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✦ ballhin Julie et Mariam XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Julie et Mariam — Chapitre 6 · 3e jour

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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ballhin
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Julie et Mariam

Chapitre 6 · 3e jour

Le réveil sonne. J’ouvre un œil. Je me retourne en grognant pour vérifier l’heure sur mon mobile, j’ai dans l’idée que cet appareil de malheur me sort de plus en plus tôt de mon sommeil. Toute la nuit, une armée de prêtres en rangers avec ma mère en tête m’a poursuivi. Tous voulaient me brûler sur un immense bûcher pour acte contre nature, et m’enfuir était impossible, tellement mes jambes semblaient de plomb, un vrai cauchemar. Pour l’instant, je suis bien sous mon drap, je vais plutôt rester encore un peu, pour méditer sur ma soirée, dormir encore deux minutes pas plus, c’est promis.
— Julie, il est l’heure de se lever.
Une petite voix est venue à mon oreille. Je souris, mais ne bouge pas un muscle. Lorsqu’une main caresse lentement mes épaules et ma nuque, mon cerveau embrumé valide : aucune raison de bouger un cil pour l’instant. Profiter un maximum est la priorité absolue . Les yeux mi-clos, je resterais bien de longues heures à jouir de ses papouilles, moi. Mais tout s’arrête d’un coup.
— Encooore ! râlé-je, d’une voix rauque.
Ce mot est sorti de ma gorge comme un grognement. La maman a compris mon manège. Les rideaux de ma chambre s’ouvrent et laissent pénétrer une lumière agressive dans mes yeux fatigués. De mon côté, j’entame une recherche improbable du drap pour me couvrir la tête avec le gémissement d’un animal blessé.
— Tu vas être en retard et après tu vas courir.
Elle a cruellement raison, je soupire en levant la tête.
— Je ne peux pas, c’est trop dur.
Mariam s’agenouille à côté de moi et me susurre à l’oreille :
— Tu veux que je t’amène ton petit-déjeuner au lit ?
J’ouvre de grands yeux étonnés. C’est très tentant, mais elle me chouchoute beaucoup trop là, ce n’est pas raisonnable !
— Non, je te remercie, sinon mon statut va monter de fainéante à grosse fainéante.
— Je te laisse te lever tranquillement alors.
Cette délicate attention me va droit au cœur, mais s’occupe-t-elle de moi comme une maman, une amie, ou autre chose ? Je me traîne jusqu’au bar où m’attendent mon café et mes petits croissants. Sur le canapé du séjour, je l’entends discuter avec les jumelles. Le commandant est sur le pont et tout doit être carré, même à quatre cents kilomètres de distance.
— Vous n’oubliez pas vos lessives les filles ?
— Oui, maman.
— Je ne veux pas retrouver de sous-vêtements partout !
— Arrête, maman, on est grandes maintenant. On ne fait plus ça !
— Émilie, tu vas à la danse cet après-midi ?
— Oui, maman, mais j’trouve pas mon body !
— Tu as regardé sur l’étendoir que vous deviez ranger hier ?
Un blanc s’inscrit dans la conversation, j’entends que l’on s’agite à l’autre bout de la ligne.
— C’est bon, je l’ai trouvé !
— Allez, je vous laisse les filles, ne traînez pas. Bisous, mes amours.
— Bisous, maman.
Cet amour et la tendresse dégagée lors de ces conversations quotidiennes me bouleversent. Même si ma nounou était pour moi la plus merveilleuse du monde. Étant enfant, j’aurais aimé que ma mère me prenne une fois dans ses bras. Un rapport affectif qui m’a cruellement manqué dans mon enfance.
* * * *
A peine sorti de l’ascenseur de l’agence, Paul me saute dessus et m’entraîne à l’écart.
— Vous avez l’air de bien vous entendre, toutes les deux !
— Que veux-tu dire par là, Paul ?
— Je vous sens toute chose ce matin. La nuit a été difficile ?
