Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le prix à payer... (Tome 3) — Chapitre 4 · A quoi bon continuer...
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le prix à payer... (Tome 3)
Chapitre 4 · A quoi bon continuer...
Lundi 16 Juillet 2018, Lyon.
Douze putains de jours... Depuis douze jours, Raphaël avait quitté notre appartement en découvrant mon infidélité... Depuis douze jours, j'étais sans la moindre nouvelle de celui qui devait théoriquement devenir mon mari… le mois prochain.
Malgré des dizaines de messages et d'appels pour tenter de lui expliquer l'inexplicable, depuis son départ, Raphaël n'avait répondu à aucun d'entre eux. Une rupture brutale et totale, confirmée par Julien, le pote qui l'hébergeait, lorsque celui-ci m'invita à « lui foutre la paix » via un SMS lapidaire, quelques jours plus tôt…
Avec l'énergie du désespoir, ce week-end, je m'étais quand même rendu au domicile de Julien pour tenter d'entrer en contact avec celui qui était toujours pour moi… l'homme de ma vie. Refusant de me voir, j'avais fini par quitter les lieux après trente minutes de supplice sur le pas de la porte... plus anéantie que jamais.
Le temps qui défilait habituellement à une vitesse folle semblait, pour moi, s'être arrêté le soir du Mercredi 4 juillet 2018.
— Allez, soit forte… murmurai-je en glissant ma clé dans la serrure de notre porte d'entrée.
En rentrant dans notre appartement, vers 19h30, après une longue journée de boulot sans saveur, comme tous les jours depuis le soir de notre rupture, j'espérais stupidement retrouver Raphaël installé dans notre salon. Le temps de déposer mes clés dans notre vide poche, puis de me déchausser, et je faisais comme toujours le tour de chaque pièce… « au cas où »… telle une zombie sans âme à la recherche d'un fantôme.
Arrivée dans la chambre, face à la porte coulissante de notre dressing restée grande ouverte, je me figeai…
Les bras ballants et dans un silence total, les larmes se mirent à couler toutes seules sur mes joues. Dépitée, comme trop triste pour fondre en sanglots, je restai quelques secondes immobile… observant les étagères de Raphaël… totalement vides. Les derniers fringues de mon homme, ceux qu'il n'avait pas pris lors de son départ, avaient disparu…
Comprenant qu'il avait profité de ma journée au boulot pour venir récupérer toutes ses affaires, je finis par me diriger dans la salle de bain, pour en avoir le cœur net. Dans cette pièce, comme dans toutes les autres, il avait récupéré tous ses effets personnels.
— Putain… murmurai-je d'une voix tremblante.
Avec l'espoir de trouver une lettre ou un mot écrit de sa main, je rejoignis le salon, les yeux remplis de larmes, comme j'en avais maintenant l'habitude quotidiennement…
Rien… absolument rien, pas même une phrase griffonnée à l'arrière d'une vieille enveloppe. Raphaël n'était pas « revenu » en mon absence… il était juste « parti encore un peu plus ».
Aussi étrange que cela puisse paraitre, cette découverte ne fut pas suivie de sanglots bruyants ou de crise de nerf à la hauteur du sentiment de désespoir qui était la mien. En réalité, ma peine était déjà si profonde, si abyssale, qu'elle ne pouvait plus vraiment l'être davantage.
A quoi bon crier… puisque ça ne changerait rien à la situation qui était la mienne ?
Comme j'en avais pris l'habitude, tous les soirs depuis une semaine, je me saisis de la bouteille de spiritueux entamée qui trainait sur la table basse... du Jack Daniel's. Moi qui n'en buvais jamais… puisque j'avais toujours trouvé le whisky dégueulasse... cette bouteille était devenue ma nouvelle « amie », une fois celle de rhum terminée, quelques jours plus tôt.
A défaut d'avoir trouvé mieux dans nos placards, elle m'accompagnait à présent dans ma solitude...
— Allez, bois un verre et ça ira mieux… murmurai-je en la débouchant.
