Je n’étais pas lesbienne, mais…
Chapitre 3
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Je n’étais pas lesbienne, mais… — Chapitre 3

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Je n’étais pas lesbienne, mais…

Chapitre 3

Je n'étais pas lesbienne, mais… (3)
Julia ne savait pas exactement à quel moment sa vie était devenue aussi… disons, « compliquée ». Peut-être que tout avait commencé le jour où elle avait soufflé ses quarante bougies l'année dernière, en pleine gueule de bois post-apéro, une cigarette à moitié consumée coincée entre deux doigts. Le fameux passage, ce moment où tout le monde, surtout les magazines féminins, t'assure que tu es encore jeune, mais que tu dois commencer à « prendre soin de ta peau ». Merci à Léa, sa fille aînée de 19 ans, de lui rappeler chaque matin que les pattes d'oie sont bel et bien là… Ou peut-être que c'était un an avant, cette première fois où elle avait embrassé une femme dans ce pub irlandais où ses copines l'entraînaient chaque vendredi, comme une sorte de rituel sacré pour oublier qu'on vieillissait ?
Éva… La fameuse Éva. Quand Julia y repensait, ça en devenait presque risible. Elle, Julia, quarante ans, séparée, deux enfants, se retrouvait à ressasser cette serveuse couverte de tatouages de vingt-cinq ans. Ça aurait dû être une simple aventure, une histoire de bar. Un baiser et une partie de jambes en l'air après quelques blondes de trop. Et pourtant, ça l'avait profondément secouée. Elle ne l'avait pas vu venir, cette attirance qui l'avait prise de court.
Sauf qu'Éva n'était pas comme ces gars un peu fades que Julia voyait le temps d'une soirée. Éva était différente. Elle était… une femme. Et ça, c'était nouveau pour Julia…
Mais comment pourrait-elle assumer tout ça ? Léa, sa fille aînée, lui ferait une scène digne d'une comédie dramatique, Lily, la plus jeune, ne comprendrait probablement rien, et ses copines la regarderaient avec cet air mi-interrogateur, mi-amusé, comme si elles attendaient qu'elle leur révèle une blague ?
Alors, elle continuait à faire semblant, à prétendre que tout allait bien. Comme si elle avait tout compris à la vie, comme si elle maîtrisait chaque aspect de son existence. Mais en réalité, elle se retrouvait là, à fumer une cigarette, les cheveux en bataille, se demandant comment elle avait pu en arriver là. Quarante ans, deux enfants, et toujours ce sentiment qu'elle jouait à être une adulte, sans jamais vraiment avoir appris les règles du jeu…
Jeu qui prit une tournure inattendue une nuit froide et pluvieuse d'automne…
Julia titubait légèrement en traversant la rue devant son immeuble. Son manteau pendait négligemment sur ses épaules, ses chaussures à talons la faisaient clopiner plus qu'autre chose, et sa tête tournait encore de la soirée. Le balcon de l'appartement d'Anissa lui revenait en flashs désordonnés. Clémence. L'alcool. Cette étreinte. Puis Anissa en larmes. Quelle scène désastreuse ! Julia n'arrivait pas à croire qu'elle avait mis les pieds dans un tel bordel, et tout ça, à cause de ses pulsions mal gérées et d'une bouteille de champagne bon marché. (1). Elle grimaça en se rappelant la manière dont Clémence l'avait repoussée pour retrouver Anissa, choisissant les larmes de l'une plutôt que les désirs de l'autre. À ce moment-là, Julia avait juste sifflé ce qui restait de la bouteille avant de prendre la fuite. Comme d'habitude.
En rentrant dans son immeuble, elle lutta pour trouver ses clés dans son sac et, après quelques secondes de bataille contre la serrure, elle poussa la porte de son appartement. L'idée de tomber directement dans son lit en traversant le couloir lui donnait un brin d'espoir dans cette soirée désastreuse. Mais le spectacle qui l'attendait en cuisine la fit s'arrêter net.