— Ça t’exciterait de savoir qu’elle a dormi dans mon lit et que nous nous sommes sucé l’abricot toute la nuit, hein ?
Stupéfait, Paul reste la bouche ouverte, il ne s’attendait pas à une réflexion si coquine de ma part.
— Eh bien, non, il ne s’est rien passé, c’est juste ton imagination de mâle lubrique qui te joue des tours.
Paul me pousse du coude et hausse les épaules.
— Pourquoi est-ce que je ne te crois pas ?
— Je ne sais pas. Par contre, nue, elle est super-bandante ; un petit cul ferme, des seins de déesse, mmh, tu adorerais mettre les mains dessus, c’est certain. Je te laisse avec ça bien en tête, mon cher !
Hilare, je pratique une volte-face. J’ai essayé de le charrier pour l’éloigner du sujet, mais Paul me connaît sur le bout des ongles. Je suis sidérée qu’il ait vu quelque chose de différent dans mon comportement. Ce baiser aurait-il réveillé quelque chose en moi telle la Belle au Bois Dormant embrassée par le prince ? Non, c’est stupide !Je lève la tête vers la caméra de surveillance avec la sensation que toute l’agence me regarde et me juge. D’un autre côté, il l’a bien cherché et va mettre un bon moment pour effacer l’image de son esprit. Il sait pourtant qu’il ne doit pas réveiller la garce en moi sans en subir les conséquences.
Devant la salle, Mariam a surpris notre échange et me regarde, interrogative. En quelques mots, je lui explique mon aparté avec Paul en riant.
— Tiens, Julie, il arrive. Je vais lui préparer une surprise à ton Don Juan.
Je la dévisage avec des yeux ronds, j’ai peur de comprendre. Dès que nous entrons dans le champ de vision de Paul, elle se colle littéralement à moi et m’enlace. Puis, elle lui jette un regard de feu et me gratifie d’un long baiser sensuel sur la joue en cambrant les reins. Paul s’arrête, tétanisé. De sa position, il doit penser qu’elle m’embrasse à pleine bouche et je vois ses mains se crisper. Le connaissant, il doit être dans un état d’excitation avancé. Mais ce petit jeu a une conséquence que n’a pas dû prévoir la blagueuse : le contact de son corps et son baiser appuyé ont mis tous mes sens en alerte. Mon bas-ventre réclame son dû. Ces trois heures vont être un calvaire pour moi aussi. Je n’aurais jamais dû me moquer de Paul.
* * * *
Au fond du restaurant, nous déjeunons en silence. La matinée s’est déroulée avec une lenteur exaspérante. J’ai dû trouver mille ruses pour me changer les idées, et rester un minimum concentrée sur le travail de ma candidate. Pour une fois, j’ai renforcé le contenu de mon plateau tellement la faim me tiraille, signe que la séance de ce matin a été consommatrice en calories. À chaque coup de fourchette, je regarde Mariam du coin de l’œil avec une envie folle de lui parler de notre prochaine soirée. Je souhaite qu’elle me confirme son plaisir d’avoir reçu mon baiser; et que, comme moi, elle aimerait recommencer pour savoir si l’effet est le même. Oui, je rêve !
— Je souhaitais te proposer quelque chose, attaque-t-elle sans préavis.
— Ah oui ? Dis-moi, m’exclamé-je.
— Ce soir, je t’invite.
— Encore ! Mais non, c’est mon tour.
— Je pensais à un dîner plus... intime et je préparerai le repas.
Abasourdie, je manque de m’étouffer avec une feuille de salade. Cette annonce me met mal à l’aise.
— Heu, je ne crois pas que tu trouveras les ustensiles nécessaires pour confectionner un vrai repas chez moi, tu sais. Je ne cuisine pas.
— Ne t’inquiète pas, ce sera simple. Je me débrouille très bien avec peu et j’ai déjà inspecté ta cuisine ce matin.
— Si en plus, il y a préméditation, alors je m’incline !