Le temps de remplir à moitié mon verre de la veille... qui trainait toujours sur ma table basse... puis j'en bus une première gorgée. D'un geste reflexe, j'essuyai mes larmes avec mon avant-bras, avant de constater que la moitié de mon maquillage venait de finir dans le tissu blanc de mon chemisier….
— Putain fais chier… marmonnai-je en constatant les dégâts sur ma manche.
L'alcool m'offrait d'agréable moment de répits et un soulagement psychologique dont j'avais grand besoin pour ne pas sombrer encore un peu plus... Une manière d'oublier ma peine, mais qui me conduisait bien souvent à m'endormir sur le canapé, encore toute habillée. J'avais bien conscience que boire ne résoudrait pas mes problèmes, mais durant quelques heures, l'alcool me permettait de ne pas avoir à y faire face...
Avachie sur mon canapée, j'hésitai à appeler Mathilde pour l'inviter à passer chez moi, avant d'y renoncer dans la foulée, considérant qu'elle avait sans doute mieux à faire que de m'écouter me lamenter une fois de plus sur mon sort. Elle avait déjà passé une bonne partie du week-end avec moi à essayer de me changer les idées, et je n'avais pas envie de lui pourrir une soirée de plus, à elle et à son homme…
J'abandonnais également l'idée de contacter Hugo, que je n'avais pas revu depuis le soir où mon amant était venu chez moi, inquiet pour mon état. Même s'il prenait quotidiennement de mes nouvelles par messages, je n'avais pas envie de lui imposer une fois encore mon état dépressif…
A vrai dire, j'avais également honte du comportement qui avait été le mien lorsqu'il m'avait rendu visite. Même si j'étais complètement bourrée, je m'étais comportée comme une trainée... et lui avait offert le plus lamentable des spectacles...
— Il doit tellement me prendre pour une moins que rien... pensai-je, en mordillant nerveusement mes lèvres.
Et puis... chacun à leurs manières, ils m'auraient tous les deux fait chier sur ma consommation d'alcool, autant que sur l'état catastrophique de mon appartement… et je n'en avais clairement pas envie.
Le regard dans le vide, je tentais de réfléchir à la suite de ces événements sur lesquels je n'avais aucune maitrise. La réaction brutale de Raphaël était sans doute proportionnelle à la peine qui devait être la sienne... mais même si je méritais la torture psychologique qu'il m'imposait en refusant d'entrer en contact avec moi, je ne comprenais pas son comportement. Combien de temps allait-il m'ignorer ainsi ? Comment imaginait-il la suite ? Récupérer l'essentiel de ses affaires était une chose, mais ça ne résoudrait pas tout...
Si chaque jour qui passait me laissait supposer que tout était foutu, la probable fin définitive de notre relation l'obligerait forcement à faire un pas vers moi, ne serait-ce que pour gérer toute la partie « logistique et administrative » de notre rupture. La récupération de ses meubles, le partage des objets que nous avions acheté en commun, la fermeture du compte que nous venions d'ouvrir en prévision du mariage... mais aussi l'annulation officielle de celui-ci auprès des prestataires... et de nos invités.
Toutes ces épreuves à venir me terrifiaient, mais stupidement j'y voyais une source d'espoir. Elles me permettraient d'entrer en contact avec lui et peut être... de le faire changer d'avis, lors d'un échange à cœur ouvert, en face à face. Même si je n'avais jamais cru aux miracles, j'espérai subitement avoir la chance d'en vivre un...
— Bouge-toi le cul… me lançai-je à moi-même, en sentant une nouvelle vague de tristesse m'envahir.
Quelques gorgées de whisky, puis je décidais d'arrêter de ruminer. Pleurer sur mon sort ne changerait rien...
Télécommande en main, j'allumai ma télévision, puis lançai Netflix pour partir à la recherche d'un programme me permettant de me changer les idées et d'occuper ma soirée. De longues minutes à faire défiler les contenus proposés sur la page d'accueil, puis je me rendis à l'évidence : rien ne retenait mon attention…
— Je vais déjà aller me changer… pensai-je en terminant mon verre.
