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✦ duval.bb La journaliste XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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La journaliste — Chapitre 14

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duval.bb
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La journaliste

Chapitre 14

14/ Tout s'accélère
Le repas et l’après midi passent vite, l’ambiance est détendue et sage, deux copains en promenade. Jean à la barre, et Corine mitraillant la côte avec son appareil photo. Après une dernière pause baignade, ils rentrent tranquillement vers le port de Calvi. Le Zodiac est amarré, le plein refait, prêt pour un départ de bonne heure demain matin, en partant vers le nord et la plage de l’Ostricone.
Suivant les conseils de la patronne du Café de l’Eglise, ils vont dîner dans un petit restaurant de fruits de mer, caché et au frais dans l’ancienne Citadelle Génoise de Calvi. Vers 21h00, ils décident de rentrer vers Calenzana. Jean ne veut pas imposer deux heures de marche alors que le coucher du soleil est proche et le couple prend un taxi.
Corine est ravie de sa journée, l’esprit libre, elle taquine son amant, pose sa main sur sa cuisse avec un sourire entendu et cela sous les yeux du chauffeur. Jean demande au taxi de s'arrêter à un croisement, deux kilomètres avant l’arrivée. Les jeux de la jeune femme avec le chauffeur qui n’en perd pas une miette dans le rétroviseur, cela a ces limites et aussi, il a trouvé un peu surprenant ces trois gendarmes au bord de la route, un gros Break BMW à côté d’eux. Des BMW à la gendarmerie c’est nouveau et aussi un nain à la gendarmerie, de mémoire, il fallait mesurer au moins 1.70 m. Le monde change …
Ils descendent du taxi, à un peu moins de 100 mètres du barrage de Gendarmerie. Jean voit qu’un des gendarmes les fixe. Il embrasse Corine sur la bouche, d’une main, il lui pelote les fesses au travers du short, de l’autre il pétrit un sein vigoureusement, sous le tee-shirt. La lieutenant surprise, agréablement, se colle à son séducteur, se frotte contre lui.
“l’ex commandant se décoincerait-il, enfin” pense t’elle.
Le gendarme se détourne alors, ne pas se laisser distraire. Un portable sonne, le coup de fil tant attendu, l’appel est bref, “ils sont sur vous dans une minute.“
Bécotant et pelotant sa compagne, il la fait se déplacer vers le bas côté, gardant un œil sur ces drôles de gendarmes. Corine à l’idée de se faire prendre dans la nature juste à côté de gendarmes, sent l'excitation monter. Décidément, cette journée aura été parfaite.
Le couple s’engouffre dans la forêt de châtaigniers bordant la route, Jean fait signe à sa compagne de se taire et explique son étonnement sur ces drôles de gendarmes sur cette petite départementale. Il sort de son sac un pistolet SIG 9mm et le tend à Corine “Tu me couvriras au cas où, le cran de sûreté est mis.”
Du petit bois, ils voient les gendarmes installer un barrage routier, la lumière bleue du gyrophare sur le break illuminant l’obscurité et l’un d’eux se met au milieu de la route. Un puissant 4x4 blanc arrive et s’arrête au barrage. Le chauffeur abaisse sa vitre, le gendarme s’approche et tout s’accélère.
D’un jet de gaz anesthésiant, le chauffeur est mis hors de combat et s’effondre. Les portes du véhicule sont déverrouillées et les deux autres faux gendarmes ouvrent les portes arrière et arrachent violemment le passager du véhicule. Des cris, des hurlements, une voix de femme, on passe un sac sur la tête du passager, il est plaqué contre le 4x4, menotté les mains dans le dos puis transporté vers le Break.
Tout en restant à couvert, Corine s’approche des gendarmes portant le passager, qui se démène comme un beau diable, ses cris sont étouffés. Elle attend l’entrée en action de Jean sur le troisième faux gendarme. Il surgit du fossé, il a décidé de frapper fort et de s’expliquer ensuite, il croise les doigts espérant qu’il s’agit bien de faux gendarmes, sinon il est bon pour le bagne à Kourou. Il démet le bras droit de sa cible, le bras fait un drôle d’angle au niveau de l’épaule, et porte un coup sévère au genou gauche. L’homme s’effondre, se tord de douleur, il hurle, il n’a rien vu venir. Jean écrase le téléphone portable qui était tombé à terre. Puis il appuie son pied sur le dos de l’homme à terre, l’immobilisant complètement. Il récupère l’arme de la crapule.
