Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le prix à payer... (Tome 3) — Chapitre 2 · Piegée
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le prix à payer... (Tome 3)
Chapitre 2 · Piegée
Mercredi 4 Juillet 2018, Lyon.
Au sortir d'une réunion bien plus courte qu'imaginé, je jetai un coup d'œil à ma montre. Il était presque 18h et je décidai de remettre à demain la montagne de dossiers qui m'attendaient. Veste sur le dos et sac à mains sur l'épaule, je quittai mon bureau.
Même si j'avais informé Raphaël, trente minutes plus tôt, que ma réunion risquait de s'éterniser, j'allais lui faire la surprise de rentrer de bonne heure. Ce serait un bon moyen de passer un agréable moment en amoureux… et de lui faire oublier notre mauvaise soirée de la veille.
En toute logique, je m'étais faite particulièrement sage au cours de ma journée, annulant volontairement mon habituelle « séance de sport » du mercredi matin en compagnie d'Enzo et déclinant, un peu plus tard dans la matinée, l'aimable proposition de « pause déjeuner » formulée par Christophe.
Lors de mon repas du midi à mon bureau, j'avais également envoyé un message à Hugo, l'informant que nous ne pourrions pas nous voir avant un moment, sans plus de précision. Face à ses interrogations, j'avais fini par évoquer des soucis avec Raphaël, promettant de lui en dire plus un peu plus tard…
Au fond de moi, j'étais toujours très préoccupée par mon échange de la veille au soir avec Raphaël. Mon insatiable appétit sexuel avait beau m'avoir donné quelques envies au cours de la journée, j'étais suffisamment inquiète pour rester à distance de mes amants...
— Putain, j'ai fait de la merde… faut vraiment que j'arrête de jouer avec le feu… pensai-je en poursuivant mon chemin en direction de notre appartement.
L'info donnée à Raphaël par son pote Julien, celle qui concernait ma présence près de la gare la semaine dernière en fin de journée, était particulièrement compromettante… c'était un fait. Au mieux, elle avait semer un léger doute dans l'esprit de Raphaël et au pire elle allait le rendre particulièrement méfiant et suspicieux à mon égard. C'était donc une alerte à prendre très au sérieux... même si rien ne prouvait ma culpabilité.
J'avais beau avoir nié les faits, j'étais belle et bien là-bas ce jour-là… puisque j'entrais ou je sortais de chez Hugo, le dernier « membre » de ceux qui composaient « mes 4 fantastiques », comme je les avais scandaleusement surnommés. Lors de notre discussion, Raphaël ne s'était pas montré particulièrement insistant… mais j'avais le sentiment que mes réponses n'avaient pas pour autant convaincue mon homme. Pas de crise de jalousie et une réaction bien trop neutre… pour ne pas être suspecte.
A vrai dire, je connaissais bien le fonctionnement de mon homme. Il n'était pas du genre colérique… mais plutôt de ceux qui prenaient le temps d'observer et d'étudier les situations avant de parler et d'agir. Une vraie différence de personnalité, qui lui conférait un calme et un sang-froid, que de mon côté je n'avais pas. Là où moi je m'enflammais pour un rien, lui restait calme et analysait les choses avec rationalité…
Dans le cas présent, ce type de fonctionnement n'était pas pour me rassurer... et clairement pas à mon avantage.
Et puis, ce moment de malaise était d'autant plus gênant, qu'il faisait suite à un regain d'intérêt de la part de Raphaël à l'égard de mes activités et de mon emploi du temps, depuis un petit moment déjà. Sans se faire intrusif, et encore moins inquisiteur, il s'intéressait davantage à mes journées, notamment lorsque je rentrais tard… Ce qui pouvait passer pour une simple regain d'intérêt jusqu'alors, prenait une tout autre dimension à présent. Avait-il déjà des doutes avant d'avoir l'info de Julien ?
