Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L’amnésique (adoucit les mœurs) — Chapitre 8
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L’amnésique (adoucit les mœurs)
Chapitre 8
On frappe alors à la porte. L'attitude de Marie-Charlotte change alors du tout au tout. Elle redevient souriante, presque futile. Personne ne pourrait se douter de l'importance de notre conversation.
— Tiens, voilà votre thé. Je vais en profiter pour vous présenter Vanessa.
Revoilà donc la petite brune de tout à l'heure, et cette fois, j'ai tout loisir de la détailler. La trentaine, brune aux yeux noisette, un petit nez retroussé et une allure résolument friponne. Pourtant, tout cela m'avait totalement échappé à l'étage au-dessous. L'ivresse de l'altitude vous ferait-elle ouvrir les yeux ? Mais pour le moment, elle est surtout encombrée d'un plateau grand comme une table de ping-pong sur lequel la moitié de l'argenterie de la maison a dû être déposée. Marie-Charlotte lui sourit.
— Dites-moi, Vanessa, avez-vous réfléchi à la proposition que nous avions rapidement évoquée ?
Puis, se tournant vers moi :
— Pendant des années, Vanessa a été votre principale maîtresse et, me semble-t-il, reprendre votre relation là où elle en était serait sans doute un excellent moyen de vous aider à recouvrer la mémoire...
J'adore le plan de l'épouse qui propose à son mari de renouer avec sa maîtresse après de longues années. De plus, c'est présenté comme si cela coulait de source... Si je n'étais pas déjà assis, j'en serais, une fois de plus, sur le cul.
— Mais, poursuit-elle, Vanessa a actuellement un partenaire attitré qu'elle fréquente régulièrement. Je comprendrais tout à fait qu'elle souhaite en rester là.
Dans les yeux de la dénommée Vanessa, je lis tout un tas d'émotions. De la honte, de la fierté, de l'amusement, des regrets, peut-être même un peu d'amour et pas mal de coquinerie, aussi. Je persiste à me demander si c'est du lard ou du cochon.
— Et Monsieur, qu'en dit-il ? J'ai dix ans de plus, vous savez... Je ne sais s'il voudra encore de moi.
Cette fois, c'est officiel : je suis à la rue. Réfléchissant à mille à l'heure, j'essaie de pas sombrer corps et biens.
— Si nous avons été intimes, il est probable que vous connaissez des détails de ma vie que j'ai oubliés et que mon épouse ignore totalement. Vous pouvez peut-être m'aider à combler ce grand vide...
Est-ce un sourire qui vient de s'afficher sur le visage des deux femmes ?
— ... cependant, sachez que cela ne vous oblige absolument pas à coucher avec moi. Vous êtes ravissante, mais c'est plus de vos souvenirs que de votre corps dont j'ai besoin. Est-ce entendu ?
Marie-Charlotte acquiesce.
— Cela va sans dire. Alors, Vanessa, votre réponse ?
— Je serais ravie de vous aider, Monsieur.
— Merci, Vanessa.
— Je serais ravie de vous aider, Monsieur.
— Merci, Vanessa.
Là-dessus, elle s'éclipse silencieusement. Je fulmine.
— Vous pouvez m'expliquer ?
— Quoi ?
— Je rêve, ou vous venez de pousser cette fille dans mes bras ?
— Quoi ?
— Je rêve, ou vous venez de pousser cette fille dans mes bras ?
Quelque chose me dit qu'elle s'attendait à cette question et qu'elle en avait longuement préparé la réponse.
— Il y a dix ans, vous ne faisiez pas autant de chichis pour la fourrer de toutes les façons possibles, et cela était quasiment de notoriété publique. Vous l'aviez même emmenée dans notre résidence aux îles Maldives ! Vous voulez que je vous ressorte la une des journaux à scandales de l'époque où on la voit, elle et vous, en train de batifoler à loilpé sur la plage ?
Con, je crois bien que je n'en ai pas que l'air, mais aussi les paroles.
— Cela dit, vous avez raison : rien ne vous oblige à la baiser si vous n'en avez pas envie. Mais si l'on veut faire croire que vous avez subitement recouvré la mémoire, il est hors de question que vous ne vous affichiez pas un minimum avec elle.
— C'est entendu. Mais puisque nous en sommes au chapitre des exigences, je vais vous en confier deux autres : dans un premier temps, j'exige de rencontrer Edgar, et dans un second, votre belle-fille.
— C'est entendu. Mais puisque nous en sommes au chapitre des exigences, je vais vous en confier deux autres : dans un premier temps, j'exige de rencontrer Edgar, et dans un second, votre belle-fille.
Elle manque de s'étrangler.
— Patricia ? Hein ? Edgar, c'est sans souci, mais elle... Et puis surtout, pourquoi ?
— Parce que je connais votre version à vous ; je veux également connaître la sienne. Si vous avez des principes, vous pouvez comprendre que j'en ai également quelques-uns.
— Mais elle est aux États-Unis !
— Parce que je connais votre version à vous ; je veux également connaître la sienne. Si vous avez des principes, vous pouvez comprendre que j'en ai également quelques-uns.
— Mais elle est aux États-Unis !
Évidement, Mademoiselle suit ses études dans l'une de ces universités huppées où les frais de scolarité nécessitent une carte bleue avec refroidissement liquide.
— Je m'en fous. Vous lui affrétez un jet privé, vous vous débrouillez comme vous voulez, mais je veux la rencontrer au plus vite. Je vous rappelle que, selon vos propres dires, le temps presse.
Je n'ai pas encore fini ma phrase qu'elle est déjà en ligne. Je note au passage que si, dans la jet-set, il semble être assez tendance de se faire fabriquer des coques de portable incrustées d'or et de pierres précieuses, le sien est certes un modèle haut de gamme, mais tout ce qu'il y a de plus classique, ce qui dénote que son état d'esprit est peut-être celui qu'elle prétend avoir. Quelques mots en anglais, un second appel, et elle raccroche.
