Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La bite du Gévaudan — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La bite du Gévaudan
Chapitre 2
La fermeture incomplète du volet éclairait la pièce d'un fin rayon de lumière. Des particules de poussières virevoltaient dans ce faisceau intrusif du soleil. Cet étroit interstice suffisait à surchauffer le petit appartement. Manon proposa une boisson à son invité ; il se contentait d'eau, toujours. Elle remplit une carafe puis se fit un café. Lou observa la pièce ; des étagères alignaient des bouquins, de poche pour la plupart. La quantité ne permettait pas à la jeune femme d'accumuler les grands formats. Elle avait même doublé certaines rangées afin de gagner en place. Mais le plus étrange était la présence de deux enceintes colonnes alors qu'aucun autre appareil n'apparaissait dans le salon. Lou suivit le câble branché sur les bornes pour retrouver la source mais il se perdait rapidement entre deux meubles. Manon déposa la carafe sur la table du salon et remarqua l'intérêt de son invité.
— Mes disques et le reste de la chaîne se trouvent dans ma chambre. C'est par là, ajouta Manon, joignant le geste au verbe. Fais pas gaffe au bordel…
La collection de 33tours que découvrit le motard le sidéra. Quand la serveuse suggéra de prendre du bon temps sur fond de musique, il s'imagina subir une pop pour jeune fille à peine sortie de l'adolescence ; il s'était mis le doigt dans l'œil, jusqu'au coude et même au-delà. Des étagères toutes aussi remplies que celles du salon accueillaient la crème du rock des seventies. Manon n'était pourtant pas la caricature des filles fans de ces années-là. Pas de lunettes rondes à la Janis, pas de vêtements ou de tentures bariolés en guise de décoration n'agrémentait ce Capharnaüm organisé. Manon pénétra dans la chambre. Elle fila droit vers la platine où trônait déjà un vinyle. Elle souleva le bras du bout de l'index puis le reposa sur la galette noire avec une délicatesse respectueuse. Quelques craquements témoignèrent du nombre conséquent d'écoutes puis se fondirent aux cris de la foule. Lou la reconnut la pochette orange et noire posée à côté avant même qu'une voix mâle éraillée n'annonce l'arrivée du groupe sur scène. J Geil's Band faisait partie de ces musiciens dont les chansons prenaient toute leur raison d'être en concert dans un cocktail d'électricité saturée et de sueur. Les membres du groupe ne ménageaient pas leur peine ; quelques secondes suffisaient à provoquer chez l'auditeur une irrésistible envie de taper du pied.
Lou appréciait davantage la serveuse effrontée que le temps passait. Manon le surprenait. Ce n'était pas pour lui déplaire. Parmi les filles de cet âge qu'il connaissait, peu écoutaient du rock sur des platines vinyles. Il s'approcha d'elle. Il devina un autre disque sous la pochette de l'album qui tournait. Curieux, il tendit la main.
— Ça ne te plait pas ? Tu peux changer si tu préfères autre chose…
— Non, c'est parfait. Je voulais juste savoir ce qui se cachait dessous.
Steppenwolf. Lou trouvait le groupe un poil surcoté. Selon lui, Born to be wild était l'arbre qui cachait la forêt mais il concevait qu'il soit difficile de prendre la suite d'un tel carton !
— Je les ai tous deux sortis des étagères ce matin…
S'il n'avait pas quitté Manon des yeux depuis leur rencontre, Lou aurait pu croire que la jeune femme s'était éclipsée pour préparer en douce les disques. Ce ne pouvait être le cas. La bande à Peter Wolf et le loup des steppes…ils rirent ensemble de cette étrange coïncidence puis la musique devint secondaire. Ils s'allongèrent. Après des échanges d'œillades enfiévrées et de baisers humides, Manon laissa sa hâte de chevauchée fantastique prendre le dessus. Elle revint là où elle s'était arrêtée à la mi‑journée. Elle lécha le membre tel un cône qui n'avait pour le coup rien de glacé. Si ce n'était la crainte de crampes à la mâchoire, toute la nuit elle se serait empiffrée de cette verge exquise mais elle leva les yeux vers son partenaire ; d'un regard à en fendre l'âme, elle supplia Lou de poursuivre par des ébats enfin plus sauvages. Pressée d'assouvir son avide envie de possession démesurée, elle lui tourna le dos, invitation à une levrette de circonstance.