* * * *
L’après-midi s’est déroulée rapidement. Nous avons évité Paul à la sortie de la salle, mais je le connais, il va me faire payer tout cela d’une façon ou d’une autre. Toujours ces petits jeux taquins entre lui et moi. Mariam pianote sur son portable, un sujet délicat avec ses filles l’agace. Pendant ce temps, assise derrière mon bureau, je remplis les rapports de fin de session de ce troisième jour.
— Bon ! Il ne faut pas que je traîne. J’ai un dîner à préparer. Tu as une clé à me prêter ?
— Oui, bien sûr. Le code de la porte extérieure est le 4213 B. Je termine rapidement, j’ai déjà faim !
— Tu ne seras pas déçue, crois-moi !
— Pas de poisson cru ?
Mariam me sourit et reprend d’un ton affirmatif :
— Que des aliments sains, ne t’inquiète pas.
— Tu n’as pas apprécié notre dernière soirée ?
— Si, les mets étaient bons, mais il ne serait pas raisonnable que je prenne goût au service à table !
— Tu sais, c’est agréable de se laisser dorloter de temps en temps. Et ne me dis pas que tu as détesté; je ne te croirais pas !
Surprise par mes propos, la maman ouvre de grands yeux, veut protester, mais après quelques secondes d’hésitation, confirme ce que je pensais : elle a adoré. Une corde sensible que je n’hésiterai pas à exploiter en temps utile.
— Un jour, peut-être, répond-elle nonchalamment.
— Eh bien, compte sur moi !
A cet instant précis, j’aurais souhaité lire dans ses pensées et lui transmettre un message par télépathie : « Et mon baiser, alors, tu l’as aimé ou pas ? dis ! ». Un long silence passe avant que Mariam décide de se lever et quitter la pièce. De mon côté, ce n’est pas le moment de traîner. Un œil sur la pendule, je remplis mes derniers rapports avec enthousiasme. Pas question d’être en retard ce soir.
* * * *
Il est pile dix-neuf heures quand je sors de la station de métro. Le nez en l’air, vers les fenêtres de mon appartement, j’imagine ma fée du logis se débattre avec mes trois casseroles et mon unique couvercle. Mon cœur bat à tout rompre, je suis excitée comme une puce sous caféine. A peine entrée dans l’immeuble, les escaliers sont avalés quatre à quatre et je frappe à ma porte dans l’espoir d’un accueil chaleureux, un baiser peut-être ? Mariam, en tablier de cuisine, m’ouvre avec un grand sourire, une cuillère dans la main. Une merveilleuse odeur envahit mes narines et je ferme les yeux pour en ressentir tous les parfums.
— Si Mademoiselle veut bien entrer, déclare-t-elle d’un ton distingué, en me cédant le passage.
— Je vous remercie, chère Madame, dis-je, très amusée.
Je m’approche pour lui déposer un baiser sur la joue, et plus si affinité, mais je me retrouve avec l’ustensile en bois dans la bouche.
— Tu aimes ?
— Ché délichieux !
Sous les yeux de ma charmante cuisinière, je lèche les deux faces de la cuillère avec délectation et repars à la charge. Quand une main ferme vient s’interposer entre mes lèvres et l’objet de mes désirs.
— Ce soir, tu es mon invitée. Donc, je commande. Va t’asseoir dans le canapé, je vais te servir l’apéritif !
Déçue, j’entre dans le séjour en traînant des pieds comme une écolière. La table est déjà dressée, magnifique. Je n’avais pas un souvenir d’avoir des assiettes et couverts comme ceux-là dans mes placards. Des bougies et des fleurs disposées en cheminement complètent l’ensemble pour un charmant dîner en tête à tête. Comment Mariam a-t-elle réalisé tout cela en si peu de temps ? Assise dans mon coin, j’ai du mal à tenir en place et je ne peux pas m’empêcher de jeter un coup d’œil vers la cuisine d’où s’élève aussitôt une voix autoritaire.
— Ne triche pas, jeune impatiente !
