Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Nos années 1970 — Chapitre 6
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Nos années 1970
Chapitre 6
Mercredi 14 juin, le taxi dépose Danie devant l'agence, elle salue Anaïs puis emprunte l'ascenseur pour se rendre au bureau de Janice.
— Bonjour, dit-elle en ouvrant la porte.
— Bonjour Danie, lui répond Janice en quittant son fauteuil pour lui faire la bise.
— Tu vas bien depuis la dernière fois ?
— Quelques coups de blues de temps à autre mais ça finira par passer.
— Tu ne devrais pas te rendre malade pour un salaud pareil, ne mâche pas ses mots Danie.
— Je sais mais j'ai horreur d'être prise pour une imbécile. Ce soir j'ai invité ma copine lesbienne, ça ne te dérange pas ?
— Tu fais ce que tu veux.
— J'avoue lui avoir parlé de toi, elle a très envie de faire ta connaissance, en tout bien tout honneur, cela va de soi.
— Bien entendu, je ne suis pas ici pour me faire draguer.
— Je lui ai conseillé de bien se tenir, tu peux être tranquille. Je t'accompagne au studio, les deux shooting du jour ne présentent aucune difficulté.
— Je suis au courant, présentation d'une collection de maillots de bain et une série de portraits.
— Au fait, j'ai ce que tu m'as demandé, Christian t'a fait deux agrandissements.
— Combien je vous dois ?
— Rien du tout, j'en ai profité pour lui en demander un, il est au-dessus de mon lit.
— Je veille donc sur ton sommeil.
— En quelque sorte, répond-elle en souriant.
Il est dix-neuf heures quand elles arrivent à l'appartement. Ayant pris sa douche au studio, Danie se change simplement puis s'installe dans un fauteuil tandis que Janice se rend à la salle de bains. Un quart d'heure après, elle revient vêtue d'un pantalon en lin et la tunique assortie. Un coup de sonnette leur signale l'arrivée de la fameuse copine.
— Salut, s'adresse-t-elle à Janice en la serrant dans ses bras.
— Bonsoir Ambre, je te présente Danie.
— Salut, effectivement tu es très belle, dit-elle sans détour en lui claquant quatre bises.
— Merci.
— J'ai mis du champagne au frais, dit Janice en allant vers la cuisine.
— Je peux t'aider ? propose Danie.
— Ça ira, je te remercie.
— Alors c'est toi la fameuse sauvageonne, s'adresse Ambre à Danie en ne la quittant pas des yeux.
— C'est exact.
— Janice m'a dit que ta photo allait faire le tour du monde.
— Un tour du monde sans débourser un centime ça ne se refuse pas.
— Oui mais sans rien voir non plus.
Danie la trouve sympa, plutôt mignonne, mais son style vestimentaire n'est pas de son goût. Cette fille pue le fric à plein nez, le genre petite-bourgeoise sans que ce soit péjoratif. Certainement une fille à papa qui a l'argent facile, se dit-elle.
— Quelle est ta profession, si ce n'est pas indiscret.
— Mon père est architecte à son compte, après mes études je suis devenue son bras droit.
— Ce doit être un métier passionnant.
— Oui, tout dépend du projet.
Janice fait son retour, un seau à champagne dans une main et un plateau d'amuse-gueule dans l'autre.
— Assieds-toi, je me charge du service, propose Danie.
— Danie est amatrice de bons vins et selon Sylvie cuisine divinement bien.
— Tu es une véritable perle, enchaîne Ambre.
— N'exagérons rien, j'ai tout de même des lacunes dans certains domaines.
— La perfection n'existe pas.
— Entièrement d'accord, acquiesce Danie.
Durant le dîner, Danie fait plus ample connaissance avec Ambre et révise ses premiers jugements, comme quoi l'habit ne fait pas le moine, comme le mentionne un dicton. Ambre est assurément une petite-bourgeoise mais mérite amplement l'argent qu'elle gagne. Elle a apporté un modernisme qui a relancé l'étude d'architecte familiale qui stagnait lorsque son père était seul aux commandes. Il lui en est d'ailleurs reconnaissant. Elle a un humour ravageur, des idées progressistes, voue une haine aux racistes et fascistes et se montre très critique sur le gouvernement dirigé par Pompidou. Une image bien éloignée de celle dépeinte par Danie en début de soirée et dont elle n'est pas fière. Mais Danie n'est pas au bout de ses surprises quand elle lui confie un pan de son passé :
— A treize ans et demi, en colonie de vacances, trois mecs d'une quinzaine d'années m'ont coincé dans les douches. Ils m'ont arraché mes vêtements et ont commencé à me tripoter. Un a essayé de glisser un doigt dans mon vagin, s'est vite rendu compte que j'étais vierge et n'a pas insisté. Il s'est entretenu à voix basse avec les deux autres qui se sont ensuite jetés sur moi. Un me maintenant les bras dans le dos, tandis que le second bloquait ma tête entre ses cuisses. Le troisième s'est alors approché, a baissé son froc et a exigé que je le suce. J'ai serré les mâchoires pour l'en empêcher, il m'a alors giflé à plusieurs reprises ce qui lui a permis d'introduire son sexe dans ma bouche. Je l'ai alors mordu et je me suis mise à hurler alors que l'autre était plié en deux. Deux mono sont arrivés et ont tout de suite compris ce qu'il se passait. Je ne te raconte pas la tannée qu'ils leur ont foutue avant d'appeler les flics. J'ai longtemps été traumatisée et depuis je ne laisse aucun homme m'approcher. Une copine de l'époque m'a beaucoup aidé à me reconstruire et c'est avec elle que j'ai eu ma première expérience homo. J'ai découvert dans ses rapports de la douceur, de la tendresse, beaucoup d'amour et depuis je suis lesbienne pour la vie.
— Quelle horreur, j'espère que ces mecs ont été jugés et condamnés.
