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Couverture de Le prix à payer... (Tome 3), par LaVieDeLucie
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le prix à payer... (Tome 3) — Chapitre 3 · Je ne suis qu’une salope...

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Le prix à payer... (Tome 3)

Chapitre 3 · Je ne suis qu’une salope...

Dimanche 8 Juillet 2018, Lyon.
Assise sur le bord de mon canapé, téléphone dans la main droite, je vérifiai pour la centième fois mes messages, espérant en vain une réponse de Raphaël. En relisant, une fois de plus, mon dernier SMS resté sans réponse, les larmes coulèrent à nouveau sur mes joues…

Raph, je t'en supplie réponds moi… J'ai besoin de te voir et de te parler. Je sais que ce que j'ai fait est impardonnable, et tu n'imagines pas à quel point je regrette. Tu es l'homme de ma vie. Laisse-moi une chance de t'expliquer, de te dire ce que je n'ai jamais osé te confier. Laisse-moi une chance de changer, de me faire aider et de te prouver à quel point je t'aime de tout mon cœur. Pardonne moi et je t'en supplie… ne me quitte pas.

Dans un silence assourdissant, je restai immobile, seule face à moi-même…
Depuis que Raphaël était parti, quatre jours plus tôt, je n'étais pas sortie de notre appartement… espérant le voir revenir.
Le soir du drame et la sidération passée, dans un regain d'espoir j'avais tenté par tous les moyens de joindre Raphaël jusque tard dans la nuit... pensant pouvoir sauver ce qui pouvait l'être encore. Portée par mes illusions et par une bonne dose de déni, j'avais essayé de gérer la crise de la plus rationnelle des manières. Une sorte d'instinct de survie mécanique, dans lequel mon esprit imagina toute sorte de scénarios stupides pour échapper à une catastrophe à venir… alors qu'elle s'était déjà produite.
Au terme d'une première nuit blanche, mes espoirs aussi ridicules qu'irréalistes laissèrent place au doute et à une lente prise de conscience. Incapable d'aller travailler, j'avais envoyé un message à mon patron, pour poser à la dernière minute les deux derniers jours de la semaine en congés. J'avais prétexté un grave problème familial, sans plus de précision, obtenant ainsi la bénédiction et la compassion de mon supérieur hiérarchique…
Dans la foulée, face à la gravité de la situation qui était la mienne, je décidai de remuer ciel et terre pour entrer en contact avec mon homme. Et en l'absence de réponse à mes appels et messages, je me résolus à contacter ses proches, un à un...
Faisant fi de toute fierté, je leur expliquai être à la recherche de Raphaël après une importante dispute, sans plus de détails. Si deux de ses proches amis avaient semblé surpris et sincèrement peiné par la crise que nous traversions, ces derniers m'indiquèrent ne pas avoir la moindre information à me communiquer. De son coté, Julien... le troisième membre de sa bande de potes... ne répondit pas à mes appels et messages... pas plus que les parents de Raphaël.
Puis, le jeudi soir, près de vingt-quatre heures après le départ de mon homme, suite à un nouveau message l'implorant de me répondre et de revenir à l'appartement... j'avais reçu une réponse. Pas de Raphaël... mais de Julien. Un court message, contenant trois petites phrases dévastatrices pour moi…

Arrêtes de le faire chier et d'essayer de le contacter ! Il ne veut plus te parler, c'est fini. Tu viens de ruiner sa vie, alors fous-lui la paix maintenant !