Je geins pour la forme. Cette ambiance romantique me donne chaud. Au diable, les préjugés et la morale bien-pensante. A cet instant, j’ai envie de cette femme; de sentir sa peau contre la mienne; de son odeur; de l’embrasser. Un puissant fantasme; quelque chose d’irraisonné. Bon-sang, Julie, calme-toi !
Mariam me rejoint avec deux verres à cocktail en main, mais à ma grande déception, s’assied dans le fauteuil en face de moi.
— A cette soirée, annonce-t-elle en levant son verre.
Sous le regard de mon hôtesse, je trempe mes lèvres dans cette boisson inconnue avec une moue interrogative.
— C’est à base de rhum, de jus de fruits et autres petites choses. Ne t’inquiète pas, c’est très léger, j’ai bien vu que tu ne supportais pas l’alcool. Ce soir, je ne souhaite pas que mon invitée roule sous la table. On était dans un sale état hier.
— C’est très bon !
Les yeux dans les yeux, nous sirotons le breuvage sans un mot. Une multitude de pensées me traverse l’esprit et une impatience grandit en moi quand elle se lève, et d’un geste, m’invite à la suivre.
— Allez, passons à table, sinon ça risque d’être trop cuit, explique mon hôte d’une voix ferme.
Mariam contourne la table, et tire ma chaise avec un grand sourire, par ce geste, elle me confirme que je suis son invitée et où est ma place. Cette solennité me donne l’impression d’être une princesse. Cela me gêne un peu, mais j’avoue que c’est très agréable, puis elle se penche sur moi et m’effleure le cou de ses lèvres. Je sursaute et un frisson me saisit aussitôt.
— Tu as faim, j’espère ? susurre-t-elle à mon oreille.
— Une faim de louve !
— Alors, commençons, dit-elle en retournant en cuisine.
L’entrée à base de saumon, asperges et sauce à l’aneth est une merveille. La présentation, digne d’un grand restaurant ; les assiettes sont dressées de manière élégante et je résiste à peine à cette sale habitude de les prendre en photo avec mon mobile. Le plat de résistance, un magnifique poulet mafé aux parfums somptueux, est des plus raffinés.
— Je vois qu’il est inutile de te demander si tu aimes !
— Tu es un vrai cordon-bleu, j’adore !
— Tu remercieras ma mère, elle m’a tout appris.
Tout le long du repas, sous le regard attentif de ma cuisinière ; j’ai dévoré ses plats avec appétit et l’envie folle de me lancer dans des sujets particuliers, mais je n’ai pas osé. Foutu manque de courage !
La fin s’annonce avec l’arrivée d’une magnifique glace, parfum rhum-raisin, recouverte de chantilly qui nous rafraîchit un peu en cette chaude soirée d’été.
— C’était délicieux, je n’ai pas mangé aussi bien depuis longtemps !
— Ta collection de plats surgelés m’a brisé le cœur. Je ne pouvais pas te laisser comme ça sans réagir.
— Je suis nulle en cuisine, d’ailleurs, mes parents emploient un cuisinier et ma mère n’a jamais touché une casserole de sa vie. Je me demande même si elle est déjà entrée dans sa propre cuisine. En gros, c’est de famille.
— Un héritage génétique ? questionne-t-elle en souriant.
— En quelque sorte, soufflé-je avec une légère grimace.
Mariam m’a bien cernée, je suis juste une paresseuse convaincue sur le sujet.
— Allez, je débarrasse et l’on passe au digestif.
— Au digestif ! Merci, mais je n’en peux plus là !
— Fais-moi confiance, celui-là passera tout seul, va t’asseoir dans le salon.
— Laisse-moi au moins t’aider.
— Non, non, tu es mon invitée. Allez, ouste !
De retour sur le canapé; la curiosité poussée à son comble; j’attends la touche finale de ce festin. Aussi loin que porte ma mémoire, personne ne m’a jamais montré une telle attention dans ma vie. Les sensations que cela me procure sont indescriptibles, c’est merveilleux, mais comment aborder la suite sans risquer de tout gâcher, ma spécialité ?
