Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Suzanne et les hommes — Chapitre 6 · Un chemin plus étroit
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Suzanne et les hommes
Chapitre 6 · Un chemin plus étroit
Vint le mercredi. Elle pratiqua le matin, comme l'avait préconisé Maître Mulatier, un lavement avec une poire, répétant l'opération jusqu'à ce qu'une eau claire sorte de ses fesses.
A midi, fébrile, elle frappa à la porte du bureau du notaire. Aucune réponse. Isabelle l'informa que le notaire était sorti déjeuner. À seize heures, toujours sans la moindre nouvelle, elle tenta de nouveau sa chance. Cette fois, le notaire répondit. Suzanne, en termes prudents, lui rappela l'engagement qu'ils avaient pris. Le notaire sourit. « Ce serait vous manquer de respect que de procéder dans ce bureau, lui dit-il. Un ami m'a prêté son appartement. Ce soir, nous ferons des heures supplémentaires ».
A midi, fébrile, elle frappa à la porte du bureau du notaire. Aucune réponse. Isabelle l'informa que le notaire était sorti déjeuner. À seize heures, toujours sans la moindre nouvelle, elle tenta de nouveau sa chance. Cette fois, le notaire répondit. Suzanne, en termes prudents, lui rappela l'engagement qu'ils avaient pris. Le notaire sourit. « Ce serait vous manquer de respect que de procéder dans ce bureau, lui dit-il. Un ami m'a prêté son appartement. Ce soir, nous ferons des heures supplémentaires ».
L'appartement se trouvait à deux pas du cabinet, dans un vieil immeuble de pierre apparente. Mulatier et Suzanne s'y rendirent séparément, comme deux conspirateurs prudents.
Mulatier arriva le premier. Il déposa son manteau sur le dossier d'un fauteuil et fit le tour des pièces comme un propriétaire méticuleux qui inspecte son domaine. Tout respirait le confort discret : un salon clair aux lignes élégantes, des tapis épais, une bibliothèque bien garnie. Il se servit un verre de cognac dans le bar en acajou et attendit Suzanne avec l'impatience contenue d'un homme qui s'efforce de garder son maintien.
Mulatier arriva le premier. Il déposa son manteau sur le dossier d'un fauteuil et fit le tour des pièces comme un propriétaire méticuleux qui inspecte son domaine. Tout respirait le confort discret : un salon clair aux lignes élégantes, des tapis épais, une bibliothèque bien garnie. Il se servit un verre de cognac dans le bar en acajou et attendit Suzanne avec l'impatience contenue d'un homme qui s'efforce de garder son maintien.
Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit sur elle. Suzanne entra sans un mot, un peu intimidée par le luxe discret des lieux. Elle ôta son manteau, posa son sac, et annonça qu'elle voulait se détendre avant tout. Elle disparut vers la chambre et la salle de bains, laissant Mulatier seul avec son verre et ses pensées.
De l'autre côté de la porte, Suzanne défit lentement son tailleur, passa sous la douche et laissa l'eau chaude ruisseler sur sa peau comme une délivrance. Elle se sentit légère, délestée du jour banal qui venait de s'écouler. Enveloppée d'une serviette, elle se contempla un instant dans le miroir embué : ses yeux brillaient, ses joues étaient rosées.
Quand elle revint, Mulatier l'attendait dans la chambre, assis dans un fauteuil. Posé sur la console à côté de lui, un flacon de lubrifiant. « Prenez place sur le lit, dit-il simplement. Couchez-vous sur le dos. Oui comme ceci. Etes-vous bien à l'aise ? Fermez les yeux et laissez-vous aller ».
Il commença par la caresser doucement, la poitrine d'abord puis les cuisses. Suzanne pensa qu'elle n'avait nullement besoin de préliminaires. Elle était déjà très émoustillée par la situation. Tromper son mari impuissant à l'hôtel et de manière si perverse… Mulatier introduisit un doigt enduit de lubrifiant dans son cul tout en lui léchant la chatte.
