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✦ Bussy Apprentissages XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Apprentissages — Chapitre 3 · Dernières leçons

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Bussy
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Apprentissages

Chapitre 3 · Dernières leçons

La furie ne tarissait pas d'insultes. Je reculais d'un pas. Elle franchit ma porte. Une dernière attaque retentit :
— Pédophile !
C'en était trop et à mon tour je levai la voix.
— Stop !
Me radoucissant, j'enchaînai sans lui laisser le temps de reprendre sa logorrhée.
— Je ne sais pas ce qui se passe mais visiblement vous avez des choses à me reprocher. Entrez et expliquez-moi.
Je m'écartai de l'entrée et l'invitai à entrer. Son visage s'apaisa. Elle devait s'attendre à ce que je lui réponde sur le même ton, voire que je me montre violent. Son attitude était autant liée à son a priori sur moi qu'à la peur qu'elle avait à m'affronter.
— J'en étais sûre ! De toute façon, les hommes de votre âge sont tous des pervers. Et en plus vous êtes impuissant !
Je tournai la tête et suivis son regard. Il était bloqué sur le jouet de Mathilde, resté au sol. J'éclatai de rire. L'absurdité de la situation l'avait emporté sur mes questions vis-à-vis de cette femme, dont je commençais à soupçonner l'identité. Ma seule question était de savoir du, ou de laquelle de mes trois acolytes, elle était la mère. Mon rire la déstabilisa.
— Vous trouvez ça drôle de dépraver mon fils ?
— Vous êtes la mère de Damien ? Enchanté. Ce qui me fait rire c'est que tout ce que j'ai envie de vous dire c'est que ce machin n'est pas à moi et qu'il n'a jamais servi. Mais je suis conscient que ça sonne comme une justification ridicule et pas crédible. Cela dit, je ne vous dirai pas que je ne sais pas ce qu'il fait là. Je vous propose quelque chose : je nous sers un café, vous vous asseyez et on parle tranquillement de Damien. En tout cas, je vous rassure, Damien n'a rien à craindre avec moi.
Je ramassai la bite de plastique et la posai négligemment sur la console de l'entrée. Sans attendre la réponse de mon invitée, je filai à la cuisine pour lui laisser le temps de se calmer. Lorsque je regagnai le salon, la vilaine ride qui barrait son front avait disparu. J'aurais parié que ma visiteuse avait rajeuni de dix ans mais je me gardai bien de lui en faire le commentaire. Je m'assis et l'invitai à faire de même.
— Racontez-moi. Que se passe-t-il avec Damien ? Pourquoi êtes-vous furieuse contre moi ?
Je marchais sur des œufs. J'ignorais ce qu'elle avait découvert de nos après-midis mais je comprenais qu'elle pouvait s'en inquiéter.
— Depuis qu'il est rentré à la fac, Damien ne me dit plus rien. Il m'a juste dit que le samedi, il joue de la musique avec des amis. Sauf que depuis quelques semaines, j'ai bien vu qu'il était mal à l'aise. Je lui ai demandé s'il avait un souci avec ses amis mais il a nié. Je l'ai suivi une fois et j'ai vu où il allait. Tout à l'heure, il est rentré bien plus tôt que d'habitude. Il avait les larmes aux yeux. Je ne l'avais jamais vu comme ça et quand je lui ai demandé ce qui se passait, il s'est mis à crier que ça ne me regardait pas. Alors je suis venue. J'étais persuadée que ce serait une fille de son âge qui m'ouvrirait. Je voulais juste savoir à quoi pouvait ressembler celle qui l'avait quitté. Quand je vous ai vu, un homme, vieux en plus, j'ai réagi au quart de tour.
— Je comprends mieux.
— Mais vous avez intérêt à être convaincant, ajouta-t-elle en me pointant d'un index menaçant.
— Je vous remercie pour le « vieux ». J'ai moi aussi des enfants du même âge. Nous sommes de la même génération mais je ne vous qualifierai pas de vieille pour autant. Quant aux hommes de mon âge qui seraient tous des pervers, faut-il vraiment que nous comparions les qualités et défauts de nos sexes respectifs ?
