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✦ Axelya Suzanne et les hommes XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Suzanne et les hommes — Chapitre 2 · Mauvaise nouvelle

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Axelya
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Suzanne et les hommes

Chapitre 2 · Mauvaise nouvelle

— Deluze veut te voir dans son bureau. Visiblement, c'est urgent.
 Suzanne venait juste d'arriver à l'étude notariale, avec un peu de retard. Isabelle, à l'accueil, l'avait tout de suite apostrophée.
— Désolée, dit Suzanne, un souci de voiture. Tu as une idée de ce qu'il veut ?
  - Non, pas la moindre.
 Deluze était l'autre clerc de l'étude. Il invita la jeune femme à prendre place dans le fauteuil en face de lui.
— Suzanne, je ne vous cacherai pas que nous avons un gros problème.
 Il lui tendit une liasse de papier. Suzanne parcourut le document. Il s'agissait d'un extrait comptable. Des lignes étaient surlignées Rapidement, elle comprit que l'on avait manipulé les chiffres. Les revenus paraissaient justes mais les dépenses dépassaient les montants habituels.
 Il poursuivit : « je – et ce « je » sous-entendait que Maître Vidal et Maître Mulatier n'étaient pas informés – soupçonne Lambert de malversations. » Ce Lambert était le comptable.
— Notre cabinet négocie des transactions qui se chiffrent en millions d'euros. Lambert pensait sans doute que de petites sommes passeraient inaperçues… Il va de soi que nous allons devoir nous séparer de lui. S'il s'engage à rembourser, nous n'entamerons pas de poursuites. Le scandale ruinerait notre réputation. Reste votre cas.
 Il se pencha vers elle, posa la main sur son bras.
— Voyons. Cela fait combien de temps que vous avez rejoint ce cabinet ? Un peu moins de six mois ?
 Il n'attendit pas sa réponse. Sa phrase tomba comme un couperet.
— Vous êtes encore en période d'essai.
 Suzanne répondit :
— Je ne saisis pas bien le rapport. Lambert s'est peut-être servi dans la caisse mais je n'ai rien à voir avec ses… tripatouillages.
 -         Je ne doute pas un seul instant de votre honnêteté. Mais ces affaires vous concernent. Lambert les a ciblés en se doutant que les jeux d'écriture échapperaient à une novice. Vous n'avez pas su déceler ces détournements. Il sera difficile de persuader le système judiciaire que vous n'étiez pas complice.
 Heureusement, Suzanne était déjà assise sinon elle se serait effondrée. Sa mise en examen signifierait immanquablement une radiation de l'ordre. Sa vie professionnelle était fichue.
 Deluze lui laissa le temps d'appréhender la situation.
— Je vais vous couvrir. Sachez que je cours un gros risque. Ma carrière est en jeu. Vous me serez redevable, à vie peut-être. En retour j'attends un engagement total et aveugle de votre part. Je serai amené à vous demander de me rendre de menus… services dans les semaines qui viennent. Vous avez un peu de temps pour réfléchir mais je veux une réponse lundi prochain.
 Et il ajouta en chuchotant cette fois :
— J'adore ton style bon chic bon genre, avec ton chignon, tes lunettes et ta paire de nibards tellement proéminents que ton chemisier parait toujours sur le point d'éclater. Si tu savais comme j'ai hâte de te la mettre dans le cul…
 De retour dans son bureau, Suzanne retint ses larmes non sans peine. Sa vie, bien sagement programmée, menaçait de s'effondrer. Elle imaginait le déshonneur total si l'affaire éclatait. Virée. Ses parents la renieraient. Il ne lui resterait pour seule issue que de se plier aux conventions, devenir mère au foyer et pondre une flanquée de moutards, à condition, toutefois, que Romuald couche avec elle au moins une fois par an. Restait l'alternative. Elle n'avait aucun doute sur ce que Deluze attendait d'elle : qu'elle se comporte comme la dernière des putains. Il l'entraînerait à l'hôtel, dans une relation adultère. Pire encore, ce genre d'individus pervers n'hésiterait pas à la livrer à d'autres hommes, non sans prendre des photos compromettantes. Deluze n'était pas vraiment laid, certaines le trouveraient sûrement à leur goût, mais le procédé dont il usait le rendait absolument répugnant à ses yeux.