— Si tu arrêtes tes conneries, ses doutes resteront des doutes, mais rien de plus… et même si son pote pense m'avoir vu, ça ne prouve rien. C'est sa parole contre la mienne… tentai-je de me rassurer intérieurement, en continuant de marcher en direction de mon appartement.
Même si je prenais un plaisir démentiel à coucher avec mes trois amants, l'amour et le désir qui étaient les miens pour Raphaël étaient sans comparaison. Il était l'homme de ma vie, et il n'était pas question que mes escapades sexuelles aient des conséquences sur mon couple… et encore moins que je prenne le risque de perdre Raphaël.
— Allez te fais pas des films, si ça se trouve… il ne se doute de rien… sois sage un bon moment, profite de ta soirée et sors-lui le grand jeu ! pensai-je à l'approche de notre résidence.
En entrant dans l'ascenseur de mon immeuble, je me jetais un rapide coup d'œil dans le miroir. Aussi étrange que cela puisse paraitre, depuis quelques mois je me trouvais plus belle et séduisante que par le passé. Même si je ne m'étais jamais trouvée moche, mon activité sexuelle débordante et la sensation de plénitude qui était la mienne jusqu'à hier soir, devaient probablement avoir eu un effet positif sur ma confiance en moi et mon amour propre. Un effet secondaire bizarre, mais loin d'être désagréable…
— Coucou mon amour ! C'est ta future petite femme qui rentre plus tôt que prévu ! m'écriai-je tout juste passé le seuil de notre porte d'entrée.
Aucune réponse.
— Raph ? T'es là ? insistai-je, surprise par son absence.
Notre appart était dans la pénombre… et désert. J'en conclu que mon homme était parti faire une course sans m'en avoir informé. Habituellement, il m'envoyait un petit message, mais il avait sans doute considéré qu'il serait rentré avant mon retour, puisqu'initialement je devais rentrer tard...
Le temps de lui faire part de mon arrivée par message, puis je profitai de son absence pour aller prendre une bonne douche.
Entièrement nue et prête à aller me laver, je décidai d'aller récupérer dans la chambre l'une de mes deux seules nuisettes sexy, ainsi que mon unique ensemble dédié aux jeux érotiques, puisqu'il était juste « importable » dans la vie de tous les jours.
Composé d'un soutien-gorge rouge sans bonnet et d'un string lui aussi rouge… mais totalement fendu devant et derrière… j'étais convaincue que ma tenue ferait son petit effet sur mon homme à son retour. Et c'était d'autant plus certain que je n'avais dû la portée que deux ou trois fois, depuis que Raphaël me l'avait offert…
Sans réponse à mon SMS de la part de mon futur époux, je finis par prendre ma douche, impatiente de le voir rentrer…
Toute propre et parfaitement séchée, je m'empressai de mettre mon soutien-gorge provocant, puis j'enfilais le petit bout de tissus sensé dissimuler mon sexe. Même si ce genre de sous-vêtement n'avait rien de confortable, ce n'était pas très grave puisque je n'avais pas l'intention de les garder bien longtemps.
Le temps d'aligner à peu près correctement les deux fines lamelles de tissus de chaque côté de ma vulve, puis je jetais un coup d'œil dans le miroir. Comme d'habitude, j'avais l'impression de m'être déguisée en pute… et comme d'habitude j'avais l'impression d'être ridicule.
Mes petites lèvres, parfaitement visibles entre les deux bandes de tissus, dépassaient et offraient une vue étrange sur mon sexe. Elles semblaient bien plus longues et proéminentes qu'elles ne l'étaient en réalité, et donnait un petit côté « dodu » à l'ensemble de ma vulve coincée entre les deux lanières.
— Comment les mecs peuvent-il trouver ça excitant… on dirait un dindon ! pensai-je en observant mon sexe, un sourire aux coins des lèvres.
De leurs cotés, mes petits seins ornés de rouge étaient légèrement remontés, mais surtout parfaitement visibles et accessibles. Même si j'avais l'impression d'être vulgaire, si mon déguisement ouvrait l'appétit de mon futur époux… c'était le principal !
