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Couverture de Seulement toi, mon pote, par Epsilon689
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bi Orientation principale dans ce chapitre

Seulement toi, mon pote — Chapitre 6

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Epsilon689
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Seulement toi, mon pote

Chapitre 6

La musique étouffée qui provient de l'étage du dessous. Le toit-terrasse désert en ce début décembre. L'air qui s'échappe de ma bouche en dessinant des volutes blanches dans la nuit. Mes mains frigorifiées et tremblantes qui peinent à actionner le briquet servant à allumer ma cigarette. 
Un environnement et une situation que je connais par cœur, mais qu'il me semble ne pas avoir vécu depuis un temps trop long pour le quantifier. La dernière fois que je suis venu dans ce bar, c'était avec Simon. Il y a une éternité. 
C'est ce soir là qu'il m'avait fait cette proposition, cette fameuse proposition qui, par une inébranlable succession de réactions en chaîne, m'avait conduit à vivre le truc le plus bizarre de ma courte existence. 
C'était il y a…quoi ? Cinq semaines ? A quelques jours près. Cinq petites semaines que ce sujet avait fait irruption dans notre relation, et un mois que les paroles étaient devenues des actes au cours d'une soirée complétement incompréhensible.
Je n'ai plus repensé à une seule seconde de ce moment, depuis que je suis rentré chez moi, ce soir-là. Ça me parait fou, dit comme ça, pourtant c'est bel et bien le cas. Je crois que mon esprit a choisi d'occulter complètement cet épisode trop alambiqué en le rangeant soigneusement dans un coin, de sorte de ne pas avoir à s'en soucier. 
Je sais que ça a eu lieu, j'en garde des souvenirs très vifs. Parfois même, certaines images viennent pimenter mes rêves nocturnes. Mais à aucun moment je n'ai eu ni l'envie ni le besoin d'y revenir plus que ça, ne serait-ce que pour comprendre, pour tenter de savoir comment j'avais vécu les choses, et ce que j'en retirai. Rien. Silence radio. 
Autant dire qu'avec Simon et Magalie, le constat était strictement le même. Aucune nouvelle, ni de mon côté ni du leur. Interruption momentanée des programmes, désolé pour la gêne occasionnée. 
Est-ce qu'ils regrettaient ? Est-ce qu'ils se demandaient pourquoi je disparaissais ainsi des radars ? Aucune idée. Si mon esprit évitait soigneusement le sujet me concernant, ce n'était pas pour y réfléchir vis-à-vis des autres protagonistes. 
Cet état étrange m'a fait ressentir une sensation toute particulière, lorsque j'ai reçu un message de Simon hier, m'invitant à nous retrouver dans ce bar ce soir. Je l'ai vécu comme une décharge électrique qui tentait de me réanimer. Ou comme une lettre de relance des impôts qui venait me rappeler que oui, je devais encore un paquet d'oseille à l'État et que j'aurais de sérieux ennuis si je ne prenais pas mes responsabilités. 
Si bien qu'il m'a fallu un peu de temps pour décider quoi répondre. Rien dans son message ne faisait allusion à quoi que ce soit, mais le sujet allait inévitablement venir sur la table, c'était évident. Et l'idée de débriefer quelque chose que j'occultais complètement était assez difficilement appréhendable. 
Parce que je sais bien que tout ça ne pourrait pas rester éternellement dans cet entre-deux, et parce que Simon restait avant tout mon meilleur ami que je n'avais pas vu depuis un petit moment, j'avais accepté. Et pour être honnête, maintenant que j'y étais et que j'attendais patiemment Simon qui avait du retard, j'avais hâte de percer la bulle.
Mon attente s'arrête lorsque je retourne à l'intérieur du bar et que je descends les escaliers ramenant à la salle principale. Simon est là, prêt de la porte d'entrée, tentant difficilement de se frayer un chemin à travers la foule compacte d'étudiants, d'hommes d'affaires à la cravate desserrée et d'amis ayant trouvé refuge au chaud. Lorsque son regard, qui scanne son environnement, finit par me trouver, on communique par geste pour nous mettre d'accord sur notre façon de procéder. Lui va nous prendre des bières, moi je nous trouve un coin de table libre.
C'est chose faite depuis cinq bonnes minutes lorsqu'il me rejoint avec deux pintes.
—Ca se voit que c'est le début du mois ! Lance-t-il en posant les verres sur la table. Tout le monde s'est passé le mot pour dépenser sa paye en alcool et en cacahuètes ! 
