00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Louist L’amnésique (adoucit les mœurs) XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

L’amnésique (adoucit les mœurs) — Chapitre 12

10 minutes
2.2k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Louist
Histoires publiées
29
Abonnés
19
J'aime cumulés
2k

L’amnésique (adoucit les mœurs)

Chapitre 12

Même si l'alerte semble levée, il me semble bon d'en avertir Marie-Charlotte. Seulement, elle est toujours à Singapour, et je n'ai aucune idée du décalage horaire. Je préfère prendre le risque de la réveiller... Pas manqué : c'est une voix pâteuse qui me répond.
— Allô, oui ?
— Désolé de vous réveiller, Marie-Charlotte, mais il me semble que nous ayons un problème.
— Ah ? Lequel ?
— Vanessa pense que je ne suis pas Monsieur Dubreuil.
La perspective ne semble pas l'émouvoir plus que cela.
— Ah ? Et qu'est-ce qui lui fait penser cela ?
— Il paraît que votre mari était beaucoup moins bien équipé que moi...
À l'autre bout du fil, je l'entends éclater de rire.
— Ah oui, ça c'est sûr, y a pas photo !
Puis, après un silence, mais toujours sur le même ton :
— On ne vous a jamais dit que votre queue vous perdrait ?
Après un autre éclat de rire, elle redevient sérieuse.
— Ne vous inquiétez pas, je la connais bien. Cependant, je m'en vais l'appeler de ce pas, on ne sait jamais. Ah, puisque je vous ai au téléphone, cela tombe bien : j'attends confirmation, mais je crois que tu pourras rencontrer ta chère belle-fille demain soir à Genève. Bonne nuit...
À peine un quart d'heure plus tard, j'entends gratter à ma porte. Gagné, c'est Vanessa.
— Oui ?
— Je viens d'avoir votre épouse au téléphone ; elle m'a demandé de garder le silence, au moins pour la semaine. C'était déjà mon intention et je vais m'y tenir.
— Je vous en remercie, Vanessa, c'est très aimable à vous.
Elle sourit.
— Du coup, je me disais... Madame n'étant pas là, n'y aurait-il pas une place pour moi dans votre lit ?
Décidément, elle a de la suite dans les idées, cette petite...
Tandis qu'elle s'endort dans mes bras, je me demande avec un sourire si je ne vais pas plutôt faire le nécessaire pour rester au château en tant que Claude Dubreuil, quitte à confier la gestion de « mon » entreprise à ma charmante épouse. Je ne sais si ma santé y résistera, mais qu'importe... Quant à ce pauvre Edgar, je suis désolé, mais cela fait dix ans qu'il se la met sur l'oreille ; il pourra bien attendre encore quelques années de plus.
C'est le grognement de mon téléphone qui me fait émerger des vapes. Un coup d'œil circulaire : Vanessa n'est pas là. Est-elle partie prendre une douche ou a-t-elle simplement repris son service ? Je m'inquiéterai de la chose plus tard, puisque je viens de recevoir une rafale de mails provenant de White Chapel. Je leur avais demandé de m'envoyer les infos au fur et à mesure qu'ils les obtiendraient, et je ne suis pas déçu.
Beaucoup de détails sans grande importance, comme la preuve que les photos de Claude Dubreuil en pleine action avec une certaine Vanessa n'ont pas été prises aux Maldives, mais aux Seychelles. À côté de cela, du très lourd concernant notamment mon premier mariage et la naissance de Patricia. Je n'ai pas fini de tout lire en détail qu'une demoiselle que je connais désormais assez bien entre dans la pièce, m'apportant mon petit-déjeuner. Je lui fais signe de s'asseoir sur le lit, ce qu'elle refuse. Je m'en étonne.
— C'est-à-dire que... Il faut d'abord que je sache comment vous comptez vous rendre à Genève pour le communiquer à Georges. Après, je serai toute à vous.
Je réfléchis quelques instants.
— En train. Prenez-moi un billet de TGV et cela ira très bien.
— Je ne vous réserve donc pas d'avion ?
— Non, je vais prendre le train. Je préfère.
Bien entendu, le voyage sera plus long, mais cela me donnera le temps de lire mes mails en détail sans être dérangé. Et puis, même si je m'apprête à offrir une nouvelle séance de radada à Vanessa, cela me permettra de dormir un peu pendant le trajet. Et de cela, j'en ai bien besoin !