— J'ai chargé quelqu'un de faire le nécessaire. Par contre, elle voudra probablement vous rencontrer à Genève.
— Ah ? Et pourquoi ?
— Parce que nous y avons une villa sur le bord du lac, et qu'elle ne veut pas mettre les pieds ici. Elle me déteste, vous vous souvenez ?
— Ah ? Et pourquoi ?
— Parce que nous y avons une villa sur le bord du lac, et qu'elle ne veut pas mettre les pieds ici. Elle me déteste, vous vous souvenez ?
C'est quoi, l'expression consacrée ? Je crois que c'est « Se remettre d'une nuit agitée »... Une fois les domestiques rentrés chez eux ou dans leurs appartements, Marie-Charlotte a tenu à me faire personnellement visiter son château, en me précisant que la semaine qui s'annonçait risquait d'être la plus longue de sa vie, mais que, pour le moment, elle voulait tout oublier.
Et ça, pour oublier, on a oublié. Elle m'a sucé dans la bibliothèque, devant quelques milliers de livres anciens. À l'aide de ma langue, je l'ai fait jouir une première fois sur la table de la salle de réception, prévue pour accueillir des centaines de convives. Je l'ai prise à même le parquet au beau milieu de la salle de bal, après avoir pris soin d'illuminer l'endroit de ses dizaines de lustres de cristal. Elle a tenu à m'offrir ses reins dans la chapelle tout en faisant mine de s'en remettre à tous les saints. Ensuite, elle a tenu à me faire visiter la salle de torture, bien que je doute qu'il n'y en a jamais eu dans un château datant de la Renaissance comme celui-ci. Elle aurait aimé que je sorte le martinet, mais je me suis contenté de lui offrir deux orgasmes successifs après l'avoir attachée sur une croix de Saint-André. Et pour finir, elle a tenu absolument à ce que je me répande sur son visage dans le carrosse doré de la châtelaine tout juste restauré.
Quand, totalement à bout de forces, nous nous sommes enfin lovés dans l'immense lit à baldaquin, il devait être plus de trois heures du matin. Épuisé autant par les émotions que par l'insatiable appétit de mon hôtesse, j'ai sombré dans les limbes.
C'est la bonne odeur du café frais qui me sort des bras de Morphée. La vue qui s'étale devant moi au travers des fenêtres est remarquable ; elle donne sur le parc et porte à des kilomètres. Cependant, tout cela n'est rien en comparaison du sourire que m'adresse Vanessa, rayonnante.
— Bonjour Monsieur. Bien dormi ?
— Bien dormi oui, mais pas longtemps.
— Bien dormi oui, mais pas longtemps.
Tandis qu'elle sourit, je jette un œil sur ma montre. Dix heures.
— Madame a demandé à ce que l'on vous réveille à cette heure : vous avez rendez-vous avec Edgar à onze heures et demie. Un hélicoptère va venir vous chercher vers onze heures pour vous conduire au siège social.
C'est-à-dire à la Défense. Bigre, hélicoptère ou pas, ce n'est pas la porte à côté. À mon avis, l'hélico en question ne doit pas être un vague coucou d'aéro-club.
— Ah ? Et Madame, où est-elle ?
— Dans l'avion pour Singapour, vraisemblablement. Elle devait y négocier un gros contrat avec les autorités du pays.
— Dans l'avion pour Singapour, vraisemblablement. Elle devait y négocier un gros contrat avec les autorités du pays.
Ah d'accord... Pendant les travaux, la vente continue.
— D'accord. Dans ce cas, Vanessa, vous allez me rendre un petit service : il me semble avoir vu une Ducati rouge en arrivant hier. Vous savez à qui elle est ?
— Oui, bien sûr : c'est celle de Christian, l'un des jardiniers.
— Oui, bien sûr : c'est celle de Christian, l'un des jardiniers.
Je griffonne quelques mots et une adresse sur le bloc-notes de la table de nuit.
— Vous allez lui dire de se rendre à cette adresse et de me chercher cette référence. Et dites-lui bien que s'il me la ramène avant que l'hélicoptère décolle, je me charge de lui offrir moi-même une 1198.
— Une quoi ?
— Une 1198. Ne vous inquiétez pas : lui, il saura ce que c'est. Allez, filez vite et revenez ensuite.
— Une quoi ?
— Une 1198. Ne vous inquiétez pas : lui, il saura ce que c'est. Allez, filez vite et revenez ensuite.
Le temps de tourner la tête, je l'entends déjà courir dans l'escalier. Et je n'ai pas encore trempé mon croissant dans ma tasse de café que déjà retentit le grondement caractéristique d'un bicylindre italien et des graviers qui volent. On sait ce que l'on veut dans cette maison.
Nouveau grattement à la porte, voilà Vanessa qui revient.
Nouveau grattement à la porte, voilà Vanessa qui revient.
— Voilà, votre commande est en route. Autre chose, Monsieur ?
— Absolument. Dites-moi, et avec vous, j'ai rendez-vous quand ?
— Absolument. Dites-moi, et avec vous, j'ai rendez-vous quand ?
Elle sourit, le regard aussi amusé que gourmand.
— Cet après-midi, si vous le voulez. Ah, et je voulais vous dire que, quoi que vous décidiez de faire avec moi, je serai heureuse de vous aider à retrouver la mémoire.
Je suis sur le point de lui demander de m'en dire un peu plus lorsqu'elle me coupe :
— Je crains que votre emploi du temps soit serré, Monsieur. À tout à l'heure.
Déjà, elle a tourné les talons.
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