J'acquiesce d'un petit rire et lui rend la bise qu'il me fait en guise de salut.
—Alors, quoi de neuf ? Enchaîne-t-il. Ça commençait à faire un bail ! 
—Ouais, j'avoue… Beh écoute pas grand-chose, la routine… et toi ? 
—Bwarf… pas mieux. Comme un mois de décembre froid et triste.
—Ouais…
Le semblant de normalité qui avait jaillit durant ces quinze petites secondes s'évapora aussi rapidement qu'une flamme vacillante dans le vent. Nos regards se croisent, et disent chacun à l'autre qu'on sait bien que c'est une mascarade.
—Bon bah…Santé ! Poursuit tout de même Simon en levant sa bière face à lui.
Nos verres tintent l'un contre l'autre, nous buvons tout deux une longue gorgée de bière, puis le silence retombe. Tout à côté de nous, si excités – ou alcoolisés – que notre table tremble, un groupe d'amis dans la vingtaine est dans une partie endiablée d'un jeu de cartes dont je ne comprends pas bien les règles de là où je suis. 
Je tapote machinalement le bois du bout de mes doigts. Sentir cette barrière, comme une immense muraille infranchissable, entre mon meilleur ami et moi me fait un peu mal au cœur, mais je ne sais pas comment la faire tomber.
—Bon ! Lance finalement Simon. Faut qu'on brise la glace. On va pas se mentir, elle a mis un peu le bordel cette…
Il tourne la tête vers la table voisine, vraiment très proche de nous, et cherche une façon détournée de dire ce qu'il a à dire pour ne pas attirer l'attention des oreilles indiscrètes.
—Cette…partie de Laser Game.
Je lâche à nouveau un petit rire, mais ne trouve pas vraiment quoi répondre. Je ne me sens pas tout à fait prêt à tout déballer. D'autant plus que je ne sais pas ce que je pourrais bien déballer.
—Ouais, je crois bien, je lâche simplement.
—Tu crois bien ?
—Ouais. Non. Enfin j'en sais rien.
—Bon résumé des dernières semaines. On a eu un peu les mêmes conclusions de notre côté.
L'espace d'une seconde, l'idée que Simon et Magalie n'aient pas apprécié l'expérience me traverse l'esprit, et je me surprends à être déçu. Ce qui, et cela me surprend encore plus, m'amène instantanément à la conclusion que de mon côté, je l'ai aimé.
Merde, si j'avais su que la conclusion était si simple, je ne me serais pas tracassé avec ça pendant un mois… pensai-je.
Mon trouble doit se lire sur mon visage, parce que Simon se sent le devoir de préciser son propos.
—Enfin je veux dire…c'était cool, hein ! Le…
Il se tortille les mains.
—Oh et puis merde, j'aime pas me sentir comme une saucisse dans un pot de moutarde ! lâche-t-il. J'ai envie qu'on en parle, mais je sais pas par quel bout le prendre, et mon meilleur pote me manque alors j'ai juste envie de passer un bon moment avec lui. 
—Ca aussi, c'est un bon résumé, je rétorque. 
—Et puis c'est pas le genre de sujet que j'ai franchement envie d'étaler aux quatre vents…ajoute Simon en lançant un nouveau regard vers la table voisine. Je suis pas franchement pudique, mais y'a des limites à tout…
Voir que Simon est à peu près dans la même situation que moi – un peu perdu et bien incapable de tirer les choses au clair – me rassure un peu. Cela fait disparaître la distance, le déséquilibre que je pensais avoir avec lui. Je nous sens à deux dans la même galère, qui tout à coup en est beaucoup moins une, d'ailleurs, et cela me ragaillardit.
—Voilà ce que je propose, lance-je en me redressant, prenant soudain les manettes. On se prend une bière tranquille entre potes, et on se raconte nos vies chiantes à mourir. Comme on l'a fait des centaines de fois. Après ça, on passe à l'épicerie nous prendre des munitions, on va se poser chez moi, et on aborde… la partie de Laser Game loin des oreilles indiscrètes, forts de nos retrouvailles bien méritées et d'un taux d'alcoolémie suffisant pour ne pas nous sentir très cons d'en parler. 
—Quoi, tu veux me faire le coup du dernier verre ? Je crois qu'on tire pas tout à fait les mêmes conclusions du Laser Game…
—Oh, ta gueule !
On explose tous les deux de rire en même temps, Simon lâche un « ça marche », nous trinquons à nouveau, et je retrouve la version normale de mon meilleur pote en un claquement de doigt. 
