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Couverture de Justine ou les bonheurs de la vertu, par Isa_belle
Couverture de Justine ou les bonheurs de la vertu, par Isa_belle
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Justine ou les bonheurs de la vertu — Chapitre 4

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Isa_belle
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Justine ou les bonheurs de la vertu

Chapitre 4

Les jours qui suivirent, Mme Grinon sembla ne plus prêter aucune attention à Justine. Elle se comportait sans agressivité, mais avec une indifférence complète. En s'adressant à Justine, elle la gratifia même d'un "Mademoiselle" dont celle-ci ne comprit pas s'il était destiné à donner le change au reste de la classe ou à signifier l'effacement de relations privilégiées dont l'usage de son prénom fut un signe.
Comment progresser ? se demanda Justine.
Tous les mois, Mme Grinon demandait à ses élèves de lui rentrer une dissertation écrite. Cette fois, le sujet était une phrase de Platon qu'il fallait commenter et illustrer : " Mon but n'est pas de faire accepter pour vrai par les assistants le langage que je tiens (ce que je n'aurai à cœur que par surcroît), mais de juger moi-même, le plus possible, qu'il a ce caractère. "
Habituellement, Justine se sortait très bien de ce genre d'exercice. Mais cette fois, la rédaction fut très laborieuse et, lorsqu'elle remit sa copie à Mme Grinon, elle avait le cœur qui battait la chamade. Il est vrai qu'elle avait pris cette fois un grand risque. Le soir même, lisant cette copie, Mme Grinon découvrit en effet ceci :
" En s'exprimant comme il le fait, Socrate - car il s'agit de lui - met en cause la propension que nous avons tous à préférer convaincre les autres de partager nos opinions. Or, il serait plus avisé de vérifier sans cesse si nos opinions méritent d'être partagées, autrement dit si ce qu'elles renferment est vrai.
Il va de soi que ce conseil est des plus judicieux dès lors qu'il s'agit d'opinions qui portent sur des faits. Les conquêtes de la science nous ont en effet montré que la circonspection était de mise pour parler de la vérité des choses, mais que, en respectant la rigueur dans la méthode, nous pouvions aboutir à écarter bien des erreurs.
Mais lorsqu'il s'agit des jugements, des sentiments, des désirs, le respect du conseil de Socrate est autrement compliqué. D'abord, bien sûr, parce que nous sommes beaucoup plus impliqués et, par conséquent, plus facilement portés à préserver nos intérêts et nos préférences, plutôt que la vérité. Ensuite parce que, en ce domaine, il est difficile de savoir ce que l'on peut appeler la vérité.
Prenons un exemple.
Imaginons que je sois attirée par une autre personne. J'ai le sentiment de l'aimer et de la désirer. Quelle que soit l'origine de ce sentiment, je suis contrainte de le prendre pour ce qu'il est. Il est vrai. Je peux évidemment me dire qu'il serait éventuellement souhaitable que je n'aie pas ce sentiment, ou que je m'en débarrasse. Mais je ne puis nier que, ici et maintenant, j'aime et je désire la personne.
Imaginons maintenant que l'autre personne, informée du sentiment que je lui porte, prétende que ce sentiment n'est pas partagé, alors même qu'il l'est. Ce qui dicte son attitude relève d'un calcul, à savoir que la rencontre de ces sentiments réciproques provoquerait des bouleversements de vie malaisés à gérer.
En pareil cas, cette personne veut me faire partager l'opinion qu'elle ne m'aime pas, ou qu'elle ne me désire pas, alors que cette opinion n'est pas vraie. Si Socrate pouvait connaître son cœur et ses sens, il lui conseillerait de dire la vérité... ou de se taire. Et si elle avait déjà menti, elle ne pourrait plus se taire. On aperçoit ici combien le projet de Socrate est ambitieux et compliqué. Il suppose que, dans le domaine des sentiments, des jugements et des désirs, le silence ne soit rompu qu'en faveur de la vérité, même si cette vérité est dure à gérer.