Là, sous la lumière crue de la cuisine, se tenait Rosa, la meilleure amie de Léa. Julia l'avait toujours vue comme la copine sympa et un peu farouche de sa fille, une présence régulière dans leur appartement. Elles avaient passé des nuits entières à réviser, regarder des séries, ou simplement traîner ensemble. Rosa avait un sourire espiègle, un brin moqueur, et des yeux pétillants qui dégageaient une énergie vibrante. Elle devait avoir à peu près le même âge que Léa, 19 ans, mais cette nuit-là, sous ce halo froid de la lampe de cuisine, elle paraissait différente. Plus imposante. Plus… affirmée.
Rosa avait toujours cette chevelure brune et bouclée, souvent indomptée, qui lui donnait un air sauvage, presque irrévérencieux. Ses boucles encadraient son visage, jetant des ombres sur sa peau légèrement hâlée, soulignant ses traits marqués par une jeunesse pleine de promesses et de confiance tranquille. D'habitude, Julia ne s'attardait pas sur les détails, mais ce soir, il y avait quelque chose de dérangeant, d'inattendu dans la scène qui se déroulait devant elle.
Rosa était là, immobile, un bol de Chocapic à la main, comme si c'était la chose la plus naturelle au monde de se tenir dans sa cuisine en pleine nuit, presque nue. Elle portait une petite culotte noire en coton, basique, pratique, sans fioritures, comme si elle n'avait aucune conscience de l'effet que cela pouvait produire. Son débardeur noir, visiblement un peu trop ajusté, s'arrêtait juste en dessous de ses côtes, dévoilant un ventre plat, tendu par la fraîcheur de la pièce. Le haut, moulant, laissait deviner la forme de ses seins, qui pointaient légèrement sous l'effet du froid ou peut-être de l'embarras soudain.
Julia, elle, était figée. Elle avait l'habitude de rentrer tard, de voir sa fille ou ses amis traîner dans l'appartement, mais cette fois, c'était différent. Il y avait cette atmosphère lourde et étrange qui flottait dans l'air. Peut-être que c'était l'alcool, ou peut-être que c'était la fatigue, mais Julia sentait un inconfort s'installer en elle. Ce n'était pas qu'une question de nudité, c'était… autre chose. Rosa, dans sa tenue à peine existante, avait l'air tellement à l'aise, tellement… présente, qu'il était difficile de savoir où poser les yeux.
Le contraste était saisissant. La décontraction presque insolente de Rosa, se tenant là comme si c'était une scène banale, face à Julia, encore engluée dans les vestiges de sa soirée désastreuse. La situation était improbable. Rosa, avec ses boucles brunes qui semblaient flotter autour de son visage, sa silhouette élancée à peine couverte, ne faisait rien pour rompre le silence. Le bol de Chocapic dans ses mains, c'était comme la cerise absurde sur le gâteau de cette scène surréaliste.
Julia, quant à elle, sentait sa propre gêne grandir. Loin de l'image d'une femme fatale, elle devait avoir l'air d'une naufragée, avec ses vêtements froissés, ses talons de travers, et l'odeur persistante du champagne bon marché qui la suivait encore. L'espace d'un instant, elle pensa qu'elle aurait dû faire demi-tour. Revenir dans deux minutes, ou mieux, aller directement se coucher. Mais elle était restée plantée là, les yeux grands ouverts, face à une Rosa tout aussi figée, et quelque part dans ce silence, il y avait une tension que ni l'une ni l'autre ne savait comment briser.
Puis Julia se rendit compte que ses yeux ne se détachaient pas du débardeur de Rosa, et elle toussa nerveusement.
Rosa, figée de l'autre côté de la cuisine, avait cessé de mâcher. Sa cuillère, suspendue à mi-chemin entre son bol et sa bouche, resta en suspens, comme si le temps s'était soudain arrêté. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise en voyant Julia dans cet état, la femme qu'elle connaissait d'habitude comme la mère de Léa, toujours impeccable, un peu bourgeoise, un peu intimidante. Là, Julia ressemblait à tout sauf à ça. Les deux femmes se fixèrent pendant ce qui semblait être une éternité, comme si chacune essayait de décoder l'autre, de comprendre ce que l'une faisait ici, à cette heure-ci, et dans cet état.
