Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L’amnésique (adoucit les mœurs) — Chapitre 10
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L’amnésique (adoucit les mœurs)
Chapitre 10
Je ne suis pas dans l'ascenseur que j'entends grésiller mon biniou. C'est beau, la technologie... Edgar est visiblement – ou plutôt audiblement – en ligne avec Marie-Charlotte.
L'ami Edgar a gobé le poisson et certainement un bon bout de la ligne : il n'a aucun doute sur mon identité. Pour lui, je suis Claude, son ami d'enfance, et ce n'est pas le seul point positif, puisqu'il ne mentionne à aucun moment la remise d'un quelconque colis, synonyme pour moi d'un traquenard.
Par contre, ils appréhendent mon entrevue avec la fifille Dubreuil qui, d'après le portrait que l'on m'en a brossé, oscille entre la reine des emmerdeuses et l'impératrice des chieuses.
L'ami Edgar a gobé le poisson et certainement un bon bout de la ligne : il n'a aucun doute sur mon identité. Pour lui, je suis Claude, son ami d'enfance, et ce n'est pas le seul point positif, puisqu'il ne mentionne à aucun moment la remise d'un quelconque colis, synonyme pour moi d'un traquenard.
Par contre, ils appréhendent mon entrevue avec la fifille Dubreuil qui, d'après le portrait que l'on m'en a brossé, oscille entre la reine des emmerdeuses et l'impératrice des chieuses.
Bah, on verra bien... De toute façon, ils ont raccroché.
Qui dit boursicoteur dit journaux financiers, et qui dit journaux financiers dit encarts publicitaires parfaitement ciblés. Bref, une demi-heure plus tard et une copie du manuscrit sous le bras, je suis dans les locaux de White Chapel, une agence internationale de détectives privés renommée dans le monde des affaires. Ici, pas de grand brun ténébreux en imper couleur de muraille et sentant l'alcool dans un burlingue enfumé, mais un immeuble bourdonnant d'activité.
— Bonjour, Monsieur Dubreuil. Enchanté de vous connaître.
Chapeau : je ne me suis pas présenté, et l'homme en face de moi sait pourtant qui je suis. Je m'en étonne.
— Je suis donc aussi connu que cela ?
— Savoir est notre métier, Monsieur, sourit-il. Que puis-je pour vous ?
— Savoir est notre métier, Monsieur, sourit-il. Que puis-je pour vous ?
Oh, pas grand-chose, si j'ose dire. Vérifier que les faits qui sont relatés dans ce bouquin sont avérés ou pas. Un bon moyen de savoir qui j'étais et si je ne suis pas en train de faire enfumer en grande largeur par Marie-Charlotte et consorts. Et à ce sujet, réunir un maximum de renseignements sur l'amoureux transi, l'épouse modèle et la fille prodigue me semble indispensable...
— Bien entendu, personne, et à commencer par les principaux intéressés, ne doivent avoir vent de cette enquête. Je peux compter sur vous ?
— Cela va sans dire, Monsieur. Et dans quel délai avez-vous besoin de ces informations ?
— Cela va sans dire, Monsieur. Et dans quel délai avez-vous besoin de ces informations ?
Dans ce genre de situation, la tradition voudrait que l'on réponde « pour avant-hier » mais je préfère passer mon tour.
— Dans une semaine jour pour jour, tout cela ne servira plus à rien.
— Je comprends. Vous recevrez donc toutes les informations que nous collecterons en temps réel sur un mail sécurisé. Cela vous convient-il ?
— Tout à fait...
— Je comprends. Vous recevrez donc toutes les informations que nous collecterons en temps réel sur un mail sécurisé. Cela vous convient-il ?
— Tout à fait...
Tandis que je ressors du bâtiment, je cherche un moyen de pouvoir consulter ce fameux manuscrit, et de préférence sans que personne ne regarde au-dessus de mon épaule. Et contre toute attente, c'est de mon estomac qu'émane la solution.
C'est donc devant un banal kebab que je me lance dans la lecture du chef-d'œuvre. Si comme c'est probable, je suis surveillé, ils doivent bien se marrer, là-haut. Je suis potentiellement l'un des hommes les plus riches du monde et je déjeune dans un restaurant turc...
La lecture de l'ouvrage ne m'apprend pas grand-chose qui puisse m'être utile, à l'exception de quelques détails concernant mon ex-épouse et fifille. Si d'aventure cela est vrai, il me semble que mon entrevue avec Patricia va être assez réjouissante.
Dans l'hélico, je me suis permis par correction d'appeler Vanessa pour l'informer de mon retard. Celle-ci en semble fort surprise ; il semblerait que s'excuser n'était pas dans les habitudes du vrai Claude Dubreuil. Un vrai con ? C'est bien possible, et ce que je viens de lire à son sujet n'est pas souvent flatteur. Mais même si cela rendrait mon personnage plus crédible, je refuse d'avoir ce genre de comportement. Finalement, cela peut être pratique, l'amnésie.
La demoiselle m'attend tout près de l'héliport, situé à une centaine de mètres tout au plus de l'entrée du château. Je m'étonne donc de la voir au volant d'une voiture de golf.
— Je vous remercie, Vanessa, mais je crois encore pouvoir marcher.
Elle sourit.
— Non, mais ce matin, nous étions convenus d'un rendez-vous.
Bigre ! Cela m'était totalement sorti de l'esprit.
— Ah ? Et où allons-nous ?
— Essayer de renouer avec le passé...