Il redoubla de précautions. Par expérience, il connaissait les douleurs que son vit prodigieux engendrait parfois, lors de pénétrations précipitées. Certaines gloutonnes insatiables s'étaient ruées à l'assaut de cet Everest charnel. Elles avaient échoué et n'eurent que leur frustration à ravaler. Manon le morigéna pour son excessive douceur : de colossaux jouets avaient déjà colonisé son entrée de secours. Il se conforma aux désirs édictés, se bornant à rappeler que la base de son chibre enflerait sous peu. En attendant…ainsi soit-il !
Il versa du gel sur sa verge ; il fut même généreux. Le coït commença, lent mais inexorable. Quand son pubis se colla contre les fesses de sa partenaire, Lou entama le chemin inverse. La deuxième poussée fut plus vive, plus rapide. En quelques dizaines de secondes, Manon mordit le polochon. Sa rondelle s'étirait à chaque recul de son partenaire ; elle regretta l'impossibilité d'observer la déformation qu'infligeait la queue XXL à son anus. Il était trop tard pour demander à Lou d'attraper son téléphone. Hors de question de l'interrompe, quand bien même il s'agissait d'une bonne cause. De toute manière, comme lors des élections, elle comptait sur l'éventualité d'un deuxième tour. Voire plus et tant pis si la position assise lui procurait moult douleurs par la suite. Pour l'instant elle savourait les aller-retours, entre douceur et rudesse maîtrisée. À chaque poussée, Manon sentait la boule enfler à la base de la verge. Louis butait contre les fesses comme on toque à la porte. Elle connaissait l'issue ; elle finirait par l'absorber toute entière. Cette assertion n'était pas sans fondement.
Elle envoya une main sonner le tocsin sur sa clochette magique. Le long de ses cuisses, la théorie du ruissellement coulait de source. Son autre main agrippait le lit, à cinq doigts crispés d'arracher le drap‑housse du matelas. Louis battait la mesure en cadence avec la musique. Manon espéra que les assauts de son partenaire ne feraient pas sauter le disque. Elle évacua vite cette pensée saugrenue. Elle donna un coup de cul, suivi d'un deuxième. Louis compris aussitôt le message. Il administra une claque sur la fesse droite de la serveuse. La main resta collée sur le globe afin d'écarter davantage l'entrée. Il se pencha plus avant et poussa de tout son poids. Manon l'encouragea ; autant dire qu'il considéra ces incitations futiles. Bien sûr qu'il désirait lui aussi enfoncer l'intégralité de son membre dans le fion de cette fieffée coquine.
Louis ne ménagea pas sa peine, ni sa pine d'ailleurs. Il lima de longues minutes dont se délecta Manon avant de vaincre la résistance anale. Un doublé de râles accompagna le passage victorieux de la base tuméfiée du chibre. Manon trembla de tous ses membres. Après une ultime convulsion, elle s'affala, entrainant avec elle un Lou captif qui lui tapissait l'intestin de son foutre. Elle n'avait jamais senti de jets aussi puissants, sans compter la quantité, digne du déluge biblique. À l'évidence, cette nuit torride empèserait les draps.