Dans un coin de ma tête, je me maudis d'avoir une fois de plus eu ce réflexe lourdingue de me refermer comme une huître à la moindre vague en espérant connement que c'était la bonne chose à faire. 
***
—Attends, faut que je pisse ! 
—Mec, on est à une minute de mon appart… J'ai des chiottes, tu sais !
—Une minute c'est beaucoup trop. La bière…tu connais ! 
Simon se rapproche de l'un des arbres qui jonchent le trottoir pour vider sa vessie. Nous sommes dans une rue plutôt passante, bordée d'appartements et de boutiques, mais il est bientôt minuit et l'endroit et désert.
Mes mains glacées se resserrent d'elle-même sur les bouteilles de bière que je tiens à la main. Une fumée blanche s'échappe de ma bouche à la moindre respiration.
—Grouille toi, par pitié ! Je me les gèle…
—Et moi, alors ! râle Simon en tournant la tête vers moi. Tu crois que c'est facile de tenir sa teub entre deux glaçons ?
—Ca j'en sais rien, la dernière fois que j'ai vu t'en servir t'étais chaud comme la braise. 
—C'est toi qui dis ça ? C'est l'hôpital qui se fout de la charité…
Ni lui ni moi n'avons fait la moindre allusion à…la partie de Laser Game depuis que nous avons établis le programme de la soirée. Ni de près, ni de loin. Le sujet plus général du sexe n'est d'ailleurs pas venu sur la table une seule fois. Une mise à jour sur nos dernières semaines de boulot, les derniers potins, les séries en cours et les derniers titres de Linkin Park… voilà à quoi s'est résumé l'essentiel de nos conversations. 
Mais c'est exactement ce dont nous avions besoin, et je viens d'en avoir la preuve. Ce sas de décompression a permis de nous reconnecter, d'être ce que nous avons toujours été pour l'autre. Et de nous préparer suffisamment pour aborder notre aventure sexuelle le plus naturellement du monde, sans devoir surmonter la gêne et les tabous. Mission accomplie.
—Bon, là qu'on crève l'abcès, dis-le moi, maintenant ! Relance Simon en revenant vers moi et en finissant de reboutonner son jean. C'est quoi le bilan, de ton côté ? T'as aimé, ou pas ? 
—Hop hop hop, tout doux, bijou, réponds-je pour le taquiner. On a dit qu'on en parlerait une fois posés chez moi. Soit dans à peu près 50 secondes, si tu te décides à te bouger. 
Il lâche un faux soupir de vexation pour donner le change, puis nous nous engouffrons dans la rue perpendiculaire où se trouve l'immeuble où je vis. Une volée de marche nous amène jusque dans mon appartement, où je prends le temps de mettre l'une des deux bouteilles de bière au réfrigérateur avant d'ouvrir l'autre et de répartir son contenu dans deux verres. De son côté, Simon lance notre playlist commune sur la petite enceinte qui trône sur la table basse. 
—Alors ? Dis-moi ! Me relance-t-il une fois tout deux installés sur mon canapé, un verre de bière à la main.
—Bien sûr que j'ai aimé ! Je réponds enfin. C'était…Mec, c'était… Incroyable !
Son visage se barre d'un large sourire et ses yeux se perdent dans le vague, comme s'il était en train de revisualiser la scène.
—Et toi ? Je demande.
—C'était fou, mec…lâche-t-il comme un aveu qu'il se faisait à lui-même. J'aurais jamais cru prendre un pied pareil. Je pensais qu'ils en rajoutaient des caisses, dans les pornos, mais c'est dingue à quel point une troisième personne rajoute une dimension de fou.
J'acquiesce à mon tour et on reste silencieux un petit moment, comme pour savourer le souvenir.
—Et…Magalie ? je reprends. Elle en a pensé quoi ? 
Simon hausse les sourcils en guise de réponse, et je ne comprends pas bien ce que je dois en comprendre.
—Tu sais, on est bien restés une semaine sans en parler elle et moi, commence-t-il, comme si une réponse courte et rapide était impossible. En vrai, ça m'a un peu chamboulé, et elle aussi. Toi aussi, non ? Sinon t'aurais pas fait silence radio pendant si longtemps, je te connais. 
Je hoche la tête. Le ton de la conversation change. Après avoir été célébré, l'évènement devait être débriefé.