— Vous bandez, Maître ? demanda-t-elle.
— Oui, répondit-il simplement.
— Vous n'allez pas me faire mal ?
— Non, pas du tout, ne vous inquiétez pas. Je vais procéder avec douceur et délicatesse.
— Ne mettez pas de capote, je vous en prie, je veux que vous jouissiez en moi.
— Oui, répondit-il simplement.
— Vous n'allez pas me faire mal ?
— Non, pas du tout, ne vous inquiétez pas. Je vais procéder avec douceur et délicatesse.
— Ne mettez pas de capote, je vous en prie, je veux que vous jouissiez en moi.
La pièce devint silencieuse. Mulatier enfonça un deuxième doigt dans l'anus de Suzanne. Elle ne ressentait ni gêne ni douleur, juste la curieuse impression d'une fleur en bourgeon qui s'ouvre jusqu'à s'épanouir pleinement. Il fouillait avec dextérité ce qu'elle avait de plus sale et de plus intime. La respiration de Suzanne s'accéléra. « Et de trois, dit-il, vous êtes prête ».
Il se coucha sur elle et pénétra son sexe. Il la baisa ainsi pendant quelques minutes avant de lui demander de se retourner et de se mettre à quatre pattes. D'une main il l'incita à creuser ses reins pendant que de l'autre il guidait son sexe entre ses fesses. Elle ne résista pas. Son corps s'ouvrit de lui-même et bientôt il fût de nouveau en elle, par la voie la plus étroite. Sans douleur. Mulatier ne bougeait pas. Il l'incita à glisser une main entre ses cuisses pour se donner du plaisir.
Cela devint un peu plus compliqué quand il s'enfonça davantage. Les muscles délicats résistaient à l'intrusion. Il se retira, ajouta du lubrifiant et entreprit de baiser son cul pour de bon, doucement au début puis de plus en plus vite et de plus en plus fort. Suzanne ne put retenir ses cris. Elle jouit plusieurs fois. A chaque orgasme, elle arrêtait de se masturber quelques instants puis recommençait, folle d'excitation. Il changèrent de position. Maître Mulatier se coucha sur le dos et Suzanne le chevaucha. Elle murmura des mots obscènes, lui demanda s'il aimait enculer sa petite salope, sa putain. Il lui claqua les fesses et elle jouit encore. Puis ce fut à son tour et il déchargea dans le cul de Suzanne. Elle se délecta des pulsations de la bite qui répandait le sperme à grands jets.
Ils s'endormirent, épuisés. Vers vingt-deux heures, Suzanne se leva et prit une nouvelle douche. Elle se dit qu'elle pourrait sans doute faire sa vie avec un homme comme Mulatier, à la fois doux et viril. Mais elle n'était pas amoureuse du notaire. Son corps était repu mais son cœur restait vide.
***
Le jeudi soir, Romuald rentra plus tôt que d'ordinaire. Suzanne, installée dans le canapé avec un magazine qu'elle ne lisait pas vraiment, leva les yeux vers lui. Il ôtait déjà sa veste, son attaché-case posé négligemment dans l'entrée.
— Tu es là ? s'étonna-t-il, comme si sa présence à la maison était devenue inhabituelle.
— Oui… je n'avais pas envie de sortir, répondit-elle d'un ton neutre.
— Oui… je n'avais pas envie de sortir, répondit-elle d'un ton neutre.
Il hocha la tête, s'assit, alluma la télévision et zappa distraitement. Un silence pesant s'installa, seulement troublé par le cliquetis de la télécommande.
— Tes heures sup' d'hier, ça a donné quelque chose ? demanda-t-il enfin, les yeux toujours rivés à l'écran.
— Oui… On a bien avancé sur un dossier compliqué. Mulatier était content, dit-elle, la voix mesurée.
— Oui… On a bien avancé sur un dossier compliqué. Mulatier était content, dit-elle, la voix mesurée.
