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✦ Isis Poe Le rituel de Gabrielle XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Le rituel de Gabrielle — Chapitre 1 · ("Seules" - Nouvelle 1)

10 minutes
5.7k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteurs

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Le rituel de Gabrielle

Chapitre 1 · ("Seules" - Nouvelle 1)

Il était précisément dix-neuf heures dix-sept minutes lorsque le train entra en gare. Il grinça sur les rails et s'immobilisa à quai dans un méli-mélo de crissements et autres bruits insupportables.
La main serrée autour de la poignée métallique, Gabrielle laissa son corps tanguer tandis que la machine s'arrêtait. Elle le sentit à peine à vrai dire : elle était morte de fatigue, et c'était comme si tout son être se mouvait sans elle. Elle resserra seulement les doigts autour du métal froid, par réflexe, pour ne pas tomber. Elle s'était levée de son siège bien avant l'arrivée en gare : c'était l'heure de pointe, et elle avait voulu éviter l'encombrement habituel dans les allées au moment où l'annonce résonnerait dans les parlophones. Elle faisait toujours partie de ceux qui se levaient trop tôt, et qui étaient les premiers à patienter dans le maigre espace clos qui séparaient les différentes voitures entre elles.
Derrière son imposant sac à dos en cuir, elle avait senti arriver d'autres personnes. Le regard rivé à la vitre crasseuse de la porte, où défilait de plus en plus lentement le paysage grisonnant de sa région natale, elle avait entendu des voix, des pas qui se pressaient derrière elle. Un poids maladroit vint même la bousculer et alourdir ce qu'elle portait déjà sur le dos. Il y avait beaucoup de ces créatures étranges dans les transports : celles qui n'avaient visiblement aucune idée de ce qu'était l'espace vital. Comme si ça allait leur permettre de sortir plus vite, ces créatures se collaient sans scrupule aux autres, les pressant de descendre avant même que les portes ne s'ouvrent.
Gabrielle avait ravalé un soupir. Elle était habituée à elles, et par ailleurs trop épuisée pour s'en agacer. Même le retard du train, indiqué à vingt-deux minutes et finalement monté à trente-sept, ne l'avait pas fait sourciller. Il fallait dire qu'à ça aussi, elle était habituée. Tous ceux qui prenaient les transports en commun l'étaient, bien entendu. Elle voulait seulement rentrer chez elle. Retirer ses bottines trop serrantes et son soutien-gorge dont les côtés en tulle irritaient toujours sa peau en fin de journée. Masser ses épaules meurtries par le poids de son sac, se laver de toute la pollution urbaine. Retrouver le confort de son canapé usé, mais qui, depuis qu'elle habitait là pour ses études, était sans nul doute son ami le plus fidèle. Oui, c'était tout ce qu'elle voulait : pouvoir s'écrouler sur son assise moelleuse, enfoncer sa tête dans les coussins, et s'endormir devant une série quelconque dont elle ne verrait que le générique.
Gabrielle ne lâcha la poignée qu'après l'arrêt total du train. Elle appuya de deux doigts sur le bouton rond et vert à sa droite et les portes s'ouvrirent. Elle ignora le léger mouvement de cohue qui s'initiait derrière elle et s'empressa de descendre les deux marches qui la séparaient de la terre ferme. Elle dut marcher un long moment sur le quai pour rejoindre les escaliers – encore des escaliers, l'escalator était en panne – qui lui permettraient de sortir de la gare. Il faisait plutôt froid et humide, mais l'air frais était bienvenu après celui, toujours moite et étouffant, des transports en commun. Tandis qu'elle avançait parmi les autres anonymes descendus du train, elle leva les yeux vers le ciel, et sa frange chatouilla ses cils. Au-dessus d'elle, que du gris et d'épais nuages menaçants. En un mot, le quotidien.
Elle descendit les marches, traversa le couloir en sous-sol en prenant garde à la façon dont elle marchait : le carrelage était mouillé et glissant, ses semelles trop lisses. Le lieu sentait le renfermé, l'obscurité, la cigarette et la poussière. De toute façon, son élégant parfum fleuri s'était depuis bien longtemps évaporé d'elle et de sa peau, que le train avait contaminé de sa moiteur et de sa chaleur sale.
