Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Vacances au camping — Chapitre 1 · Enfin les vacances
Auteur
Vacances au camping
Chapitre 1 · Enfin les vacances
Après des semaines à galérer sur des appels d’offres de construction dont on n’obtiendrait pas la moitié des marchés, j’avais réussi à boucler mon dernier dossier avec ma collègue Manon, un vendredi soir à 23h50, et à envoyer la réponse à l’appel d’offres avec mémoire technique à l’appui avant minuit, heure butoir de la réponse.
Dit comme ça, ça ne fait pas très sérieux, mais répondre à cinq appels d’offres en dix jours, je considérais ça comme une petite victoire.
Si j’avais pu, j’aurais embrassé Manon mais, bien que la jeune femme me fasse très envie – je n’avais pas eu de relation depuis au moins un mois – je connaissais son conjoint que j’appréciais par ailleurs beaucoup. J’avais pourtant l’impression que ma collègue aurait été réceptive à cette manifestation d’enthousiasme, mais, bien que l’adage « no zob in job » ne s’applique pas à moi, je m’étais retenu de commettre cette incartade.
Du coup, je partais ce vendredi soir l’esprit léger, attendant impatiemment de finir ma valise pour deux semaines de camping dans un mobil-home bien climatisé – trois épisodes de canicule en deux mois, ça sert à anticiper – proche de la Côte Sauvage.
À peine avais-je franchi la porte de mon appartement que mon téléphone professionnel sonnait.
— On a oublié quelque chose, ma belle ? demandais-je à Manon au bout du fil – je ne sais pas si ça se dit pour un smartphone.
— Tu pars toujours en vacances sur la Côte Sauvage demain ?
— Affirmatif. Pourquoi ?
— Ben, prise par le boulot, je ne te l’ai pas dit mais ça fait trois semaines qu’on s’est séparés avec Jean. Du coup, comme tu es seul et que tu m’as dit que tu avais une deuxième chambre dans ton mobil-home, je voulais savoir si tu accepterais de m’amener dans tes valises.
— Tu pars toujours en vacances sur la Côte Sauvage demain ?
— Affirmatif. Pourquoi ?
— Ben, prise par le boulot, je ne te l’ai pas dit mais ça fait trois semaines qu’on s’est séparés avec Jean. Du coup, comme tu es seul et que tu m’as dit que tu avais une deuxième chambre dans ton mobil-home, je voulais savoir si tu accepterais de m’amener dans tes valises.
Bon sang ! Celle-là, je ne l’avais pas vue venir. Six ans qu’ils étaient ensemble.
— Je comprendrais si tu me dis non, dit-elle devant mon silence.
— Non, désolé, ce n’est pas ça. C’est juste que je suis choqué de cette nouvelle.
— Non, désolé, ce n’est pas ça. C’est juste que je suis choqué de cette nouvelle.
Je pris une demi-seconde de réflexion avant d’accepter. De toute façon, même si je faisais une rencontre, les bois environnants du camping permettraient une étude approfondie du brâme du cerf pour ne pas déranger ma colocataire imprévue.
— Bien sûr que je t’emmène avec moi. On a, tous les deux, besoin de se changer les idées et de parler d’autre chose que de ces foutus appels d’offres et de nos vies solos.
J’entendis un soupir de soulagement.
— Merci Nathan, ça va me faire du bien.
— À ton service pour ça.
— À ton service pour ça.
J’entendis ma collègue pouffer et je me maudis intérieurement.
— Désolé Manon, c’est parti tout seul.
— Pas de souci, dit-elle en riant. Ça me va comme méthode.
— Pas de souci, dit-elle en riant. Ça me va comme méthode.
Je ne sus pas dire si c’était la méthode blague ou la méthode moins catholique dont elle parlait.
Nous réglâmes les quelques détails de ce dont elle avait besoin et le lendemain, à sept heures, je sonnais en bas de son appartement.
— Quelle ponctualité, s’exclama-t-elle dans l’interphone. Monte, ton café est prêt.
Dans l’appartement, sa valise trônait dans l’entrée avec un sac de voyage et une grande glacière. À défaut de passer pour un macho, je dirais que ça me surprit qu’il n’y ait pas plus de choses.