Julia, quant à elle, ne savait plus où se mettre. L'image de Rosa, debout dans sa petite culotte et son débardeur moulant, lui brouillait les idées. Elle chercha désespérément quelque chose à dire, quelque chose qui briserait cette tension absurde et embarrassante. Mais les mots ne venaient pas. Elle ouvrit la bouche, un début de phrase lui échappa, avant qu'elle ne la referme. Qu'est-ce qu'on est censée dire dans ces moments-là ?
Les secondes s'écoulaient, rendant le silence encore plus lourd. Rosa, avec son bol de céréales dans une main, continuait de la fixer, toujours plantée là comme une statue. Julia pouvait presque entendre son propre cœur battre, ou était-ce l'effet de l'alcool qui battait dans ses tempes ? Finalement, après ce qui sembla être une éternité, Julia balbutia maladroitement, cherchant à briser l'atmosphère lourde et étrange…
— Euh… tu… tu veux peut-être un café avec ça ?
Un café ? pensa-t-elle immédiatement après. Vraiment ? C'est tout ce que tu trouves à dire ?
Rosa cligna des yeux, la surprise visible sur son visage. Son expression hésitante indiquait qu'elle essayait de comprendre si Julia plaisantait ou non. Les deux restèrent là, quelques secondes de plus, jusqu'à ce que Rosa, lentement, repose sa cuillère dans son bol avec un léger tintement métallique contre la céramique.
— Un café ? À quatre heures du matin ? répondit-elle, un léger sourire en coin apparaissant sur ses lèvres, comme si la situation devenait soudainement amusante.
— Enfin, je… je peux te faire un thé, si tu préfères… reprit Julia en essayant d'afficher un sourire, l'esprit encore embrumé par l'alcool. Superbe rattrapage, pensa-t-elle, visiblement honteuse de son propre manque de répartie.
Rosa lâcha un petit rire, plus pour briser la tension que par réel amusement.
— Non merci, je crois que je vais juste finir mon bol… répondit-elle en levant légèrement son bol de céréales comme si elle portait un toast.
Rosa, après un silence prolongé, leva finalement les yeux de son bol et les planta dans ceux de Julia, un peu hésitante, mais avec cette expression espiègle qui la caractérisait. Elle finit par briser la glace avec un sourire presque complice.
— Bon, faut que je te dise… Léa et moi, on a… fumé un peu d'herbe ce soir, dit-elle en haussant les épaules comme si elle venait d'avouer une évidence. Ça m'a donné une de ces fringales, tu vois.
Elle continua à grignoter ses Chocapic, un peu plus à l'aise maintenant que la confession avait été faite. Elle savait que Julia était « cool » à ce sujet, que ce n'était pas le genre de mère à crier au scandale pour un joint entre amis.
— T'inquiète, Léa dort comme une souche maintenant, ou plutôt… ronfle comme un camionneur, ajouta-t-elle avec un éclat de rire moqueur. Je te jure, je pensais pas que quelqu'un d'aussi petite pouvait faire autant de bruit.
Julia, encore un peu prise au dépourvu, ne put s'empêcher de sourire. Ce n'était pas comme si c'était la première fois qu'elle entendait parler des aventures de Léa, mais cette image de sa fille en train de ronfler bruyamment dans son lit, après avoir fumé, ajoutait un côté ridicule à la soirée. Elle laissa échapper un petit rire malgré elle, relâchant la tension qui flottait encore dans l'air.
— Viens, assieds-toi avec moi, Julia. T'as pas l'air super fraîche non plus, tu devrais te prendre un bol. Franchement, à cette heure-là, y'a rien de mieux qu'un bon bol de Chocapic.
Julia hésita une seconde. Tout en elle disait qu'elle aurait dû monter directement dans sa chambre, s'effondrer dans son lit et oublier cette soirée désastreuse. Mais l'idée de rester plantée seule avec ses pensées sombres, ou pire, de retourner sur le balcon de sa mémoire avec Clémence et Anissa, ne la tentait pas non plus. Et puis, il y avait quelque chose de tellement absurde et léger dans cette situation que ça lui semblait presque être une bonne idée.
— Bon, allez, pourquoi pas… Si je dois finir la soirée en beauté, autant que ce soit avec un bol de Chocapic.