Manon prenait un pied de Hobbit. Son cerveau disjoncta ; ses muscles montrèrent des velléités d'indépendance. Les quelques fractions de seconde que cela dura parurent s'égrener en un long chapelet de minutes. Puis elle reprit ses esprits. Elle se rendit compte que Louis l'écrasait. Il la saisit dans ses bras et ils basculèrent sur le côté. Le nœud, toujours calé en elle, relança la machine à frissons lors du déplacement. Le moindre mouvement lui extorquait des gémissements. Manon ne contrôlait plus guère son corps. Le sphincter se contracta. Compressé, le vit emprisonné n'était pas près de débander. Elle savait la chose impossible mais sourit à l'idée d'une nuit entière de dilatation.
Après une trêve indispensable il y eut un deuxième round tout autant exhaustif. Ҟ nouveau, elle absorba le bulbe, avec une facilité déconcertante cette fois. Ivre de jouissance, elle se sentit planer, comme mise en orbite. Puis Louis sombra dans un sommeil bienvenu ; Manon, elle, glissa à peine moins rapidement dans les bras de Morphée, le temps de prendre conscience que son anneau rectal, aussi défoncé qu'un poivrot à la sortie du PMU, se révélait tout compte fait, incapable de retenir le pieu.
— Mes disques et le reste de la chaîne se trouvent dans ma chambre. C'est par là, ajouta Manon, joignant le geste au verbe. Fais pas gaffe au bordel…
La collection de 33tours que découvrit le motard le sidéra. Quand la serveuse suggéra de prendre du bon temps sur fond de musique, il s'imagina subir une pop pour jeune fille à peine sortie de l'adolescence ; il s'était mis le doigt dans l'œil, jusqu'au coude et même au-delà. Des étagères toutes aussi remplies que celles du salon accueillaient la crème du rock des seventies. Manon n'était pourtant pas la caricature des filles fans de ces années-là. Pas de lunettes rondes à la Janis, pas de vêtements ou de tentures bariolés en guise de décoration n'agrémentait ce Capharnaüm organisé. Manon pénétra dans la chambre. Elle fila droit vers la platine où trônait déjà un vinyle. Elle souleva le bras du bout de l'index puis le reposa sur la galette noire avec une délicatesse respectueuse. Quelques craquements témoignèrent du nombre conséquent d'écoutes puis se fondirent aux cris de la foule. Lou la reconnut la pochette orange et noire posée à côté avant même qu'une voix mâle éraillée n'annonce l'arrivée du groupe sur scène. J Geil's Band faisait partie de ces musiciens dont les chansons prenaient toute leur raison d'être en concert dans un cocktail d'électricité saturée et de sueur. Les membres du groupe ne ménageaient pas leur peine ; quelques secondes suffisaient à provoquer chez l'auditeur une irrésistible envie de taper du pied.
Lou appréciait davantage la serveuse effrontée que le temps passait. Manon le surprenait. Ce n'était pas pour lui déplaire. Parmi les filles de cet âge qu'il connaissait, peu écoutaient du rock sur des platines vinyles. Il s'approcha d'elle. Il devina un autre disque sous la pochette de l'album qui tournait. Curieux, il tendit la main.
— Ça ne te plait pas ? Tu peux changer si tu préfères autre chose…
— Non, c'est parfait. Je voulais juste savoir ce qui se cachait dessous.
Steppenwolf. Lou trouvait le groupe un poil surcoté. Selon lui, Born to be wild était l'arbre qui cachait la forêt mais il concevait qu'il soit difficile de prendre la suite d'un tel carton !
— Je les ai tous deux sortis des étagères ce matin…
S'il n'avait pas quitté Manon des yeux depuis leur rencontre, Lou aurait pu croire que la jeune femme s'était éclipsée pour préparer en douce les disques. Ce ne pouvait être le cas. La bande à Peter Wolf et le loup des steppes…ils rirent ensemble de cette étrange coïncidence puis la musique devint secondaire. Ils s'allongèrent. Après des échanges d'œillades enfiévrées et de baisers humides, Manon laissa sa hâte de chevauchée fantastique prendre le dessus. Elle revint là où elle s'était arrêtée à la mi‑journée. Elle lécha le membre tel un cône qui n'avait pour le coup rien de glacé. Si ce n'était la crainte de crampes à la mâchoire, toute la nuit elle se serait empiffrée de cette verge exquise mais elle leva les yeux vers son partenaire ; d'un regard à en fendre l'âme, elle supplia Lou de poursuivre par des ébats enfin plus sauvages. Pressée d'assouvir son avide envie de possession démesurée, elle lui tourna le dos, invitation à une levrette de circonstance.