Prête à confier à mon mari mon plus grand secret, celui de ma nymphomanie… prête à reprendre rendez-vous chez un professionnel pour qu'il m'aide à faire face à mes pulsions… prête à lui prouver mon amour… prête à tout pour ne pas le perdre… je compris à cet instant que c'était probablement déjà trop tard.
Car avec une certaine naïveté, jusqu'à la réception du SMS de Julien, j'avais gardé le stupide espoir de pouvoir « rattraper » la situation…
Le volontarisme dont j'avais fait preuve laissa place à un profond sentiment d'impuissance. Ce que mon cerveau avait tenter de rejeter dans la panique, il l'acceptait enfin… Mes sanglots inarrêtables accompagnèrent la résignation qui s'installait petit à petit en moi : j'avais foutu en l'air mon couple et j'étais l'unique responsable de ce naufrage.
Perdue, j'avais fini par contacter ma meilleure amie, incapable de savoir quoi faire. Mathilde vola à mon secours dés le Vendredi soir, mais ne put rien faire contre la peine abyssale qui était la mienne…
— Je... je sais vraiment pas quoi te dire… avait-elle fini par me lancer totalement désemparée.
A vrai dire, lorsque je lui avais tout expliqué dans les moindres détails, son silence autant que son regard mélangeant effarement et réprobation m'avaient achevé. Même si elle n'avait pas condamnée la profonde immoralité de mes actes, préférant essayer de me consoler, je l'avais lu dans ses yeux et c'était presque pire que de l'entendre de sa bouche…
Sur les conseils de mon amie, j'avais abandonné l'idée de me rendre au domicile de Julien pour entrer en contact avec Raphaël. Je devais lui laisser le temps « d'encaisser le choc » et ne pas aggraver davantage la situation, selon ses termes. Même si Mathilde avait probablement raison, ce renoncement fut une véritable torture psychologique pour moi, tant mon besoin de lui parler était immense...
Le Samedi soir, seule et désemparée, j'envoyai mon dernier message, celui dans lequel je le suppliais de ne pas m'abandonner... avant de me résigner à arrêter de le harceler... en attendant un signe de sa part.
Aux termes des quatre jours les plus longs de ma vie, en ce dimanche ensoleillé, je zonais dans notre appartement comme une âme errante. Avec un sentiment de vide indescriptible, je tournai en rond, ne sachant pas quoi faire… les joues recouvertes de larmes silencieuses.
Les sanglots avaient laissé place à une détresse froide, comparable à celle d'une condamnée à mort, résignée face à l'inéluctable… J'étais une moins que rien et j'allais payer pour ce que j'avais fait.
Face à ce néant intérieur qui était le miens, je finis par poser mon téléphone sur la table basse de notre salon, avant de me lever. Le bref étourdissement, qui manqua de me faire tomber, me rappela que je n'avais rien mangé depuis presque 48h.
— Faut que je bouffe un truc… pensai-je malgré mon absence totale d'appétit.
Arrivée dans la cuisine, j'ouvris le paquet de pain de mie qui n'avait pas quitté le plan de travail depuis le départ de Raphaël. Le regard dans le vide, j'en avalai quelques tranches malgré la nausée persistante qui était la mienne. Puis, en ouvrant le frigo, je finis au goulot la bouteille de soda entamée...
A défaut de vrais repas, elle avait eu l'avantage de m'apporter un peu de sucre ces derniers jours.
Trainant mon corps sans énergie jusqu'à la salle de bain, je décidai d'aller me laver et de changer les fringues que je n'avais pas quitté depuis trop longtemps. Moi qui étais habituellement si attentive à mon apparence et à mon hygiène… j'étais purement et simplement... dégueulasse.
Au terme d'une douche mécanique et sans saveur, vers 17h45, je pris la décision d'aller me coucher… plus épuisée que jamais.
En récupérant mon téléphone sur la table base, je jetai un énième coup d'œil à mes messages...
— Toujours rien… murmurai-je le menton tremblant.
Arrivée dans la chambre, sans trop savoir pourquoi, je m'installai à gauche de notre lit... à la place qu'occupait habituellement Raphaël. En posant mon visage sur son oreiller, son odeur me fit fondre en larmes, une fois de plus…
— Tu me manques… si tu savais à quel point tu me manques… pardonne-moi… je t'en supplie… pardonne-moi mon amour… murmurai-je emportée par ma peine.
Avec une rage aussi profonde que l'était mon désespoir, j'enfonçai ma tête dans son oreiller, avant d'hurler à m'en rompre les cordes vocales. Lorsque l'air vint à manquer, par reflexe, je finis par relever la tête pour prendre une grande inspiration. Aussi étrange que cela puisse être, ce moment d'hystérie m'offrit une forme de répit intérieur, plus que de soulagement. Pourtant, rien n'avait changé...
Essayant de retrouver un semblant de rationalité, je décidai qu'il était temps de dormir pour faire face à la dure semaine qui m'attendait…
— Tu as certainement perdu ton futur mari… ne perd pas ton boulot… pensai-je en fermant les yeux.
*****
Lundi 9 Juillet 2018, Lyon.
Malgré ma longue nuit et mes presque douze heures de sommeils, ma fatigue était toujours immense. J'étais comme vidée…