— Ils étaient mineurs et de surcroit issus de familles notables de la région. Ils s'en sont sortis avec une amende conséquente, payée par les parents bien entendu et de la prison avec sursis.
— C'est tout ! Il n'y a vraiment pas de justice.
— Les familles ont magouillé avec le juge, c'est aussi simple.
— C'est dégueulasse !
Mise en confiance, Danie se confie à son tour, évoquant son mariage raté, sa frigidité, une pudeur maladive et pour terminer sa première expérience avec Madie et la révélation de son attirance pour les femmes.
— Tu as eu deux enfants avant, je n'aurai pas cette chance.
— Danie m'a montré une photo, ils sont très beaux.
— Comme la maman, rigole Ambre. Tu l'as avec toi, j'aimerais les voir.
— J'ai amené des photos de la maison, dit Danie à l'intention de Janice.
Danie revient avec les photos et les étable sur la table basse.
— Ouah, c'est magnifique, s'écrie Janice en découvrant la maison, le terrain et la piscine.
— Tu y seras la bienvenue, il y a quatre chambres pour les amis, propose Danie.
— Si j'ai quelques jours de libre ça pourrait se faire.
— Tes enfants sont trop chou, dit Ambre.
— Malgré ses deux maternités elle conserve un corps parfait, mentionne Janice.
— Je nage beaucoup, l'avantage d'avoir une piscine.
— C'est magique comme endroit, ajoute Ambre en regardant les photos.
— Je m'y sens très bien. Le terrain est clos de murs et la première habitation est à plus de deux kilomètres.
— Ça te permet de bronzer à poil, dit Ambre.
— Et se baigner nue, j'adore cette liberté dans l'eau.
— Tu m'étonnes ! Ce serait mon rêve.
— Tu as largement les moyens de te payer une maison, précise Janice.
— À Paris c'est introuvable ou hors de prix. Plus tard, peut-être.
— Quand tu seras une petite vieille toute fripée, plaisante Janice.
— J'ai encore le temps…
— Les années passent vite, ma mère me le répète souvent.
Ambre les quitte vers minuit en déclarant les inviter au restau vendredi soir. Janice accepte, Danie en fait donc autant.
— Tu repars quand ?
— Samedi matin.
— Parfais alors, à vendredi chez Antoine.
Ambre partie, Janice suggère qu'elles aillent se coucher, la journée sera chargée avec trois shooting programmés.
Il est plus de dix-huit heures quand Christian soulage Danie en lui signalant qu'il en a terminé.
— Ouf, je suis crevée, mentionne-t-elle en s'étirant.
— Tu as super-bien bossé, demain, ce sera plus calme.
— Je vais prendre une douche et me rhabiller.
— Le temps de ranger mon matériel tu en auras fini. Nous irons ensuite au bureau de Janice.
— Je fais vite.
Le vendredi à seize heures Danie achève le dernier shooting moins épuisée que la veille.
— Tu as été parfaite, je prends de plus en plus de plaisir à travailler avec toi, la complimente Christian.
— Moi aussi, on se connaît mieux, ça facilite les choses.
— Je file à la compta pour qu'ils établissent ton chèque, tu m'y retrouves ?
— OK Christian.
Sa surprise est grande quand on lui remet un chèque de 47 000 francs qu'elle s'empresse de ranger dans son portefeuille. Elle remercie la comptable puis suit Christian jusqu'au bureau de Janice.
— Tout est réglé, Danie a reçu son chèque.
— Tu t'en es occupé, je te remercie.
— Je me dépêche, je rejoins des potes dans la vallée de Chevreuse.
— Tu vas encore faire la fête, ironise Janice.
— Certainement pas, on y va pour rénover la maison d'un des potes.
— Et le soir…
— Toujours dans la limite du raisonnable, précise-t-il en ouvrant la porte. Salut Danie, à la prochaine.
— Dans deux semaines.
— Ensuite tu seras peinarde jusqu'en septembre.
À vingt heures elles retrouvent Ambre, accoudée au comptoir avec Antoine, une flûte de champagne dans la main.
— Tu ne perds pas de temps, fais remarquer Janice, qui, ce soir, arbore une tenue cool, jean et chemise blanche de grand-père.
— Elle m'a été gentiment offerte par Christian.
— Bonjour Danie, comment va ma cliente préférée ?
— Très bien Antoine, heureuse de vous revoir, répond-elle avec quatre bises à l'appui.
— T'es gonflé, je suis une des clientes les plus fidèles, s'exclame Janice.
— Elle fait sa jalouse ! s'écrie Ambre.
— Je vous offre une flûte de champagne, vous la prenez au comptoir ?
— Oui, répond Danie.
Antoine en profite pour nous vanter le plat du jour, des joues de porc confites au miel et romarin.
— Je suis partante, dit Danie.
— Tu remarqueras Janice l'élan qu'elle manifeste pour ma cuisine, tu comprends pourquoi je l'apprécie.
— Ne m'adresse plus la parole de la soirée.
— Tu es toute mignonne quand tu prends ton air renfrogné.
— Fous-moi la paix, espèce de mufle.
— C'est ta fête mon pauvre Antoine, remarque Ambre.
— Ça lui passera…
— N'en rajoute pas sinon tu ne me revois plus.
— Que ferais-tu sans moi…
— Tes joues de porc tu peux te les mettre où je pense, s'emporte Janice, qui joue très bien son rôle.
— Janice, voyons, un peu de tenue.
— Elle est folle de toi mais tu ne le remarques même pas, comprends sa déception et sa colère, dit Ambre.
— J'aime ma femme et je suis fidèle.
— Alors là, ne t'avance pas trop, tu ne connais pas son pouvoir de séduction, poursuit-elle.
— Tu vas te taire, avancer de telles inepties, rétorque Janice.
— Allez vous asseoir, ça vaudra mieux. Je vous apporte les menus et la carte des vins pour Danie.
— Vous êtes un amour.
— Il serait peut-être temps de se tutoyer, exprime Antoine.