Ma remarque lui arracha un léger sourire mais elle restait crispée. Assise sur le bord du fauteuil, elle n'avait pas touché à sa tasse.
— Damien vous dit la vérité. Nous jouons bien de la musique ensemble. Nous nous sommes rencontrés par hasard au bar du coin de la rue. Maintenant, je vais à la fois vous choquer et à la fois vous rassurer. Déjà, je ne couche pas avec lui. Mais il faut que vous compreniez deux choses. D'abord, si c'était le cas et que Damien était homosexuel, ce ne serait pas grave. Et ensuite, il est majeur. C'est un homme. Si nous couchions ensemble, je concède que ça ne serait pas très moral, mais ça n'aurait rien d'illégal et encore moins de pédophile.
— Et le sextoy qui traînait par terre ?
Je décidais de révéler une nouvelle partie de la vérité.
— Il y a deux étudiantes qui se joignent à nous pour chanter. L'une d'elles a amené ce jouet pour l'essayer avec sa copine. Désolé de vous décevoir mais ce n'est pas pour pallier une faiblesse de mon anatomie. L'autre fille s'est vexée et elles se sont engueulées. Quant à Damien, je vais vous faire une confidence mais j'aimerais que ça reste entre nous.
Un silence ponctua ma demande. Je le pris pour un accord tacite.
— Je crois que Damien hésite. Il a déjà flirté avec chacune des deux. C'est juste une histoire de trio amoureux entre jeunes adultes. Ils ont besoin de temps pour réfléchir à tout ça.
La mère angoissée se laissa aller à un soupir de soulagement. Elle se pencha et prit sa tasse de café qu'elle but d'une traite.
— Je suis désolée de cette scène. Mais reconnaissez que les apparences ne plaidaient pas en votre faveur. Votre histoire tient la route mais comment je fais pour être sûre ?
— Le mieux c'est peut-être que vous en parliez à Damien tout simplement. Vous n'êtes pas obligée de lui parler de moi si vous ne voulez pas avouer que vous l'avez suivi jusqu'ici mais je suis certain qu'une fois calmé, il acceptera de vous parler de ses copines.
Je raccompagnai la mère de famille. Je ne sais pas lequel de nous deux était le plus soulagé de la tournure de la conversation. J'avais réussi à la rassurer sans lui mentir mais en omettant quelques détails. La vérité est qu'elle avait raison. Cette histoire avait de quoi perturber du monde et j'en portais l'entière responsabilité. Je devais rétablir la situation. C'est en début de soirée que l'idée me vint. J'envoyai un SMS à Céline et Damien pour les inviter à passer le lendemain soir à la maison pour discuter. Je ne leur dis pas que nous serions tous les trois. Je n'avais plus qu'à espérer qu'aucun des deux ne tourne les talons en voyant l'autre. Je préparai la soirée avec soin. Bières, petits gâteaux, pizzas, et surtout téléchargement de mon arme secrète. Merci Internet.
— Tu voulais me parler ? me lança directement Céline en arrivant. Au moins ne semblait-elle pas fâchée contre moi. C'est davantage la curiosité qui transparaissait.
— Oui, mais rentre, on a quelques minutes. Tu as des nouvelles de Mathilde ?
— Ça va. On a pas mal discuté toutes les deux. Elle veut vraiment faire une pause mais ce serait bien que tu lui parles aussi. Elle a confiance en toi.
La sonnerie retentit.
— Tu as invité quelqu'un d'autre.
— Oui, mais je t'en prie, ne te fâche pas.
Damien nous rejoignit. Les deux se lancèrent un regard méfiant. Aucun ne voulut parler le premier, de peur de déclencher les hostilités. La scène de la veille était encore bien présente.
— Ne vous inquiétez pas, les rassurai-je. Je ne veux pas vous forcer à quoi que ce soit. Par contre, j'ai un truc à vous montrer. En attendant qui prend une bière ?