Dans un appartement laissé à l'abandon, d'un pas chancelant, je pris la direction de la cuisine. En attendant que ma double dose de café ne finisse de couler, j'en profitai pour me préparer pour cette étrange journée de reprise du boulot. Même si je n'avais pas bossé que depuis quatre jours, j'avais l'impression de reprendre après trois mois d'arrêt, tellement le temps m'avait semblé long…
Un rapide passage par les toilettes, et j'étais de retour dans ma chambre. Piochant au hasard dans mes piles de vêtements propres, je m'habillai machinalement, avant de rejoindre la salle de bain...
— Putain j'ai vraiment une sale gueule… pensai-je en m'observant brièvement dans le miroir.
En réalité, mon reflet dans la glace m'inspirait du dégout. Et ce n'était pas mon teint blafard et mes yeux gonflés qui posaient problème… c'était moi, la femme immorale que j'étais.
Comme pour masquer la tristesse visible sur mon visage, mon maquillage se fit plus prononcer que d'habitude.
Mon café tiède avalé en quelques gorgées, je filai en direction de mon bureau, espérant arriver avant mes collègues, pour éviter de croiser leurs regards. La tête lourde et la boule au ventre, je rejoignis enfin l'entrée des locaux de mon entreprise. Quelques salutations rapides en remontant les couloirs, puis je rentrai dans mon bureau avant d'en refermer la porte derrière moi.
Malgré la confusion qui régnait dans mon esprit, je me mis au travail sans attendre, avec le secret espoir de voir mon cerveau suffisamment occupé pour ne pas avoir à penser. Je répondis à quelques mails en retard, avant de jeter un rapide coup d'œil à mon agenda pour m'assurer qu'aucun nouveau rendez-vous ne soit venu s'y greffer en mon absence.
— Rien pour aujourd'hui… c'est très bien comme ça, marmonnai-je avant de reprendre mes dossiers en cours.
Alors que j'étais concentrée sur mes taches depuis près de deux heures, mon téléphone sonna. Un regard dans sa direction… c'était Christophe, mon collègue du service financier.
Quelques secondes d'hésitation et je décidai de ne pas lui répondre. Le sentiment de tristesse qui m'avait foutu la paix depuis mon arrivé au bureau, refit instantanément surface… Christophe était l'un de mes amants et forcément son appel me renvoyait en plein visage les comportements qui m'avaient conduit dans la situation dans laquelle j'étais aujourd'hui…
Sans attendre, je replongeai dans mes dossiers pour ne pas penser, mais moins de deux minutes après l'appel téléphonique auquel je n'avais pas répondu, on toqua à ma porte…
— Oui entrez ! répondis-je d'une voix fatiguée.
Je l'ignorais, mais c'était Christophe. En l'absence de réponse à son appel, et s'était déplacé. A l'ouverture de la porte de mon bureau, son habituel sourire charmeur laissa place à un regard inquiet, lorsqu'il vit mon visage décomposé…
— Salut Lucie… ça va ? me demanda-t-il en s'approchant.
— Non… mais je n'ai pas envie d'en parler. Si ce n'est pas urgent, on se voit plus tard s'il te plait… répondis-je d'une petite voix et en sentant les larmes monter dans mes yeux.
— Ok… mais qu'est-ce qui t'arrive ? Il s'est passé quelque chose de grave ? Tu étais pas la fin de semaine dernière et aujourd'hui tu n'as... vraiment pas l'air bien ? insista-t-il avec inquiétude.
— On se voit plus tard… s'il te plait… lui répondis-je en me raclant la gorge pour limiter les tremblements de ma voix.
N'insistant pas d'avantage, il quitta mon bureau avant de refermer la porte derrière lui. A sa sortie, je pris un kleenex dans la boite qui trainait sur un coin de mon bureau. Le temps d'essuyer mes yeux et je tentai de reprendre le fil de l'offre commerciale que j'essayai de finir de rédiger…
La suite de ma matinée se poursuivit sans encombre, l'absence de visiteurs me permettant de me focalisée à 200% sur mon travail malgré mon immense fatigue. J'avais bien dû lutter quelques fois à l'idée de regarder mon téléphone que j'avais mis en silencieux, mais j'avais résisté.
Mon manque d'appétit me permit de consacrer ma pause déjeuner au boulot. Tout en avalant une barre de céréales qui trainait dans mon tiroir, j'en profitai pour continuer à rattraper le retard accumulé suite à mes deux jours d'absence. Malgré la sensation d'épuisement qui était la mienne, je me jetai à fond dans mes dossiers, oubliant presque la souffrance qui était la mienne quelques heures plus tôt...
Mais aux environs de 16h30, la personne qui toqua à ma porte me fit sursauter et sortir de ma bulle…
— Entrez… lançai-je à haute voix.
— Bonjour Lucie. Je n'ai pas pu passer ce matin… mais je viens aux nouvelles… comment vas-tu ? me lança mon supérieur hiérarchique en entrant.
Depuis mon arrivée matinale, je redoutais ce moment. Même si j'avais bien vue que son agenda faisait mention de sa présence au bureau, j'avais croisé les doigts qu'il soit trop occupé pour venir me voir…
— Bonjour... et bien je travaillais sur le dossier de notre prospect d'Annecy. Je pense que l'offre sera finalisée pour demain… lui répondis-je en pensant esquiver sa question.