— Entièrement d'accord Antoine.
Danie est la seule à opter pour les joues de porc, Janice préférant un filet de sandre sauce citronnée tandis qu'Ambre choisit un filet de bœuf avec sa sauce périgourdine. En entrée Danie commande le fromage de tête maison, Janice et Ambre se complètent en donnant leur préférence à la terrine de poissons au curry. Danie compulse la carte des vins et se décide pour un sancerre blanc et un Condrieu rouge.
— Je vous offre un apéro, demande Danie
— Ce n'est pas de refus, je prendrai un Martini gin, répond Janice.
— Moi un gin tonic, ajoute Ambre.
— Je me boirai bien une vodka orange, décide Danie.
Les apéros commandés, elles discutent de choses et d'autres jusqu'à ce qu'Ambre dévie la conversation vers des sujets plus intimes.
— Janice ne t'a fait aucune remarque concernant ton orientation sexuelle ?
— Non, pourquoi ?
— T'as du bol, quand je lui ai avoué que j'étais lesbienne, j'y ai eu droit.
— N'exagère pas, je t'ai simplement fait remarquer que je ne pourrai jamais être attirée sexuellement par une femme.
— Tu ne peux pas être aussi catégorique sans l'avoir expérimenté, répond Ambre.
— Tu en as pourtant eu la preuve lorsque tu m'as embrassée par surprise.
— Je reconnais ne pas y avoir mis les formes.
— Même, ça n'aurait rien changé.
— Ne t'avise pas d'avoir un geste déplacé envers elle sinon tu t'en ramasses une bonne, met-elle en garde Danie.
— J'y veillerai, répond-elle en souriant.
— Comment tu la trouves physiquement ?
— Tu arrêtes avec tes questions déplacées, fait remarquer Janice.
— Je m'adresse à Danie.
— Elle est très belle, attirante mais connaissant ses positions, je m'en tiendrai à l'amitié.
— Tu ne sais pas ce que tu perds ma pauvre Janice.
— Je sais que tu as toujours espoir de me coller dans ton lit, seulement tu perds ton temps.
— Sois rassurée, je ne me fais plus aucune illusion.
— Te voici enfin pleine de bon sens.
— Puisque tu préfères souffrir avec les mecs…
— Ne généralise pas, ils ne sont pas tous comme lui.
— Je te souhaite de trouver un jour ta perle rare.
Cette discussion met Danie mal à l'aise, elle s'y sent étrangère, même si Ambre l'a prise à témoin à deux ou trois reprises. Elle partage la plupart de ses réflexions sans pouvoir donner son avis personnel. Elle a remarqué une certaine forme de dégoût sur le visage de Janice lorsque Ambre évoquait la relation charnelle entre filles. Elle a maintenant la certitude de devoir abandonner toute ambition de la séduire, d'autant qu'elle semble avoir la main leste, son amie en ayant fait la douloureuse expérience. Elle se résout donc à ne voir en elle qu'une amie, avec l'infime espoir de l'apercevoir un jour dans le plus simple appareil, ce qui serait une mince consolation.
— Tu es perdue dans tes rêveries, l'interpelle Ambre.
— Pardon, s'excuse-t-elle bêtement.
— Fous-lui la paix, tu es chiante ce soir.
Par chance Antoine fait diversion en apportant les entrées, permettant à la discussion de dériver vers des thèmes plus ludiques et moins intimes.
— Dommage que tu ne restes pas le week-end, regrette Janice.
— Mon meilleur ami et sa femme organisent une fête pour fêter leur quatrième anniversaire de mariage.
— Dommage, ce sera pour une prochaine fois.
— Préviens-moi assez tôt, je suis souvent occupée les week-ends.
— On se marie quand même chez les babas cool ? demande Ambre.
— Oui, il n'y a aucune raison.
La suite du repas est plus joyeuse, plus détendue. Ambre plaisante et les gratifie de quelques anecdotes qui les font rire aux éclats. Quand Antoine apporte l'addition, Danie propose de payer les vins ce qu'Ambre refuse catégoriquement. Elles sont les dernières à quitter l'établissement, l'horloge indique une heure dix du matin. Elles remontent le boulevard, encore animé malgré l'heure, et devant l'entrée de l'immeuble Ambre indique qu'elle rentre chez elle.
— J'espère te revoir bientôt, dit-elle à Danie en lui faisant quatre bises près des commissures des lèvres.
— Je reviens dans quinze jours, répond Danie intriguée par ces bises plutôt suggestives.
Elles gagnent chacune leur chambre pour se changer puis prennent place au salon. Danie a enfilé un long tee-shirt tandis que Janice a revêtu une djellaba. Danie, d'un œil perspicace, ne distingue aucune trace de sous-vêtement, la voici du coup tout émoustillée. Elle sort un joint de sa boîte, qu'elle a chargé de cette fameuse herbe, en espérant qu'elle aura les mêmes effets sur Janice que sur elle et ses amies.
— Ambre ne t'a pas trop perturbée avec ses questions indiscrètes ?
— Oh tu sais, j'ai l'habitude avec mes amies.
— J'ai la certitude qu'elle en pince pour toi.
— Là aussi j'ai l'habitude, réplique-t-elle en préférant taire la façon dont elle lui a fait les bises.
— J'ai soif, je vais chercher de l'eau fraîche, dit-elle en se levant sous le regard inquisiteur de Danie.
Une heure plus tard l'herbe semble avoir agi, Janice est vautrée dans le fauteuil, la djellaba remontée à mi-cuisse. Danie n'est guère mieux mais allume pourtant un quatrième pétard, puis le passe à Janice avant de boire une grande gorgée d'eau.
— Ouah, je me sens toute molle, avoue Janice, les yeux vitreux.
— L'herbe est costaude, j'aurais dû te prévenir.
— Le lit n'est pas loin, bafouille-t-elle en repassant le joint à Danie.
— On ira se coucher ensuite, mon train est à huit heures cinq.