Rentrée chez moi depuis trois quarts d'heure, vers 20h15, je me rendis dans ma salle de bain pour retirer mes vêtements de boulot et enfiler une tenue plus confortable. Dans cette pièce vidée des affaires de mon homme et pleine de mon bordel laissé à l'abandon, je me déshabillai, puis déposai mes fringues sales dans une corbeille trop petite pour contenir tout ce qui s'y accumulait jour après jour.
Entièrement nue, le temps de me saisir de mon pyjama en coton composé d'un short et d'un t-shirt, je croisai mon propre regard dans le miroir de l'armoire de toilette qui me faisait face...
Mes grands yeux bleus, habituellement si expressifs, semblaient encore plus vides que ne l'était mon frigo. Mes cernes et mes joues creusées me donnaient une apparence cadavérique, que les coulures sombres de mon maquillage renforçaient encore un peu plus….
— Je ressemble à rien… murmurai-je avec une pointe de dégout.
En parcourant machinalement mon corps du regard, mon sentiment d'être aussi laide à l'intérieur qu'a l'extérieur se confirma. En quelques jours seulement, j'avais perdu beaucoup de poids… passant de 46 à 41 petits kilos. Du haut de mes 1.53m… c'était peu.
Une perte de poids brutale mais qui n'avait rien d'étonnante, puisqu'hormis boire, je ne mangeai quasiment plus rien. Mes cotes étaient devenues visibles sous mes petits seins, tout comme les os de mon bassin, qui se faisaient chaque jour en plus saillants au traverser la fine peau qui les recouvrait.
Sous les premiers effets de l'alcool, je souris bêtement en observant mon sexe laissé à l'abandon. Même si la nature n'avait pas encore repris pleinement ses droits, les presque trois semaines qui s'étaient écoulées depuis mon dernier « entretien » étaient clairement visibles. Un délai inhabituel, pour moi qui prenais toujours grand soin de cette partie de mon corps…
— Va vraiment falloir que je me rase… Si Raphaël revient, ça serait con qu'il me trouve encore plus dégueulasse que ce que je suis… songeai-je stupidement, en tirant sur mon sexe à l'aide de deux de mes doigts pour mieux observer les nombreux poils qui repoussaient sur mes grandes lèvres.
Alors que mon chagrin était progressivement masqué par la brumeuse ivresse qui envahissait mon esprit, mon majeur s'attarda sur mon clitoris. Une première caresse furtive, presque honteuse, suivi d'une seconde… plus lente et plus douce.
Si l'entretien de ma toison brune devenait clairement nécessaire, il attendrait sans problème une journée de plus…
— De toute manière personne ne verra ma chatte… pensai-je alors que l'idée de m'offrir un petit moment de réconfort solitaire faisait progressivement son apparition.
C'était la première fois depuis des jours, qu'une envie charnelle effleurait mon esprit. Depuis le départ de Raphaël, mes pulsions permanentes et obsédantes avaient laissé place à une absence totale de libido. Un néant qui m'était totalement étranger...
Ce délai d'abstinence, parfaitement normal... voir ridicule... pour le commun des mortels, était exceptionnelle pour moi. Je n'avais pas eu le moindre rapport sexuel depuis presque quinze jours, pas plus que je ne m'étais masturbée une seule fois… J'étais passée d'un rythme soutenu, celui de deux à trois orgasmes par jour… à zéro.
Moi qui avais tant besoin de jouir, pour mille et une raisons, mon sevrage brutal témoignait lui aussi du mal-être qui m'avait envahi…
— Un petit moment de plaisir solo… ça me fera le plus grand bien pour oublier toute cette merde… conclus-je intérieurement.
Malgré une motivation toute relative, aidée par mon alcoolémie montante, je décidai de profiter de ce petit « regain d'appétit », contente d'avoir trouvé une occupation pour mon début de soirée. La suite, et très probable fin, de mon histoire avec Raphaël pouvaient attendre... puisque que mes ruminations intérieures n'y changeraient rien. Je ne maitrisais rien des prochaines étapes.
