Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'apprentie — Chapitre 5
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'apprentie
Chapitre 5
Le lendemain matin, huit heures, sept appels manqués. Aucun employé ne répond, aucun employé n'est présent au travail. J'envoie un SMS à notre collègue (Nos deux collègues sont un couple et ont la chambre d'à côté) pour savoir s'ils sont réveillés, c'est le cas. On se donne rendez-vous au club house pour aller prendre le café comme si de rien n'était.
On sirote tranquillement nos breuvages quand la patronne rentre en beuglant (comme souvent en fait). On la regarde avec un regard bovin, puis nous retournons à nos cafés. Pendant 10 minutes, elle hurle que nous n'avons aucun respect pour le travail, qu'on n'est même pas foutu de bosser alors qu'on lui doit beaucoup, et bla bla bla.
Fatigué du bruit ambiant, je prends un verre que je remplis d'eau, et lui jette au visage.
— Ahhh ça fait du bien quand ça s'arrête, c'est calme d'un coup. Je vais être très clair : vu comme vous traitez les employés, c'est que vous n'en avez pas besoin. Sinon vous ne les traiteriez pas comme des chiens. Et encore ça, c'est quand ça va bien. Vu que vous n'avez pas besoin de nous, et que comme tu dis “Nous n'avons pas de respect pour le travail”, on va vous laisser faire. Ça va peut-être vous rappeler grâce à qui vous en êtes là.
— Vous allez tous travailler maintenant sinon je vous vire !
— Et pour quel motif ? Ça va te coûter cher t'es au courant ?
— Tu me menaces ?
— Non pas du tout, je parle en indemnités, mais comme la gestion, vous n'y connaissez rien, c'est sûr que tu as cru que c'était une menace. Et puis si tu nous vires, qui va se lever le matin pour s'occuper de nourrir, sortir les chevaux, et préparer ton cheval pour que tu viennes poser ton cul dessus ?
— Vous allez tous travailler maintenant sinon je vous vire !
— Et pour quel motif ? Ça va te coûter cher t'es au courant ?
— Tu me menaces ?
— Non pas du tout, je parle en indemnités, mais comme la gestion, vous n'y connaissez rien, c'est sûr que tu as cru que c'était une menace. Et puis si tu nous vires, qui va se lever le matin pour s'occuper de nourrir, sortir les chevaux, et préparer ton cheval pour que tu viennes poser ton cul dessus ?
La patronne ne sachant quoi répondre se trouva bien embêtée de ne pas avoir le dernier mot. Elle fit demi-tour et repartit vers l'écurie.
Après cet épisode, nous avons repris le travail au bout de quelques jours. Les conditions de travail ne se sont pas beaucoup améliorées, mais on avait besoin d'argent. Puis un jour, c'est le drame : la fatigue a eu raison de deux d'entre nous. Carole est tombée un soir en montant son cheval, clavicule cassée. Une employée en moins, mais toujours autant de travail. Le deuxième, ce fût moi…
Un jour, nous étions trois à l'écurie : notre collègue cavalier, une stagiaire (depuis environ une dizaine de jours), et moi. Un énorme orage est tombé d'un coup. Les chevaux de dressage (discipline équestre) étant en sucre, nous avons dû tous les rentrés (soit 12 chevaux). Le cavalier étant parti pour faire un trotting extérieur, nous l'avons fait à deux.
Il ne restait plus que deux chevaux à rentrer, mais ils n'étaient pas aux mêmes endroits. La stagiaire va en chercher un, je vais chercher l'autre situé dans le pré de nos vieux (les chevaux à la retraite), étant plus loin.
Il ne restait plus que deux chevaux à rentrer, mais ils n'étaient pas aux mêmes endroits. La stagiaire va en chercher un, je vais chercher l'autre situé dans le pré de nos vieux (les chevaux à la retraite), étant plus loin.
Notre collègue, qui s'est fait surprendre également par l'orage, arrive à l'écurie. Il voit la stagiaire et lui demande où je suis.
— Il est parti chercher l'autre débile, il a dû s'abriter sous l'abri des vieux.
— J'en doute, il doit lui donner du fil à retordre, je vais aller l'aider.
Quand Pierre arrive, je suis dos à la porte de l'enclos. Il m'appelle, mais je ne réponds pas, ne bouge pas. Il voit le cheval un peu plus loin, la longe qui traîne par terre. Il m'appelle de nouveau, zéro mouvement, zéro réponse. Il s'approche, pose sa main sur mon épaule, et me retourne. Je suis là, les yeux dans le vide, un énorme trou dans le crâne.
— J'en doute, il doit lui donner du fil à retordre, je vais aller l'aider.
Quand Pierre arrive, je suis dos à la porte de l'enclos. Il m'appelle, mais je ne réponds pas, ne bouge pas. Il voit le cheval un peu plus loin, la longe qui traîne par terre. Il m'appelle de nouveau, zéro mouvement, zéro réponse. Il s'approche, pose sa main sur mon épaule, et me retourne. Je suis là, les yeux dans le vide, un énorme trou dans le crâne.
Personne ne sait ce qu'il s'est passé, le plus probable étant le coup de sabot en pleine tête.
Je me suis réveillé un matin en sursaut. Il fait jour, j'suis en retard ! Il est quelle heure ? Mon téléphone vite. Bah, il est où ? Bah, elle est où l'étagère ? Mais j'suis où ?
C'était au moment du petit-déjeuner, une aide-soignante arrive avec mon plateau.
— Excusez-moi, vous pouvez me dire ce que je fais ici ? Pourquoi j'ai un bras en écharpe ?
— Je vais appeler un médecin.
— Je vais appeler un médecin.
Le médecin arrive, et m'explique que nous sommes dans un hôpital de Paris. J'ai été héliporté, car j'ai eu un accident où je travaillais.
Aucun souvenir…
Fanny est venue me voir à l'hôpital quelques jours plus tard.
Elle arrive dans ma chambre. Je l'accueille avec un grand sourire, ça me fait tellement chaud au cœur que mes collègues trouvent du temps pour venir me voir.
Fanny me saute au cou, en larme.
Fanny me saute au cou, en larme.
— Oh, mon Dieu, j'ai cru que tu étais mort, j'ai vraiment cru te perdre. Je t'aime tellement chou !
— Ça me touche tout ce que tu me dis là. Je t'aime Fanny.
— Je t'aime aussi James. L'appart paraît vide sans toi.
— Ça fait à peine 3 jours que je suis là, et les écuries me manquent tellement…
— Quoi ? Trois jours ? Ça fait presque trois semaines que tu es là !
— Haha très drôle, merci de te moquer de moi.
— Non sérieusement.
— Ah…
— Ça me touche tout ce que tu me dis là. Je t'aime Fanny.
— Je t'aime aussi James. L'appart paraît vide sans toi.
— Ça fait à peine 3 jours que je suis là, et les écuries me manquent tellement…
— Quoi ? Trois jours ? Ça fait presque trois semaines que tu es là !
— Haha très drôle, merci de te moquer de moi.
— Non sérieusement.
— Ah…
Fanny m'embrasse sur la bouche. Je me décale dans le lit pour qu'elle s'allonge à côté de moi. Nous faisons un câlin. 10 minutes plus tard, une aide-soignante rentre.
— Bonjour Madame, il va falloir sortir, c'est bientôt la fin des visites.
— Ah d'accord.
— Ah d'accord.
Fanny m'embrasse à pleine bouche, comme si sa vie en dépendait. Puis se relève. Aucun de nous deux ne parlent, nos mains n'arrivent pas à se lâcher. Nous le faisons à contrecœur.
Fanny part. Nous n'avons presque pas parlé, tous les deux hyper émus.
Finalement, Fanny est revenue me voir souvent, nous nous baladions dans le parc de l'hôpital, restions assis à faire des câlins et discuter sur un banc, etc. Puis un jour, j'ai pris ma décision…
Finalement, Fanny est revenue me voir souvent, nous nous baladions dans le parc de l'hôpital, restions assis à faire des câlins et discuter sur un banc, etc. Puis un jour, j'ai pris ma décision…
Je lui annonce que je préfère rompre notre relation. Je le fais à contrecœur, car je l'aime, c'est une femme formidable et rayonnante. Comme je lui ai dit “Actuellement, je suis un gosse de huit ans coincé dans le corps et la vie d'un adulte. Je ne suis pas apte à aimer quelqu'un tant que je ne serai pas reconstruit.”. La belle n'a pas essayé de me faire changer d'avis, elle a compris et accepte mon ressenti.
Je la vois s'éloigner, le regard embué. Je suis dégoûté de lui faire autant de mal… J'éclate en sanglots.
Ma vie dans les chevaux s'est arrêtée à ce moment-là, elle est morte à ce moment-là même. Comme moi, je suis mort à ce moment-là. Tel un Phoenix, j'ai eu la chance d'une nouvelle vie.
Fin
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