Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Suzanne et les hommes — Chapitre 5 · Sapho en robe noire
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Suzanne et les hommes
Chapitre 5 · Sapho en robe noire
Suzanne et Maître Mulatier avaient discuté de la situation, sans vraiment statuer sur leur relation et, de manière implicite, avec tous les sous-entendus que l'on imagine, les deux amants avaient convenu de poursuivre leur exploration des contrées du sexe, de manière protocolaire.
La séance, fixée au mercredi, devint un rituel hebdomadaire. Obéissant à une suggestion du notaire, Suzanne ne portait pas de culotte ce jour-là, afin d'être disponible et offerte à tout moment. Pour éviter les accidents, et parce que le notaire avait évoqué d'autres partenaires, ils utilisaient à présent des préservatifs. La plupart du temps, il la prenait sur le bureau. Elle se tenait face à lui. Il relevait sa jupe et la possédait. Parfois, elle se couchait sur le ventre et il se régalait du spectacle de ce beau cul blanc tout en disposant de son corps.
Ce qui étonnait Suzanne, c'était l'infaillibilité de l'acte : elle jouissait à chaque fois. Mieux encore, il n'avait même plus besoin de la caresser. Elle était tout de suite prête et une simple pénétration provoquait un orgasme. Elle était malade, juste bonne à enfermer. Il l'avait rendue folle, dépendante à sa dose de sexe hebdomadaire.
Elle finit par surmonter sa gêne et lui en parler. Mulatier sût trouvé les mots pour la rassurer. Elle avait pris conscience de son essence intrinsèquement sensuelle, et il n'avait agi qu'en tant que catalyseur de cette découverte. « Laissez-vous aller, soyez femme ! » lui dit-il en souriant.
S'il arrivait que Suzanne fût indisposée, elle insistait pour lui offrir ce qu'elle appelait une « petite gâterie ». Maître Mulatier s'asseyait comme si de rien n'était et se mettait au travail. Suzanne le suçait alors à genoux sous le bureau. A sa plus grande honte, elle avait développé un goût prononcé pour la fellation. Elle aimait lécher la grosse bite du notaire, l'enfoncer toute entière dans sa gorge et, quand il jouissait, elle n'en perdait pas une goutte.
Dans leur vaste appartement clodoaldien, en l'absence de Romuald, qui ne rentrait jamais avant vingt-deux heures — les réunions, tu sais ce que c'est, chérie — Suzanne profitait le moment venu de sa solitude pour se détendre un peu.
Elle avait pris l'habitude de se couler un bon bain chaud pour combattre la fatigue. Ce soir-là, elle entra dans la pièce et déposa ses affaires sur la panière à linge avant d'enfiler un peignoir. Elle ouvrit le robinet à la température la plus élevée. Elle pourrait toujours rajouter de l'eau froide par la suite pour éviter de se brûler. Elle alluma deux grosses bougies. Cette lumière moins agressive que les ampoules électriques favorisait le repos et la rêverie. Suzanne disposa des billes de savon coloré dans l'eau qui se couvrit bientôt de mousse. Elle retira le peignoir et entra dans la baignoire. Sa tête lui tournait encore un peu du Martini qu'elle venait de boire. Bien vite elle se retrouva dans cet état hypnagogique, entre la veille et le sommeil, si propice aux songes et aux fantasmes. Sa main descendit entre ses jambes et elle commença à se masturber.
Il arrivait que Suzanne, tout en se caressant, pense à Salim, le concierge de l'immeuble. De ce qu'elle en savait, jamais une femme ne le visitait dans sa loge. Cet homme aux tempes grises et à la peau noire, devait être très seul. Depuis qu'elle couchait avec Mulatier, elle regardait le concierge d'une manière différente. Elle s'imaginait, vilain cliché, lui demander de venir réparer une fuite de tuyauterie. Pendant qu'il se penchait sous l'évier, elle s'approchait, vêtue uniquement d'un négligé de soie dont elle écartait les pans pour lui dévoiler sa chatte rasée. Passé un moment de gêne, il se levait. Elle débouclait sa ceinture, ouvrait la braguette de son pantalon et le caressait. Quand il était bien dur, elle le suçait. A ce stade de sa rêverie, le plus souvent, elle atteignait l'orgasme.
