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✦ Jane Does La mariée était trop belle XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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La mariée était trop belle — Chapitre 2 · Le mauvais temps

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Jane Does
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La mariée était trop belle

Chapitre 2 · Le mauvais temps

Entasser quelques affaires dans une valise ! Une tâche ingrate rendue complexe par la teneur d'une garde-robe trop fournie. Et puis les mains qui tremblent, le cœur à marée basse, rien ne facilite ce départ. Mais une heure plus tard, je me retourne vers l'ile que je quitte. Est-ce un mirage ? J'ai un instant l'impression que le rideau bouge derrière la fenêtre qui donne sur le portail. Coup d'œil pénible avec le sentiment que ma vie fout le camp. Je ralentis au maximum mon avancée vers la rue. Oh ! Daniel… pourquoi ne cours-tu pas pour me retenir ? Espoir déçu, rêve qui ne s'accomplit pas et cette fois, c'est le bout du bout du chemin à deux ?
Voilà ! Des idées noires qui assombrissent le ciel de mon existence et je ressasse des trucs impossibles à décrire, tout en roulant vers chez Gisèle. Inutile de dire que je prends quelques coups de klaxon, ceux-ci sanctionnant un écart ou deux de conduite sur le chemin de celle qui va me recevoir. Surprise ! Ce n'est pas elle qui m'accueille, mais Gérard que j'ai rencontré lors de nos promenades du club. Il a un large sourire et sa poignée de main est cordiale, franche.
— Bonjour Béatrice ! Gisèle m'a touché deux mots de tes déboires conjugaux. Je souhaite pour toi que ça s'arrange.
— Bonjour, Gérard. Ta femme n'est donc pas à la maison ?
— Si ! Elle te prépare la chambre d'ami… tu vas passer quelques jours en notre compagnie, si j'ai bien tout suivi.
— Euh… désolée de vous déranger ! Je ne savais pas que…
— Ne t'inquiète pas, elle et moi avons connu ça aussi. Nous avons un petit arrangement qui nous permet de cohabiter sans nous sauter à la gorge. Elle t'a peut-être déjà raconté ?
— Succinctement, sans entrer dans les détails. Mais à mon avis, mon Daniel ne te ressemble pas ! Enfin pas sur ce point sensible.
— Oh ! On dit cela, mais nous les mecs, nous sommes obligés de composer avec vous les femmes. Et puis, m'est avis qu'il est amoureux de toi. Il a rudement raison. En tout cas, à sa place… moi…
Surgissant d'un couloir, sa femme l'interpelle. Sans douceur, sans violence non plus. Juste quelques phrases pour qu'il stoppe de suite son début de drague que je ressens trop précisément.
— Salut Béatrice… alors ? N'écoute pas mon homme ! Il est aussi fin que du gros sel… et pour draguer, un éléphant dans un magasin de porcelaine… Sinon, il n'est pas méchant et ne mord pas.
— Bonjour Gisèle… je suis confuse. Je ne savais pas que ton mari…
— Oh ! Il l'est si peu depuis un certain temps. C'est surement pour cela qu'il se croit obligé de te faire du gringue.
— Mais je n'ai pas dragué ta copine, bon sang…
— Oui ! Oui… je rigole bon sang ! Tu vois Béa, l'humour ce n'est pas le truc de Gérard. Lui, c'est toujours du premier degré. Mais viens… tu as mangé au moins ?
— Oui ! Ne te tracasse pas pour ça. Je… Daniel m'a gentiment prié de quitter la maison.
— Il n'a pas été violent au moins ?
— Non ! Jamais il ne l'a été. Mais pff ! Je n'arrive pas encore à croire que ça m'arrive à moi. C'est dur à avaler. Je me dis qu'il va réaliser…
— Mmm ! L'avenir va te le dire rapidement.
C'est drôle ! Elle a un petit quelque chose de changé. Je ne saurais dire quoi. Dans mon désarroi est-ce que je la vois différemment ? Puis en y regardant de plus près, ses cheveux sont peignés d'une autre manière, elle est bien maquillée. Oui, je sais ! Elle est moins naturelle que lorsque nous marchons sur les chemins forestiers. Plus féminine du coup, et ça fait d'elle une autre femme. Je suis perdue dans mes réflexions étranges lorsqu'elle s'adresse à moi de nouveau.
— Je te montre ta chambre ? Tu as surement quelques affaires dans ta voiture. Gérard va aller les chercher. Viens ! Je te guide…
—… Ou… oui !
Je la suis mécaniquement, tel un zombie, perturbée par la situation. Pendant que son homme s'éloigne vers mon véhicule dont je lui remets les clés, nous traversons le couloir duquel elle est apparue lors de mon arrivée. Et elle m'indique en quelques mots.
— Là, c'est ma chambre. La tienne est au fond du corridor. Derrière cette porte, des toilettes, mais tu en as dans la salle de bain de ta chambre. Comme ça tu n'as pas besoin de courir la nuit dans la maison si tu as une envie… pressante ! Et là… voici la chambre d'ami. Le lit est fait, la poussière aussi.
—… merci en tout cas de me recevoir. Je suis désolée de…
— Arrête avec ça tu veux ! Je suis certaine que tu ferais la même chose pour moi. Pour Gérard, ne crains rien ! Il va nous laisser seules pour la journée… et à ce propos…
Elle se tait. J'en comprends la raison en voyant son mari déboucher dans la chambre avec mes deux valises et mon nécessaire de toilette. Gisèle sourit à la vue de son compagnon chargé.
— Magnifique mon chéri ! Le parfait serviteur… mais il est l'heure que tu disparaisses… c'est le jour d'Antoine.
— Oui… je sais ! J'y vais. Tu n'as plus besoin de moi Béatrice ?
— Euh… non ! Non merci.
— Alors… je file au pavillon de chasse.
—… ?
— Oui. Tu jettes un coup d'œil sur la vidéo de temps en temps pour t'assurer que tout se passe bien ?
— Ne te bile pas ! Je n'en perds pas une miette.
J'avoue que des échanges entre ces deux-là, je ne pige pas tout, mais mon cerveau est plus focalisé par ma situation précaire que par leurs dires. Et le bonhomme quitte la piaule qui va devenir mon royaume. De mes deux valoches, ouvertes sur le lit, j'extirpe ce que j'y ai fourré à la hâte en quittant notre maison. Sur l'autre bord du pieu, Gisèle est assise. Elle ne quitte pas des yeux mes mouvements pour ranger mes affaires dans l'armoire mise à ma disposition. Un drôle de silence partiel, seulement perturbé par mes gestes machinaux. D'une pile de culottes, s'échappe l'une d'entre elles, qui choit sur le couvre-lit. Immédiatement elle est récupérée par la main de celle qui me chouffe depuis le début.
— Chouette ! Ça doit être vachement doux à porter…
Je me contente de hausser les épaules, si mon corps est là, mon esprit lui se refuse à quitter cet ailleurs dont je suis chassée. Mais ce qui suit me surprend bien plus que je ne veux le dire.
— Moi tu sais, il y a bien longtemps que je n'en porte plus. C'est si agréable cette liberté sous les jupes.
—… Hein ? Pardon, Gisèle, mais je ne suis surement pas une invitée très attentive…
— Ne t'en fais pas ! Ça va passer, s'arranger aussi. Il faut que je te dise tout de même… Tu m'as entendu demander à Gérard de filer ?
— Oui… ça oui, j'ai entendu !
— Le pavillon de chasse regarde, il est là-bas !
Comme elle me désigne la fenêtre, je me lève et colle mon nez aux vitres. Une jolie maisonnette, une sorte de petit chalet situé à quelque cent mètres de l'habitation principale, invisible de la piscine ou de la cour de l'entrée.
— Si ta présence chez nous devait s'avérer plus longue que prévu, tu pourras t'installer là-bas. Gérard remet en état, enfin, il fait des travaux, mais c'est habitable. Tu vois !
— Ah ! D'accord…
— Mais ce n'est pas de cela que je veux te parler. Tu m'as surement entendu lui dire que c'était le jour d'Antoine ! Et celui-là, c'est un de mes amants. Ne sachant pas que tu allais débarquer, je lui ai confirmé notre rendez-vous. Il va venir.
— Je… désolée de déranger tes habitudes.
— Mais arrête d'être désolée, bon sang ! J'assume mes fantasmes et mes plaisirs. Gérard est au pavillon de chasse et tu peux, soit aller le rejoindre, soit rester dans la maison. Ce ne sera pas très long, je vais expédier mon bonhomme en deux temps et trois mouvements. Mais… j'ai besoin de cela pour mon équilibre et puis… il compte sur moi.
— Ben… je ne suis pas là pour t'embêter. Je peux aller me balader si c'est ce que tu veux me demander.
— Pas du tout ! Je veux seulement te faire comprendre que certains bruits qui peuvent te paraitre bizarres ne sont que le résultat de ce qu'Antoine et moi allons faire.
—… ? Vous allez faire du bruit ?
— Ben, tu es muette toi lorsque tu fais l'amour ? Moi, je ne sais pas être discrète. Alors, de cette chambre… autant que tu sois au courant tout de suite. Avec Tonio c'est parfois… musclé !
—… je crois que je vais aller visiter votre pavillon de chasse.
— Tu fais comme tu le sens. De toute façon, il s'en moque Antoine de savoir que quelqu'un écoute ou regarde. Et s'il sait que c'est une femme, il n'en sera que plus… généreux.
—…
J'ai sans doute une mine qui reflète mes pensées du moment. Elle éclate de rire et se lève en me tendant la culotte qu'elle tient toujours dans la main.
— Très jolies tes dentelles, mais assurément, je me préfère sans ! Tu devrais essayer.
— … mais…
— Bien ! Je te laisse à ton rangement. Nous serons dans ma chambre avec « Tonio », et tu peux imaginer que ça va être… sportif. Alors pas d'inquiétudes, d'accord ?
— Je… oui, j'ai bien compris.
— Pour le chalet… si tu veux t'y rendre, tu passes par la gauche de la piscine. C'est le petit sentier qui court vers les frondaisons. Gérard sera sage comme une image, tu peux me croire. Il a bien d'autres chats à fouetter.
J'admire l'aplomb de cette femme. Elle me parle de ses jeux avec son amant sans sourciller. Son mari est au courant et écarté volontairement de la maison ? Oui ! Cette situation me laisse perplexe. Et puis son conseil, au sujet de mon sous-vêtement, il y a dans ses paroles une impudeur qui me laisse pantoise. Comment est-ce possible ? Tout est, depuis qu'elle vient de quitter ma chambre, calme. Mais au fond de ma poitrine, mon cœur bat avec une force démesurée. Il ne faut guère plus d'une quinzaine de minutes pour que les étagères de l'armoire supportent mes fringues. À mon tour, je m'assois sur le rebord de la couche. Et les vannes de mes quinquets libèrent leur trop-plein de désespoir.
— oOo —
C'est le front calé contre le montant de la fenêtre que je perçois le bruit d'un moteur. Est-ce l'invité de Gisèle qui arrive ? Les voix qui me parviennent, feutrées, mais perceptibles semblent m'indiquer que oui. Elles s'estompent au bout de quelques secondes, et je me surprends à imaginer que les deux sont passés au salon, ou dans un endroit clos. Bon ! Je ne tiens pas à jouer les empêcheuses de tourner en rond ni les épieuses. Alors je tente une sortie en traversant le corridor. Me voici sur le bord de la piscine et une porte dérobée m'amène sur le fameux sentier qui dessert ce que ma logeuse nomme « pavillon de chasse ». Résolument je m'éloigne de ce qui se déroule dans la maison.
Aucune envie de savoir et surtout encore bien moins d'entendre. Je ne suis pas dans l'ambiance, pas réceptive non plus. Bon, pas d'humeur folâtre quoi ! Il ne me faut guère plus de deux minutes pour être aux abords de ce qui ressemble à un joli chalet. La porte d'entrée n'est pas ouverte et malgré le fait que je frappe de petits coups pour signaler ma venue, le mari de mon hôtesse ne parait pas pour déverrouiller l'huis. Alors, j'en fais le tour doucement. Et j'arrive sur une large terrasse, une ample verrière en fait. La baie est béante et j'avance donc vers l'intérieur.
— Il y a quelqu'un ? Ohé ! Gérard ! Tu es par-là ?
Aucun écho en réponse à mes appels. J'y vais donc plus simplement, déboulant ainsi dans une salle qui doit faire office de salon. Un canapé, deux fauteuils, un poste de télévision, des meubles. Oui ! Personne. Je pousse un peu plus loin ma recherche et un son inaccoutumé me parvient. Bon ! Il doit bien se situer par ici, le mari de Gisèle. Deux ou trois pas et je suis dans l'embrasure de la porte d'accès à un bureau. Il se tient de dos, assis face à un écran. Casque sur les oreilles, tu m'étonnes qu'il ne peut pas me répondre. Je ne sais pas ce qu'il suit avec une telle assiduité, mais ça doit être drôlement captivant pour qu'il ne se rende pas compte de ma présence. De ma position, je ne devine que le dessus de l'écran, le reste étant caché par la tête et le haut du corps de l'homme.
Encore un pas. Et là, les mouvements très cadencés du bras droit, côté opposé donc à la porte me font marquer un temps d'arrêt très net. Non ! Ça ne peut pas être ce que je pense. Pas possible… et pourtant. En plus Gérard émet de temps à autre des grognements significatifs. Pas croyable… oui, il se masturbe ma parole. Alors ? C'est un film de cul qu'il visionne sur son PC ? Je suis tellement surprise que je veux refluer vers le salon, afin de ne pas dévoiler ma présence. Mais mon geste est surement trop brusque et lui sursaute. Il tourne son visage rouge vers la place que j'occupe.
— Béa… Béatrice ? Mais qu'est-ce que tu fiches là ? Mince alors…
— Pardon… c'est… Gisèle… elle a une visite et elle m'a dit que je pouvais venir faire un tour vers ce chalet…
— Ah ! Mais…
— Je… désolée de te déranger.
— Oh… Tu veux voir aussi ?
— Tu sais les pornos… c'est pas vraiment mon truc.
— Mais… quoi ? Ce n'est pas un film de boules que je visionne… c'est ta bonne copine Gisèle et un de ses mecs.
— Hein ? Tu plaisantes là ?
— Non, je t'assure. Je surveille que tout se passe bien. Mais celui-là, c'est un régulier… Antoine ! Il vient depuis le début, une fois par semaine… Un gentil. Viens ! Approche bon sang…
— Euh…
— Ah oui… c'est bon tu m'as coupé mon envie. Quelle trouille tu m'as fichue ! Une chance que je ne sois pas cardiaque, c'est un coup à y laisser ma peau.
Il rigole, se redresse sans pour autant se tourner vers moi et il farfouille sur le devant de son pantalon. Le bruit du zip qui referme la braguette met un terme à sa séance de branlette. Il s'estime donc plus présentable et cette fois me fait face.
— Eh ben ! Approche. Je ne suis pas un satyre. Tu ne risques rien de jeter un coup d'œil. Au moins tu auras une idée de comment ton amie Gisèle me remplace.
— Mais… tu es d'accord pour cela ?
— Oui… je l'encourage plutôt. Tu ne peux pas savoir combien cette façon de vivre a changé notre vie. Ma vision du couple aussi. Tu vois, elle est heureuse et ne parle plus de me quitter. Elle a autant de sexe qu'elle en demande et moi… je profite de ses séances très… engagées.
—… ? Je… comment tu fais pour accepter ça ?
— Regarde ! Tu vois comme elle est belle ma Gisèle ! Elle donne envie n'est-ce pas ?
Bien entendu que je suis maintenant sur le flanc du gaillard qui se déporte sur la gauche, me dévoilant sur l'écran, les images qui défilent devant nos yeux. Le type… celui qui est couché sur le lit de Gisèle, il est aussi nu qu'elle. Et l'aiguillon qui darde au plus près du visage de ma logeuse est… impressionnant de dureté. Les deux pattes de la maitresse de maison sont sur le manche et elle fait descendre sa caboche vers le mât en érection. Ça me remue d'un coup les tripes, je vis cette scène avec la nette impression que je suis si près des deux protagonistes de l'affaire que je peux les toucher.
Il n'en est rien bien sûr, mais l'effet est saisissant. Je me sens frissonner tant c'est réaliste…
— Alors ? Tu en dis quoi, Béa ?
— Euh… mince alors. Elle fait ça souvent ?
— Oh… ça dépend ! Mais ils sont plusieurs à se la partager.
— Plusieurs à se… mais ensemble ?
Ma réplique à l'air de l'amuser bougrement. Il rit et il prend son temps pour me répondre.
— Mais non… ils viennent séparément ! Encore que je suis invité par certains. Mais je ne touche plus Gisèle… ou si peu, et jamais avec ça… d'où mon besoin de me satisfaire autrement.
— Tu… tu veux dire que c'est le type qui t'invite… ?
— Ça te choque ? Tu n'y as jamais songé ? Voir ton Daniel… faire ce que fait Gisèle là, en ce moment ? Non jamais ? Tu sais, je jurais avant que personne ne me ferait faire quoi que ce soit…
—… ?
— Un jour ta copine là, celle que tu vois qui suce en ce moment, a voulu que j'essaie, que je tente une fois… c'était au moment où ça allait si mal entre nous. Eh bien, crois-moi si tu veux… j'ai adoré. Je suis allé bien plus loin que ce que tu imagines là…
— Tu… la sodomie aussi ? Mais non !
— Pourquoi ? Tu crois que c'est réservé juste aux femmes ? Je ne regrette rien. Gisèle est heureuse, et moi… j'ai découvert des choses sur moi que je n'aurais jamais soupçonnées. Tu peux regarder depuis ici, si l'amant qui nous prend tous les deux passe la visiter… normalement, c'est le vendredi, en fin d'après-midi… Mais toi… tes problèmes avec Daniel ne sont pas liés au sexe ? D'après ce que m'a raconté Gisèle, ce n'est pas l'extase.
— Ouais… de là à adopter ton mode de vie… je ne suis pas convaincue qu'il apprécierait véritablement.
— Je parle de toi, pas de ce qu'il aimerait ou pas. Et puis regarde… tu imagines combien elle aime, là en cet instant. Son visage, il ne respire pas le bonheur lorsqu'il la pénètre fort comme en ce moment ? Alors… tu n'en as pas envie de ce genre de traitement ?
— Il… Cet Antoine, il sait que vous filmez les ébats ?
— Oh oui… ils savent tous. Mais ils ont l'assurance que les images ne sortiront jamais de notre maison. Tu veux que je mette le son ?
— Parce qu'en plus tu peux entendre tout ?
— Le casque… c'est parce qu'il est branché que nous n'avons que l'image. Tire donc sur la prise « jack » qui est reliée au PC…
D'une main hésitante, je frôle le long fil qui relie l'ordinateur à l'appareil d'écoute et dès qu'ils ne sont plus connectés l'un à l'autre, le bureau est rempli des gémissements de plaisir d'une Gisèle qui, désormais à quatre pattes se fait prendre en levrette. Baba ! Oui, c'est bien vrai, j'en suis baba et je ne peux nier que ce que je vois là, me fait frémir. L'effet s'en trouve encore renforcé par ces cris et bruits terriblement ciblés qui accompagnent l'acte. Le ventre du gars qui claque sur les fesses de Gisèle, ses gémissements de femme baisée, tout concourt à me faire frissonner. Et ce n'est pas juste une idée, parce que je sens depuis quelques secondes que mes sécrétions vaginales sont plus réelles que je le veux.
Oui ! Cette fois, je mouille et j'en arrive à oublier ma situation plus que complexe. Pire, je m'imagine, me vois à la place qu'occupe mon hébergeuse… c'est dément. Son mari aussi suit l'évolution de la partie de jambes en l'air qui se déroule sur son lit, du moins celui qu'il a occupé longtemps avec sa femme. Il en bave ! Je comprends mieux aussi son besoin de se branler lorsque je suis arrivée. Là, je réalise d'un coup que je lui gâche son mâle plaisir. Et pourtant, mes regards ne peuvent plus se décoller de ce couple qui fornique à outrance sur la couche conjugale… Gérard lui souffle au rythme de sa poitrine qui se soulève par saccade. Sûr qu'il a envie de faire l'amour également.
Je dois filer de ce bureau. Vite, très vite même si je ne veux pas succomber à cette tentation qui m'étreint le ventre, qui m'embrume le cerveau. Et brutalement, je tourne les talons, pour courir vers la porte, et enfin la verrière. Un besoin urgent de reprendre mes esprits, de reprendre du poil de la bête. Je fais lentement le tour du parc de mes hôtes, en essayant de calmer mes nerfs, comme je le peux. Bon sang que c'est dur. Ça me ramène à la longue période d'abstinence forcée que je vis actuellement. Mon esprit bout toujours en gardant prisonnières les scènes purement pornographiques qu'il vient d'enregistrer. La marche ne parvient qu'à peine à me rasséréner. Je dois faire deux tours supplémentaires pour recouvrer un pouls normal ou à peu près régulier.
— oOo —
Assise sur la balancelle que je viens de découvrir dans ce parc qui s'avère bien plus grand que je ne le pensais, je me laisse mollement osciller sous la brise légère. Quelle déchéance ! Me voici loin de mes repères, de mon mari, chez ce couple que je juge sinon dépravé, pour le moins bien déluré. Je suis là à me demander si elle a joui. Comment puis-je me poser de telles questions, alors que je suis dans les ennuis jusqu'au cou ? De surcroît, cette envie inouïe qui me taraude le ventre, elle ne me lâche plus. Me voilà dans l'embarras. C'est donc avec des idées pareilles que je me décide. Il est temps de rentrer. Les deux amants ont dû finir leur rodéo à cette heure. Et Gisèle m'a bien dit qu'elle l'expédierait en deux coups de cuillère à pot… alors, je rentre vers la maison.
Mon retour se fait par le chemin emprunté à l'aller. Et je passe dans la piscine. Pas de bol ! Ils sont là tous les deux… dans le bain. C'est-à-dire que l'inconnu, mais est-ce que je peux toujours dire « inconnu » après en avoir vu tant de lui, est là en compagnie de Gisèle, assis sur les marches, le cul dans la flotte. Une chance encore qu'ils me tournent le dos. Je fais le moins de bruit possible. Et de toute évidence, ce n'est pas suffisant. La première bouille à se figer à ma vue, c'est celle du baiseur de la propriétaire des lieux. Il sursaute et naturellement les quinquets de ma logeuse viennent flirter avec mon corps.
Immédiatement elle me récrie.
— Eh ! Béatrice ! Viens donc par ici.
—…
— Allons ! Ne sois pas sauvage. Tu as déjà vu mes fesses alors une paire de plus ou de moins… viens que je te présente mon ami, Antoine.
— Antoine… voici Béatrice. Elle est pour quelques jours chez nous. Des problèmes de couple comme beaucoup d'entre nous.
— Bonjour, Béatrice, donc ! Les amies de mon amie… sont… vous connaissez la suite !
— Bonjour…
J'ai la gorge foutrement sèche et le type me déshabille des yeux sans vergogne. Il s'imagine peut-être que je suis comme Gisèle ! S'il pense qu'il va me grimper comme je l'ai vu faire avec sa maitresse, il se fourre le doigt dans l'œil et même très profondément. Mais il me sourit et je n'ai pas d'autre choix que de paraitre contente de le rencontrer. Il minaude, fait le paon, la roue. Ça se traduit par des mots mièvres qu'il veut croustillants ou savoureux ?
— Vous êtes superbe… hum ! Sans mentir… si…
Gisèle le stoppe net dans son élan. Il s'apprêtait à me sortir une grosse connerie ? Ça m'en a tout l'air. Mais puisqu'il est bloqué par le ton de son amante, il n'achève pas sa tirade. Je ne me sens pas plus à l'aise pour autant. Lui se tait donc. C'est la femme qui rajoute.
— Allez, viens t'assoir là, près de moi. Antoine va partir dans quelques instants.
—…
Le gaillard est surpris par celle qui lui tient compagnie. Peut-être qu'il espérait une seconde séance ? Je fais contre mauvaise fortune bon cœur et me voici à un mètre du duo.
— Ben… tu n'as pas envie d'entrer dans l'eau… le maillot… on s'en fiche vraiment. Tu vois que la nudité ne nous dérange absolument pas. Il est beau mon loulou, non ?
—… ? Je…
— Ouais… je suis certaine que tu vas y venir. Y gouter c'est déjà faire un pas vers la liberté. Tu es faite pour ça, il suffit juste de trouver le bon bouton pour te rendre accroc.
— Enfin, Gisèle… nous ne sommes pas toutes…
— Ouais ? Tu veux dire quoi ? Des salopes ? Et si moi je revendique le droit de l'être, le devoir même. Ça ne fait de mal à personne. Ce n'est pas Gérard qui va te dire le contraire. Au fait… où est-il encore celui-là ? Tu rentres du pavillon de chasse Béa ?
— Oui… enfin ça fait un sacré moment que j'en suis partie. J'ai fait la connaissance de ton escarpolette… la brise est agréable !
— C'est vrai que tu as beaucoup de choses à oublier ou à enfouir le plus profondément possible dans ta tête.
— Je peux vous poser une question Béatrice ? Si vous êtes d'accord bien sûr !
— Dites toujours Antoine… il n'y a pas d'obligation à y répondre, je suppose !
— Non ! Non comme vous dites. Est-ce que Gérard vous a fait voir… quelque chose de spécial, un programme super à sa télé personnelle ?
—…
Je me sens rougir instantanément. Je vois à quoi le loustic fait allusion. Il n'est pas dupe. Il se doute que j'ai vu bien plus que ses deux fesses blanches assises dans la flotte. Je ne sais plus où me mettre. Il rigole et ses yeux restent accrochés à mon visage. Je voudrais rentrer sous terre, me faire petite souris pour disparaitre dans un trou. Gisèle vient à mon secours, sentant que je perds pied.
— Bon ! N'écoute pas les bêtises de ce grand cornichon. Il s'en va de toute façon ! N'est-ce pas Antoine ?
— Hein… ah oui ! J'y vais. On se revoit la semaine prochaine ?
— On verra… si tu es sage.
— Toujours ma belle. Et vous pouvez aussi participer à la fête Béatrice.
On ne peut pas être plus direct. Il me range donc au rang de cochonne ! Par analogie avec celle qu'il a tringlée une partie de l'après-midi, surement. Mince alors. Le pire c'est que de nouveau je suis toute chamboulée. Je ne tiens pas à répondre et il se relève, se tourne vers moi pour quitter la piscine. Il est en érection maximale et ses prunelles se fixent sur moi, brillantes, comme si par celles-ci il voulait me communiquer un message. Je saisis aussi les mirettes de Gisèle qui trainent sur cette queue bandée. Un bout de langue rose humecte les lippes de ma logeuse et nous regardons le cul du bonhomme qui se barre.
Au niveau de la séparation maison-piscine, il arrête sa course et se retourne vers le lieu où nous sommes.
— Salut les filles. À la semaine prochaine, Gisèle, et mes amitiés à ton mari… bises à vous tous.
— Salut Antoine…
Ils se font un signe de la main. J'ai la désagréable sensation que le type a les projecteurs braqués sur ma petite personne. Mais je n'ai rien à dire. Je salue d'un geste sobre du menton et il n'est plus à vue. La voiture qui démarre un peu plus tard nous indique qu'il est sorti de la propriété de Gérard et de son épouse. Est-ce que je suis soulagée de le savoir ailleurs ? Pas du tout. Si physiquement il est absent, ce qu'ils ont fait par voie de caméra interposée est là, derrière mon front. La voix rauque de la maitresse de céans me rappelle à l'ordre.
— Eh ben… ma poule, allons piquer une tête…
— Mais…
— Allons ! Tu ne vas pas encore me faire le coup du maillot. On s'en tape que tu sois à poil. Viens !
Et sans l'aide de personne, sans être obligée de le faire, je me déshabille et une fois de plus, je suis nue dans le grand bain. Gisèle et moi nageons de concert un temps, puis elle va se rassoir, attendant patiemment que je prenne place auprès d'elle. Je retarde inconsciemment l'instant ou fatalement nous allons devoir discuter de ce que j'ai vu, de ce qu'elle a fait. Je suis dans mes pensées en crawlant vers elle quand une gerbe de flotte me surprend. Panique à bord, je bois la tasse sous l'effet de la surprise. En fait, ce n'est que Gérard qui dans un état tel que le nôtre vient de sauter à la baille. Il force sur ses bras et me rejoint alors que je monte sur la marche la plus profonde pour me ranger aux côtés de sa femme.
Il est rapide l'animal et il pose son derrière près de Gisèle, qui le sépare de moi. Je ne sais pas trop ce qu'il baragouine alors que je tente de reprendre mon souffle et surtout d'évacuer l'eau qui a envahi mes oreilles. Il grommèle deux ou trois mots incompréhensibles pour moi et Gisèle rigole. Que se passe-t-il ? Je n'en ai aucune idée jusqu'à ce que je vois le bras de la nana s'allonger vers le centre de son bonhomme. Et elle rit de plus belle, tire sur la guimauve qui pend là, entre les cannes du mec. Et lentement, grâce surement aux tripotages intensifs de la paluche féminine, le chewing-gum s'allonge et reprend un semblant de raideur. Quelle bobine je montre ? Estomaquée qu'ils agissent comme si je n'étais pas là, comme si je n'existais pas.
Il est certain que la récréation de Gérard ne dure pas vraiment longtemps. Au bout de quelques minutes, n'arrivant pas à ranimer l'engin, elle jette l'éponge. Le seul souci, c'est que là aussi, elle se tourne vers moi et me prend à témoin.
— Tu vois Béa… pas moyen qu'il bande correctement. Comment veux-tu qu'un tel instrument me satisfasse ? Qui aurait envie d'une bite molle pareille ? Pff.
—… ! Je…
— Ouais ! Bon, tu ne veux pas te mouiller si je pige bien. Heureusement que j'ai de quoi me divertir avec les autres… parce que tu sais, Antoine, ce n'est qu'un hors d'œuvre.
— Ah !
Ce « ah » m'échappe sans que je sois en mesure de le rattraper. Mince. Gisèle ne parait pas avoir relevé ce qui peut passer pour un sarcasme. Gérard lui ne dit rien. Il ne semble pas non plus, plus déçu que cela. Il se redresse à son tour et jette d'un air naturel.
— Bon ! Puisque je ne peux pas baiser Madame… je vais préparer la dinette… Tu vois Béatrice, nous les mecs on ne bande pas toujours à la commande… explique ça à ta copine. Moi je renonce !
— C'est ça… va faire la popote, nous deux on va encore flâner un peu…
C'est ainsi que nous nous retrouvons à poil dans le parc du couple. Il est vrai que nous sommes loin de tout, hors de la vue de passants ou de guetteurs éventuels. Je me sens pourtant très… nue, plus que jamais surement. Déambulant dans le sentier, immanquablement nous atterrissons vers le divan mobile qui nous tend son assise moelleuse. Et là, nous revenons sur les évènements de la journée. Les plus tristes pour débuter, lors de ma narration de mon éviction du domicile conjugal et ceux plus… érotiques des pérégrinations de Gisèle. Je passe sous silence mes retrouvailles avec son mari dans le « pavillon de chasse ». Ce qui prouve bien que les stimulations sexuelles de celui-ci ne sont pas tout à fait mortes.
Elle me raconte en long, en large et en travers ce que je sais déjà, ce que j'ai surtout eu l'heur de suivre par le biais de l'écran du bureau. C'est à la nuit tombée que nous nous réunissons tous les trois pour une dinette qui me déride un peu, me faisant oublier par instant que je suis dans une situation plutôt moche. Je décline l'offre de regarder le film du soir sur une chaine non payante et je file dans la chambre que je risque bien d'occuper quelque temps. Pourvu que ce ne soit pas trop long. Merde ! Je n'ai pas seulement un bon livre sous la main pour tuer ces heures qui me paraissent durer une éternité. Puis la maison devient silencieuse. Tout le monde dort ? Il me faut un sacré long moment pour y plonger aussi dans le sommeil.
— oOo —
Les jours trainent en longueur, sans amélioration côté Daniel. C'est le silence, total, angoissant et chez Gisèle, la vie suit son cours, avec la visite de types que je ne vois pas toujours. En fait, j'évite le plus possible de rencontrer ceux-là. Demain, c'est décidé entre nous trois, je m'installe au « pavillon de chasse ». Pour le bureau, Gérard a ses entrées et je ne tiens pas à m'y opposer. Il me laisse tranquille, magouille son petit business sans se préoccuper de moi, et ça me va parfaitement. Il est convenu que pour se rendre à son poste de guet, il doit passer par la verrière et ça ne me pose aucun problème.
Ce soir donc, nous avons décidé que nous allons diner en ville, à la pizzéria. Gérard n'aime pas cette tarte italienne, mais il nous accompagne. C'est à l'heure prévue que j'embarque tout le monde à mon bord pour gagner le centre commerçant de la ville. Et nous déambulons paisiblement, lorgnant sur les vitrines des boutiques de fringues qui à cette heure sont déjà fermées. Ça évite les coups de cœur onéreux. Et nous parvenons enfin au restaurant. La serveuse nous guide vers une table que j'ai retenu un peu plus tôt. À peine sommes-nous assis que je sens sur moi, un regard pesant. J'ai beau me démancher le cou, je ne découvre personne susceptible de me guigner sans vergogne.
J'ai surement imaginé cela. C'est au moment où la serveuse revient avec les apéritifs que nous attendons, qu'une silhouette se découpe dans la travée entre les tables. Celui qui arrive… c'est Antoine… le Tonio de miss Gisèle. À grand renfort de risettes, il salue notre tablée. Pourquoi ai-je le sentiment que nous n'allons pas y couper ? Qu'il va s'assoir à notre table et surtout… à côté de moi qui suis face au couple ? Une intuition brutale qui se vérifie dans la seconde qui suit.
— Bonsoir à vous tous ! Quel plaisir de vous revoir tous réunis ! Ça va les amis ?
Nous répondons tous à ces salutations un peu trop enthousiastes à mon gout. Et il enchaine de suite.
— Vous permettez que je dine à vos côtés ? Ça ne dérange personne ?
— Non… non du tout !
C'est Gisèle qui lance ces mots avec emphase, sans se soucier de mon avis. Un peu fort de café puisque c'est moi qui invite ma logeuse et son homme. Bon ! Pas d'esclandre ici ! Un de plus ou de moins pour diner, ne doit pas être un obstacle à la bonne humeur du moment. Et sans autre forme de procès, il tire le siège vacant et s'installe gentiment. Notre soirée reprend donc son cours normal et il trinque avec nous pour l'apéro. Les mâles sont visiblement copains comme cochons. Tout rentre dans l'ordre et il s'avère que ce type est un véritable boute-en-train. Nos rires fusent dans la salle et quelques visages d'autres clients s'attardent sur nous.
La mangeaille est excellente, tout est au beau fixe. Mais mon envahissant voisin de table frotte sa jambe involontairement à plusieurs reprises contre ma gambette, ce qui a le don de m'énerver un peu trop. Je pense que c'est non voulu de sa part, mais n'en ai aucune certitude. Et il arrive un moment où en me versant un verre d'un « chianti » agréable, son bras louvoie avec mon épaule. Comme je tourne la caboche pour lui signifier qu'il abuse, il a un tel sourire et des paillettes dans les yeux qui allument chez moi, un truc étrange. Zut alors ! Impression violente qu'un courant spécial vient m'électriser.
Lorsque je reviens dans la discussion avec mes deux vis-à-vis, il y a dans le regard de Gisèle quelque chose d'indéfinissablement trouble. Pense-t-elle que je marche sur ses plates-bandes ? Que je veux lui piquer un de ses amants ? Nous en sommes au dessert et il me tarde que notre repas prenne fin. Il n'y a pas de raison pour que je sois anxieuse dans cette pizzéria et pourtant… j'ai chaud partout. Je me demande même si le feu qui couve en moi ne se traduit pas par une rougeur de ma bouille. Mais bon sang… c'est dingue de se mettre dans un tel état pour deux frôlements incontrôlés de mon voisin de table !
Pour me sentir mieux, je n'ai qu'une solution. Il me faut me lever et me diriger vers les toilettes, pour me passer de l'eau sur les joues et le front. Ce que je fais en priant les personnes à mes côtés de bien vouloir m'excuser.
— Je vais me refaire une beauté…
— Je t'accompagne Béatrice…
— Ah ! Comme tu veux !
Et nous croisons la salle pour gagner le petit coin. À l'image de l'établissement, l'endroit est d'une propreté irréprochable. Je me frotte le visage avec un peu d'eau fraiche alors que dans une cabine, Gisèle s'enferme un petit moment. Lorsqu'elle vient se laver les mains après coup, elle me sourit.
— Il te plait, Antoine ?
— Hein ?
— Oh ! J'ai surpris plusieurs fois sa manière si particulière de te regarder à la dérobée. Je suis certaine que tu lui as tapé dans l'œil.
— Je n'ai rien remarqué. Et surtout, je n'ai rien fait pour cela. Je n'ai pas envie de me mettre dans une autre galère. Je suis déjà pas mal engluée dans mes problèmes avec Daniel.
— À ce propos ma belle, vous en êtes où entre vous ? Tu as renoué le dialogue avec ton mari ?
— Pas le moins du monde ! De ce côté-là, c'est Waterloo morne plaine. Je vais aller consulter un avocat, je crois que je n'ai plus le choix.
— Essaye de l'appeler ! Un des deux doit faire le premier pas. Tu ne peux pas indéfiniment te mettre la tête dans le sable, faire l'autruche.
— Je sais. Mais c'est impensable ! Comment en sommes-nous arrivés à un tel point de non-retour ? Qu'est-ce que j'ai raté avec Daniel ?
— La vie n'est pas si simple, et puis, qui te dit que c'est de ta faute ? Il a sa part de responsabilités dans votre histoire. Mais si tu l'aimes encore, ce dont je suis à peu près certaine, tu as le devoir de communiquer avec lui !
— Oui… c'est drôle, non ?
— Quoi donc Béa ? Qu'est-ce qu'il y a de drôle dans notre conversation ?
— Tu me donnes l'impression de vouloir m'écarter de ton Antoine ! Je ne veux pas te le prendre, tu sais. Ceci dit, ton conseil est judicieux. Demain je vais réessayer de contacter mon mari. Je verrai bien si cette fois il est plus conciliant.
— Tu as raison !
Sentencieuses paroles ! Je ne sais pas trop si elles sont pour cette prévision d'un appel à Daniel ou plus prosaïquement pour ma vision de son attitude envers Antoine. Je ne vais pas non plus la mettre dans l'embarras en lui posant abruptement la question, non ! Je laisse glisser. Et puis son attitude me parait des plus logiques. Elle a quelques sentiments pour ce type apparemment. Je passe sur mes lippes un dernier coup de rouge et c'est toujours ensemble que nous retraversons la salle en direction de nos deux gaillards qui en sont aux pousse-café. Une fois assise, je fais signe à la serveuse et réclame l'addition.