Alors que je venais tout juste de me glisser dans ma nuisette, j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir. Raphaël était enfin de retour…
— Coucou mon chéri ! lui criai-je depuis la salle de bain.
Pas de réponse. Quelques secondes d'attente, puis Raphaël vint me rejoindre dans la salle de bain…
— Coucou ! Te voilà enfin, je commençais à m'inqu... commençai-je à lui dire, en m'approchant de lui pour l'embrasser.
— Il faut qu'on parle. Rejoins-moi dans la salle à manger… me coupa-t-il, avant de quitter la pièce.
— Il faut qu'on parle. Rejoins-moi dans la salle à manger… me coupa-t-il, avant de quitter la pièce.
Comme une conne, je restai figée un court instant. Surprise par son ton glacial, je finis d'étaler à la hâte la crème que je venais de déposer sur mon visage, puis récupérai mon gilet derrière la porte et quittai la salle de bain sans attendre.
A mon arrivée dans la pièce principale de notre appartement, Raphaël m'attendait assis à la table, visage fermé. Le regard inquiet, je m'installai face à lui, tout en essayant de comprendre ce qui se passait… et ce qu'il avait bien pu découvrir de nouveau depuis hier soir…
— Est-ce que tu me trompes ? me demanda-t-il au moment même où je m'asseyais.
La question que je redoutai depuis la veille au soir, venait d'être lâchée sans préambule, comme une grenade dégoupillée et lancée dans ma direction.
Mon stress monta en flèche en une fraction de seconde. Alors que Raphaël me fixait du regard, scrutant la moindre de mes réactions, je pris sur moi pour masquer mon embarras et être là plus crédible possible dans ma réponse...
— Pourquoi tu me demandes ça ? Pas du tout… Qu'est ce qui se passe ? C'est en rapport avec les conneries de Julien ? lui dis-je en faignant l'incompréhension.
— Si je te dis… Hugo. Tu as quoi à me répondre ? reprit-il dès la fin de ma réponse.
— Si je te dis… Hugo. Tu as quoi à me répondre ? reprit-il dès la fin de ma réponse.
Sa petite précision fit l'effet d'une déflagration dans ma tête. Qu'avait-il découvert ? Comment l'avait-il découvert ? Ce qui était sûr c'est qu'il avait des doutes suffisamment sérieux pour aborder le sujet frontalement… mais surtout qu'il connaissait le nom d'un de mes amants.
Les sourcils toujours froncés, je tentai de gérer au mieux mes émotions, m'efforçant d'être la plus rationnelle possible. Raphaël ne devait pas avoir de preuve… sinon il n'aurait pas cherché à en savoir plus, il me les aurait balancé en pleine gueule... sans attendre…
— Hugo ? Mon ancien pote d'études ? Et alors ? Je ne comprends pas ce qu'il vient faire là... Pourquoi tu crois que je te trompe avec lui ??? C'est ridicule ! C'est parce que Julien t'a dit qu'il m'avait vue près de la gare et qu'il habite là-bas ? Franchement je ne comprends pas la crise que tu me fais Raph... répondis-je en continuant de jouer la fille complètement perdue.
Plutôt que d'attendre qu'il m'explique le lien entre Hugo et ma supposée présence à la gare, j'avais volontairement pris les devants. Raphaël savait que j'avais échangé par message avec Hugo à son retour sur Lyon il y a quelques mois, et je n'avais aucun intérêt à faire semblant de ne pas savoir où il habitait... si je voulais être crédible.
Une manière fourbe de jouer faussement la transparence et de lui montrer que j'avais compris le lien entre notre discussion de la veille et sa question concernant Hugo… mais que ce lien n'avait aucun sens.
— Je vais t'expliquer... me lança Raphaël en continuant de me dévisager.
Avec une voix froide qu'il n'avait jamais eu à mon égard, mon homme me révéla une bonne partie de son cheminement...