***
Un mercredi que Suzanne se tenait à quatre pattes sur le canapé pendant que Maître Mulatier la prenait en levrette, elle sentit un doigt aussi aventureux qu'inquisiteur investir son fondement. Ce n'était pas la première fois : en d'autres occasions, il lui avait mis un doigt dans le cul pendant qu'il la léchait. Elle trouvait la pratique moins désagréable que bizarre. En réalité, se faire titiller l'anus accroissait grandement son excitation.
S'armant de tout son courage, elle posa la question qui l'avait déjà taraudée à plusieurs reprises :
— Aimeriez-vous emprunter ce chemin, Maître ?
Mulatier sursauta :
— Que dites-vous ?
— Vous m'avez fort bien comprise. Je suis vierge de ce côté-là.
— Ne me dites pas que votre benêt de mari ne vous a jamais sodomisée.
— Il n'a même pas essayé. Il considère que c'est une pratique répugnante.
— Quel béotien ! Nous commettons souvent des actes dégradants, pour notre plus grand plaisir. La sodomie présente de nombreux avantages, c'est un moyen contraceptif et un dérivatif adapté aux périodes menstruelles. De plus, c'est une nouvelle expérience qui, je vous le promets, ne vous décevra pas. Allons, dites le moi en toute sincérité, en avez-vous envie ?
— Je suis très curieuse mais j'ai peur d'avoir mal.
— Les appréhensions à ce sujet sont fort exagérées. Avec une préparation adéquate, la pénétration est à peine douloureuse. Ensuite c'est une affaire d'habitude, mais beaucoup de femmes m'ont dit éprouver des sensations très intenses, d'une volupté inouïe. J'aimerais cependant insister sur un point essentiel : la propreté. Le conduit doit être exempt de toutes impureté, irréprochable. Dans le cas contraire, nous nous exposons à des désagréments. Les irritations provoquées par des résidus de manières fécales gâchent le plaisir des deux partenaires.
— Vous m'avez fort bien comprise. Je suis vierge de ce côté-là.
— Ne me dites pas que votre benêt de mari ne vous a jamais sodomisée.
— Il n'a même pas essayé. Il considère que c'est une pratique répugnante.
— Quel béotien ! Nous commettons souvent des actes dégradants, pour notre plus grand plaisir. La sodomie présente de nombreux avantages, c'est un moyen contraceptif et un dérivatif adapté aux périodes menstruelles. De plus, c'est une nouvelle expérience qui, je vous le promets, ne vous décevra pas. Allons, dites le moi en toute sincérité, en avez-vous envie ?
— Je suis très curieuse mais j'ai peur d'avoir mal.
— Les appréhensions à ce sujet sont fort exagérées. Avec une préparation adéquate, la pénétration est à peine douloureuse. Ensuite c'est une affaire d'habitude, mais beaucoup de femmes m'ont dit éprouver des sensations très intenses, d'une volupté inouïe. J'aimerais cependant insister sur un point essentiel : la propreté. Le conduit doit être exempt de toutes impureté, irréprochable. Dans le cas contraire, nous nous exposons à des désagréments. Les irritations provoquées par des résidus de manières fécales gâchent le plaisir des deux partenaires.
Ils convinrent de remettre l'expérience au mercredi suivant. Tout le reste de la semaine Suzanne ne fit qu'y penser. Depuis des jours, et pour son plus grand plaisir, il la traitait comme une putain, jouissant de son corps. Et maintenant leur avilissement allait franchir un nouveau seuil. Rien qu'à cette pensée ses joues la brûlèrent. Elle sentit une chaleur monter de son bas-ventre et sa culotte s'humidifia. Quel gros porc ! Et quelle salope.