—En ce qui me concerne, continue Simon, j'ai eu du mal à rendre ça…réel. J'arrivais pas à me dire que ça s'était vraiment passé, et quand j'y arrivais, je parvenais pas à comprendre ce que j'en pensais. Y'avait plein de trucs qui rentrait en jeu : ma vie amoureuse avec ma femme, ma vie sexuelle avec elle, mon amitié avec toi… Enfin tout, quoi.
—Je crois qu'on est passé par les mêmes phases, mec, je confesse.
—Ouais, j'imagine…En fait j'arrivais pas à prendre la scène : une partie de baise incroyable à trois, et à la transposer dans la réalité, en mettant les visages de Magalie et toi sur ces corps à poil et déchainés. 
—Pareil, je répète. Pourtant, perso, c'est justement parce que c'était Mag et toi que j'ai adoré. Je sais que ça n'aurait rien eu à voir si ça avait été des inconnus ! 
—Voilà, c'est ça ! S'exclame Simon, comme si je venais de lui démêler un nœud dans le cerveau. C'était incroyablement cool parce que c'était vous, mais c'était incroyablement compliqué à gérer parce que c'était vous ! 
—Exact…
Nouveau silence, pour laisser à nos cerveaux le temps de faire leur chemin dans ce paradoxe.
—Enfin bref, reprend Simon. Toujours est-il que Mag a fini par mettre le sujet sur la table, un soir au lit. Ca faisait plus d'une semaine qu'on avait rien fait, c'était bien le signe qu'il fallait crever l'abcès.
—Et ? Je demande, presque aussi stressé qu'un étudiant en attente des résultats du Bac.
—Elle a suivi un peu le même résonnement que nous. D'après ce qu'elle m'a expliqué, elle naviguait entre la honte et l'impression de m'avoir trompé en t'imaginant la baiser, et ce choc mental de dingue d'avoir connu ces sensations inconnues.
À nouveau, Simon lit en moi comme dans un livre ouvert. Il prend le temps d'avaler une gorgée de bière et répond à mes interrogations silencieuses.
—Mais t'inquiète, hein ! Mag te kiffe toujours, t'es toujours le bienvenu à la maison…Y'a vraiment aucune galère ! Elle te considère toujours comme son pote, ça bouge pas.
Je lâche un soupir de soulagement. L'image de sa chatte offerte et ses cris de jouissance me traversent subrepticement l'esprit. 
—En fait, et c'est pour ça que je t'ai pas donné de nouvelles avant, expose Simon. Je voulais comprendre. Pour ça, et pour te laisser le temps de digérer le truc à ta façon dans ton coin, aussi.
—Comprendre ? Comprendre quoi ? 
—Comprendre pourquoi c'était si dingue. Pourquoi ça m'a autant fait kiffer. Parce que sur le papier, j'ai juste partagé ma nana avec un autre gars. Pas de quoi me rendre dingue, bien au contraire.
—Et du coup, si t'as voulu qu'on se voit ce soir, c'est parce que t'as trouvé la réponse ?
—Ouais, je crois…
Il sort un paquet de clopes de sa veste, s'en allume une et se redresse, signe qu'il est sur le point de me détailler un argumentaire qu'il a préparé avec soin.
—Y'a deux trucs qui rentrent en compte : la nouveauté, et l'amitié. 
Je souris intérieurement. Les occasions de voir Simon aussi sérieux et concentré ont été extrêmement rares dans ma vie. Et le fait qu'il le soit à propos de l'analyse d'une partie de baise est assez drôle. Rassurant, aussi. Le voir naviguer dans les méandres de son cerveau rend mes propres interrogations bien plus acceptables. Normales.
—D'abord, la nouveauté, poursuit-il. Je sais que tu sais que mes jeunes années ont été plutôt garnies côté cul, et que j'ai fait pas mal d'expériences, mais je me suis toujours laissé un peu porté par la vie. Par ce qu'elle avait à m'offrir.
—Et si j'en crois tout ce que t'as pu me raconter, elle a été plutôt généreuse.
—Oui, j'avoue, j'ai eu de la chance… Il faut dire que j'étais à Paris, aussi. La Capitale… enfin bref. Ce que je veux dire c'est que c'était pas franchement décidé, ou en tout cas pas dans le but d'explorer les possibilités qui s'offraient à moi. J'étais juste un gars de vingt ans bien trop heureux de se servir de sa queue dès que l'occasion se présentait, et de toutes les façons possibles. Ça n'allait pas chercher plus loin.