Nous nous installâmes dans le salon. Céline prit le fauteuil et je partageai le canapé avec Damien. Je lançai le film tandis qu'aucun des deux n'avait prononcé une parole.
— C'est quoi ce truc en noir et blanc ? demanda Damien, énervé.
Il était encore à cran. J'imaginais dans quel état il devait être la veille en rentrant chez lui.
— Il n'y a pas que Marvel dans la vie, lui répondit Céline, acerbe.
— Chut, les tempérai-je. On ne vous a jamais dit de ne pas parler au cinéma ?
— Les tricheurs, un film de Marcel Carné présenta le générique...
Deux heures plus tard, l'atmosphère était lourde. Après une dernière provocation de Bob, incarné par Jacques Charrier, la jeune Mic - Pascale Petit - avait précipité sa Jaguar contre un platane.
— C'est sympa ton film. Tu n'avais pas autre chose pour nous plomber le moral ?
Damien restait sur la défensive.
— Désolé pour ton moral, mais il y a des films qui ne font pas que distraire.
— On avait peut-être envie de se distraire justement, abonda Céline dans le sens du jeune homme.
Au moins étaient-ils sur la même longueur d'onde.
— Vous voulez vraiment me faire croire que vous êtes plus stupides que vous ne l'êtes ? C'est le noir et blanc qui inhibe toutes vos capacités intellectuelles ? À moins que la jeunesse n'ait pas changé depuis les années cinquante ?
Les deux baissèrent le regard pour éviter de croiser celui de l'autre.
— Bon, puisque vous voulez une explication de texte, très bien. Accrochez vos ceintures, ça ne va pas être agréable à entendre. Et vous me laissez finir.
Nul ne broncha.
— Damien, tu ne crois pas que tu vaux mieux que la caricature d'obsédé sexuel dans laquelle tu te renfermes ? Je t'ai bien vu quand tu arrives avec Céline. Tu as toujours le sourire. Tu es bien avec elle. Et quand vous faites l'amour, ce n'est pas agréable ? Mais non, dès que tu vas avec Mathilde, tu te changes en primate. Sois honnête. Tu préfères faire l'amour avec Céline ou baiser avec Mathilde ? La poitrine de Céline est splendide. C'est quoi ce besoin de te ruer sur celle de Mathilde ? Et vis-à-vis d'elle, tu ne crois pas que c'en est devenu irrespectueux ? Alors soit tu es devenu un connard, soit tu as besoin d'un exutoire parce que la situation de partage ne te convient plus.
Damien baissa la tête encore plus bas. Piteux, il n'osait pas bouger ni répondre. Un sourire se dessina sur le visage de Céline.
— Tu peux sourire, mais j'en ai autant à ton service Céline, assénai-je. Tu crois que je n'ai pas remarqué la tête que tu fais chaque fois que Damien va avec Mathilde ? Et ce n'est pas à elle que tu lances des regards de déception ou de jalousie. Je croyais que les filles d'aujourd'hui étaient plus libres, qu'elles assumaient davantage leur place et n'hésitaient pas à prendre les devants dans une relation. D'ailleurs c'est toi qui m'as fait du rentre-dedans au tout début. Mais tu n'es pas capable de dire un mot à quelqu'un avec qui tu couches depuis un an ?
À son tour, Céline se recroquevilla sur son siège.
— Alors maintenant que les choses sont claires, il va être temps de prendre vos responsabilités. Pas question d'attendre qu'un de vous deux finisse comme Mic. Ce qui a changé en soixante ans, c'est qu'il y a quelqu'un pour vous dire d'arrêter vos conneries. Alors tous les deux, vous allez parler. Et parler vraiment. De toute façon, vous n'avez plus rien à cacher. Moi, je vais me coucher et je vous laisse. Vous avez interdiction de quitter l'appartement tant que vous n'avez pas clarifié les choses.
Je me levai, et me dirigeai vers la porte d'entrée. Je donnai un tour de clé et la mis dans ma poche.
— Quand vous aurez fait le tour du sujet, venez me réveiller pour que je vous laisse sortir. Et si vous voulez dormir, la chambre d'amis est libre.