Alors que je laissai les envies obscènes occuper laborieusement mes pensées, portée par mon ivresse, je finis par suspendre mes caresses et enfilai mon pyjama… décidée à les reprendre… mais confortablement installée dans mon canapé.
— A défaut de trouver un film sur Netflix, je vais bien me trouver une vidéo de cul… pensai-je en prenant la direction de mon salon.
En récupérant mon portable sur la table basse, je partais à la recherche d'un contenu porno à caster sur l'écran de ma télévision. Même si c'était très occasionnel, il m'arrivait d'accompagner mes séances de masturbation avec des vidéos trouvées au gré de mes recherches dans Google. Le plus souvent c'était pour moi un bon moyen de jouer avec mes fantasmes, notamment lorsque je m'ennuyai en déplacement, seule dans ma chambre d'hôtel.
Dans le cas présent, j'espérai trouver une source d'excitation suffisante pour oublier mes malheureux, au moins quelques minutes...
Lors de ma dernière consultation de contenus pour adultes, quelques mois plus tôt, j'avais passé un agréable moment en découvrant un « genre » aussi honteux que fascinant à mes yeux. Un agréable souvenir qui m'invita à découvrir d'autres vidéos sur le même thème…
— Gloryhole… murmurai-je en tapant sur le clavier de mon téléphone.
Même si j'avais un peu honte de l'admettre, cette pratique aussi étrange que dégradante me faisait fantasmer. L'interdit, le coté avilissant, les nombreux gros sexes offerts sans que l'on ne puisse savoir à qui ils appartenaient... autant d'idées stimulantes pour mon imagination. Et puis voir des femmes réaliser ce qui était inconcevable pour moi, autrement que dans mes rêves les plus inavouables, m'avait excessivement excité la fois précédente. J'espérais bien qu'il en serait de même cette fois-ci.
Le temps de filtrer les résultats présentés dans l'onglet vidéos de Google, pour ne retenir que les « longs » contenus, puis je fis défiler les premières pages, à la recherche d'un visuel affriolant... Quelques secondes plus tard, je finis par jeter mon dévolu sur une longue vidéo de plus d'une heure, ajoutée depuis quelques jours sur un site porno que je ne connaissais pas.
Sur la vignette de ma recherche, dans une cabine sombre qui ressemblait furieusement à celle de la précédente vidéo que j'avais déjà vu, une jolie brune… aux petits seins et d'une bonne vingtaine d'année, semblait s'activer avec passion... et en gros plan... sur le sexe d'un homme caché derrière la cloison.
Si sa couleur de peau laissait supposer des origines latines, ce qui n'était pas mon cas, j'avais dans l'idée que son apparence générale me permettrait assez facilement de m'identifier à elle. Petite et mince, tout comme moi, elle avait de longs cheveux brun et de petits seins… tout comme moi...
— C'est le même studio que la dernière fois… marmonnai-je en lançant la vidéo.
En quelques clics... comme me l'avait appris Raphaël, lorsque nous avions par le passé visionné ensemble des vidéos porno... je transférai celle-ci sur ma télévision. Le temps d'avaler une grande gorgée dans mon verre de whisky, mâchoire crispée, puis je posai mon téléphone pour m'installer confortablement dans mon canapé…
— La vache… elle ne traine pas… commentai-je en glissant machinalement ma main droite dans mon short de pyjama.
A peine quelques secondes de vidéos et la jolie brune enfournait déjà son premier gros sexe…
Sans autre formalité, mais avec une certaine forme de timidité, la jeune femme se mit à œuvrer sur la belle queue de l'inconnu qui occupait sa bouche. Cette première image obscène conduisit mon majeur à se placer spontanément à l'entrée de ma vulve. Quelques lentes et douces caresses externes de bas en haut, sur mes petites lèvres encore fermées, puis ma main libre vint se joindre à la bataille, en se glissant sous mon maillot pour se saisir délicatement d'un de mes tétons...