Était-il vraiment séduisant ? Certes, il avait de la prestance, un certain port, mais ce n'était pas un bel homme. Et puis, il était bien plus âgé qu'elle. Peut-être, au fond, Suzanne se punissait-elle ainsi de tromper son mari. Et la culpabilité paraissait moins forte à baiser un homme qu'elle n'aimait pas. Avec un bel amant, elle aurait toujours pu se dire que l'amour lui faisait perdre la tête tandis qu'avec Mulatier, l'humiliation se mêlait à ses dégoutants désirs de fille vicieuse. Quand il la besognait, elle ne pouvait s'empêcher de penser : « comme c'est bon de se faire baiser comme une trainée. »
Suzanne toute à ses pensées en avait oublié l'heure du déjeuner. Fort heureusement, Isabelle vint frapper à la porte de son bureau et l'entraina dans une brasserie où elles mangèrent fort bien tout en devisant avec ironie des affaires en cours.
***
Le vendredi, la bonne humeur de Suzanne était retombée depuis longtemps. Une fatigue sourde s'était installée dès le matin, se mêlant à une irritabilité qu'elle ne parvenait pas à dissimuler. Le moindre bruit, la sonnerie du téléphone, la voix de Deluze au fond du couloir, tout lui hérissait le poil. Même si son travail continuait de l'intéresser — elle aimait l'ordre des choses, les mots précis, les signatures apposées dans le silence respectueux d'une salle de réception — il n'en allait pas de même, loin s'en faut, de sa vie privée.
Romuald faisait à peine attention à elle. Le soir, il rentrait tard, mâchonnait ses plats devant des tableaux Excel, puis allait se coucher sans même lui effleurer la main. Suzanne avait parfois l'impression d'être devenue une sorte de fantôme poli, transparente entre les murs de leur appartement impersonnel.
Quant à sa relation avec Maître Mulatier, elle ne menait nulle part. C'était entendu, de part et d'autre. Un arrangement tiède. Un entre-deux. Pourtant, leur intermède du mercredi restait imprimé dans son corps. Il lui chauffait les sangs. Et bien qu'elle s'efforce de se convaincre que ce n'était rien — un soulagement animal, une distraction — elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il s'agissait d'un prélude à de plus infernales bacchanales, ce qui l'effrayait et l'excitait à parts égales.
Elle en était là de ses rêveries troubles quand Mulatier arriva dans son bureau. Elle sursauta.
— Désolé de vous surprendre, dit- il d'un ton doucereux.
— C'est moi qui suis désolée, j'étais perdue dans mes pensées, je ne vous ai pas entendu entrer.
— C'est moi qui suis désolée, j'étais perdue dans mes pensées, je ne vous ai pas entendu entrer.
Il s'approcha lentement, ses mains croisées derrière le dos, comme un professeur s'apprêtant à faire la leçon à une élève brillante mais dissipée.
— Je voulais précisément vous parler de cela. Votre manque de concentration. Je ne doute ni de votre assiduité, ni de votre motivation. Vous avez fait preuve, à plusieurs reprises, de ténacité et de rigueur.
Il marqua une pause.
— Mais je crains que nous n'ayons pris du retard sur le dossier Poiret. Il manque encore plusieurs pièces. Avez-vous relancé le syndic de copropriété ?
Suzanne rougit jusqu'à la racine des cheveux. Elle ne pouvait imaginer pire humiliation que d'être ainsi sermonnée sur son travail.
— Oh Maître… Je suis vraiment confuse. Cela m'est complètement sorti de la tête. Je vais les appeler tout de suite. Je resterai ce soir, je ferai toutes les heures qu'il faudra pour compléter ce dossier. Sans demander de contrepartie, évidemment.
Mulatier la regarda fixement, un demi-sourire aux lèvres. Après avoir fermé la porte du bureau derrière lui, il se rapprocha d'elle.
— Ne vous affolez pas, dit-il, sa voix baissant d'un ton. Je pense savoir ce qui cloche.
Il la regarda longuement, puis lâcha :
— Vous ne baisez tout simplement pas assez souvent.
Suzanne écarquilla les yeux. Il continua, imperturbable :
— Une femme comme vous, si jeune, si belle, pleine de vie… devrait avoir plusieurs rapports sexuels par semaine. Après l'orgasme, l'esprit s'éclaircit, se libère. Vous êtes perturbée, embrumée par des désirs qui vous rongent.