Je passai par la salle de bains me brosser les dents. Quand j'en sortis, aucun des deux n'avait bougé ni ouvert la bouche. Je les laissai mariner. Un petit cri aigu me réveilla. Je jetai un œil à mon téléphone. Deux heures vingt. Je prêtai l'oreille. De petits gémissements traversaient la cloison qui séparait ma chambre de l'autre. Je me surpris à écouter le couple avec satisfaction. Bien loin des démonstrations excessives de nos séances, je ne décelais que douceur et complicité. Je me rendormis, bercé par la subtilité de la musique de chambre.
Au matin, nous partageâmes un café dans un silence complice. Les sourires béats en disaient plus que de longs discours. Après un au revoir ému, je laissai les deux tourtereaux s'envoler et profiter de l'été qui démarrait.
— Au fait Damien, j'allais oublier un truc, ajoutai-je sur le pas de la porte. Ta mère est passée hier. Ne t'inquiète pas, je suis resté discret mais je crois que tu devrais la rassurer. Elle s'inquiète pour toi.
— Heu, d'accord, je vais lui dire un mot. Mais elle abuse quand même.
— On en reparle dans trente ans quand il s'agira de tes enfants.
Sur cette dernière boutade, je refermai la porte sur le mignon petit couple. Il ne me restait plus qu'une promesse à tenir pour boucler cette parenthèse dans ma vie. J'envoyai un message à Mathilde pour lui proposer à son tour de passer me voir un soir prochain. Elle sonna à ma porte le jeudi suivant. Je fus soulagé de voir qu'à son tour elle avait retrouvé le sourire. Elle m'expliqua que Céline l'avait tenue au courant des derniers rebondissements. Elle roucoulait avec son amoureux depuis deux jours. Mathilde paraissait sincèrement heureuse pour eux.
— Tu me rassures. Je voulais être certain que tu ne partirais pas fâchée contre un de nous trois.
— Non, je suis heureuse pour eux. Surtout que j'ai failli tout gâcher.
Nous passâmes quelques minutes à nous excuser l'un et l'autre de notre responsabilité dans la dérive de la relation. Je sentais bien qu'il restait quelque chose qui taraudait l'esprit de la belle rousse. Il lui fallut vingt bonnes minutes pour se lancer.
— Je crois que je vais me faire opérer. J'ai fait des recherches sur Internet et je peux demander une réduction de poitrine.
La surprise me frappa. Je m'étais attendu à tout sauf à ça.
— Tu es sûre ? Partir un an à l'étranger c'est une chose mais là, ça n'a rien à voir.
— Tu crois que j'ai tort ? Tu penses avoir ton mot à dire ? ajouta-t-elle sur la défensive.
— Non, pas du tout, m'excusai-je. Si tu m'en parles, c'est pour avoir mon avis ou au moins un commentaire, non ? La seule question qui me vient c'est « pourquoi ? ». Et c'est une vraie question sincère.
— J'en ai marre du regard des autres. Tout le monde ne voit que mes seins. Je veux intéresser les autres pour autre chose.
J'écoutais la jeune femme me décrire son quotidien, entre les moqueries de sa jeunesse, les regards salaces qui suivirent en grandissant et les commentaires désobligeants de certaines filles. Une chose me frappa. Pas une fois, elle ne se plaignit de son rapport à son propre corps.
— C'est toi qui vois, mais je ne suis pas convaincu par tes raisons. Ce qui compte c'est ce que toi tu penses. Le regard des autres peut être pénible mais ça ne doit pas être ta boussole.
— Je fais comment alors ?
Je la sentais abattue. La confiance restait fragile.
— Je vais être honnête avec toi, le premier avis qu'on se fait d'une personne se base sur le physique. C'est sûr qu'un homme amateur de femmes filiformes ou androgynes ne va pas te regarder comme celui qui apprécie les formes affirmées. Si tu te fais opérer, tu as raison, ça te mettra à l'abri des abrutis dopés au porno. Maintenant je suis désolé mais tu croiseras aussi ce genre de mecs avec deux bonnets de moins. Par contre, aimer les femmes comme toi n'est pas incompatible avec le respect. J'espère que j'ai pu t'en convaincre durant cette année.