— C'est très bien… mais ce n'était pas ma question. Comment vas-tu ? Ce qui t'arrive ne me regarde pas, et tu n'es pas obligée de m'en parler… mais forcément ta demande de congés en urgence m'a inquiété... Et tu as une petite mine… C'est grave ? Car si tu as besoin de quelques jours supplémentaires… me répondit-il avec bienveillance.
— …non justement, je crois qu'il faut que je travaille. C'est mieux, ça m'évite de penser… l'interrompis-je, avant de perdre le contrôle de mes émotions.
Menton tremblant, je finis par baisser les yeux, incapable de contenir mes larmes. Alors que j'avais réussi à faire face jusqu'alors, l'inquiétude sincère de mon supérieur à mon égard me fit vaciller. Comme un barrage venant de céder, j'étais brutalement submergée par un flot de tristesse. Celle que j'avais tenté d'oublier en bossant autant que possible… mais qui n'avait pas disparue pour autant.
Je m'étais pourtant jurée de ne pas pleurer devant mon boss, de rester digne, mais je n'y parvins pas…
Figé et silencieux, mon patron sembla décontenancé par ma réaction. Puis, alors que j'étais muette et tentais sans succès de contenir les larmes qui coulaient sur mes joues, il fit le tour de mon bureau et vint poser sa main sur mon épaule…
— Je ne sais pas en quoi je peux t'aider… mais s'il y a quoi que ce soit que je puisse faire… dis le moi. Ça me fait de la peine de te voir dans cet état. Rentre chez toi Lucie, on va se débrouiller… Il faut que tu prennes soin de toi… me dit-il visiblement touché par ma détresse.
Mes longues minutes de pleures finirent par s'arrêter. Reprenant doucement le contrôle de mes émotions, mon chef en profita pour s'assoir sur l'une des deux chaises positionnées face à mon bureau. Malgré son insistance, je déclinai sa proposition de congés, lui avouant à demi-mot les raisons de ma peine.
Bien que trop honteuse pour lui faire part des causes… lui confesser l'origine de ma souffrance me fit tout de même du bien. Et puis mon chef savait que j'allais me marier, puisque je l'avais invité… et tôt ou tard j'aurai dû lui expliquer. Attendre n'aurait rien changé…
— Je connais bien ce que tu vis Lucie. Même si les circonstances étaient différentes, ta détresse… je l'ai vécu lorsque ma femme m'a quitté du jour au lendemain, il y a quelques années. Mais même si dans ces moments tu as le sentiment d'être seule… tu ne l'es pas. Tu as des amis, des collègues, une famille… appuie toi sur eux, et surtout ne te rend pas coupable de tout. Un divorce… ou une séparation… c'est un échec collectif, et chacun à sa part de responsabilité… prit-il le temps de m'expliquer avec empathie.
Ces mots me firent à nouveau craquer. En pensant me rassurer, il me rappela bien involontairement que dans mon cas… j'étais la seule et l'unique responsable. Raphaël n'y était pour rien.
Au terme d'un long échange de près de 45 minutes, je décidai sur ses conseils de rentrer chez moi. En esquivant les regards curieux de mes collègues, je quittais les lieux à la hâte, tête baissée.
Sur le chemin du retour, les yeux toujours remplis de larmes, je me saisis de mon téléphone. Si je n'avais aucun message de Raphaël, j'en avais trois nouveaux d'Hugo… Depuis le soir où tout avait basculé, je ne lui avais pas donné la moindre nouvelle, et je n'avais pas répondu à ses nombreux SMS, pas plus qu'à ceux d'Enzo, même s'il s'était beaucoup moins insistant.
Au fil du temps et en l'absence de réponses de ma part, l'inquiétude d'Hugo avait grandi. Même si comme les autres, il savait que j'étais en couple, je ne me sentais pas capable de lui expliquer la situation. Pas encore… Et à vrai dire, je ne savais même pas quoi lui dire.
Arrivée à l'appartement, le silence et l'absence de Raphaël furent plus durs à accepter que je ne l'eusse imaginé. Après avoir allumé la télévision pour tenter de rompre le silence, autant que pour occuper mon esprit, je partis à la recherche d'un peu d'alcool fort pour noyer mon chagrin…
— Du rhum… ça ira très bien… décidai-je en sortant la bouteille quasi-neuve du placard.
Moi qui n'en buvais qu'à petite dose et uniquement dans les mojito, je m'en servis un demi verre. La première lampée me brula la bouche et la gorge, déclenchant un petit frisson incontrôlé en réaction. Les trois suivantes, en revanche, furent indolores…
En un rien de temps, mon verres contenant l'équivalent de quatre bonnes doses de rhum fut vidé. Quelques minutes supplémentaires et ma tête commença à tourner. La délicieuse sensation de chaleur qui m'enveloppa, s'ajouta au sentiment de lâcher-prise qui prit lentement possession de mon esprit.
Fatigue, alcool et dénutrition se cumulèrent, plongeant ma tête dans une sorte de brume apaisante. Mon cerveau au ralenti, tristesse et euphorie se mélangèrent en moi. Avachie sur mon canapé, j'hésitai entre rire et pleurer de la situation qui était la mienne...
Aux termes de longues minutes pleines de confusion, portée par mon ivresse, je décidai de répondre à Hugo…