J’entrais dans la petite cuisine où Manon sortait des madeleines du four.
Mon cœur manqua un battement.
Son four étant positionné sous le plan de travail, j’avais une magnifique vision devant mes yeux.
Elle était penchée dos à moi, ses deux globes fessiers dans un mini-short en jean laissant voir la naissance de son popotin, pas si blanc que ça. En se relevant, je vis qu’elle avait un débardeur noir en V à bord de dentelle qui me montrait parfaitement la naissance de ses deux jolis seins, eux aussi un peu bronzés.
— Tu bronzes sur ta terrasse ? demandai-je innocemment.
Je désignai la baie vitrée au travers de laquelle je pouvais voir, sur le balcon extérieur, une chaise longue avec un bouquin, une paire de lunettes de soleil et quelques plantes.
— Oui, j’aime bien me poser pour bouquiner au soleil. Et comme personne n’a de visuel sur mon balcon, je fais ça nue.
Je gloussais.
— Je n’ai pas choisi un camping naturiste, désolé.
Elle éclata de rire.
— Heureusement, sinon je ne serais jamais venue avec toi. Le bungalow aurait tremblé sur ses fondations tous les soirs avec le nombre de femmes que tu aurais ramenées.
Je lui tirai la langue.
— Je te remercie de me traiter de garçon facile.
Elle me fit un clin d’œil.
— Ce n’est pas le cas, Nathan, mais toi et moi savons que tu plais aux femmes. Tu as trente-deux ans, un corps parfaitement sculpté, un beau visage, des yeux à tomber, un charisme au travail qui fait mouiller la moitié des femmes du bureau et tu as décoincé ton ancienne alternante qui est devenue une bête de sexe et qui, elle, fait bander la moitié des mecs du bureau pour ne pas dire la totalité. En dehors de Roger quand il ne prend pas son viagra.
J’éclatai moi aussi de rire.
— Et tu fais bander l’autre moitié, Manon, donc, si ça doit te rassurer. On ne va pas faire de concours de qui ramène le plus de plans culs en deux semaines, sinon le mobil-home va s’effondrer.
— Je ne suis pas comme Sarah. Et heureusement pour moi qu’elle a trouvé quelqu’un et déménagé dans une autre agence du groupe parce que vous n’aviez tous d’yeux que pour elle. Je suis tellement plus commune.
Et pourtant, elle ne l’était tellement pas.
Elle devait faire un mètre soixante-dix, des jambes fines interminables – son bassin arrivait au niveau du mien alors que je faisais dix centimètres de plus qu’elle – de jolies fesses fermes, une taille de guêpe, de jolis petits seins parfaitement galbés, une belle chevelure brune et un visage espiègle et toujours souriant avec des yeux bleus pétillants de vie. En bref, Eva Green à trente ans, le bronzage en plus.
— Ça, ça ressemble à ce que t’a dit Jean quand il est parti.
— Comment tu le sais ? demanda-t-elle, suspicieuse.
— Parce que ces mots ne viennent certainement pas de toi, ma belle.
— Comment tu le sais ? demanda-t-elle, suspicieuse.
— Parce que ces mots ne viennent certainement pas de toi, ma belle.
Je pris une madeleine qu’elle me tendait et la trempai dans ma tasse de café avant de mordre dedans en la regardant droit dans les yeux. Message implicite : j’aime quand c’est humide.
La légère rougeur à ses joues me fit comprendre que le message était très bien passé.
Nous finîmes notre café puis je descendis sa valise et la glacière alors qu’elle prenait le sac avant d’enclencher l’alarme de son appartement. J’avais remarqué qu’il y avait encore quelques affaires de Jean mais je ne fis aucun commentaire. Trois semaines, c’était tout frais.
Nous chargeâmes l’ensemble dans le coffre de ma voiture et nous voilà partis pour cinq heures de route. Heure d’arrivée prévue, 13h12. Heure réelle d’arrivée… ça dépendrait de beaucoup de facteurs, et je ne parle pas des bouchons.
Le bip du télépéage retentit et nous entrâmes sur l’autoroute rapidement. La circulation était fluide pour un samedi matin de chassé-croisé mais je m’attendais à ce que les rocades des métropoles soient un vrai calvaire. Cependant, je n’étais pas du genre à m’énerver au volant – parfois, les déplacements professionnels apprennent la patience – et Manon le savait donc elle s’installa confortablement pour le trajet.