Un silence.
— J'essaie de vous satisfaire, mais avec l'âge… L'homme perd en vigueur. Même si je reste endurant, je ne vous suffis pas.
Elle resta muette, interdite. Il reprit, sur le ton de la conversation la plus banale :
— Ce soir, nous fêtons la vente Lambert. Une affaire rentable, comme vous le savez. Venez, oublions nos soucis. Nous boirons, nous rirons. Et demain, vous finirez le dossier Poiret.
Dès que Me Mulatier fut sorti, Suzanne s'empressa d'appeler le syndic. Son interlocuteur s'engagea à fournir les éléments dans l'heure.
***
Le cabinet notarial avait privatisé l'étage d'un restaurant chic en plein cœur de Paris afin de célébrer l'heureuse issue de l'affaire Lambert qui s'était avérée une transaction juteuse. Suzanne avait pris le temps de repasser chez elle pour se changer. Une petite robe noire, simple mais flatteuse. Elle avait rafraîchi son maquillage, réajusté sa coiffure. Les conjoints n'étaient pas conviés aux soirées notariales, sauf peut-être lors d'un pot de départ ou d'un hommage funèbre — autant dire jamais.
Seule Maître Vidal avait décliné l'invitation. De toute manière, elle fuyait ce genre de réjouissances, comme si s'asseoir autour d'un verre était une faiblesse morale.
Quand Suzanne arriva, la fête battait son plein. Mais l'événement marquant fut sans conteste l'entrée d'Isabelle.
La secrétaire était toujours apprêtée, soignée, parfumée. Mais ce soir-là, elle se surpassait. Robe rouge cintrée, tissu satiné qui épousait ses courbes, talons aiguilles, lèvres d'un rouge foncé presque vampirique. Suzanne en eut le souffle coupé.
Quand Suzanne arriva, la fête battait son plein. Mais l'événement marquant fut sans conteste l'entrée d'Isabelle.
La secrétaire était toujours apprêtée, soignée, parfumée. Mais ce soir-là, elle se surpassait. Robe rouge cintrée, tissu satiné qui épousait ses courbes, talons aiguilles, lèvres d'un rouge foncé presque vampirique. Suzanne en eut le souffle coupé.
Quand Isabelle vint s'asseoir près d'elle, Suzanne ne l'avait pas quittée un instant du regard. « Eh bien, je n'ai pas raté mon petit effet » déclara la secrétaire.
Un spot, suspendu au plafond, vint éclairer son visage d'un halo cru. Suzanne remarqua alors un éclat métallique sous sa bouche : la tête d'un petit clou, argenté, planté juste au menton.
Isabelle portait donc un piercing. Oh, bien sûr, elle l'enlevait au bureau. Mais ce détail changeait tout. Elle devenait soudain plus mystérieuse, plus dangereuse. Une part d'elle restait invisible le jour.
Un spot, suspendu au plafond, vint éclairer son visage d'un halo cru. Suzanne remarqua alors un éclat métallique sous sa bouche : la tête d'un petit clou, argenté, planté juste au menton.
Isabelle portait donc un piercing. Oh, bien sûr, elle l'enlevait au bureau. Mais ce détail changeait tout. Elle devenait soudain plus mystérieuse, plus dangereuse. Une part d'elle restait invisible le jour.
L'équipe commanda une tournée de kir royal et, au moment de trinquer, le regard bleu de la secrétaire se fixa dans les yeux de Suzanne de manière prolongé, développant un trouble singulier.
— Joli maquillage, souffla Isabelle. Tu es rayonnante ce soir.
Suzanne sourit, mal à l'aise. « Je dois me faire des idées » pensa-t-elle. Enfin, tout de même, les relations entre Isabelle et Maître Vidal étaient pour le moins équivoques et elle avait déjà entendu des ragots peu plaisants sur les deux femmes.