Avant que les deux complices aient pu réagir, Corine l’arme au poing et hurlante sort du fossé. Ils restent figés portant leur colis. Sous la menace de l’arme, ils posent délicatement leur paquet humain à terre et se mettent à genoux les mains contre la nuque. Laissant la militaire les tenir en joue, il enlève la cagoule, découvre une femme adulte, une jolie brune, d’un charme fou, affolée.
Corine s’exclame
“On vient de sauver Monica Bellucci… c’est elle j’en suis sûr, j’avais vu dans un magazine People qu’elle a une super villa ici avec Vincent Cassel”.
Jean s’approche l’aide à se relever
“C’est bon Madame, nous sommes des amis, j’appelle la Gendarmerie de Calvi, on va vous libérer”.
Il prend son portable.
“La gendarmerie de Calvi, Oui, Madame Monica Bellucci, oui la Belluccci, elle vient d’être une victime d’une tentative d'enlèvement … Oui … sur la D151 à deux kilomètres de Calenzana en venant de Calvi … Dépêchez vous, il y a peut être des complices … Elle n’est pas blessée, juste choquée”.
Corine s’occupe de l’actrice, la rassure, l’installe sur la banquette arrière de son 4x4 puis examine le chauffeur, il est juste endormi, sûrement par un jet de gaz anesthésiant. Sa respiration est régulière. Jean comprenant que les ennuis sérieux vont commencer, se résigne à prévenir le Colonel Bollot. Celui-ci hurle de colère et prévient qu’il arrive avec deux légionnaires, il veut à tout prix soustraire l’ex commandant à la Gendarmerie Nationale et à la Presse.
A la Gendarmerie de Calvi, c’est la révolution, deux fourgons partent sirène hurlante et gyrophare allumé. Un journaliste de Corse Matin présent dans le poste, pour collecter des faits divers s’étonne de ce départ sur les chapeaux de roue. On lui apprend que Moniqua Bellucci a été victime d’une tentative d’enlèvement juste avant Calenzana. Il se précipite pour monter sur sa moto et se rendre sur les lieux tout en téléphonant au Directeur de la Rédaction à Ajaccio.
Sur le terrain, le mercenaire prend vite conscience du guêpier dans lequel il est tombé. Il fait s’allonger sur le ventre les deux hommes qui étaient sous le contrôle de Corine, à côté de leur complice qui, lui, s’est évanoui sous la douleur de ses blessures. Un peu à l’écart, le couple se concerte alors que l’on commence à entendre les sirènes de la Gendarmerie. Le premier problème, le pistolet automatique, une arme de guerre, qu’un civil n’est pas censé posséder, d’abord, la dissimuler, l’arme est rangée dans le sac et glissée sous un siège du véhicule de la star. Il garde juste en main l’arme récupérée sur le mafieu, après l’avoir passé à la jeune femme pour que l’on y trouve aussi ses empreintes.
Il la briefe en quelques mots. Nous nous sommes rencontrées hier par hasard, un coup de foudre partagé, un escapade en mer, une relation physique et nous nous sommes arrêtées ici, sur une envie de faire l’amour dans la nature. Et c’est à ce moment que… Elle plaisante “J’adore mon rôle de femme fatale, vous faire craquer en moins de 24 heures, cela va faire jaser”. Il la coupe d’un “C’est bon...” et la serre dans ses bras, dans un geste protecteur tout en se disant “qu’est ce qu’il ne faut pas faire.”.
Les deux fourgonnettes arrivent sur la scène de la tentative d’enlèvement suivies de la moto du journaliste. Il prend quelques photos, d’abord la star en train de téléphoner sur la banquette arrière, elle est vraiment superbe, dans son fourreau noir décolleté, puis flashe sur les deux tourtereaux se tenant la main, “ils sont touchants nos deux héros de la soirée”. Les gendarmes bon enfant, le laissent faire quelques instants puis d’un “C’est bon Antonio...”
“Une dernière, mon Capitaine, vous à côté de Monica“
le Capitaine flatté ne résiste pas à ce petit plaisir et pose de bon cœur, la star se prend au jeu et embrasse le gendarme sur la joue
“Merci ...!”.