 Dans le même temps, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une excitation certaine à la perspective d'être ainsi humiliée. Son imagination galopait comme jamais, ce qui se traduisit bientôt par l'humidification de sa culotte en soie.
 Suzanne eût beaucoup de mal à se concentrer sur son travail le reste de la journée. Elle finit par se dire que, dans le délai d'une semaine qui lui était alloué, elle aurait largement le temps de trouver une solution.
 Elle avait rendez-vous le lendemain avec Maître Mulatier, pour faire un point sur les dossiers en cours de traitement. En fin de journée, elle frappa à la porte du bureau et le notaire lui répondit aussitôt d'entrer.
 Ce qui frappait en premier, en entrant dans la pièce, était la véritable passion que le notaire vouait à Napoléon 1er. Le mobilier et la décoration dataient de la période allant de la fin du XVIIIème siècle au début XIXème. Les bibelots en bronze véritable, répartis un peu partout sur les meubles, se subdivisaient en un nombre très limité de catégories : l'Empereur en buste et l'Empereur à cheval. Une superbe reproduction de Napoléon sur le champ de bataille d'Eylau par Antoine-Jean Gros couvrait pratiquement un mur, entre deux étroites bibliothèques remplies d'ouvrages historiques reliés plein cuir.
 Maître Mulatier avait dépassé le mitant de la cinquantaine. C'était un bonhomme jovial et rondouillard, d'une cordialité franche, dénuée de cette obséquiosité si fréquente dans la profession. Suzanne ne pouvait cependant s'empêcher de penser que transpirait dans son attitude un je ne sais quoi de menaçant qui lui conférait une autorité certaine, indéniable avantage qui renforçait son statut de patron et de représentant de l'ordre social. Il ordonnait, on exécutait.
 Il avait toujours été enthousiaste à son sujet, l'encourageant et la complimentant sur son travail. Ce jour-là, il n'y avait pas grand-chose à dire sur les affaires en cours. Suzanne commença à se poser des questions. Visiblement, Maître Mulatier cherchait à prolonger leur entretien sur le terrain privé.
— Tout se passe bien pour vous ? lui demanda-t-il. Je veux dire vous vous sentez à votre aise parmi nous ?
 -         Oui Maître, répondit simplement Suzanne, un peu méfiante.
 -         Vous savez… Nous nous connaissons depuis maintenant quelques temps et j'en suis arrivé à vous considérer comme plus qu'une employée, une amie, disons.
 Tout en parlant, le notaire s'était levé et il se tenait à ce moment derrière elle. Il posa une main sur son épaule. Le geste était doux et chaleureux.
— Un homme se sent parfois bien seul, surtout après un divorce. Il peut avoir besoin de réconfort. Qu'une jeune femme aussi séduisante et agréable travaille à mes côtés, qu'elle me prête une oreille attentive, me réjouit au plus haut point.
 Suzanne ne rêvait pas. Après la proposition indécente de Deluze, voici que Mulatier la draguait ouvertement. Elle répondit avec prudence :
— Sachez que je l'ai le plus grand respect pour vous, Maître. Si vous souhaitez me parler de vos problèmes personnels, je n'y vois pas d'objection. Peut-être pourriez-vous venir dîner à la maison, un soir ? C'est un excellent remède à la solitude et je suis sûre que mon mari serait ravi de vous recevoir.
 Maître Mulatier retira sa main.
— Je vous remercie et je prends note de votre invitation. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps.
 Le notaire arborait un sourire radieux tout en la raccompagnant jusqu'à la porte du bureau.
 Une fois dans le couloir, Suzanne poussa un soupir de soulagement. Non, décidément, ce bonhomme n'était pas méchant et, comme il le disait, il devait se sentir bien seul pour s'épancher ainsi auprès d'elle.