Il redoubla de précautions. Par expérience, il connaissait les douleurs que son vit prodigieux engendrait parfois, lors de pénétrations précipitées. Certaines gloutonnes insatiables s'étaient ruées à l'assaut de cet Everest charnel. Elles avaient échoué et n'eurent que leur frustration à ravaler. Manon le morigéna pour son excessive douceur : de colossaux jouets avaient déjà colonisé son entrée de secours. Il se conforma aux désirs édictés, se bornant à rappeler que la base de son chibre enflerait sous peu. En attendant…ainsi soit-il !
Il versa du gel sur sa verge ; il fut même généreux. Le coït commença, lent mais inexorable. Quand son pubis se colla contre les fesses de sa partenaire, Lou entama le chemin inverse. La deuxième poussée fut plus vive, plus rapide. En quelques dizaines de secondes, Manon mordit le polochon. Sa rondelle s'étirait à chaque recul de son partenaire ; elle regretta l'impossibilité d'observer la déformation qu'infligeait la queue XXL à son anus. Il était trop tard pour demander à Lou d'attraper son téléphone. Hors de question de l'interrompe, quand bien même il s'agissait d'une bonne cause. De toute manière, comme lors des élections, elle comptait sur l'éventualité d'un deuxième tour. Voire plus et tant pis si la position assise lui procurait moult douleurs par la suite. Pour l'instant elle savourait les aller-retours, entre douceur et rudesse maîtrisée. À chaque poussée, Manon sentait la boule enfler à la base de la verge. Louis butait contre les fesses comme on toque à la porte. Elle connaissait l'issue ; elle finirait par l'absorber toute entière. Cette assertion n'était pas sans fondement.
Elle envoya une main sonner le tocsin sur sa clochette magique. Le long de ses cuisses, la théorie du ruissellement coulait de source. Son autre main agrippait le lit, à cinq doigts crispés d'arracher le drap‑housse du matelas. Louis battait la mesure en cadence avec la musique. Manon espéra que les assauts de son partenaire ne feraient pas sauter le disque. Elle évacua vite cette pensée saugrenue. Elle donna un coup de cul, suivi d'un deuxième. Louis compris aussitôt le message. Il administra une claque sur la fesse droite de la serveuse. La main resta collée sur le globe afin d'écarter davantage l'entrée. Il se pencha plus avant et poussa de tout son poids. Manon l'encouragea ; autant dire qu'il considéra ces incitations futiles. Bien sûr qu'il désirait lui aussi enfoncer l'intégralité de son membre dans le fion de cette fieffée coquine.
Louis ne ménagea pas sa peine, ni sa pine d'ailleurs. Il lima de longues minutes dont se délecta Manon avant de vaincre la résistance anale. Un doublé de râles accompagna le passage victorieux de la base tuméfiée du chibre. Manon trembla de tous ses membres. Après une ultime convulsion, elle s'affala, entrainant avec elle un Lou captif qui lui tapissait l'intestin de son foutre. Elle n'avait jamais senti de jets aussi puissants, sans compter la quantité, digne du déluge biblique. À l'évidence, cette nuit torride empèserait les draps.
Manon prenait un pied de Hobbit. Son cerveau disjoncta ; ses muscles montrèrent des velléités d'indépendance. Les quelques fractions de seconde que cela dura parurent s'égrener en un long chapelet de minutes. Puis elle reprit ses esprits. Elle se rendit compte que Louis l'écrasait. Il la saisit dans ses bras et ils basculèrent sur le côté. Le nœud, toujours calé en elle, relança la machine à frissons lors du déplacement. Le moindre mouvement lui extorquait des gémissements. Manon ne contrôlait plus guère son corps. Le sphincter se contracta. Compressé, le vit emprisonné n'était pas près de débander. Elle savait la chose impossible mais sourit à l'idée d'une nuit entière de dilatation.
