. Un flic, déguisé en fait, qui attrape un pied, se penche inconsidérément, dangereusement et parvient à saisir le corps inerte aux hanches. Le flic, les mains ensanglantées, meurtries par les cerclages alu coupants qui extirpe un corps du dangereux amas acérés. Corps qui apparaît, tête encagoulée dans une sorte de sac de cuir. Puis, le flic-Père Noël parvient à hisser le corps sur la planche. Il utilise immédiatement la cordelette de son habit rouge pour poser un garrot sur le haut de la cuisse de la malheureuse. Il stoppe l’hémorragie de la femme. Une femme visiblement enceinte jusqu’aux yeux. Il la pousse sur la planche qui ploie dangereusement sous le poids de leurs deux corps. Son collègue l’aide à remonter la pauvrette sur la dalle béton. Le collègue du « père Noël » enlève le sac de la tête, le visage a été préservé des coupures par l’épaisseur du cuir mais le reste du corps, sous ses vêtements lacérés, est ensanglanté, blessé. Sans parler de son artère fémorale qu’il faut obturer de toute urgence.
Martin pousse un long soupir de soulagement.
D’autres flics arrivent, la femme est emmenée en ambulance. Au bord du container, assis au sol, le grand flic pleure dans son habit rouge. Il pleure à chaudes larmes mais grand sourire aux lèvres.
Incapable d’articuler un mot, Martin interroge Serena du bout des yeux.
— Ma mère faisait ses dernières emplettes de Noël : une petite gourmette qu’elle me destinait. Mais elle a été prise en otage lors du braquage avorté de la bijouterie du centre commercial. Coincé, le voleur s’est enfui en embarquant ma mère. Il lui a passé sur la tête le sac de cuir dans lequel il aurait dû fourrer son butin. Il a emmené son otage dans les sous-sols du centre commercial. Lorsqu’il s’est estimé en sécurité, pour se débarrasser du poids mort qu’elle constituait, il a poussé ma mère, la tête la première dans le container de métaux. Dans la chute, une tige de métal a perforé l’artère fémorale. Heureusement, deux flics étaient sur les talons du malfaiteur. Ils ont abandonné la poursuite pour extirper ma mère du container.
Elle tremble Serena, son corps est visiblement parcouru de vagues assassines.
— Martin, sans l’intervention du sergent Caillard et son bon réflexe, elle se serait vidée de son sang en quelques instants. Elle serait morte.
Visiblement émue (on le serait à moins !), Serena reprend son souffle.
— Maman est restée quinze jours à l’hôpital. Dès son arrivée, alors que des chirurgiens s’occupaient en urgence de sa fémorale, d’autres ont pratiqué une césarienne. Maman était quasiment à terme, heureusement. Je n’ai pas subi de traumatisme. De son côté blessures et coupures multiples sur tout le corps hormis son visage, par bonheur. Et un rein touché. Au cours des années, les cicatrices pour la plupart ont disparu. Accessoirement, je te dirai que le salopard a été arrêté une demi-heure après les faits. Un toxico, shooté aux psilocybes et à la coke.
Serena prend le visage de son chéri dans ses mains.
— Martin, tout cela a eu lieu le 24 décembre 2000. Il y a exactement vingt-cinq ans ! Sans ce courageux policier-Père Noël, ma mère y serait restée et je n’aurais jamais vu le jour. Alors, qu’est-ce que tu en dis ? Ce n’est pas le plus beau miracle de Noël ? Tu ne crois toujours pas à la magie de Noël ?
Les yeux baignés de larmes, Martin caresse sa douce, la dorlote.
— Oui ma chérie, j’y crois ! Je crois à la magie de Noël ! Alors, d’accord, je veux bien aller faire les boutiques avec toi, emballer des cadeaux avec toi, chanter des cantiques, avec toi, même aller embrasser ma mère, avec toi. Tout ce que tu voudras ma chérie, tout, si c’est avec toi !
— Ah oui ? Pas mal comme programme ! Mais j’ai une suggestion supplémentaire, à prendre ou à laisser : que penseras-tu... de faire l’amour, avec moi ?
Martin ne répond rien mais se jette sur la friponne, l’ensevelit sous des tonnes de baisers passionnés, l’engloutit dans un maelström de caresses fiévreuses. Les corps ondulent, les jambes, les bras s’emmêlent, les seins sont tarabustés, le torse de Martin est lacéré par des ongles puissants. Les souffles s’épuisent. De longues minutes. Encore et encore.
Mais Serena se dégage :
— Donne-moi ta queue, je veux te sucer !
— Donne-moi ta chatte, je veux te brouter !