Salut Hugo. Désolée de pas t'avoir répondu plus tôt. C'est la merde... Raphaël m'a quitté. Il a découvert que j'étais qu'une grosse salope. Et bizarrement… ça ne l'a pas fait rire ! Et toi sinon ça va ? Bisous.

La relecture de mon message surréaliste me fit sourire bêtement. J'étais complètement bourrée et je venais de répondre à Hugo avec une nonchalance en total décalage avec ce que je vivais.
Il me répondit sans délai, rassurer d'avoir de mes nouvelles, mais ne comprenant pas le ton désinvolte que j'avais employé. Quelques échanges supplémentaires et il en conclut de lui-même que j'étais fortement alcoolisée…

Tu es saoule ???

Roooh ça va j'ai juste bu un petit verre… mais je crois que je vais m'en servir un autre !

Notre discussion se poursuivit une bonne quinzaine de minutes, puis je me resservis un verre, augmentant encore un peu plus mon alcoolémie déjà élevée.
Tandis qu'Hugo semblait s'inquiéter de mon état, je lui proposai de passer chez lui, accompagnant mon dernier message d'une allusion sexuelle totalement déplacée.
Hésitant dans un premier temps, il finit par me proposer de venir chez moi, considérant que je n'étais pas en mesure de le rejoindre en sécurité et préférant ne pas me laisser seule à faire n'importe quoi...

Envoie-moi ton adresse, j'arrive.

Hum hum… je vois que ma petite chatte te manque…

Arrête de raconter de la merde Lucie ! Je m'inquiète juste pour toi. Envoie-moi ton adresse.