Les trois mafieux sont menottés, entravés pour être transportés vers Bastia. Deux gendarmes prennent position autour du 4x4 pour sécuriser la zone. Le Capitaine et un de ses collaborateurs s’approchent du couple, le journaliste restant légèrement en retrait, mais ne perdant pas un mot de l’échange. Après un contrôle d’identité et de brèves félicitations, les gendarmes recueillent le témoignage du couple, se font expliquer la situation.
Le couple s’exprime jouant leurs rôles comme convenu, tout en prenant un air un peu gêné quand ils parlent de leur envie d’amour physique dans la nature. Alors que le climat commence à se détendre, une Jeep de la Légion arrive sur le théâtre des événements.
Le Colonel Bollot en descend, criant et fonce vers Jean. Après un échange musclé avec les gendarmes, et faisant jouer ses galons de Colonel, il entraîne le mercenaire sans ménagement vers la Jeep. Surpris, le photographe immortalise la scène, avec une vue sur la star médusée qui n’a même pas pu remercier son sauveur et ne comprend pas la raison de cette brutalité.
Sentant qu’il tient le scoop de sa vie, le journaliste disparaît en moto. A peine arrivé, au bureau de Calvi, il prévient son rédacteur en chef et lui envoie par mail, un best of de ses photos et y joint un projet de brève “Une tentative d’enlèvement maffieux contre Monica Bellucci déjouée par deux amoureux. La star va bien. Les héros de la journée, une jeune lieutenant de l’Armèe de l’air, Corine Lepin et un ancien militaire, Jean Linus, mis sous clé par le 2ème REP” et une pièce jointe, un vieil article, mentionnant le rôle de ce militaire en Bosnie, traitant de la problématique du choix entre le respect des ordres et le droit d’ingérence humanitaire. Flairant le scoop, le rédacteur en chef de Corse Matin, rédige une dépêche d’agence avec un titre accrocheur, et les photos “Un couple de touristes déjoue l’enlèvement de Monica Bellucci. L’armée met aux arrêts le héros du jour.” et la diffuse vers les quotidiens nationaux et l’Agence France Presse.
Après avoir poursuivi leurs investigations, les gendarmes indiquent à la star qu’elle peut rentrer chez elle. Le chauffeur n’étant pas totalement réveillé, Corine, qui a fait valoir sa fonction de Lieutenant dans l’Armée de l’Air, s’est proposée de faire le chauffeur pour reconduire Madame Bellucci dans sa superbe villa des environs de Calvi.
Trop énervées pour s’endormir, et après un long coup de fil où Monica a rassuré son compagnon, les deux femmes partagent un verre sur la terrasse. Le cadre est magnifique, la nuit est douce, des odeurs du maquis, la nuit étoilée. Corine se laisse aller raconte sa rencontre avec Jean, la journée passée ensemble et le hasard qui a fait qu’ils se soient trouvés là. L’actrice veut en savoir plus sur la réaction brutale du militaire qui a littéralement enlevé Jean. La jeune femme raconte alors, comme elle l’avait fait pour Betty, l’épisode Bosniaque et ses conséquences pour l’ancien militaire.
La fougueuse italienne se scandalise du traitement infligé à cet homme d’honneur et n’admet pas que plusieurs années passées, ce militaire soit encore en butte à un tel harcèlement.
“Merci, je vais payer ma dette, avec ces enlèvements et tous ces mafias, on ne sait jamais jusqu’où cela peut aller. Vous en faites pas, les militaires et les politiques n’aiment pas les vagues, avec moi , ils vont être servis, un tsunami médiatique qu’ils vont avoir si cela ne cesse pas, immédiatement.”.
Je sens son regard, je me force à garder les yeux fermés, simulant un sommeil profond, j’ai du mal à retenir mes larmes et je le sens se coucher à mes côtés, et s’endormir. Je peux enfin ouvrir les yeux, me laissé aller à pleurer, mon regret, mes doutes.
Le sommeil vient enfin et je m’endors, une nuit sombre, rêve noir, incompréhensible, je m’envole, tombe de haut.. je sursaute, me réveille en nage dans le lit... la chambre est silencieuse, tout est calme dehors, pas un bruit, je me lève, regarde rapidement ma montre... 4 heure 30 du matin...
