Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
les tourterelles — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
les tourterelles
Chapitre 2
La routine du train s'est installée doucement. Je m'asseyais sur mon carré central pour lire ou consulter mon ordinateur. Chaque jour, je guettais mes tourterelles, appréciant leurs tenues, sexy mais sans excès, de deux jeunes apprenant à mettre leurs corps en valeur. Nous échangions des sourires, des petits hochements de tête pour nous saluer. Un matin, alors qu'elles se sont glissées sur les places derrière moi, j'ai fait semblant de mettre mon casque pour les espionner sournoisement...
J'appris ainsi que la brune s'appelait Stéphanie et la blonde Clotilde. J'écoutais, amusée, et un peu nostalgique de mes années lycée, les commentaires sur les élèves qui partageaient leur quotidien et, avec plus d'intérêt les anecdotes qui portaient sur leur professeur de lettres. Avec leurs mots, leur naïveté, je devinais le charme qui s'opérait sur mes tourterelles et une certaine forme de trouble naissant envers cette adulte.
Elles prirent l'habitude de s'assoir derrière moi et, aux regards échangés avec Clotilde, j'ai commencé à me demander si ce positionnement était totalement fortuit. Ces voyages matinaux, ces demi-heures quotidiennes, me renseignèrent sur leurs habitudes, leurs goûts tant en matière de tenues, de musique ou de sexualité. Leurs confidences me provoquaient de doux émois. Toutes les deux avaient, disaient-elles, connu quelques aventures masculines, plus ou moins réussies, et Clotilde qui semblait pourtant la plus prude avoua qu'elle avait embrassé une fille lors d'un séjour à l'étranger. Je la devinais rougissante en se confiant à son amie. Le commentaire de Stéphanie dans lequel pointait une note de jalousie m'a tout autant ravi. Cet aveu et les détails sur leur enseignante qui assurait ses cours avec un jean en cuir ou des chemisiers en dentelles éveillèrent en moi des sentiments troubles.
Répondant à une de mes prières silencieuses, elles se sont assises avec moi un vendredi matin. Je portais ce jour-là un tailleur pantalon assez chic et sérieux. Faussement gênées d'empiéter sur mon espace, elles se glissèrent sur les sièges face à moi. Durant cet instant, tous mes sens analysèrent cette intrusion tant désirée. Clotilde, presque virginale sentait le shampoing à la pomme. Ballerines, jambes nues, jupette sage au-dessus du genou, polo rose et queue-de-cheval, entre la petite fille modèle et l'étudiante BCBG, la politesse incarnée s'installa en s'excusant avec le sourire. On devinait le défi qu'elle avait dépassé pour venir se joindre à moi.
Je complimentais Stéphanie pour sa nouvelle coupe, un joli carré court qui dégageait sa nuque fine. A peine plus grande que son amie, elle avait un peu plus de formes qu'elle, de muscles aussi. On devinait les heures de sports, qu'elle mettait en valeur dans un legging noir. La douceur automnale lui permettait de porter un débardeur si court que, chaque fois qu'elle bougeait, on voyait son ventre plat et ses abdos. Elle surprit mon regard attiré par son nombril rond, et me gratifia d'un sourire complice. Je rangeais la table qui nous séparait, en prenant le temps de leur laisser voir le magazine Causette que je lisais. La une du journal ne laissait aucun doute sur l'orientation lesbienne de la revue. Fière de ma petite provocation, je suivais leurs regards, leurs réactions, oscillant entre une gêne discrète et un intérêt à peine dissimulé.
Ce premier contact fut léger et charmant. Elles m'apprirent ce que je savais déjà et que je feignis de découvrir. Je leur parlais de moi, de mon métier, glissant quelques informations supplémentaires sur mon célibat ... Clotilde buvait mes paroles et Fanie, que je fus autorisée à appeler par son diminutif, se la jouait indifférente sans négliger à la conversation.
Prétextant la chaleur, je poussais mes provocations en retirant ma veste. Je portais ce matin-là un body dont on ne voyait que la partie haute. Sans manche et à col roulé, moulant, blanc, il aurait été disgracieux de le porter avec un soutien-gorge. Ma poitrine moulée et maintenue par le tissu tendu aimanta les regards de mes deux tourterelles. Je souriais intérieurement de mon effet et repris tranquillement le fil de la conversation. Les joues de Clotilde se couvrirent d'un rose délicat et Fanie prit quelques secondes avant de fermer la bouche.
Sauvées par l'arrivée en gare, nous nous saluâmes poliment, non sans nous donner implicitement rendez-vous lundi pour notre prochain voyage. Restée en arrière de son amie, je glissais mon magazine dans le sac de Clotilde en lui chuchotant, cette revue avait l'air de vous intéresser. Rouge comme une pivoine, elle disparut le sourire aux lèvres.