Suspicieux suite à notre échange de la veille au soir, Raphaël avait interrogé dans la foulée son ami par message, dans la salle de bain, et avant de me rejoindre dans la chambre. Et celui-ci lui avait confirmé « avec certitude » ma présence près de la gare. Pour en avoir le cœur net, dans la matinée, Raphaël avait proposé à Julien de déjeuner avec lui, prenant soin à cette occasion de l'interroger en détails sur la tenue que je portais ce soir là, mais également sur le lieu exact où son pote m'avait croisé...
Puis, de retour au boulot, il avait passé une bonne partie de son après-midi à mener l'enquête…
Via mon profil Facebook et la liste publique de mes amis, il avait identifié tous mes contacts masculins habitants Lyon, puis recherché avec l'aide du site des Pages Jaunes toutes leurs adresses respectives, lorsque celles-ci étaient disponibles. Détails particulièrement fâcheux pour moi, celle de Hugo avait bel et bien été référencée par son fournisseur internet... et il habitait dans la rue où m'avait vu le pote de Raphaël… plus précisément à seulement quelques mètres de son appartement.
— Ok donc tu ne me crois pas quand je te dis que ce n'était pas moi là-bas... Super. Et tu étais où quand je suis rentrée ? lui demandai-je avec agacement, mais surtout en connaissant déjà la réponse...
— Devant chez Hugo, me répondit-il droit dans les yeux.
— Putain mais t'es grave ! Et moi j'y étais ? Non... Donc tu vois bien que ta théorie est foireuse ! Hugo est un ancien pote, rien de plus, et même si je sais où il a emménagé puisqu'il me l'a dit, je ne suis pas allée chez lui ! C'est toi que j'aime et je vois pas pourquoi j'irai te tromper avec Hugo ou un autre ! m'empressai-je de lui lancer avec conviction.
— Devant chez Hugo, me répondit-il droit dans les yeux.
— Putain mais t'es grave ! Et moi j'y étais ? Non... Donc tu vois bien que ta théorie est foireuse ! Hugo est un ancien pote, rien de plus, et même si je sais où il a emménagé puisqu'il me l'a dit, je ne suis pas allée chez lui ! C'est toi que j'aime et je vois pas pourquoi j'irai te tromper avec Hugo ou un autre ! m'empressai-je de lui lancer avec conviction.
Lorsque j'avais informé Raphaël de mon possible retour tardif, par message en fin d'après-midi, tel un détective, il s'était mis en planque devant chez Hugo. Il s'était imaginé m'y surprendre et par chance ça n'avait pas été le cas...
— C'est vrai tu n'y étais pas... me dit-il d'une voix moins agressive.
— Alors, arrêtes de t'inquiéter pour rien et de me faire une crise de jalousie à la con. Julien raconte n'importe quoi depuis toujours ! Et vu que je l'ai envoyé chier la dernière fois, ça doit l'amuser de foutre la merdre dans notre couple pour se venger. Et puis tu sais très bien qu'on s'est jamais vraiment entendu lui et moi. Franchement, je ne comprends pas que tu le crois plus lui que moi… lançai-je pour tenter de tempérer ses doutes.
— Il n'y a pas que ça. Ça fait un moment que je trouve certaines choses... bizarres. Tu rentres de plus en plus tard, et de plus en plus souvent. Tu prends depuis quelques semaines des douches le soir en plus de celle du matin… et puis un truc con mais… tu portes tout le temps des protèges slip. La dernière fois que j'ai vidé la poubelle des chiottes, elle en était remplie… me dit-il d'une voix trahissant la gêne.
— Alors, arrêtes de t'inquiéter pour rien et de me faire une crise de jalousie à la con. Julien raconte n'importe quoi depuis toujours ! Et vu que je l'ai envoyé chier la dernière fois, ça doit l'amuser de foutre la merdre dans notre couple pour se venger. Et puis tu sais très bien qu'on s'est jamais vraiment entendu lui et moi. Franchement, je ne comprends pas que tu le crois plus lui que moi… lançai-je pour tenter de tempérer ses doutes.