— Je t'emmènerai à la gare, parvient-elle à articuler.
Danie aide Janice à gagner sa chambre, lui demande si elle a besoin d'aide.
— Va te coucher, ça ira.
— Bonne nuit, je mettrai le réveil à sonner à six heures.
— Bonne nuit à toi aussi.
Danie laisse la porte entrouverte, ouvre la porte de sa chambre mais revient sur ses pas, prise d'une envie irrésistible de la surprendre nue. Elle jette un œil discret au moment où Janice parvient à passer la djellaba par-dessus tête, ceci dans un équilibre précaire. Elle frémit en découvrant ses fesses d'une beauté indescriptible. Janice se glisse dans les draps et éteint la lampe de chevet, laissant Danie interdite. Elle reste malgré tout sur sa faim, l'idée qu'elle se masturbe lui ayant effleuré l'esprit. Elle referme la porte délicatement, enlève son tee-shirt et s'allonge, les fesses de Janice ancrées à son esprit.
Danie sursaute quand le réveil se met à sonner, se lève d'un bond pour ne pas sombrer à nouveau et file à la salle de bains sans même se couvrir. Elle s'habille ensuite et frappe à la porte de Janice.
— Il est six heures trente, dit-elle en passant la tête.
— Oh, déjà, dit-elle en allumant la lampe.
— Va prendre une douche, ça te requinquera, lui conseille-t-elle.
— Tu as pris la tienne ?
— Oui, je vais préparer le café.
Janice la rejoint dans la cuisine, le visage fatigué malgré la douche.
— Je ne tiens pas la grande forme, murmure-t-elle en s'asseyant tandis que Janice verse le café dans le bol.
— Je t'ai préparé des tartines.
— Merci, tu es un ange, dit-elle en mordant dans la première.
— Rassure-toi, je ne suis pas mieux que toi.
— L'herbe m'a assommée, avoue-t-elle le regard dans le vague.
— C'est de ma faute, je les ai trop tassés.
Elles arrivent avec un quart d'heure d'avance, repère la voie sur le panneau et si dirige le pas traînant. Danie localise le wagon dans lequel sa place est réservée puis s'adresse à Janice.
— Merci pour tout et pardonne-moi pour les joints.
— Tu ne m'as forcé à tirer dessus, répond-elle avec le sourire. Je t'envoie les prochains contrats dans la semaine.
— Je te remercie, je ne pensais pas être convoquée autant.
— Le talent mérite d'être récompensé, tu ne voles rien à personne.
— C'est gentil, dit-elle l'émotion au visage.
— Tu sais, tout le monde t'apprécie beaucoup à l'agence. Les filles de l'accueil te trouvent sympathique et humble.
— Elles sont adorables, toujours souriantes, je ne me vois pas traverser le hall sans aller les saluer et échanger quelques mots avec elles.
— Merci pour elles, il ne faut pas oublier qu'elles font partie intégrante de l'agence.
— Tout le monde est sympa, je suis heureuse et fière de travailler pour votre agence.
— Le plaisir est partagé. Bon, le train est annoncé au départ, je te souhaite un bon voyage et une bonne soirée de fête.
— La soirée risque d'être dure, dis-je en lui faisant quatre bises.
— À bientôt et comme à l'habitude tu dormiras chez moi.
— Je te remercie. Repose-toi aujourd'hui, il me semble que tu en as bien besoin.
— C'est ce que je vais faire. Bisous.
— Bisous Janice, bon dimanche à toi.
Les filles étant toutes occupées, Danie a fait appel à Lucie pour venir la chercher en gare de Clermont Ferrand. Malgré sa petite taille elle la repère au bout du quai et lui fait signe de la main.
— Bonjour ma cocotte, dit-elle en la serrant dans ses bras. Tu as quand même pu te libérer ?
— J'ai bloqué les visites ce matin, je suis donc libre cette après-midi
— Dans ce cas tu restes à la maison, les filles iront directement chez Stéph.
— Je me doutais que tu me le demanderais, je suis donc passée chez Thurion acheter quelques bricoles pour le repas.
— Tu es un amour, dit-elle en l'embrassant sur la bouche.
Durant le trajet Danie lui narre ses journées de shooting, la rencontre avec la copine lesbienne, le restau et la fumette avec Janice. Elle omet volontairement les bisous appuyés d'Ambre et les fesses de Janice, pour ne pas la blesser et lui faire imaginer ce qui n'existe pas.
Lucie gare la voiture, étonnée de ne pas voir les chiens rappliquer.
— J'ai téléphoné à Peggy qu'elle les amène chez Stéph ce matin.
— Nous sommes seules alors.
— Oui et on va se mettre à poil, répond-elle en enlevant sa robe puis ses sous-vêtements.
— Je suis obligée d'en faire autant.
— Tu vas être contente, j'ai ton agrandissement, dis-je en lui tendant le rouleau en carton dur qui le protège.
— Oh merci, tu me diras combien je te dois.
— Ils m'ont été gentiment offerts.
— J'irai mardi le faire encadrer.
— Moi aussi, on se retrouvera à la boutique.
— Je ne sais comment te remercier, dit-elle très émue.
— Après manger je t'offrirai mon corps en cadeau, lui dit-elle avec un air coquin.
— C'est moi qui dois te faire un cadeau.
— Le plaisir que tu me donnes en est un.
— Je suis comblée, dit-elle en passant une main sur ses fesses.
— Arrête, tu vas m'exciter, s'exclame Danie en se tortillant.
Danie s'est douchée pendant que Lucie déposait sur un plateau les charcuteries achetées chez Monsieur Thurion. Il y a du saucisson cuit maison, un morceau de terrine de petit salé (le délice de Danie), deux tranches de pâté en croûte et une terrine campagnarde.
— Tu as fait un excellent choix, je vais chercher une bouteille de vin à la cave et n'en profite pas pour mater mon cul.
— Impossible, j'adore les voir se dandiner quand tu marches.