Un sourire niais sur le visage, je lui indiquai mon adresse en retour. Aucun de mes amants n'était venu chez moi jusqu'alors, et je m'amusai connement de cette situation inédite.
— Mmmm… je me ferai bien baiser sur la table de la salle à manger… pensai-je en caressant mon entrecuisse au travers de mon pantalon de tailleur que je n'avais pas quitté depuis mon retour.
L'esprit toujours plus embrumé, j'attendis son arrivée, alternant envies obscènes et moments de déconnexion. Sans prêter attention aux images qui défilaient sur l'écran de mon téléviseur, je réalisai mécaniquement quelques cercles du bout des doigts sur la partie la plus sensible de mon sexe, au travers des deux couches de tissus qui le recouvraient.
Lorsque la sonnette me fit sortir de mon atonie, je me levai d'un bon avant de me rattraper sur le fauteuil situé à côté de mon canapé. Le temps de marquer une courte pause... et de laisser passer l'étourdissement qui m'avait envahi... et je finis par me diriger vers la porte d'entrer pour l'ouvrir, puis appuyai sur le bouton déverrouillant celle du hall de ma résidence.
— Quel étage ? demanda Hugo.
Je lui indiquai d'une voix enjouée, puis retournai m'étaler dans le canapé comme une merde, en attendant qu'il me rejoigne.
— Lucie ? me lança-t-il depuis le palier.
— Oui vas-y entre je suis dans le salon ! Première porte à droite ! Fais comme chez toi ! lui criai-je sans pour autant prendre le soin de venir l'accueillir.
Le temps de refermer la porte derrière lui, puis il me rejoignit enfin…
— Salut beau gosse ! J'te sers un verre ? lui proposai-je les yeux vitreux.
Hugo m'observa, puis déclina ma proposition, avant de s'asseoir à mes côtés. Le visage fermé, il essaya de comprendre la situation qui était la mienne, tentant de remettre dans l'ordre les explications particulièrement décousues que je lui fournis.
— Tu as bu combien de verre ? Tu n'as pas pris de médoc avec j'espère ? m'interrogea-t-il inquiet de me voir dans un tel état.
— Nooooonn t'inquiète ! Juste du rhum ! C'est pas très bon le rhum mais… putain... que ça fait du bien ! Mais là tu vois… faut que j'aille faire pipi… sinon j'vais me pisser d'ssus !!! lui répondis-je avant de rire bêtement.
D'un pas mal assuré, je pris la direction des toilettes...
Alors que ma vessie se vidait, je souris à l'idée de sucer Hugo sur mon canapé. Mon envie avait beau être totalement inappropriée, elle était pourtant là. Tout en essuyant mon sexe maladroitement, je décidai d'aller me changer. Si mon pantalon de tailleur et mon chemisier m'offrait un petit côté « strict et sexy » selon les termes utilisés par Hugo lors de l'une de nos escapades, il n'avait jamais eu l'occasion de me voir en nuisette… et j'avais bien l'intention de lui faire la surprise.
Le temps d'abandonner mes fringues à même le sol dans ma chambre, puis je récupérai l'une de mes deux nuisettes dans ma commode.
— Allez hop... la chatte à l'air ! Ça évitera de perdre du temps pour rien… murmurai-je en retirant mon string humide.
Excitée par la surprise que je m'apprêtai à lui faire, je pris la direction du salon en slalomant dans le couloir pourtant droit de mon appartement. A mon arrivée, son regard de stupéfaction me frustra…
Moi qui m'attendais à voir des étoiles dans les yeux… j'y lus plutôt de l'incompréhension.
— Taaadaaaam ! Surprise ! lui lançai-je en levant les bras dans une position ridicule.
Imitant une danseuse étoile, je plaçais mes mains au-dessus de ma tête, avant de faire un petit tour sur moi-même un sourire stupide sur le visage. Forcement, au regard de la longueur morceau de tissus qui recouvrait partiellement mon corps, j'offris à Hugo une vue dégagée sur ma chatte et mon cul, lorsque ma nuisette suivie le mouvement de mes bras et remonta vers le haut...
— Lucie… mais qu'est-ce que tu fais ? me répondit-il après un bref silence.