— Il n'y a pas que ça. Ça fait un moment que je trouve certaines choses... bizarres. Tu rentres de plus en plus tard, et de plus en plus souvent. Tu prends depuis quelques semaines des douches le soir en plus de celle du matin… et puis un truc con mais… tu portes tout le temps des protèges slip. La dernière fois que j'ai vidé la poubelle des chiottes, elle en était remplie… me dit-il d'une voix trahissant la gêne.
Stupidement, je n'avais pas imaginé que Raphaël puisse prêter attention à ce genre de détails intime et puisse en arriver à s'interroger sur ma conso de protection féminine. Mais comme pour tous les autres points, ses interrogations étaient plus que légitimes, puisque ma grande consommation de serviettes était en phase avec mon activité sexuelle débordante… Après chaque rapport avec l'un de mes amants, j'en portait une pour ne pas tacher mes sous-vêtements…
— Nan mais j'hallucine… Ne me dis pas que tu t'es amusé à déballer mes serviettes aussi ??? On nage en plein délire ! m'exclamai-je en réfléchissant à une réponse plus étayée.
— Mais pas du tout… je ne parle pas de trucs crades… je parle juste de changements d'habitudes étranges… du fait que la poubelle en était remplie… me répondit Raphaël, très mal à l'aise avec le sujet.
— Mais pas du tout… je ne parle pas de trucs crades… je parle juste de changements d'habitudes étranges… du fait que la poubelle en était remplie… me répondit Raphaël, très mal à l'aise avec le sujet.
Son embarras était clairement visible et je j'en profitai pour m'engouffrer dans la brèche sans attendre...
— Alors puisqu'on en est là, on va parler protège-slip ! Même si j'ai la chance de pas avoir de règles grâce à ma contraception... comme toutes les femmes, mon vagin sécrète toute sorte de chose au cours de la journée… Je ne te fais pas un dessin, mais des fois c'est plus et des fois c'est moins, et en ce moment… bah c'est plus ! Et bizarrement je n'ai pas envie de saloper mes sous-vêtements, c'est aussi simple que ça… lui dis-je en le regardant droit dans les yeux.
— Ça va… j'ai plus 15 ans… je sais comment fonctionne une choune… me répondit-il piqué au vif par mon explication condescendante.
— Franchement tu fais chier… J'avais décidé de te faire une petite surprise... en portant les dessous sexy que tu m'avais offert... et on en arrive à parler de pertes vaginales ! Sérieux ?! Donc on passe à autre chose, et t'arrête de t'imaginer tout et n'importe quoi… lui lançai-je avec un regard accusateur.
— Ça va… j'ai plus 15 ans… je sais comment fonctionne une choune… me répondit-il piqué au vif par mon explication condescendante.
— Franchement tu fais chier… J'avais décidé de te faire une petite surprise... en portant les dessous sexy que tu m'avais offert... et on en arrive à parler de pertes vaginales ! Sérieux ?! Donc on passe à autre chose, et t'arrête de t'imaginer tout et n'importe quoi… lui lançai-je avec un regard accusateur.
En bonne stratège, j'avais opté pour l'attaque, considérant que c'était ma meilleure chance « de le faire douter de ses doutes ». Même si je construisais mon argumentaire à la volé, j'essayais de me faire la plus percutante possible, pour le convaincre... évidement... mais aussi pour mieux masquer ma peur.
Raphaël resta silencieux quelques secondes, visiblement embarrassé par notre échange, mais toujours en pleine réflexion intérieure…
— Histoire que j'en ai le cœur net et avant que je te présente mes excuses... Si tu n'as rien à te reprocher… tu accepterai que je jette un coup d'œil à ton tel ? me demanda-t-il en plongeant à nouveau son regard dans le mien.
