Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le cri — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le cri
Chapitre 1
— Santé !
— A notre amitié !
— A notre amitié !
Deux verres de vin qui trinquent l'un avec l'autre. Deux amies qui se retrouvent après la tempête de leurs divorces respectifs. Une soirée papotage, pour rattraper le temps.
— En tout cas Claire, dit Sylvie, je tiens à te remercier d'aller chercher Jules à l'école. Depuis que je suis seule, j'ai du mal à joindre vie professionnelle et vie familiale.
— Tu as de la chance que j'ai emménagé non loin, rit Claire. Et que je n'aie pas d'enfants !
— Tu as de la chance que j'ai emménagé non loin, rit Claire. Et que je n'aie pas d'enfants !
Il y eut un silence. Le fantôme d'une parole qui aurait dû être dite, mais qui ne le fut pas. Quelque chose comme "Et puis, je me suis toujours un peu occupée de lui !". Sylvie trouva ce silence bizarre un court instant, puis l'oublia. Jusqu'à ce que cet instant lui revienne comme un boomerang dans la figure, plus tard dans la soirée.
*
Les verres s'étaient vidés, et remplis de nouveau. Puis vidés. La première bouteille de vin n'était déjà plus qu'un souvenir, plutôt brumeux d'ailleurs. Sylvie aurait dû s'y attendre. Claire avait toujours été plus excessive qu'elle, plus remuante, plus bavarde. Dans une pièce, c'était Claire qui occupait généralement l'espace, pas la discrète Sylvie.
L'espace... et la discussion. Sylvie avait commencé par dire que depuis qu'elle était célibataire, elle recherchait juste quelqu'un de bien. Claire avait embrayé en disant qu'elle avait peur de ne plus être attirante depuis qu'elle avait atteint les cinquante ans. Sylvie avait hoché la tête. Claire n'avait pas changé... Pour elle, le plus important, c'était d'être attirante, pour attirer les hommes dans sa couche. Le reste venait après.
L'espace... et la discussion. Sylvie avait commencé par dire que depuis qu'elle était célibataire, elle recherchait juste quelqu'un de bien. Claire avait embrayé en disant qu'elle avait peur de ne plus être attirante depuis qu'elle avait atteint les cinquante ans. Sylvie avait hoché la tête. Claire n'avait pas changé... Pour elle, le plus important, c'était d'être attirante, pour attirer les hommes dans sa couche. Le reste venait après.
D'autres verres avaient été vidés, et la discussion de Claire devenait de plus en plus osée, voire franchement salace. Sylvie aurait dû l'arrêter, ou du moins tenter de changer la conversation, mais, grisée par le vin, elle l'écoutait, fascinée. Claire venait d'avouer qu'elle regardait souvent des vidéos pornos, et ses préférées semblaient être celles avec des cougars...
— Des vidéos de félins ? fit Sylvie, qui n'avait pas compris le rapport avec les vidéos de charme.
— Mais non ! rit Claire, du rire qu'elle avait quand elle commençait à être ivre. Des vidéos avec un homme et une femme qui couchent ensemble. L'homme est jeune, plein de vie, et la femme le séduit pour avoir ce qu'elle veut.
— Mais non ! rit Claire, du rire qu'elle avait quand elle commençait à être ivre. Des vidéos avec un homme et une femme qui couchent ensemble. L'homme est jeune, plein de vie, et la femme le séduit pour avoir ce qu'elle veut.
Claire soupira, pleine d'envie. Sylvie ne savait pas s'il elle devait être choquée ou fascinée par ce nouvel aspect de Claire. Elle avait toujours été crue, mais quand même !
— C'est ça que tu recherches ?
— Oui, tu t'imagines ? Apprendre à un jeune à s'occuper de toi, ce qui te fait jouir... On prendrait plus notre pied au pieu qu'avec nos ex-maris !
— Oui, tu t'imagines ? Apprendre à un jeune à s'occuper de toi, ce qui te fait jouir... On prendrait plus notre pied au pieu qu'avec nos ex-maris !
Sylvie hocha la tête sans conviction. Le sexe ne l'intéressait que modérément, mais espérant un potin, elle la relança :
— Tu as quelqu'un en vue ?
— Oui ! Claire rit, un peu gênée, ce qui ne lui ressemblait pas. Oh putain, j'ai trop bu.
— Oui ! Claire rit, un peu gênée, ce qui ne lui ressemblait pas. Oh putain, j'ai trop bu.
C'est à ce moment-là que Jules, de retour de sa soirée, passa dans le salon pour leur souhaiter bonne soirée et pour leur faire la bise. Et que Sylvie vit comment Claire regardait son fils...
*
Claire... Si Jules devait la résumer à une seule sensation, ce serait celle de son parfum. D'abord léger et frais, évoquant une douce journée de printemps, mais avec ensuite une profondeur plus troublante, le genre de parfum qui restait dans les narines, même après le départ de la personne qui le portait.
Bon. Il n'y avait pas que cela. Ici, dans le secret de ses pensées, il pouvait être honnête avec lui-même ! Claire, c'était son parfum... et son décolleté. Voire peut-être même l'inverse.
Il se souvenait de moments où il osait y jeter un coup d'œil, et des premiers émois que cela lui avait procurés. Il avait l'impression que parfois, tout le monde le voyait faire, et essayait de résister à la tentation... mais n'y parvenait que rarement.
Bon. Il n'y avait pas que cela. Ici, dans le secret de ses pensées, il pouvait être honnête avec lui-même ! Claire, c'était son parfum... et son décolleté. Voire peut-être même l'inverse.