— Je ne sais plus quoi penser.
— De ce que j'ai vu, tu te sens plutôt bien dans ton corps, et elle te plaît ta poitrine. Alors si c'est le cas, ne change rien. Et ne sois pas inquiète, tu trouveras quelqu'un qui l'appréciera mais qui saura surtout t'aimer toi. Et d'ici là, évite les connards.
Mathilde quitta le fauteuil qui avait accueilli nombre d'ébats et se jeta dans mes bras en me remerciant et s'excusant à nouveau pour tout le mal qu'elle pensait nous avoir fait. Je l'interrompis.
— Arrête de culpabiliser. Profite de ta vie.
— Tu as raison. D'ailleurs avant de faire mes valises, il me reste un truc à faire.
Sur ce, elle s'écarta légèrement de moi et glissa sa main entre nous jusqu'à la poser sur ma braguette. Je la repoussai gentiment.
— Qu'est-ce que tu fais ?
— Ce que je fais ? Un truc dont j'ai vraiment envie. Avant de partir, je veux juste faire l'amour avec quelqu'un qui m'apprécie comme je suis, seins y compris. Et ne t'inquiète pas, je ne suis pas amoureuse d'un type qui pourrait être mon père. Mais on a le droit de coucher avec un ami, non ?
Elle se fendit d'un grand sourire et déboutonna son chemisier. Tout à notre conversation, je n'avais pas réalisé à quel point le tissu était tendu et ne demandait qu'à s'écarter, retenu par de malheureux boutons mis au supplice.
J'ouvris les bras et l'accueillis. Elle me retira mon tee-shirt. Je me laissai faire. Elle se colla contre mon torse. Je glissai la main sous sa chemise et dégrafai son soutien-gorge. Mes mains se posèrent sur ses épaules. Le tissu glissa jusqu'au sol. Je la repris dans mes bras, savourant le contact de nos peaux brûlantes.
Après quelques minutes interminables, je la pris par la main et la conduisis jusqu'à ma chambre. Je fermai la porte derrière nous. Cela faisait combien de temps que je n'avais pas couché avec une femme sans être dans un rôle de performance ?
Mathilde repartit au petit matin, après m'avoir embrassé une dernière fois et m'avoir certifié qu'elle reviendrait me voir à son retour d'Allemagne. L'histoire aurait pu s'arrêter là. Nos trois jeunes avaient repris leur vie. J'aurais pu leur causer bien des tourments mais par chance, ils avaient trouvé les ressources pour ne pas sombrer. De mon côté, j'étais prêt à passer à autre chose.
Ce fut Damien qui reprit contact avec moi quelques jours plus tard.
— Salut, j'ai une invitation un peu bizarre à te transmettre, m'annonça-t-il. J'ai parlé à ma mère de Céline et elle veut la rencontrer. On déjeune chez elle samedi. Par contre, elle m'a demandé de t'inviter aussi pour se faire pardonner. C'est quoi cette histoire ? Se faire pardonner de quoi ?
— Disons que quand elle est passée me voir, elle n'a pas été super agréable. Ça me fera plaisir de vous voir avec Céline. Si ça vous va, dis à ta mère que je viendrai volontiers.
Lorsque la porte du petit pavillon de lotissement s'ouvrit, je ne reconnus pas la femme qui m'ouvrit. Sa chevelure blonde coupée court n'avait pas grand-chose à voir avec la tignasse mal peignée de la furie qui avait sonné chez moi. Avec son large sourire, elle me faisait penser à Cameron Diaz époque « Mary à tout prix ». Les rides sévères de la colère avaient cédé la place à de fines marques délicates. Je marquai un temps d'arrêt avant de lui tendre le bouquet que j'avais apporté. Elle rougit et m'invita à entrer. Dans son séjour, Céline et Damien s'arrachèrent du canapé où ils étaient collés et vinrent à ma rencontre pour me claquer des bises sonores.