Je dois avouer que cette première confrontation m'a troublée plus que de raison. J'avais été séduite par mes deux tourterelles. Je sentais que j'avais aiguillonné leur curiosité, mais il ne fallait pas non plus trop brusquer leur timidité pour gagner leur confiance et, qui sait... ce qui pourrait se passer.
Le week-end arriva et je pus me consacrer un peu à moi. Les tâches ménagères évacuées, le jardin entretenu, il était temps de me reposer. C'est depuis mon bain que j'imaginais des scénarii pour séduire mes tourterelles. Un verre de vin blanc sur le rebord de ma baignoire, ma main glissée entre mes cuisses dodues (sans être grosses non plus !) je me caressais en pensant à elles. L'eau chaude diluait ma cyprine. Mon index trouva automatiquement mon clitoris qui réagit rapidement. Mes seins mus par la poussée d'Archimède remontaient à la surface de l'eau, transformant mes tétons en deux petites bouées roses. Vapeur, chaleur, transpiration, mon corps luisait, réceptif à ma caresse.
Je rêvais à mes deux naïades nues au bord de la piscine, se massant avec de l'huile solaire lors d'un torride moment estival. Deux corps gracieux et juvéniles offerts à ma contemplation par deux diablesses lascives prenant des poses d'une incroyable impudeur. Dans ce rêve érotique, elles se caressaient avec passion, je regardais leurs mains glisser sur de jeunes seins fermes et tendus. Leurs baisers fougueux exprimaient un amour sans limites. Leurs corps étaient des invitations aux explorations les plus licencieuses. Leurs sexes ourlés suintaient de mouille, recueillie soit par une langue gourmande soit par un doigt indiscret. Tournant, glissant l'une sur l'autre, je vis deux mains se poser sur une paire de fesses, écartant les deux pommes pour me montrer cet orifice attirant qu'elles avaient appris à explorer, à goûter, à offrir oubliant toute morale.
Les yeux mi-clos, ma main droite triturait avec bonheur mon clitoris, m'arrachant des gémissements que je dédiais à mes anges pervers. Le songe érotique embrumait mon esprit de pulsions lubriques. Plongée dans mon bain chaud, ma main gauche trouva aisément le chemin vers ma raie et, pensant à cet anus imaginaire, deux de mes doigts tendus glissèrent dans le mien.
Me sodomisant avec passion, branlant mon bouton de chair de plus en plus vite, je voulais jouir. Jouir en pensant à elles, jouir avec elles, jouir d'elles. Mes mouvements de plus en plus amples provoquaient des vagues qui inondaient ma salle de bain, mais cette urgence de plaisir était plus forte que la raison. L'orgasme déferla en moi. Libérateur, il déclencha des spasmes et des contractions qui me laissèrent pantelante, et le relâchement vida ma vessie, ultime preuve de la puissance de mon plaisir.
Sans qu'elles ne deviennent une obsession, mes tourterelles occupaient mon esprit. En même temps, elles boostaient mon capital séduction. J'avais envie de leur plaire, de les attirer dans mes filets, de les faire succomber.
Après ce bain et mon rêve qui avait sérieusement contribué à mon plaisir solitaire, je sortis ma boîte à bijoux. Je sélectionnais une paire de barbells en acier, bien décidée à orner mes tétons de ces bijoux de métal. Aidée du miroir, qui me renvoyait l'image d'une femme nue aux seins lourds, au ventre plat, à la vulve lisse et joufflue, je l'enfonçais, la première tige dans le piercing de ma pointe tendue. Sans s'être refermé, le petit trou s'était resserré et une douleur fugace se rependit dans ma poitrine lorsque je poussais. Une fois mon téton traversé, je vissais la petite boule d'acier pour contempler mon téton rouge entre ses deux perles chromées. Le second sein orné, j'appréciais le changement.
C'est fou comme deux petits morceaux de métal peuvent nous transformer.
Les voir sur moi a fait remonter une vague de souvenirs et d'émotions, autant de moments de vie. Pourquoi l'avais-je fait, pour qui l'avais-je fait, la douleur du percement, la fierté de l'avoir supporté et d'offrir cette douleur à celle que j'aimais. Ce petit sacrifice fut une étape dans le processus qui a fait de moi une autre femme, plus forte, plus sûre d'elle.
(Je reviendrais peut-être sur cette période de ma vie une autre fois...).