Tandis que la majorité de mes partenaires de jeux fonçaient quasi-systématiquement en direction de mon clitoris ou de mon vagin, moi j'aimais prendre le temps de m'offrir de délicates caresses plus diffuses, avant qu'elles ne se fassent progressivement plus ciblés et intenses...
Visiblement très efficace, mon héroïne accueillit sa première éjaculation en un temps record. Les yeux fermés, lèvres crispées elle poursuivit ses amples va-et-vient de longues secondes, puis montra face caméra l'importante quantité de sperme que l'inconnu venait de déverser dans sa bouche… avant de l'avaler…
Une image profondément indécente, celle de sa langue recouverte de la semence de cet homme... et une puissante source d'excitation pour moi...
— J'adore… murmurai-je en remontant vers la zone la plus sensible de mon intimité pour quelques délicieuses caresses circulaires.
Sous l'effet combiné de l'alcool, de mes caresses et des images qui défilaient sous mes yeux, mon sexe s'humidifia lentement. Passant de mon clitoris à l'entrée de mon vagin, mon majeur fut rapidement rejoint par mon index.
Minutes après minutes, mes caresses se firent plus appuyées… mais aussi de plus en plus profondes. Enfoncés à mi-longueur et légèrement repliés... mes deux doigts baladeurs se mirent à coulisser en cadence, accompagnant la jolie brune dans la réalisation de ses pipes de plus en plus goulues.
Lorsqu'elle invita un grand black à la rejoindre dans sa cabine pour la baiser, mon excitation augmenta d'un cran supplémentaire… Focalisée sur les images qui défilaient sous mes yeux, mon chagrin laissa place à une envie de jouir de plus en plus présente.
Filmée en gros plan, le grosse queue sombre de l'inconnu coulissa à peine plus d'une minute dans l'intimité totalement rasée de la jeune femme, avant qu'il ne finissent par jouir, plantée en elle de tout sa longueur…
— J'aimerais tellement être à sa place… murmurai-je enfonçant entièrement mes deux doigts en moi.
Au centre de l'image et une fois libérée, sa vulve entrouverte laissa s'écouler une bonne partie du liquide blanchâtre qu'elle venait de recevoir, déclenchant un petit sourire sur mon visage. Puis, comme tous les autres, l'homme disparu aussi vite qu'il était apparu, tel un cambrioleur quittant sans attendre les lieux de son méfait...
Voir ses femmes… encore plus indécentes que je ne pouvais l'être… m'excitait toujours autant. Aussi improbable que soient ces scènes pornographiques que je jugeais irréalistes, je prenais plaisir à m'imaginer être à la places de chacune d'entre elles, profitant sans retenue de tous ces gros membres offerts et réduite au rôle d'un vulgaire objet de désir convoité par une ordre de males en ruts…
Mais la vue du sexe « débordant » de celle que j'avais envie de remplacer… me rappela de manière impromptue le plaisir que Raphaël prenait depuis peu à contempler mon intimité souillée, aux termes de nos ébats… Une nouvelle lubie de sa part, qui m'avait un peu perturbée au départ, mais que j'avais fini par trouver très grisante par la suite.
Aujourd'hui, et par la force des choses, cette pensée n'avait plus rien d'excitante à mes yeux, bien au contraire.
Alors que je m'imaginai me conduire à l'orgasme sous peu, le lien que mon esprit fit entre la scène que j'observais et Raphaël… fut particulièrement contreproductif…
— Arrête d'y penser… me dis-je à moi-même en entamant de nouveaux cercles rapides avec le bout de mes doigts sur mon clitoris.
A nouveau seule dans sa cabine, la jolie brune « affamée » suça un nouvel inconnu jusqu'à l'orgasme, avant de guider le suivant dans son sexe déjà vigoureusement sollicité, quelques minutes plus tôt. C'était sans conteste le genre de scènes qui me faisaient habituellement grimper aux rideaux... La simple idée d'imaginer plusieurs hommes s'abandonner en moi, l'un après l'autre… complétait habituellement à merveille le plaisir physique de ma propre stimulation.