Autour de la table, les verres se remplissaient, les conversations allaient bon train. Deluze, déjà rougeaud après deux kirs, tentait de briller avec ses anecdotes juridiques et ses plaisanteries grasses. Il jetait des regards appuyés à Suzanne, l'air de lui dire « toi tu ne perds rien pour attendre », tout en gardant la main posée un peu trop haut sur la cuisse d'une jeune stagiaire qui ne savait plus très bien comment l'éviter. À ses côtés, un clerc remplaçant, visiblement impressionné par l'ambiance, riait trop fort, trop souvent, espérant se faire une place. Me Mulatier, lui, évoluait au milieu des convives avec l'assurance d'un hôte satisfait, trinquant volontiers, gratifiant chacun d'un mot aimable, parfois même d'une main un peu trop basse au creux du dos.
Isabelle, elle, semblait flotter au-dessus de tout cela. Elle parlait à droite et à gauche, à l'aise, souveraine, comme si cette soirée avait été organisée pour elle. Même Mulatier, pourtant si sûr de lui, semblait moins solide, comme gêné par sa présence éclatante.
Suzanne finit son verre et en entama un autre. Elle avait peu mangé. Ce n'était pas l'ivresse tout de même, mais une chaleur diffuse l'envahissait, la désinhibait.
Elle trouva enfin le courage d'aborder le sujet qui l'intriguait depuis le début de la soirée :
— Tu as un piercing ? Je ne savais pas.
— J'en ai cinq. Tu veux les voir ? Tiens en voilà déjà un autre, répondit Isabelle en lui tirant la langue.
— J'en ai cinq. Tu veux les voir ? Tiens en voilà déjà un autre, répondit Isabelle en lui tirant la langue.
Suzanne éclata de rire. Un peu trop fort.
Isabelle se pencha vers la clerc pour chuchoter :
— Je ne peux pas te montrer le reste devant tout le monde, il faudrait que tu m'accompagnes aux toilettes…
Tout en parlant elle fixait sa jeune amie de son regard bleu glacé. Il y avait dans son attitude une manière de tester, de jauger. Suzanne frissonna.
Le reste de la soirée passa en un éclair. Les conversations devinrent des murmures. Les visages, des halos flous. La voiture de Suzanne était au garage pour révision et elle s'apprêtait à commander un taxi quand Isabelle proposa de la raccompagner. Suzanne hocha la tête sans même réfléchir.
Le reste de la soirée passa en un éclair. Les conversations devinrent des murmures. Les visages, des halos flous. La voiture de Suzanne était au garage pour révision et elle s'apprêtait à commander un taxi quand Isabelle proposa de la raccompagner. Suzanne hocha la tête sans même réfléchir.
***
A peine une heure s'était écoulée qu'elle se retrouvait dans les bras de la secrétaire, à échanger un long baiser qui leur coupait le souffle.
Tout avait commencé quand Isabelle avait glissé qu'un petit détour par chez elle ne ferait pas de mal.
L'appartement d'Isabelle était à son image : chaleureux, soigné, avec ce petit grain de folie dans les détails. Des coussins mordorés s'entassaient sur un grand canapé bas, des toiles abstraites couvraient les murs, et un doux parfum d'encens flottait dans l'air. Suzanne posa son sac près de la porte et fit quelques pas, impressionnée. Elle n'aurait pas su dire ce qui l'étonnait le plus : être là, chez elle, ou sentir cette tension à la fois étrange et délicieuse, comme un fil tendu entre leurs deux corps.
Tout avait commencé quand Isabelle avait glissé qu'un petit détour par chez elle ne ferait pas de mal.
L'appartement d'Isabelle était à son image : chaleureux, soigné, avec ce petit grain de folie dans les détails. Des coussins mordorés s'entassaient sur un grand canapé bas, des toiles abstraites couvraient les murs, et un doux parfum d'encens flottait dans l'air. Suzanne posa son sac près de la porte et fit quelques pas, impressionnée. Elle n'aurait pas su dire ce qui l'étonnait le plus : être là, chez elle, ou sentir cette tension à la fois étrange et délicieuse, comme un fil tendu entre leurs deux corps.