— Tu n'as pas apporté ton euphonium ? s'enquit Damien.
— On n'est pas obligé de faire toujours la même chose tous les samedis, lui répondis-je.
Céline laissa échapper un gloussement et baissa les yeux pour éviter d'éclater de rire et de nous trahir vis-à-vis de la mère de Damien. Nous ne vîmes pas le temps passer. Les jeunes s'éclipsèrent après le café, nous laissant, Estelle et moi, nous raconter nos vies. Nos jeunesses, nos mariages et divorces n'intéressaient pas les étudiants qui avaient mieux à faire par une belle journée comme celle de ce mois de juillet que nous écouter.
Je n'avais pas prévu de passer la journée sur place et dus couper court au moment. Ma fille arrivait par le train pour passer quelques jours chez moi et je devais être rentré pour l'accueillir. Je promis à Estelle de l'inviter à mon tour. Je lui glissai que j'avais davantage apprécié cette seconde rencontre que la première et que j'aurais plaisir à la revoir. Elle se confondit en excuses pour l'esclandre et accepta par avance mon invitation.
Un mois s'écoula avant que je puisse mettre en application ma promesse. Les vacances des uns et des autres avaient eu raison de nos emplois du temps et le mois d'août touchait à sa fin lorsqu'elle franchit pour la seconde fois la porte de mon appartement. Durant l'été j'avais eu quelques nouvelles de mon trio de dépravés comme je m'étais mis à les appeler affectueusement. Mathilde prenait ses marques dans une colocation féminine tandis que Céline et Damien avaient bourlingué au travers de l'Ardèche au gré des campings qui disposaient de places libres.
***
Estelle me tendit un bouquet très similaire à celui que je lui avais apporté lors de ma venue.
— Je vous remercie Estelle. C'est rare une femme qui offre des fleurs. J'apprécie vraiment l'attention.
— J'ai toujours pensé que la bonne version du féminisme c'est quand les hommes et les femmes acceptent les mêmes choses l'un de l'autre.
— La définition me convient bien.
Elle entra et me fit une bise délicate. Au lieu du vague contact de joue, assorti d'un claquement de bouche qui fait office de bise mondaine, je sentis ses lèvres se poser sur ma peau. Son parfum monta à mes narines. J'étais bien.
Nous reprîmes notre discussion là où nous l'avions laissée. Je me levai pour débarrasser le plat et aller chercher le gâteau qui attendait dans le réfrigérateur. Je posai le plat à côté de l'évier et me retournai. Je n'avais pas entendu qu'elle m'avait suivi. Je la heurtai et, surprise, elle lâcha les assiettes qu'elle avait amenées. Elles se fracassèrent par terre.
Dans un mouvement conjoint nous nous accroupîmes et nos fronts se heurtèrent. Nos regards se croisèrent. Un « désolé » synchronisé échappa à nos lèvres tandis que nous nous redressions. Nos regards plongèrent dans celui de l'autre. J'entrouvris la bouche. Elle rougit et s'avança. Nos lèvres se joignirent. Je glissai ma main dans ses cheveux. Elle plaqua les siennes dans mon dos.
Sans cesser de m'embrasser, sa main se crispa sur mon tee-shirt et le tira. Je levai les bras pour la laisser me le retirer. Elle le jeta dans le couloir et fit un pas en arrière. Je posai mes mains sur ses hanches et me collai à nouveau à elle. Je glissai sur ses fesses puis sur la cuisse. Je remontai vers son entrejambe dont la chaleur irradiait au travers de son pantalon. Je défis le bouton et descendis la fermeture éclair. Mon autre main glissa sous l'étoffe. Sous mes doigts, je sentis la dentelle que j'écartai avec délicatesse pour caresser une fesse ferme et bombée.