“Jean que fais tu?...tu es où?”, je sors sur la terrasse, il fait frais et je n’en ai cure. je m’allume une cigarette, regardant au loin, je n’arrive pas à m'ôter son visage de ma tête... Il est en danger, je le sens... je suis impuissante... et ce connard.. il a tenu parole?... Mon ventre est noué et je ne peux me retenir de vomir, jette de rage la cigarette à peine entamée, en rallume une autre... je suis une lionne en cage.. je fais les cent pas sur la petite terrasse... j’ai besoin d’air, marcher dans la nuit, au petit matin... je m’habille rapidement, sans bruit..il dort toujours et je descend dans l’unique avenue de cette petite ville déserte, quelques chiens déambules, me regardent passer comme si j’étais une extraterrestre. L’atmosphère de cette ville est étrange, la poussière est là, palpable, encrassant tout d’une fine pellicule noire. et je continue d’avancer droit devant, sans but précis, comme une noctambule, pieds nus dans ma petite robe jaune, on doit me voir de loin, un canari dans le noir, et je souris en pensant à lui, à sa réflexion sur les canaris.. j’aime le jaune à présent, je ne mettrais que ça...Je sors de la ville, l’aube pointe, entre chien et loup...c’est magique, je me sens emportée par l’étrangeté des lieues, c’est moche et beau à la fois.
Une moto, un cyclo plutôt... je m’amuse, réalisant que c’est une adorable minette avec des petits talons aiguilles qui conduit, bien droite, elle me dit bonjour au passage, un petit geste amical de la main gauche et une autre... puis une autre, la ville s’éveille, je fais demi tour... entourée de ses engins à moteur, indéfinissables... ça fume, ça pue, tous me font des signes amicaux...et je n’arrête pas de répondre.. répondre à tous, c’est la moindre des politesses, je leur dois.. leurs vies.. si dures et pourtant ils la vivent avec ardeur, ils rayonnent dans la noirceur. cela me fait du bien... et j’oublie un peu mes angoisses, je suis repuse de leurs gentillesses, de leurs douceurs et retourne à l’hôtel... le chauffeur est déjà dehors et il nettoie le 4x4, je me demande pourquoi... dans une heure il sera aussi sale.
“Bonjour Kim.” le regard qu’il me fait... il ne comprend pas, me regarde, surpris de me voir, pieds nus...
“Bonjour Betty.. matinale ce matin...” je souris et lui prend l’éponge des mains et l’aide, ravie de m’occuper... on papote tout en finissant de lustrer la voiture et nous partons d’un grand éclat de rire alors qu’une camionnette, passant près, dans une flaque de boue, la macule définitivement, réduisant à néant tout notre labeur.
“J’ai faim.. venez.. on va déjeuner..” je lui prends la main “heu mais Damien?”
“Hihi ben il mangera seul après... je peux pas attendre, j’ai trop faim..”
On s’installe, riant sans arrêt, il me parle de sa femme, de ses deux filles, je l’écoute... il rayonne, il est né à Paris mais a voulu revenir sur la terre de ses ancêtres, c’était important pour lui. Ses parents sont en banlieue Parisienne. Il ne regrette rien, il est heureux ici, ça bouge dans le bon sens me dit il en souriant sans cesse.
Je suis surprise, il a fait des études d’histoire... il en connaît un bout... je me délecte de ce qu’il me dit. Son pays, sans cesse envahi... pas plus tard.. en 79 - 80, contre la Chine, l’éternel rival, je note tout dans ma petite tête de blonde... bois ses paroles...
Damien nous surprend en pleine conversation. Amusée à la vue qu’il fait en voyant mes pieds, noirs de crasse...
“heu hihi ben quoi? je prendrai une douche avant de partir chéri.. tu as bien dormi? On part dans une heure.. pour le nord, frontière Chinoise..”
Il ne fait aucun commentaire sur ma tenue et je reste avec lui pendant que Kim file préparer les derniers détails, visiblement gêné d’avoir été surpris seul avec moi.
Corine a passé la nuit dans la Villa Bellucci, Monica ayant insisté pour qu’elle ne retourne pas seule dans le Paillier. Elle se réveille, il est 08h30. Elle retrouve un peu plus tard l’actrice, installé sur une terrasse, l’attendant pour prendre son petit déjeuner. La table est prête, elle fait le service tout en parlant.