— Tu es prête ? interroge-t-elle, du fond de la cuisine.
— Oui, je n’ai pas bougé un cil.
Mariam se place fièrement devant moi, les mains sur les hanches. Mais il est où son digestif ? Puis, avec des gestes sensuels, elle détache son tablier et le laisse glisser au sol. Mon cerveau se fige, je déglutis et passe en apnée. Un sourire malicieux aux lèvres, elle s’approche, pose des mains caressantes sur mes épaules et s’assied délicatement sur mes genoux. Aussitôt, mes sens s’affolent. Qui de ma tête ou de mon ventre va exploser en premier, les paris sont ouverts. Mon cœur, de son côté, essaye de sortir de ma poitrine par de puissants battements qui résonnent dans chacune de mes cellules.
— Le digestif de Madame est servi, susurre-t-elle d’une voix chaude à mon oreille.
— Que... ?
Nous sommes joue contre joue, son parfum m’enivre, un délicieux vertige me prend. Sans crier gare, elle happe mon lobe du bout des dents, me provoquant un frisson incontrôlable. Quand ses lèvres se joignent aux miennes, mon cerveau explose en un millier d’étoiles et je quitte la terre.
— Je suis tout à toi, ma princesse.
Sans retenue, telle une fleur prête à être cueillie, Mariam s’offre à moi. Depuis mon arrivée, je n’ai eu qu’une envie : la croquer, comme une louve affamée. Un besoin bestial et égoïste d’apaiser mes instincts primaires. Je n’avais pas conscience que quelque chose de plus fort, de plus grand était présent entre nous, ou je ne voulais pas le voir. Un sentiment refoulé qui me porte et m’effraie depuis le premier jour.
— Moi aussi, tu sais, j’ai très envie de toi, chuchote-t-elle à mon oreille.
— Mais... ?
D’un doigt, elle scelle mes lèvres, le temps n’est plus aux mots. Devant ce cadeau magnifique, je tremble comme une jeune fille à son premier rendez-vous et des larmes coulent sur mes joues.
— J’ai été trop vite ? Je suis désolée, ma princesse, on arrête si tu le souhaites ? dit-elle dans un mouvement de recul.
— Non, non, surtout pas ! répliqué-je, en la prenant dans mes bras.
Ma tête contre sa poitrine, j’écoute nos cœurs battre à l’unisson. A moi de trouver le courage de vaincre mes doutes, balayer mes craintes de ne pas être à la hauteur de son offrande.
En manque d’oxygène, j’inspire pour reprendre mon souffle, respirant ses effluves au passage comme une drogue. Je dois me lancer, le besoin est trop fort. Petit à petit, mes mains tremblantes glissent sur ses hanches à la rencontre de sa peau, me transmettre cette énergie qui me grise et me chauffe le sang depuis le premier jour. Elle soupire d’aise. Sous mes doigts, je sens son épiderme frémir. Sensation divine. Il lui provoque de petites décharges et augmente mon envie que je pensais à son paroxysme. Ma bouche à son tour, remonte son cou, déclenchant un ronronnement de plaisir de ma belle. Elle progresse, millimètre par millimètre, vers ses lèvres brûlantes de désir que je souhaite dévorer. Ce deuxième baiser fend la carapace que j’ai construite au fil des ans, il unit nos âmes et me procure un plaisir insoupçonné. Ce n’est plus un simple jeu entre adultes, mais un flot d’émotions pures qui nous transcendent.
Bientôt, avec une infinie douceur, elle me repousse et se redresse sous mon regard affolé. Qu’ai-je fait de mal ? Face à moi, ma maîtresse haletante reprend son souffle. Elle me lance un regard chargé d’un désir fou qui me pénètre et transforme mon corps en brasier.
— Viens ! susurre-t-elle en me tendant la main.
A cet instant, totalement conquise, j’irais au bout du monde si elle me le demandait. En quelques pas, la salle d’eau nous accueille pour une première étape.