Estelle se trémoussa pour dégager ses jambes puis leva les pieds. Elle recula à nouveau d'un pas, abandonnant son pantalon à quelques centimètres de mon tee-shirt. Ma chambre était à quelques mètres. Nous laissâmes nos vêtements un par un sur la route. J'admirais son corps nu. Je me surpris à le comparer à celui des deux jeunes amantes que je connaissais par cœur. Elle n'aurait pas résisté à une quelconque analyse objective. La poitrine légèrement tombante. Les hanches un peu trop marquées, le ventre qui trahissait les grossesses. Je balayai aussitôt ces comparaisons ridicules. Ses seins appelaient à être empaumés. Leur légère inflexion leur conférait un naturel bien plus excitant que la perfection de ceux des jeunettes. Ses hanches. Je n'avais envie que de caresser et embrasser ses hanches et fesses. Quant à son ventre, il était un beau miroir du mien. Ceux d'un homme et d'une femme complémentaires.
Estelle recula une dernière fois. Son mollet heurta contre le lit et elle bascula en arrière. Je la regardai dans les yeux et m'agenouillai devant elle. Je posai les mains sur ses genoux et les écartai. Je m'inclinai et posai mes lèvres sur sa toison. Seconde après seconde, centimètre après centimètre, je descendis jusqu'à ce que ma bouche se pose sur son sexe brûlant. Ma langue taquina le clitoris qui dardait au sommet de l'écrin. Je rythmai mes caresses aux soupirs de ma belle. Je plongeai finalement ma langue aussi loin que je pus.
Estelle crispa ses mains sur mes tempes et m'attira sur le lit.
— C'est à mon tour de te goûter. Tu te souviens de ce qu'on a dit sur l'équilibre ?
Je ne la dissuadai pas. Je m'allongeai au milieu du lit afin de lui permettre de s'installer confortablement. Elle s'empara de mon sexe déjà en pleine érection et le regarda longuement.
— Tu avais raison au moins sur un point.
— De quoi tu parles ?
— Tu n'es pas impuissant.
Sans me laisser le temps de répondre, elle me tira la langue et me regarda d'un air mutin. Elle se pencha et posa la pointe de sa langue à la base de ma verge. Puis, avançant la tête, elle colla l'entièreté de sa langue le long de la hampe. Lentement elle remonta, me léchant jusqu'à atteindre le frein. Elle me fit une bise sur le bout du gland puis redescendit et réitéra. Elle enchaîna quatre ou cinq cycles. Après une dernière bise, elle ne se retira pas. Elle ouvrit les lèvres et me fit coulisser entre ces dernières. Sans montrer de signe de gêne, elle descendit jusqu'au bout. Dans une dernière progression, elle sortit sa langue que je sentis se poser sur mes testicules. D'un coup elle se retira et reprit sa respiration. Je lâchai un profond soupir tandis qu'elle reprit sa fellation de façon plus modérée, s'appliquant davantage à stimuler mon sexe qu'à me démontrer ses capacités de gorge profonde.
— Rappelle-moi ce que tu disais sur la perversion des hommes de mon âge ? lui lançai-je pour me distraire des sensations qui risquaient de me faire jouir trop tôt.
Elle s'interrompit et remonta s'allonger à mes côtés.
— Disons que je sais ce qui leur fait plaisir. Je n'ai jamais dit que ça ne me faisait pas plaisir non plus.
Je l'embrassai et roulai pour me retrouver couché sur elle. Elle écarta les cuisses et glissa sa main entre nous pour me guider. Je m'enfonçai en elle pour notre plus grand plaisir mutuel. Nous fîmes l'amour tantôt avec fougue, tantôt lentement pour profiter du moment le plus longtemps possible. Je perdis la notion du temps jusqu'à ce qu'Estelle se dégage et se retourne. Elle posa les épaules sur le matelas et les mains de part et d'autre. Tendant ses fesses vers le haut, elle appelait à une pénétration plus bestiale.
Je m'agenouillai derrière elle, pointai mon gland vers sa fente et poussai d'une traite. J'entamai d'amples va-et-vient, admirant ses splendides fesses qui tressautaient quand je me plaquai contre elles. Les genoux écartés, elle était d'une impudeur folle. Quittant ses hanches, je posai mes deux mains sur le bas de son dos et caressai ses fesses de mes pouces. L'un d'eux glissa jusqu'à son anus qu'elle m'exposait.