“D’abord un très grand Merci, le Préfet de Haute Corse m’a appelé, il va renforcer ma protection, les truands ont parlé, il s’agit de mafieux venant du Continent, de la Côte d’Azur, leur objectif était de me passer à tabac, de me violer même semble t’il puis de me renvoyer à Vincent, Vincent Cassel pour l’empêcher de tourner un film sur ces bandes organisées et leurs crimes. Nous ne céderons pas. C’est clair”.
“Pour votre fiancé aussi, j’ai réfléchi…”. Corine, rougit, gênée, mais ne dément pas…“J’ai appelé mon agent il y a cinq minutes, Vincent est d’accord avec moi, je veux qu’il m’arrange un passage au 20 heures avec Laurence Ferrari et au Grand Journal de Canal avec Michel Denisot, ce soir. Il ne devrait pas avoir trop de mal à obtenir ces créneaux, ma tentative d’enlèvement fait la une des faits divers, ce matin. Et avec les dernières révélations du Préfet cela va durer encore un jour ou deux. Et pour faire bonne mesure, j’ai promis de venir avec la dernière création de Dolce&Gabana, une petite merveille, hyper sexy, tout en suggestion.”
Son téléphone sonne, elle regarde Corine, “je vais jouer gros, j’ai appelé l’Elysée, j’ai peur d’avoir Carla, on est rivale, un peu jalouse aussi, mais je vais essayer. Je connais son Nicolas, il m’avait remis en 2006 la croix de chevalier des arts et des lettres, quand il était ministre de l’intérieur. Cela rappelle”. ... L’actrice semble prise de court, surprise, … “euh, Oui Monsieur le Président et Merci tout va bien grâce à ce charmant couple, oui le pire a été évité … si vous le voulez … Voilà Monsieur le Président , je suis invité ce soir chez Laurence Ferrari et Michel Denisot, et ce serait grand si j’étais accompagné par mes deux anges gardiens, ce serait chou, oui deux amoureux en plus. Et si je pouvais dire que c’est grâce à vous, que ce militaire a été réhabilité... à sa place n’importe quel homme d’honneur aurait agi de même. Vous ne croyez pas? …
Elle hoche la tête, souriante …
“Oui et en plus imaginez, il aurait pu rester tranquillement dans les bois, laissant faire ces criminels… Oh merci Nicolas, oui et toutes mes amitiés à Carla et à la petite Guilia. Non pour l’avion ce n’est pas la peine, il y a un vol régulier, j’ai vérifié.... Parfait à 10 heures, à la caserne du 2ème REP, c’est noté.”
Ensuite, tout s’accélère, quand les deux femmes arrivent à l’entrée du Camp, Jean les attend, il s’est fait expulser manu militari, un sous-fifre est venu le prévenir, il est libre de ses mouvements en France, une intervention directe de la présidence, il serait même réhabilité pour l’épisode Bosniaque.
Vers 11h00, il voit arriver le 4x4 blanc, les deux femmes à côté, à l’arrière, toutes les deux d’une élégance rare, maquillées avec recherche, la Lieutenant dans une robe bustier verte et la star dans une robe en dentelle noire mettant ses formes en valeur.
Le chauffeur descend, “Montez Monsieur, nous sommes pressés nous avons un avion à prendre à Bastia. “. Il obéit, perturbé lui qui aime la tranquillité et a horreur des mondanités, il en regretterait presque le Camp … puis pense “non, il faut pas pousser … “ Il s’installe devant et Corine lui raconte les différentes péripéties depuis leur séparation de la veille. A son insistance, sur les mots Chéri, mon amour, il comprend qu’il est condamné à jouer du fiancé, fou d’amour, le grand coup de foudre. En y réfléchissant, il se dit que c’est parfait, la soirée va être dure, mais qui pourrait penser qu’il y a une semaine, il mettait à feu et à sang la Serbie, avec sa partenaire blonde, une sacrée bonne femme elle aussi, ... il y a beaucoup de préjugé sur les blondes, mais... Il manque de s’étouffer quand il découvre qu’il va devoir participer avec ces deux femmes au Grand Journal de Canal et ensuite le JT de TF1 avec Laurence Ferrari. Le coup de grâce, c’est quand les deux femmes débattent de sa tenue et de son look.