Romuald émit un vague « ah » d'approbation. Puis il se pencha pour attraper son téléphone posé sur la table basse, déjà absorbé par ses notifications.
Suzanne l'observa un instant. La lumière bleue de l'écran se reflétait sur son visage impassible. Elle se demanda s'il la croyait vraiment, ou s'il se contentait de ne pas chercher plus loin. Elle ressentit alors ce mélange d'agacement et de soulagement qui la gagnait de plus en plus souvent : agacement devant son indifférence, soulagement qu'il ne fouille pas.
Suzanne l'observa un instant. La lumière bleue de l'écran se reflétait sur son visage impassible. Elle se demanda s'il la croyait vraiment, ou s'il se contentait de ne pas chercher plus loin. Elle ressentit alors ce mélange d'agacement et de soulagement qui la gagnait de plus en plus souvent : agacement devant son indifférence, soulagement qu'il ne fouille pas.
— Tu veux manger quoi ce soir ? demanda-t-il sans lever les yeux.
— Ce que tu veux, répondit-elle.
— Ce que tu veux, répondit-elle.
Et c'était vrai. À cet instant, elle se fichait éperdument de ce qu'ils allaient dîner. Ce qui l'occupait, c'était encore la chaleur de la veille, l'odeur des draps frais et le souvenir de corps enchevêtrés.
***
Le vendredi matin, quand Suzanne arriva à l'étude le jour se levait à peine. La fraîcheur de l'air mordait encore un peu, et le hall du cabinet sentait le café. Elle accrocha son manteau derrière la porte de son bureau, alluma son ordinateur et se laissa absorber par le courrier en attente. Les mots s'alignaient sur l'écran, mais son esprit glissait ailleurs : la pénombre de la chambre, la voix basse de Mulatier, et en contrepoint, l'indifférence de Romuald la veille, affalé devant son écran comme si elle n'existait pas.
Elle croisa Isabelle dans le couloir, un dossier sous le bras, lui adressa un signe et un sourire qui avait tout d'un rayon de soleil dans ce matin gris.
Elle croisa Isabelle dans le couloir, un dossier sous le bras, lui adressa un signe et un sourire qui avait tout d'un rayon de soleil dans ce matin gris.
— T'es arrivée tôt… Mauvaise nuit ?
— Non, disons… cafardeuse, répondit Suzanne en refermant un dossier avec un soupir.
— Non, disons… cafardeuse, répondit Suzanne en refermant un dossier avec un soupir.
Elles échangèrent quelques mots banals, mais Suzanne remarqua la façon dont Isabelle la regardait, comme si elle devinait qu'il s'était passé quelque chose. Un instant, elle eut envie de lui raconter sa dernière expérience avec Mulatier mais elle se ravisa. Isabelle avait ce don de transformer les confidences en leviers pour ses propres projets, et Suzanne n'était pas encore prête à lui abandonner cette arme.
— Viens chez moi ce soir, j'ai de quoi te remonter le moral, dit la secrétaire.
Deluze entra sans frapper pour rappeler une échéance à Suzanne, l'air de quelqu'un qui cherche surtout un prétexte pour la jauger. Elle répondit sèchement, et il disparut, non sans un sourire entendu.
Le cabinet reprenait son rythme feutré. Le murmure lointain de l'imprimante, les chuchotements derrière les portes closes, le froissement régulier des chemises cartonnées rythmaient l'atmosphère. Suzanne classait des actes dans un classeur rigide dont les charnières grinçaient à chaque ouverture.
Isabelle passa la tête par l'embrasure de la porte, son éternel sourire aux lèvres.
Le cabinet reprenait son rythme feutré. Le murmure lointain de l'imprimante, les chuchotements derrière les portes closes, le froissement régulier des chemises cartonnées rythmaient l'atmosphère. Suzanne classait des actes dans un classeur rigide dont les charnières grinçaient à chaque ouverture.
Isabelle passa la tête par l'embrasure de la porte, son éternel sourire aux lèvres.