Rapide volte-face, les amants se découvrent : explorations minutieuses de leurs anatomies respectives, ravissements, grognements et bruits de succions se mélangent, soupirs enamourés : ils ont si faim l’un de l’autre. Ils se dévorent, ils s’épuisent. En sachant toutefois ne pas aller trop loin.
Martin est extasié : ces grandes lèvres glabres, dodues, sombres et tavelées, ce foisonnement de mouillettes fortement rosées, scintillant de perles de rosée, cette sève qu’il lape, suce, ce miellat doucereux, il est aux anges Martin, n’arrive pas à croire totalement à son bonheur.
Serena déguste le fier poireau de son homme. Son homme ! Elle lèche, suce le nœud rubicond, pompe la queue, lèche, tête avec gourmandise et une frénésie certaine. Mais sait s’arrêter à temps, comme lui arrive à stopper son récurage systématique du bijou nacré.
La brune effectue brusquement un demi-tour spectaculaire, prend le visage de son amour entre ses mains.
— Martin prends-moi !
— Non Serena, je ne te prends pas : je m’offre à toi !
— Alors moi aussi, je m’offre mon chéri !
À peine le puissant braquemart écarte-t-il les plis délicats de la corolle que le plaisir déjà les submerge. Ils entament de concert l’immémoriale danse des amants subjugués. Ils s’unissent, se fondent l’un en l’autre, s’offrent pleinement l’un à l’autre, l’une à l’autre, en toute liberté, en pleine conscience extasiée.
Jusqu’à ce que justement leurs consciences s’évanouissent, disparaissent, jusqu’à temps qu’ils fusent conjointement dans les limbes merveilleux d’un bonheur sans égal, le plaisir incommensurable de deux êtres seuls au monde, fondus et confondus dans une même âme. Simple et totale unicité cotonneuse.
— Je t’aime Serena, je veux tout savoir de toi, de ta vie, de ta famille, de tes origines ! déclare cérémonieusement Martin lorsque les étoiles de leur bonheur pâlissent peu à peu.
Serena rit, hausse les épaules et chatouille son amoureux.
— Mes origines ? Tu veux vraiment savoir ? Oh-oh, je ne suis pas sûre que tes chastes oreilles puissent tout entendre en détail !
— À ce point ?
Serena s’assied en tailleur sur la couche, bras croisés sur ses seins, comme pour signifier une pause dans leurs folies.
— Ma grand-mère m’a tout raconté, en détail, lorsque j’ai eu seize ans ! Mais chut, pas un mot à ma mère !
Serena agite un doigt menaçant.
— Mon arrière-arrière-grand-père était Chemehuevi et vivait dans les montagnes d’Elk Hills en Californie, sur des terres désolées mais qui un jour s’avérèrent riches en gisements pétroliers. Comment a-t-il réussi à échapper au génocide des Indiens, comment a-t-il pu conserver sa propriété, je ne saurais te le dire... Toujours est-il que ma grand-mère, Loumasi, se trouvait posséder douze puits dont elle avait habilement renégocié, avec l’aide de ma mère qui finissait ses études de droit, l’exploitation par Exxon. Douze puits qui lui garantissaient des revenus plus que confortables. Elle et sa mère vivaient pourtant simplement dans une maison de rondins qui aurait pu passer pour une simple cabane mais qui en fait, sous son aspect rustique, dissimulait un agencement moderne et confortable.
Martin comprend l’origine de la fortune de sa belle indienne et en est estomaqué. Il s’est allongé confortablement sur le lit. Plongé dans l’ambiance du récit, sa dextre, incorrigible farfouilleuse, chipouille négligemment le petit wigwam douillet de sa squaw sans qu’il en ait véritablement conscience. Geste automatique.
— Ma grand-mère parlait aux esprits, elle avait le don de divination. Des visions aussi. Un jour, dans une de ses transes, elle a eu la vision d’un jeune homme, un Blanc, étranger, qui viendrait bientôt jusqu’à chez elle. Il arriverait peu après le retour de Papina, sa fille, à l’occasion des vacances universitaires. Elle vit que ces deux âmes allaient s’unir instantanément. Et en fut heureuse : sa trop studieuse fille ne pensait qu’à ses études et Loumasi se désespérait de la savoir encore vierge à vingt et un ans !
— Vingt et un ! Ah oui, tout de même !
— Oui ben rien bien extraordinaire à cela, s’amuse Serena : moi aussi, je n’ai perdu mon pucelage qu’à vingt et un ans seulement !
Martin est un peu surpris. Décidément, sa Poca n’est vraiment pas une angoissée de la bébête. Dire qu’il l’avait imaginée...
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