Comme tous les soirs, elle rentra chez elle à pied. Seules dix petites minutes de marche la séparaient de son appartement. Sur le trottoir, elle avança vite, les mains enfoncées dans ses poches, évitant habilement les pavés désaxés qui auraient pu l'éclabousser. Dans ce paysage terne, elle avait l'impression que son long manteau vert était une impolitesse, un « m'as-tu-vu » grossier, une impossibilité de passer inaperçue. Mais voilà, elle y tenait, à son manteau, et voulait à tout prix lui éviter les taches de boue.
Gabrielle vivait au troisième étage d'un petit immeuble de quartier. Là, fort heureusement, elle pouvait bénéficier d'un ascenseur. Elle en remerciait chaque jour – ou presque – le ciel, parce qu'après sa journée de travail, elle sentait ses jambes courbaturées, affaiblies, parfois même tremblotantes. La simple vue d'un escalier lui donnait alors envie de s'affaler là et de ne plus bouger.
Elle rentra sa clé dans la serrure et ouvrit la porte de son humble foyer. Elle posa rapidement son sac au pied du porte-manteau puis ôta le sien et l'accrocha. Après avoir verrouillé derrière elle, elle put enfin allumer la lumière et contempler l'étendue de la solitude tranquille qu'annonçait sa soirée – qu'annonçaient toutes ses soirées.
Elle avait toujours vécu seule depuis qu'elle était partie de chez ses parents, et elle avait toujours aimé ça plus que tout au monde. Le calme qui l'accueillait après une journée passée dans le bruit et l'agitation, la lumière tamisée derrière les rideaux en velours de son salon, le murmure de la télévision tandis qu'elle s'assoupissait... Et la liberté totale de tout mouvement, de tout désir, de toute décision.
Pour l'heure, le seul désir que nourrissait Gabrielle était de se déshabiller et de prendre une douche. Elle retira rapidement ses bottines sur le paillasson et se dirigea vers la salle de bain. Après deux pas, elle s'arrêta déjà et, en équilibre, retira une chaussette puis l'autre. Elle les laissa choir sur son trajet et reprit sa marche, les yeux fermés et le sourire aux lèvres, savourant pleinement la sensation du sol frais sous ses pieds nus.
Le chemin jusqu'à la salle d'eau était comme celui du Petit Poucet, non pas jonché de cailloux, mais de vêtements. A chaque pas, Gabrielle se délestait d'un poids. Après les chaussettes, ce fut au tour de sa blouse. Mais d'abord, ses doigts défirent la boucle de la ceinture en faux cuir qui cintrait son jean au niveau de la taille. Ils se serrèrent ensuite autour du chemisier et tirèrent ses pans hors du pantalon. Le tissu glissant et se froissant contre sa peau avant de la laisser enfin respirer était une caresse divine.
Gabrielle croisa les bras sur ses hanches et laissa ses mains remonter le vêtement ample le long de son buste. Perdant l'équilibre, elle fit un petit pas de côté tandis que le vêtement glissait sur la courbe creuse de son ventre, puis passait la barrière de ses seins, ses épaules et son crâne.
Pour Gabrielle, l'étape du déshabillement avant la douche était un long et précieux rituel, un moment et un chemin dont elle avait besoin pour se défaire de sa journée et redevenir elle-même. Le bien-être qui commençait alors à l'envahir, picotant d'abord sa peau de doux frissons avant de l'envelopper tout entière, était celui d'une vraie liberté, d'une entrave à jamais dissoute. A jamais... jusqu'au lendemain, mais le soir, dès l'instant où elle verrouillait sa porte, Gabrielle refusait d'y penser.
Derrière elle, le vêtement retomba au sol comme un grand pétale. Enfin, elle put soulager sa poitrine en la libérant de son écrin. Elle ne put retenir un soupir en dégrafant l'attache dans son dos, et fut prise d'un long frisson d'aise lorsque l'air put caresser la peau nue de ses seins. Les bretelles glissèrent de ses épaules le long de ses bras, et le sous-vêtement finit au sol comme le reste.
Par vengeance peut-être, Gabrielle le piétina pour continuer son ascension vers la sainte douche. Distraite, elle se massa l'épaule gauche puis étira sa nuque tandis que ses doigts continuaient de palper la peau jusqu'à sa clavicule, descendant encore à la naissance de son mamelon, détendant patiemment son corps de toutes ses tensions.