Je suis personnellement d'accord avec Socrate. En effet, si la vérité des sentiments et des désirs est parfois très difficile à gérer, ces difficultés mêmes font partie de la vérité et doivent à leur tour être acceptées par chacun. Tant et si bien que, quelle que soit la façon dont les choses peuvent évoluer, la vérité reste préférable au mensonge. "
Lorsque le jour de la remise des copies vint, Justine était inquiète, une inquiétude qui fut cependant tempérée par une découverte qui la laissa perplexe. Au moment où Mme Grinon s'installa à son bureau, elle croisa les jambes et, l'espace d'un instant, Justice aperçut la couture d'un bas. De deux choses l'une : ou bien sa prof mettait régulièrement des bas et le hasard seul avait voulu que, le jour où elles décorèrent ensemble le réfectoire, elle avait exceptionnellement mis des collants ; ou alors elle s'était pliée à son conseil. Comment savoir ?
Mme Grinon égrena les notes et les commentaires. Quand le tour de Justine vint, elle dit :
— Sur le plan de la forme, même si votre travail est un peu court, il est de bonne qualité. Mais sur le fond, par contre, c'est irrecevable. La phrase de Platon évoque la vérité des assertions et vous l'avez fait glisser vers la sincérité ; elle évoque le travail sur soi-même et vous l'avez fait glisser vers le jugement d'autrui. Désolée, mais tout est erroné. Je vous ai mis la moitié des points.
Justine se sentit rougir. Elle ne pouvait donner totalement tort à sa prof. Elle avait évidemment détourné le propos du philosophe. Mme Grinon leva les yeux sur elle, découvrit sa rougeur et rougit à son tour.
— Venez me voir après la classe, s'empressa-t-elle d'ajouter. Et elle poursuivit l'annonce des résultats.
Lorsque toutes ses condisciples eurent quitté la classe, Justine s'approcha du bureau de Mme Grinon.
— Vous l'avez fait exprès, fit celle-ci, plus affirmative qu'interrogative.
— J'admets avoir été infidèle à Platon, répondit Justine. ... mais seulement à Platon.
— Que voulez-vous dire ?
— Je veux dire que ma dissertation repose sur l'hypothèse que l'autre est attirée par moi et n'ose pas l'admettre, alors que moi je lui ai avoué mes sentiments et mes désirs. À cet égard, je suis en quelque sorte plus fidèle que l'autre, plus fidèle à la vérité, plus sincère.
— Vous jouez au chat et la souris, Mademoiselle.
— Vous m'appeliez Justine...
— Justine, concéda-t-elle en réprimant un léger sourire.
Un long silence suivit dont Julie craignait de mal interpréter le sens.
— Lorsque je vous ai menacée de tout dire à la directrice, fit-elle alors, c'était indigne, j'en conviens. Mais je voulais vous permettre de tirer prétexte de la contrainte pour vous laisser aller à ce que vous désirez. En réalité, jamais je ne dévoilerai ce qui se passe entre nous ...à personne.
— Mais il ne se passe rien entre nous, murmura Mme Grinon.
— Etes-vous sûre ?
Voyant à nouveau la rougeur envahir le visage de sa prof, Justine poursuivit :
— Vous ne pouvez plus nier. C'est inutile. Je suis persuadée que si, aujourd'hui, je retroussais à nouveau ma jupe et que je m'approchais de vous, vous ne pourriez résister à l'envie de poser vos mains sur moi et de baisser mon slip pour caresser ma chatte.
— Taisez-vous, souffla Mme Grinon, à présent écarlate.
— C'est très dur de me l'avouer. Mais c'est aussi sans doute un plaisir... Vous avez autant envie de moi que j'ai envie de vous ?... Dites-le !
La prof restait silencieuse, manifestement en proie à un combat intérieur.
— Avouez-le-moi, insista Justine. Vous me désirez ?
Alors, d'une voix à peine audible, Mme Grinon murmura :
— Oui.