— Putain t'abuses... Tu ne me fais toujours pas confiance alors que j'ai répondu à toutes tes questions ? Mais vas-y regarde si tu veux... fais toi plaisir… lui répondis-je avec assurance.
— Putain t'abuses... Tu ne me fais toujours pas confiance alors que j'ai répondu à toutes tes questions ? Mais vas-y regarde si tu veux... fais toi plaisir… lui répondis-je avec assurance.
Le temps de déverrouiller mon smartphone, puis je lui tendis avec agacement. Dans la journée, j'avais pris soin de m'assurer qu'aucun message compromettant n'ait été oublié et j'étais sûre de mon coup.
Raphaël, toujours installé face à moi, navigua un long moment dans diverses applications. Sans pouvoir voire l'écran, je supposai qu'il parcourait mes contacts et les diverses messageries qui étaient installées sur mon téléphone.
Puis son visage s'assombrit, avant de se fermer totalement...
Les yeux rivés sur l'écran de mon smartphone, son regard devint noir, comme rempli de rage. J'hésitai un bref instant à réagir, inquiète de ce qu'il venait de découvrir… Qu'avais-je bien pu oublier ?
— Pourquoi tu fais cette tête ? finis-je par lui demander d'un ton faussement assuré.
Pas de réponse. Lèvres serrées, mâchoires crispée… ses pouces continuèrent de s'activer, cliquant régulièrement sur l'écran.
— Alors qu'est-ce qu'il y a ? insistai-je.
— Ta gueule ! Ferme ta gueule ! me répondit-il avec une violence inédite.
— Ta gueule ! Ferme ta gueule ! me répondit-il avec une violence inédite.
Ces mots claquèrent dans l'air comme un coup de fouet. Les yeux écarquillés, je restai mutique, tétanisée par la brutalité de sa réponse. Jamais Raphaël ne m'avait parlé de la sorte... Jamais il ne m'avait manqué de respect de cette façon... Je n'avais aucune idée de ce qu'il avait bien pu découvrir, mais c'était forcément très grave pour qu'il ait cette réaction.
Alors qu'un sentiment de panique s'emparait progressivement de moi… la rage de plus en plus visible dans le regard de mon homme, quant à elle, me terrifia.
Raphaël poursuivi sa navigation d'interminables secondes, avant de jeter mon téléphone dans ma direction. Un geste brusque qui manqua de le faire valdinguer jusque sur le carrelage de notre salle à manger…
— Vas-y regarde... Visiblement tu ne connais pas le menu « vos trajets » de Google Maps ? Regarde c'est fabuleux... me dit-il en me foudroyant du regard.
En découvrant la carte qu'il consultait depuis quelques minutes sur mon téléphone, mon sang se glaça instantanément. Dans un menu de Google Maps dont j'ignorais l'existence, il venait d'avoir accès à tous mes déplacements depuis des mois. Chaque jour, la géolocalisation de mon téléphone renseignait mes positions précises et les temps passés à chaque endroit… mais également mes trajets, rues par rues, ainsi que leurs durées... Tout, absolument tout, y était enregistré et conservé dans les moindres détails.
Et forcément, mes nombreuses escapades chez Hugo en faisaient partie...
Incapable de savoir quoi répondre à Raphaël, j'avais l'impression d'être prise au piège, trahis par un téléphone un peu trop bavard… Moi qui avait l'impression d'avoir gérée à la perfection la crise à laquelle j'étais confrontée, je venais de perdre tous mes moyens en un claquement de doigts.
Les yeux remplis de haine, Raphaël me fixa de longue secondes, silencieux…
— Alors tu vas continuer à te foutre de ma gueule encore longtemps ? Tu n'as jamais été chez ce fils de pute d'Hugo ? Pourquoi tu fais ça ? Tu couches avec lui ? Depuis combien de temps ? Pourquoi putain... POURQUOI !!! finit-il par s'emporter.