Il est quasiment dix-huit heures quand j'arrive en gare de Genève-Cornavin. Je me rappelle être venu ici sous le patronyme de Michel Slotinsky et, autant que je m'en souvienne, la gare n'était pas à ce point fliquée... Est-ce parce qu'une huile quelconque va débarquer, ou y a-t-il des risques d'attentats ? Je n'en sais rien, mais les quais sont blindés d'uniformes.
Quel accueil ! Je n'ai pas posé le pied sur le sol helvétique qu'une armée de condés me saute dessus et me menotte. Qui a dit que les Suisses étaient lents ? Eh bien, je les invite à venir vérifier si c'est vrai.
Déjà je suis emmené lorsque je reconnais un visage, même si je ne l'ai vu jusque-là qu'en photo : Patricia. Elle est accompagnée d'un type en uniforme de parade, et elle porte un gilet pare-balles.
— C'est cet homme, Mademoiselle ?
— Tout à fait, Monsieur. Cet homme est un imposteur, il n'est pas mon père.
On aura beau dire et beau faire, rien ne ressemble plus à une cellule qu'une autre cellule, qu'elle se situe en France, en Suisse ou même probablement au Maboulistan inférieur. Tout comme les bureaux, d'ailleurs... Par contre, spécialité suisse, c'est un commissaire de gendarmerie qui s'adresse à moi.
— Vous reconnaissez les faits, Monsieur ?
— Je suis amnésique. Et cela, Patricia le sait très bien. C'est aussi pour tenter d'en apprendre un peu plus sur moi-même que je voulais la rencontrer.
— C'est faux ! Tout ce que tu veux, c'est me piquer mon héritage, salaud ! Et tu n'es pas mon père !
Naturellement, c'est Patricia qui vient de hurler. Le commissaire reprend :
— Donc, si je comprends bien, vous n'êtes pas certain d'être son père ; et Mademoiselle, quant à elle, affirme que vous ne l'êtes pas ?
Je hausse les épaules. Il me paraît difficile de dire le contraire.
— Et comment allons-nous faire pour nous nous en assurer ?
— C'est facile, intervient-elle, il suffit de faire un test ADN et là, nous serons fixés.
Je souris. L'occasion est trop belle.
— Voudriez-vous prendre le téléphone qui se trouve dans ma poche intérieure, commissaire ?
Comme ils ne m'ont pas enlevé les pinces depuis la première seconde de mon arrestation, y compris en cellule, personne n'a pris la peine de me faire les poches. J'explique donc à mon interlocuteur le cheminement pour accéder à mes mails, et celui que je compte bien lui faire lire.
— Tous ces mails émanent de White Chapel qui, comme vous le savez, ne raconte pas souvent n'importe quoi. Vous pourrez donc vérifier la véracité de mes affirmations.
D'après le bouquin du journaliste et confirmé par White Chapel, il semblerait que Claude Dubreuil filait le parfait amour avec celle qui n'était pas encore son épouse depuis pas mal de temps lorsqu'elle a décidé de partir en mission humanitaire pendant un an. Infirmière de son état, la cause aurait pu être honorable si, en plus de l'avoir laissée seule et quasiment sans nouvelles pendant des mois, elle n'était pas tranquillement rentrée la bouche en cœur avec un polichinelle dans le placard. Bon prince, mais surtout raide dingue de cette nana, Claude Dubreuil avait quand même accepté de l'épouser et, surtout, de reconnaître la petite Patricia.
Leur histoire a duré grosso modo cinq ans avec quelques hauts et pas mal de bas, jusqu'à ce que sa chère et tendre reparte sans prévenir en opération, laissant la gamine seule avec son père adoptif. Seulement, la belle semblait avoir une fâcheuse tendance à confondre Médecins sans Frontières et Infirmières sans Culottes, si bien qu'elle était à nouveau sur le point d'accoucher lorsqu'elle est rentrée deux ans plus tard. Un gamin est né de père inconnu, mais, pour Claude Dubreuil, il ne fallait tout de même pas dépasser la dose prescrite ; et c'est ainsi qu'il a proprement éjecté la mère et son marmot, tout en lui laissant la possibilité de venir voir Patricia quand elle le voudrait.
Malheureusement, elle n'est jamais revenue et a totalement disparu des écrans radars quelques mois plus tard.
— Mais c'est faux ! Cet homme ment ! Ma mère m'aimait, elle ne m'aurait jamais abandonnée !
