Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'âge des premières fois — Chapitre 5 · Gueule de bois
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'âge des premières fois
Chapitre 5 · Gueule de bois
▷ Matilda – alt-J
Julie
J'émerge difficilement ce matin. Une barre dans le crâne m'empêche de me lever. Je parviens difficilement à me redresser et jette un coup d'œil aux alentours. Camille est allongée à côté de moi dans le lit. On est dans la chambre des parents de Laura. Je regarde l'heure. 13h44.
Je soulève la couette, pose mes pieds par terre et me tiens la tête pour ne pas qu'elle tombe. J'essaye progressivement de me remémorer la soirée d'hier. La dernière chose qui me revient à l'esprit c'est ma danse. Non, le canapé. Ce garçon… Nathan, je crois ? Qui m'a laissé en plan. Mais oui putain, je l'ai embrassé. Tu m'étonnes qu'il se soit barré. Qu'est-que j'ai fait après ?
J'essaye vainement de m'en souvenir, mais c'est mon foie qui finit par me donner la réponse. Je cours vers la salle de bain et me penche au-dessus de la cuvette des toilettes.
Un liquide jaunâtre me sort de la bouche pendant plusieurs secondes. Même après avoir fini de vomir, je reste encore quelques minutes la tête dans la cuvette.
Je soulève la couette, pose mes pieds par terre et me tiens la tête pour ne pas qu'elle tombe. J'essaye progressivement de me remémorer la soirée d'hier. La dernière chose qui me revient à l'esprit c'est ma danse. Non, le canapé. Ce garçon… Nathan, je crois ? Qui m'a laissé en plan. Mais oui putain, je l'ai embrassé. Tu m'étonnes qu'il se soit barré. Qu'est-que j'ai fait après ?
J'essaye vainement de m'en souvenir, mais c'est mon foie qui finit par me donner la réponse. Je cours vers la salle de bain et me penche au-dessus de la cuvette des toilettes.
Un liquide jaunâtre me sort de la bouche pendant plusieurs secondes. Même après avoir fini de vomir, je reste encore quelques minutes la tête dans la cuvette.
— T'as mis la barre haute, dis-donc !
Je me retourne. Louise se tient à l'entrée de la salle de bain. Elle porte un t-shirt ample et un short de sport.
— Excuse-moi si je t'ai fait peur, dit-elle. C'est juste que, pour une première soirée où tu bois vraiment, pour le coup t'as vraiment beaucoup bu !
— Ah bon ? Tant que ça ?
— Tu t'en souviens pas ?
— Je me souviens juste du gars que j'ai embrassé, sur le canapé.
— Tu l'as embrassé ?!
— Oui…
— J'suis contente pour toi !
— Mais il s'est barré après. Je crois qu'il a eu peur.
— Ah… Et tu ne te souviens pas d'après ?
— Ah bon ? Tant que ça ?
— Tu t'en souviens pas ?
— Je me souviens juste du gars que j'ai embrassé, sur le canapé.
— Tu l'as embrassé ?!
— Oui…
— J'suis contente pour toi !
— Mais il s'est barré après. Je crois qu'il a eu peur.
— Ah… Et tu ne te souviens pas d'après ?
J'ai beau essayer de me rappeler, rien ne me vient. Je lui fais signe que non.
— Bah t'étais dépitée, sans doute pour ça, et tu t'es jetée sur les bouteilles. Quand on est descendu pour t'arrêter t'avais commencé depuis un petit moment déjà.
— Ah. Ceci explique cela.
— Ah. Ceci explique cela.
Quelques images me reviennent en tête, sans arriver vraiment à les comprendre.
— Enfin bref, j'vais te laisser finir, dit-elle.
— Attends, vous avez fini comment la soirée, vous ?
— Bah avec Noé, on a rejoint les autres dans la chambre des parents de Laura, où il faisait un action-vérité. On a joué pas mal de temps avant que quelqu'un vienne nous dire que tu t'enfilais toutes les bouteilles. On est descendu pour t'arrêter, on est allé te coucher, puis progressivement on a viré tout le monde.
— Ok. Et Laura, elle a réussi à chopper son mec au final ?
— Euh, non. Dans l'action-vérité ça allait encore, mais après il est parti avec « cette grosse pute d'Abigaël », comme a dit Laura. Du coup elle a décidé de te suivre et de boire. Elle a vomi avant de se coucher.