Telle une criminelle face à un jury énonçant les preuves de sa culpabilité, je restai immobile, paralysée et incapable de lui répondre...
— On n'est pas bien tous les deux ? Putain… on va se marier, c'est pas ce que tu voulais ??? Tu m'aimes plus ? Tu prends pas de plaisir avec moi ? Explique toi bordel ! Pourquoi tu nous fais ça… pourquoi tu me fais ça !!!! PUTAIN PARLE AU LIEU DE REGARDER TON TELEPHONE COMME UNE CONNE !!!! hurla-t-il en tentant de contenir ses larmes.
Les miennes se mirent à couler le long de mes joues. Toujours mutique, je fixais l'écran de mon smartphone, incapable de soutenir le regard rempli d'un horrible mélange de colère et de désespoir de mon homme. Je n'avais aucune explication crédible à lui fournir et je le savais parfaitement…
— Je suis désolée... murmurai-je avant d'être emportée par mes sanglots.
— C'est pas possible… Je suis dans un cauchemar… En fait t'es qu'une putain de salope… j'allais épouser une putain de salope… Et ça fait combien de temps ??? Y'en a eu d'autres avant lui ??? Explique-toi putain... explique toi avant que je pète un plomb… dit-il les yeux remplis de larmes.
— C'est pas possible… Je suis dans un cauchemar… En fait t'es qu'une putain de salope… j'allais épouser une putain de salope… Et ça fait combien de temps ??? Y'en a eu d'autres avant lui ??? Explique-toi putain... explique toi avant que je pète un plomb… dit-il les yeux remplis de larmes.
Alors que les miennes, toujours plus nombreuses, roulaient sur mes joues... je ne lui répondis pas. Bombardée de question, j'étais comme paralysée.
— Je suis foutue… quoi que je dise… je suis foutue… pensai-je incapable de réfléchir.
Lorsque Raphaël se leva d'un bon, j'eus un mouvement de recul sur ma chaise, persuadée qu'il s'apprêtait à me frapper au visage. Il n'était pas de ces hommes violents, mais sa rage était immense. Jamais je ne l'avais vu dans cet état… et pour la première fois de ma vie, j'eus peur de lui…
Sans même m'adresser un regard, il passa à côté de moi, puis pris la direction de notre chambre. J'entendis les tiroirs de notre commode s'ouvrir et se refermer brutalement à plusieurs reprises, puis ce fut au tour des portes coulissantes de notre grande armoire de taper bruyamment contre leurs butées...
Bloquée dans une sorte d'état de sidération, je restai comme une merde assise sur ma chaise... en nuisette transparente... la chatte et les seins à l'air. Le regard dans le vide, mes yeux ne semblaient pas vouloir s'arrêter de couler. J'étais incapable de savoir quoi faire.
Comment pouvais-je justifier l'injustifiable ?
La porte d'entrée qui claqua avec force derrière Raphaël, me fit sursauter… avant que je ne m'effondrer sur la table.
Si la découverte de mes aventures extra-conjugales avec l'un de mes amants étaient déjà quelques choses de gravissime… je venais de mentir de manière éhontée à Raphaël pendant de longues minutes, droit dans les yeux. En essayant de fuir mes responsabilités, comme j'en avait l'habitude, et en pensant me sortir de l'ornière dans laquelle je m'étais mise toute seule, je venais d'aggraver un peu plus encore une situation déjà catastrophique…
Envahie par la tristesse, j'avais le sentiment d'avoir ruiné mon couple... mais surtout d'avoir perdu ce qui comptait le plus au monde pour moi : Raphaël, l'homme de ma vie...
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Commentaires ()
Le pire c'est que tu devais l'aimer énormément. Je sais qu'il n'est pas vraiment en tort. A part peut etre s'être voilà la face et ne pas avoir essayer de chercher l'origine de ton appétit sexuel.
C'est évidement difficile de commenter ce genre de récit et je crains pour les autres. Il n'y a pas que le sexe qui puisse amener des émotions fortes, je pense que les gens sont unanimes dire que c'est sûrement des textes les plus prenant que tu ai écrit.