Justine se pencha, déposa un léger baiser sur les lèvres de sa prof et sortit précipitamment.
Le même soir, alors qu'elle étudiait dans sa chambre, la mère de Justine lui apporta le téléphone portable.
Mme Grinon souhaitait lui parler. Justine s'empara du combiné et attendit que sa mère ait refermé la porte.
— Allô ?
— Bonsoir Justine.
— Bonsoir Madame.
— Excuse-moi de te déranger...
— Vous ne me dérangez pas, vous le savez bien, lança Justine en notant avec émotion que sa prof l'avait tutoyée, pour la première fois.
— Je voulais juste te dire ceci, pour éviter tout malentendu : je t'ai avoué tout à l'heure l'affection que je te porte ; je ne le regrette pas ; mais je ne veux pas que tu te méprennes : cette affection est sans ambiguïté ; elle ne signifie pas que j'approuve les folies qu'il t'est arrivé de me dire. Après un court silence, Justine objecta :
— Vous ne m'avez pas dit que vous aviez de l'affection pour moi. Vous m'avez dit que vous me désiriez !
— Si tu ne veux pas de mon affection, n'en parlons plus.
— Si, bien sûr que si. Mais je ne comprends pas vos réticences...
— Je pense que tu comprends très bien ce que je veux dire, coupa Mme Grinon. Tu dois cesser de vouloir sans cesse me piéger. Et alors nous serons de bonnes amies.
— Est-ce moi qui vous piège ou ... ?
— Voilà, interrompit-elle, je préférais clarifier les choses entre nous. Bonsoir Justine, passe une bonne soirée.
— Mais...
Elle avait raccroché.
Le temps de consulter le bottin pour y trouver le numéro et Justine la rappelait.
— Madame ?
— Justine ?
— Oui.
— Qu'y a-t-il ?
— Je voudrais vous demander...
— Quoi ?
— Je dois vous dire certaines choses. Puis-je parler à mon amie, me confier ?
— Je ne veux plus devoir...
— Non, fit Justine, je ne vous demanderai rien. Seulement m'écouter.
Après un silence, Mme Grinon dit :
— Soit.
— Ecoutez, fit Justine, je voudrais vous expliquer certaines choses. Je vous demande uniquement de m'écouter, jamais de me répondre. Vous resterez totalement silencieuse, si vous le voulez. Et je ne réclamerai rien de vous, sauf de ne pas raccrocher.
— Bon.
— C'est entendu ?
— C'est entendu.
— Alors voilà, commença Justine. Il y a une différence entre l'affection et le désir. L'affection peut exister sans le désir ; le désir peut exister sans l'affection. Mais ils peuvent aussi aller de pair. Je ne vous l'apprends pas : j'éprouve pour vous de l'affection et du désir. De votre côté, vous me dites à présent que vous n'éprouvez pour moi que de l'affection. Mais vous avez avoué il y a peu que vous éprouviez du désir. Comment savoir ? Peut-être vous-même ne savez-vous pas très bien, je veux bien l'admettre. Mais si vous m'aimez un peu, vous pourriez peut-être me laisser vous expliquer comment moi je vous aime. Et vous verrez peut-être alors plus clair en vous ; vous verrez peut-être comment vous m'aimez.
Justine s'interrompit. Mme Grinon restait silencieuse. La jeune fille reprit :
— C'est difficile d'expliquer comment on aime. Au début, c'était un simple plaisir de vous voir, de suivre votre cours. C'était aussi une espèce d'adhésion spontanée aux idées que vous exposiez, une sorte d'accord immédiat avec vous.
Justine laissa passer quelques instants avant de poursuivre :
— Et puis est venue l'émotion. Vous voir, vous entendre, vous côtoyer me troublait. J'avais envie de me blottir dans vos bras, de m'y sentir protégée. Après cela, je me suis mis à vous détailler en quelque sorte. J'aimais votre bouche, votre oreille, vos jambes... Et c'est alors que j'ai commencé à vous désirer. Le soir, dans mon lit, j'imaginais votre corps... et je me caressais. Un long silence ponctua ces derniers mots.