Elle ne réagit pas. Trempé par l'ensemble de nos secrétions, il céda facilement à ma pression et j'enfonçai une phalange, puis deux. J'accompagnais mes coups de rein qui avaient ralenti par de légers mouvements internes de mon doigt. Sa respiration trahissait l'excitation qui montait. Je voulus joindre mon second pouce mais ma manœuvre l'avait asséchée et je sentis que je devrais forcer.
Je reculai et stoppai mes pénétrations. Mes mains écartèrent ses fesses et je posai la langue sur son anus. Un « Mmmmmh » de satisfaction franchit ses lèvres. Je poursuivis mon humidification.
— J'adore ce que tu me fais mais ça ne suffira pas si tu veux me prendre, m'interrompit-elle. Tu n'as pas de lubrifiant ?
— Il doit y en avoir dans la table de nuit.
— Tu vois bien que tu es un pervers...
Je me gardai bien de lui expliquer qu'il avait servi tant à moi qu'à Damien lorsque nos ébats avec Céline et Mathilde se finissaient en sodomies. Elle avança la main et ouvrit la petite porte en bois du chevet. Elle tâtonna et me tendit le flacon qu'elle avait attrapé. Je fis couler une noisette entre ses fesses et une seconde sur mon index et majeur réunis. De mes doigts, je la massai longuement et la pénétrai bientôt sans mal. Je lubrifiai ensuite mon sexe et le posai sur son anus entrouvert. Je me penchai et laissai faire la gravité. Elle s'ouvrit progressivement tandis que mon sexe s'enfonçait en elle. Je relâchai la pression afin de la laisser reprendre ses esprits et repris ma pénétration. Au bout de quelques allers et retours, je m'arrêtai, profondément fiché entre ses fesses. Je repris mes caresses de ses dernières dont la douceur contrastait avec la puissance de notre accouplement.
Nous étions tous deux trop excités depuis bien trop longtemps pour faire durer davantage le moment. Elle glissa une main sous elle et se caressa pour déclencher son orgasme. Elle se cambra et se mit à trembler de plaisir incontrôlé. Il ne m'en fallut pas plus pour la rejoindre. Dans une dernière crispation, je donnai un violent coup de rein et me laissai aller à mon tour.
Que ça avait été bon. Depuis quand n'avais-je pas ressenti un tel plaisir ? Épuisés, nous fermâmes les yeux. *** Une sensation humide me tira de ma torpeur. Je ne saurais dire combien de temps je m'étais assoupi. À nouveau pleinement conscient de mes sensations, je savourai la langue d'Estelle qui jouait avec mes testicules.
Comme plus tôt dans la nuit, elle se coucha entre mes jambes pour jouer de la bouche. Elle glissa ses mains sous mes genoux et tira vers le haut. Je compris le message et levai les jambes pour lui faciliter l'accès à mes bourses avec lesquelles elle s'amusait.
Elle posa les mains sur mes cuisses et appuya, jusqu'à ce que mes genoux touchent ma poitrine. Elle descendit et comme je l'avais fait, elle darda sa langue vers mon anus. J'adorais cette sensation. Un instant fugace, je me remémorai la première expérience de ce type avec Céline mais mon esprit revint aussitôt à Estelle. C'était divin.
À son tour, elle fit glisser un doigt puis s'interrompit.
— Au fait, j'ai vu un truc.
— Comment ça un truc ?
— Tu te souviens, les hommes, les femmes, l'acceptation mutuelle ?
Sans attendre ma réponse, elle se redressa et se dirigea vers la table de nuit. Elle en sortit le jouet que Mathilde avait abandonné chez moi et que j'avais rangé là, faute de meilleure idée. Elle enfila le harnais et se trouva bientôt affublée d'un sexe artificiel qui me parut soudain bien plus gros qu'il n'était.
— Je crois qu'il est temps d'inaugurer ce jouet, tu ne crois pas ?
Sur cette dernière question rhétorique, elle ramassa le tube de lubrifiant. L'avenir se montrait aussi incertain que prometteur...
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