Je ne suis pas bien sûr de comprendre exactement ce qu'il m'explique, mais je pense en saisir un tant soit peu le fond. 
—Là, ce plan à trois… c'était volontaire ! Enfin je veux dire, c'était une démarche consciente d'aller chercher quelque chose de nouveau. De découvrir. 
Mes pensées dérivent doucement au gré des paroles de Simon, et je revois certaines scènes de notre soirée à trois, comme des diapositives qui passent dans mon champ de vision. Magalie qui enfourne sa langue dans ma bouche pendant que son mari lui titille l'abricot. Mes doigts logés dans sa chatte et ceux de Simon se rejoignant à travers sa peau pour lui offrir un orgasme de tous les diables. Ma bite coulissant entre ces deux somptueux seins et finissant sa course sur sa langue offerte.
-…tu vois ce que je veux dire, hein ? 
Je reviens dans mon salon. J'acquiesce en hochant la tête et prend une cigarette dans le paquet posé sur la table basse. 
—Et le deuxième truc, alors, c'est quoi ?
—L'amitié, repars Simon de plus belle. Ou plutôt les plans de l'amitié et du sexe qui se mélangent dans un troisième.
—Oula, doucement mec, je crois que tu pars loin, je le calme. Je suis pas sûr de te suivre, là.
—Bah…commence Simon comme s'il s'apprêtait à évoquer une évidence. Dans nos têtes, dans ce qu'on est… on a plusieurs plans ! Plusieurs couches, si tu préfères.
Il s'arrête pour vérifier qu'il a toute mon attention et poursuit : 
—Regarde : Que ce soit Magalie, toi ou moi, on a tous des couches, dans nos vies. La couche travail, la couche gouts musicaux, la couche nourriture…Enfin tu vois le principe. Et on a tous aussi la couche « sexe » : Nos désirs, nos envies, nos fantasmes, nos préférences…OK ?
—Oui ok, bien sûr.
—Bon. Magalie et moi, on a la couche « couple ». 
—Qui interfère avec la couche « sexe » et qui fait que vous ne faites pas que baiser, vous faites aussi et surtout l'amour, je complète en suivant son raisonnement.
—C'est ça, t'as capté. Et toi et moi, ou Magalie et toi, même si c'est dans une mesure un peu moins forte, on a la couche « amitié ». 
Il n'a pas besoin de finir sa démonstration pour que je comprenne où il veut en venir.
—Et ce qui rend ce qu'on a fait si incroyable, c'est d'avoir mélanger les couches « sexe » et « amitié », je conclus à voix haute.
—C'est ça ! 
J'ai à mon tour une sorte d'illumination, comme celle qu'a probablement eu Simon pour en arriver aux conclusions qu'il vient d'exposer. Je repense à cette version de moi qui a pris part à la baise, ce soir-là. Cette version qui a fait tomber toutes les barrières, qui s'est lâché comme jamais, tellement que je me suis à peine reconnu. Qui a découvert de nouveaux plaisirs, a eu envie de les explorer, eux et les autres…
J'adorais cette version de moi, que je ne connaissais pas jusqu'à ce moment-là. Et cette version n'avait pu voir le jour que parce que je vivais ce que j'étais en train de vivre avec des personnes que j'aimais, et en qui j'avais une confiance absolue.
Cela tombait sous le sens, désormais. Si j'avais pris la peine d'analyser l'expérience de mon côté plutôt que de soigneusement la ranger dans un coin scellé de ma tête, je l'aurais compris bien plus tôt. 
—Parce que, pour être honnête, reprend Simon, semblant ne pas s'être rendu compte que je venais d'être touché par une espèce de grâce qui venait de tout remettre en ordre dans ma tête, j'ai autant kiffé m'envoyer en l'air avec toi qu'avec ma femme.
Je comprends très vite ce qu'il veut dire, mais je lui sers une fausse moue dégoûtée pour le taquiner.
—Non mais tranquille, se défend-il en riant. Je suis hétéro, çà il n'y a aucun doute là-dessus. Mais je veux dire…J'ai kiffé voir ta queue, j'ai kiffé te voir te branler, j'ai kiffé sentir ton gland contre le mien pendant que Mag nous suçait… Mais pas d'un point de vue physique ! D'un point de vue…amical.
—Tu t'es autant nourri de mon excitation que de celle de ta meuf, je résume. Le sexe a tout à coup pris une autre dimension parce qu'il a été partagé avec ton meilleur pote. Au-delà de toute notion d'orientation sexuelle ou d'attirance, t'as juste partagé ton kiff, et il s'en est retrouvé décuplé.