Après une trêve indispensable il y eut un deuxième round tout autant exhaustif. Ҟ nouveau, elle absorba le bulbe, avec une facilité déconcertante cette fois. Ivre de jouissance, elle se sentit planer, comme mise en orbite. Puis Louis sombra dans un sommeil bienvenu ; Manon, elle, glissa à peine moins rapidement dans les bras de Morphée, le temps de prendre conscience que son anneau rectal, aussi défoncé qu'un poivrot à la sortie du PMU, se révélait tout compte fait, incapable de retenir le pieu.
***
Une lune ronde dessinait un carré sur le lit. Selon le principe des vases communicants, le vélux laissait pénétrer la lumière et en échange octroyait une sortie à la chaleur de la chambre. Dans cet étroit quadrilatère nitescent, le visage impassible de Manon évoquait une madone préraphaélite. Malgré ses paupières closes, l'abrupte clarté réveilla la belle dormeuse. Elle était en sueur ; la sécheresse de sa bouche collait douloureusement sa langue au palais. Un mauvais rêve abrégea peut-être sa torpeur. Non. Elle avait dormi comme une souche dont Lou avait fendu le cul. Elle essaya de saliver afin de rendre un peu de souplesse à son appendice buccal aride comme une pièce de cuir brut. Les yeux encore fermés, elle chercha d'une main hésitante son compagnon temporaire. La couche était vide. Elle entrouvrit ses paupières, prête à les refermer aussitôt en cas d'agression de l'argenterie lunaire. Elle bailla, se frotta les yeux puis souffla. Son regard survola le drap pourpre imprimé de larges fleurs que la colonne de lumière irisait. Le bout du matelas plongeait dans un vide sombre que des prunelles rouges et rondes perçaient. Une angoisse fugace l'étreint qui se dissipa aussitôt lorsque Manon réalisa que le miroir fixé au mur réfléchissait les chiffres de l'écran de son réveil. Il était 0h00.
La soif la poussa hors du lit. Elle grimaça. Sa langue procurait la sensation qu'un bout de carton encombrait sa bouche. Louis subissait peut-être semblable pépie et remédiait à ce terrible désagrément. À moins que, sur la pointe des pieds, il n'ait pris la poudre d'escampette. Il avait bien exprimé son désir de partir tôt le matin. Certes, techniquement, la nuit venait de basculer du côté de la matinée, mais Manon espéra qu'il ne poussait pas la goujaterie jusqu'à s'enfuir lors de son sommeil. Sans compter qu'elle espérait bien retâter au membre monumental du motard avant son départ. La seule évocation de cette perspective suffit à accroitre son taux d'humidité inférieur sans hélas apporter la moindre amélioration au niveau supérieur.
Le salon baignait dans la clarté indirecte de la pleine lune. Nul besoin de lampe pour se diriger sans heurter un meuble. Manon entra dans la cuisine. La pièce était vide ; Louis ne pouvait être que sur le balcon. Ou parti. Elle étancha sa soif à même le robinet. Ses papilles reprenaient vie. Jamais eau ne lui parut aussi savoureuse.