— Vicieuse !
— Non, connaisseuse, ajoute-t-elle en rigolant.
— Dans ce cas, je ne peux t'en empêcher, dit-elle en se déhanchant exagérément.
— Voilà, tu as gagné, j'ai la foufoune toute trempée.
— Il me semble que la mienne n'est pas mal non plus.
Elle revient peu après, une bouteille de Saint Amour à la main.
— J'ai pris du beaujolais, il accompagne très bien les charcuteries.
— Je confirme, dit-elle en remplissant les verres à moitié. Hum, il est délicieux.
— J'ai une faim de loup, je n'ai pris qu'un café au lait ce matin.
— Bon appétit ma belle.
— Bon appétit ma chérie.
— Qu'est-ce que tes seins sont beaux.
— Les tiens le sont autant, tu me plais beaucoup.
Elles ne mangent pas, elles dévorent et c'est repues qu'elles partent s'allonger sur le matelas au bord de la piscine.
— On se fume un p'tit pét, suggère Lucie.
— Excellente initiative, répond-elle en servant deux verres à liqueur de chartreuse verte.
— Un seul, je ne tiens pas à arriver chez Stéph complètement ravagée.
— J'ai aussi apporté de l'eau fraîche.
Le joint terminé, Danie s'étend sur le dos et demande à Lucie de venir sur elle, chacune pouvant ainsi lécher le sexe de l'autre.
— Effectivement, tu es toute trempée, constate Danie en passant sa langue sur son sexe béant.
— Ton sexe ruisselle de désir, dit Lucie en y collant sa bouche.
— Oh oui, ça fait une semaine que je suis abstinente mais j'ai eu mes règles.
— Je vais te gâter ma belle.
Danie, la tête relevée par un coussin épais, laisse sa langue naviguer entre son sexe et son petit anus rose. Faire l'amour avec Lucie est un instant de grâce, d'une langue experte elle vous transporte vers des contrées inconnues, vous donnant l'impression d'être en apesanteur au-dessus des nuages. Mais avec elle le doux voyage prend rapidement des allures de rodéo, Danie se retrouve secouée de partout, ses muscles se contractent sous la jouissance qui déferle dans le bas de son ventre, elle gémit, elle râle, elle crie, cambre le bassin quand Lucie introduit son index dans son petit orifice et le fait aller à un rythme crescendo. Elle continue à lécher son amie tant bien que mal, maladroitement, mais comment rester concentrée quand votre corps est transpercé de toutes parts d'ondes électriques. L'orgasme la foudroie si subitement qu'elle l'accueille dans des cris à vous crever les tympans. Lucie, imperturbable, poursuit ses caresses, n'ayant aucune envie d'abandonner ce sexe dont le parfum embaume son palais. Elle doit s'y résoudre peu après quand Danie la supplie d'arrêter.
— Un jour tu finiras par me faire crever, murmure-t-elle en tentant de reprendre son souffle.
— Mais non, tu es une force de la nature, répond Lucie en s'allongeant contre elle.
— C'est ce que tu penses, à chaque fois j'ai l'impression que ma dernière heure est arrivée.
— Mais tu y reviens quand même.
— À croire que je suis maso, dit-elle en déposant un doux baiser sur sa bouche.
— Je pourrai lécher ton sexe durant des heures…
— Et tu finirais par te lasser.
— Jamais, ni de lui ni de toi. Ne dit-on pas que le premier amour est toujours le plus beau ?
— Pas toujours, j'en suis un exemple.
— Ça ne compte pas, tu étais jeune, inexpérimentée, vierge de surcroît et ton mari n'était guère mieux loti côté expérience.
— Ce n'est pas faux, malgré tout c'est un échec.
— Tu regrettes ?
— Non, car j'ai découvert ma véritable identité qui m'a débarrassé d'un tas de tabous.
— Tu as su rebondir…
— Si je n'avais pas cédé aux avances de Madie, j'en serai peut-être au même point.
— Et avec moi tu as découvert le plaisir absolu, dit-elle en toute humilité.
— Oh oui, même si je risque ma peau à chaque fois.
— Tu exagères…
— Non, la jouissance est si forte que je crains la crise cardiaque.
— Ton cœur est solide, il faut simplement te laisser aller à la jouissance.
— Tu en as de bonne…
A dix-neuf heures Danie monte à sa chambre avec Lucie pour s'habiller mais hésite encore sur la tenue à revêtir.
— Que me conseillerais-tu ? Un jean, un short, une robe ou une jupe ?
— Une robe ou une jupe, par cette chaleur, c'est plus approprié. Tu peux même pimenter la chose et ne pas porter de sous-vêtements.
— Encore un de tes défis à la con ! s'exclame-t-elle.
— Je n'en porte pas sous ma robe, dit-elle en la retroussant jusqu'au nombril.
— J'ai une jupe indienne qui descend aux genoux, avec un tee-shirt ça devrait aller.
— On verra tes mamelons avec un tee-shirt.
— Je m'en fous, ce ne sera pas la première fois.
Danie enfile une jupe bleu ciel avec des petites fleurs brodées et un tee-shirt blanc, sous lequel pointent ses tétons.
— Tu es parfaite.
— J'emporte quand même une culotte, on ne sait jamais.
— Tu prends ta voiture ou on part toutes les deux avec la mienne ?
— On y va toutes les deux avec la mienne, je dois ramener les chiens.
— Ça va peut-être jaser ?
— Ils sont tous au courant que tu venais me chercher à la gare, de plus Sylvie est en shooting en Suède. Et puis merde, je fais ce que je veux !
Les chiens bondissent vers la voiture lorsque celle-ci franchit le portail. Quatre jours qu'ils n'ont pas vu leur maîtresse, inutile de préciser l'accueil qu'ils lui font quand elle en descend.
— Oui mes amours, dit-elle en les embrassant.
— Eux aussi tu les rends fous et fais attention en te baissant, tu vois ce que je veux dire.