Blanche comme un linge dans une pub de lessive, Patricia est en train de se livrer à un numéro de claquettes assez exceptionnel.
— Pourtant, Mademoiselle, c'est écrit là. Et si les affirmations de White Chapel n'ont naturellement pas valeur de preuve, nous travaillons avec eux depuis suffisamment longtemps pour savoir que ces gens-là ne parlent pas à la légère.
Il est temps pour moi d'intervenir.
— Ce qui sous-entend que l'on pourra faire toutes les expertises ADN de la Terre, tu ne seras jamais autre chose que ma fille adoptive. Tu le savais : c'est pourquoi tu as demandé cette expertise pour me discréditer.
— C'est faux ! Je n'en savais rien ! Je viens de l'apprendre !
Touchée, mais certainement pas coulée, Patricia repart à l'attaque :
— Commissaire, deux mails plus bas.
Quasiment un an après la séparation de sa femme, Claude Dubreuil avait réussi à étouffer l'affaire des photos prises aux Seychelles, mais, flairant la pompe à fric, le journaliste responsable des clichés avait décidé de pousser ses investigations plus loin afin d'écrire un livre. Pour donner de la substance à son ouvrage, il avait interviewé toutes les personnes ayant approché de loin ou de près le chef d'entreprise, dont une certaine Patricia Dubreuil dont les relations avec son père étaient déjà houleuses.
Par dépit, par vengeance ou par bêtise, elle avait raconté toute l'histoire, de son adoption jusqu'à son demi-frère disparu en même temps que sa mère. Et, pour faire bonne mesure, elle lui avait confié quelques photos de famille où elle apparaissait avec un gamin à la peau franchement métissée dans les bras.
— White Chapel a même retrouvé d'autres clichés que Patricia n'avait pas jugé bon de confier au journaliste. Ils sont en pièces jointes, si cela vous intéresse.
Tandis que Patricia, silencieuse, nous rejoue A Whiter Shade of Pale, le commissaire, impassible jusque-là, entre dans une rage folle.
— Messieurs, vous me mettez cette dame en cellule et vous me prévenez le juge.
— Pour quel motif ?
— Outrage à agent de la force publique, dénonciation calomnieuse et... On verra la suite.
— Mais vous n'avez pas de preuves !
— Je m'en fous, je vous garde ! Quant à vous, Monsieur, vous pouvez comprendre qu'il nous faut authentifier les documents de White Chapel. Je vais donc être obligé de vous garder également jusqu'à ce que nous en sachions davantage.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 13
9 minutes
2.1k
105
3
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer les 3 commentaires
bertolinio52
18 mai 2020 à 14:20
Voilà une histoire ou la fifille pourrie gatée espérant avoir la cerise sur le gateau se trouve coincer . Vivement la suite!!!!
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Lurtz
Lurtz
18 mai 2020 à 14:15
cette histoire est bien écrite, mais, j'ai l'impression de l'avoir déjà lu par ailleurs...
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de OlivX
OlivX
18 mai 2020 à 13:56
Et bien on peut dire qu'il a bien fait de demander à l'agence de détectives d'enquêter !
Quand à Patricia c'est vraiment la petite fille gâtée qui n'a jamais rien fait d'autre que de profiter du fric de papa et qui voudrait bien garder tout le gâteau pour elle.
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ oniroscapitolin Le sacrifice d'une mère? XSTORY
Le sacrifice d'une mère?
Chapitre 1
Par
332
7
40.7k
Hétéro
✦ yug0lit0 Ma vie de télépathe XSTORY
Ma vie de télépathe
Chapitre 5
Par yug0lit0
81
5
2.7k
Hétéro
✦ NathNMitch (50) Nath et Mitch – Le déclin d’un empire XSTORY
(50) Nath et Mitch – Le déclin d’un empire
Chapitre 2
Par NathNMitch
297
21
4k
Hétéro
✦ Charline88 Mon enfer XSTORY
Mon enfer
Chapitre 5
Par
65
7
1.2k
Hétéro
✦ M. PAUL Ces petits riens que je sais de la vie d'Alice XSTORY
Ces petits riens que je sais de la vie d'Alice
Chapitre 5
Par M. PAUL
61
2
5.1k
Bi
✦ cocolst Infiltrée : Le capitaine XSTORY
Infiltrée : Le capitaine
Chapitre 6
Par cocolst
117
21
2.9k
Hétéro
✦ duval.bb La journaliste XSTORY
La journaliste
Chapitre 12
Par duval.bb
6
2
2.2k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio