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Couverture de Le prix à payer... (Tome 3), par LaVieDeLucie
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Le prix à payer... (Tome 3) — Chapitre 1 · Une journée de merde

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Le prix à payer... (Tome 3)

Chapitre 1 · Une journée de merde

Mardi 3 juillet 2018, Lyon.
Aux alentours de 16h40, alors que je travaillais sur l'ultime version d'une offre commerciale destinée à l'un de mes gros prospects, mon téléphone de bureau sonna. Le rapide coup d'œil que je jetai en direction du petit écran m'informa qu'il s'agissait de Christophe, mon « proche » collègue du service financier.
La semaine dernière, il m'avait indiqué ne pas être disponible durant les deux premiers jours de la semaine, y compris le midi pour nos habituelles et délicieuses « pauses déjeuner ». J'étais donc très surprise de recevoir un appel de sa part...
— Hello, je ne te dérange pas ? me lança-t-il.
— Salut ! Euh non, ta grande messe avec la Direction Générale est déjà finie ? lui répondis-je avec entrain.
— Oui, à l'instant ! T'es dispo ? m'interrogea-t-il avec un ton trahissant son impatience.
Je n'avais pas besoin de plus de précisions pour comprendre la nature de sa demande. Nos échanges par téléphone étaient généralement très sobres, et il avait visiblement très envie de s'accorder une petite pause... en ma compagnie et dans notre cachette secrète.
— J'ai une visio avec un client à 17h… donc j'ai un petit quart d'heure… mais pas plus ! lui répondis-je très intéressée par sa proposition malgré un planning chargé.
— Ah merde… comme tu veux, c'est toi qui vois… me dit-il avec une pointe de déception dans la voix.
— Un ptit truc vite fait… ça ne se refuse pas… on se rejoint dans 1 minute à l'endroit habituel… lui lançai-je avant de raccrocher.
Moi qui m'étais faite à l'idée de garder toute ma frustration jusqu'à mon retour chez moi, je ne pouvais pas refuser une si bonne surprise. Surtout après la journée bien pourrie que je venais de passer !
J'avais travaillé depuis plusieurs mois sur un gros appel d'offre, et je venais d'apprendre le matin même que le client pour lequel je m'étais pliée en quatre… était sur le point de signer avec un de nos concurrents. Une mauvaise nouvelle qu'un bel orgasme devrait reléguer au second plan, au moins pour quelques heures...
Le temps de verrouiller mon PC, puis je quittai mon bureau d'un bon pas. Excitée à l'idée de retrouver mon vigoureux quinquagénaire, je pris les escaliers de services pour rejoindre plus discrètement possible le 2ème étage.
Comme toujours, les toilettes des femmes de cet étage étaient désertes, et comme toujours j'étais la première arrivée. Quelques secondes d'attentes et Christophe ne tarda pas à me rejoindre. A la hâte, nous nous engouffrâmes dans le chiotte de droite, celui où nous avions nos petites habitudes…
— Moi qui pensais ne pas pouvoir profiter de toi… lui lançai-je avec un large sourire.
Christophe posa ses deux mains sur mes joues, avant de s'approcher et de poser ses lèvres sur les miennes. Son langoureux baiser, évocateur d'un puissant désir à mon égard, me fit frémir de plaisir…
— Arrête, j'aurais préféré être avec toi, plutôt que de me taper ces deux journées et ces repas d'équipe à la con… finit-il par me répondre en déboutonnant mon chemisier.
Pour ne pas perdre de temps, je m'occupais de mon côté de libérer mon partenaire des deux couches de tissus qui m'empêchaient d'accéder librement à son sexe…
— Ta bouche me manquait trop, ton petit cul me manquait trop, ta peau me manquait trop, ton odeur me… commença-t-il à énumérer.
— Ma bouche ? Et sur quelle partie de ton corps ma bouche te manquait-elle ? l'interrompis-je avec malice.
Un large sourire sur le visage, Christophe écarta mon chemisier, puis remonta mon soutien-gorge au-dessus de mes petits seins, sans même le détacher. Profitant de la vue quelques secondes, il finit par s'incliner vers mon oreille droite, tout en caressant délicatement mes tétons du bout des doigts…
— Sur ma queue… je crois que j'ai très envie de sentir ta bouche sur ma queue. Et je crois même que j'ai très envie de laisser jouer avec… et jusqu'au bout pour une fois… me murmura-t-il d'une voix suave.
— Ah oui… tu crois que tu réussiras à ne pas m'interrompre… à ne pas finir par me plaquer sauvagement sur le mur pour me baiser… comme à chaque fois ? lui répondis-je amusée par sa demande inhabituelle.
Si Raphaël, tout comme Enzo et Hugo, raffolaient depuis toujours de mes compétences « linguistiques », me laissant volontiers les conduire à l'orgasme avec ma bouche, Christophe était plutôt fan des petits gémissements que j'émettais lorsqu'il coulissait en moi avec ferveur. Même si j'en avais peu connu, certains hommes étaient moins intéressés que d'autres par l'idée de jouir lors d'une fellation et Christophe semblait faire partie de ceux-là…
Mais une fois n'étant pas coutume, il avait visiblement très envie de me laisser œuvrer sur lui et « jusqu'au bout » cette fois-ci. Une demande exceptionnelle, puisque lorsque son plaisir devenait trop important, il me saisissait par les épaules pour me relever, puis m'offrait généralement de langoureuses caresses en retour… avant de clôturer nos moments d'intimé par une pénétration aussi virile que divine.
— Dans trois minutes tu jouis dans ma bouche… et dans trois de plus je jouis sous tes coups de langue… C'est un bon deal ? lui lançai-je avec un regard provocateur.
Sourire aux lèvres, je m'empressai de me saisir de son beau jouet dressé face à moi. Tout en continuant d'embrasser mon partenaire de jeu à pleine bouche, j'entamai une douce mais ferme masturbation comme il les aimait. Voir son regard se perdre dans le miens... à chacun de mes coups de poignet... était pour moi une puissante source d'excitation.
Les seins à l'air, je finis par m'accroupir face à Christophe. Le temps de faire glisser ma langue sur toute la longueur de son membre, puis je l'enfournai dans ma bouche sans attendre. Nous n'avions pas beaucoup de temps et je devais donc me faire particulièrement efficace… et motivante !
— Mmmmmm… Ta belle queue m'a trop manquée… gémis-je entre deux sucions sur son gland gorgé de sang.
Même si j'étais persuadée qu'il ne tiendrait pas plus de deux minutes avant de me relever avec force pour me retirer mon pantalon et mon string… trop impatient de me baiser sauvagement… j'étais ravie de lui offrir le petit plaisir qu'il venait de me demander. Pour une fois, c'est moi qui prenais les commandes…
— Aaahhh bordel… comment fais-tu pour être aussi douée… murmura-t-il en savourant mes premiers va-et-vient sur son membre.
Si l'idée de lui répondre « parce que j'ai sucé plus de bites que tu ne peux l'imaginer » me traversa furtivement l'esprit, je me décidai de préserver ma dignité… autant que son amour propre… en ne lui répondant pas.
Ma main droite et ma bouche parfaitement synchronisées, je poursuivis ma dégustation en augmentant toujours un peu plus le rythme. La respiration de Christophe ne tarda pas à s'accélérer, tandis que ces gémissements de plaisirs étouffés dans sa gorge se multiplièrent…
Et pour la première fois, il ne m'interrompit pas !
Persuadée qu'il s'approchait déjà de l'extase, moins de trois minutes après le début de ma dégustation, je redoublais d'effort pour l'achever le plus rapidement possible. Intérieurement j'espérai avoir assez de temps pour profiter de sa langue en retour… avant de devoir retourner à mon bureau pour ma visioconférence...
— Elle est trop bonne… murmurai-je en guise d'encouragement et tout en parsemant mes langoureuses caresses de bruits de bouche obscènes.
Tandis que son sexe coulissait à vive allure entre mes lèvres crispées, ma langue caressait en cadence la base de son gland prêt à exploser. Une pipe goulue et intense, comme j'aimais les offrir aux hommes qui le méritaient... ceux qui me conduisaient à l'extase.
Mais j'avais beau redoubler d'efforts, Christophe semblait avoir le plus grand mal à lâcher prise…
— Jouis dans ma bouche… vas-y… lâche-toi… lui lançai-je en le masturbant vigoureusement, le temps d'une courte pause pour ma mâchoire.
Ma langoureuse dégustation dura une petite dizaine de minutes, avant que ma bouche se finissent enfin par se remplir, au moment même où Christophe laissa échapper un puissant râle de plaisir. Bien que ses réactions ne laissaient que peu de doute sur le plaisir qui était le sien, étrangement, il mit une plombe à jouir...
A l'arrêt de ses très nombreuses saccades, j'offris à mon amant une ultime succion les joues creusées, avant de libérer son sexe et d'avaler à la hâte la grande quantité de sperme qui occupait le fond de ma gorge…
— J'ai eu l'impression que ce n'était pas… aussi bien que ce que tu aurais voulu ? lui demandai-je en me relevant, surprise par son inhabituelle difficulté à éjaculer.
— Oh non c'était juste dingue… mais disons que… me répondit Christophe d'une voix hésitante.
Mal à l'aise, il m'avoua avoir adoré mes caresses, mais avoir également eu du mal à se débarrasser d'un « stupide » blocage psychologique : celui de ne pas « oser remplir » la bouche de ses partenaires. Une gêne surprenante, difficilement compréhensible pour moi, mais qui eut le mérite de me rassurer sur mes compétences…
— La prochaine fois… te prends pas la tête… j'adore ça… bon par contre… maintenant il faut que je retourne à mon bureau, lui répondis-je en reboutonnant mon chemisier sans attendre.
Certes, j'adorais prendre le contrôle du plaisir de mes partenaires et les conduire à l'orgasme… mais à ce moment précis ma « grande générosité » était teintée d'une bonne dose de frustration. Le temps nécessaire à son lâcher-prise, nous obligeait à écourter notre « petite pause ». Et clairement, ça me faisait bien chier !
Le goût de son sperme en bouche et la chatte en ébullition, je me résignai à attendre la fin de la journée pour laisser Raphaël soulager toutes mes envies de jouissance… Mon homme le ferait à merveille, sans le moindre doute… mais c'était dans longtemps…
Vers 18h15, aux termes d'une longue et fastidieuse visioconférence avec mon client, je récupérai un chewing-gum dans mon tiroir. Si le goût de Christophe s'était dissipé avec le temps, il n'était pas question de prendre le moindre risque à quelques minutes de ma fin de journée et de mon retour à l'appartement.
Le temps de traiter quelques mails, puis ma journée de boulot pris fin. Impatiente de retrouver mon homme, je lui envoyais un message, puis prenais la direction de notre appartement à pied…

Je pars mon cœur ! Je suis à l'appart vers 18h45… Bisous bisous !

Après une journée frustrante, à plus d'un titre, j'étais impatiente de rejoindre Raphaël. Et en approchant de notre résidence, j'imaginais le programme de notre soirée…
— Une soirée canap' ça serait bien cool… On se fait livrer à manger, on baise comme des bêtes et on finit la soirée en mode « cocooning »… Le tout devant notre série… Le top du top ! pensai-je en entrant dans le hall de notre immeuble.
Si mon envie de jouissance occupait toujours une bonne partie de mon esprit, mon estomac pour sa part criait famine. Mon sandwich avalé sur le pouce à la pause déjeuner ne m'avait pas vraiment rassasié et j'avais très envie de profiter d'un bon gros repas bien calorique...
Environ une fois par semaine, Raphaël et moi prenions plaisir à nous offrir des parenthèses tout sauf diététiques, sur le canapé et devant la télévision, comme deux ados. Des moments complices, qui rompaient avec le quotidien et que j'affectionnais tout particulièrement…
— Coucou mon cœur ! criai-je avec entrain à Raphaël à mon entrée dans l'appartement.
— Coucou ! Cool tu ne rentres pas trop tard aujourd'hui ! me répondit-il à voix haute.
Le temps de balancer mes chaussures dans l'entrée, puis je le rejoignis dans notre salon. Un tendre baiser, un débrief... presque complet... de nos journées respectives, et je proposai à Raphaël de passer commande pour le diner…
— On se fait une petite soirée canap' devant notre série... et on se commande une pizza ? Ça te va mon cœur ? lui demandai-je.
— Oh oui bonne idée, on n'a rien d'intéressant dans le frigo et j'ai la dalle ! me répondit-il avec enthousiasme.
— Moi aussi j'ai trop faim… de nourriture… mais pas que ! lui lançai-je avec un regard explicite.
Un échange de sourire, puis Raphaël fut chargé de passer la commande de notre « maxi tartiflette ». De mon côté, je prenais la direction de la salle de bain pour aller me changer, histoire d'adopter une tenue décontractée en phase avec le programme de notre soirée.
Libérée de mes fringues de boulot, je retirai mon soutien-gorge puis mon string, avant de réaliser un rapide brin de toilette en prévision de notre future partie de jambes en l'air. Sur le portant fixé à l'arrière de la porte, je récupérai mon pyjama en coton… certes peu sexy, mais bigrement confortable…
— Ça va être une bonne petite soirée ! pensai-je en me démaquillant.
A mon retour dans le salon, Raphaël m'informa que notre pizza arriverait dans une trentaine de minutes, nous laissant ainsi le temps de boire l'apéro et de commencer un épisode de notre série du moment : The Americans. Bien que sortie depuis un moment, nous ne l'avions découvert que depuis peu et en étions tombés amoureux en deux ou trois épisodes seulement…
— Tu veux une bière ? lui proposai-je en prenant la direction de la cuisine.
— Nan, plutôt un sky si tu veux bien ! Et toi tu prends quoi ? me répondit-il en préparant le lancement de notre série.
— Il reste du Pinot Gris de ce week-end… et il me fait de l'œil ! lui dis-je à voix haute en ouvrant le frigo.
Nos deux verres servis, je récupérai dans notre placard « à cochonneries » quelques gâteaux apéro, avant que notre petite soirée en amoureux ne puisse enfin commencer. Raphaël et moi trinquâmes les yeux dans les yeux, puis nous embrassâmes tendrement, avant de savourer la première gorgée de notre apéritif…
— Tiens j'ai eu Julien au téléphone cet après-midi… lança Raphaël en continuant à naviguer dans les menus sur la télé.
— Ah oui ? Il va bien ? Il a trouvé un boulot ? lui demandai-je d'un ton narquois.
— Nan, nan… mais oui il va bien… Il m'a dit qu'il t'avait aperçu du côté de la gare la semaine dernière… me répondit-il en jetant un coup d'œil dans ma direction.
Un frisson de terreur parcouru instantanément ma colonne vertébrale...
Même si j'eu le réflexe de masquer au mieux ma stupeur, fronçant les sourcils pour faire croire à Raphaël que je ne comprenais pas son propos… dans ma tête c'était la panique.
Hugo, l'un de mes amants, habitait juste à coté de la gare… et je lui avais rendu visite, hier soir… mais également mardi et jeudi de la semaine dernière. L'information communiquée à Raphaël, par l'un des meilleurs potes de mon futur mari, était particulièrement compromettante pour moi… et je ne m'étais pas préparée à y faire face.
Tandis que mon cerveau tournait à mille à l'heure, tentant d'élaborer à l'arrache une explication crédible, je finis par me décider à lui répondre. Mes deux petites secondes de silence étaient déjà beaucoup trop longues et suspectes, pour ne pas réagir… et vite…
— Euh… Il m'a vu à côté de la gare ? Quand ça ? Je ne vois pas ce que j'aurais été foutre là-bas ? répondis-je avec calme et assurance.
— Bah c'est ce que je lui ai dit… Lundi ou mardi soir, je sais plus… Mardi je crois… me précisa-t-il en continuant de m'observer.
— Mardi… ce n'est pas le soir où je suis rentrée tard… à cause du point de dernières minutes sur le litige avec un de mes clients ? lui demandai-je en soutenant son regard.
— Si… c'est un deux soirs où tu es rentrée tard… mardi et jeudi… me dit-il d'une voix calme.
Raphaël avait une très bonne mémoire. D'autant plus que depuis quelques semaines, il se faisait plus attentif à mes débriefs, lorsque nous évoquions nos journées respectives au moment du diner. Et sans surprise, ce « détail » ne lui avait pas échappé...
— Donc ça ne colle pas. Autant j'ai déjà dû raccompagner des clients venus de l'autre bout de la France en train, mais mardi c'est sûr que non. A mon avis, il a dû me confondre avec une autre nana ! D'ailleurs, pourquoi il n'est pas venu me voir s'il pensait m'avoir reconnu ? C'est dommage, il se serait tapé l'air con en découvrant que ce n'était pas moi ! répondis-je en me rendant compte que je me justifiai un peu trop.
Si l'envie de lui demander le lieu précis où Julien m'avait aperçu traversa mon esprit, je fis le choix de ne pas poser la question. En fonction de la réponse, je prenais le risque de me retrouver encore plus en difficulté…
— Oui c'est surement ça… il t'a confondu… Il passait en voiture dans la rue, c'est pour ça qu'il n'est pas venu te voir, mais il avait l'air plutôt sur de lui… me répondit Raphaël toujours aussi impassible.
— Ouai bah faut qu'il s'achète des lunettes… Enfin ce n'est pas bien grave, tu lui diras de m'appeler la prochaine fois qu'il croit me voir… On lance la série ? conclus-je avec un large sourire pour masquer au mieux mon stress.
Pourtant mon malaise intérieur était immense. Pour la première fois depuis que j'avais décidé de laisser libre cours à mes pulsions… et que je trompais sans vergogne mon futur mari… je me retrouvais en difficulté face à lui.
Me rendre chez Hugo était un risque, et c'était d'ailleurs pour cette raison que j'avais hésité un moment à sauter le pas avec lui.
Passer du bon temps à la salle de sport avec Enzo ou au bureau avec Christophe était... particulièrement « pratique ». Non seulement ça n'impactait pas mon emploi du temps, mais surtout ça ne m'obligeait pas à devoir mentir à Raphaël, pour justifier d'un retour plus tardif que d'habitude. En revanche, rejoindre Hugo chez lui, à côté de la gare de Lyon Part dieu, c'était une prise de risque dont j'avais bien conscience…
Mais j'étais faible et mes envies vis-à-vis d'Hugo... avaient fini par prendre le dessus...
Malgré cela, je pensais avoir pris toutes les précautions, m'assurant d'avoir toujours une excuse plausible et précise pour justifier de mes retours tardifs à l'appartement. A chaque fois, j'utilisais un événement réel s'étant produit au cours de ma journée... me permettant ainsi de ne pas avoir à inventer une histoire de toute pièce... et de prendre le risque de me contredire toute seule par mégarde. Mais je n'avais clairement pas imaginé qu'un des plus proches amis de Raphaël puisse me croiser près de chez Hugo.
Et encore moins Julien… puisqu'il n'habitait pas du tout à côté de la gare.
Tout en fixant notre écran de télévision, sans prêter attention aux premières images de l'épisode de notre série qui défilaient devant mes yeux, je réfléchis de longues minutes aux conséquences que pourraient avoir cette information sur Raphaël. Ma petite soirée cocooning en amoureux venait de prendre une tournure inattendue et bien moins plaisante qu'espérée…
— Je vais ouvrir… m'informa Raphaël lorsque la sonnette de notre interphone retentie.
Mutique depuis de trop longues minutes, je décidai de m'être mes inquiétudes de côté, afin de ne pas paraitre plus suspecte que je ne l'étais déjà. Mon verre de vin blanc n'avait pas bougé depuis que nous avions trinqués et il était grand temps de reprendre le cours normal d'une « agréable soirée », sans ajouter davantage de malaise à cette situation particulièrement déstabilisante...
— Mmmmm… notre bonne pizza ! On va se régaler… lançai-je au retour de mon homme, et alors même que je n'avais absolument plus faim.
Mon échange avec Raphaël avait beau m'avoir coupé l'appétit, je fis semblant d'être impatiente de manger. Au-delà du questionnement de mon futur mari, c'était sa réaction étonnement « neutre » qui me perturbait le plus.
Pas de regard suspicieux ou de crise de jalousie… mais pas non plus de propos visant à éluder le sujet et à confirmer la « méprise » de son pote. Une troublante neutralité, finalement bien plus déstabilisante qu'une réaction plus tranchée…
— Putain je n'arrive pas à voir s'il à des doutes où pas… fait chier bordel… pensai-je en gigotant ma jambe nerveusement.
Au fil des minutes je me fis plus bavarde, ponctuant le visionnage de notre série de commentaires, comme j'en avais l'habitude. Prétextant avoir mangé trop de gâteaux apéro, je limitai ma consommation de part de pizza au strict minimum, la boule présente dans mon ventre m'empêchant de continuer à faire semblant de me régaler.
Même si d'apparence « tout allait bien », j'étais inquiète… très inquiète.
Aux environs de 22h30, à la fin du troisième épisode de notre série et aux termes d'une soirée pleine de non-dits, Raphaël interrompit le lancement de l'épisode suivant…
— On va dans le lit ? me proposa-t-il en m'adressant un petit sourire.
— Oui bonne idée ! lui répondis-je avec entrain.
Mon homme prit la direction de la salle de bain et moi des toilettes. Un courte pause pipi, puis je filais dans la chambre. A mon arrivée, je retirai mon pyjama, puis me glissai nue sous la couette, impatiente de voir Raphaël me rejoindre.
Bien que le climat étrange de notre soirée ait fait fondre comme neige au soleil mes envies de sexe, j'avais besoin de me rassurer. Car même si c'était loin d'être une règle absolue, si Raphaël avait envie de me faire l'amour, je pourrais en conclure qu'il n'avait pas vraiment de doute sur ma version des faits… Dans le cas contraire, ce serait un très mauvais signal... et je resterai dans l'incertitude...
Une petite minute d'attente, puis je quittai le lit pour prendre la direction de la salle de bain, afin de récupérer un élastique pour mes cheveux. Une fois de plus, j'avais perdu celui qui trainait sur ma table de chevet… et en cas de levrette endiablée, je savais qu'une belle queue de cheval plairait à mon homme !
Lorsque j'ouvris la porte de la salle de bain, Raphaël… qui s'y trouvait depuis un long moment… paru surpris de me voir. Avant qu'il ne remballe son téléphone, j'eu le temps de le voir taper rapidement sur l'écran… probablement un message. Alors que mon inquiétude commençait tout juste à diminuer... mon esprit se focalisant sur l'agréable moment que j'espérais passer… elle repris à nouveau, mais de manière exponentielle cette fois-ci.
— Ce n'est que moi… j'ai plus d'élastique dans la chambre… tu viens ? lui dis-je d'une petite voix, en lisant la surprise dans son regard.
— Je me déshabille et j'arrive… me répondit-il avec un sourire crispé.
J'étais toute nue, et contrairement à d'habitude, Raphaël n'avait pas fait la moindre remarque ou allusion… ni même tenté d'en profiter pour me tripoter, comme il le faisait pourtant à chaque fois. Inquiète de ne pas savoir à qui il pouvait bien envoyer un message à cette heure tardive... planqué dans la salle de bain... je récupérai un élastique, puis retournai dans la chambre.
— Il écrivait surement à Julien, son putain de pote de merde… pensai-je à nouveau en assaillie par le stress.
A son arrivée dans la chambre, nous échangeâmes un sourire de circonstance. Raphaël, aussi nu que moi vint se glisser sous la couette, avant de s'approcher, comme il en avait l'habitude. Analysant tous ses gestes, jusqu'à la manière avec laquelle il vint m'embrasser, je tentai de me rassurer… autant que de laisser place au désir qui avait disparu en un claquement de doigts.
— Bonne nuit ma chérie… finit-il par me lancer, après un long baiser.
— Tu as envie de dormir tout de suite ? lui demandai-je, d'une voix trahissant mon incompréhension.
— Oui je suis crevé… dodo ce soir… dit-il en se retournant sur le côté.
Raphaël le savait parfaitement, je dormais toujours avec une culotte. Il m'avait vu nue dans la salle de bain et dans le lit, il ne pouvait donc pas ignorer « mon envie », même si le mot n'était pas forcement le plus adapté dans la situation qui était la mienne. S'il lui arrivait très occasionnellement de décliner mes indécentes propositions, jamais il n'avait fait semblant de ne pas comprendre mes intentions ou de les ignorer comme il venait de le faire…
— Bon bah bonne nuit alors… lui répondis-je avec une pointe d'agacement.
En temps normal, j'aurais insisté, usant de tous ma force de conviction, pour susciter son intérêt… Caresses ciblés, propositions obscènes au creux de l'oreille, attitudes indécentes sous son regard… j'avais plus d'une corde à mon arc et il ne résistait jamais bien longtemps. Mais j'étais beaucoup trop stressée, pour me lancer dans une entreprise de séduction…
En silence et l'estomac noué, je me relevai, le temps d'aller enfiler une culotte, puis je retournai dans le lit…
— Faut vraiment que j'arrête mes conneries… ça craint un max… pensai-je en venant me blottir dans le dos de mon homme.
Alors que Raphaël s'endormit relativement rapidement, de mon côté le sommeil mit un long moment avant de se faire sentir. Lorsque mes yeux se fermèrent enfin, j'espérai que cette mauvaise soirée ne serait plus qu'un mauvais souvenir à notre réveil…
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Photo de profil de Élise Selby
Élise Selby
17 juillet 2026 à 11:50
Cest quand les habitudes changent que les choses se remarquent, même en hyper organisée et minutieuse. Il y a des choses qui changent, des pensées qui te restent en tête. Ta vie secrète empiète de plus en plus sur ton quotidien.

J'imagine que tu n'as dû vraiment bien dormir. C'était sûrement un test, toi tu nie , il sait que tu ment parce qu'il ne t'a pas tout dit.
Soyez respectueux
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Photo de profil de LaVieDeLucie
LaVieDeLucie
10 juillet 2026 à 13:53
Merci @SweatRabbit pour ce nouveau commentaire. Je vois que tu poursuis tes lectures... :)

Comme tu le dis, la multiplication des risques induit une multiplication des "chances" de se faire attraper. Mais même si j'en avais conscience, c'était plus fort que moi... :/

Bonne lecture, mais sans te spoiler, je te dirais simplement que tu entres dans la partie sombre de mon parcours.
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
23 septembre 2024 à 20:08
Les rouages psychologiques de la ''fauteuse'' prise en défaut, sont bien décris.La tension est à son comble.
Soyez respectueux
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Photo de profil de Jeunehomme66
Jeunehomme66
21 juin 2024 à 10:47
Dans quelle merde tu t'es mise Lucie ...
Les conséquences de tes escapades adultères vont-elles être terrible ? Hâtes de savoir la suite...
C'est toujours aussi bien écrit. La scène de la fellation dans les toilettes est particulièrement bandante et reflète très bien la psyché d'un mec qui a eu du mal à jouir la première fois dans la bouche d une femme ...
Soyez respectueux
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Photo de profil de Doctor Nobody
Doctor Nobody
7 mars 2024 à 10:33
Bon ! Ma chère Lucie ! Comme je l'avais prédit à la fin du chapitre précédent, les problèmes commencent. Après une fois, ça peut éveiller les soupçons mais il va falloir qu'il vérifie maintenant. Ne pas se baser que sur ce que lui a dit son ami.

Mais là tu es vraiment dans la merde jusqu'au cou.

Pour l'écriture en elle-même, je me régale toujours par contre car je suis toujours à fond et ressent toujours le malaise. Dans ce chapitre, ce qui est difficile, c'est que j'ai aussi mal pour Raphaël qui ne mérite pas ça que pour toi qui aime profondément ton futur mari... C'est dur...

Je suis particulièrement déchiré à la lecture de ce chapitre mais je pense que je ne suis pas au bout de ma peine (au sens premier du terme).
Soyez respectueux
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Photo de profil de Ced67220
Ced67220
28 janvier 2024 à 14:24
Très beau mais chaud
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Utilisateur supprimé
17 janvier 2024 à 18:22
l'histoire commence assez bien avec cette nympho mais ce qui est désagréable c'est de lire "nan à l'étatsuninienne" plutôt que non à la française
Soyez respectueux
Répondre
OlgaT
3 janvier 2024 à 20:48
Ce qui était à craindre est en passe de se produire. Pour l'avoir vécu, je crois savoir ce que vous ressentiez, entre l'irrésistible envie de continuer et la conscience des conséquences.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Bosscoquin
Bosscoquin
3 janvier 2024 à 17:17
Olalalalalalalala Lucie vous avez l’art de faire monter la pression dans tous les sens du terme d’ailleurs ;) mais celle là est tellement angoissante !!!
Merci pour votre plume et les émotions associées à la lecture
Et enfin meilleurs vœux de bonheur et santé
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Exorium
Exorium
3 janvier 2024 à 16:46
Il est très rare que, dans ce genre de situation, la vérité ne finisse pas un jour ou l'autre par éclater. Et quelquefois là où on l'attend le moins. Reste que vous savez maintenir le suspens: sur la nature du coup de téléphone de Raphaël dans la salle de bains on peut tout imaginer.
Soyez respectueux
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