— Laisse-moi m’occuper de toi, supplie-t-elle d’une voix douce.
D’une main caressante, elle me déshabille avec une lenteur calculée et happe de ses lèvres gourmandes chaque parcelle de peau qu’elle découvre. Je suis au paradis.
Sous la douche, dans un corps à corps sensuel, je m’autorise à effleurer son épiderme ruisselant. Mes doigts enduits de savon glissent sur sa peau d’ébène, suivant çà et là ses courbes magnifiques. Mais mon envie devient plus forte. Bientôt, ils s’enhardissent et descendent à l’assaut du fruit défendu, mais une main ferme m’arrête à son approche.
— Patience ma princesse, gémit-elle d’une voix rauque, prenons le temps.
J’ai vu son visage se crisper; le plaisir intense présent dans ses yeux, Mariam est au bord de l’explosion.
Une fois séchée, elle m’entraîne vers ma chambre, s’agenouille sur le lit, puis d’un geste de la main m’invite à la suivre. Je tremble encore, c’est nerveux, incontrôlable.
— Allonge-toi sur le ventre et ferme les yeux, s’il te plaît.
Je m’exécute, mais ne peux m’empêcher de lui jeter un regard étonné. Elle me sourit, frappe plusieurs fois dans ses mains et les frotte énergiquement pendant plusieurs secondes. Puis, avec délicatesse, elle les pose sur mes jambes et entreprend un somptueux massage. Avec lenteur, elle monte et redescend, allant toujours plus haut, s’attardant sur le bas de mes reins, s’arrêtant sur chaque point sensible. Transportée par ses caresses, je me perds, ne réalisant pas un instant la disparition de mes tremblements.
— Ça va mieux, ma princesse ?
— Mmmh, c’est prodigieux, dis-je en ronronnant de plaisir.
— Attends, je n’ai pas fini, reprend-elle d’une voix coquine.
Ses doigts de fée reprennent leur ouvrage, me provoquant de nouvelles ondes de volupté. Quand sa bouche entre dans la danse, surprise, j’ouvre de grands yeux et pousse un long gémissement. Elle aspire et mordille des zones que je ne pensais pas si sensibles, baisers insolents qui font me bouillir le sang. Au plus près de mon bijou, ses lèvres cannibales vont et viennent, mais, insolentes, le contournent avec malice. Ivres de caresses, mes chaînes se brisent. Dans un coin de mon esprit survolté, tapie dans l’ombre depuis notre rencontre, une idée nouvelle surgit comme une évidence. Voici le temps d’oser, de réagir avant la conclusion qui va m’emporter comme une vague et évacuer cette énergie intense qui a annihilé mes peurs et me transcende.
A moi de prendre le contrôle, de lui faire subir de doux assauts, délicatement, je la repousse et me redresse face à elle. Mariam me lance un regard surpris. A-t-elle compris le changement qui s’était opéré en moi ? Quand mes doigts remontent lentement ses cuisses, elle se fige et ferme les yeux. Puis avec gourmandise, j’attaque ses seins d’une bouche affamée, les happant et mordillant tour à tour.
— Doucement, ne fais pas ça, grogne Mariam en se tendant comme un arc, je n’en peux plus.
— Lâche prise, s’il te plaît, sois à moi.
— Tu as des préservatifs ? questionne-t-elle entre deux souffles.
Cette question hors de propos me stupéfie et par réflexe, je baisse les yeux vers son intimité. Aurait-elle un appendice que je n’ai point vu ?
— Heu oui, bien sûr. Pour homme ? confirmé-je, interloquée.
— Les femmes entre elles doivent également se protéger, tu sais, déclare-t-elle avec un grand sourire.
J’avoue que je ne me suis jamais posé la question. Prestement, je me retourne et fouille dans ma table de nuit où sont toujours présentes ces indispensables protections.
— En nous protégeant, nous sommes sûres que cette soirée restera un bon souvenir.
