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✦ ballhin Julie et Mariam XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Julie et Mariam — Chapitre 3 · Faisons connassaince

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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ballhin
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Julie et Mariam

Chapitre 3 · Faisons connassaince

Dès notre entrée dans le restaurant, le serveur nous a accueillies chaleureusement et installées à une table discrète en fond de salle. Je suis choquée, il ne m'avait jamais proposé cela avec mes autres invités ! A-t-il remarqué quelque chose de spécial dans notre duo ?
Mariam caresse son téléphone du bout des doigts en feuilletant le menu. Quand le mien se met à vibrer rageusement sur la table, j'examine l'écran et grimace. Bon sang, j'aurais dû anticiper cet appel.
— Bonsoir maman, dis-je d'un ton laconique.
— Bonsoir, ma fille, tu vas bien ? J'entends de la musique, tu es où ?
Tous les lundis à vingt heures pile, ma mère m'appelle et me harcèle de questions. Elle trouve anormal que sa fille de vingt-six ans soit encore célibataire, une véritable obsession de sa part. Unie très jeune par ses parents à un inconnu fortuné, elle a toujours souhaité reproduire ce schéma avec sa progéniture. Sans succès.
— Au restaurant, maman. Oui, je vais bien, lâché-je, agacée.
— Avec un homme ? Je le connais ? reprend ma mère, infatigable.
— Non, maman, avec une amie. Je dois raccrocher, les plats arrivent.
— Et ton petit sapeur-pompier, tu ne le vois plus ?
— Je te l'ai déjà dit, maman : depuis des mois, il passait son temps à éteindre le feu de toutes les filles de Paris.
— Dommage, c'est un bel homme, et de bonne famille en plus.
Cette phrase déclenche un second soupir d'exaspération de ma part. En plus de vouloir absolument m'enchaîner ; pour ma mère, seul compte un mariage avec un homme catholique pratiquant et issu d'une famille aisée de préférence. Mon avis et surtout mon bonheur lui importent peu. Mon frère et moi avons été élevés avec ce genre de préceptes, et pas question d'avoir une prise de position opposée à la sienne ! « Dieu l'a voulu ainsi » est l'une de ses phrases fétiches qui closent tous les débats possibles en sa faveur. Pour autre exemple, je serai propriétaire de mon logement seulement le jour de mon passage devant Monsieur le Curé. Pour elle, c'est une dot, pour moi, juste du chantage.
— M'man, je dois te laisser !
— Eh bien, ce n'est pas demain que j'aurai des petits-enfants, moi !
Comme d'habitude, elle reste sourde à mes propos, répétant toutes les semaines les mêmes phrases. Face à moi, Mariam essaye d'ignorer la conversation, mais ne peut s'empêcher de pouffer de rire devant à cette mère possessive au possible. Contrariée, je pose mon smartphone sur la table. Son monologue, je le connais par cœur.
— Je suis vraiment désolée Mariam, chuchoté-je, en me penchant vers elle.
— Ce n'est pas grave, je ne bougerai pas d'ici avant d'avoir mangé une pizza, affirme-t-elle avec un petit sourire, les yeux plongés dans son sac à main.
Le serveur passe noter notre commande. L'air méfiant, il regarde l'appareil du coin de l'œil. Du bout des doigts, nous lui indiquons nos plats sur la carte, sans un mot.
— Julie, Julie ! Tu m'écoutes au moins ?
— Oui maman, dis-je, en saisissant mon mobile en main, mais je dois te laisser. Au revoir, m'man.
Pour une fois, je prends mon courage à deux mains et ne lui accorde aucun temps de réponse. Je raccroche et mets rapidement mon téléphone en mode avion. Enfin au calme, nous allons pouvoir profiter de cette soirée entre femmes. De son côté, Mariam extrait une petite boîte métallique de son sac. Elle la pose sur la table, ôte le couvercle avec délicatesse, puis avec le bout de sa cuillère, prélève quelques grammes d'une poudre brune et la verse dans son verre d'un geste précis.
— C'est quoi ? questionné-je, en examinant le contenant.
— Un mélange de plantes pour faciliter la digestion, c'est entièrement naturel.
— Tu achètes ça où ?
— C'est une production familiale, répond-elle avec fierté, un des passe-temps de ma mère. Tu en veux ?
— Pourquoi pas ?
— Je te préviens, le goût n'est pas top, mais c'est très efficace.
Mariam replonge sa cuillère dans la boîte et me verse une dose de poudre, puis remplit d'eau les deux récipients.
— À notre soirée, annonce-t-elle en levant son verre. Bois-le d'un trait, tu sentiras moins le goût !
Un peu tendue, j'attrape mon verre. La couleur marron-vert du breuvage obtenu ne me rassure pas ; mais maintenant, il serait malpoli de refuser. Je porte la boisson à mes lèvres en retenant une grimace et bois cul sec. Le goût n'est pas désagréable, finalement. Les yeux pleins de malice, Mariam se met à rire.
— Alors, tu en penses quoi de ma potion ?
— C'est assez inhabituel, mais ce n'est pas désagréable ! J'ai senti de la menthe, du fenouil et...
— Je suis incapable de te donner toute la composition, c'est un secret de ma mère. Par contre, il y a un peu de gingembre, c'est plein de vitamines, mais ça fouette un peu le sang.
— Oh ! bredouillé-je, bêtement.