— Dommage pour elle.
— Ouais… Je vais aller la réveiller et lui dire l'heure qu'il est. Sachant que ses parents rentrent ce soir, elle se lèvera immédiatement. Je te laisse.
— Attends, vous avez fini comment la soirée, vous ?
— Bah avec Noé, on a rejoint les autres dans la chambre des parents de Laura, où il faisait un action-vérité. On a joué pas mal de temps avant que quelqu'un vienne nous dire que tu t'enfilais toutes les bouteilles. On est descendu pour t'arrêter, on est allé te coucher, puis progressivement on a viré tout le monde.
— Ok. Et Laura, elle a réussi à chopper son mec au final ?
— Euh, non. Dans l'action-vérité ça allait encore, mais après il est parti avec « cette grosse pute d'Abigaël », comme a dit Laura. Du coup elle a décidé de te suivre et de boire. Elle a vomi avant de se coucher.
— Dommage pour elle.
— Ouais… Je vais aller la réveiller et lui dire l'heure qu'il est. Sachant que ses parents rentrent ce soir, elle se lèvera immédiatement. Je te laisse.
Louise sort de la pièce me laissant avec ma cuvette. J'attends encore une dizaine de minutes pour me rendre à l'évidence : plus rien ne va sortir. Je quitte la salle de bain après un brin de toilettes et descends au rez-de-chaussée. On aurait dit qu'un ouragan était passé par là. Les meubles n'avaient pas été remis en place, les dizaines de bouteilles étaient encore posées sur la table et le sol collait suspicieusement.
Mais je n'admire le massacre qu'un temps, mon ventre crie famine et je me dirige vers la cuisine. Les trois sont là, autour de la table, en train de manger des céréales. Laura et Camille viennent apparemment de se réveiller à l'instant, vu leurs têtes.
Mais je n'admire le massacre qu'un temps, mon ventre crie famine et je me dirige vers la cuisine. Les trois sont là, autour de la table, en train de manger des céréales. Laura et Camille viennent apparemment de se réveiller à l'instant, vu leurs têtes.
— Alors, bien vomi ? me lance Louise à mon arrivée.
— Non, pas grand-chose de plus…
— Ça m'étonne, vu tout ce que tu t'es enfilée hier, remarque Camille.
— Non, pas grand-chose de plus…
— Ça m'étonne, vu tout ce que tu t'es enfilée hier, remarque Camille.
Je me prends un bol dans le placard, m'assoie à côté d'elle et me sers des céréales à mon tour. Laura prend un cachet d'aspirine et le fait fondre dans son verre d'eau.
— J'ai un de ces mal de tête, dit-elle.
— Pareil, répond-je.
— Tiens.
— Pareil, répond-je.
— Tiens.
Elle me tend le tube d'aspirine et je fais de même.
— Vous m'aidez à ranger quand même ?
— Oui t'inquiètes, la rassure Louise.
— Au fait, du coup il est passé où Noé ? demandé-je.
— Il est rentré chez lui.
— T'as pas dormi avec lui ? Surprenant.
— Ça veut dire quoi cette ironie ?
— Que ça y est, vous arrêtez de jouer au petit couple modèle.
— Tu me critiques, mais moi je fais pas fuir tous les garçons que j'embrasse…
— Quoi ?! s'exclament Camille et Laura en chœurs.
— Oui t'inquiètes, la rassure Louise.
— Au fait, du coup il est passé où Noé ? demandé-je.
— Il est rentré chez lui.
— T'as pas dormi avec lui ? Surprenant.
— Ça veut dire quoi cette ironie ?
— Que ça y est, vous arrêtez de jouer au petit couple modèle.
— Tu me critiques, mais moi je fais pas fuir tous les garçons que j'embrasse…
— Quoi ?! s'exclament Camille et Laura en chœurs.
Elles se tournent toutes les deux subitement vers moi.
— Attends, attends ! Comment ça ? T'as pécho un mec hier ? me demande Camille.
Contrainte de tout révéler, je leur explique :
— Oui, c'est le gars qui nous a interrompus dans la cuisine, expliqué-je à Laura. Il est venu me voir sur le canapé après que vous m'ayez abandonné. J'étais bourrée, j'ai pris l'ascendant sur lui. Il était un peu gêné. J'ai essayé de le faire parler mais ça marchait pas trop. Apparemment il s'intéressait à moi depuis longtemps, alors je l'ai embrassé.
— Juste comme ça ?
— Oui, il était tout timide, je trouvais ça mignon. Sur le moment il a trop rien dit, puis il a prétexté un truc pour se barrer.
— Ah, merde… C'est pour ça que t'as vidé toutes les bouteilles, après ?
— Sans doute, soupiré-je. Plus jamais.
— Juste comme ça ?
— Oui, il était tout timide, je trouvais ça mignon. Sur le moment il a trop rien dit, puis il a prétexté un truc pour se barrer.
— Ah, merde… C'est pour ça que t'as vidé toutes les bouteilles, après ?
— Sans doute, soupiré-je. Plus jamais.
* * * * *
Louis
Mon téléphone vibre ce qui me réveille en sursaut. Je le saisis tant bien que mal, sa luminosité me brûle les yeux. Ma mère est en train de m'appeler. Aucune force de lui répondre, alors j'ignore l'appel. Je la rappellerai plus tard.
13h44, je me dis qu'il est peut-être temps de me lever. En entrant dans ma salle de bain, j'entends la douche de ma voisine Mathilde couler. Mathilde… Mais oui Mathilde ! Je cours vers mon lit et constate la présence de la bassine. Alors ce n'était pas un rêve… Mathilde m'a vraiment aidé à me coucher hier soir. Merde, quelle opinion elle doit avoir de moi maintenant ?
Je préfère ne pas y penser. Pourquoi j'étais dans cet état-là aussi ? Je pars prendre ma douche et sous l'eau chaude tout me revient soudainement.
C'était à cause de cette fille, Sacha. Elle m'avait ignoré après que je lui ai payé un verre, et était retournée voir Damien et Théo. Je me souviens d'avoir bu après ça, beaucoup, beaucoup trop.
Merde, je crois que je suis retourné les voir pour essayer de danser avec elle. Ça devait être tellement gênant. Mais elle ne m'a pas rejeté cette fois-ci, on a dansé pendant un moment. Ça m'avait paru long mais si ça se trouve ça avait juste duré deux minutes. Je me rappelle surtout de son regard, je crois qu'au fond je lui plaisais un peu. Enfin… Jusqu'à ce que… je vomisse. Ça y est, ça vient de me revenir : je lui ai presque vomi dessus en plein milieu du club. Son cri de surprise me revient dans les oreilles, tout le monde qui me regarde, Tom et Théo qui me portent aux toilettes. Il me semble qu'ils m'ont commandé un Uber pour que je rentre chez moi. Bon bah, j'espère ne jamais recroiser cette fille de ma vie.
C'était à cause de cette fille, Sacha. Elle m'avait ignoré après que je lui ai payé un verre, et était retournée voir Damien et Théo. Je me souviens d'avoir bu après ça, beaucoup, beaucoup trop.
Merde, je crois que je suis retourné les voir pour essayer de danser avec elle. Ça devait être tellement gênant. Mais elle ne m'a pas rejeté cette fois-ci, on a dansé pendant un moment. Ça m'avait paru long mais si ça se trouve ça avait juste duré deux minutes. Je me rappelle surtout de son regard, je crois qu'au fond je lui plaisais un peu. Enfin… Jusqu'à ce que… je vomisse. Ça y est, ça vient de me revenir : je lui ai presque vomi dessus en plein milieu du club. Son cri de surprise me revient dans les oreilles, tout le monde qui me regarde, Tom et Théo qui me portent aux toilettes. Il me semble qu'ils m'ont commandé un Uber pour que je rentre chez moi. Bon bah, j'espère ne jamais recroiser cette fille de ma vie.
Je sors de la douche et essaye de nettoyer un peu mon appartement. Il est presque 16h quand je prends sur moi et vais sonner à la porte de Mathilde. Je l'entends bouger dans son appart pour venir ouvrir.
— T'as bien dormi ? me demande-t-elle directement.
— Oui…
— Oui…
Je baisse les yeux, un peu rouge de honte, pensant à l'état dans lequel elle a dû me voir hier soir.
— Merci pour hier. Je me souviens pas très bien de ce qui s'est passé mais c'était gentil de ta part de m'aider.
— Bah tu sais, vu que tu m'as réveillé en essayant d'ouvrir ma porte, j'avais pas trop le choix !