Le quatuor que nous formons se retrouve sur le parking, et je m'attends à ce que nous prenions congé de l'invité surprise en cet instant. Mais c'est sans compter sur Gérard qui un peu égrillard, s'empresse de prendre la parole.
— Et si nous finissions la soirée à la maison ? Gisèle a toujours du champagne au frais… une petite coupe pour tous, vous en pensez quoi ?
— C'est à Antoine et à Béatrice qu'il faut demander. Pour ma part je n'y vois aucun inconvénient. Alors Béa ? Tu en dis quoi ?
—… Vous êtes chez vous, moi je ne suis que l'intruse depuis quelque temps… je ne peux pas décider pour vous.
— Ouais… une jolie façon de nous dire « Démerdez-vous » n'est-ce pas ?
— Gérard ! Comment tu parles ce soir ? Le vin t'a tourné la tête ou quoi ?
— Ben ma Gisèle… je dis tout haut ce que tu penses tout bas, avoue-le !
— Pff ! Tu es le roi pour mettre les pieds dans le plat Gérard.
— Peut-être, mais concrètement que fait-on ? Décidez-vous. On ne va pas voter pour rentrer à la maison, si ?
— Allez banco ! De toute façon Béa, c'est toi qui conduit, et tu ne peux que nous ramener chez nous. Alors tu décideras si tu veux passer un peu de temps à boire un verre ou si tu désires aller te pieuter. Ça va comme ça ? C'est surtout à notre tour de te remercier pour ton invitation… nous avons apprécié ton geste.
Et c'est bien avec une voiture suiveuse que nous refaisons le chemin à l'envers. Bien sûr que le zig ne s'est pas fait prier. Et moi, du coup, j'ai une barre au fond du ventre. Une envie dont je me passerais bien. Le savoir derrière nous me rend encore plus ardue l'idée de coucher seule cette nuit. Pourquoi aussi a-t-il fallu que ma logeuse me recolle Daniel dans la tête ? Une façon comme une autre aussi pour Gisèle de me montrer qu'elle n'est pas totalement jalouse. Et puisqu'elle est sur le siège passager avant, elle n'a de cesse de me parler.
— Boire un verre n'engage à rien. Et puis…
Elle vient de se retourner pour voir si son homme suit notre conversation. Il somnole sur la banquette, elle renchérit donc.
— Si tu en as envie… il ne t'est pas interdit de l'utiliser !
— Quoi ? Qu'est-ce que tu marmonnes Gisèle ? De quoi parles-tu ?
— Oh ! Tu me fais encore le coup de la sourde ? Tu peux baiser avec Tonio si le cœur t'en dit. Il n'est pas chasse gardée. À ta place, puisque demain tu vas appeler ton homme, je profiterais de cette nuit. La dernière où ça reste possible de t'envoyer en l'air, peut-être.
— Mais… c'est du délire ! Arrête tout de suite avec ça, Gisèle !
— Ne me fais pas croire qu'il te laisse de marbre ! J'ai vu un échange que tu ne peux renier… entre vous deux. Tu as envie de lui… ou de sexe, mais ce soir ça revient pareil. Il est là, toi aussi et seule. Il me parait tout disposé pour te rendre service.
— Tu es incorrigible, ma parole ! Tu ne cesses de penser au cul ou quoi ? Tout le monde n'est pas comme toi.
— Cause toujours ma belle ! Ne me prends pas pour une aveugle ou une idiote… je sais moi que tu en pinces pour mon mignon. Et c'est un bon coup je te le garantis. Ce n'est pas nous qui irons cafter à ton mari, tu peux me faire confiance… alors à toi de décider, mais… il est derrière nous et il te reste quelques minutes pour faire un choix.
— Quel choix, bon sang ? Je n'ai pas besoin de me foutre dans une nouvelle panade sans nom ! Daniel sera peut-être prêt à m'écouter demain… qui sais. Tu comprends ?
— Bien sûr. Mais… pourquoi passer à côté d'un moment mémorable ? Et puis, Daniel ne te mérite pas, et ça, c'est gratuit comme conseil. Baise avec Antoine et la vie te semblera nettement plus belle à ton réveil.
—… ?
De guerre lasse, je ne réplique plus. De plus mon passager arrière grogne. Nous l'avons surement perturbé dans son rêve alcoolisé. Trois minutes, c'est le temps qu'il nous faut pour nous garer dans la cour du couple. La voiture de Tonio vient sagement éteindre son moulin à trois mètres de la mienne. Il n'a fort heureusement aucune idée de ce qui s'est dit dans l'habitacle qui le précède depuis la sortie du restaurant. Et la nuit cache aussi mon trouble. Tant mieux, parce que je dois le reconnaitre, cette peste de Gisèle n'a fait qu'accentuer mon désir. De confus au départ, le voici diffusé partout en moi. Merde ! Je me sens si petite face à tout ça !
— oOo —
À suivre…
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Ced67220
10 février 2024 à 07:12
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langueagile67
29 janvier 2024 à 17:31
La partie "qu'on attend tous" se fait attendre, et j'ai envie de dire : tant mieux, parce que la psychologie de la narratrice se met en place petit a petit de belle maniere, il y a fort a esperer que cette histoire va eviter l'ecueil de l'ingenue-qui-devient-nymphomane en 2 chapitres... Et faire durer un plaisir qui s'annonce prometteur...
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
28 janvier 2024 à 14:07
Quelle en profite Béatrice de s'envoyer en l'air avec Antoine l'amant de Gisèle cette nuit elle n'a rien à perdre, elle verra bien demain avec son mari Daniel pour leur relation et parler de divorce, mais j'aimerais savoir pourquoi Daniel est t'il comme ça avec son épouse, et t'il malade, on attendra la suite
Modifié 28 janvier 2024 à 14:49
Soyez respectueux
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