Il se souvenait de moments où il osait y jeter un coup d'œil, et des premiers émois que cela lui avait procurés. Il avait l'impression que parfois, tout le monde le voyait faire, et essayait de résister à la tentation... mais n'y parvenait que rarement.
Mais pourquoi pensait-il à Claire ? Ce n'est qu'en s'approchant de chez lui qu'il comprit. Sa voiture était garée devant la maison. Son inconscient avait dû repérer la Mercedes un peu avant, et lui faire penser à elle...
Ah, sa mère et elle avaient sans doute fait une soirée entre copines pendant qu'il était au cinéma. Peut-être pourrait-il en profiter pour avoir une petite discussion avec Claire, lui demander comment elle allait. Son divorce avait été très dur pour elle, sa mère et lui n'avaient pu la voir durant de longs mois. Elle n'avait même pas pu être présente pour l'anniversaire de ses 18 ans ! Dernièrement, elle allait le chercher à l'école pour aider sa mère, mais elle était fort concentrée sur le trafic et ils n'échangeaient que quelques rares paroles.
Ah, sa mère et elle avaient sans doute fait une soirée entre copines pendant qu'il était au cinéma. Peut-être pourrait-il en profiter pour avoir une petite discussion avec Claire, lui demander comment elle allait. Son divorce avait été très dur pour elle, sa mère et lui n'avaient pu la voir durant de longs mois. Elle n'avait même pas pu être présente pour l'anniversaire de ses 18 ans ! Dernièrement, elle allait le chercher à l'école pour aider sa mère, mais elle était fort concentrée sur le trafic et ils n'échangeaient que quelques rares paroles.
— Bonsoir ! dit-il en entrant dans la pièce.
Sa mère et Claire sursautèrent, elles ne l'avaient pas entendu venir. Sa mère était rouge pivoine, comme si elle avait été surprise à faire quelque chose d'interdit. Claire, elle, ne semblait avoir honte de rien. Mais elle le regardait bizarrement, pas comme d'habitude. Avec attention. Avec envie ? Le regard était soutenu, grave, sans ce gentil sourire qu'elle lui réservait normalement.
Plusieurs bouteilles de vin étaient sur la table, elles devaient être ivres...
Plusieurs bouteilles de vin étaient sur la table, elles devaient être ivres...
Jules s'approcha pour faire la bise à sa mère, qui se leva à moitié, maladroite. Claire, elle, resta assise bien droite, laissant le jeune homme dû se pencher. Il ne put s'empêcher de regarder, comme il ne l'avait plus fait depuis longtemps. Elle, son visage, mais aussi là où il n'aurait pas dû. Claire était toujours cette rousse flamboyante qu'il avait connue, mais le temps avait laissé sa marque : ses cheveux étaient désormais striés de gris, et son visage semblait plus lâche. Il n'y avait pas de rides visibles, mais en s'approchant, Jules comprit que c'était grâce à une couche de maquillage soigneusement appliquée. Ses yeux, soulignés d'un trait de khôl un peu trop appuyé, brillaient d'une intensité presque artificielle, comme si elle avait voulu forcer leur éclat.
Mais c'était son décolleté, plus généreux qu'autrefois, qui captait vraiment son attention. Là où, adolescent, il ne savait qu'entrevoir la naissance de ses seins, il pouvait maintenant plonger le regard plus loin et mieux admirer leur forme. Sa poitrine, plus lourde qu'avant, semblait peser davantage sur le tissu noir de sa robe, comme si le temps l'avait rendue plus généreuse encore. Le parfum, lui, était le même, mais Jules n'y fit pas attention.
Troublé, Jules oublia ses projets de discussion avec Claire et préféra leur souhaiter une bonne nuit et rentrer dans sa chambre.
*
Peu après, une fois dans sa chambre, Jules entendit le ton des voix de sa mère et de Claire monter en volume. Cela devenait même des cris. Il lui semblait comprendre que sa mère interdisait à Claire de le voir ? Il entrouvrit la porte pour mieux entendre, mais ce n'était pas la peine : un cri, plus fort que les autres, lancé par Claire, claqua dans toute la maison.
— JE COUCHERAI AVEC JULES !
Jules fut comme paralysé par le choc. Quoi ? Coucher avec lui ?
Il referma discrètement la porte. Il ne comprenait pas. Oui, il y avait eu ce regard il y a quelques minutes dans le salon. Ou alors y avait-il eu des signes dans la voiture quand elle allait le chercher à l'école ? Si c'était le cas, il n'avait rien remarqué...
Il se demanda ce que cela faisait de faire l'amour avec elle... Non. Ne pas y penser ! Claire ne tenait plus l'alcool, et demain tout s'arrangerait. Il n'avait qu'à faire comme s'il n'avait rien entendu.
Il referma discrètement la porte. Il ne comprenait pas. Oui, il y avait eu ce regard il y a quelques minutes dans le salon. Ou alors y avait-il eu des signes dans la voiture quand elle allait le chercher à l'école ? Si c'était le cas, il n'avait rien remarqué...
Il se demanda ce que cela faisait de faire l'amour avec elle... Non. Ne pas y penser ! Claire ne tenait plus l'alcool, et demain tout s'arrangerait. Il n'avait qu'à faire comme s'il n'avait rien entendu.
Peu après, il entendit sa mère monter l'escalier lentement, s'arrêter devant sa porte... et repartir en direction de sa chambre.
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