— Quand on avoue à quelqu'un qu'on l'aime, continua Justine, on s'expose. L'aveu est dur, parce qu'il fragilise très fort. Mais il est agréable aussi, parce qu'il porte l'émotion à son paroxysme. Quand on avoue ses faiblesses charnelles intimes, c'est pareil, en plus fort encore. Vous avouer que je me branle en pensant à vous m'émeut beaucoup. J'en suis toute tremblante. Mais en même temps, cela m'excite. Justine s'interrompit à nouveau. Elle alla s'étendre sur son lit.
— De vous parler comme je le fais, je mouille, fit-elle. C'est plus fort que moi... Je glisse ma main sous ma jupe et je me caresse l'intérieur des cuisses...
Justine s'immobilisa complètement, silencieuse, guettant le moindre bruit à l'autre bout du téléphone. Elle crut percevoir un très léger bruit de respiration.
— Maintenant, j'ai les doigts sur ma petite culotte. C'est une culotte en coton. Je sens qu'elle est mouillée à hauteur de ma chatte. Je remonte la main jusqu'à l'élastique et je l'introduis à l'intérieur de la culotte. Mes doigts jouent avec mes poils... Mes doigts arrivent sur la fente de ma chatte... Ah ! Madame, je touche mes lèvres... La fente est humide...
Justine s'était mise à respirer plus rapidement. Elle dut se taire, l'émotion qui l'envahissait lui faisant perdre le souffle. D'une voix rauque, elle reprit :
— C'est vrai que je suis folle de vous dire ces choses. Mais j'en ai tellement envie... Je voudrais que vous me voyiez. Ma main forme une bosse sous ma jupe et cette bosse tourne au gré des caresses que je donne à ma chatte... Je mouille de plus en plus... Sa voix devenait plus faible, plus haletante aussi.
— Je ne veux pas... vous questionner, continua-t-elle, mais je veux... je veux que vous sachiez que... que je brûle de savoir si, en m'écoutant ainsi... vous mouillez... J'ose le croire... Je suppose même - mais je me trompe peut-être - que vous aussi vous avez porté la main... à votre chatte... Ce serait un miracle que vous me le disiez... Rien que de l'espérer, j'en suis encore... plus excitée. Mes doigts accélèrent... leur mouvement... Je masse... mon clito... Ah ! Madame... quel... plaisir !...
Un claquement retentit dans le combiné : Mme Grinon avait raccroché, laissant Justine à ses émois, très excitée, mais aussi quelque peu désemparée.
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Photo de profil de Coquinerie21
Coquinerie21
3 novembre 2021 à 14:03
Bravo
Histoire envoûtante
On attend la suite vite
Dévorer les 4 chapitres
La suite prévu pour quand ?
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Ced6782
Ced6782
3 novembre 2021 à 12:50
Top génial j'ai adoré très bien écrit et si excitant se super chapitre vivement le prochain
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de OlivX
OlivX
3 novembre 2021 à 07:01
Histoire captivante, envoûtante même, vivement la suite
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Hedone
Hedone
2 novembre 2021 à 22:07
Affollante créature que cette petite Justine, dont l'esprit affuté n'a d'égal que la lubricité... Elle est merveilleuse, et cette histoire tout autant !
Soyez respectueux
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Photo de profil de Duchesse
Duchesse
2 novembre 2021 à 22:03
Cette inversion de l'ordre établi est définitivement succulente, dérangeante juste ce qu'il faut.
Continuez :)

D.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de M. de Seingalt
M. de Seingalt
2 novembre 2021 à 20:30
Cette histoire est totalement intoxicante. Je ne sais pas ce que valait la rédaction de Justine (bien qu’ayant participé au concours général de philo en mon temps je serais bien incapable de noter une composition) mais votre histoire Isa-Belle voit vaut les félicitations du jury.
Soyez respectueux
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