Mais cette fois-ci, ce ne fut pas le cas.
Malgré des caresses de plus en plus rapides, presque frénétiques, mon corps ne semblait plus vouloir m'offrir le plaisir que j'attendais. Avec de plus en plus d'énergie et avec une perversité exceptionnelle, de son coté, la jolie brune enchaina les partenaires, conduisant un à un tous ces hommes à l'orgasme, et entrecoupant son indécente activité de larges sourires, face caméra.
Contrairement à moi, elle semblait prendre son pied…
— Putain ça me saoule… murmurai-je en arrêtant ma séance de masturbation.
J'avais beau être toute mouillée… j'avais l'impression que mon cerveau était resté bloqué sur ma furtive pensée pour Raphaël. Pourtant les gros sexes parfaitement dressés qui se succédaient à l'écran me faisaient envie, mais mon plaisir avait disparu...
— J'arrive même plus à me faire jouir toute seule… murmurai-je dépitée.
La timide euphorie, que mon verre de whisky m'avait offert vingt minutes plus tôt, semblait avoir totalement disparue, laissant place à un profond sentiment de tristesse… Le même qui occupait tout mon esprit depuis douze jours.
Le regard perdu dans le vide, je laissais les images défiler, celles de cette femme prenant plaisir à faire jouir à la chaine les inconnus qui se présentaient à elle. Si cette probable actrice se comportait comme une salope pour les besoins du tournage, je me mis à penser que moi aussi j'en étais une…
Une vraie salope, doublée d'une menteuse... voir pire encore… d'une manipulatrice. Une moins que rien, une mauvaise personne… et le genre de femme méprisable qu'aucun homme ne pouvait raisonnablement aimer. Ni Raphaël, ni aucun autre...
— Je suis vraiment qu'une merde… pensai-je intérieurement.
Alors que la langue de la jolie brune se couvrait pour la énième fois d'affilé de sperme, mes larmes se remirent à couler sur mes joues.
En prenant mon téléphone pour arrêter la diffusion de la vidéo, je découvris que j'avais reçu trois emails sur ma boite perso… tous de Raphaël.
— Oh putain ! m'exclamai-je en cliquant à la hâte sur la notification visible sur mon écran.
Portée par un indescriptible sentiment de soulagement teinté d'inquiétude, je m'empressai de découvrir le contenu du premier mail….
Ma joie fut de courte durée, lorsque je découvris qu'il s'agissait d'une copie des échanges qu'il avait eu avec le traiteur réservé pour notre mariage… Des échanges de mails pour annuler la prestation que nous lui avions réservé. Le traiteur venait de lui annoncer qu'il acceptait de nous rembourser l'acompte… à titre exceptionnel et au regard de la situation… et Raphaël m'en informait simplement, sans même une phrase à mon attention.
Le second, dans la même lignée que le précédent, concerna l'annulation du DJ en charge de l'animation de notre mariage. Si lui n'avait pas accepté de nous rembourser l'acompte versé, à mes yeux ça n'eut pas la moindre importance, tant la lecture de ces emails me fit sombrer dans un état de tristesse indescriptible.
Le dernier mail de Raphaël était, quant à lui, destiné à notre nouveau conseiller bancaire. Il l'informait du souhait de Raphaël « de se désolidariser » du compte joint que nous avions ouvert ensemble, quelques mois plus tôt, et en prévision de notre union.
La petite parenthèse que j'avais tenté de m'offrir avait définitivement pris fin et elle laissait place à un sentiment de vide qu'aucun mot ne pouvait décrire. Raphaël continuait de m'ignorer... tout en rompant encore un peu plus nos liens... mais à distance.
Alors que les images porno continuaient de défiler sur mon écran de télévision, je restais immobile, terrassée par la lecture des trois message, aussi froid que destructeurs, que je venais de découvrir.
— Il n'y a donc plus aucun espoir… pensai-je alors que les larmes ruisselaient à nouveau sur mes joues.