C'est bien ma veine, comme si je n'étais pas assez survoltée, ce soir ! Notre échange est coupé net par l'arrivée de nos pizzas. Cette pause sera l'occasion idéale pour trouver un nouveau sujet de discussion avec mon invitée. Il y a longtemps que je n'ai pas eu de dîner amical et j'avoue que sortie de mon boulot et des séries télé, j'ai une conversation plus que limitée. Depuis quelques années, à part mes virées nocturnes avec Paul ; je partage surtout, certains week-ends, avec des hommes me voyant plutôt comme un dessert qu'ils aimeraient fourrer au sirop de corps d'homme qu'une bonne copine pour s'épancher sur leurs états d'âme. Cela rend le vide affectif autour de moi encore plus grand. Mariam est un petit rayon de soleil dans ma vie fade, mais cet aparté prendra fin avec son stage en fin de semaine, ensuite, loin, l'une de l'autre, seuls les souvenirs resteront.
— Excuse-moi si je suis trop curieuse, et ne réponds pas si cela te gêne. De quelle origine es-tu ?
— Ben, Bretonne ! Le Guennec, il n'y a pas plus breton comme nom.
Je l'ai bien cherchée, avec ma satanée curiosité. Mariam laisse passer quelques secondes, je ne sais plus où me mettre.
— Bon, sans blaguer, reprend-elle avec un grand sourire, je suis d'origine malienne. Mon grand-père a participé à la Deuxième Guerre mondiale, à l'époque où le Mali était une colonie française. Bref, je passe le côté historique. Il a immigré en Bretagne dans les années 50, donnant naissance à ma mère. Plus tard, celle-ci est tombée amoureuse d'un beau Breton et a mis au monde deux filles, dont tu as un spécimen devant toi.
Sa réponse me donne envie d'en connaître davantage sur sa vie. Je comprends mieux son caractère bien trempé ; étant jeune, la petite Mariam a dû en voir de toutes les couleurs. Être une enfant métisse dans un petit village de province à cette époque a dû être une épreuve. La mienne, à côté, est d'une affligeante banalité. Née avec une cuillère en or dans la bouche, si j'occulte ma crise d'adolescence. Mon seul vrai combat a été de quitter le carcan familial en ayant refusé, à de multiples reprises, d'être mariée à de « beaux partis » choisis par ma charmante mère. Un véritable exploit applaudi par Jérôme, mon unique grand frère.
* * * *
Dans le couloir menant aux chambres, nous nous regardons sans un mot. Si j'occulte l'appel de ma mère, cette soirée s'est déroulée à merveille, j'ai été troublée par la complicité naturelle qui s'est installée entre nous. À chacun de nos échanges, j'ai eu la sensation de connaître ses pensées les plus profondes. Dès que je commençais une phrase, elle la finissait. Nous étions comme connectées, je ne trouve pas d'autre mot pour définir ce moment. Quand elle s'est confiée à moi, j'ai ressenti sa fragilité, souffert de ses peines et de sa solitude. J'admire cette mère qui a passé la majeure partie de sa vie à oublier de vivre pour elle ; un véritable sacrifice pour ses amours, comme elle les appelle tendrement. Je me suis demandé sur qui, cette femme qui doit toujours paraître sans faille, elle se repose quand son moral est au plus bas. Quand elle a mal. Et quand sa solitude l'étouffe, à qui se confie-t-elle ?
Dans cet espace étroit où nous sommes si proches, je ressens toujours cette excitation latente qui ne demande qu'à s'exprimer de nouveau. Chacune attend un geste de l'autre. Au final, c'est Mariam qui saute le pas et se penche vers moi pour effleurer ma joue du bout des lèvres. Un frisson me saisit à ce contact si délicat et pourtant amical. Une envie de lui sauter au cou me taraude.
— Bonne nuit, Julie.
— Bonne nuit, Mariam, soupiré-je, déçue.
— J'ai été heureuse de passer cette soirée avec toi, tu sais, merci.
— Moi aussi, confirmé-je, dans un souffle.
Si j'avais eu une once de courage, une minuscule, je lui aurais dit : reste encore un peu, s'il te plaît. J'ai très envie de continuer nos échanges et de poursuivre cette merveilleuse soirée, mais je n'ai pas une telle témérité. Elle entre dans sa chambre, laissant la porte entrouverte, comme une invitation. Cela me démange de la rejoindre. Ce soir, un sentiment étrange et inconnu a rempli mon cœur pour cette femme qui donne tant sans espoir de retour, une réelle empathie, c'est déroutant.
Une analyse s'impose rapidement. Je suis toujours hantée sur mon besoin de la toucher. J'entre dans ma chambre à mon tour et tombe sur mon lit, les bras en croix. J'ai trop de données en tête pour avoir l'esprit clair. Je me sens légère, telle une plume soulevée par le vent. Cette journée a apporté quelque chose dans ma vie monotone, plus de maturité peut-être. Mais cette explosion d'émotions est trop forte, les images de l'épisode de la douche tournent dans ma tête. Aussitôt, mes mains glissent sur mes seins provoquant des vagues de plaisir, puis la respiration haletante, elles plongent avec délice au creux de mes reins. Après deux orgasmes intenses, Morphée a raison de moi et me prend dans ses bras.
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ballhin
7 octobre 2019 à 18:51
Merci de vos commentaires.
Il va falloir patienter pour avoir la réponse...
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de flyx13
flyx13
7 octobre 2019 à 10:23
Bon chapitre qui met en relief un peu de l'histoire des deux héroïnes. C'est bien d'en savoir un peu plus sur Mariam, une bretonne d'origine malienne, c'est peu commun et ça doit faire un mélange exquis :P

Mais la question est : combien de temps va tenir Julie avant de faire de Mariam son quatre heures ? Vu que la belle métisse lui a déjà arraché deux orgasmes sans même la toucher, j'imagine même pas ce que ça donnera quand...
Soyez respectueux
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Photo de profil de Julienjadore
Julienjadore
7 octobre 2019 à 00:21
J'aime bcp la manière dont tu écris
Il se dégage bcp d érotisme. ..
Encore....
Soyez respectueux
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