Il essaye d’expliquer qu’il doit récupérer ses affaires dans le Paillier. Monica éclate de rire, “Tous les mêmes ces hommes, ils se noient dans les détails, on s’en moque, vous reviendrez les prendre plus tard.”. Il comprend qu’il a perdu une bonne occasion de se taire et se dit que la journée va être dure. Ceci étant, il lui doit sa réhabilitation et l’important est que personne ne se doute qu’il était en Serbie la semaine dernière assassinant le Général Duvlav. Il a une pensée pour ce pauvre Vincent Cassel qui doit supporter cette actrice tous les jours, puis, son esprit revient sur Betty, qui certes dans un tout autre style est aussi un sacré numéro.
Après un voyage sans problème Bastia - Paris, Jean a droit à un passage express chez lui pour se laver, se changer. Discrètement il se connecte sur le site de l’hebdomadaire de Betty et récupère son adresse mail au journal. Il ne sait pas trop pourquoi, mais il a besoin, envie de la contacter, d’échanger avec elle. Savoir ce qu’elle devient, lui raconter cette aventure.
Le tourbillon reprend, encadré par les deux femmes dans la Boutique Dolce&Gabana de l’Avenue Montaigne, il n’a pas le choix, Monica est l’égérie de la marque et on ne discute pas avec elle. La négociation avec la star est dure, il évite le triplet costume noir, cravate et chemise blanche, et obtient gain de cause, une tenue “look week-end” chic : chemisette col ouvert, blouson en denim chic et pantalon style toile tout cela avec le style à l’italienne de la marque. Corine se tient prudemment à l’écart de leurs échanges.
L’attaché de Presse de la vedette, reprend la main, c’est l’heure. Direction les studios Canal, au pas de course. Pendant la séance de maquillage, un briefing entre Michel Denisot et l’actrice, tout est calé au millimètre. Ce qui rassure Jean, c’est qu’avec Corine, ils ne sont là que dans des rôles de faire valoir.
C’est l’entrée en scène, ils descendent vers la table centrale, sont assis en face de Michel Denisot qui lance la séquence. L’ex militaire est placé au milieu entre les deux beautés. L’avantage c’est que tous les yeux sont fixés sur Monica, son visage, sa poitrine mise en valeur par cette robe. Les deux tourteraux sont dans leur rôles d’amoureux transis, intimidés, pressés l’un contre l’autre, Jean serrant la taille de Corine et la jeune femme la tête contre l’épaule de son amant. Il sourit, “mon dieu quel cliché !”. Après quelques images d’archives sur le drame Bosniaque, puis des images récentes montrant le lieu de l’enlèvement, les photos du journaliste de Corse Matin, Monica reprend la parole expliquant qu’avec Vincent, ils ne céderont pas à la menace, elle remercie la Gendarmerie de Haute Corse, l’Armée de l’Air pour le courage du Lieutenant Lepin, le Président Sarkozy qui a su réparer l’ injustice concernant l’ex commandant Linus. Elle se tourne alors vers lui, pose un baiser sur sa joue, quelques applaudissements. Sentant que Michel Denisot veut lui poser une question, l’ex militaire coupe court, pris par une impulsion folle, il embrasse sa compagne sur la bouche, il la serre contre lui, celle-ci joue le jeu et même renchérit, glissant une main dans le blouson ouvert, le public applaudit et exulte. La séquence est terminée, tous les trois se lèvent et quittent le plateau avec un commentaire de l’animateur sur l’amour touchant entre les deux héros de la journée.
La course reprend, direction le plateau de TF1 pour le 20 Heures avec Laurence Ferrari. La scène se répète, sauf à la fin de l’interview, Laurence Ferrari s’adresse à Jean, “La semaine dernière, le Général de la Gendarmerie Serbe, le Général Duvlav a été assassiné, par un réseau islamiste selon les Autorités Serbes, c’est qui a été la cause de votre mise à pied... “.
Sur l’écran de contrôle, il voit son image, la caméra est sur lui. Il se lance, “La Serbie ou le Général Duvlav, pour moi la page est tournée. Il est mort et c’est clair, je ne vais pas le pleurer. J’ai tourné la page et mon avenir c’est Corine et il lui prend la main en la serrant. Fine comédienne, celle-ci se tourne vers lui, comme subjuguée. Le réalisateur ravi de cette image, zoome sur le couple qui donne la parfaite image de l’amour. Puis Laurence Ferrari enchaîne sur le sujet suivant.