À part quelques branleurs...
C'est une rédaction où l'émotion et les larmes ont dominé tout le reste... et d'ailleurs je pense que ça se ressent sur les fautes et dans la qualité de l'écriture (moins "bonne" que sur les autres, sans pour autant me prendre pour une écrivaine que je ne suis pas...). Mais mettre des mots sur les maux, ça fait aussi du bien.
Aujourd'hui, je suis en paix avec mon passé et même si cette période de ma vie a été une véritable blessure et un drame personnel, elle n'est plus qu'une simple cicatrice. Ca fait partie de mon parcours et de celle que je suis devenue après...
En tous les cas, merci à toi @Élise Selby pour ton message.
Et je suis plus orchidée cattleya que bouton d'or
Maintenant tu sauras qu'il faut impérativement désactiver la localisation de ton téléphone. Ce truc est une merde connectée et c'est un enfer total. C'est rempli de mouchards.
Concernant un sujet plus léger: les petites lèvres qui dépassent.
Personnellement, j'adore. C'est un attribut sexuel féminin à mon sens hyper sensuel.
Là où tu vois un dindon, là où les anglo-saxons voient des rideaux de viande (beef curtains), un amoureux de la vulve y verra le plus charmant et appétissant ornement féminin. Il y verra des ailes qui se déploient en cœur quand elles s'ouvrent. Il y verra la beauté intime des femmes. Il salivera d'avance d'imaginer sa langue dorloter, sucer, étirer avec la douceur dont un amant est capable, cette très érogène parure au creux de sa bouche au paradis, tout comme la bouche d'une amante peut être elle-même au paradis lorsque qu'un gland gonflé de plaisir roule sur sa langue.
Bref! Oui je suis "nymphophile" <3
C'est bien la première fois que j'ai le droit à un tel plaidoyer sur le sujet !!! :lol:
Honnêtement, elles sont comme elles sont, et je m'y suis faite. C'est pas la partie de mon corps que je trouve la plus jolie, mais elle ne me perturbe pas non plus outre mesure. Et j'ai vite compris qu'elle ne perturbait pas non plus les autres. ;)
Pour le téléphone, oui, je l'ai découvert à mes dépends. Même si à l'époque ce fut un véritable drame pour moi... avec le recul, ce fut un mal pour un bien.
Merci à toi le Nymphophile ! :lol:
Merci. 😊
Ne le sois pas. Je lis pour avoir des émotions, quelles qu'elles soient. Et là, oui, j'en ai eu pas mal. Alors, c'est une bonne chose.
J'ai déjà été à la place de Raphael. J'ai déjà été à ta place.
Ouais, c'est dur.
À lire ton témoignage personnel, je comprends que le changement d'ambiance de ce récit ne t'a pas rappelé de bons souvenirs, et j'en suis navrée. C'est malheureusement le pendant des moments d'abandon et de plaisirs que j'ai connu, mais surtout le début de ma descente aux enfers.
Même s'il n'y a pas besoin de souffrir d'hypersexualité pour connaître ce genre de drames affectifs, ils font partie de mon parcours chaotique et sont l'une des conséquences de mes errements...
Même si cet événement était attendu, il m'a vraiment fendu le cœur... La rage de Raphaël est manifeste et légitime et, sans avoir lu la suite, il a probablement ruiné tes chances de mariage avec lui alors que c'était un mec génial donc je comprends totalement sa réaction.
Mais ce qu'il est intéressant de noter c'est qu'on sent aussi très bien ta culpabilité devant cet étalage de tes fautes... J'avais les larmes aux yeux à cette lecture. Autant pour lui que pour toi, même si la fautive c'est toi...
J'espère toujours que ça va s'arranger entre vous mais je n'y crois guère...
Merci pour ton commentaire et ta lecture/compréhension de mon récit @"Doctor Génial" ! 🙂