— Bah tu sais, vu que tu m'as réveillé en essayant d'ouvrir ma porte, j'avais pas trop le choix !
Elle rigole, j'avais oublié ce détail.
— Désolé, enfin bref, voici ta bassine. Je ne l'ai pas utilisé, ne t'inquiètes pas.
— Yes, pas de soucis. Je t'ai aussi laissé de l'aspirine. T'en as pris ?
— Ah, non. J'en ai pas eu besoin. Attends.
— Yes, pas de soucis. Je t'ai aussi laissé de l'aspirine. T'en as pris ?
— Ah, non. J'en ai pas eu besoin. Attends.
Je retourne chez moi pour attraper sa boîte d'aspirine que je lui rends.
— Voilà, c'est tout bon, lui dis-je m'apprêtant à partir.
— Attends !
— Attends !
Je me retourne vers elle, presque sur le seuil de ma porte.
— Je voulais te dire, demain je vais faire une soirée chez moi avec mes potes et--
— Oui pas de soucis pour le bruit, t'inquiètes, la coupé-je.
— Haha cool, mais… Enfin, j'allais aussi te proposer de venir.
— Oui pas de soucis pour le bruit, t'inquiètes, la coupé-je.
— Haha cool, mais… Enfin, j'allais aussi te proposer de venir.
Je lève les sourcils de surprise. Elle m'invite ? Moi ?
— Tu peux ramener un ou deux potes si tu veux, continue-t-elle.
— Oh… Bah merci. C'est gentil.
— Oh… Bah merci. C'est gentil.
Elle sourit et juste avant de rentrer chez elle, elle rajoute :
— Au moins je serais là pour t'arrêter si tu bois trop, cette fois.
Elle me fait un clin d'œil et ferme sa porte. Je n'en reviens pas. Elle m'invite à sa soirée et m'a fait un petit clin d'œil complice. Mais la pensée de son copain rugbyman me ramène directement sur terre. Faut pas que je me fasse des films.
Je rentre chez moi et me précipite sur mon téléphone pour appeler Tom.
Je rentre chez moi et me précipite sur mon téléphone pour appeler Tom.
— Alors, tu t'es remis d'hier soir ? me nargue-t-il à l'autre bout de la ligne.
— Ouais… Je me rappelle un peu de ce qui s'est passé et je préfère ne pas y penser…
— J'comprends, j'crois qu'on va plus jamais les revoir les infirmières, rigole-t-il.
— Désolé… Sinon je t'appelais pour te dire : tu vois ma voisine ?
— Celle qu'est bonne ?
— Oui… ‘fin, bonne ou pas, j'ai qu'une seule voisine, bref. Elle nous invite à sa soirée demain soir !
— Oh putain, y'aura ses potes de droit ?
— Bah oui évidemment.
— Ok, tout le monde peut venir ?
— Non, elle a dit deux potes max.
— Ah, t'invites qui ? Théo ?
— Il va chopper toutes les meufs.
— Ouais c'est vrai… admet-il. Qui ça alors ?
— J'pensais à Damien.
— Ouais, il est cool et pas trop beau gosse. Même si hier soir avec Sacha ils se sont pas mal tournés autour.
— Ouais… Je me rappelle un peu de ce qui s'est passé et je préfère ne pas y penser…
— J'comprends, j'crois qu'on va plus jamais les revoir les infirmières, rigole-t-il.
— Désolé… Sinon je t'appelais pour te dire : tu vois ma voisine ?
— Celle qu'est bonne ?
— Oui… ‘fin, bonne ou pas, j'ai qu'une seule voisine, bref. Elle nous invite à sa soirée demain soir !
— Oh putain, y'aura ses potes de droit ?
— Bah oui évidemment.
— Ok, tout le monde peut venir ?
— Non, elle a dit deux potes max.
— Ah, t'invites qui ? Théo ?
— Il va chopper toutes les meufs.
— Ouais c'est vrai… admet-il. Qui ça alors ?
— J'pensais à Damien.
— Ouais, il est cool et pas trop beau gosse. Même si hier soir avec Sacha ils se sont pas mal tournés autour.
Sacha, repenser à elle me fait honte. Je coupe court :
— Ça le fera, je lui en parle demain.
Je raccroche. Demain soir, c'est le moment de se faire des contacts.
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