— Tronchet a encore demandé après toi. Je crois qu'il a le béguin, dit-elle avec malice.
Suzanne leva à peine les yeux.
— Tu plaisantes ? Il veut juste me sauter.
Isabelle haussa un sourcil, s'approcha et, baissant la voix, ajouta :
— Attends, j'ai une idée. On va lui en faire voir de toutes les couleurs.
L'occasion ne tarda pas. L'après-midi même, Tronchet poussa la porte du cabinet avec l'assurance d'un homme qui se sait attendu. Costume clair soigneusement repassé, parfum envahissant qui semblait entrer dans la pièce avant lui, sourire carnassier. Il s'approcha du bureau de Suzanne, échangea quelques phrases creuses, puis Isabelle intervint, faussement enjouée.
— Tu sais, Tronchet… On parlait justement de toi.
Les regards se croisèrent. Suzanne, jouant la timide intriguée, se mordilla la lèvre. Isabelle, elle, prit un ton plus bas, presque confidentiel :
— Et si on sortait tous les trois ce soir ? Un petit hôtel discret, juste pour… s'amuser.
L'agent immobilier déglutit, puis acquiesça avec un enthousiasme mal contenu.
— À dix-huit heures trente, Hôtel Beauregard, souffla Isabelle. Et viens l'esprit ouvert.
***
La chambre sentait le désodorisant bon marché. Draps immaculés, grand miroir sur le mur, moquette un peu usée. Tronchet, déjà torse nu, s'installa au bord du lit, jetant un regard intrigué à la glacière que Suzanne venait de poser.
— Et ça, c'est pour quoi faire ? demanda-t-il avec un rire nerveux.
— Pour un petit jeu, répondit Isabelle.
— Pour un petit jeu, répondit Isabelle.
Avant qu'il ne réalise, Suzanne referma les menottes sur son poignet gauche et l'attacha solidement au montant métallique du lit. Le cliquetis du verrou métallique résonna dans la chambre étroite. Tronchet éclata de rire, persuadé qu'il s'agissait d'un préambule érotique préparé à son intention.
— Oh la vache, s'exclama-t-il, vous êtes encore plus cochonnes que dans mes rêves les plus fous.
Il bombait le torse, tirant sur son bras menotté, certain qu'il allait recevoir la récompense de sa patience. Son sourire s'élargit quand il vit Suzanne et Isabelle se tourner l'une vers l'autre et s'embrasser à pleine bouche, longuement, collées l'une à l'autre. La secrétaire saisit les fesses de Suzanne à pleines mains. Mais les filles s'attardaient un peu trop.
— Bon… c'est bien joli vos mamours, mais… vous ne m'oubliez pas, hein ? Je bande comme un taureau, je vais vous faire jouir comme des folles, mes petites salopes.
Isabelle se contenta de lui jeter un bref regard, glacé et amusé. Suzanne recula légèrement, attrapa la glacière posée à même le sol, et l'ouvrit d'un geste lent, presque cérémoniel. Un souffle froid s'en échappa. À l'intérieur, un petit seau en plastique bleu, banal en apparence. Elle le souleva pour le montrer à Tronchet, qui suivait ses gestes d'un regard d'abord amusé, puis de plus en plus inquiet.
Le seau contenait un bloc de glace compacte, lisse comme du verre poli. Prisonnier en son cœur, un minuscule éclat métallique brillait à peine sous la lumière jaunâtre de la chambre : le double des clefs des menottes.
Le seau contenait un bloc de glace compacte, lisse comme du verre poli. Prisonnier en son cœur, un minuscule éclat métallique brillait à peine sous la lumière jaunâtre de la chambre : le double des clefs des menottes.
— Ta liberté, annonça Suzanne d'un ton neutre, presque administratif, comme si elle faisait signer un acte de vente.
Tronchet écarquilla les yeux, bascula en avant en tirant sur les menottes qui crissèrent sur le métal du lit.