Sur le balcon Louis contemplait le paysage. L'horizon noir et irrégulier déchirait la lumière métallique du ciel nocturne. Les toits de lauzes reflétaient la brillance de l'astre argenté sous stéroïdes. Le motard trouvait curieux de vivre en appart dans un si petit hameau. Il connaissait peu Manon mais il comprenait qu'elle n'ait aucune envie de s'encombrer d'une pelouse à tondre, des branches à tailler ou de mauvaises herbes à arracher. Elle avait tout ce qu'il lui fallait de nature autour d'elle sans en subir les contraintes. Son habitat sous les toits suffisait à son bonheur et ses propriétaires lointains appréciaient d'avoir quelqu'un pour veiller sur leur bien en leur absence. De ce poste d'observation, Lou bénéficiait d'une vue remarquable sur les collines et forêts avoisinantes. La bise légère apportait à ses narines les parfums nocturnes de cette nature endormie. Sommeil apparent ; une foule de créatures s'activaient en secret au bénéfice de l'obscurité.
— Ah ! Tu es là… depuis combien de temps ?
— Pas très longtemps. Une vingtaine de minutes ; j'ai entendu un clocher sonner minuit.
— J'ai craint un instant que tu aies pris la poudre d'escampette.
— Je ne suis pas mufle à ce point.
— Tu concèdes donc l'être, plaisanta-t-elle.
— Je pars du principe que nous le sommes tous un peu. Seuls la fréquence et le degré changent.
— Est-ce la soif qui t'a réveillé, comme moi ?
— Non. Un bruit.
— Oh ! Quel genre de bruit ? Je n'ai rien entendu.
— Tu ne risquais pas. C'était loin. Cela ressemblait à un cri…
— Loin comment ?
— Une dizaine de kilomètres. Je ne suis pas certain. La nuit, avec le silence, les sons portent plus loin.
— Tu m'inquiètes. C'est la deuxième fois que tu évoques ton ouïe exceptionnelle… À vrai dire, en m'approchant du balcon, j'appréhendais de te débusquer en pleine métamorphose.
— En loup ?
Manon hocha de la tête. Le rire de Louis fut franc, quand bien même il s'efforça d'en limiter les décibels pour ne pas gêner le voisinage. Tout à son hilarité contenue, il songea un instant qu'il pourrait faire quelques confidences à son hôtesse. Cependant il s'abstint. En fin de compte, moins elle en saurait et mieux elle se porterait.
— Par exemple ! Si on se réfère à une certaine partie de ton anatomie… reprit Manon.
— Je le pourrais mais un homme est en train de fumer sur son balcon. Je ne voudrais pas te mettre dans l'embarras s'il me surprenait ainsi.
Incapable de déceler la moindre trace de vie sur les balcons avoisinants, Manon fronça les sourcils. Elle requit l'aide de son compagnon qui lui désigna la dernière maison au pied d'une colline herbeuse.
— C'est la maison du père Mourgues. Tu peux voir aussi loin, vraiment ? Moi je ne détecte aucun mouvement, aucune silhouette.
— Il est dans l'ombre sur la gauche du balcon. Quand il tire sur sa clope, le rouge le trahit.
— Je pensais que cette histoire de cigarette était une légende colportée par l'armée.
— Je ne sais pas, je n'ai jamais incorporé une quelconque armée.
— Tu te moques de moi, répondit-elle en faisant mine de frapper son épaule.
— Je t'assure que non ! J'ai été exempté d'accomplir mon service militaire.
— Tu continues ! Je parlais de tes supposées transformations…
— Je te taquine ! Mais avoue que c'est tentant, avec une telle pleine lune !
Manon hésita, pas sûre de la véritable nature de cette plaisanterie. Louis perçut le doute ; il ajouta une dernière facétie.
— Mais je ne mords que si on me le demande.
— On… on remets ça ? demanda Manon.
— Sur le balcon ?
— Oui. Pourquoi pas… ?
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Commentaires ()
Pour la suite, j'y bosse déjà dessus. Elle devrait prendre un peu moins de temps à venir... en comparaison avec le temps qu'il a fallu entre le 1er et le deuxième.
En attendant la suite d’autres aventures… un jour peut-être ? 🤔 🤞
Pour avoir traînée dans mes jeunes années avec des bikers, je peux te dire que je la connais la chanson " Born to be Wild" de SteppenWolf ( reprise par Craven).🏍️
Félicitations