Elles saluent les premiers arrivés qui sont encore peu nombreux, sont présents Emeline et Vanessa, Laure et Simon.
— Vous m'excuserez, je reviens de Paris et je n'ai pas eu le temps de vous acheter un cadeau, s'excuse Danie auprès de Madie et Stéph.
— Ne t'inquiète pas, répond Madie en lui faisant un bec.
— Je m'en occuperai la semaine prochaine, promis.
— Je vous donne une enveloppe, vous vous achèterez ce que vous voulez, dit Lucie en l'offrant à Madie.
— Merci Lucie, on ne vous invite pas pour avoir des cadeaux…
— Venez, on va boire un coup.
— Salut Stéph, salut Simon, disent-elles en chœur.
— Bonsoir, alors ça s'est bien passé à Paris ?
— Impeccable, je reviens avec un chèque de quarante-sept mille francs.
— Ah oui quand même ! s'exclame Stéph heureux pour Danie.
— Putain, il me faut un an pour gagner ça ! s'écrie Laure.
— Rien ne t'empêche de suivre ma trace et je te rappelle que j'en file une bonne partie à mes parents pour rembourser ce qu'ils m'ont prêté pour acheter la maison.
— Je n'aurai jamais le courage de me foutre à poil.
— Tu le ferais à la maison, ça t'aiderait déjà.
— De toute façon je ne quitterai pas ma patronne, ce serait dégueulasse de ma part.
— Je comprends Laure.
Vers vingt et une heures tous les invités sont arrivés, Madie et Stéph reçoivent de nombreux cadeaux et les convient à sabler le champagne.
— Ce soir c'est méchoui, annonce fièrement Stéph en désignant Simon qui est chargé de la cuisson.
— Super !
— Viens avec nous Simon, l'interpelle Stéph.
— J'arrive, je termine de l'arroser.
— Il est sympa et dévoué ce gamin, dit Chloé.
— Il a dix-huit ans, ce n'est plus un gamin, tient à corriger Danie.
— Il doit être encore puceau, dit Laure.
— Va vérifier, d'ailleurs ça ne te ferait pas de mal non plus, ajoute Lucie.
— Elle n'a pas tort, renchérit Danie.
— C'est mon problème, pas le vôtre.
— Donc tu admets qu'il s'agit d'un problème.
— J'en suis consciente mais ce n'est pas le moment ni l'endroit pour en parler.
— On en discutera plus tard, dit Danie en lui donnant une tape sur les fesses.
— Pas touche sans mon autorisation, réagit-elle.
— Dommage de dissimuler de si belles formes, poursuit Danie qui ne lâche pas l'affaire.
— Je vais boire un coup, vous me cassez les pieds.
— On vient avec toi.
— Tu ne vas pas me coller au cul toute la soirée.
— Alors, toujours amoureuse de ta Parisienne, se moque Madie en lui mettant une main aux fesses.
— J'ai laissé tomber, les filles ne sont pas du tout son truc, répond-elle.
— En même temps c'est logique, la grande majorité de femmes est hétéro.
— Le méchoui est prêt, vous pouvez avancer, les assiettes et les couverts sont à votre disposition sur le tréteau, hurle Stéph pour se faire entendre.
Dans un même élan tous les invités se ruent vers lui, créant une pagaille monstre aux abords du tréteau. Stéph est rapidement débordé et s'attire les moqueries des filles sagement restées à l'écart.
— Quelle bande de crevards, s'écrie Laure.
— Tu vas t'en sortir mon chéri ? l'interpelle Madie hilare.
— Tu veux un coup de main, c'est 100 balles de l'heure, renchérit Laure.
— On se croirait à la sortie du métro à dix-huit heures, poursuit Danie.
— Je crève de faim, je n'ai pas bouffé ce midi, hurle Laure.
— Je te prépare une assiette de suite, lui répond Stéph.
— Oh merci, tu es un amour, dit-elle en s'élançant dans sa direction.
— Tu es aussi crevarde qu'eux, lui dis-je.
Il leur faudra patienter plus de vingt minutes avant d'être servies et de prendre place à table. Danie rafle une bouteille de vin et s'assied à la place réservée par Lucie, en compagnie de Laure, Madie, Vanessa et Emeline. Le mouton s'avère excellent, cuit à la perfection, Danie a alors une idée et s'adresse à la tablée :
— S'il vous plaît, écoutez-moi. Il serait normal que nous récompensions Simon, je vais donc passer parmi vous et compte sur votre générosité.
Danie montre l'exemple en mettant un billet de cinq cents francs dans la corbeille en osier et commence à faire le tour de la table. Tous ne sont pas aussi généreux qu'elle, malgré tout elle parvient à récolter la coquette somme de deux mille sept cents francs qu'elle dépose devant Simon, rouge comme une tomate.
— Je ne sais comment vous remercier, bredouille-t-il en se levant.
— Déjà c'est moi qui ai eu l'idée, tu me fais donc la bise, lui dit-elle en tendant une joue.
— Merci Danie, c'est vraiment chouette de ta part, répond-il en l'embrassant.
— Le mouton est excellent, tu t'en occupes depuis ce matin, il est juste que tu sois remercié.
— Je le fais par plaisir.
— On applaudit Danie pour cette initiative, s'exclame Stéph.
— À poil ! Danie perçoit la voix de Laure malgré les applaudissements.
— Voyons Laure, un peu de tenue, répond Danie en prenant son air le plus sérieux.
— Un strip, un strip, crie Madie légèrement éméchée.
— Vous êtes devenues complètement folles, s'exclame-t-elle en reprenant sa place à table. Mon mouton est froid maintenant…
— Je t'en sers une autre assiette, intervient Simon tout heureux de lui rendre service.
— Tu es adorable.
Simon pique un fard et remplace son assiette par de délicieux morceaux taillés dans l'épaule et grillés à souhait comme elle les aime.
— Merci Simon, c'est parfait, dit-elle en lui faisant deux bises sur les joues.