— Vous vous foutez de moi ?!
Isabelle haussa les épaules.
— Mais non. On te donne juste une chance… Un jeu d'endurance, tu devrais aimer.
Tronchet tira sur ses liens.
— Vous êtes folles !
Isabelle referma la glacière et se dirigea vers la porte.
— Si tu lèches assez vite et que tu réchauffes le bloc, tu auras peut-être les clefs en moins de deux heures… Je te déconseille d'appeler à l'aide. Ce serait humiliant et en plus tu risques de t'égosiller pour rien : le gérant nous a garanti que les chambres sont insonorisées.
Suzanne ajouta, un sourire en coin :
— La climatisation est réglée sur seize degrés, histoire de pimenter un peu le jeu. Un vrai défi pour un homme d'action, non ?
— Sales garces ! hurla Tronchet.
— Sales garces ! hurla Tronchet.
Leurs éclats de rire résonnèrent dans le couloir, se mêlant au claquement sec de la porte.
***
Suzanne rejoignit Isabelle chez elle. Elle avait prévenu qu'elle ne resterait pas longtemps - toutes ces heures supplémentaires risquaient de mettre la puce à l'oreille de Romuald. La secrétaire l'accueillit avec un sourire malicieux et un verre de vin déjà servi.
— Alors, Madame la clerc modèle, dit-elle en lui tendant le verre, que dis-tu de notre petite blague ?
Suzanne éclata de rire, un rire nerveux qu'elle réprima aussitôt derrière sa main.
— Tu veux dire… Tronchet, en slip, attaché comme un jambon au lit ? Oui, je crois que je m'en souviendrai longtemps.
Isabelle s'assit près d'elle, son rire se mêlant au sien.
— Quand il a compris que les clefs étaient dans la glace… Il a viré au rouge tomate ! Je ne savais pas s'il allait éclater de rage ou fondre de honte.
Elles burent une gorgée en même temps, puis Isabelle ajouta :
— Imagine-le encore en train de lécher son bloc de glace comme un chien affamé… avec la clim' à fond. Je crois que je n'ai jamais entendu autant d'insultes en si peu de temps.
Suzanne hocha la tête, secouée d'un fou rire.
— Le pire, c'est que j'ai presque eu de la peine pour lui. Presque.
Isabelle leva son verre en un toast ironique.
— À Tronchet, notre martyr du jour. Qu'il médite longtemps avant de reposer ses sales pattes sur toi.
Les deux femmes trinquèrent, leurs rires résonnant dans l'appartement, complices d'une farce dont elles savaient qu'elles parleraient encore longtemps.
Suzanne hésita un instant avant d'oser aborder un autre sujet :
Suzanne hésita un instant avant d'oser aborder un autre sujet :
— Tu m'as parlé de ta tenue de… dominatrice. Tu accepterais de me la montrer ?
Isabelle répondit d'un ton enjoué, presque moqueur :
— Je peux, oui. Mais je dois te prévenir… J'ai promis à Solange que je serais la seule femme qu'elle domine. C'est notre pacte, notre équilibre. Toi, tu dois rester une spectatrice.
Isabelle disparut un instant dans sa chambre, laissant Suzanne seule avec son verre. Le cœur battant, elle entendait les tiroirs qu'on ouvrait, le froissement d'un tissu plus lourd que les étoffes ordinaires. Quand Isabelle reparut, Suzanne retint son souffle.
Elle portait un corset de cuir noir qui soulignait sa taille et relevait sa poitrine, fermé à l'avant par une rangée de boucles métalliques. Ses jambes étaient gainées de bas opaques, terminés par une jarretière brillante. Une jupe très courte, fendue sur le côté, laissait deviner la fermeté de ses cuisses. Aux pieds, des bottines à talons hauts, lacées jusqu'en haut des mollets. Dans une main, elle tenait négligemment une fine cravache dont le cuir avait été patiné par l'usage, dans l'autre un paquet cadeau.