 Pendant le trajet de retour à la maison, tout en conduisant, elle rejoua dans sa tête le travail quotidien au cabinet. Le notaire l'appelait de manière quasiment systématique lors des signatures. Le bonhomme était distrait comme ce n'est pas permis. Une fois, il oubliait un papier aux archives, l'autre il requérait des photocopies qu'elle aurait pu préparer à l'avance. Les clients observaient les formes agréables de Suzanne et elle imaginait la jalousie des femmes. Ce petit manège se répétait parfois plusieurs fois pendant une même séance. Elle le soupçonnait de vouloir détourner l'attention. Une autre explication lui venait à l'esprit : il aimait la voir déambuler dans le bureau. C'était sa manière à lui de dire : « regardez cette jeune femme désirable, elle est à mon service exclusif ».
 Elle comprenait mieux certains sous-entendus, des remarques en apparence anodine : « Vous ne fumez pas au moins ? Quelle détestable habitude ! Et qui gâte le teint à ce que j'ai ouï dire. Un cognac accompagné d'un bon cigare, je ne dis pas non, mais cela doit rester l'exception. Vous êtes si fraîche, délicieuse. Non, décidément, vous ne devez pas fumer. » Tout en parlant il posait la main sur son avant-bras. Comme toutes ces attitudes et ces mimiques lui paraissaient scabreuses tout à coup !
 
***
 Vint le dimanche soir. Tout en se brossant les dents, Suzanne pensait à la journée du lendemain. Comment vais-je arriver à dormir ? se demandait-elle, surexcitée à la perspective de donner une réponse à une question qu'elle ne connaissait pas encore mais qu'elle imaginait avec appréhension. Elle examina son reflet dans la glace. Pas vraiment à son avantage. La brosse dessinait une bosse sur sa joue et du dentifrice s'accumulait sur sa lèvre inférieure, un filet d'écume coulant sur son menton. Ses longs cheveux bruns et bouclés s'étalaient en désordre sur le vieux t-shirt trop grand, orné d'un gros smiley jaune. Elle ne portait rien en dessous et ses mamelons transparaissaient sous le tissu.
 « Je vais me coucher, tu me rejoins ? » lui dit Romuald à la porte de la salle de bain. Elle lui répondit d'un semblant de borborygme. Elle se rinça la bouche et s'essuya avec une serviette. D'un mouvement de main, elle vérifia que sa nuque était sèche. Rien de pire pour ruiner une coupe que de s'allonger avec des cheveux humides.
 Romuald somnolait déjà sous les draps, un livre à la main. Suzanne se lova contre lui. Distraitement, il souleva son bras pour qu'elle loge sa tête sur son épaule. Dans cette position, elle sentait la respiration de son mari, le mouvement lent de sa cage thoracique et cela lui offrait un semblant d'apaisement.
 Elle caressait la poitrine du jeune homme avec douceur en glissant les doigts entre les pans du pyjama. Peu à peu, ses gestes se firent plus précis. Elle visait l'escargot encore dans sa coquille, dissimulé plus bas. Mais la chose ne réagit pas. Elle la cajola, la flatta. Romuald ne disait rien. Il ne parlait jamais dans ces moments-là. Suzanne s'enhardit. Si sa main ne faisait pas l'affaire, sa bouche conviendrait peut-être. D'abord elle le picora de baisers puis le lécha. Enfin elle le prit en entier. Sans plus de résultat. Elle releva la tête. Romuald dormait. Elle retira le livre, en faisant bien attention à ne pas le réveiller et éteignit la lumière.
 Elle songea à se donner du plaisir seule mais elle se sentait tellement misérable qu'elle y renonça. Elle revint à des préoccupations plus terre à terre. Que sacrifierait-elle le lendemain ? sa vertu ou sa carrière professionnelle ?
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antonin mordore
12 août 2021 à 15:10
Certes non, chère Axelya ! Un notaire fan d'histoire napoléonienne, qui décore son étude du fameux tableau d'Eylau -ah Eylau...Murat et sa fameuse charge de cavalerie- ne peut avoir tous les défauts !
Bravo pour tes connaissances et ton écriture toujours si parfaite et si sensuelle !!
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vaughan91
11 juillet 2020 à 13:19
Chère Plume,
à la première lecture le comportement très phallocrate de ces notaires ( profession éminemment bourgeoise s'il en est, aristocratique de plus, jalouse de ses prébendes...) m'a irrité au plus haut... et puis je suis intimement persuadé que tu vas leur réserver un sort et un traitement digne de leurs perversités...
Je m'en délecte d'avance...
Soyez respectueux
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