— Bah j'ai envie que tu m'baises ! Ça ne se voit pas ??? lui retroquai-je en soulevant ma nuisette pour lui montrer à nouveau mon sexe à l'air libre.
Atterré, bien plus qu'excité, la réaction d'Hugo décupla ma frustration. Mais bien décidée à poursuivre sur ma lancée, je m'installais dans le petit fauteuil situé à sa gauche. Adoptant la plus obscène des positions, je lui souris en passant ma langue sur mes lèvres... de la plus vulgaire des manières.
Les cuisses grandes ouvertes et posées sur les accoudoirs, ma main droite glissa sans la moindre sensualité en direction de mon intimité exposée à sa vue. Quelques grossières caresses sur mon clitoris, puis ma main descendit un peu plus encore. Un doigt, puis deux… et j'entamai une indécente masturbation sous le regard rempli d'incrédulité de mon invité...
— Pourquoi tu fais ça… c'est n'importe quoi… ce n'est pas bien ! Tu es complètement bourrée ! me dit-il en restant à distance.
— Bah si tu ne veux pas me faire jouir… je vais me débrouiller toute seule ! A moins que tu ais envie que je te suce ? lui répondis-je, totalement en roue libre.
Un sourire évocateur sur le visage, je quittai mon fauteuil pour prendre la direction du canapé… à quatre pattes, comme une chienne en chaleur. Toujours aussi pitoyable, je m'approchai lentement de l'entrecuisse d'Hugo, bien décidée à le faire céder…
— Arretes ! J'ai pas envie… me dit-il en repoussant mes mains baladeuses.
Insistante, je me dégageai et repris le déboutonnage de son jeans dont je venais de détacher la ceinture….
— Stop bordel ! Je veux pas te faire mal… alors arrête… répéta Hugo en me repoussant une fois de plus.
— Mais moi j'en ai besoin putain ! Je veux te sentir en moi, je veux oublier toute cette merde… je veux juste être heureuse ! Même si c'est que dix minutes… lui criai-je les yeux remplis de larmes.
Ne sachant pas quoi répondre, Hugo me laissa poursuivre, plus mal à l'aise que jamais. Son jeans et son boxer descendu sans douceur, je me saisis de son sexe au repos. Lui qui bandait toujours comme un taureau à la première de mes caresses, pour la première fois… ce ne fut pas le cas.
— Pourquoi tu fais ça… murmura-t-il une fois encore.
Avec l'espoir de la sentir grandir dans ma bouche, je glissai sa queue entre mes lèvres, avant d'entamer de grossiers va-et-vient sur son morceau de chair flasque...
Agrippée à son sexe, comme une personne suspendue dans le vide s'agripperait à une rambarde pour ne tomber, je poursuivie mes mouvements mécaniques, envahie par la tristesse. Alors que je continuai à le sucer... les larmes se mirent à nouveau à rouler sur mes joues…
— Arrête… je peux pas… et je veux pas. Tu pleurs bordel ! Comment peux tu avoir envie de faire ça alors que tu pleurs… s'emporta Hugo en retirant son sexe de ma bouche.
La tête posée sur l'assise du canapé, je me mis à sangloter. Envahie par la honte et terrassée par une souffrance intérieure abyssale, celle d'avoir perdu Raphaël… l'homme de ma vie. Comme la loque que j'étais, je m'effondrai en boule à même le sol.
Hugo avait raison, je faisais n'importe quoi...
— Pardon… Je suis qu'une grosse pute… murmurai-je entre deux sanglots de désespoir.
Alors que mes cris de détresse envahissaient la pièce, Hugo me releva pour m'assoir sur le canapé. Le temps de reboutonner son pantalon, il s'installa à mes côtés et vint m'entourer de ses bras, m'invitant à venir me blottir contre lui…
— Calme toi... Ça va aller… ça va aller… répéta-t-il à plusieurs reprises en caressant mes cheveux...
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LaVieDeLucie
17 juillet 2026 à 13:22
Merci à toi @Élise Selby
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Élise Selby
17 juillet 2026 à 12:46
Pour une fois je vais être brève. Je crois que moi aussi je n'ai plus les mots.
Je te dis juste.