Isabelle retira ses escarpins d'un geste souple, passa devant Suzanne pour se rendre dans la cuisine ouverte.
— Une tisane ? Ou tu préfères autre chose ? J'ai du vin blanc au frais.
— Juste un verre d'eau, murmura Suzanne qui avait la gorge sèche.
— Juste un verre d'eau, murmura Suzanne qui avait la gorge sèche.
Isabelle sourit, sortit deux verres, et servit. Elles burent en silence d'abord, debout, dans la cuisine baignée d'une lumière tamisée. Puis Isabelle s'approcha, s'arrêta à quelques centimètres d'elle. Elle la regardait comme on regarde une porte qu'on hésite à pousser, une porte interdite et pourtant entrouverte.
— Tu sais, dit-elle doucement, ça fait longtemps que je t'observe. Tu es si sérieuse au cabinet, appliquée, élégante, presque effacée… mais je sais qu'il y a autre chose. Une Suzanne cachée.
Suzanne déglutit. Ses joues étaient brûlantes. La conversation devenait beaucoup trop sérieuse, mais ce n'était pas seulement ça. Il y avait une envie ancienne, sourde, qu'elle n'avait jamais vraiment formulée. Une soif de trouble, de vertige. Dans une manœuvre de résistance absurde, elle lança en regardant ses pieds :
— Je ne peux pas rester longtemps. Le syndic m'a envoyé les pièces manquantes du dossier Poiret. Je me suis engagée à travailler dessus demain.
Elle leva les yeux. Isabelle la fixait toujours. Et puis elle fit ce geste d'une infinie douceur : elle écarta une mèche de cheveux de son front, puis effleura sa joue du bout des doigts. Suzanne ferma les yeux.
Le baiser vint, inévitable, comme une marée. D'abord lent, comme un serment chuchoté, puis plus profond, plus sûr. Elles se serrèrent l'une contre l'autre, s'embrassant à pleine bouche, comme pour rattraper un retard.
Elles dérivèrent jusqu'au salon. Les coussins s'éparpillèrent, les vêtements glissèrent au sol. Suzanne avait le cœur battant, le souffle court. Elle ne reconnaissait plus rien, ni l'endroit, ni elle-même. Et pourtant, tout cela semblait naturel. Comme si une autre version d'elle-même, plus libre, plus lucide, avait enfin trouvé sa voie.
Les mains d'Isabelle descendirent le long du dos de Suzanne. Elle lui caressa les reins puis les fesses. Elle se colla contre elle.
Je suis folle pensa Suzanne.
Elle examina les gros seins d'un blanc laiteux aux pointes percées de petites tiges métalliques terminées par des billes à chaque extrémité. Isabelle lui dit que ces bijoux s'appelaient des barbells. Suzanne voulait tenir dans ses mains ces globes majestueux, les soupeser et les pétrir. Isabelle s'était relevée et ses seins oscillaient au-dessus du visage de sa partenaire. La jeune clerc essaya de saisir un des tétons avec la bouche mais il lui échappa. Isabelle rit. Suzanne finit par arriver à ses fins et téta goulument les aréoles offertes, les faisant grandir sous l'action de ses lèvres et de sa langue.
Je suis folle pensa Suzanne.
Elle examina les gros seins d'un blanc laiteux aux pointes percées de petites tiges métalliques terminées par des billes à chaque extrémité. Isabelle lui dit que ces bijoux s'appelaient des barbells. Suzanne voulait tenir dans ses mains ces globes majestueux, les soupeser et les pétrir. Isabelle s'était relevée et ses seins oscillaient au-dessus du visage de sa partenaire. La jeune clerc essaya de saisir un des tétons avec la bouche mais il lui échappa. Isabelle rit. Suzanne finit par arriver à ses fins et téta goulument les aréoles offertes, les faisant grandir sous l'action de ses lèvres et de sa langue.