Ses cheveux blonds, qu'elle portait d'ordinaire libres et souples, étaient tirés en un chignon sévère. Ses lèvres, peintes d'un rouge profond, semblaient plus dures, plus autoritaires. Suzanne, qui voyait chaque jour Isabelle vêtue d'élégance bourgeoise et souriante, avait l'impression d'avoir devant elle une autre femme, une créature sculptée pour le commandement.
— Voilà, dit Isabelle en tournant sur elle-même, amusée par l'effet qu'elle produisait. Alors ? Tu comprends un peu mieux pourquoi Solange obéit sans discuter ?
Suzanne hocha la tête, incapable de répondre. Une part d'elle se sentait intimidée, une autre fascinée. Elle eut soudain le sentiment que ce costume n'était pas un déguisement mais la révélation d'une vérité plus profonde : Isabelle n'était jamais plus elle-même que dans cet uniforme de cuir et de fer.
— Et… tu n'as jamais dominé d'hommes ?
Isabelle se leva, lentement, comme si elle savourait l'effet de ses paroles.
— Bien sûr que si. Plus d'une fois, même. Certains en redemandent, d'autres fuient au bout de dix minutes. Mais avec les hommes, ce n'est qu'un jeu. Avec Solange, c'est différent. Elle me laisse ses clés. Moi, je tiens la chaîne.
Le souvenir de la dernière soirée avec Mulatier encore vivace, Suzanne ressentait le besoin diffus d'explorer les zones d'ombre qui l'attiraient de plus en plus.
— Et je peux savoir ce que tu tiens dans la main ?
— C'est pour toi, répondit Isabelle en lui tendant le paquet.
— C'est pour toi, répondit Isabelle en lui tendant le paquet.
Isabelle soupesa la petite boite de forme allongée et s'empressa d'arracher le papier cadeau pour découvrir un superbe godemichet en verre.
— Comme tu préfères les hommes, je t'ai trouvé un palliatif, que dirais-tu de le tester tout de suite ?
Suzanne sentit une chaleur lui monter aux joues.
— Pourquoi pas ?
***
Trois jours passèrent avant que Tronchet ne remette les pieds au cabinet. Lorsqu'il apparut, il portait un costume légèrement froissé, des cernes violacés, et son habituel sourire carnassier avait disparu, remplacé par une crispation mal contenue.
Il franchit la porte d'un pas raide, salua sèchement la secrétaire à l'accueil, et marcha droit vers le bureau d'Isabelle, où Suzanne était assise, en train de signer des liasses de documents.
Il franchit la porte d'un pas raide, salua sèchement la secrétaire à l'accueil, et marcha droit vers le bureau d'Isabelle, où Suzanne était assise, en train de signer des liasses de documents.
— Vous êtes complètement malades, lâcha-t-il à mi-voix, les yeux lançant des éclairs.
Isabelle leva la tête, l'air candide.
— Oh, Tronchet… Vous allez bien ? Vous avez passé un bon week-end ?
— Vous m'avez laissé menotté pendant plus de deux heures dans cette foutue chambre glaciale !
— Vous m'avez laissé menotté pendant plus de deux heures dans cette foutue chambre glaciale !
Isabelle ajouta, faussement compatissante :
— Mais enfin, c'était un jeu… Tu n'as pas aimé ?
Tronchet serra les poings.
— Vous avez de la chance que je ne vous traîne pas en justice.
— Oh, soupira Suzanne, ça ferait désordre pour un agent immobilier réputé…
— Oh, soupira Suzanne, ça ferait désordre pour un agent immobilier réputé…
Isabelle se pencha légèrement vers lui, son sourire de prédatrice retrouvant toute sa splendeur.
— Et puis, avoue-le, Tronchet… Une partie de toi a aimé.
Il rougit, bafouilla, et recula d'un pas.
— Vous êtes cinglées, toutes les deux.
Il tourna les talons et quitta le bureau d'un pas sec, sous les regards amusés des jeunes femmes.
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