Mon ex-futur époux venait de me renvoyer... de la plus brutale des manières... à la réalité qui était la mienne. Raphaël m'avait bel et bien quitté… définitivement.
Tandis que mon esprit se remplissait d'idées noires, je prenais conscience que rien ne me permettrait de faire machine arrière. J'avais beau savoir que ma relation avec Raphaël ne se relèverait probablement pas de cette crise dont j'étais la seule responsable, j'avais quand même gardé un petit espoir. Un espoir stupide, mais salvateur...
— C'est foutu... ma vie est foutue... murmurai-je totalement anéantie.
Le temps d'attraper ma bouteille, puis je me resservis un nouveau verre de whisky. D'une seule traite, je le bus avant de m'en resservir un second dans la foulé. Perdue dans mes pensées les plus sombres, j'observai quelqu'un instant mon verre, avant de me lever et de prendre la direction de la salle de bain, visage fermé.
En fouillant dans le tiroir à médicaments, j'en sortis une boite de Tramadol. Des antidouleurs puissants que Raphaël s'était vu prescrire deux ans plus tôt, lorsqu'il s'était fait une grosse entorse du genou au ski. Malgré la douleur, il n'en avait pris qu'à quelques reprises et la boite était remplie à plus des deux-tiers.
Mes larmes cessèrent de couler… et d'un pas déterminé, je retournai dans le salon. Assise sur mon canapé, j'ouvris sans attendre la boite et en sortis la notice…
— Un à deux comprimés de 100mg deux fois par jour... pas plus de 400mg par tranche de 24h… lis-je dans les précautions d'usage.
Un à un, je plaçais les vingt-quatre comprimés contenu dans les tablettes sur ma table basse.
En relevant la tête en direction de ma télévision, je vis la jolie brune s'empaler de bon cœur, et avec une facilité déconcertante, sur le très gros sexe qui dépassait d'un des trous présents dans sa cabine…
Un moment étrange, totalement surréaliste, au regard de ce que je m'apprêtais à faire…
— C'est raccord avec ma vie de merde… ce sera la dernière image que je verrais… murmurai-je d'une voix sans relief.
Télécommande en mains, j'éteignis ma télévision puis récupérai mon portable pour stopper la vidéo. Un rapide tour dans l'historique de mon navigateur, et je l'effaçai, honteuse à l'idée que mes proches ne découvrent mes dernières pages internet consultées…
Puis... je pris une grande inspiration... avant d'ouvrir WhatsApp…
Sans appuyer sur le bouton envoyé, laissant ainsi mon message en brouillon, je quittais l'historique de mes conversations avec Mathilde, pour cliquer sur celui d'Hugo…
Comme je l'avais fait pour Mathilde, je laissai mon message à l'attention d'Hugo en attente, puis ouvrai le groupe familial que nous avions mes deux parents et moi, pour rédiger un troisième message d'adieu…
Mes trois messages tapés, mais pas encore envoyés, je sentis ma gorge se nouer. L'idée d'écrire à Raphaël me traversa l'esprit... un court instant... avant d'y renoncer…
— A quoi bon... murmurai-je d'une voix résignée.
Tandis que ma respiration s'accélérait, la honte et le doute m'assaillirent à l'idée de faire souffrir une fois de plus les seules personnes qui comptaient pour moi… Les seules qui ne m'avaient pas tourné le dos, suite à ma séparation avec Raphaël.
Les yeux rivés sur la grosse vingtaine de cachets posés en tas sur ma table basse, je restai immobile de longues secondes, hésitante…
— Six fois la dose maximal journalière… avec l'alcool… ça devrait être suffisant… pensai-je en tentant de garder les idées claires.
Lorsqu'une dernière larme coula sur ma joue, je pris une première poignée de comprimés.
Le temps de les placer dans ma bouche, puis je les avalai à l'aide de plusieurs gorgées du dernier grand verre de whisky que je m'étais servi, mais auquel je n'avais pas encore touché.
A deux reprises, je répétai l'opération… avec calme et sang-froid.