— Essayer de renouer avec le passé...
Dans le torchon du journaliste, il est souvent question d'un mystérieux pavillon de chasse dont personne ne sait à quoi il ressemble. Par contre, on a une idée assez précise de la nature du gibier qui était chassé.
Cela fait un bon quart d'heure que nous zigzaguons au milieu des frondaisons lorsque la route se met soudain à s'élever avant de déboucher sur une immense clairière. Là, à une bonne centaine de mètres et surplombant la plaine, apparaît un chalet de rondins... Ce serait donc cela, le fameux pavillon de chasse dont il est si souvent question ? Si l'ensemble ne se démarque pas par sa taille, il n'en demeure pas moins que la façade, intégralement constituée de panneaux de verre, doit offrir un sacré panorama lorsque l'on se trouve à l'intérieur. Je note, même si la saison ne s'y prête pas, la terrasse ainsi que la piscine aux dimensions visiblement prévues pour deux. Ce pavillon est un vrai petit nid d'amour, en fait.
Quelques pas sur la terrasse, et avant même d'en avoir franchi le seuil, j'ai une vue assez précise de l'agencement du lieu. En haut, c'est clair, une mezzanine où se trouve probablement le paddock. À droite, face à la baie vitrée, une table, deux chaises et un canapé de toile écrue. Derrière ce petit coin-repas, et le surplombant de deux marches, une kitchenette avec vue sur le parc. À gauche de l'entrée, ce qui m'a tout l'air d'être l'accès à la piscine et également à la salle de bain qui me semble bien, elle aussi, être intégralement vitrée. Vanessa s'amuse de ma surprise.
— Le parc avoisine les cent hectares, totalement clôturés. Ne vous inquiétez pas, il y a peu de chances que nous soyons surpris par des promeneurs.
En fait de promeneurs, j'aperçois une biche et son faon dans le lointain. Et à la lisière du bois, sur la droite, quelques familles de lapins doivent avoir élu domicile. On peut difficilement faire plus bucolique. J'attrape Vanessa par la manche.
— Je ne sais ce que nous avons fait ici même par le passé, mais je vous rappelle que rien ne vous oblige à quoi que ce soit.
Elle sourit.
— Je le sais, Monsieur... Et sachez que ce n'est que de mon propre chef que j'ai décidé de vous emmener ici...
Visiblement très émue, elle poursuit.
— ... en souvenir du passé. Et, se reprend-elle, cela vous aidera peut-être à vous souvenir de nous... Allez, assez discuté, entrons.
Une petite cuisine en surplomb et donc, logiquement, une rambarde pour séparer la pièce. Et tout aussi logiquement, un poteau de bois pour soutenir ladite rambarde sur laquelle Vanessa vient de s'appuyer. Là, j'assiste à un petit manège assez inattendu : un pied sur la première marche de l'escalier, l'autre sur la seconde, elle retrousse sa jupe, faisant apparaître une paire de bas top, mais surtout une admirable paire de fesses. Comme Vanessa porte en plus des talons hauts, le tableau est assez réjouissant.
— Dites-moi, Vanessa, c'est une habitude dans cette maison de se balader le cul à l'air ?
Elle tourne alors la tête vers moi.
— Je suis entrée à votre service à dix-neuf ans. Un mois plus tard, vous me culbutiez sur la table de la cuisine du château et, ce jour-là, vous m'avez dit que vous ne vouliez plus jamais me voir avec une culotte. Depuis ce temps, je n'en porte plus...
Quelque part dans cette affaire, il y a un côté logique puisqu'il semblerait que Claude Dubreuil ait servi la même salade à Marie-Charlotte.
— Et là maintenant, qu'attendez-vous de moi ?
— Monsieur avait coutume, dès que nous étions entrés, de venir m'enculer ici même. J'avais même espéré que vous vous en rappelleriez.
— Monsieur avait coutume, dès que nous étions entrés, de venir m'enculer ici même. J'avais même espéré que vous vous en rappelleriez.
Je me rapproche alors d'elle, et sur le ton de la confidence, lui glisse à l'oreille :
— Rajustez-vous, Vanessa. Vous n'y êtes pas obligée.
Elle s'insurge :
— Et si moi, je vous le demande ?
Décidément, il s'en passe de belles dans les hautes sphères !
— Comme vous voudrez... Mais je vous préviens : je ne sais comment se comportait l'ancien Claude Dubreuil, mais celui que vous avez devant vous, là, il n'encule pas. Quelquefois, si vous lui demandez et uniquement si vous lui demandez, il sodomise, mais il n'encule pas.
Sa réponse est désarmante :
— Eh bien, sodomisez-moi. D'abord, j'en ai envie et ensuite, qui sait, cela décoincera peut-être votre mémoire.
Sympa et inédit ça, comme thérapeutique. Faudra à l'occasion demander leur avis aux spécialistes de la débloque, et pourquoi pas se renseigner auprès de la Sécu pour savoir si elle est prête à dégager un budget pour financer le projet.
— Comme vous voudrez...
Bon en fait, Vanessa est ravissante, et la perspective de la prendre est très loin d'être une corvée. Alors puisqu'elle semble tellement y tenir, je m'agenouille derrière elle et, écartant avec douceur ce magnifique cul offert, je m'empresse de lui administrer une feuille de rose de derrière les fagots. Ma langue glisse sur le petit œillet, et celui-ci se met alors à palpiter comme s'il était soudain animé d'une vie propre...
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