Isabelle lui caressa l'intérieur des cuisses. Elle remonta doucement en direction du sexe. A plusieurs reprises elle approcha son intimité mais elle parut renoncer, comme si elle hésitait à franchir cette étape. Ce petit jeu où Isabelle excitait le désir avant de se dérober ne faisait qu'amplifier la fièvre de Suzanne qui, impatiente, la pria d'abréger son supplice. Quand elle la toucha enfin, elle cria, secouée par le brusque afflux nerveux.
Isabelle l'entraina dans la chambre.
Elle découvrit l'utilité du piercing de la langue quand la secrétaire, la tête entre ses cuisses, entreprit de la lécher avidement.
Les cuisses de Suzanne tremblèrent au premier orgasme. Elle prit la tête d'Isabelle entre ses mains et amena son visage contre le sien pour l'embrasser à nouveau.
Elle découvrit l'utilité du piercing de la langue quand la secrétaire, la tête entre ses cuisses, entreprit de la lécher avidement.
Les cuisses de Suzanne tremblèrent au premier orgasme. Elle prit la tête d'Isabelle entre ses mains et amena son visage contre le sien pour l'embrasser à nouveau.
— Je veux te rendre la pareille mais je n'ai jamais…
— Rien ne t'y oblige mais si tu en as envie je ne vais pas t'arrêter, bien au contraire. Assis-toi, glisse une cuisse entre les miennes, frotte ta chatte contre ma chatte, comme ça, oui c'est bien.
— Rien ne t'y oblige mais si tu en as envie je ne vais pas t'arrêter, bien au contraire. Assis-toi, glisse une cuisse entre les miennes, frotte ta chatte contre ma chatte, comme ça, oui c'est bien.
Et Suzanne découvrit un nouveau jeu. Leurs deux vulves humides accolées, leurs clitoris glissèrent l'un contre l'autre dans le mouvement déchainé de leurs bassins. A chaque coup de rein, elle ressentait une intense vibration, comme une onde qui s'étend sur une surface liquide, de plus en plus loin, de plus en plus fort.
Le temps s'était dissous, comme aspiré par la frénésie tribadique qui les emportait, haletantes, fébriles, égarées. Suzanne n'aurait su dire qui menait la danse, qui cédait ou qui prenait ; il n'y avait plus de rôles, seulement des corps avides, une succession de gestes sans logique mais pleins d'urgence, de besoin. Chaque souffle, chaque frisson semblait l'arracher un peu plus à l'ancienne elle — celle qui calculait, qui doutait, qui attendait. Ici, il n'y avait rien à attendre. Tout était déjà là, brûlant, présent, déployé.
Le temps s'était dissous, comme aspiré par la frénésie tribadique qui les emportait, haletantes, fébriles, égarées. Suzanne n'aurait su dire qui menait la danse, qui cédait ou qui prenait ; il n'y avait plus de rôles, seulement des corps avides, une succession de gestes sans logique mais pleins d'urgence, de besoin. Chaque souffle, chaque frisson semblait l'arracher un peu plus à l'ancienne elle — celle qui calculait, qui doutait, qui attendait. Ici, il n'y avait rien à attendre. Tout était déjà là, brûlant, présent, déployé.
— Viens, rejoins-moi dit Isabelle en jouissant.
Ce qu'elle fit.
***
Une fois la folie passée, allongées côtes à côtes sur le grand lit, repues et encore haletantes, les deux femmes discutèrent à voix basse. Très vite, la conversation glissa vers le sujet qui planait depuis le début : la relation entre Isabelle et Maître Vidal.
— Pourquoi la laisses-tu te traiter ainsi ? demanda Suzanne en fixant le plafond.
Isabelle rit doucement.
— Tu n'as pas compris. Solange n'est pas ma maîtresse.
Elle marqua une pause, puis précisa avec malice :
— Je suis son amante, oui. Mais surtout… je suis son despote. Sa souveraine. J'aime dominer les femmes. Et elle, disons qu'elle est... réceptive. Elle a le pouvoir au bureau, j'ai le pouvoir dans son lit. Pour chaque brimade qu'elle me fait subir, je la lui rends au centuple dans l'intimité. On s'équilibre très bien.
— Tu crois qu'elle serait en colère si elle savait pour nous deux ?