Ma vingtaine de cachets avalés, tout comme mon verre de whisky, je restai immobile quelques instants, le regard perdu dans le vide. Sans attendre les premiers effets du mélange funèbre que je venais d'ingurgité, j'envoyai un à un mes trois messages en attente, puis éteignis mon smartphone...
Une fois déposé sur la table basse, je m'allongeai de tout mon long sur mon canapé.
Étrangement je n'étais plus triste et je n'avais plus peur. Le désespoir qui était le mien depuis douze jours maintenant, avait laissé place à une espèce de sentiment de libération réconfortant. Dans quelques minutes, j'allais m'endormir... pour toujours. Dans quelques minutes, j'allais arrêter de souffrir... pour de bon.
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Commentaires ()
C'est sans doute un mal pour un bien, car même si tu avais le sentiment qu'il était l'homme de ta vie, moi je dis qu'étant donné que l'on ne peut pas éternellement se renier, soit tu serais tomber en dépression, soit tu aurais fini par le tromper une fois mariée et mère.
Et puis il y a un moment, même s'il était très fâché le mr, comme le disait mon aïeul "vai cagar!"
Mon ancien compagnon n'a jamais digéré ma trahison, et objectivement, même s'il m'a fait payer le prix fort, je le comprends. Ce n'était pas le bon, il n'a pas réagit comme j'aurais aimé à l'époque, mais mon comportement n'était pas pour autant excusable. J'aurais du avoir le courage de parler, mais c'était pas possible à l'époque. :/
Merci pour ton message @SweatRabbit !
Je me suis lourdement trompé.
Si les 3/4 du texte sont, effectivement, ce à quoi je m'attendais plus ou moins (pas forcément la séance masturbatoire), la fin n'était clairement pas attendue et placé ce chapitre comme étant réellement le plus difficile à lire. Et pour toi, sans doute le plus difficile à écrire... Tu es très courageuse de nous le partager...
Pour être passé par là, sans être réellement passé à l'acte, ces messages que tu as envoyé m'ont fait pleurer à chaudes larmes pendant un bon quart d'heure...
Mais ce qu'il est bon de se rappeler c'est que, même si certains nous abandonnent et même si c'est par notre faute, on comptera toujours pour quelqu'un. Il y aura toujours quelqu'un pour nous montrer qu'il nous aime :)
Je crois que j'ai besoin d'attendre un peu avant de lire le dernier chapitre...
Si à l'époque pour moi c'était la seule solution, aujourd'hui encore je regrette mon geste.
Comme tu le dis, ce texte a été le plus douloureux à écrire, mais il montre aussi ce que l'hypersexualité peut engendrer. L'envers du décors en quelque sorte....
Et désolée de t'avoir fait pleurer... 🙁
Tu n'as pas à être désolée de m'avoir fait pleurer. Je préfère pleurer sur un de tes textes parce qu'il est réel et poignant plutôt que de prendre ce texte juste comme une fiction. C'est bien plus touchant et ça nous permet de te découvrir dans ta globalité. Et tu es une personne extra qui comme tout un chacun a connu des hauts et des bas.
Et je pense que chaque personne ayant fait au moins une tentative ratée finit par le regretter avec du recul. Alors merci d'être encore là pour nous partager ta douloureuse expérience ma chère Lucie 😘
Comme je te l’ai déjà dit en Mp, c’est un plaisir de lire tes récits. Hâte de lire la suite!
Merci @van2van pour ton charmant message !
Génial 🤩 merci pour votre retour « c’est si bon » d’être heureux comme disait Charles Trenet 😉 réf old school mais j’assume
J’ose vous envoyer un tendre hug virtuel plein de bienveillance Lucie ;)
Oui j'ai réussi à avancer, même si ça n'a pas toujours été simple, mais aujourd'hui je m'estime chanceuse, à plus d'un titre, mais aussi heureuse.
Je vous retourne votre hug virtuel avec plaisir ! :)
Mais quoi qu'il arrive, c'est toujours agréable à entendre ! :)