—Oui ! S'exclame Simon comme si je venais de lui donner la solution à une énigme insoluble. Par pitié, dis-moi que tu comprends et que c'est valable pour toi aussi.
—À ton avis, pourquoi je résume ça aussi bien ? 
—Ah merci putain…
Il soupire et se laisse tomber sur le dossier du canapé, visiblement soulagé. 
—Tu sais, après le plan à trois, j'ai laissé tout ça de côté sans y penser, confesse-je. Je savais pas quoi en penser, et j'avais pas envie de le savoir. Je me suis…
—Tu t'es refermé, comme d'habitude, me coupe Simon.
—Ferme-là. Mais ouais, c'est ça. Du coup, ça ressemblait à une mauvaise expérience. À un truc qui chamboulait beaucoup trop ma vie pour être sympa. Mais tu viens de me faire comprendre que c'était tout l'inverse. Oui c'est gros à gérer, mais c'est justement pour ça que c'est incroyable. Pour ça, et parce que c'est partagé avec vous.
—Alors soit gentil et arrête de fuir, conclut Simon d'un ton paternaliste. 
—Ouais…là je crois que j'ai compris. 
La conversation reprit un peu plus légèrement. L'abcès était crevé, les conclusions avaient été tirées, pas besoin de plus. La deuxième bouteille fut ouverte, et rapidement vidée. Bientôt, l'alcool fit son effet et nous enveloppa dans son agréable brouillard. L'horloge indiquait presque 3h30 lorsque je proposai à Simon d'en restait là pour ce soir.
—Attends, on a pas parlé du plus important ! Lance-t-il, clairement éméché.
—Le plus important ? Je répète.
—Bah ! On fait quoi maintenant ! Pour l'histoire de l'amitié sexuelle, du cul avec Magalie et moi, tout ça… On continue, non ?
—Oula, doucement ! Je le calme, refoulant mon impérieuse envie de simplement lui répondre « oui ». C'est plus l'heure de prendre des décisions pareilles, et on a trop picolé pour avoir les idées vraiment claires. On parlera de ça demain matin, autour d'un café, ça te va ?
Son visage exprime clairement sa déception, mais il accepte. La fatigue et l'alcool font que j'ai toutes les peines du monde à garder les yeux ouverts. Je rêve de me jeter dans mon lit et de sombrer dans un doux sommeil.
—Tu restes dormir là, je décide à voix haute, tu as trop bu pour repartir. Mag dort sûrement à poings fermés, mais envoie-lui un message quand même pour la prévenir. Déplie le canapé, je vais te chercher une couette et un oreiller. 
Je m'éclipse rapidement pour ne pas lui laisser le temps de répliquer quoi que ce soit – je sais à quel point il peut être têtu quand il a bu – et farfouille dans l'armoire de ma chambre. Lorsque je reviens dans le salon les bras chargés de linge de lit, je le trouve nu comme un ver, debout entre le canapé et la table basse. Lorsqu'il me voit arriver, il s'agenouille sur le canapé. 
—Je sais, je sais ! On en parle demain ! Me lance-t-il avant de m'entendre râler. C'est juste pour te montrer que je suis chaud que ça continue, tout ça ! 
Je pose l'oreiller et la couette sur le dossier du canapé, et il se met à donner des coups de reins dans le vide, le chibre et les boules bringuebalants, pour mimer une pénétration.
—On va faire du sexe entre potes ! S'enthousiasme-t-il à voix haute. On va tester plein de trucs, et on va prendre un pied phénoménal. Ça va être gé-nial ! 
Il explose de rire en même temps que moi et retrouve un semblant de sérieux.
—Remballe la marchandise, mon vieux. Et dors ! On aura aucune chatte sous la main ce soir. 
Je le gratifie d'un salut de loin et me dirige vers la chambre. Juste avant d'en fermer la porte pour enfin m'abandonner aux bras de Morphée, je l'entends s'exclamer depuis le salon : 
—Je te kiffe, mon pote !
Je ne prends pas la peine de lui répondre. Il sait pertinemment que l'inverse est vrai.
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Photo de profil de BluePanthere
BluePanthere
27 mars 2025 à 20:20
Alors là, chapeau bas !
Voici un récit avec quasi pas de sexe qui m'a touché directement au cœur :)
Un excellent résumé de ce que devrait pouvoir être la plupart des relations : des plaisirs purs ;)
Soyez respectueux
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