Ses chaussures passèrent derrière son siège, son gilet sur la banquette arrière, me donnant une vue parfaite sur son décolleté – et, comme à son habitude, madame ne portait pas de soutien-gorge qui l’empêchait de bien respirer – et sur ses tétons qui pointaient légèrement à cause de la climatisation que j’avais réglée à 22°C.
Restaient donc son débardeur et son très court short en jean. Je me surpris à me demander si elle n’avait pas de sous-vêtements tout court mais cette pensée provoqua une légère bosse dans mon propre short et je me forçais à penser à autre chose et à écouter la jeune femme me parler.
Les bouchons à Bordeaux furent un peu plus longs que ce que j’avais prévu mais ça avançait quand même.
Soudain, Manon m’attrapa la cuisse avec sa main fine et chaude.
— Nathan, bordel, on vient de recevoir un mail de l’Agglomération de Toulouse !
J’eus un léger frisson dans le dos, mais je ne sus dire si c’était dû au contact de la main de la jeune femme ou à l’appréhension de la lecture du mail qui tombait un samedi matin.
— Eh bien ? Que dit-il ?
La jeune femme lisait le mail en vitesse – ses yeux sautaient d’une ligne à l’autre – et elle serrait ma cuisse de l’autre. J’avoue que ce contact commençait à me faire de l’effet, surtout que sa main n’était pas immobile et dangereusement proche de mon entrejambe.
Pour en avoir parlé avec Jean, je savais qu’elle avait l’habitude de lui caresser la cuisse quand elle conduisait, aussi, je comprenais que ce soit un réflexe mais il n’en restait pas moins que mon short me parut soudain très petit et que je commençais à avoir mal parce que mon boxer me serrait fortement.
— On est retenus pour la phase finale de l’appel d’offres ! Et ceux d’en face sont de l’autre bout de la France. On est quasiment sûrs d’avoir le marché ! Quatre millions d’euros, rien que sur notre partie !
Toute à sa joie, la jeune femme m’attrapa la nuque et me roula un patin d’anthologie. Fort heureusement, j’étais à l’arrêt dans les bouchons.
La main de Manon s’était posée, cette fois-ci, complètement sur mon entrejambe et elle ne pouvait ignorer le barreau qui distendait mon short. De mon côté, je sentais ses tétons complètement durcis sur mon bras droit.
Un coup de klaxon nous fit sursauter et la jeune femme se remit instantanément sur son siège, le feu aux joues. Une petite tache humide apparaissait sur le short en jean et j’en déduisis qu’elle ne portait effectivement pas de petite culotte et qu’elle était tout aussi excitée que moi.
Je levai le pied du frein et nous recommençâmes à avancer.
Nous traversâmes les bouchons et après un autre bip du télépéage, nous nous engageâmes sur l’A10 en direction de Royan.
Au bout d’un certain temps, mon pénis reprit sa forme initiale et le rouge disparut des joues de Manon.
— Désolé, Nathan. Je ne sais pas ce qui m’a pris.
Je rigolais pour me donner une contenance.
— Ce qui t’a pris c’est que ça fait trois semaines que tu es célibataire, probablement encore plus de temps que tu n’as pas eu de rapport sexuel, tout comme moi, et que l’excitation d’avoir quasiment le marché et notre conversation de tout à l’heure nous ont un peu émoustillés. Et ce n’est pas le baiser qui a provoqué mon érection, c’est ta main qui me caressait depuis tout à l’heure.
Le rouge remonta aux joues de ma collègue.
— Désolé, se morfondit-elle.
Je lui relevai le menton avec mon index.
— Pas de souci. On part pour deux semaines de vacances, ma belle. Et je te promets qu’on va s’amuser et oublier nos galères sentimentales. À nous les vacances au camping !
— À nous les vacances au camping, répéta-t-elle en riant. Mais, du coup, le mobil-home va peut-être bien s’effondrer. J’espère que tu as pris une assurance.
— Avec la GOLD, tout peut se faire.
Nous éclatâmes de rire. Les vacances promettaient d’être intéressantes.
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