Julia s'assit en face de Rosa, tentant de se concentrer sur le bol de céréales devant elle. Elle versa distraitement du lait par-dessus les Chocapic, le clapotis du liquide semblant étrangement trop fort dans le silence de la cuisine. Mais, malgré elle, ses yeux s'attardèrent sur la jeune femme en face d'elle. Tout, dans cette scène, la troublait. Rosa, avec son air détendu et indifférent, semblait à mille lieues de comprendre l'effet qu'elle produisait.
Rosa, toujours aussi décontractée, terminait son bol avec une nonchalance qui la rendait encore plus… captivante. Son débardeur trop serré épousait parfaitement son corps mince et élancé, et ses boucles brunes retombaient en cascade sur ses épaules. L'odeur douce et légèrement musquée de son parfum flottait dans l'air, se mélangeant à celle du chocolat et du lait, créant une ambiance presque intime. Il y avait dans ses gestes une sorte de sensualité involontaire, cette façon naturelle de se mouvoir, de passer une main dans ses boucles, de poser son coude sur la table, comme si elle était parfaitement à l'aise, indifférente à tout ce qui l'entourait.
Julia tenta de détourner les yeux, mais ils revenaient sans cesse vers Rosa. Le débardeur moulant de Rosa épousait ses seins, qui pointaient à peine sous le tissu noir, tandis que sa petite culotte laissait deviner la ligne de ses hanches. Ses cuisses nues, élancées, étaient posées avec une nonchalance qui mettait Julia mal à l'aise. Et pourtant, malgré cette gêne, elle ne pouvait s'empêcher de laisser son regard glisser sur ces courbes exposées, sur cette peau jeune et ferme qui semblait défier la fraîcheur nocturne. Rosa était d'une beauté insolente, sans même s'en rendre compte. La mère de famille se surprit à imaginer la texture de cette peau sous ses doigts, la douceur de ses boucles brunes encore humides. Elle se sentait comme une intruse, dévorant la jeune femme du regard, une honte brûlante la gagnant peu à peu…
Elle se mordit discrètement la lèvre, honteuse. Qu'est-ce que je suis en train de faire ? pensa-t-elle. Elle avait vingt ans de plus que Rosa. Rosa, la meilleure amie de sa fille. Cette situation n'avait rien à voir avec ce qu'elle ressentait pour Clémence, cette attraction inattendue, mais contrôlée. Ici, c'était autre chose. Une gêne profonde se propageait en elle, une sorte de honte qu'elle n'arrivait pas à refouler. Elle était censée être la mère mature, la figure adulte dans cette maison, et pourtant, elle se sentait désarmée, comme si elle ne contrôlait plus rien.
— Ça va, Julia ? T'as l'air un peu perdue. Tu ne veux pas de Chocapic, finalement ?
Sa voix brisa la bulle dans laquelle Julia s'était enfermée. Elle se racla la gorge, essayant de retrouver une contenance, mais ses pensées étaient encore embrouillées par ce qu'elle ressentait, par ce qu'elle avait vu, et surtout, par ce qu'elle avait imaginé.
— Euh, si, si, ça va… Je… juste fatiguée, répondit Julia d'une voix un peu rauque, les joues encore rouges de honte
Rosa, sentant que quelque chose clochait chez Julia, décida d'agir sans trop réfléchir. Elle la connaissait assez pour savoir qu'elle n'était pas dans son état normal. Sans un mot, elle posa son bol de céréales sur la table et s'approcha. Arrivée près d'elle, Rosa se pencha légèrement et, sans prévenir, elle passa ses bras autour des épaules de Julia, l'enlaçant doucement. Le contact surprit Julia. La chaleur du corps de Rosa contre le sien la prit au dépourvu, et pendant une fraction de seconde, elle resta figée, incapable de bouger. Le parfum sucré et intime de Rosa l'enveloppa immédiatement, la douceur de sa peau nue contre ses bras ajoutant une dimension physique à cette étreinte inattendue.
L'étreinte surprit Julia. Le corps de Rosa, à peine couvert par ce petit débardeur et cette culotte en coton, se pressait contre elle. La chaleur de sa peau nue contre ses vêtements, le parfum subtil de son shampoing encore frais… Tout cela envahit les sens de Julia d'un coup, la laissant complètement déstabilisée. Elle aurait dû reculer, se lever, dire quelque chose. Mais elle resta figée, incapable de bouger, sentant l'étreinte de Rosa devenir de plus en plus intime.
Les bras de Rosa se resserraient doucement autour de ses épaules, son souffle chaud contre son cou. Julia sentait la poitrine de la jeune femme se presser contre elle, à travers le tissu trop fin du débardeur. Un frisson lui parcourut l'échine. Tout en elle lui disait que cette proximité était dangereuse, que ce contact réveillait en elle des sensations qu'elle n'aurait pas dû ressentir. Mais malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de s'abandonner à cette chaleur, à ce corps jeune et ferme contre le sien.
Rosa, elle, ne semblait pas se rendre compte de l'effet qu'elle avait sur Julia. Pour elle, c'était une étreinte, un geste de réconfort, quelque chose de simple. Mais pour Julia, c'était tout sauf ça. Elle sentait la douceur des bras de Rosa contre sa nuque, ses seins contre sa poitrine, la pression de son ventre contre ses hanches. Chaque point de contact la troublait un peu plus. Julia aurait voulu dire quelque chose, mais les mots restaient bloqués dans sa gorge. Elle se contenta de poser ses mains sur les hanches de Rosa, essayant de garder un minimum de contrôle, mais ses doigts effleurèrent la peau nue, douce et chaude sous sa culotte. Ce simple contact suffit à lui donner un vertige de désir qu'elle n'avait pas prévu. La culpabilité la traversa comme une lame brûlante, mais elle ne parvint pas à s'en détacher.
— Eh, ça va ? Tu as l'air complètement ailleurs, murmura Rosa d'une voix douce, ses bras serrant un peu plus fort autour de Julia.
Rosa à demi penchée sur elle, ses bras enroulés autour de ses épaules, comme pour la protéger, la réconforter. Mais tout ce que Julia pouvait sentir, c'était la peau douce de Rosa contre la sienne, la chaleur de son corps qui se diffusait à travers ses vêtements. Elle se détesta immédiatement de cette réaction, de cette attirance incontrôlable qui la faisait frissonner. C'était absurde. C'était déplacé, mais tellement…
— Merci, souffla Julia, sa voix à peine audible, presque étranglée par la confusion de ses émotions.
— Tu sais que tu peux me parler, si quelque chose te tracasse, dit Rosa avec un sourire sincère.
Julia sentit un nœud se former dans sa gorge. L'étreinte de Rosa, chaude et réconfortante, mêlée à cette proximité troublante, fit sauter les dernières barrières qu'elle avait érigées pour se protéger. C'était trop. Elle ne pouvait plus se retenir. Tout ce qu'elle avait enfoui ces derniers mois, voire ces dernières années, remonta à la surface avec une force inattendue. Et avant même de s'en rendre compte, les mots s'échappaient de sa bouche.
— J'ai… j'ai eu une aventure avec une femme, souffla-t-elle presque en un murmure, sa voix brisée. Elle s'appelait Éva… et je crois que… je suis peut-être lesbienne… enfin… je crois.
Rosa, toujours en train de l'enlacer, se figea légèrement, surprise par l'aveu brutal de Julia. Mais elle ne recula pas, ne dit rien. Elle se contenta de serrer Julia un peu plus fort, comme pour la garder ancrée dans cette réalité, malgré le tourbillon de confusion qui semblait l'entraîner. Julia se mordit la lèvre, se demandant si elle n'avait pas fait une énorme erreur en avouant cela à Rosa, la meilleure amie de sa fille, une gamine de 19 ans. À qui tu parles de ça, bon sang ? se reprocha-t-elle intérieurement. Mais il était trop tard pour revenir en arrière.
— Ce soir… Clémence… C'était un désastre. J'ai dérapé, je… j'ai embrassé Clémence, une collègue d'Anissa, et Anissa est amoureuse d'elle. Tout a dérapé, je me suis sentie… merdique. Clémence m'a repoussée pour retrouver Anissa. Et moi, je me suis retrouvée seule, à boire comme une idiote… Je… je ne sais même plus qui je suis, Rosa. Je crois que je suis perdue.
Elle se sentit ridicule, pathétique même. À quel moment en était-elle arrivée là, à se retrouver effondrée dans sa propre cuisine, face à la meilleure amie de sa fille ? Et pourtant, elle n'arrivait pas à se défaire de cette étreinte. C'était peut-être l'alcool, ou peut-être le poids de cette révélation qu'elle avait gardée trop longtemps pour elle. Mais cette proximité avec Rosa lui semblait soudain essentielle. Nécessaire.
Rosa, toujours là, la laissa parler. Elle ne recula pas, ne détourna pas le regard. En fait, Julia sentit même ses bras se resserrer légèrement, comme pour lui dire qu'elle n'était pas seule, qu'elle avait le droit de craquer. Quand Julia leva finalement les yeux, ses joues ruisselant de larmes, elle croisa le regard de Rosa. Et là, quelque chose avait changé.
La lueur dans les yeux de Rosa n'était plus la même. Ce n'était plus la jeune fille insouciante et rieuse qu'elle avait devant elle tout à l'heure. Non, dans son regard, il y avait maintenant quelque chose de plus intense, de plus profond. Un mélange de curiosité et d'intérêt, peut-être même de désir. Julia sentit ce regard la traverser, la sonder, mais au lieu de la juger ou de se moquer, Rosa la regardait comme si elle la voyait vraiment pour la première fois.
— Julia… commença Rosa doucement, hésitant avant de reprendre. Ça… ça ne change rien, tu sais ? Enfin… ça fait beaucoup à entendre, mais… je suis contente que tu me l'aies dit.
Julia cligna des yeux, surprise par cette réponse. Elle ne savait pas à quoi s'attendre, mais certainement pas à cette réaction. Elle se sentait exposée, vulnérable, et pourtant, ce regard, cette manière dont Rosa la fixait, la mettait presque mal à l'aise, mais d'une toute autre manière. Il y avait une nouvelle tension dans l'air, différente de tout à l'heure. Rosa caressa doucement l'épaule de Julia, et un léger sourire apparut sur ses lèvres, une chaleur étrange dans son regard, une compréhension mutuelle qui flottait dans l'air.
Rosa lui caressa doucement l'épaule, un geste qui, cette fois, semblait tout sauf innocent. Ce n'était plus simplement pour la réconforter. Il y avait une intention différente dans ce contact, une invitation silencieuse qui faisait battre le cœur de Julia encore plus fort.
— On peut en parler… si tu veux, murmura Rosa en s'approchant encore un peu, ses lèvres à quelques centimètres de l'oreille de Julia. Je peux t'aider, tu sais. Ça se voit que t'as besoin de mettre un peu d'ordre dans ta tête, de comprendre ce que tu veux vraiment
Julia cligna des yeux, surprise par le ton direct et presque complice de Rosa. Elle ne s'attendait pas à cette réaction, à ce calme détaché, mais aussi à cette proposition inattendue.
— T'aider… à t'assumer, reprit Rosa avec un sourire un peu plus large, tout en haussant un sourcil. On pourrait, je sais pas… te créer une page sur une appli de rencontres gay ? Comme ça, tu pourrais explorer un peu, voir ce que tu veux, ce que t'aimes, sans te prendre la tête. Mais… faut que Léa ne sache rien. Ça resterait entre nous.
Julia la regarda, interdite, partagée entre l'incrédulité et la surprise. Elle n'avait jamais pensé à une chose pareille. S'inscrire sur une appli de rencontre gay ? Elle n'avait jamais osé s'imaginer le faire, encore moins en parler avec quelqu'un, surtout pas avec Rosa. Et pourtant, l'idée, aussi étrange soit-elle, ne lui semblait pas aussi farfelue qu'elle l'aurait cru.
— Une appli de rencontre… ? Sérieux ? demanda-t-elle, encore un peu hésitante, en se passant une main nerveuse dans les cheveux.
— Ouais, pourquoi pas ? Je connais quelques applis sympas. On pourrait te trouver un bon profil, mettre des photos cool, des descriptions pas trop clichées. Ça te permettrait de… tester.
Rosa, toujours assise en face de Julia, la dévisagea avec un sourire en coin, clairement amusée par l'idée de la voir s'afficher sur une appli de rencontres. Elle tapota la table avec ses doigts, réfléchissant déjà à la façon de présenter Julia sous son meilleur jour. Son regard parcourait le corps de Julia sans gêne, et elle se mit à parler avec une franchise déconcertante, comme si tout cela était une évidence.
— Sérieusement, Julia, tu ne te rends pas compte de ton potentiel. Tu devrais absolument mettre en avant ta poitrine. Elle est incroyable. Y'a pas une nana sur cette appli qui ne te remarquerait pas avec des seins pareils. Crois-moi, t'as de quoi rendre jalouse n'importe quelle nana sur ces applis.
Julia, prise de court, sentit un frisson d'embarras lui parcourir l'échine. Ses joues s'empourprèrent légèrement sous l'effet des paroles directes de Rosa, mais au fond, une partie d'elle ne pouvait s'empêcher de se sentir flattée.
— Et tes fesses… reprit Rosa en croisant les bras, l'air faussement sérieux. T'as des fesses parfaites. Le genre que le yoga façonne avec précision. Elles sont fermes, bien dessinées. C'est un atout que tu devrais absolument montrer. Crois-moi, y'a des filles qui ne jurent que par ça.
Julia, complètement prise au dépourvu, sentit son estomac se nouer. Elle ne savait plus où se mettre. Elle avait toujours pris soin d'elle, c'était vrai, mais entendre Rosa, cette jeune femme de 19 ans, la complimenter avec une telle assurance sur son corps la troublait plus qu'elle ne voulait l'admettre.
— Et tes fossettes… ajouta Rosa avec un sourire plus doux, un peu plus complice. Ces petites fossettes de milf, comme je les appelle, c'est ton arme secrète. T'as un visage adorablement sexy, Julia. Ça ferait des ravages.
Julia écarquilla les yeux, se sentant à la fois embarrassée et flattée au-delà du raisonnable. Rosa venait de la qualifier de milf sans une once de gêne. C'était surréaliste. Elle avait toujours vu Rosa comme la meilleure amie de sa fille, presque comme une gamine, mais là, elle la regardait comme une femme, et cette perspective la faisait vaciller.
— Eh bien… merci, je suppose, répondit Julia, légèrement troublée par toute cette attention. Je ne savais pas que tu pensais ça de moi.
Rosa haussa les épaules, comme si tout cela était parfaitement naturel.
— Mais bien sûr que si ! Tu sous-estimes complètement ton potentiel, Julia. T'es sexy, et tu dois l'assumer. Sérieux, tu ferais des ravages. Tu verrais les regards que certaines filles pourraient te lancer.
Julia sentit son cœur battre plus vite. Ce n'était plus juste des compliments légers ou des mots jetés au hasard. Rosa la voyait comme une femme désirable, et cela la chamboulait. Une partie d'elle se sentait flattée, presque excité par cette idée. Jamais elle n'aurait imaginé être vue de cette manière, surtout par une fille de l'âge de Rosa. C'était troublant, dérangeant, mais terriblement séduisant à la fois.
Après avoir terminé leur bol de Chocapic, Julia et Rosa restèrent un moment dans le silence de la cuisine, chacune perdue dans ses pensées. La tension entre elles flottait toujours dans l'air, cette tension nouvelle qui n'avait rien à voir avec de simples céréales ou une conversation entre deux amies. Julia se leva lentement de la table, le bol encore entre les mains, et le déposa dans l'évier. Elle se tourna vers Rosa, un sourire fatigué aux lèvres.
— Bon… il est tard, on ferait mieux d'aller se coucher, murmura Julia, sentant la fatigue peser lourdement sur elle.
Rosa hocha la tête en étouffant un bâillement. Elle se leva aussi, non sans jeter un dernier regard à Julia, un regard plein de cette lueur complice qu'elle avait tout au long de la soirée. Les deux femmes quittèrent la cuisine et se dirigèrent vers le couloir qui menait aux chambres, leurs pas résonnant faiblement dans le silence de l'appartement.