— Non. Elle n'est pas jalouse. À moins que je tombe amoureuse de toi... Mais cela ne risque pas d'arriver.
— Ah. Pourquoi ?
— Tu es beaucoup trop jeune.
— Tu crois qu'elle serait en colère si elle savait pour nous deux ?
— Non. Elle n'est pas jalouse. À moins que je tombe amoureuse de toi... Mais cela ne risque pas d'arriver.
— Ah. Pourquoi ?
— Tu es beaucoup trop jeune.
Suzanne rit à son tour, un peu gênée.
— Et toi ? Tu préfères quoi, au fond ? demanda Isabelle.
— Oh moi… C'est un peu tôt pour me prononcer après une première expérience mais je crois que je préfère quand même les hommes, murmura Suzanne.
— Oh moi… C'est un peu tôt pour me prononcer après une première expérience mais je crois que je préfère quand même les hommes, murmura Suzanne.
Un silence, doux et flottant s'installa avant que Suzanne ne sursaute.
— Flûte !
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Parler d'hommes vient de m'y faire penser, j'ai oublié de prévenir Romuald.
— Tu ne vas pas repartir maintenant.
— Non mais je dois au moins lui envoyer un SMS. Je vais lui dire la vérité : la soirée s'est un peu éternisée et, submergée de boulot, je dois être à l'office demain à la première heure. J'espère qu'il ne va pas se faire des idées.
— De toute façon, tu as un alibi en béton.
— Ah oui ?
— Tu n'as pas pu coucher avec un homme... vu que tu vas passer la nuit chez moi.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Parler d'hommes vient de m'y faire penser, j'ai oublié de prévenir Romuald.
— Tu ne vas pas repartir maintenant.
— Non mais je dois au moins lui envoyer un SMS. Je vais lui dire la vérité : la soirée s'est un peu éternisée et, submergée de boulot, je dois être à l'office demain à la première heure. J'espère qu'il ne va pas se faire des idées.
— De toute façon, tu as un alibi en béton.
— Ah oui ?
— Tu n'as pas pu coucher avec un homme... vu que tu vas passer la nuit chez moi.
Les deux éclatèrent de rire, un rire franc, soulagé, un peu fou.
Suzanne reprit, le regard tourné vers le plafond :
— Tu avais raison. J'ai une aventure avec Maître Mulatier.
— Je sais. C'est lui qui me l'a dit. Il m'a même demandé de me rapprocher de toi. Il pense que tu es frustrée.
— Pardon ? Mais quel vieux pervers !
— Ne sois pas trop dure. Il tient à toi… à sa manière. Et puis, tu sais, si tu ne m'avais pas plu, je n'aurais pas baisé avec toi.
— Je sais. C'est lui qui me l'a dit. Il m'a même demandé de me rapprocher de toi. Il pense que tu es frustrée.
— Pardon ? Mais quel vieux pervers !
— Ne sois pas trop dure. Il tient à toi… à sa manière. Et puis, tu sais, si tu ne m'avais pas plu, je n'aurais pas baisé avec toi.
Isabelle ferma les yeux, un sourire énigmatique au coin des lèvres. Elle s'endormit presque aussitôt, paisible comme une chatte repue.
Suzanne, elle, fixait le plafond, les idées tourbillonnantes. Elle revoyait les événements des dernières semaines, les choix étranges, les élans qu'elle n'avait pas contrôlés. « Si je continue sur cette voie, je vais finir par coucher avec toute l'étude », pensa-t-elle avec un mélange d'effroi et de fatalisme.
C'est avec la peur absurde d'être atteinte de nymphomanie chronique qu'elle sombra à son tour dans le sommeil.
Suzanne, elle, fixait le plafond, les idées tourbillonnantes. Elle revoyait les événements des dernières semaines, les choix étranges, les élans qu'elle n'avait pas contrôlés. « Si je continue sur cette voie, je vais finir par coucher avec toute l'étude », pensa-t-elle avec un mélange d'effroi et de fatalisme.
C'est avec la peur absurde d'être atteinte de nymphomanie chronique qu'elle sombra à son tour dans le sommeil.
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