Autour du téton au brun doré, la peau se couvrit immédiatement d'une tendre chair de poule. La température extérieure chatouilla ses aréoles et fit durcir ses extrémités fragiles qui se parsemèrent de minuscules stries presque douloureuses. Gabrielle passa ses mains contre elles, faisant rouler les tétons tendus contre ses paumes chaudes. La sensation de chatouillis s'éboula le long de son ventre jusqu'au creux de son nombril.
Sa main droite délaissa le sein pour glisser à plat le long de son flanc. Le bout de ses doigts atteignit le rebord rugueux de son jean, suivit la ceinture jusqu'à sa boucle défaite et déboutonna le pantalon.
Tandis qu'ils défaisaient la fermeture éclair, l'autre main remonta vers le visage de Gabrielle. A l'arrière de sa tête, elle vint arracher l'élastique qui maintenait sa longue chevelure blonde en une queue-de-cheval haute, plus professionnelle. Les mèches libérées se déhanchèrent dans sa nuque et le haut de son dos, caressant le creux de ses omoplates.
Sa main droite se faufila dans l'ouverture de la fermeture éclair. Compressée dans l'étroitesse du jean skinny, Gabrielle sentit contre ses doigts puis sa paume le coton doux de sa petite culotte, d'où émanait une chaleur intime. Son majeur devina la forme courbe de ses lèvres et se pressa contre le tissu qui se froissait sur leur relief. Il était légèrement humide, elle le sentit sur le bout de son doigt.
Elle s'arrêta devant la douche, les pieds glissés entre les mailles moelleuses de son tapis de bain dont elle savoura le confort. La sensation de douceur remonta de ses orteils le long de ses jambes, vibra dans ses cuisses, son ventre jusqu'à venir réchauffer son cœur et étirer un sourire sur ses lèvres peintes.
Reposant les deux mains à sa taille, elle rentra les pouces à l'intérieur de son pantalon et le tira le long de ses jambes. Le jean était rêche contre sa peau. Elle se pencha pour l'accompagner jusqu'au sol. Ainsi pliée en deux, elle sentit ses vertèbres s'étirer agréablement. S'appuyant sur une jambe, puis sur l'autre, elle fit passer le pantalon sur ses chevilles et put s'en délester complètement.
Elle ne se pressa pas pour se redresser ensuite, laissant ses mains courir le long de ses jambes courbaturées qu'elle pétrit avec amour. Ses doigts remontèrent progressivement jusqu'aux plis de son pubis, les effleurant à peine avant de retrouver le ventre. D'un petit coup de pied méprisant, elle repoussa le jean enchevêtré derrière elle et baissa sa culotte sur ses cuisses. Le coton roula sous ses fesses froides qu'elle contracta par réflexe. Elle gigota sur place pour faire glisser le sous-vêtement jusqu'en bas, frottant ses cuisses l'une contre l'autre, échauffant la peau tendre qui se détendait enfin.
Déjà charmée par la torpeur du moment à venir, Gabrielle put enfin fermer les yeux. Sa main droite redescendit sur le triangle duveteux, le caressant de toute sa paume, suivant sa courbe jusqu'à s'immiscer entre ses jambes frissonnantes. La caresse devint alors plus aérienne : l'index seulement toucha cette chaude candeur interdite, traçant une douce ligne le long de la fente où la peau brûlait, légèrement moite.
Gabrielle entrouvrit les lèvres, inspira profondément, et glissa enfin sous le large pommeau qui déverserait bientôt sa chaleur sur son corps.
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ironman19191919
28 mars 2024 à 23:06
Intéressant...on a envie de connaitre la suite !
D'ailleurs y aura-t-il une suite ?
Soyez respectueux
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Photo de profil de Exorium
Exorium
28 mars 2024 à 22:44
J'aime les histoires qui prennent leur temps. Votre "rituel" est un modèle du genre. Il ne laisse pas vraiment augurer de ce que sera la suite? Tant mieux! On aura la surprise.
Soyez respectueux
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Photo de profil de Davidorab
Davidorab
28 mars 2024 à 22:33
Belle écriture, mais la description du "rituel", dont le déshabillage (et non le déshabillement) aurait pu être moins détaillée.Et de ce fait, ce premier chapitre ne laisse rien augurer de la suite...
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