Après des adieux, en bas de l’immeuble Tf1, le trio se sépare, Monica retrouve son Vincent, ils sont très émus. Elle ajoute qu’ils seront toujours les bienvenus. Le couple est escorté par un fonctionnaire du Service de Protection des Hautes Personnalités, se tenant légèrement en retrait.
Jean a invité chez lui Corine pour la nuit, son vol retour pour la Corse est réservé dans le courant de la matinée. Ils sont détendus, s’amusent de leur comédie à l’écran. Corine est ravie, Monica et surtout sa maquilleuse personnelle, ont bien fait les choses, maquillage, coiffure, la touche de parfum fruité, la robe tout est parfait, y compris ses dessous, son hôte d’un jour, va être surpris tout à l’heure. Jamais, elle n’avait bénéficié d’un tel luxe. L’atterrissage lundi matin, à la base va être dur, même si elle sait qu’elle va être bien accueillie. Les remerciements de Monica vers les politiques et l’Armée de l’Air ont porté. Pour la première fois, elle a reçu un SMS de félicitations du chef de l’escadron de Solenzara.
La jeune femme jette un coup d’oeil en l’air sur l’immeuble “Pas mal votre quartier, mon commandant, Mercenaire de luxe, cela paye plus que l’armée... et en plus les jolies femmes n’ont pas l’air de manquer”, en riant elle termine “Vous recrutez, je crois que je vais me laisser séduire...”.
Ils pénètrent dans l’appartement, Jean s’est proposé de préparer un casse croûte, l’après midi ayant été épuisante. Corine, curieuse, fait le tour du propriétaire et revient dans la cuisine “Je confirme, très bien, je suis impressionnée, j’adore l’ambiance Zen, le style Japonais, avec ce noir et le blanc, il manque juste une touche féminine, un peu de couleur, de fleurs, de tapis, de peintures au mur”, puis rajoute d’un air espiègle, “Par contre sur ce job, je ne postule pas, je ne pourrai pas lutter contre la concurrence. A votre place, je sais ce que je ferai, je me permets de vous le dire Commandant, côté Amour et sentiment, vous êtes un intello, vous pensez trop. Allez voir cette Betty, vous l’avez éjectée sans un mot, comme un ballot au bout de mon treuil. Au pire, si elle vous jette, vous ne vous poserez plus de question. A sa place, je vous giflerai pour repartir d’un bon pied ensuite, à deux. “. Elle réféchit et conclut Si j’étais vous je prierai pour qu’elle n’ait pas vu votre baiser enflammé chez Laurence Ferrari tout à l’heure, parce qu’alors là...” en riant joignant le geste à la parole, elle mime une chatte sortant ses griffes. Après cette longue tirade, elle se tourne, prend une pose suggestive, les bras tendus en l’air, légèrement cambrée, “Un dernier service Commandant, Pourriez vous m’aider à ôter cette robe et soyez sage, ne la transformez pas en petits chiffons”.
“Un instant …”
Il revient avec un haut de pyjama … le pose sur le canapé. Il fait glisser par le haut le fourreau vert et la découvre presque dénudée…
“Comment me trouvez-vous? la lingerie de Miss Bellucci, elle a toute une panoplie, j’ai trouvé mon bonheur que pensez vous de cette fine tulle et dentelle verte. Et bas les pattes, c’est fini, déjà que ce soir, ma réputation en a pris un coup”.
Il lui serre la taille, l’embrasse légèrement sur la joue par derrière, et lâche “Merci… vous êtes superbe... pour ne pas tenter le diable, il serait mieux que vous passiez ceci. “
Les deux complices se retrouvent dans la cuisine, picorant un dîner improvisé et parlant de choses et d’autres, puis chacun part se coucher rapidement, Corine ayant vu que Jean souhaitait être seul.
Au petit matin, Jean a réservé un taxi pour Orly. Sur le trottoir, une bise appuyée, et Corine ne peut s’empêcher de demander “Alors vous allez rester sur le quai regarder le train partir ?”. Il hoche fermement la tête et d’une voix ferme “Non. Même si la tigresse blonde m’arrache les yeux, je vais engager l’opération Canari.”.
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✦ Charline88 Mon enfer XSTORY
Mon enfer
Chapitre 6
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