Mariam prend l’étui et le déchire avec ses dents.
— Donne ta main.
Je m’exécute, très curieuse de cette expérience. Elle la saisit et déroule la membrane sur mon index et mon majeur. Au premier abord, c’est assez déroutant et je bouge mes doigts en pouffant de rire.
— Ça a l’air de te plaire. Passons à la pratique, maintenant !
Sans préavis, elle me guide vers son entrejambe et j’entre en contact avec son intimité. Timidement, j’en découvre les contours. Mariam grimace et ferme les yeux; sa main se contracte sur mon poignet qu’elle n’a pas lâché. Quand mes doigts rencontrent son bouton d’amour, elle pousse un petit cri et ouvre de grands yeux.
— Doucement, je vais partir ! supplie-t-elle dans un souffle.
— Mmmh, il est énorme. Je ne savais pas qu’une femme pouvait avoir un clitoris aussi gros.
— Pour les cours d’anatomie, on verra plus tard, s’il te plaît.
A ces mots, une excitation particulière me saisit. Je me colle contre elle pour lui interdire le contrôle de ma main inquisitrice. Mon amante gémit crescendo, essaye de me repousser pour échapper à l’explosion, mais pas question de stopper. Du bout des doigts, je le roule et l’étire; son appendice grossit encore, c’est magique. Plus déterminée que jamais, mon autre bras passe dans son dos et la ceinture fermement, c’est moi qui mène la danse maintenant !
— Tu sais, il me plaît énormément ton digestif ! susurré-je, en lui mordillant l’oreille.
— Arrête, arrête, c’est trop fort, je n’en peux plus !
— C’est le but ma petite chatte, dis-je en accélérant le mouvement, laisse-toi aller, montre-moi tout le plaisir que je te donne.
Soudain, elle s’arc-boute, contractant tous les muscles de son corps. Les yeux au ciel, elle hurle son plaisir dans un long cri de délivrance. Un puissant orgasme qui a explosé entre mes doigts, instant d’extase où j’ai ressenti toutes les parcelles de son être vibrer au plus profond de moi. Mariam s’effondre sur le lit, secouée de spasmes. Pendant de longues minutes, nous restons lover l’une contre l’autre pour former qu’un seul corps.
— Milles mercis ma princesse, souffle-t-elle en couvrant mon visage de petits baisers, je n’ai jamais rien connu d’aussi fort.
Bientôt, une main caressante suit la courbe de mes reins; avec lenteur, elle descend sur mes fesses, remonte sur mon ventre et alterne d’un sein à l’autre; puis une bouche affamée mordille mes lèvres brûlantes de désir.
— A mon tour !
Nos ébats se sont finis tard dans la nuit. Épuisée par nos jeux incessants, chacune a souhaité donner toujours plus de plaisir à l’autre. Je ne pensais pas que les femmes pouvaient avoir autant de puissants orgasmes à la suite et je connais désormais les multiples utilisations d’un préservatif masculin.
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Photo de profil de ballhin
ballhin
20 octobre 2019 à 14:04
Merci, vos commentaires me vont droit au cœur.
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Répondre
reveur73
18 octobre 2019 à 22:47
Comment ne pas etre enthousiaste avec un tel recit!! La température monte crescendo!! On vit l'emotion des deux amies... c'est merveilleux!! On voudrait que cela ne s'arrete jamais, la tention sexuelle est si forte, l'émotion si présente... j'ai hate de lire la suite. Toute leur semaine va être palpitante, ...
Modifié 18 octobre 2019 à 22:49
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de flyx13
flyx13
18 octobre 2019 à 17:07
Enfin, elles ont franchi le pas, les deux coquines !

Belle entrée en matière, nul doute que ça en appellera d'autre (c'est un souhait purement personnel, j'avoue :P )
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Frederyc
Frederyc
18 octobre 2019 à 14:00
Fantasme, fantasme ... quel beau fantasme très bien écrit !
Soyez respectueux
Répondre

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