Les voir sur moi a fait remonter une vague de souvenirs et d'émotions, autant de moments de vie. Pourquoi l'avais-je fait, pour qui l'avais-je fait, la douleur du percement, la fierté de l'avoir supporté et d'offrir cette douleur à celle que j'aimais. Ce petit sacrifice fut une étape dans le processus qui a fait de moi une autre femme, plus forte, plus sûre d'elle.
(Je reviendrais peut-être sur cette période de ma vie une autre fois...).
Sans stratégie planifiée, je les retrouvais à nos places attitrées, toutes les trois dans notre wagon habituel. Ma première surprise vint de Fanie. C'est elle qui me rendit en rosissant la revue prêtée à Clotilde. Mes tourterelles avaient lu, toutes les deux... Je rompis le silence avec amusement en leur confirmant mon homosexualité et, pour détendre l'atmosphère, que ce n'était pas contagieux. Leurs rires discrets et le regard brillant de Clotilde me confirmèrent que le sujet les intéressait. A mots choisis, j'expliquais que l'orientation sexuelle n'était pas un choix, mais une nature. Que mon attirance pour les femmes a toujours été une évidence, et j'avais eu la chance d'avoir des parents compréhensifs. La revue nous aida à aborder la majorité des orientations. J'abandonnais mes tourterelles à leurs doutes et aussi à la découverte d'un nouveau monde à explorer sans que la morale ou le jugement ne doivent interférer.
Seule le soir, je feuilletais le magazine et dans un coin de page, je lus dans une jolie écriture Clotilde et un numéro de téléphone. Touchée par ce petit échange discret, j'envoyais un SMS à la jolie blonde, avec mon numéro de tel, mon adresse et "tu appelles ou tu passes quand tu veux".
Les voyages de la semaine virent notre complicité croitre. Elles me parlaient de leurs aventures avec les garçons ou de leurs questionnements avec une franchise rafraichissante. Nous avons commencé à nous faire la bise, ce qui permit à Clotilde de me murmurer un merci discret à l'oreille. A leur demande et pour faire leur éducation, dirent-elles amusées, je leur confiais des revues ou des livres dont elles ignoraient l'existence, mais dans lesquelles lesbianisme et érotisme avaient la part belle. Je les sentais en confiance. Sans se dévergonder, je voyais s'épanouir une féminité plus assumée. Je crus même deviner que, certains matins, l'une ou l'autre ne portait pas de soutif. Un regard appuyé de ma part, un sourire timide mais complice confirmait mon impression. Mes tourterelles commençaient à regarder au-delà du nid. Ces jeux de regards sont devenus des petits défis quotidiens.
Chacune de nous cherchait l'indice de séduction offert par une des autres. Une jupe assez courte pour que l'on devine des bas plutôt que des collants, un top moulant sans soutien-gorge, un jean taille basse avec string qui dépasse, escarpins à hauts talons, je ne suis pas sûre, mais je crois même qu'un marin, Fanie portant un leggings sans culotte jusqu'à la forme de mes piercings dessinés pas un pull... Notre connivence croissait régulièrement...
Et un samedi matin, je trouvais sur mon portable un message inespéré "bjr Jane, je peux passer vous voir ? clo. ". J'invitais donc la tourterelle à passer prendre le café.
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Commentaires ()
Les « tourterelles » de l’histoire ne sont plus des petites filles semble-t-il.
Je condamne évidemment la pédophilie, mais il faut raison garder.
Sinon il faudrait envoyer au pilori toute la littérature qui traite de meurtres sous prétexte que c’est interdit par la loi.
il faut profiter que la fiction offre plus de libertés que le code pénal.
Quant aux considérations, anatomiques, la miction est plus aisée que l'éjaculation féminine, mais ce sont deux plaisirs différents et complémentaires.
Vos deux tourterelles sont décrites comme lycéennes. Je n'ai pas le souvenir d'avoir lu la petite précision d'usage comme quoi elles sont certes au lycée, mais sont néanmoins majeures...
Attention à ne pas vous faire censurer, ce qui serait parfaitement dommage, car votre histoire et la montée du processus de séduction sont très bien amenés.
Une autre chose qui m'a beaucoup plu, c'est une des rares fois où l'on peut lire que le grand relâchement liquidien concomitant de l'orgasme féminin (le squirt) vient de la vessie et non de quelques minuscules glandes urétrales. Merci pour cette précision.
baisers tendres à ma consœur Agnès dont j'ai dégusté les mots comme la rosée de Clotilde
Des mots avec lesquels se mêle charme et séduction. Beaucoup de sensualité dans ce jeu du chat et de la souris. Un jeu amoureux parfaitement dépeint avec subtilité et véracité.
J’ai hâte de lire la suite que tu nous proposeras certainement très rapidement.
En attendant la suite un grand merci pour ce récit.