— Quand on peut rendre service…
— Tu es un amour.
— N'en rajoute pas, tu vas lui déclencher une érection, ajoute Laure plutôt obscène ce soir.
— N'importe quoi, je sais me tenir, fait-il remarquer.
— Et alors, ce serait flatteur pour moi, précise Danie.
Elle finit son assiette jusqu'à la dernière miette, termine son verre de vin puis se lève afin de se dégourdir les jambes. Les joints recommencent à tourner, sauf chez quelques réfractaires. Des petits groupes se forment, Emeline joue avec les chiens, Lucie discute avec Vanessa, Stéph a mis la musique et Danie tient compagnie à Stéph qui décroche le mouton de la broche et le dépose devant Simon qui prélève le restant de viande de la carcasse.
— Une fois terminé, tu pourras prendre une douche, dit Stéph à Simon.
— Ce n'est pas de refus, mes fringues et mes cheveux puent la fumée.
— Je peux te frotter le dos si tu veux, lui propose Danie pour rire.
— Tu ferais mieux de rouler un joint que dire des conneries, rétorque Stéph.
— Si je veux, sale jaloux.
Il est un peu plus de minuit quand les copains du Mine de Rien les rejoignent. L'ambiance est de suite plus festive mais inquiète les filles qui, pour avoir été les victimes de leurs plaisanteries, se méfient d'eux comme l'huile sur le feu. Danie garde un souvenir cuisant de certaines soirées où les mecs l'arrosèrent copieusement, se retrouvant ainsi trempée jusqu'aux os. Laure, une de leurs victimes favorites, se charge de les mettre en garde.
— Je vous avertis les mecs, si un de vous s'aventure à m'arroser je lui balance un coup de savate dans les couilles, à bon entendeur salut !
— Qu'est-ce qui t'arrive ma poupée, tu es rudement nerveuse, l'interpelle Nicolas.
— Je ne suis pas ta poupée espèce de branleur !
— Elle aurait besoin d'un bon seau d'eau sur la tronche pour la calmer, poursuit Vincent.
— Une seule goutte et tu peux dire adieu à tes bijoux de famille, rétorque-t-elle.
— Faudrait déjà qu'il en ait, dit Danie en se mêlant à la joute verbale.
— T'as raison, une coquillette et deux raisins de Corinthe sont ses seuls attributs, continue Laure déchaînée.
— Si vous les provoquez, attendez-vous à subir leurs représailles, les prévient Madie.
— On ne les provoque pas, on les met en garde au cas où, corrige Danie qui se sait nue sous ses vêtements.
— Je vais leur parler, c'est notre fête à Stéph et moi et je ne voudrais pas qu'elle dégénère.
— Merci à toi, disent-elles.
Madie a obtenu gain de cause, les gars promettent de se tenir tranquilles. Lucie est toujours accaparée par Vanessa, Danie en profite pour rejoindre Stéph et Simon sagement installés à la table où les couverts ont été débarrassés.
— Je ne vous dérange pas ?
— Tu tombes bien, j'allais prendre une douche, tu tiendras compagnie à Simon.
— Pas de problème, je me sers un verre de vin.
— Il reste pas mal de viande, tu pourras en remporter.
— Je mettrais des épices orientales, l'agneau réchauffé n'est pas terrible.
— Comme le porc, mais tu peux le manger froid.
— Je n'aime pas l'agneau froid. Sinon, ça va, pas trop fatigué ?
— Non, ça peut aller. Encore merci pour la quête, avec ce que j'ai mis de côté, je vais pouvoir m'acheter une voiture d'occasion.
— Tu as passé le permis ?
— Oui et je l'ai eu du premier coup.
— Félicitations moi je ne l'ai eu qu'à la troisième reprise. Concernant la quête, tu n'as pas à me remercier, je trouve cela tout à fait normal.
— Tu es la seule à en avoir eu l'idée même si Stéph et Madie avaient l'intention de me récompenser.
— Tu n'as pas une petite amie, je suis peut-être indiscrète…
— Ma copine m'a largué il y a quatre mois, à cause de mes horaires on ne pouvait se voir comme elle l'aurait souhaité.
— Tu es jeune, tu t'en remettras même si ça fait mal.
— Eh oui, je n'ai pas d'autre choix.
— Tu étais amoureux ?
— Un peu, c'était la première.
— Tu n'as connu qu'elle ?
— Deux ou trois flirts au collège, rien de plus.
— Tu as fait l'amour avec elle ?
— Tu es bien curieuse… Oui, enfin, pas jusqu'au bout, elle ne se sentait pas encore prête.
— Mon pauvre… Mais garde espoir, tu es mignon, tu en retrouveras une autre.
— Mes horaires de travail sont un sérieux handicap.
— Je comprends…
— Tu es très belle également, dit-il en rougissant.
— Merci du compliment., dit-elle tout à coup très émue par ce jeune garçon.
— Je le pense vraiment, rajoute-t-il.
— Arrête, tu vas me faire rougir aussi, dit-elle en posant sa main sur la sienne.
— Ta main est chaude… murmure-t-il passablement troublé par ce contact.
Subitement, Danie est prise de vertiges, ce garçon l'émeut mais la trouble également. Pour la première fois depuis son divorce, elle se sent attirée par un garçon, un désir irrésistible de le serrer dans ses bras, là, maintenant. Elle jette un œil vers les autres, ils sont tous occupés, soit à discuter, à rire, à danser. Lucie et Vanessa ont été rejointes par Emeline, elles sont assises dans l'herbe et leurs échanges semblent les passionner.
— Tu cherches quelqu'un ? demande-t-il.
— Non… Elle ne sait quoi lui dire, les mots lui manque.
— Quelque chose ne va pas ?
— On va marcher un peu, j'ai les jambes ankylosées.
— Stéph va se demander où je suis passé ?
— Mais non, allez, viens, répond-elle en serrant sa main pour le lever de son siège.