Arrivées dans le couloir, devant leurs chambres respectives, l'atmosphère devint presque électrique. Julia sentait encore sur elle le regard de Rosa, celui qu'elle avait eu en la complimentant, en détaillant sans gêne ses courbes, ses atouts. Ces mots résonnaient encore dans sa tête, et elle ne pouvait pas s'empêcher de ressentir un mélange d'excitation et de trouble.
Arrivée devant la porte de sa chambre, Julia s'arrêta. Elle posa la main sur la poignée, prête à entrer et se laisser tomber dans son lit pour oublier la confusion de cette soirée. Mais alors qu'elle tournait la poignée, un doute, une pensée fugace, la traversa. Elle sentit son cœur battre plus fort pendant une seconde. Est-ce que je devrais… lui proposer de dormir avec moi ?
Cette pensée la frappa de plein fouet, presque comme un réflexe inconscient, un besoin impérieux de prolonger cette proximité, ce jeu qui s'était installé entre elles. Julia sentait encore la chaleur du corps de Rosa contre elle, se souvenait de ses compliments crus, de la manière dont elle avait caressé ses épaules en lui promettant de l'aider à s'assumer. Tout cela la troublait bien plus qu'elle n'aurait voulu l'admettre. Une part d'elle avait envie d'aller plus loin, de voir jusqu'où cette tension pouvait mener.
Ses doigts se crispèrent sur la poignée, son corps partagé entre la prudence et le désir. Et si je la faisais venir dans mon lit ? L'idée la fit frissonner. Elle aurait pu se retourner, lui dire simplement, d'une voix douce, un peu trop innocente pour être vraie : Viens dormir avec moi, ce sera plus confortable que le lit de Léa. C'était tentant, si tentant.
Rosa, qui était encore là, juste derrière elle, semblait attendre. Julia sentait son regard sur elle, pesant, comme si elle devinait son hésitation. Elle aurait pu dire un mot, un simple mot, et Rosa aurait sans doute accepté. Après tout, tout ce qu'elles avaient partagé cette nuit, cette complicité mêlée à une tension presque sensuelle, tout cela n'était pas anodin.
Elle tourna légèrement la tête, prête à parler, prête à franchir cette limite qu'elle savait dangereuse. Mais une voix intérieure l'arrêta net, la culpabilité l'envahissant brusquement. C'est la meilleure amie de ta fille, merde. Julia se mordit la lèvre, le cœur battant à tout rompre, hésitant entre l'interdit et la raison. Rosa sembla capter cette hésitation, mais ne dit rien. Au lieu de cela, elle sourit doucement, un sourire plein de sous-entendus, presque comme si elle savait exactement ce qui se passait dans la tête de Julia.
— Bonne nuit, Julia, murmura Rosa, sa voix traînante, laissant planer un soupçon de provocation.
Puis elle tourna les talons…
- Voir l'histoire : Vacances, Maman hollandaise et Camping (10), L'anniversaire d'Anissa.
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Tankini-R
20 novembre 2024 à 20:36
Cool l'ambiance!! :p la petite va y passer?
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kinky
3 novembre 2024 à 20:58
Depuis le temps que j'attendais une suite à cette histoire :D, je suis déjà team Rosa!! hihi
Soyez respectueux
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Photo de profil de Moutcho
Moutcho
2 novembre 2024 à 21:37
Magnifique
Soyez respectueux
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Photo de profil de ceventis
ceventis
1 novembre 2024 à 15:09
Bravo
On se laisse emporter par cette très belle description des sentiments instants suspendus . On voit les regards se croiser on se sent presque de trop et pourtant ton histoire est palpitante et mérite une suite .
Merci
Soyez respectueux
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Photo de profil de fab-io72
fab-io72
31 octobre 2024 à 17:46
Quel plaisir de retrouver Julia après tant d'années. Toujours aussi exquis à lire. En espérant une suite.
Merci pour ce partage
Soyez respectueux
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Photo de profil de assas78
assas78
31 octobre 2024 à 16:44
Jolie histoire. Une suite, j'espère
Soyez respectueux
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