Merci. 😘
Modifié 17 juillet 2026 à 12:47
Soyez respectueux
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cocolst
17 juin 2024 à 11:42
Mais je comprends totalement que Raphaël ne veuille pas te répondre. J'aurai probablement réagi pareil.

Ouais, je n'aurais pas réagi à sa place non plus, je pense. Mais, j'aurais commencé à m'inquiéter de ne plus être contacté.
Soyez respectueux
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cocolst
17 juin 2024 à 11:38
Première réaction à chaud : le rhum, c'est bon ! Nan mais.

J'ai pas pu le lire en une seule fois. Il y a des larmes qui sont dans tes mots et j'en ai qui coulent là... il y a un mélange des peu histoires réelles que j'ai écrit, racontées différemment, situations différentes, mais sensations aussi prenantes.
Modifié 17 juin 2024 à 11:39
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Doctor Nobody
8 mars 2024 à 04:38
Je continue de lire ta descente aux enfers et je suis profondément désolé pour toi. Je partage ta peine car tu assumes pleinement la responsabilité de la situation tout en ne voulant pas l'accepter...
Noyer son chagrin dans l'alcool fait quelques ravages en tout cas.

Mais je comprends totalement que Raphaël ne veuille pas te répondre. J'aurai probablement réagi pareil.

Je vais poursuivre ma lecture et, pour la petite anecdote sur ce qui s'est passé avec Hugo dans ce chapitre, et sans aller aussi loin, j'ai revu une scène qui m'est arrivée il y a pas loin de vingt ans...

Ça fait vraiment mal au cœur...
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Ced67220
1 février 2024 à 20:19
Très beau bravo vivement la suite
Soyez respectueux
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Bosscoquin
9 janvier 2024 à 07:34
Que c’est bien écrit c’est fou !!! Et lorsqu’on a vécu la même chose vous nous ramener si fort si violemment à ce clash qui immanquablement se produit et nous punit de nos écarts
La réaction de votre homme comme celle de ma femme est normale sur le moment mais ensuite parfois … il y a moyen de s’arranger / de vivre avec … ou pas
Hâte de lire la suite
Merci Lucie
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Sitges boy
Sitges boy
8 janvier 2024 à 15:49
Vraiment, je suis impressionné par l'écriture de ce texte qui, bien que très peu érotique jusqu'à maintenant, éclaire la scène d'un angle original. Je suis captivé.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Osensuel
Osensuel
7 janvier 2024 à 15:01
Une descente aux enfers très bien décrite. Je pense que nous sommes beaucoup à être passé par des expériences similaires lorsque l’être aimé nous quitte. Je suis assez d’accord avec Jacques du Canada vis à vis de Raphaël et je comprends bien votre retour. Je suppose qu’il faut attendre les derniers épisodes de la série « le prix à payer » pour se faire une idée. Nous réagissons tous d’abord avec nos tripes avant que le cerveau et le cœur reprennent le dessus. Je me réjouis de lire ce qu’il sera advenu de Raphaël.
Au plaisir de lire la suite
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de LaVieDeLucie
LaVieDeLucie
7 janvier 2024 à 14:30
Merci @lookingforvenus 😊
Modifié 7 janvier 2024 à 14:31
Soyez respectueux
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