Elle ne lâche pas sa main et par instinct l'entraîne vers le cerisier. Simon se laisse guider, sans mot dire, mais certainement surpris de son comportement. Si tel est le cas, il n'en montre rien et la suit docilement. Elle s'adosse contre le tronc et finit par lâcher sa main.
— On ne marche plus ? constate-t-il avec un léger sourire.
— J'ai à te parler mais ne m'interromps pas, d'accord ?
— Promis, répond-il planté face à elle.
— Comme tu le sais, depuis mon divorce, je ne fréquente que des filles. Ce soir, à mon grand étonnement, il se passe quelque chose en moi que je ne m'explique pas… Tu me troubles Simon, j'ai envie de te serrer contre moi…
— Je ne sais quoi répondre… Je ne m'attendais pas à cela, l'interrompt-il.
— Contrairement aux apparences, je suis très romantique, pas le genre de fille à se donner au premier venu.
— À aucun moment cela m'a effleuré l'esprit, bien au contraire. Pour être franc et ne le prend pas mal, il m'est parfois arrivé, en te regardant, avoir un jour la chance de te voir nue. Je sais, ce n'est pas très correct, mais je l'avoue honnêtement.
— Je ne m'offusque pas, cela m'arrive également.
— Je n'aurais jamais imaginé me retrouver un jour dans une telle situation, tu étais pour moi inaccessible, et ce fantasme devient aujourd'hui une réalité, je tombe vraiment de haut.
— Ce soir, comme tu t'en doutes, cela s'avère impossible.
— Et puis, ce ne serait pas très glamour.
— Par contre, j'ai très envie de t'embrasser.
— J'ai peur de te décevoir, je manque d'expérience.
— Loin de moi l'idée de te juger, je ferai en sorte que tout se passe bien.
Danie s'approche de lui, passe ses bras autour de son cou, se colle contre lui et pose ses lèvres sur les siennes. Tout d'abord un léger baiser, puis d'autres pour enfin unir leur bouches dans un baiser passionné et fougueux. Sa langue s'enroule autour de la sienne, leur salive se mélange, elle frémit quand elle sent son sexe en érection contre son ventre. Elle préfère en rester là sinon elle ne répond plus d'elle.
— J'ai beaucoup aimé ce baiser, lui murmure-t-elle à l'oreille.
— Moi aussi, répond-il ému et tremblant sous l'émotion. Je crois rêver…
— Tu me plais Simon, j'ai envie que tu gardes un souvenir de cette soirée et comme tu rêvais de me voir nue, je suis prête à exaucer ce fantasme. Mais avant je tiens à préciser que je ne porte pas de culotte, un pari stupide avec une amie que j'ai tenu à relever.
— Tu n'es pas obligée, ça peut attendre, émet-il timidement.
— C'est comme tu veux. Quelle est la partie de mon corps sur laquelle tu fantasmais le plus ?
— Tout est beau chez toi, j'aurais honte de privilégier une partie spécifique de ton corps.
Elle le sent gêné, timide sans aucun doute, alors elle soulève sa jupe, fait un tour sur elle-même puis la rabaisse. Cela lui a pris deux ou trois secondes, pas plus, mais quand elle le fixe à nouveau, il a le visage écarlate, les yeux écarquillés, l'émotion transpirant par tous les pores de sa peau.
— Auras-tu un moment de libre la semaine prochaine ?
— Je ne travaille pas le mercredi après-midi.
— Tu quittes ton boulot à quelle heure ?
— Midi trente, treize heures maximum.
— Je viendrai te chercher et tu mangeras à la maison.
— D'accord, merci beaucoup.
Elle l'embrasse une dernière fois sur la bouche puis ils partent rejoindre les autres invités. Elle aperçoit Lucie discuter avec Stéph au bar et propose à Simon de se joindre à eux.
— Où étiez-vous passés ? demande Stéph.
— Tu es bien curieux mon vieux. Sers-moi un verre de punch et je roule un joint en échange.
— Si tu me prends par les sentiments.
— On a marché un peu puis nous avons discuté, indique Simon d'une voix posée.
Lucie ne fait aucune remarque mais regarde Danie bizarrement, comme si elle se doutait de quelque chose.
— J'avais les jambes engourdies, c'est moi qui lui ai suggéré de m'accompagner. Ensuite nous sommes revenus sur mon initiative de faire une quête, il avait mauvaise conscience.
— Pourquoi, je trouve son idée excellente. D'ailleurs les gens y ont répondu, c'est donc qu'ils jugent que tu méritais amplement une récompense.
— Cette somme va l'aider avec ce qu'il a de côté, à acheter une voiture d'occase, informe Danie.
— Parfais alors, surtout va dans un garage, acheter une bagnole à un particulier comporte trop de risques.
— Mon père est pote avec Monsieur Durieux, le patron du garage, il n'y aura aucun problème.
— C'est encore mieux, tu peux avoir confiance.
— J'ai fini de rouler le joint et tu ne m'as pas encore servi mon verre, le réprimande Danie.
— Excuse-moi… répond-il en s'exécutant.
— Merci, dit-elle en buvant une grange gorgée. Tu as bien parlé avec Vanessa, demande-t-elle à Lucie.
— Elle me parlait de son boulot, du manque de personnel, de ses heures de récup qui s'accumulent, sans parler de la fatigue qui en découle.
— Elle prend trop son métier à cœur, mentionne Danie.
— Oui mais chez elle c'est une vraie vocation.
— C'est tout à son honneur, précise Stéph.
— Benjamin lui a proposé d'être son assistante au CHU de Clermont mais elle ne désire pas s'éloigner de Thiers.
— C'est logique, faire la route tous les jours.
— Elle se plaît beaucoup dans sa maison, habiter Clermont Ferrand ne la tente vraiment pas, ajoute Lucie.
La fête prend fin aux alentours de quatre heures du matin, tous remercient Madie et Stéph pour cette agréable soirée, trop calme pour certaines personnes.
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